de Pierre Assouline

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La République des livres

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Big Orwell

Big Orwell

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Quoi de neuf ? 1984. S’il est un classique d’une brûlante actualité, c’est bien le roman de George Orwell (1903-1950). Il est pourtant paru pour la première fois en français en juin 1947 chez Gallimard dans la traduction d’Amélie Audiberti. Depuis, il n’a cessé d’être lu, analysé, disséqué, comparé, commenté, imité. Nombreuses sont les œuvres littéraires, philosophiques, poétiques, cinématographiques, télévisuelles, théâtrales qui lui doivent quelque chose. Parfois, l’essentiel. Le cas actuellement du 2084, le roman de Boualem Sansal qui détient probablement pour cette rentrée le record de sélections sur les listes des prix. Aux trois grands empires Océania, Eurasia, Estasia, auxquels […]

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Pour ceux qui aiment vraiment le théâtre

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Au fond, qu’est-ce que le théâtre ? Peut-être quelque chose comme ça. Nous sommes en 1943 à Auschwitz. Une française du nom de Charlotte Delbo, déportée pour faits de résistance, réussit à échanger à des Gitanes une ration de pain contre un petit livre qu’elles avaient volé entre autres choses : une édition du Misanthrope dans la collection des Petits Classiques Larousse. Chaque soir, celle qui avait été avant-guerre l’assistante de Louis Jouvet de l’Athénée en apprenait quelques pages par cœur ; chaque matin elle se les récitait durant les heures interminables passées debout dans le froid dans la cour au moment de […]

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Gonzalo du lac, ou le bond du perturbateur

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C’est un théâtre au bord de l’eau. D’ailleurs, on l’appelle comme cela quand on ne dit pas Vidy. Cet endroit semblable à peu d’autres est à Lausanne et à l’entracte, ou au souper, on peut effectivement tremper l’orteil dans le Léman. On dit que le miracle de ce lieu tient à cette proximité, à ce concept du Théâtre-Maison qui a longtemps été l’apanage du théâtre russe. René Gonzalez y avait très provisoirement posé ses bagages en 1990. Le metteur en scène Mathias Langhoff, alors à la tête de Vidy, l’y avait appelé pour lui succéder. Il savait qu’il pouvait compter sur […]

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Vers un humanisme numérique

Vers un humanisme numérique

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Convenons qu’il ne va pas de soi d’accoler deux mots a priori aussi antinomiques que « humanisme » et « numérique ». On se frotte les yeux. On doit à l’historien des religions Milad Doueihi, l’un des rares à avoir entrepris une anthropologie de l’homo numericus dès sa naissance, d’avoir répandu l’expression dans le public par ses essais et ses articles. Il y est revenu à l’occasion d’une conférence prononcée il y a un peu plus d’un an et reprise dans un bref livre intitulé Qu’est-ce le numérique ? (55 pages, 7 euros, Puf). Un titre qui sonne hélas un peu comme « Le numérique pour […]

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Les prix littéraires : des accélérateurs de particules

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C’est rare, un observateur de la chose littéraire qui ose parler des Prix sans les réduire systématiquement à la corruption, aux magouilles et aux manœuvres. Rare, appréciable et au fond assez gonflé car cela lui sera reproché par ceux qui n’ont rien d’autre à en dire. Quelque chose de positif. Par exemple que les Prix font lire, qu’ils font tourner les librairies, qu’ils permettent parfois de soutenir les écrivains de manière sonnante et trébuchante, qu’ils constituent d’excellents cadeaux et qu’ils focalisent l’attention du public à l’automne ce dont on ne saurait se plaindre. Le romancier Tanguy Viel a parfaitement nommé le […]

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Mise à nu de Toussaint par son héroïne même

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Marie, c’est moi. Pas d’inquiétude : je ne vais pas vous refaire le coup de la Bovary. Mais Marie, l’héroïne de Nue (176 pages, 14,50 euros, Minuit), c’est moi en ce qu’elle adore se balader à poil. Moi aussi, en fait. J’ignore ce que cela signifie, mais je sais le bien être, la douceur au monde et la volupté que cela procure. Aller et nager nu. Rien à voir avec le nudisme balnéaire. Rien d’exhibitionniste non plus car ce plaisir ne s’éprouve qu’en privé, dans la solitude ou l’intimité d’une compagnie. « Une innocente lubie », l’auteur le dit lui-même, me voilà rassuré. […]

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Jubilation de Pierre Lemaître dans les grands cimetières sous la thune

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Le sel d’une rentrée littéraire, c’est le livre qu’on n’attend pas d’un auteur qu’on ne connaît pas. La cuvée 2013, plutôt riche et prometteuse, recèle quelques surprises de ce type. Au revoir là-haut (563 pages, 22,50 euros, Albin Michel) en est une et des plus réjouissantes. Son auteur Pierre Lemaître (1956) est un écrivain qui ne fait qu’écrire. Si ce n’est pas des polars, des scénarios. Ce roman est sa première incursion hors de son périmètre. Coup de maître que ce coup de Lemaître ? Facile. N’empêche que c’est vraiment réussi. Ca commence comme cela : « Ceux qui pensaient que cette guerre […]

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Le CNL n’est plus le « Colosimo National du Livre »

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Le CNL, combien de divisions ? 30 millions d’euros, manne bienvenue à répartir chaque année entre les librairies, les maisons d’édition, les bibliothèques, les organisateurs de festivals et salons du livre, les traducteurs, les auteurs etc. Sauf que résumer ainsi l’action du Centre national du livre le réduirait au rôle de Caisse nationale des lettres qui fut le sien il y a très longtemps. Jean-François Colosimo, à qui rien de ce qui touche au livre n’est étranger (il a été lui-même longtemps éditeur et auteur), a imaginé qu’il pouvait en être autrement : sollicité par deux ministres de la Culture successifs (Christine Albanel […]

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L’Antivie d’Italo ou la conscience de Svevo

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On peut passer toute une vie à se demander quel sera le bon moment pour demander la dernière cigarette à l’instant de sa mort. Surtout si comme Ettore Schmitz dit Italo Svevo (1861-1928), on a fumé soixante cigarettes par jour pendant toute une vie d’homme. On entend déjà le chœur des passéophobes ? Quoi, encore un mort dans la « République des livres » ? Encore un classique ? Sus à la naphtaline ! De l’air ! Du jeune et de la fiction ! A quoi l’on rappellera, comme il est devenu désormais rituel à la veille de l’été, que ce site est dédié à l’actualité des […]

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