Jane Austen forever
C’est devenu un marronnier à l’approche des fêtes : la rediffusion à la télévision de films et de séries adaptés de l’œuvre de Jane Austen (1775-1817). Même Bollywood s’y est mis ! c’est dire si son langage est universel- et son succès increvable. Elle n’avait pourtant écrit « que » six romans mais manifestement, on ne s’en lasse pas, Orgueil et préjugés en tête suivi par Raison et sentiments (les autres s’intitulent Emma, l’Abbaye de Northanger, Mansfield Park, Persuasion). Et cette fois, la librairie en ses nouveautés n’est pas en reste qui propose Ma chère Cassandra (traduit de l’anglais par Constance Lacroix, édité par Constance Lacroix et Emmanuelle Boizet, 562 pages, 32 euros, Finitude) en attendant la parution au printemps du Dictionnaire amoureux de Jane Austen de l’angliciste François Laroque. Il est vrai que cette année est un peu spéciale puisque l’on a célébré il y a quelques jours le 250 ème anniversaire de sa naissance. A Bath, où se trouve le Jane Austen Centre et à Chawton, où elle vécut à la fin de sa vie, on a fait ça en grande pompe. Elle n’est pas seulement populaire : elle jouit d’un véritable culte entretenu par le tourisme culturel sur ses lieux et ceux de ses livres. Prévenons tout de suite les lecteurs de Ma chère Cassandra (lire un extrait ici) : les lettres de la dear sister sont absentes du recueil, ce qui est dommageable à notre intelligence de leur conversation ; d’autant que c’est elle, Cassanda, qui a brûlé ou maculé une grande partie des lettres de Jane. Il faut dire qu’elle n’y va de main morte dans ses jugements sur ses proches et les petits, ses neveux, ne sont gère épargnés.
Il demeure très actuel, le sondage effectué il y a une vingtaine d’années par le quotidien britannique The Independant auprès d’une centaine d’écrivains de « là-bas ». Dis-moi qui te hante et je te dirais qui tu es … A chacun, ils ont demandé quel était leur personnage de fiction préféré. Ou plutôt celui qui les avait le plus durablement et le plus profondément marqué. Passons sur les noms qui ne diront absolument rien à un public non strictement anglophone, anglolâtre pour ne pas dire anglomane. Elisabeth Bennett de Orgueil et préjugés y figurait en bonne place. Bizarrement, on croit volontiers que son grand livre a été souvent porté à l’écran. Ce qui n’est vraiment pas le cas : au cinéma, il n’y a guère eu que le réalisateur américain Robert Z. Leonard pour s’y risquer en 1940 avec Laurence Oliver, sur une scénario de Aldous Huxley (parfaitement : « le » Aldous Huxley du Meilleur des mondes), pour un résultat solide mais sans éclat. En fait, le malentendu vient de ce que la trame du roman a été allègrement pillée depuis deux siècles par tous les raconteurs d’histoires (romanciers, dramaturges, cinéastes). Et pour cause : au XVIIIème siècle dans la campagne anglaise, les Bennet se trouvant désargentés s’emploient à faire épouser l’une de leurs cinq filles par un homme jeune, séduisant et fortuné qui vient de s’installer dans le manoir voisin…
On peut le lire comme un manuel à l’usage des jeunes filles pour leur enseigner l’art et la manière de faire la conquête d’un excellent parti. Mais la méprise vient aussi de ce que, comme le Brideshead revisited d’après Evelyn Waugh, Orgueil et préjugés a fait l’objet d’une remarquable et très populaire adaptation télévisée telle que la BBC en a le secret quand elle y met les moyens. Sinon, rien d’autre jusqu’à 2005 et ce bijou que fut le film de Joe Wright avec une inoubliable Keira Knightley ainsi que Donald Sutherland et Judi Dench. Une réussite à tous points de vue. La distribution est irréprochable, le scénario bien ficelé dans les ellipses tout en conservant la division du récit en trois actes a raison de situer l’action en 1797 qui est la date à laquelle Austen a écrit le livre, les dialogues sont au plus près du texte originel (il aurait fallu être fou pour se priver d’une telle finesse), la mise en scène légère en dépit des contraintes de la reconstitution historique et sensible malgré le poids obligé des décors et des costumes. Le tout, d’une gaieté, d’une pureté et d’une émotion rares dans la manière d’aborder le sentiment amoureux, est d’un romantisme comme on n’ose plus en faire tellement c’est trop et tellement c’est bon. La lumière surtout est une splendeur. D’une beauté sans apprêt ni affectation, ce qui est une prouesse dans un genre où le léché gâche tout (on ne regarde plus le film mais le raffinement de l’image comme dans Le Temps de l’innocence de Martin Scorcese d’après Edith Wharton). L’équipe a tourné dans sept demeures situées dans six comtés : Derbyshire, Lincolnshire, Berkshire, Kent, Wiltshire, Londres enfin. En un temps où, pour une femme, cela ne se faisait pas de publier un roman, de s’exposer au désir du public, plutôt que de se choisir un pseudonyme masculin, elle avait choisi de signer « by a lady ». On sut qu’elle était Jane Austen peu après sa mort au début du XIXème siècle. Malgré le plaisir pris au spectacle de la petite gentry dans l’Angleterre géorgienne, rien ne vaut de la lire et si possible en anglais si l’on veut savourer son ironie est mordante et l’acuité de sa critique sociale.
Un univers romanesque assez limité mais si vaste dès lors que l’on ouvre les fenêtres des sentiments et des émotions. Pour en savoir plus, son petit monde est donc bien documenté par sa correspondance. Reste à savoir si c’est nécessaire, voire indispensable, au lecteur désireux d’apprécier ses romans à leur juste valeur. C’est poser là tout le problème de la biographie d’écrivain. Dans le cas de Jane Austen, le public, du moins l’anglais, répond par un oui sans mélanges si l’on en juge par le succès de tous les dérivés de ses livres. Et puis quoi, le mariage n’est-il pas sa grande affaire étant entendu que la chose se présente sous la forme d’une intrigue aux multiples arborescences et tentacules. Mais enfin, elle a beau faire et y greffer, désirs inassouvis, jalousies mal dissimulées, mondanités pourvoyeuses en fiel, refoulements oppressants, dots introuvables et lèvres mordues, ça tourne un peu en rond du côté du Hampshire ; on comprend mal que certains écrivains et non des moindres persistent à la présenter comme la réincarnation de Shakespeare en prosatrice.
A l’origine était Virginia Woolf. C’est surtout elle la responsable de ce triomphe de Jane dans le panthéon des Lettres par-delà les siècles. Et comme celle-ci était aussi une lectrice de qualité, assez implacable dans ses critiques, son austenolâtrie a porté. On s’en doute, lorsqu’elle consacra ses conférences aux rapports entre les femmes et la fiction devant les jeunes filles des colleges de Cambridge en 1928, elle ne put manquer d’en faire l’une des figures centrales de ce qui serait un jour un bréviaire pour tant et tant sous le titre A Room of One’s Own (Un Lieu à soi, comme l’a justement traduit Marie Darrieussecq, et non Une Chambre à soi comme ce fut longtemps le cas avec Clara Malraux notamment). Jane Austen, elle, écrivait dans le salon et se sentait obligé de dissimuler ses feuillets sous un buvard chaque fois que quelqu’un y pénétrait. Immergée dans ses romans, Virginia Woolf demeure pétrie d’admiration devant le grand art de cette impressionniste avant l’heure, son goût de l’infini détail psychologique, sa délicatesse dans la manière de faire avancer chacun de ses personnages par petites touches car elle les voit toujours comme des individus et non comme un groupe. Dans un article de 1923 repris dans Le Commun des lecteurs (traduit de l’anglais par Céline Candiard, L’Arche, 2004), Virginia place très haut son génie de la satire parfois cruelle, cette façon d’observer que, dans un certain monde, les dames ont toujours l’air fatiguée. Nulle autre n’a su comme elle installer dans une pièce à vivre ou pire encore autour d’une table de dîner des silences si cinglants que certains personnages ne s’en remettent pas. « Ces imbéciles sont illuminés de beauté » relève Virginia parce que, tout en étant ferme, et même en notant des manquements à la gentillesse ou à la sincérité, c’est fait sans rancune ni malveillance. Tant de profondeur et d’acuité dans l’exposition et l’analyse de la vie quotidienne dans ce qu’elle a de plus ordinaire stupéfie et envoûte avec une fraicheur inentamée deux siècles après.
(« La chambre de Lady Elizabeth Germain à Knole dans le Kent « , tableau de James Holland (1799-1870) »; « Portrait de Jane Austen » s.l.n.d. ; « Sa dernière demeure à Chawtown, Hampshire » photo D.R.)
1 253 Réponses pour Jane Austen forever
Les romancières anglaises, les femmes les lisent avec nonchalance comme elles siroteraient leur five o’clock tout aussi nonchalamment.
« A Room of One’s Own (Un Lieu à soi, comme l’a justement traduit Marie Darrieussecq, et non Une Chambre à soi comme ce fut longtemps le cas avec Clara Malraux notamment) »
la cuisine ?
Pour que JB ait moins peur:
« Sophie Chauveau n’a pas seulement apprivoisé la mort des autres, elle a croisé la sienne à plusieurs reprises et le raconte avec un naturel apaisé et réconfortant. Scène mémorable : la dispersion des cendres de son père dans la mer, précédée pourtant d’un lourd passif, exhale la sérénité joyeuse qui traverse ce texte, baigné par la lumière et les parfums de la Méditerranée. Sophie Chauveau a adoré mourir, la lire peut revigorer les anxieux. »
J’ai adoré mourir de Sophie Chauveau, Editions Telemaque 325 pages
ce qui plus intéressant d’analyser dans le contexte mondial actuel c’est la place de l’esclavage et du colonialisme dans l’œuvre de Jane Austen.
je veux dire ça sert plus à rien de faire cette impasse à une époque où le rôle diabolique joué par l’occident durant 5 siècles, et qui se poursuit encore aujourd’hui, est au centre des problèmes.
Dans « Ma chère Cassandra », la sororité en prend un coup !
« Bien rares étaient les beautés parmi les dames, et aucune d’entre elles n’avait vraiment beaucoup d’éclat. Miss Iremonger n’était pas à son avantage, et Mrs Blount fut la seule à être très admirée.
Elle était telle qu’en septembre, avec sa face de pleine lune, son bandeau de diamants, ses escarpins blancs, son époux rougeaud et son cou charnu. Les deux Miss Cox étaient présentes. J’ai reconnu en l’une d’elles les vestiges de la créature vulgaire aux traits lourds qui dansait à Enham il y a huit ans. »
closer, je préfère lire Montaigne dans le texte original…
« A room is an area within a building that has its own walls, floor, ceiling, doors, etc » (Cambridge Dic.).
C’est nécessairement une pièce dans un habitation, pas un vague « lieu » qui pourrait être un coin dans le jardin ou un cagibi sous l’escalier!. Encore une traductrice qui se la pète…A proscrire!
« Chambre » était peut-être trop spécifique, « pièce », « bureau », auraient pu faire l’affaire, mais « chambre » reflète bien mieux l’intention évidente de l’auteur qui n’entend pas se contenter d’un vague « lieu ».
Je ne savais pas que Chauveau plagiait Montaigne JB.
Pourquoi Passou nous agresse-t-il sans arrêt avec des traductions débiles? Je vais finir par le prendre pour moi…
C’est d’autant plus dommage qu’il encense ici une auteure dont je suis un admirateur inconditionnel.
@JJJ merci de la lecture que vous me conseillez en cus afressant a mon avatar
Je lirai ce livre évidemment, et probablement avec interet
Sans doute en effet est – il le prolongement d’un ouvrage ancien du même Pierre Birnbaum, « Les fous de la République » auquel je me réfère souvent ,et qui présente diverses figures de cette première génération de juifs français parvenue au sommet de la méritocratie républicaine : les premiers à entrer au Conseil d’Etat, comme Leon Blum, André Spire ou Grundbaum-Ballin qui sera le rédacteur de la Loi de séparation , et aussi des personnages qui seront les fondateurs de lignées de grands fonctionnaires, celle des préfets Paraf , celle des Schrameck, ou de grands militaires comme le colonel Mayer, maître a penser de de Gaulle , ou ce qu’aurait pu devenir le « capitaine » Dreyfus
Ils étaient tous habités pour la France d’un amour éperdu fait de respect, d’admiration et de gratitude. Une passion de la France largement partagée par toute une communauté qui avait recu en cadeau la citoyenneté . Une realité que, curieusement, au soir de sa vie Barres reconnaissait et admirait
« Scène mémorable : la dispersion des cendres de son père dans la mer »
tu veux dire quand au moment de jeter les cendres t’as une rafale de vent qui vient de la mer ? comme dans the big Lebowski ?
effectivement c’est une scène les plus drôles du cinéma.
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« ‘Good reading’ in Jane Austen’s Mansfield Park » – 5 heures de préparation et 1/2 heure de passation.
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Merci, déjà donné, pour The Literal and the figurative in Mansfield Park également.
On ne choisit pas les oeuvres au programme, mais une fois la corvée expédiée, on lit qui on veut, quand on veut. Perso, c’est Elizabeth Gaskell (Mary Barton),les Brontë (Wutherinbg Heights et Jane Eyre) et George Eliot/ May Ann Evans (Middlemarch, Silas Marner) qui remportent mes suffrage(ttes).
Mention spécial pour « Les Hauts de hurlevent » roman à tiroir d’une insensée modernité, écrit par une jeune femme de 27 ans qui n’avait jamais mis les pieds ailleurs que sur la lande autour du presbytère où officiait son père, à Haworth, dans le Yorkshire. Ceux qui ont visité le lieu se souviennent de la proximité du cimetière, du sofa noir où la tuberculose emporta Emily et des livres minucules où Currer (Charlotte), Ellis (Emily) and Acton (Ann) Bell (Brontë) consignaient les histoires du pays de Gondal et leurs remarquables « Poèmes », publiés sous pseudonyme.
Heureusement, il y a bien plus à littérature anglaise du 19e siècle que vos romans, ma chère Jane…
Superbe podcast sur les Brontë dans la série ‘Short history of…’ (How did three sisters from the Yorkshire Moors become celebrated writers? Why did they use pseudonyms and live most of their lives in obscurity? And what were the tragedies that whittled their number down in their prime?)
https://open.spotify.com/episode/1iOlkyPZKOHh4FRdViyOCF
« Une Chambre à soi »
qui aurait prédit à l’époque qu’en abandonnant leur cuisine les femmes, poussées par leur hystérie bellicistes et leur ressentiment envers le genre humain, seraient à l’origine du conflit nucléaire prévu pour 2030.
exemple au hasard :
Wuthering…oeuf corse…
Tu fais quoi pour Noël, Puck ?
Moi rien. Juste des méditations et des prières sur la pauvreté et l’humilité du Seigneur Jésus.
@JJJ
excusez moi
je me suis trompée de billet .mo n post etait une réponse a un de vos post réseau a moi sur le fil précédent
Depuis ma naissance j’ai largement eu ma part de réjouissances dans des plasirs sensuels gastronomiques et affectifs. Tout ça c’est fini. Communion avec le petit enfant Jésus.
J’en suis bien indigne d’ailleurs.
Mais comment des hommes ayant cinnaissance du Salut parviennent-ils à passer un Noël sans penser à Dieu fait homme ? L’idée-même me révulse.
S’il faut vomir une seule fois à Noël, que ce ne soit pas par indigestion ou par un quelconque virus entérogastrique, mais par l’ingratitude des hommes qui se damnent de cette façon.
le tableau çi-dessus, une allégorie d’une histoire d’amour passionnée et non consumée, intitulée » En attendant Patrice Charoulet « . Mr Charoulet dont on ne sait pratiquement rien, sauf qu’il a perdu ses clefs, est le héros bien malgré lui d’une histoire d’amour que l’on découvre dans les échanges de lettres entre une lectrice anonyme de l’inconnue du Nord Express de la rdl et sa soeur nourrice au Château d’Hampton & Court.
De quoi nous tenir sur les charbons ardents, autour de l’écrou.
Les fêtes approchent, passou sort sa dînette.
Est-ce qu’elles faisaient la cuisine et le ménage chez elles, ces femmes de lettres qui écrivaient des livres sur d’autres femmes illettrées qui faisaient la cuisine et le ménage ?!
Le chancre des greniers a bien fait d’évoquer les scandales de droite. Un avocat DE GAUCHE, le grand Régis de Castelnau, évoque pour sa part les scandales à venir de l’audio-visuel public, y compris le pillage financier, pas spécialement dirigé par la droite.
Une ère de dévoilement commence…
On va bien s’amuser.
Hurk ?
Hurkhurkhurk !
J’ai acheté il y a quelques années le très beau portrait vers 1800 d’une jeune femme par un suiveur de Greuze, pour la simple raison qu’elle ressemblait à l’image que je me faisais de Jane Benett. Avec un très beau cadre Empire.
une magnifique lettre ouverte de Jeffrey Sachs au chancelier allemand F. Merz où Sachs rappelle la responsabilité de l’Allemagne (sans remonter au début des années 50 quand Adenauer avait qu’il n’avait aucune confiance en son peuple) dans le conflit actuel en Ukraine (à lire et à relire cent fois!) :
Adenauer avait DIT qu’il n’avait aucune confiance en son peuple
Oui il me semble que vous en avez déja parlé il y a quelques mois, Chaloux ?
@ rosanette et olivier
sur ce lien (blog de Soleil Vert, dédié à Martin Eden) …
https://www.blogger.com/comment/fullpage/post/1089078616725675987/402061115275333105
… vous trouverez un message sur le bouquin de Pierre Birnbaum que le robot de l’RDL s’obstine à bloquer. Bàv,
Vous mangez quoi vous Chantal à Noël ?
Je suis content d’avoir rencontré Chantal sur ce blog. Il faut bien dire ce qui est. Je sens des atomes crochius comme on dit familièrement.
Je me demande bien à quoi elle ressemble. Ou plutôt à qui. Pour les fraises ce n’est pas très grave. Personnellement je considère qu’une fraise se sucre et puis c’est tout.
Tu es d’accord, Puck ? Une fraise se sucre.
Qui ne dit mot consent. Une fraise se sucre.
Même Chaloux sucre ses fraises. Il me l’a confié un jour. Je ne me rappelle plus très bien quand. Mais je me souviens qu’il a fait Hurk ! juste après.
Le problème avec les pâtisseries belges, c’est qu’elles sont un peu lourdingues, pour parler familièrement.
@ rosanette et olivier
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Bien lu, 3J, et merci. Belle santé que celle de Pierre Birnbaum comme le prouvent ses lectures. On vous envie de l’avoir eu comme professeur. On connait assez mal le britannique Israel Zangwill, auteur de remarquables contes/nouvelles à la Babel et surtout de la pièce ‘The Melting Pot’ (le creuset) qui a donné son nom à ce processus d’assimilation spécifique à la société américaine qui fait perdre sa forme (son identité) à la personne dans au cours de la « fusion » avec la société d’accueil. Suggérant flamme, chaleur, distortion etc., j’ai toujours trouvé la métaphore du ‘melting pot’ finalement assez violente.
Perso, sur le ‘Mansfield Park’ de Jane Austen, j’ai eu commme professeur Jean Dixaut qui nous a donné les moyens de nous tirer d’affaire pour la leçon d’agrèg, ce qui est tout ce que l’on demande à un préparateur. Je me souviens de quelques redoutables citations du Dr Johnson qui faisaient mouche lorsqu’on les utilisait à bon escient. Ce grand spécialiste de la littérature anglaise des 18e (Swift, Smollett, Fielding, Defoe) et début du 19e anglais (Austen) a co-commis un gros ouvrage critique sur ‘Pride and Prejudice’ utile à cellles et ceux qui souhaitent aller un peu plus loin que les platitudes d’usage.
https://www.leslibraires.fr/livre/783770-pride-and-prejudice-jean-dixsaut-elise-domenach-atlande
Intéressant le grand article du Figaro sur les deux filles de Samuel Beckett; sur l’une des deux surtout, la plus jeune, australienne, qui porte son nom et est auteur dramatique…L’autre a 88 ans, vit aux USA, est poète et ne semble pas vouloir parler aux journalistes.
Beckett a rencontré plusieurs fois la plus jeune, par l’intermédiaire de Lawrence Durrell, un ami commun. Quant à l’autre, on ne sait pas grand chose (elle lui ressemble physiquement beaucoup).
Question stupide: comment un père peut-il ne pas s’intéresser à ce point à ses petites fillottes? Pourquoi les « grands hommes » sont-ils si souvent de sales types avec leur famille? « Sales types » est peut-être un peu fort mais en tout cas ils ne sont pas très aimants le plus souvent. Y-a-t-il des exceptions notables? Et les « grandes femmes », qu’en est-il (Colette ne s’est pas beaucoup consacrée à sa fille par exemple)?
Chantal, vous êtes incroyablement privilégiée! C’est la première fois que D exprime le commencement d’une velléité qui pourrait le conduire au mariage!
Céline et son petit-fils.
(Suite) L’affiche annonçant la pièce de Zangwill, ‘The Melting Pot’ que l’on trouve sur Wikipedia évoque un sacrifice au dieu Baal…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Israel_Zangwill#/media/Fichier:TheMeltingpot1.jpg
Issus de leurs divers rivages, passés devant la Statue de la liberté (‘The wretched refuse of your teeming shore. Send these, the homeless…to me’), les yankele deviendront de bon yankees une fois plongés dans le grand chaudron assimilationniste…Dans tes rêves, mayn fraynd!
The Great American Drama ou la fabrique du mythe.
Jonathan Swift je l’adore, c’est celui qui a décrit avec le plus de précision et de profondeur l’âme anglaise avec tout ce qu’elle a de violent, d’hypocrite et de menteuse.
entre Hobbes, Sterne et Swift on a de quoi savoir ce qu’est un anglais.
ce qui est en soi vachement utile quand on entend parler un anglais comme Starmer.
en fait les anglais n’ont jamais cru dans la démocratie, ni le libéralisme, ni l’égalité entre les hommes etc… en fait tout ça c’est tout des fables hypocrites et mensongères.
et Swift le décrit très bien, par exemple dans Gulliver entre autres.
en fait le mot « désinformation » est devenu à la mode.
alors que les anglais la pratique, la désinformation, depuis au moins 500 ans si c’est pas plus.
après les philosophes grecs, français et allemands question « désinformation » c’est pas mieux.
avec un point d’orgue durant les Lumières pour la France et le Romantisme pour les schleus.
maintenant que cette histoire arrive à son terme on entre dans une période de décantation.
et aussi de grande révélation où l’occident est obligé de montrer son vrai visage, ce qu’il a toujours été, mais en réussissant à enfumer les gens avec ses histoires d’humanisme et de machins universels de droit de l’homme.
je remets le lien sur la lettre ouverte de Jeffrey Sachs, c’est vachement plus instructif à lire que Jane :
Je n’ai jamais dit ça, Closer.
Il s’agit d’une simple affinité ressentie spirituellelent. Tout doit rester spirituel.
Je n’ai pas besoin de gâteaux, je peux p’en acheter autant que je beux et des très chers.
En plus l’histoire du flan à la fenêtre, ça ne m’a pas trop emballé, comme vous le savez.
là où ce brave Jeffrey Sachs se met le doigt dans l’oeil c’est quand il continue de croire dans l’indivisibilité de la sécurité.
la principale particularité de l’occident c’est de ne jamais tenir compte de la réciprocité vis à vis des autres simplement parce que pour l’occident l’Autre n’existe pas : il y a lui et rien ni personne d’autre.
on le voit en ce moment quand ils parlent de garantie de sécurité : une garantie de sécurité est un truc seulement fait pour noius et pas pour les autres.
comme dit Sachs l’occidental n’imagine même pas que d’autres que lui puissent avoir des soucis de garanties de sécurité.
en fait la sécurité des autres l’occidental s’en fout parce que c’est dans sa nature la plus profonde qui trouve ses racines dans son héritage judéo greco romain.
mais c’est justement ce qui rend un type comme Jeffrey Sachs hyper sympathique, le fait qu’il continue de garder la foi, de se dire les gouvernants occidentaux sont capables de sortir de l’irrationalité et du mensonge.
pourtant Sachs était là au tout début : il était présent dans la pièce quand au début des années 90 les américains, puis les allemands ont dit aux russes qu’ils n’avaient pas s’inquiéter parce que maintenant que le bloc soviétique n’existait plus ils allaient être nos alliés, une grande terre de paix allant de Brest à Vladivostok.
s’il fallait faire la liste de toutes les guerres menées par l’occident justifiées par des mensonges ont pourrait en écrire une encyclopédie en 50 volumes !
le seul moyen qu’a le monde de se protéger de l’occident c’est de l’affaiblir et l’appauvrir pour qu’il ne puisse plus nuire à personne.
c’est ce qui nous arrivera dans les années à venir.
un peu comme les truands dangereux qu’on met sous les barreaux pour protéger : c’est le sort qui nous attend pour protéger le monde…
Que la circonstance aggravante de l’antisémitisme n’ait pas été retenue par la tribunal est inconcevable au vu de cet article!
Oui enfin tu sais Puck, les USA ne me semble pas spécialement affaiblis.
Et si tu imagines qu’il vont s’affaiblir tu te mets le doigt dans le oeil. Ce qui peut leur arriver c’est des émeutes et des sévères, avec des états complétement en déphasage avec d’autres, mais t’inquiète pas pour l’économie américaine, la CIA veille au grain pour désorganiser tout ce qui doit l’être et absorber tout ce qui peut l’être aussi.
Assisterait-on à une jacquerie ?
Y aura-t-il de la dinde à Noël ?
je n’en sais rien, nos us et coutumes sont dorénavant comme le latin, elles râlent au fond d’un bibliothèque …
Bof. Je ne peux pas partager l’enthousiasme ambiant et général. Dikens, oui, et comment ! Austen… est une abeille enfermée dans sa ruche. Or, rien de moins mellifère, à mes yeux. (je dis ça parce que les chinois en sont au point de polliniser à la main, youp la boum). Bon, comme tout le monde, je trouve attirante Elisabeth Bennt. Mais non, en fait. Mais non.
D’accord, Sand est d’une autre époque. Mais regardez le traitement des deux écrivaines : d’un côté, un consensus tel qu’on a des adaptations de raisons et préjugés tous les trois ans, avec en plus la scène (apocryphe, jamais Austen n’a écrit ça) de Darcy tellement enflammé par Elisabeth qu’il doit plonger dans un lac à nénuphars pour se calmer, c’est carrément pré pornographique, d’un autre côté, chez Sand, une petite sorcière, Fadette protégeant son fadet, assise tout bonnement sur sa barrière. Je préfère infiniment la seconde à la première.
Et pourtant,question adaptations cinématographiques, c’est un rapport de… bref, une injustice. Fadette est à mon sens bien plus intelligente, intéressante, et vivante, qu’. Elisabeth Bennet. Bon, serait-ce une question de classe sociale, ahaha ?
Il y a un monde entre Jane Austen et Charles Dickens. Quand Jane Austen est morte, Dickens avait cinq ans. Il a connu l’Europe post révolutionnaire, post napoléonienne et la révolution industrielle. Austen est une femme de l’Ancien Régime européen. Cela n’a aucun sens de les comparer. En forçant beaucoup c’est comme comparer Madame de La Fayette et Balzac.
Evidemment même raisonnement avec Sand qu’avec Dickens.
D’accord, je suis peut-être politiquement plus encline à chercher des modèles chez les héroïnes rurales de Sand, (voire chez les anges blessés d’Hugo, omniprésents), que dans cet équivalent de la « petite bourgeoise » actuelle, ou son équivalent ,décrite et vécue de l’intérieur par Austen. Mais au-delà de la politique, on peut reconnaître un certain savoir-faire à Chabrol, tenez, sans pour autant lui décerner la palme du génie. Il en est pour moi de Jane Austen. J’ai vu sa tombe dans la cathédrale de Winchester (un fusil pointé ?), c’est évidemment un scandale qu’elle partage avec Sand, que sur sa pierre tombale rien n’indique qu’elle ait gagné de l’argent grâce à son écriture. Mais si je lui accorde du crédit et suis révoltée par cette pierre tombale, néanmoins, ce culte d’Austen me paraît trimballer comme une nostalgie, celle des fins à l’eau de rose, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, et ça ne m’étonne pas du culte littéraire, recouvrant le culte politique de l’acceptation de la domination ,in fine. Fadette sur sa barrière est beaucoup plus révolutionnaire qu’Elisabeth Bennet au bal. Déjà, Fadette sait ce que c’est qu’un bouvier. Ce n’est pas donné à tout le monde !
« Sur l’enseignement, mais pas l’amour, Jane Austen »
e installer dans une pièce à vivre
et là,c’est le « living »français?
Closer, je dis clairement ce que vous dites « elles sont l’une et l’autre d’une autre époque » je suis entièrement d’accord, ça vous va, vous entendez ? Maintenant, parlons perspective historique et littéraire, et là, le truc c’est qu’il y a si peu de points de perspective, elles sont si peu nombreuses, si exceptionnelles, que si l’on veut réfléchir à l’écriture féminine, on doit les rassembler toutes dans la cour de récréation (de la critique littéraire), et surtout ne jamais les dissocier de leur origine sociale. Derrière le culte de Jane Austen, je vois la célébration de l’équivalent français de la petite bourgeoisie, à savoir la « gentry’
Au nom de tous les prolétaires qui, comme Austen, ont vécu à cheval entre le dix-huitième et le dix-neuvième siècle, je préfère d’autres récits. Non, pas d’autres récits, Austen est légitime. Sincère, intelligente, lucide, acide et empathique. Mais enfermée, ça oui, et aveugle à la violence. Elisabeth Benneth porte des robes Empire », les seins propulsés vers le haut et un ruban les soulignant. Mais qui lave ces robes ? Même dans raisons et sentiments, il faut au moins une servante… Bref oui je suis chiante. Mais au moins je vous emmerde, ce qui vaut mieux que de s’ennuyer en attendant que l’extrême droite prenne le pouvoir, ici comme ailleurs, et que ma voix ne soit plus qu’un murmure enfin assourdi par la grosse semelle de la répression.
« Jane Austen possède des émotions bien plus profondes qu’il n’y paraît : elle nous amène à imaginer ce qu’elle ne dit pas. Elle incarne toutes les qualités intemporelles de la littérature. »
Virginia Woolf, The Common Reader
Un choix unique de Meuble living disponible dans notre magasin.
MdM quelqu’un avait il (elle)évoqué pout le précédzny billet
(Texte reproduisant la postface de Josée Kamoun au Meilleur des mondes d’Aldous Huxley (20, 90 euros, 270 pages, Plon, préface d’Isabelle Jarry)
lr lien
https://larepubliquedeslivres.com/la-nouvelle-resonance-dune-retraduction/
La boldoclopine n’a pas suivi mon conseil: elle n’a pas tiré… bref.
Il y a bien sûr un élément de critique sociale assez virulent chez Jane Austen, surtout une réflexion non dite mais très acérée sur la condition féminine à la fin du XVIIIe siècle. Sans la condition de ces filles qui ne pourront hériter de leur père, il n’y aurait pas de roman ni de nécessité de beaux mariages au moins pour les deux aînées. Toute la réflexion sur ce point est absorbée par le récit. La pauvre boldo à qui il faut continuellement mettre les points sur les « i » (Ô pauvre Bartleby) n’en a évidemment rien perçu. Sur l’aspect social qui allait de soi pour ses contemporains, il existe un livre intéressant écrit par un descendant des Malborough.
(Dans la série anglaise de 95, Darcy ne plonge pas dans l’étang pour des raisons érotiques -la pauvre vieille est totalement obsédée- mais parce qu’il vient d’achever une longue course à cheval – il arrive de Londres- et qu’il fait très chaud. Il ignore encore qu’Elizabeth est venue visiter son château. C’est Flaubert qui raconte que pour se calmer, il a pour habitude de plonger quelque chose dans une cuvette d’eau glacée).
Qu’est-ce que vous avez fait de cette journée, renato ?
David Cecil, un portrait de jane Austen, en français chez Payot.
précédent billet
Vous connaissez beaucoup d’héroïnes de romans du 19ième siècle qui lavent elle mêmes leurs robes Clopine?
À part Gervaise…
Ashley Bouder, instant du Concerto pour piano n° 2 de Tchaïkovski par George Balanchine. Photo Paul Kolnik, 2019.
Je vais me coucher…
Laissez-moi dormir tranquille bordel !
Merci, Pierre Assouline de cette extrêmement belle toile :
(« La chambre de Lady Elizabeth Germain à Knole dans le Kent « , tableau de James Holland (1799-1870)
Et alii a levé le lièvre avec pièce, et living, living room.
Ai fait l’inventaire de pièce hier.
Pièce a repriser, rapiécage
Pièce de monnaie
Pièce espace
Pièce morceau d’un plus grand mécanisme etc.
Je vois mal comment dire une pièce à soi ; un espace ne suffirait pas non plus parce qu’il peut être extérieur ou intérieur…
En bref, une chambre à soi, cela pourrait convenir, quoique parfois, il s’agisse d’un atelier.
Pièce morceau de
Pièce
Les robes empire, c’est la suite de Joséphine de Beauharnais.
Extrêmement beau. Loin des corsets, jupons et amidonnage.
Pas compris pourquoi vous faites semblant, publiquement quelle horreur, d’etre à même de boire un café, faire une escapade avec Ch.( au cul du loup ? ) alors qu’elle en est capable et vous totalement incapable ?
Mais hier, ai constaté que mentir, décidément, c’est tellement un mode de vie, que cela finit par coller à la peau.
J’ai aussi compris que, avec ce type de mémoire, on peut faire ce que l’on veut, n’importe quoi, à n’importe qui. Quelle honte !
J’avance dix pages par dix pages dans Lettres à sa fille. Corvée de fin d’année.
Loin des corsets, jupons et amidonnage avec leurs cercles en osier.
La parentalité entre deux auteurs, ce n’est pas seulement une histoire de siècle. C’est aussi une histoire de position dans la société et de choix.
Mais Georges, sans s final, elle portait le pantalon et fumait la pipe et ses amours étaient tumultueuses et scandaleuses. Les deux portaient la plume Jane et elle pour, cela ne cesse, évoquer leurs – [. …..] – au sein de leur condition féminine.
J’en ai mis en nourrice chez ma mère, les massacrées d’acanthes, par la pelleteuse*, au pied d’un mur plein nord. En emmenèrai trois petites de plus chez moi.
* Je sais où sera l’extension, 43 ou 46 lits de plus, pour se faire plein de pognon sur ces gens abandonnés par leur conjoint, constaté hier, leurs enfants, jetés violemment dans ces espaces de vie dans lesquels ils n’ont pas le droit d’exister, sinon en se la bouclant. Hier, ai vécu deux scènes difficiles, dont une inqualifiable.
Mme Hou a fini de crier hou hou. Elle me le doit. Je ne l’ai pas fait pour elle, mais pour moi.
Mme PQRST est allée se coucher alors que je lui ai proposé le spectacle cabaret. Elle a loupé les magnifiques filles à poil et la clone de Dalida. À me demander comment on peut avoir besoin d’être aussi extravertie et exhibitionniste. Suis allée leur dire « c’était magnifique », parce que, effectivement, c’était magnifique. Un homme, et une femme ont retrouvé leur vingt ans, et rien que ça, c’était exceptionnel.
Les acanthes, plein de bébés en terre partout. Au delà des pieds énormes arrachés par la pelleteuse. J’aurai sauvé ce que j’aurai pu sauver. Monsieur A, on lui a chanté une chanson hier, connue par ma mère. Il a été heureux de chez heureux. Plus tard, elle m’a chanté la suite. Aujourd’hui, on va voir si j’aurai la fin. Je vais la marquer. Nous ne sommes plus dans le catéchisme.
Les vraies robes Empire, les manches sont beaucoup plus courtes et rebondies et il n’y a pas le voile en dentelle sur la gorge. Non.
Le jugement corrosif, porté sur autrui, l’est aussi sur soi-même.
N’empêche que moi, j’ai une nièce première dans Avatar 3 de James Cameron, à six ans.
Hier, c’était l’antepénultième jour.
Aujourd’hui, l’avant dernier, et demain le dernier.
Le 25 à midi, Emma mangera avec Oona Chaplin et le roi d’Espagne.
Elle n’a pas le droit de sortir.
Pas le droit d’avoir un téléphone.
Pas le droit d’avoir de l’argent de poche.
Dans le dos, j’ai deux moignons qui poussent, là, au niveau des omoplates. Je vais brosser un peu sous la douche. Le règne animal.
Au scrabble, Chantal, ai trouvé KET, un gamin bruxellois. Je ne sais s’il a un lien avec le poulbot parisien. Ou pas.
Bon shabbat à mes amis juifs. Et s’ils ne font pas shabbat, bon samedi tout simplement.
Chaque samedi à 09h c’est vraiment un moment délicieux que d’écpmouter Alain Finkielkraut en trempant mes endives dans le café et mangeant mes deux oeufs à la coque amoureusement pondus par mes poulettes qui, montées ensemble sur le rebord de la fenêtre, m’observent avec une affection évidente. Parfois j’ai honte de m’attacher à ces plaisirs terrestres à dimension paroxystique. J’ai honte et j’ai peur que Poutine envoie une bombe là-dessus en 2026.
oui rose, le ket est un gamin des quartiers populaires, parfois s’il fait des tours pendables il est qualifié de sale ket. Un sale ket est souvent opposé à un vieux peye qui va se plaindre des facéties du ket chez son fieu, le fieu accoudé au bar zwanze, souvent responsable du ket, s’en fiche un peu et le traite le vieux peye de ziverair.
Drame des générations …
« Her gifts were those of an intense realist, with a superb sense of ironic humour and fundamental cynicism. »
Leonard Woolf ne parle ni d’Austen, ni de sa femme Virginia, mais de Katherine Mansfield, la seule personne dont l’auteure de Kew Gardens enviait les talents d’écriture, qu’elle avouait ne pouvoir égaler.
Katherine Ann Porter, Katherine Mansfield, Jean Rhys, autant de créatrices de génie que l’obsession des critiques et éditeurs avec Virginia Woolf ne doit pas faire oublier.
Ne devrais-je pas de moi-mëme réduire la frêle voilure du bonheur, me trouver un grangeon, une touingo et me rejouir de trouver Ket au scrabble à défaut de Cot et Cot et Codec ?
j’ai lu il y a bien longtemps la garden party et le mariage à la mode, mais c’est la perte de son frère à la guerre en 1915 qui déclenche ses souvenirs d’enfance en nouvelle zeelande avec ce frère, c’est prélude suivi de sur la baie, c’est une autre manière d’écrire, sans narrateur, fait d’instants fugitifs, que les personnages eux mêmes dévoilent, un instant mis en lumière et puis évanouis à jamais.
une écriture libre, pleine de charme dans un jardin d’Eden recréé par la mémoire.
moi non plus, je n’ai pas compris. Mais a quoi bon vouloir comprendre la prose d’un invétéré menteur ordurier ? Il finira bien par, quand il aura pris la mesure les dégâts de sa prétendue liberté indéterminée, classique aveuglement par le voile de la mauvaise conscience de pas mal de loques humaines de ce genre.
(nb/ on parle des petits neveux de LF Céline sévissant dans le maelstrom de l’internationale réactionnaire, et que personne ne se sente visé, hein ?… icite, il n’y en a point de spécimen, car la RDL balaye, il ne reste que d’aimables pacifistes).
Bàv,
Dans le jardin des Finzi-Contini, ils n’ont pas voulu voir la menace qui frappait pourtant à leur porte, …
Il y avait d’autres romancières anglaises connues à la fin du 18ième siècle. Jane Austen est la seule qui atteint encore le très grand public au 21 ième siècle et qui inspire des films et des séries.
Il doit bien y avoir une raison pour cela. Cette raison est simple: son immense talent qui fait que le lecteur du 21ième siècle la lit sans ennui et même avec passion. Finesse psychologique, analyse des sentiments amoureux, vision lucide des rapports sociaux, servis par une écriture parfaite.
Si l’on ne s’intéresse aux romans qu’à partir du 19ième siècle pour des raisons idéologiques, rien n’oblige à lire Jane Austen. Tant pis pour vous.
…ou tant mieux… Parfois, il faut savoir se détourner des encombrant/s Je préfère prendre plaisir à la comparaison de Mona Ozouf sur les deux George et de revenir vers elles.
@ rien n’oblige à lire Jane Austen.
que tout le monde oubliera une fois passé l’anniversaire de son trépas, anéfé. A t on jamais évoqué le remarquable talent de cette romancière sur cette chaine, en dehors de cet événement germanopra-mondain ?
Je rappelle que certains juifs religieux orthodoxes ne célèbrent jamais la naissance du christ, mais profitent comme tout citoyen de la RDL d’une journée fériée le 25 décembre imposée à tous.
Je me souviens avoir eu des collègues juifs (mais athées) qui racontaient venir bosser au bureau le 25 décembre quand ce jour tombait en pleine semaine, ce que personne n’alla évidemment jamais vérifier…
Ce faisant, vais-je nourrir mon antisémitisme foncier, en racontant cette anecdote ?…
On verra bien comment elle sera bientôt exploitée par es malveillants, sur cette chaine.
C’est un test…, à vrai dire. Il pleut, et c’est triste. Et le froid menace.
Restez bien au chaud aujourd’hui si vous pouvez différer une sortie prévue dans les bois. La chaleur du foyer aux approches des fêtes de noel, tout le monde en rêve, y compris en Ukraine et à Gaza. Il ne faut surtout pas s’en gâcher le plaisir, nous qui avons la chance d’avoir un chien ou un chat sur les genoux dans le vieux fauteuil avec un bon roman (de jane austen, why not ?) dans les mains. Bàv,
(*** perso, mon chat Mimi-Souris m’aide à tourner les pages, mais il s’impatiente vite, car je lis plus lentement que lui).
Jane Austen n’est certes pas sans mérites, et pour y avoir consacré des dizaines d’heures, je peux même dire que la deuxième lecture de son Mansfield Park (pas la 1ere, ni la 3e) m’a apporté quelques moments de plaisir de lecture. Reste que son monde m’apparait bien trop restreint, vide de tout appel à ou écho de l’Histoire (les Gordon Riots, les guerres napoléoniennes, rien que ça!), un cercle circonscrit (voire rabougri) à la petite société de l’aristocratie foncière ou la bourgeoisie du sud-ouest de l’Angleterre où parvenaient pourtant les premiers grondements de la révolution industrielle dont un contemporain comme William Blake pressentait la force transformative (‘these dark Satanic Mills?’). Bref une focale plutôt restreinte qui relève du « drame bourgeois psychologique », dont on conçoit qu’il plaise, notamment à ceux pour qui l’Histoire et le vaste monde ne sont qu’un vague décor à la fluctuation des sentiments et à la circulation des patrimoines. Quant au ‘style’, lui accoler un adjectif comme ‘parfait’ revient à ne rien dire, à moins de définir précisément ce que l’on entend par là dans une perspective évidemment comparative.
Northanger Abbey est à mon sens, le plus réussi des romans de la bonne dame de Bath, car ce roman gothique posthume inspiré des œuvres d’Ann Radcliffe (The Italian; The Mysteries of Udopho) est une remarquable satire du genre ainsi qu’une auto-satire de ses propres romans.
‘these dark Satanic Mills’ (Blake, Jerusalem)
NOEL, le marché de
Période hivernale détestable qui, heureusement, va tomber rapidement dans l’oubli tant le Père Noel et ses Rennes font con, souriant dans leur légende de merde !
Père Noel ? Frère Mélenchon ? Même cons bas !
Avoir la Foi, ça fout les foies ….
Parfait: agréable à lire, fluide, plein d’humour, concis, précis, quoi d’autre?
Je ne connais personne qui ne la lise avec plaisir.
Jane Austen ?
Pourquoi pas !
A mes yeux le vide du passé, aucun souvenir personnel post-lecture, passé chatouillé par des pervers littéraires comme il en existe tant dans les salons.
Austin Cooper ?
Euh, non…Rien
Next ?
Le Père Noël est un gros vieux tordu, pédophile et zoophile, mais il rapporte gros, donc…
Le capitalisme est une fête avant tout !
Il faut vraiment avoir un coeur de gonzesse pour lire cette Austen !
Litvine et closer sont des midinettes…
Hi hi hi hi hi…
@ Je ne connais personne qui ne la lise avec plaisir.
forumule tordue – Plutôt dire : « je ne connais personne qui la lise avec déplaisir »… Apparemment vos cercles sont plutôt restreints…
En tout cas, une lecture avec pas mal de réflexes critiques, il y en quand même un brin, CT, OL, moij, etc. Le reste, c’est pour le cinéma.
Même Barthes éprouvait du dé-plaisir aux poèmes de MDV et aux romans de jane austen où il ne fit aucune allusion dans FD’DA, vu qu’il s’était bien tordu la cheville pour en tirer quelque chose dans sa fumeuse analyse structurale du récit.
Lucchini a-t-il approché jane austen, au fait ?…
@ Hi hi hi hi hi… / ckoi un « coeur de gonzesse », au juste ? hurkuku courra, c bin faible quand le troll veut le doubler. Il en revient pas ?
Et Cosette, elle lavait pas elle-même ses chemises en lambeaux au puisard ?
Quant dire, sait faire… (John L Austinà, 🙂
Il n’a pas dit que les amnésiques n’avaient rien jamais vécu d’inoubliable… Non, ce n’est pas lui.
Vous pourriez aussi préférer la vie de Doris Lessing et son carnet d’or, mais la question de la maternité et du quotidien impossible à matcher avec la création se posera …
Il faut toujours bien quelqu’un pour prendre les poussières accumulées, la solution d’ouvrir toutes les fenêtres par grand vent ne satisfaisant pas les asthmatiques et les maniaques, et prendre le risque de décrocher du clou les portraits idéalisés de Jane Benett par les suiveurs de Greuze …
je tiens à ma liberté d’aller, venir, de dépenser mon avoir opportunément et de l’économiser si un projet utile et correspondant à mes réels besoins se dessine.
marre des amateurs de cylindrées vintage dont il manque toujours une pièce pour la faire démarrer, du frère qui promet de venir isoler le toit mais qui cours la gueuse en lui promettant la lune puis le polyamour, vient ensuite gratter ma bonté en racontant ses déboires … si certains sont vexés par l’effet miroir de mes propos je n’y peux rien.
Et pour ceux qui craignent de se faire sucrer la pomme par Poutine & Trump, j’ai lu le rapport d’un norvégien qui circule si la guerre ne s’arrête pas d’ici 2030 ce n’est pas 90 milliards qui seront à débourser par l’UE pour l’Ukraine mais 16750, de quoi faire une pause et sortir sa calculette à probabilités.
Si certains ont froid, il faudra qu’ils s’habituent…
Sur ce mère nowel ou pas, je vais aller visiter ma copine napolitaine qui s’est cassé la jambe tellement elle était stressée par les impératifs son boss dans un cabinet de consulting européen à Frankfurt. Elle n’en mène pas large dans sa résidence pour seniors seul endroit que lui a trouvé son médecin traitant en urgence pour sa revalidation.
Le plaisir sexuel a de tous temps été donné à Satan qui s’en sert pour conduire l’humanité à sa perte et la maintenir au degré le plus élevé possible de la bestialité, que ce soit au niveau individuel, familial, national ou mondial.
C’est cela Dédé, continue de te branler pour ne pas plaire à Satan !!!
Fous-nous la paix pauvre malade.
danish tavern
https://euractiv.fr/news/bruxelles-reve-que-la-norvege-sauve-lukraine/
Je vous en prie, Monsieur Maurice.
Vous dépassez les limites de la cirrection.
Merci Donna.Si tu réagis comme ça, Maurice, c’est que tu sais bien que c’est vrai car tu es le diable monté des Enfers pour commenter sur ce blog.
Rudyard Kipling
« Jane Austen is the pinnacle to which all other authors aspire. »
Virginia Woolf
« Here was a woman who had the genius to make us see the world through her eyes, and to do so with a wit and precision that have never been surpassed. »
E.M. Forster
« Jane Austen’s novels are the finest things in English literature—perfect in form, subtle in feeling, and profound in their understanding of human nature. »
C.S. Lewis
« I am a rapturous admirer of Jane Austen. I read her with constant delight and an ever-increasing admiration. »
W.H. Auden
« Jane Austen’s art is the most perfect in English literature, for she is the most truthful and the most charming. »
Voilà des opinions qui valent bien celles de deux ou trois crétins ricaneurs du blog!
Si JJJ ne comprend pas, qu’il utilise un traducteur automatique.
bizarrement le truc que ne reflète jamais la littérature anglaise c’est leur peur en tant île vis à vis du bloc eurasiatique.
l’Angleterre n’a eu pour objectif depuis plus de 2 siècles que de créer le chaos sur le continent eurasiatique, ce que Mckinder a appelé la « Heartland ».
exemple au hasard : du temps de Napoléon la peur panique des anglais c’était que Napoléon réussisse à unifier les empires européens.
exemple au hasard : en 1870 l’Angleterre produisait deux fois plus d’acier que l’Allemagne, en 1910 c’était le contraire : l’Allemagne produisait le double d’acier de l’Angleterre, résultat les anglais ont voulu bloquer l’accès aux mers pour les allemands ce qui est une des raisons de la 1ere guerre mondiale.
ensuite on a les anglais qui exfiltrent les nazis ukrainiens pour les dispatcher dans les pays du commonwealth pour pouvoir les réutuliser plus tard contre la Russie.
ensuite on a les anglais qui sont à l’origine du démantèlement de la Yougoslavie en foutant le bordel en Croatie avec leurs amis oustachis.
là on a les anglais qui forme les nationalistes ukrainiens depuis le coup d’état de 2014 et qui fond sauter le gazoduc russe pour couper le lien entre la Russie et l’Allemagne.
etc etc etc
de ça on ne retrouve aucune trace dans la littérature anglaise alors que c’est probablement le pays qui a été et qui reste encore le plus toxique et le plus dangereux pour le continent eurasiatique.
« Voilà des opinions qui valent bien celles de deux ou trois crétins ricaneurs du blog ! » (Closer)
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Concernant le style d’Austen, lisons plutôt ce qu’en dit le regretté David Lodge dans son « Art of Fiction », qui parle d' »elegant velvet glove of the style » – « l’élégance de son son style, pareil à un gant de velours ».
Au sujet de l’incipit d' »Emma » (1816): « Jane Austen’s opening is classical: lucid, measured, objective, with ironic implications concealed beneath the elegant velvet glove of the style ».
Evidemment, avec Austen, on nage en plein classicisme (‘classical’), mais surtout, la surface sans aspérité du style est trompeuse, car elle cache une ironie de tous les instants. L’ironie, la figure de style qui caractérise mieux que toute autre l’oeuvre de Jane Austen, y compris l’ironie dramatique, quand le lecteur/spectateur en sait plus que le(s) personnage(s). Lodge nous offre une véritable leçon sur ce qu’est l’analyse littéraire, loin des litanies de jugements pseudo-esthétisants que n’importe quel pingouin du zoo de Vincennes peut proférer, renvoyant le lecteur des décennies en arrière dans l’appréciation des oeuvres de littérature.
A propos de la première phrase début (‘Emma Woodehouse, handsome, clever, and rich…’), l’analyse sémantique des adjectifs servant à caractériser Emma, ‘handsome’ (androgyne), ‘clever’ (à la fois laudatif et péjoratif) et « rich » (connotations bibliques, l’étude de leur combinatoire en termes d’accent tonique permet de pénétrer dans la fabrique du texte et d’apprécier que le le contentement apparent de la protagoniste est parfaitement trompeur. QED.
Merci, regretté maître en « matière d’Angleterre »
« vis à vis du bloc eurasiatique. »
« L’Eurasie, un impensé de la géographie : continent, empire, idéologie ou projet ? »
https://shs.cairn.info/revue-espace-geographique-2018-1-page-1?lang=fr
Et pourquoi ne pas parler de l’Eurafrique, tant que tu y es, puck !
« jugements pseudo-esthétisants que n’importe quel pingouin du zoo de Vincennes peut proférer »
Pourquoi est-ce que je me sens visé ?
merci jazzman ! super article, il cite Mckinder.
raccorder l’Afrique à ce bloc eurasiatique c’est effectivement le but (regarde sur une carte), mais l’Europe de l’ouest n’est pas partie pour en faire partie.
ce matin une émission répliques assez marrante avec Enthoven.
Le solstice d’hiver à Chaville aura lieu le 21 décembre à 16 heures (locale), avec une précision d’une heure.
Plus ont lit Jane Austen, plus cette femme est délicieusment énigmatique. Grand art de dire le plus par le moins, dialogues qui témoignent d’intelligence aiguë. Echiquier parfait dans la composition. On pense saisir un peu de son secret en lisant ses lettres,notamment celles à sa sœur Cassandra. En vain. Elle ne parle ni de ses lectures ni des grands évènements historiques,mais elle bavarde sursa famille, s’occupe du thé, des provisions, des menus évènements du village. Elle ne s’intéresse pas particulièrement aux morts des uns et des autres.Seule devant son petit secrétaire, elle note ses goûts de coquette : « une robe en cloche avec une petite veste croisée sur le devant », ou bien sa passion des chapeaux comme Amelie Nothomb. Si on cherche une obsession , une blessure cachée, la clé et la source de son art on est déçu,rien. Une chose intrigue:elle adore être en mouvement, en calèche, comme le Tchitchtikov de Gogol , elle est heureuse de partir sur les routes entre Steventon, Godmersham,Bath,Lyme, Londres , etc etc.. Maisons et appartements des frères, des cousins, des amis sont des prétextes pour faire atteler et courir les campagnes anglaises. A la fin de sa vie, dans sa maladie , aucun pathos, elle s’efface avec quelques remarques ironiques pour distraire ses proches accablés de tristesse. Une seule mort semble l’émouvoir dans ses lettres:celle des ormes et des châtaigniers au cours d’une tempête en 1800. Quelques détails enchantent : elle s’exerce tôt le matin ,au piano, quand le reste de la maison dort.Lorsqu’elle travaille,et que quelqu’un approche, elle cache la feuille sur lequel elle écrit dans un tiroir ou sous un buvard.
Je pense qu’il vaut mieux lire Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, que Jane Austen.
Histoire d’une Ame
Thérèse de Lisieux
Oeuvre du domaine public.
C’est à vous, ma Mère chérie, à vous qui êtes deux fois ma Mère,
que je viens confier l’histoire de mon âme… Le jour où vous m’avez
demandé de le faire, il me semblait que cela dissiperait mon cœur en
l’occupant de lui-même, mais depuis Jésus m’a fait sentir qu’en
obéissant simplement je lui serais agréable ; d’ailleurs je ne vais faire
qu’une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire
éternellement : « Les Miséricordes du Seigneur… » (NHA 101) (Ps
89,2) Avant de prendre la plume, je me suis agenouillée devant la
statue de Marie (NHA 102) (celle qui nous a donné tant de preuves
des maternelles préférences de la Reine du Ciel pour notre famille,)
je l’ai suppliée de guider ma main afin que je ne trace pas une seule
ligne qui ne lui soit agréable. Ensuite ouvrant le Saint Evangile, mes
yeux sont tombés sur ces mots : « Jésus étant monté sur une
montagne, il appela à Lui ceux qu’il lui plut ; et ils vinrent à Lui. »
(Saint Marc, chap. III, v. 13). (Mc 3,13) Voilà bien le mystère de ma
vocation, de ma vie tout entière et surtout le mystère des privilèges
de Jésus sur mon âme… Il n’appelle pas ceux qui en sont dignes,
mais ceux qu’il lui plaît ou comme le dit Saint Paul : « Dieu a pitié
de qui Il veut et Il fait miséricorde à qui Il veut faire miséricorde. Ce
n’est donc pas l’ouvrage de celui qui veut ni de celui qui court, mais
de Dieu qui fait miséricorde. » (Épître aux Romains, chap. IX. v. 15
et 16). (Rm 9,15-16) Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon
Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient
pas un égal degré de grâces, je m’étonnais en Le voyant prodiguer
des faveurs extraordinaires aux Saints qui l’avaient offensé, comme
Saint Paul, Saint Augustin et qu’Il forçait pour ainsi dire à recevoir
3ses grâces ; ou bien, en lisant la vie de Saints que Notre-Seigneur
s’est plu à caresser du berceau à la tombe, sans laisser sur leur
passage aucun obstacle qui les empêchât de s’élever vers Lui et
prévenant ces âmes de telles faveurs qu’elles ne pouvaient ternir
l’éclat immaculé de leur robe baptismale, je me demandais pourquoi
les pauvres sauvages, par exemple, mouraient en grand nombre avant
d’avoir même entendu prononcer le nom de Dieu… Jésus a daigné
m’instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la
nature et j’ai compris que toutes les fleurs qu’Il a créées sont belles,
que l’éclat de la rose et la blancheur du Lys n’enlèvent pas le parfum
de la petite violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette… J’ai
compris que si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la
nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus
émaillés de fleurettes… Ainsi en est-il dans le monde des âmes qui
est le jardin de Jésus. Il a voulu créer les grands saints qui peuvent
être comparés aux Lys et aux roses ; mais il en a créé aussi de plus
petits et ceux-ci doivent se contenter d’être des pâquerettes ou des
violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu’Il les
abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire sa volonté, à être ce
qu’Il veut que nous soyons… J’ai compris encore que l’amour de
Notre-Seigneur se révèle aussi bien dans l’âme la plus simple qui ne
résiste en rien à sa grâce que dans l’âme la plus sublime ; en effet le
propre de l’amour étant de s’abaisser, si toutes les âmes
ressemblaient à celles des Saints docteurs qui ont illuminé l’Eglise
par la clarté de leur doctrine, il semble que le bon Dieu ne
descendrait pas assez bas en venant jusqu’à leur cœur ; mais Il a créé
l’enfant qui ne sait rien et ne fait entendre que de faibles cris, Il a
créé le pauvre sauvage n’ayant pour se conduire que la loi naturelle
et c’est jusqu’à leurs cœurs qu’Il daigne s’abaisser, ce sont là ses
fleurs des champs dont la simplicité Le ravit… En descendant ainsi
le Bon Dieu montre sa grandeur inouïe. De même que le soleil
éclaire en même temps les cèdres et chaque petite fleur comme si elle
était seule sur la terre, de même Notre-Seigneur s’occupe aussi
particulièrement de chaque âme que si elle n’avait pas de
semblables ; et comme dans la nature toutes les saisons sont
arrangées de manière à faire éclore au jour marqué la plus humble
4pâquerette, de même tout correspond au bien de chaque âme. Sans
doute, ma Mère chérie, vous vous demandez avec étonnement où je
veux en venir, car jusqu’ici je n’ai rien dit encore qui ressemble à
l’histoire de ma vie, mais vous m’avez demandé d’écrire sans
contrainte ce qui me viendrait à la pensée ; ce n’est donc pas ma vie
proprement dite que je vais écrire, ce sont mes pensées sur les grâces
que le Bon Dieu a daigné m’accorder. Je me trouve à une époque de
mon existence où je puis jeter un regard sur le passé ; mon âme s’est
mûrie dans le creuset des épreuves extérieures et intérieures ;
maintenant comme la fleur fortifiée par l’orage je relève la tête et je
vois qu’en moi se réalisent les paroles du psaume XXII. (Le Seigneur
est mon Pasteur, je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans des
pâturages agréables et fertiles. Il me conduit doucement le long des
eaux. Il conduit mon âme sans la fatiguer… Mais lors (Ps 23,1-4)
même que je descendrai dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne
craindrai aucun mal, parce que vous serez avec moi, Seigneur !…)
(NHA 103) (Ps 22,1-4) Toujours le Seigneur a été pour moi
compatissant et rempli de douceur… Lent à punir et abondant en
miséricordes !… (Ps. CII, v.8.) (Ps 103,8) Aussi, ma Mère, c’est avec
bonheur que je viens chanter près de vous les miséricordes du
Seigneur… (Ps 89,2) C’est pour vous seule que je vais écrire
l’histoire de la petite fleur cueillie par Jésus, aussi je vais parler avec
abandon, sans m’inquiéter ni du style ni des nombreuses digressions
que je vais faire. Un cœur de mère comprend toujours son enfant,
alors même qu’il ne sait que bégayer, aussi je suis sûre d’être
comprise et devinée par vous qui avez formé mon cœur et l’avez
offert à Jésus… Il me semble que si une petite fleur pouvait parler,
elle dirait simplement ce que le Bon Dieu a fait pour elle, sans
essayer de cacher ses bienfaits. Sous le prétexte d’une fausse
humilité elle ne dirait pas qu’elle est disgracieuse et sans parfum, que
le soleil lui a ravi son éclat et que les orages ont brisé sa tige, alors
qu’elle reconnaîtrait en elle-même tout le contraire. La fleur qui va
raconter son histoire se réjouit d’avoir à publier les prévenances tout
à fait gratuites de Jésus, elle reconnaît que rien n’était capable en elle
d’attirer ses regards divins et que sa miséricorde seule a fait tout ce
qu’il y a de bien en elle… C’est Lui qui l’a fait naître en une terre
5sainte et comme tout imprégnée d’un parfum virginal. C’est Lui qui
l’a fait précéder de huit Lys éclatants de blancheur. Dans Son amour,
Il a voulu préserver sa petite fleur du souffle empoisonné du monde ;
à peine sa corolle commençait-elle à s’entr’ouvrir que ce divin
Sauveur l’a transplantée sur la montagne du Carmel où déjà les deux
Lys qui l’avaient entourée et doucement bercée au printemps de sa
vie répandaient leur suave parfum… Sept années se sont écoulées
depuis que la petite fleur a pris racine dans le jardin de l’Epoux des
vierges et maintenant trois Lys balancent auprès d’elle leurs corolles
embaumées ; un peu plus loin un autre lys s’épanouit sous les regards
de Jésus et les deux tiges bénies qui ont produit ces fleurs sont
maintenant réunies pour l’éternité dans la Céleste Patrie… Là elles
ont retrouvé les quatre Lys que la terre n’avait pas vus s’épanouir…
Oh ! que Jésus daigne ne pas laisser longtemps sur la rive étrangère
les fleurs restées dans l’exil ; que bientôt la branche de Lys soit
complète au Ciel ! (NHA 104) Je viens, ma Mère, de résumer en peu
de mots ce que le bon Dieu a fait pour moi, maintenant je vais entrer
dans le détail de ma vie d’enfant ; je sais que là où tout autre ne
verrait qu’un récit ennuyeux votre cœur maternel trouvera des
charmes… et puis, les souvenirs que je vais évoquer sont aussi les
vôtres puisque c’est près de vous que s’est écoulée mon enfance et
que j’ai le bonheur d’appartenir aux Parents sans égaux qui nous ont
entourées des mêmes soins et des mêmes tendresses. Oh ! qu’ils
daignent bénir la plus petite de leurs enfants et lui aider à chanter les
miséricordes divines !… (Ps 89,2) Dans l’histoire de mon âme
jusqu’à mon entrée au Carmel je distingue trois périodes bien
distinctes ; la première malgré sa courte durée n’est pas la moins
féconde en souvenirs ; elle s’étend depuis l’éveil de ma raison
jusqu’au départ de notre Mère chérie pour la patrie des Cieux.
Le Bon Dieu m’a fait la grâce d’ouvrir mon intelligence de très
bonne heure et de graver si profondément en ma mémoire les
souvenirs de mon enfance qu’il me semble que les choses que je vais
raconter se passaient hier. Sans doute, Jésus voulait, dans son amour,
me faire connaître la Mère incomparable qu’il m’avait donnée, mais
que sa main Divine avait hâte de couronner au Ciel !… Toute ma vie
le bon Dieu s’est plu à m’entourer d’Amour, mes premiers souvenirs
6sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres !… mais
s’Il avait placé près de moi beaucoup d’Amour, Il en avait mis aussi
dans mon petit cœur, le créant aimant et sensible, aussi j’aimais
beaucoup Papa et Maman et leur témoignais ma tendresse de mille
manières, or j’étais très expansive. Seulement les moyens que
j’employais étaient parfois étranges, comme le prouve ce passage
d’une lettre de Maman. « Le bébé est un lutin sans pareil, elle vient
me caresser en me souhaitant la mort : Oh ! Que je voudrais bien que
tu mourrais, ma pauvre petite Mère !… on la gronde, elle dit : C’est
pourtant pour que tu ailles au Ciel, puisque tu dis qu’il faut mourir
pour y aller. Elle souhaite de même la mort à son père quand elle est
dans ses excès d’amour ! ». (NHA 105) Le 25 Juin 1874 alors que
j’avais à peine dix-huit mois, voici ce que maman disait de moi :
« Votre père vient d’installer une balançoire, Céline est d’une joie
sans pareille, mais il faut voir la petite se balancer ; c’est risible, elle
se tient comme une grande fille, il n’y a pas de danger qu’elle lâche
la corde, puis quand ça ne va pas assez fort, elle crie. On l’attache
par-devant avec une autre corde et malgré cela je ne suis pas
tranquille quand je la vois perchée là-dessus. Il m’est arrivé une drôle
d’aventure dernièrement avec la petite. J’ai l’habitude d’aller à la
messe de cinq heures et demie, dans les premiers jours je n’osais pas
la laisser, mais voyant qu’elle ne se réveillait jamais, j’ai fini par me
décider à la quitter. Je la couche dans mon lit et j’approche le berceau
si près qu’il est impossible qu’elle tombe. Un jour j’ai oublié de
mettre le berceau. J’arrive et la petite n’était plus dans mon lit ; au
même moment j’entends un cri, je regarde et je la vois assise sur une
chaise qui se trouvait en face de la tête de mon lit, sa petite tête était
couchée sur le traversin et là elle dormait d’un mauvais sommeil car
elle était gênée. Je n’ai pas pu me rendre compte comment elle était
tombée assise sur cette chaise, puisqu’elle était couchée. J’ai
remercié le Bon Dieu de ce qu’il ne lui est rien arrivé, c’est vraiment
providentiel, elle devait rouler par terre, son bon Ange y a veillé et
les âmes du purgatoire auxquelles je fais tous les jours une prière
pour la petite l’ont protégée ; voilà comment j’arrange cela…
arrangez-le comme vous voudrez… » À la fin de la lettre maman
ajoutait : « Voilà le petit bébé qui vient me passer sa petite main sur
7la figure et m’embrasser. Cette pauvre petite ne veut point me quitter,
elle est continuellement avec moi ; elle aime beaucoup à aller au
jardin, mais si je n’y suis pas elle ne veut pas y rester et pleure
jusqu’à ce qu’on me la ramène ! » (NHA 106) (Voici un passage
d’une autre lettre) : « La petite Thérèse me demandait l’autre jour si
elle irait au Ciel. Je lui ai dit que oui, si elle était bien sage ; elle me
répond : Oui, mais si je n’étais pas mignonne, j’irais dans l’enfer…
mais moi je sais bien ce que je ferais, je m’envolerais avec toi qui
serais au Ciel, comment que le Bon Dieu ferait pour me prendre ?…
tu me tiendrais bien fort dans tes bras ? J’ai vu dans ses yeux qu’elle
croyait positivement que le Bon Dieu ne lui pouvait rien si elle était
dans les bras de sa mère… (NHA 107) » Marie aime beaucoup sa
petite sœur, eIle la trouve bien mignonne, elle serait bien difficile car
cette pauvre petite a grand-peur de lui faire de la peine. Hier j’ai
voulu lui donner une rose sachant que cela la rend heureuse, mais
elle s’est mise a me supplier de ne pas la couper, Marie l’avait
défendu, elle était rouge d’émotion, malgré cela je lui en ai donné
deux, elle n’osait plus paraître à la maison. J’avais beau lui dire que
les roses étaient à moi, mais non, disait-elle, c’est à Marie… C’est
une enfant qui s’émotionne bien facilement. Dès qu’elle a fait un
petit malheur, il faut que tout le monde le sache. Hier ayant fait
tomber sans le vouloir un petit coin de la tapisserie, elle était dans un
état à faire pitié, puis il falIait bien vite le dire à son Père ; l est arrivé
quatre heures après, on n’y pensait plus, mais elle est bien vite venue
dire à Marie : Dis vite à Papa que j’ai déchiré le papier. Elle est là
comme un criminel qui attend sa condamnation, mais elle a dans sa
petite idée qu’on va lui pardonner plus facilement si elle s’accuse. »
(NHA 108) J’aimais beaucoup ma chère Marraine. (NHA 109) Sans
en avoir l’air, je faisais une grande attention à tout ce qui se faisait et
se disait autour de moi, il me semble que je jugeais des choses
comme maintenant. J’écoutais bien attentivement ce que Marie
apprenait à Céline afin de faire comme elle ; après sa sortie de la
Visitation, pour obtenir la faveur d’être admise dans sa chambre
pendant les leçons qu’elle donnait à Céline, j’étais bien sage et je
faisais tout ce qu’elle voulait ; aussi me comblait-elle de cadeaux qui,
malgré leur peu de valeur, me faisaient beaucoup de plaisir. J’étais
8bien fière de mes deux grandes sœurs, mais celle qui était mon idéal
d’enfant, c’était Pauline… Lorsque je commençais à parler et que
Maman me demandait : « À quoi penses-tu ? » la réponse était
invariable « À Pauline !… » Une autre fois, je faisais aller mon petit
doigt sur les carreaux et je disais « J’écris : Pauiine !… » Souvent
j’entendais dire que bien sûr Pauline serait religieuse ; alors sans trop
savoir ce que c’était, je pensais : « Moi aussi je serai religieuse. »
C’est là un de (mes) (NHA 110) premiers souvenirs et depuis, jamais
je n’ai changé de résolution !… Ce fut vous ma Mère chérie, que
Jésus choisit pour me fiancer à Lui, vous n’étiez pas alors auprès de
moi, mais déjà un lien s’était formé entre nos âmes… vous étiez mon
idéal, je voulais être semblable à vous et c’est votre exemple qui dès
l’âge de deux ans m’entraîna vers l’Epoux des vierges… Oh ! que de
douces réflexions je voudrais vous confier ! Mais je dois poursuivre
l’histoire de la petite fleur, son histoire complète et générale, car si je
voulais parler en détail de mes rapports avec Pauline, il me faudrait
laisser tout le reste !… Ma chère petite Léonie tenait aussi une
grande place dans mon cœur. Elle m’aimait beaucoup, le soir c’était
elle qui me gardait quand toute la famille allait se promener… Il me
semble entendre encore les gentils refrains qu’elle chantait afin de
m’endormir… en toute chose elle cherchait le moyen de me faire
plaisir aussi j’aurais eu bien du chagrin de lui causer de la peine.
Je me rappelle très bien sa première communion. (NHA 111)
surtout du moment où elle me prit sur son bras pour me faire entrer
avec elle au presbytère ; cela me paraissait si beau d’être portée par
une grande sœur tout en blanc comme moi !… Le soir on me coucha
de bonne heure car j’étais trop petite pour rester au grand dîner mais
je vois encore Papa qui vint au dessert, apportant à sa petite reine des
morceaux de la pièce montée… Le lendemain ou peu de jours après,
nous sommes allées avec maman chez la petite compagne de Léonie.
(NHA 112) Je crois que c’est ce jour-là que cette bonne petite Mère
nous a emmenées derrière un mur pour nous faire boire du vin après
le dîner (que nous avait servi la pauvre dame Dagorau) car elle ne
voulait pas faire de peine à la bonne femme, mais aussi voulait que
nous ne manquions de rien… Ah ! comme le cœur d’une Mère est
délicat, comme il traduit sa tendresse en mille soins prévoyants
9auxquels personne ne penserait ! Maintenant il me reste parler de ma
chère Céline, la petite compagne de mon enfance, mais les souvenirs
sont en telle abondance que je ne sais lesquels choisir. Je vais extraire
quelques passages des lettres que maman vous écrivait à la
Visitation, mais je ne vais pas tout copier, ce serait trop long… Le 10
Juillet 1873 (NHA 113) (l’année de ma naissance), voici ce qu’elle
vous disait : « La nourrice (NHA 114) a amené la petite Thérèse
Jeudi, elle n’a fait que rire, c’était surtout la Petite Céline qui lui
plaisait, elle riait aux éclats avec elle ; on dirait qu’elle a déjà envie
de jouer, cela viendra bientôt, elle se tient sur ses petites jambes,
raide comme un petit piquet. Je crois qu’elle marchera de bonne
heure et qu’elle aura bon caractère, elle paraît très intelligente et a
une bonne figure de prédestinée… » (…)
sapré dédé
Non, pas sapré dédé.
C’est pour votre salut, Phil.
Entre autres.
Mythes et légendes, la BO pour les crédules vendue sur le marché du mensonge comme pilule pour le salut.
quelqu’un a parlé de versubtil ? (une ex de bolibongo.com)
Langue française
Petit jeu
Prenez une feuille de papier et un stylo.
Sans aide, essayez de définir les mots suivants :
curaçao, giberne, bravade, un casse-tête, jouer aux barres, sylvain(myth.), sylphide, matelote,étuvée,
pot-bouille (définisssez deux mots), cépée, lasting, carquois (définisez en trois mots), un émétique, espalier, une bisque, whist, marasquin, bayadère, une acre.
Quand vous aurez fini, ouvrez un (bon) dictionnaire. Comparez vos définitions à celles du dictionnaire. Sur 20, comptez vos points.
A bientôt 85 voilà son seul centre d’intérêt : des mots qui ne lui serviront bientôt plus à rien. Plus ses classements débiles d’agrégés en philosophie.
Il y a de quoi s’apitoyer, vraiment
D’autant plus que pour moi il n’est pas le premier à finir de cette manière vaine.
En feuilletant l’excellent opuscule de Jonathan Bates, « English Literature, A Short Introduction », je suis tombé sur le facsimilé de la couverture du premier roman publié en 1811 par Jane Austen, « Sense and Sensibility » (Raison et Sentiments/ Le Coeur et la raison). On constate que son nom n’y figure pas, mais qu’après le titre, figurent A Novel/By A Lady / Vol.I etc….A Lady…
La légende de l’illustration précise que les autres romans publiés de son vivant ne porteront jamais son nom, mais le titre, suivi de ‘auteure de (titre du roman précédent’… Si les Brontë publièrent sous pseudonyme (Bell), elle publia anonymement…Voilà qui en dit long sur l’époque.
Le petit opuscule de Bates s’attarde également sur les principales influences littéraires d’Austen, Fanny Burney, Ann Radcliffe et Maria Edgeworth, la première lui fournissant la possibilité d’écrire du point de vue du personnage, en mettant à distance la voix narrative, ce qu’elle amplifiera et transformera en ‘style indidrect libre’, technique permettant de retranscrire l’immédiateté des pensées et des sentiments du personnage (Exemple: It darted through her, with the speed of an arrow, that Mr Knightley must marry no one but herself!- Emma / Il lui traversa l’esprit, avec la rapidité d’une flèche, qu’il était hors de question que M. Knightley épouse quelqu’un d’autre qu’elle-même.).
Bates rappelle également les multiples niveaux d’ironie avec lesquels joue l’auteur d’Emma et qui constituent pour moi le principal intérêt de son oeuvre.
Il évoque enfin l’aversion qu’éprouvait Charlotte Brontë pour ‘le monde selon Austen’, avec ses parts de mariages dénués de tout élan romantique, ses revenus annuels, la décence caricaturale de ses personnages et ces longues promenades dans des jardins bien entretenus auxquelles elle opposait les courses folles sur la lande…
Different strokes.
Votre Jugement dernier sera très sévère, renato. Soyez-en sûr.
Mon pauvre garçon, votre opinion n’est qu’une chimère.
D’accord sur la place disproportionnée accordée à Virginia Woolf dans la littérature anglaise au détriment d’autres femmes tout aussi douées comme Kathleen Mansfield. Son suicide spectaculaire doit y être pour quelque chose. Son « flux de conscience » ne m’intimide nullement…
Si en plus on massacre ses traductions françaises en lui accordant un « lieu » potentiellement ouvert à tous vents au lieu d’une pièce fermée par quatre murs et dotée d’une porte derrière laquelle on peut se réfugier pour avoir la paix, son statut en France ne va pas s’arranger. Je me demande si le reste de la traduction de Darrieussecq est aussi médiocre.
Cela me donne une idée pour gagner des sous. Passou adore les nouvelles traductions qui bousculent les habitudes, si arbitraires soient-elles, dans leur titre notamment. Je vais choisir une oeuvre mondialement connue qui se vendra à coup sûr comme « Autant en emporte le vent ». Je lui donne un nouveau titre: « Emporté par le vent », par exemple. Je demande à l’IA de retraduire entièrement le roman et relis soigneusement cette traduction pour éliminer les maladresses et introduire toutes les 10/15 pages environ quelques tics qui me sont propres pour que cela ait l’air plus vrai.
Tous les éditeurs seront emballés: une nouvelle traduction du chef d’oeuvre de Margaret Mitchell sous un nouveau titre! Passou sera évidemment enthousiasmé; ça se vendra comme des petits pains et je serai riche.
Génial n’est ce pas?
Celui qui essayera de me piquer mon idée aura affaire à moi!
Petite précision, c’est Katherine (et non Kathleen) Mansfield…
On se prend à imaginer ce que la grande Katherine aurait pu écrire si elle n’était pas mort si prématurément.
Charles Juliet, qui bénéficia d’une bourse K.Mansfield, passa cinq mois dans la maison de Katherine Mansfield à Wellington, et tira de son séjour un très beau livre sur la Nouvelle-Zélande, « Au pays du long nuage blanc » (POL, 2004) – traduction du nom maori du pays, Aotearoa.
Etonnemment, Juliet ne parlait pas l’anglais mais il parvint, par l’entremise de divers interprètes, à mener des conversations fructueuses, y compris avec l’ancien capitaine des All Blacks, le grand Chris Laidlaw…
mortE
Closer, un, vous m’avez fait rire, (ça ne m’arrive pas si souvent), votre dernier commentaire est un pur chef d’oeuvre. Deux, ah oui, Katherine Mansfield est évidemment à la fois bien plus accessible et moins cérébrale que Woolf, mais voilà, elle n’était pas féministe (elle avait tort, mais moi je ne lui en tiens pas rigueur, car ce serait ridicule, comme de tenir rigueur à Balzac d’avoir été monarchiste, bref !) , dans cinquante ans on reconnaitra que les 17 nouvelles du « Voyage Indiscret » sont de purs chefs d’oeuvre, surtout celle où elle vient rejoindre son amant quasi dans les tranchées de la guerre 14-18, et en plus ses nouvelles, ce sont de petits joyaux, comme, en sculpture, ceux que façonnait Camille Claudel, comme quoi la modestie de l’ambition peut déboucher sur la perfection de la joaillerie, et que d’un coquillage sans valeur peut surgir une perle. (je l’avoue, cette pensée est pour moi consolante.) Merci Closer !
Je vais faire la même chose, Closer.
Désolé.
Le Noir est un Rouge. Un truc ethnique mélenchoniste.
Ce qui me frappe aussi, c’est la mise en lumière des écrivaines. Elles étaient si peu nombreuses ! Si ridiculement faiblardes, de Sand à Woolf, si marginales ! Et pourtant, aujourd’hui, le monde littéraire ne peut plus se passer d’elles. Grandeur et décadence de la littérature. Pour coller à son époque, pour avoir quelque chose encore à dire à l’intelligence collective, pour ne pas être définitivement « dépassée », la littérature, submergée par l’image, en overdose de technologies numériques, finalement, finalement, en vient à en appeler Jane Austen, Colette ou Woolf. Les ombrées, détenues derrière le rideau de la domination masculine, sont aujourd’hui de plus en plus rappelées en renfort pour justifier la valeur de ce mode d’expression qu’est la littérature (certes raffinée, bref, c’est comme un drame, tant de civilisation, d’intelligence collective, de sensations et de sentiments, injectés dans le tuyau de la littérature, sont tout ceci désormais dérisoires, puisque ChatGpt est parfaitement capable d’écrire ce commentaire (en mieux, en plus) comme il est parfaitement capable de reproduire n’importe quel commentaire de ce blog).
L’Astérisque i.els l’Obélisque
Roman cisgenre pour conservateurs de musées
Ô Clopine !
Tu es une femme quand tu ne cherches pas à sortir de tes attributions féminines, mais quand tu prétends intervertir les rôles et porter la culotte (ceci soit dit au figuré), lorsque tu désertes le foyer conjugal et que, la tête farcie des théories féministes, tu t’élances comme une lionne en courroux, en quête d’une proie masculine à dévorer, lorsque, enfin, tu veux te substituer à l’homme, là franchement, tu deviens un être infernal et néfaste !
Et… et puis merde !
On ne peut pas dire que Sand ait été « marginale ». C’est même tout le contraire. La boldoclopine fantasme ce qu’elle a mal lu.
Il parait que au lieu de rester tranquilles chez eux, des dizaines de milliers de personnes se sont précipités dans les gares pour prendre un train et que c’était extrêmement tendu hier et aujourd’hui, avec en plus des gosses en grand nombre.
Les gens cherchent toujours des ennuis.
Intéressant de voir qu’à peu près au temps où était proclamée la mort de Dieu, on pouvait encore avoir ce genre de dialogue. L’existence du Dieu de Melville est-elle niable ?
– « Ai-je dit que je voulais parler d’autre chose que de cette baleine blanche ?
– En effet, non, dit Hawthorne, mais chaque fois il y a dans vos mots une sonorité intérieure. Vous semblez occupé d’une passion personnelle.
– Non, dit Herman, au bout d’un moment. Mettons au contraire que je m’occupe d’une sorte de passion générale. N’aurions-nous à combattre, dit-il en souriant, que l’opposition des dieux, par exemple, qu’en pensez-vous, Hawthorne ?
N’est-ce pas, imaginez quelqu’un qui, finalement, prendrait l’épée ou le harpon pour commencer un combat contre Dieu même.
– Il faudrait ne pas croire.
– En qui ?
– En Dieu.
– Au contraire, car alors, où serait le, mérite ?
– Ou la folie.
– Ou la folie si vous voulez. Non, je pense que quelqu’un qui verrait Dieu aussi clairement comme on dit que le nez au milieu de la figure, aussi clairement que la baleine blanche au-dessus des eaux et qui, justement, le voyant en toute sa gloire, le connaissant en tous ses mystères, sachant jusqu’où peuvent aller les délires de sa force, mais n’oubliant pas –jamais- les blessures dont ce Dieu le déchire, se précipiterait sur lui et lancerait le harpon.
– Je crois que vous écrivez un beau livre, dit Hawthorne, après un silence ».
Jean Giono, fin de la préface à Moby Dick.
En feuilletant la version de Moby Dick à laquelle a collaboré Giono, je tombe sur cette merveille :
« Queequeg était natif de Rokovoko, une île très loin dans le Sud-Ouest. Elle n’est sur aucune carte. Les endroits vrais n’y sont jamais ».
Et il y en a à chaque page.
Je me demande pourquoi il est si difficile d’être humble. Je ne crois pas être un bon écrivain ; je me rends compte de mes défauts mieux que n’importe qui ne pourrait le faire. Je sais exactement en quoi je ne réussis pas (K M, octobre 1921). Mon Dieu, rends-moi limpide comme le cristal pour que ta lumière brille à travers moi ! (id., novembre 1921).
0 décembre 2025 à 10h53 :« Reste que son monde m’apparait bien trop restreint, vide de tout appel à ou écho de l’Histoire (les Gordon Riots, les guerres napoléoniennes, rien que ça!), un cercle circonscrit (voire rabougri) à la petite société de l’aristocratie foncière ou la bourgeoisie du sud-ouest de l’Angleterre où parvenaient pourtant etc. ».
D’une part, je crois ce jugement profondément faux, de l’autre il rejoint d’une manière qui ne m’étonne pas la superficialité de lecture de la boldoclopine. Rangeons ces deux individus auxquels il faut perpétuellement mettre les points sur les « i » dans le même tiroir, ils y seront promptement oubliés sans le moindre regret. Les allusions, par exemple, à la milice et à l’armée régulière sont assez fréquentes chez Jane Austen, ainsi que les personnages de militaires, plus des allusions aux Indes anglaises etc. Ils devaient être pour ses contemporains l’écho assez précis de l’état politique et international du Royaume-Uni. Seulement voilà, l’art de Jane Austen est avant tout un art de l’ellipse. Il faut la lire entre les lignes, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Et ne l’oublions pas, il devrait exister un tact du lecteur, consistant à ne pas demander à une œuvre plus qu’elle ne saurait donner, et surtout, peut-être, à ne pas formuler d’énormes sottises avant d’y avoir réfléchi. Non, bien sûr, Jane Austen n’a écrit ni Oliver Twist ni Les temps difficiles… Dans quel abîme ce constat ne nous plongerait-il pas si n’avions appris à nous servir de nos petites cellules grises? …
(A-t-on suffisamment noté que c’est Proust qui fait entrer dans la littérature française une partie des procédés de la littérature anglaise?)
Hurk ?
Hurkhurkhurk !
Par Isabelle Génin, traduction et désir d’écriture, lorsque Giono se profile a l’horizon de Moby Dick, aidé entre autres par Lucien Jacques
20120413142028-2069-10.pdf https://share.google/a3E0B4JNPbdPhPpRU
« closer dit: 20 décembre 2025 à 11h14
Je ne connais personne qui ne la lise avec plaisir. »
Formulation parfaite, cependant inacceptable au-dessous d’un certain niveau de connaissance de la langue, de civilisation et de culture.
Raison pour laquelle un cuistre que rien n’arrête jamais corrige, commentaire compris :
« @ Je ne connais personne qui ne la lise avec plaisir.
forumule tordue – Plutôt dire : « je ne connais personne qui la lise avec déplaisir »…
Alceste corrigé par Orgon. Cet emmanché ne nous épargnera aucun recoin de sa défaillante et lamentable personne…
Hurk ?
Hurklhurkhurk !
S’EMPECHER …
Le collègue I. Jablonka, au terme de son essai sur « des hommes justes – du patriarcat aux nouvelles masculintés » (Seuil, 2019), conclut que défendre la justice de genre en tant qu’homme, c’est lutter contre soi-même ». Et tel un Rimbaud ayant dit « je suis un nègre » ou un Aimé Césaire : « je suis un homme-juif, un homme-pogrom », il conclut : « Je suis un homme contre le pouvoir masculin. Je suis une féministe ». (et plus loin : « si je suis un homme dans mon corps, hétérosexuel dans mes choix, universitaire de profession, je me sen mal à l’aise dans le masculin ». Je n’ai pas envie de devenir une femme, mais je change volontiers de genre » (p. 412). Dont acte.
____
Moi, c’est ce que j’aurais dit et écrit avec plus de simplicité, sans contester la « perfection de la formule » de Closer (cf. « Si JJJ ne comprend pas, qu’il utilise un traducteur automatique »). Objection recevable et amplement suffisante.
Pas besoin du roquet habituel pour surligner son auguste Suffisance de lèche-cul péteux. Couché, vous dis-je !… à la nichte ! Cgrrrr.
« c’est Proust qui fait entrer dans la littérature française une partie des procédés de la littérature anglaise ? »
Il ne maîtrisait pas la langue anglaise, Chaloux !
Il m’arrive de me demander pourquoi les gens ne se contentent pas de lire en s’abstenant d’interpréter. Ma prof de littérature disait que si nous étions capables de définir et d’évaluer précisément comment Dante était lu et perçu à un moment historique donné, nous pourrions comprendre le goût de ce moment historique et voir clairement les limites ; mais puisque cela est impossible, nous ne pouvons que procéder à des projections herméneutiques, produisant un surplus sémantique. En somme, il ne nous reste que la lecture et la perception que nous avons grâce à notre manière de voir et de construire notre présent, ou plus simplement, grâce au goût de notre époque, un autre chemin semé d’embûches, il vaut donc mieux ne pas fantasmer et se contenter du plaisir du texte, ce qui comme a été dit c’est de ne pouvoir être dit.
Parcequ’il faut maîtriser la langue de Shakespeare pour introduire des procédés littéraires « empruntés » aux littérateurs anglais dans la littérature français !!!
Bougre de Jazzi qui comprend tout de travers.
Jazzi, pourquoi répondre sans réfléchir? Tu crois que Proust ne pouvait pas lire de littérature anglaise en français?
Quant au vieux largué des Charentes, je me demande quelle satisfaction il éprouve à exhiber sa décomposition avancée.
On peut connaître les procédés sans connaître la langue.
Pour un peu, on aurait l’odeur…
C’est très frappant dans l’art du portrait, par exemple, qui n’est pas sans rappeler Dickens. Et l’humour aussi, car rien n’est plus drôle que la littérature anglaise. La seule, je crois, qu’on puisse lire avec de tels fous-rires.
Sale journée, Chaloux.
Vous voulez que je vous raconte pourquoi ?
J’ai dit un jour à ma femme, pour l’impressionner, que j’ai lu tout Kafka pratiquement dans mon adolescence.
Ma femme, nullement étonnée, me rétorqua que pour dire j’ai lu Kafka, il faut préalablement maîtriser la langue allemande.
Moi, un peu agacé, je lui dis que j’ai dévoré ses oeuvres traduites en français et…
Tu vois, m’a-t-elle apostrophé malignement, tu as lu les traductions françaises approximatives de ses textes écrits en allemand donc tu ne l’as pas lu. CQFD.
Gigi la visqueuse « ne conteste pas la perfection d’une formule » qu’il juge « tordue ».
Comprenne qui pourra. Comprenne pas qui pourra pas.
Il doit y avoir liquéfaction…
Hurkhurkhurk !
Des lobes…
D, si vous y tenez…
« On peut connaître les procédés sans connaître la langue. »
Mais on ne peut les régurgiter qu’après les avoir avalés dans leur langue d’origine, renato !
Je ne le crois pas, Jazzi, mais il est vrai que j’accorde une grande importance à l’intelligence créative, c’est-à-dire à la capacité d’imaginer une alternative non banale dans la perception ou l’utilisation de quelque chose.
Mais non, Jazzi, qu’est-ce que tu racontes?
Voilà, Chaloux : ce matin on me donne un tuyau : il se vend des huîtres chez un poissonnier d’une commune des Hauts-de-Seine. J’y file aussitôt et en effet je tombe sur un poissonnier qui avait quepques bourriches d’huîtres dites « Gillardeau », vendues fort chères mais je suis riche donc tant pis. File d’attente fort longue, je crains de ne pas être servi mais si, mon tour arrive, il devait rester deux-trois douzaines, pas plus. Je demande une douzaine, ouvertes s’il vous plaît. « -Monsieur, nous n’ouvrons jamais les huîtres ».
J’ai tourné les talons et je suis rentré à Chaville. Je n’ai pas la moindre idée de comment une huître s’ouvre. Je sais faire énormément de choses, mais ouvrir une huître, non. Et j’imagine que je ne suis pas le seul. Donc quand on ne sait pas ouvrir une huître, on ne mange pas d’huîtres. Voilà en résumé le climat qui règne ici en ce moment.
Moi je dis que c’est proprement dégueulasse.
Je maintiens mon conseil, D., chez le poissonnier du marché de Colmar, dès 11 heures du matin, on peut déguster des Gillardeau ouvertes accompagnées d’un excellent Chenin. Si vous souhaitez vraiment vous faire plaisir, vous pouvez profiter du voyage pour visiter le Grünewald.
@ il vaut donc mieux ne pas fantasmer et se contenter du plaisir du texte, ce qui comme a été dit c’est de ne pouvoir être dit… (Limpide et peu tordue, la remarque, tel un orage qui fout droit).
@ Je n’ai pas la moindre idée de comment une huître s’ouvre (comment ouvrir une huître ? plutôt, non ?…) quelle pitié ! mais… conclusion logiquement imparable : on se rabat sur les endives qui s’ouvrent toutes seules. Et c’est proprement dégueulasse (des endives Gilardeau).
@ Comprenne pas qui pourra pas (sic) // Couché, cabot ! T’aboie pour rin, doit y avoir sublimation ! (du gaz de cochon).
@ Exhiber sa décomposition avancée provoque toujours des fous-rires satisfaisants aux Charentes, au vu des réactions des cabots parigots affamés, toujours en manque de pitance pour leurs crocs usagés (du royal canin bleu marine).
@ Nos hommages à la meuf de Kafka (une maline, QED).
Je prends tout à la dérision, Christiane, c’est mon naturel au galop. N’en prenez pas d’ombrage, et surtout n’y faites point trop attention. Tout cela n’est guère que du vent d’est, vent d’ouest, Pearl !
Et toutes les nuits, je m’endors heureux, au souvenir de tous nos abrutis de l’ère délie.
BN, Mimi Souris, au dodo !
Mais bien sûr !
Hurkhurkhurk !
« Beau, déchirant, silence… ».
Hurk ?
Hurkhurkhurk !
Traduite, la grande littérature anglaise produit un français de très haut niveau qui a profondément impacté notre littérature et l’a pour ainsi libérée d’une tradition classique devenue trop lourde. L’essentiel est là, du côté de la langue française. À cet égard, comme on disait autrefois, il n’est pas étonnant que Chateaubriand, qui figure une sorte de première pierre dans ce processus, ait vécu en Angleterre.
MARRE DES LEGENDES
Les années passent, le plaisir de vivre sur terre reste entier, cependant fêter la naissance de ce rebelle juif né en pays antique d’une mère-vierge, continue à séduire les contribuables actuels ….
FOUTAISES ! Acte -pour simplifier- parfaitement idiot, aberration dérisoire ! Lamentable !
Qu’attendent les grands auteurs en ce siècle pour écrire la VRAIE histoire du malandrin crucifié ? ! Un pauvre gosse, une pauvre légende, un rebelle de pacotille, un bon à rien !
Joyeux Noel, camarades raisonnables !
Un des intérêts pour moi de Yourcenar, c’est qu’elle semble refuser cette voix de libération par l’influence anglaise et qu’elle «sur-latinise» en quelque sorte son style. Cela aboutit à la langue extrêmement dense de L’Oeuvre au Noir. Il y a chez elle une vraie réflexion, et un vrai choix.
Quelques nouvelles fraîches :
Jared Isaacman, patron de la NASA, oui, a aussi de grandes oreilles.
Chez la population d’Avatar, elles sont pointues et bougent.
Aime bcp aussi les petites tentacules fluo au bout d’une longue mèche de cheveux. J’étudie comment aboutir à ça.
Hier, grande vadrouille en ville. Ambiance festive et joyeuse.
Chez les santonniers, des merveilles : et pas mal de nouveautés.
Dans les animaux, le loup et le sanglier.
Chez les humains, une femme enceinte, un homme porteur de ballons rouges, une petite fille au cerceau, un homme cueilleur d’olives.
Etc.
Ça va, dernier jour à l’Ehpad. Amen. Hier, ai braillé au micro Gigi l’Amoroso, et Emma aussi. Ça nous a fait un bien fou. Savais pas encore qu’il avait un cœur d’artichaut.
Bon dimanche, à mes amis chrétiens, illuminés, ou pas.
Dois-je préciser que je ne voterai jamais RN? Pure calomnie d’une vieille haridelle à bout de force et d’arguments, chez qui calomnier semble être une très vieille habitude. Pas étonnant que la correctrice se soit barrée, ultime humiliation pour un sale type à la ramasse.
Enfin. Chacun a ses choix.
Moi, hier matin, en entendant la lessive, autant d’emmerdements cette semaine que la précédente, ai réalisé que j’étais la vraie sœur de Oona Chaplin, Géraldine sans doute, mais ai passe ma vie entière à remettre droit ce qui était tordu.
Vous pouvez le faire ; encore faudrait-il le vouloir. Noël peut être une date. Ou bien Pâques pour la résurrection.
Bref.
Colette est mère a quarante ans de son second mari Henry de Jouvenel. Cette petite qu’elle pond, elle ne s’en occupe pas, et même pas du tout. Pas de tarte aux pommes posée sur le rebord de la cuisine qui terminera dans le jardin. Elle n’est jamais là. La petite est élevée par des nurses part en vacances avec des amis.
Relation épistolière. La petite adore sa mère. À treize ans, j’ai fini l’année 1926, Colette la mère, commence à répondre à sa fille, qui a des velléités d’indépendance forcenées*. Elle mourra à 68 ans. Mon âge. Sa mère à 81. Je crois comprendre qu’elles se sont aimées. Elles sont enterrées ensemble au père Lachaise.
* Les velléités.
VENEZUELA
JOYEUX NOEL, cher Président Maduro !
Vous êtes la gloire, l’honneur, la fierté, de ce vaste espace sudiste américain, un exemple pour le monde entier !
Avec le jeune Lula, bien évidemment !
Outre Colette écrivaine, je la découvre actrice, elle jouait ses propres pièces, et aussi conférencière : je ne sais pas du tout quels étaient les sujets de ses conférences.
en étendant la lessive
la vraie sœur, méchante teigneuse violente etc.
Dans wiki, c noté que Colette ne s’occupait pas de sa fille. Elle travaillait, certes, mais durant ses vacances, elle ne l’a prenait pas avec elle.
Chantal
Le poulbot c’est un gamin des rues, avec sa casquette.
Le dernier mari de Colette s’appelle Maurice Goudeket. Il est français mais a key dans son patronyme.
On le constate bien que riche ne rend pas heureux. Enfin, tant que tu n’es pas riche en ayant pillé ta mère, ta sœur et tes deux nièces, cela ne me dérange pas que l’on soit riche. On peut aller manger tranquillement au grand Véfour sans avoir honte. Mais les riches se cachent, pck Ils ont peur d’être volés. On les reconnaît à leur minceur. Pas de mauvaise graisse chez les riches.
Chacun s’intéresse à autrui. C’est en ordre dispersé mais constant. Ce n’est pas le grand bordel. Chacun vit sa vie.
Contente de lire Christiane qui va bien.
Elle quitte la Bretagne, une femme intelligente, elle acheté une petite maison entre saint Tropez et Sainte Maxime qui s’appelle La treille muscate route des cannebiers Saint Tropez Var.
Elle écrit
Impossible d’avoir ta petite maison finie point tant pis, on s’arrangera. Les nuits ou le mistral ne m’en empêche pas, je couche sur la terrasse : tu coucheras sur la terrasse. L’été, dans ce pays, le confort matériel devient une pâle tentative humaine, on découvre qu’il est une invention inutile. C’est très curieux à expérimenter longuement. Viens. […]
Bis repetita placent
L’été, dans ce pays, le confort matériel devient une pâle tentative humaine, on découvre qu’il est une invention inutile.
Ben ouais.
Qq temps auparavant, en août 1926, elle signe, dans une lettre à Bel Gazou
Ta maitre maçonne
menuisière,
laveuse,
terrassière, etc. etc. etc.
et même maman,
Colette
IRAN
JOYEUX ….euh, non …
Rien !
(Proust) ne maîtrisait pas la langue anglaise
—
Indeed, Baroz, ce qui ne l’a pas empêché de traduire (avec l’aide de sa mère) « La Bible d’Amiens » de John Ruskin. Mais il lui fallut cinq longues années pour ce faire. L’auteur des « Pierres de Venise » et des « Sept Lampes de l’architecture », un des plus grands esprits du 19e siècle, mérite qu’on lui accorde la plus délicate attention, hier comme aujourd’hui.
Oui/Non en 60 secondes de James Cameron
https://www.instagram.com/reel/DSab0ECDU-V/?igsh=MXNmNXJwaWplNDd3bQ==
Je vois que certains parlent de Christiane. Où est son éventuel message?
@ 8.38 (cl.)
oui, elle a écrit ceci :
-² Une pensée à Rose (21 décembre 2025 à 08:13)
… puis, ceci :
-² Un coeur d’artichaut… Oui, JJJ, il faut vous effeuiller pour le trouver ! (21 décembre 2025 à 01:12)
-² … puis, elle a demandé à SV que soit effacé un message où elle expliquait pourquoi elle avait définitivement rompu avec le commentarium de l’RDL,
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Bon dimanche à tous.tes,
@ Chez la population d’Avatar, elles sont pointues et bougent.
ah, r^z, vous venez de me rappeler un souvenir très enfoui : M. Robisson, le coiffeur ambulant qui venait à la maison avec son matos dans sa valise en carton pour tondre au bol toute la famille, disait toujours : « si tu bouges trop, mon p’tit gars, je vais te couper les oreilles en pointe, hein ! » (j’avais 4-5 ans, et très peur de lui). Tout à l’heure, la séance de « l’avatar 3 » au cinéma est programmée pour 14.30. J’espère que le film fait pas trop peur.
Et elle a même ajouté ceci, puisé chez Martin E. :
« Les critiques musicaux du monde entier peuvent avoir raison, mais je suis moi, et je refuse de subordonner mes goûts au jugement unanime de l’espèce humaine. Si je n’aime pas quelque chose, je ne l’aime pas, voilà tout. Rien ne m’obligera à faire semblant de l’aimer sous prétexte que la majorité de mes congénères l’aime, ou fait semblant de l’aimer. Pour ce qui est du jugement, je suis indifférent aux modes. »
Solstice d’hiver
La honte, n’a donc décidément aucune limite…
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Vraiment ? on trouve ce bandeau rouge dans votre librairie, JL ?… (jean longoncet, pas jack london)
Sur le blog de Soleil Vert, Christiane a mené un exercice intéressant , tres complet et visiblement parfiatement sincère: nous dire, au fil de sa lecture, ses sentiments contradictoires, ses émotions si diverses, changeantes, ses colères, ses perplexités, son admiration finale pendant sa lecture personnelle de « La maison vide », le Goncourt. Elle ne cache ni ses agacements, ni ses désarrois, ni ses sautes d’humeur, ses revirements, ses emballements soudains pour une scène , soudains enthousiasmes devant telle page ou certaines scènes (le mariage, oui la guerre 14 -si bourrée de mauvais clichés à mon sens ) Je dois dire que son exercice est réussi car il donne le film complet(diastoles et systoles de ses émotions de lectrice), et dit bien de ce qui évolue en nous pendant la lecture d’un roman. Et nos hésitations et revirements, Je n’aime pas du tout ce roman, mais j’admire les arguments, l’énergie, l’intelligence avec laquelle Christiane a mené son affaire ert son travail critique .Enfin elle note avec justesse que le style de Mauvignier se modifie pendant la rédaction de son roman,c’est une remarque d’une fine lectrice.
J’ai du mal à comprendre pourquoi certains s’obstinent à lire un livre unanimement reconnu comme profondément emmerdant et sans grand intérêt sous prétexte qu’il a eu le Goncourt…
Pour Kolkhoze, cela peut se comprendre. Deux amies d’âge vénérable m’en ont parlé: l’une a adoré et a même pleuré à la fin; l’autre l’a détesté comme profondément impudique. Au moins dans ce cas on aime ou on déteste mais on ne s’ennuie pas!
Je ne lirai ni l’un ni l’autre, ayant d’autres priorités: Javier Cercas et les Mémoires de Raymond Aron récemment rééditées. Anita Brookner et William Boyd ensuite.
Cinéma cinéma
-² … puis, elle a demandé à SV que soit effacé un message où elle expliquait pourquoi elle avait définitivement rompu avec le commentarium de l’RDL
Je ne l’ai pas lu.
Hélas.
Elle a été une de nos meilleures blogueuses de la RDL.
Non pas par son intelligence fine ou par sa vaste culture, mais par sa connection aux autres et son immense capacité à soutenir, maintenir et conduire une conversation avec autrui.
C’est ainsi que l’on perd les meilleurs, sans oublier Lavande, tant d’autres et etc.
J J-J
Ce film est affreux. J’ai la chance que Emma soit une pisseuse et moi aussi. Donc trois fois, nous sommes allées faire pipi.
Regardez bien la petite fille de six/sept ans. C’est ma nièce Mathilde.
Le garçon – génial- n’a pas suffit dans la combinaison des forces, et pourtant !!! et lorsqu’elle s’y joint, cela marche.
Ce matin, j’ai vu une cycliste et j’ai trouvé comment : une longue longue tresse, au milieu des cheveux derrière, que je porterai un poil plus long, je l’enroulerai et la porterai avec une épingle à cheveux. Les filaments bien cachés au cœur de la tresse.
Bon film !
3h17 plus vingt minutes de pub.
@ 10.52 CP l’avait lu et discuté bien avant « le Goncourt », que je sache. On ne peut pas lui faire ce procès indirect. N’essayez pas de comprendre si vous avez du mal…
Bon courage avec les Mémoires d’Aron que j’avais lus passionnément à leur sortie. Je me souviens du fameux passage de son exaspération envers de Gaulle en 67, et de la mémorable soutenance de thèse d’A. Touraine. Et de tant d’autres choses,
2026 sera l’année de toutes les catastrophes selon Madame Lydia Astrolala, la voyante de notre quartier.
Ma femme, très copine avec Lydia, y croit dur comme fer aux sornettes de cette sorcière.
Moi je me dis que 2026 sera une année de merde, encore une…
C.S. Lewis
« I am a rapturous admirer of Jane Austen. I read her with constant delight and an ever-increasing admiration. »
Apologète chrétien et auteur de science-fiction. Une hybridation typiquement anglo-saxonne
Jean Lagoncet, rassurez-vous la grande victime du goulag de la Santé va très bien, il fait du jogging au soleil de la Guadeloupe.
Tout comme Madame Maquerelle Ghislaine Maxwel bénéficie d’une incarcération dorée dans une résidence au Texas après une audience de 9 heures où elle a dédouané Donald de l’avoir jamais rencontrée.
Difficile de me plonger dans un roman pour le moment, je savoure le fait d’avoir désencombré mon esprit, contente d’apprendre que Christiane va bien dans le monde orbital du Soleil Vert, elle doit se plaire à faire des vagues sentimentales avec des bonzaïs.
Si Maurice revient dites-lui que YouTube regorge de mages prédisant l’avenir, je dirais même plus tous ne seront pas sauvés, mais il doit choisir le contenu de son cartable.
Sur Colette, j’ai fait partie d’une association dite des « Amis de Colette ». Et je me souviens de leur effarement à propos d’une biographie à leurs yeux suspecte, car documentée « par les Goudeket » ( sic) , et non par les de Jouvenel…. MC
A la fin de sa vie, Colette qui était très gourmande se faisait offrir des pots de miel des jardins de Laeken. La reine Elisabeth qui était sa copine venait les lui apporter personellement.
La vue de la neige rappelle toujours à mon souvenir le joli mot tellement émouvant de Jules Renard, dans son Journal :
« La neige sur l’eau. Le silence sur le silence ».

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