de Pierre Assouline

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La République des livres
Cauchemar du style parfait

Cauchemar du style parfait

Rien ne devrait faire fuir comme l’idée de perfection associée à l’art, qu’il s’agisse de peinture, de cinéma, de théâtre ou de littérature. Il n’existe pas de roman « parfait » (quelle horreur !) car il n’existe pas de critère de la perfection littéraire. Il y a bien des canons mais on ne mesure pas un livre à l’aune du respect qui leur serait dû. C’est donc avec une certaine appréhension mêlée de curiosité que j’ai ouvert Le rêve du style parfait (222 pages, 24 euros, Puf), néanmoins rassuré par la typographie du titre en couverture : régulière tout au long, elle s’effondre quand se forment les lettres de « …fait ». Un signe rassurant qui donne envie d’y aller voir. L’auteur, Gilles Philippe, est professeur à l’université de Lausanne ; nous avons gardé un bon souvenir de sa maîtrise d’œuvre de La Langue littéraire, histoire de la prose en France de Gustave Flaubert à Claude Simon (Fayard, 2009) ; il s’est également signalé par un Dictionnaire Sartre (2004) et l’édition critique des Œuvres complètes de Marguerite Duras en Pléiade ; il doit être Suisse car on n’imagine pas un Français donner simplement du « France » à Anatole France tout au long d’un essai touffu, érudit, bourré de fécondes intuitions, en lointain écho à l’essai lumineux de Roland Barthes Le degré zéro de l’écriture. Et, il convient de le préciser eu égard au sujet, bien composé et bien écrit (sauf un « gèrent » à propos de deux phrases de Balzac et Flaubert qui reste coincé dans la gorge, un « j’y fait » oublié et un « Disons-le tout net » qui ferait sourire s’il ne faisait fuir –enfin, chacun ses repoussoirs).

Voilà un livre où il est question de style à toutes les pages mais, étrangement, assez peu de styliste. Et d’esthétique ou de forme ? Pas davantage. Le bien-écrire : y penser toujours en parler jamais ? C’est à croire. En tout cas, de nos jours ; c’est à peine si à propos de Michel Houellebecq, il en est encore pour mollement polémiquer sur l’absence/présence de son style en forme de refus de style ; mais au XIXème siècle et jusqu’aux années 60, qu’est-ce qu’on se l’envoyait à la figure ! Ils en ont tous parlé. Depuis, tout pour les styles, rien pour le style sous peine de passer pour ringard, réac, rétro. Pourtant, il ne manque pas de professeurs de l’éternel beau malgré son caractère subjectif, personnel, arbitraire. Un conseil : tous les rejeter en bloc, à l’exception de ceux qui ont le bon goût de parer de toutes les vertus le point virgule, pilier du classicisme ; Gilles Philippe nous apprend d’ailleurs que, aux yeux des étrangers, c’est « un ponctuant particulièrement français » car, comme dans les cas des Mémoires de De Gaulle, il permet le compromis entre « l’expressivité littéraire de la phrase longue et l’exigence nationale de la phrase brève ».

Cela dit, que de « tandis que », « sinon », « de fait », d’ailleurs », « cependant », « du reste », « nul doute que », « probablement », « à vrai dire », « en effet » et… « cela dit » dans le même paragraphe chez celui que l’on en considère pas moins comme un grand auteur latin ! (mais Proust, en le pastichant, avait déniché de semblables sutures en pagaille sous la plume de Renan). Le même Proust a laissé échapper dans une lettre encolérée de 1908 à Mme Straus que la perfection du style existait. Mais qu’est-ce qui est bien écrit et qu’est-ce qui est mal écrit ? Florilège à partir de citations pêchées dans ce livre notamment du côté de chez Gracq :

 « Les rails quadruplés semblent tenir lieu à la vallée de rivière » (La Presqu’île), « Il se sentait mieux presque qu’heureux » (idem), « Le sentiment plus vif qu’il avait de rentrer chez lui lui coulait une chaleur » (Un Balcon en forêt), « Le cœur malgré lui lui battait plus fort » (idem), « La bienfaitrice trempa le pain de l’exilé dans l’absinthe des reproches » (La Cousine Bette), « Une chose digne de remarque est la puissance d’infusion que possèdent les sentiments » (Le Père Goriot)…

… étant entendu qu’une phrase suffit à faire pendre n’importe quel écrivain. Dans le meilleur des cas, on dira l’hiatus particulièrement gauche, incorrect ; mais qui saura jamais décrire la lourdeur sans se ridiculiser ? On sait ce que c’est, on sait comment c’est fait et quel effet ça fait, mais de là à la démonter… (sauf en s’y mettant soi-même). De toutes façons, il est aussi facile de pointer des défauts d’écriture qu’il est malaisé de définir un idéal du bien écrire. D’autant que des données sociologiques viennent souvent parasiter le jugement. Si Gide plutôt que Valéry, et Sartre plutôt que Camus, ont été chacun en leur temps considérés comme les maîtres de style, c’est aussi en raison de leur situation littéraire (maîtrise des réseaux, magistère etc).

L’auteur fait son miel des lieux communs, poncifs et tartes à la crème que la critique a ressassé sur le sujet. Le principal tient en un axiome qui a suscité des dizaines de milliers de pages : « Flaubert écrivait bien, Balzac écrivait mal, Stendhal n’écrivait pas ». A asséner si possible en société sur un ton qui ne souffre pas la contradiction. Au cas où un commensal oserait relever, l’achever par le coup de grâce : « Quant à Zola, médiocre styliste, grand écrivain ». Avec Maupassant, ça se complique ; on nage en plein paradoxe car d’un côté, on le décrète sans style, et de l’autre, on convient qu’il est l’héritier de Flaubert, dernier écrivain classique par le travail du style.

Des critiques et des universitaires y ont consacré des essais savants : Gustave Lanson, Antoine Albabat, Ferdinand Brunetière, Albert Thibaudet… L’auteur y a puisé matière à réflexion jusqu’à les épuiser ; il l’a fait avec rigueur et précision, même s’il est permis de nourrir de sérieux doutes sur la « consigne » (pas du tout son genre) qu’aurait donnée Gaston Gallimard (et à qui ? on l’ignore) d’écrire dans « un style clair, correct, dépouillé, qui n’attire pas l’œil » (et la source de cette « information » est bien faible : le Petite histoire de la langue française, 1958, de Charles Bruneau…). Tout cela pour introduire un chapitre bien tourné sur le style Qualité France – rien à voir avec l’Anatole mais tout à voir avec le mythique « style Nrf », revue et éditions mêlées, dénoncé dans les années vingt par le polémiste Henri Béraud comme une « croisade des longues figures » ; il est vrai qu’il les croyait tous protestants, derrière Gide et Schlumberger, et tous hostiles à la moindre emphase, assoiffés de discrétion, de pureté, de nudité, de pauvreté de la langue, au nom de la plus grande clarté, du sens du rythme et de la recherche de l’unité, jusqu’à aboutir à une écriture d’une blancheur inquiétante. Au vrai, comme l’explique bien Gilles Philippe, cette tendance préexistait à la création de la Nrf ; Flaubert lui-même, en 1867, disait atteindre la sècheresse idéale dès lors que, pour décrire un arbre, il suffisait d’écrire son  nom ; simplement les animateurs de la Nrf surent catalyser cette tendance et l’incarner, tant et si bien qu’on crut dès lors que là résidait prétendu « style parfait ». Il faudra que Valéry y mette son grain de sel pour que ce dépouillement s’enrichisse d’une vraie densité et d’une certaine rigueur, d’un culte du liant et de la continuité dans la succession des phrases plutôt que d’une religion du mot juste, le tout débarrassé des maniérismes, coquetteries, archaïsmes du grand prosateur en titre, André Gide. Le fait est qu’avec le recul, Gide sonne parfois daté quand Valéry demeure sans âge. Gaëtan Picon, dont on ne louera jamais assez le génie visionnaire dans le regard panoramique qu’il jeta sur l’histoire littéraire, observait à juste titre que Valéry était le dernier des classiques en ce sens qu’il était un écrivain de conversation : comme la prose du Grand siècle et des Lumières, sa prose avait eu la conversation pour modèle, loin de la tyrannie du style léché et des ravages de l’écriture artiste. De là à faire désormais de l’illusoire style Nrf « une marque d’infamie », n’exagérons rien. Pas sûr non plus que la modernité ait été à ce point avide de « bien écrire » en fonction de règles valables pour tous, sauf à exclure de ladite modernité Mort à crédit entre autres…

Ah, les fameuses négligences de Stendhal, ses répétitions, ses épithètes banales, la monotonie de son lexique… On préfèrerait mal écrire comme Stendhal que bien écrire comme… (au choix). D’ailleurs, l’auteur reconnaît que, contrairement à Proust, il préfère souvent les textes mal écrits aux textes bien écrits. Le tout n’est-il pas de s’entendre sur la norme ? Après cela, on se demande ce qui peut bien rester des stylistes et maîtres de style des deux derniers siècles. Flaubert bien sûr, même si parfois le travail se voit encore et pèse ; Ernest Renan malgré ses germanités et son obsession de la nuance ; Anatole France en héritier du précédent ; Paul Valéry qui, en succédant à celui-ci à l’Académie française, réussit l’exploit de ne jamais citer son nom mais d’user sept fois de « classique » pour le désigner.

Il est frappant de constater que lorsque la parole du romancier se fait si limpide, économe, simple, qu’elle en est transparente, celui-ci mérite le compliment que Barthes adressait au Camus de l’Etranger : « Il accomplit un style de l’absence qui est presque une absence idéale de style ». On aura compris que le grand style relève justement de l’invisible : c’est le style qui ne se voit pas mais se devine à peine. Ne pas en faire trop avec un style en habits du dimanche paré des signes de la Littérature ; éviter de ne pas en faire assez avec un style d’une pauvreté ostentatoire. L’idéal est dans l’entre-deux, où se situe un abime. Mais il est inutile d’y chercher la perfection, laquelle n’est pas de ce monde.

(« Tireur à Alep » photo Javier Manzano/Afp, prix Pulitzer 2013; « Chicago » photo Fernando Scianna, courtesy Agence Magnum)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

813 Réponses pour Cauchemar du style parfait

Jacques Barozzi dit: à

Passionnante note sur un passionnant sujet, mais toutefois pas toujours bien écrite :

« …on ne mesure pas un libre à l’aune du respect qui leur serait dû… »

« …on ne mesure pas un liVre à l’aune du respect qui LUI serait dû… » ?

Sergio dit: à

Les quais du Michigan faut quand même pas rester trop près on peut tomber…

Jacques Barozzi dit: à

Je cherche encore le rapport entre le texte de Passou et les superbes photos d’illustration ?
Cauchemardesques parce que parfaites ou parfaitement cauchemardesques ?

Sergio dit: à

Et lui le lascar qu’est-ce qu’il fout tout seul dqns sa grotte il a volé un satellite ? En tous cas va se faire poirer à la grenade ça va être du cousu main…

Sant'Angelo Giovanni dit: à


…en avoir du style de couverture pour écrire au chaud,… » faire école « ,…
…et pourquoi faire,…jusqu’ou pour ,…pour ne rien dire de constructif,…un style de tableaux bien lécher,…les miniaturistes de l’écriture,…
…le genre encore blasé d’admiration aux immuables perversités du style,…
…et, un oeuf à la coque,…pour monsieur,…etc,…la narration des chichis à l’emporte-pièce,…etc,…

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

non barozzi : respect dû aux canons :comprendrez vous que c’est un avertissement

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

par contre ma dernière force , pour ce sor pour demander s’il ne manquerait par un n’ à
chez celui que l’on en considère pas moins comme un grand auteur latin !
‘on ne le considère pas moins=> n’en cosidère

Hétéroclite dit: à

‘ tant et si bien qu’on crut dès lors que là résidait prétendu « style parfait » ‘

On n’en est loin. Où ? Comment mettre l’article ?

Sergio dit: à

Bon Dieu le blog a une maladie magnétique on peut plus écrire sans fautes !

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

et encore plus culinaire
pour considérer l’accord
L’auteur fait son miel des lieux communs, poncifs et tartes à la crème que la critique a ressasséS (!) sur le sujet .
barozzi n’est pas un modèle de lecteur

Jacques Barozzi dit: à

le blog a bon dos, sergio le magnétique !

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

« Il accomplit un style de l’absence qui est presque une absence idéale de style  »
mais ça, ce genre de retournement, c’est l’avant-dernier cri comme costume ! ça fait très français !

versubtil dit: à

Un styliste est un vulgaire ferrailleur de l’ absolu et à provoquer la langue en duel il n’est jamais gagnant.

John Brown dit: à

« Le sentiment plus vif qu’il avait de rentrer chez lui lui coulait une chaleur » (Un Balcon en forêt)

Clin d’oeil à Flaubert ?

John Brown dit: à

Mais qu’est-ce qui est bien écrit et qu’est-ce qui est mal écrit ?

Réponse problématique. Entre Proust, Queneau, Gracq et Céline, vous avez le bonjour du styliste !

versubtil dit: à

En fait par cette introduction passionnante à un mini traité du style ou à un style pour les nuls, Pierre Assouline pose les linéaments d’ une esthétique de la discrétion, du dit entre les lignes, bref d’une harmonie qui ne dit pas son nom.
Hors ce qui fait la différence d’ un écrivain, de son style donc, c’est la discordance, la « dysharmonie » de son idiosyncrasie, sa dissonance bien à lui…
Il faudra y revenir dans la journée de demain.
Bonne nuit à tous.

renato dit: à

André Félibien
L’idée du peintre parfait
Pour servir de règle aux jugements que l’on doit porter sur les ouvrages des peintres
A Londres
Chez David Mortier, Libraire dans le Stand, à l’Enseigne d’Erasme.
M. DCCVII.

Philippe Régniez dit: à

Pour apprendre quelque chose.

« Tchac tchac tchac – ding !

Dans son atelier, Ermanno Marzorati bichonne des machines à écrire qui ont parfois appartenu à des écrivains ou des célébrités et que les collectionneurs s’arrachent. Une incongruité à l’ère d’internet et de l’iPad ?
L’Italien âgé de 68 ans, qui vit à Los Angeles depuis 1969, a restauré les machines à écrire ayant appartenu à Ian Fleming, Tennessee Williams, Ray Bradbury, Ernest Hemingway, Orson Welles ou John Lennon. Il travaille actuellement sur une Underwood datant de 1930, apportée par Tom Hanks, lui aussi fana de ces antiquités. Il a même dédié à l’acteur, son client le plus célèbre, une étagère entière : une dizaine de machines attendent d’être réparées.
Cependant les collectionneurs constituent une exception, la plupart des machines dont il s’occupe ont vocation à servir. « J’ai l’impression que certains commencent à en avoir marre de toute la technologie qui nous entoure, des iPhones, des appareils électroniques. Ils veulent revenir aux fondamentaux. » Mais pourquoi utiliser un clavier dur et peu pratique et se priver de la possibilité de corriger, copier-coller, effacer, réécrire si facilement? Cela oblige à aller lentement, répond Ermanno Marzorati, donc à bien choisir ses mots. A réfléchir avant d’écrire, ce dont on se repent rarement. (Le mieux étant encore le stylo et la feuille, non ?)
Christopher Lockett, réalisateur et documentariste indépendant, emporte sa machine à écrire dans son sac et va taper à l’air libre dans le parc Griffith, en plein coeur du quartier branché de Los Feliz, à Los Angeles. « Il n’y a pas de fenêtre qui s’ouvre pour “chatter”, tu ne peux pas écouter de musique… », explique cet auteur d’un documentaire à la gloire de ces vieilles machines. Des antiquités, aux yeux et aux oreilles des moins de quarante ans.
Le savez-vous ? Un collectionneur s’appelle un mécascriptophile. Un musée existe à Lausanne, dont la mécascriptothèque rassemble 400 machines à écrire et 200 machines à calculer. En France, les passionnés s’adresseront à l’ANCMECA, l’association nationale des collectionneurs de machines à écrire et à calculer mécaniques.
Matthias Gally »

La mauvaise langue dit: à

Il est bien évident que le « style » n’est pas une notion théorique. Il n’y a pas à proprement parlé de théorie du style. Le linguiste Nicolas Ruwet a d’ailleurs écrit un article intitulé « Le style, une notion préthéorique ». Le style, c’est plutôt une affaire de goût.

Mais comme dit Lacan : « Le style, c’est le sujet pris et torturé par le langage. »

N’oublions pas que pour Lacan : « L’inconscient est structuré comme un langage. »

« La psychanalyse devrait être la science du langage habité par le sujet. Dans la perspective freudienne, l’homme c’est le sujet pris et torturé par le langage (Séminaire III).

Comme « le style c’est l’homme même ». Vous avez tout compris.

MCourt dit: à

feu Grevisse avouait ne plus voir en un texte, si princièrement écrit fut-il, qu’une suite de problèmes grammaticaux.
En serions-nous là, si je suis bien?
Bien à vous.
MCourt

xlew.m dit: à

Tout style est un imparfait du subjectif. Mais comme c’est lui dès l’ouverture du livre qui met en relation le lecteur et l’auteur, il s’objectivise dans la projection de l’oeuvre littéraire qu’il traduit. Ce n’est plus alors un produit ou un simple facteur, un inerte multiplicande attendant qu’on lui charge sur le dos les habituels agents de sapidité. Il ne se résout à aucune décision et prend le pouvoir sans rien décréter, fait mine de se laisse précéder ou guider par une ‘ligne’, dite directrice, mais sans forcément s’en remettre à « la main invisible » de son économie, se poudre, pour éviter les effets de brillance, des atours de la séduction, en prenant garde que les joues de l’enjeu artistique ne saillent pas trop dans l’éclat de lumière de la page qu’on tourne. Son charme agirait plus puissamment encore lorsque son créateur n’en aurait pas une forte conscience. Le pomponnage du dimanche ou l’austérité du lundi, l’opposition « grand style » / « style maigre », perd dès lors un peu de sa valeur opérante dans cette pâques, cette épiphanie, de l’écriture. Le style devient le garant d’une structure. Peu importe les habits, ces faux-amis, c’est le flow qui dicte sa loi douce, que l’auteur rêve ou cauchemarde (cela compte tout de même, on pourrait dire que le rêve reflète l’état d’une inspiration et le cauchemar celui d’une expérience, deux sources possibles pour les forces de l’esprit), seul et nu dans sa nuit. Plus que les sempiternels critères d’invisibilité dont il voudrait toujours s’assurer, c’est bien l’agneau pascal d’une certaine voix qu’il se doit de représenter, la vibration d’un écho ; la voix narrative, chère à une Jane Austen, par exemple (le sujet du billet fait la toupie autour de l’axe franco-français, on a un peu le tournis), celle qui porte en soi un « beau son », qui évite de bêler. (Je serais prêt à tomber d’accord avec P. Assouline qui met l’accent sur l’importance du legato.) Un acteur célèbre du cinéma français avait beau aimer dire qu’un bon film, « c’est d’abord une bonne histoire, ensuite une bonne histoire, et enfin une bonne histoire », un bon roman, un beau récit, doivent conjuguer bien plus ou infiniment moins, oublier les lourds rapports de proportion, ne pas penser en termes de « budget », et conjurer quantité d’éléments parasites. Austen, encore elle, savait précipiter une extrême élégance de ton et engager la production d’images plutôt convenues, parfois de vrais clichés, filtrer le pentiment aigu du « wit » et déployer une savante utilisation du « punctum » fameusement devisé par Barthes (présent dans le billet comme on s’y attendait.) La surprise, la pointe, G. Eliot s’en passait très bien, mais Woolf les accueillait sans en craindre rien. C’est lorsque cette pointe naît, qu’elle présente toute les chances de venir à son tour piquer le style et prévenir les baisses de régime qui favorisent l’apparition du sentimentalisme et la codification compulsive des désirs, souvent dans des bourgeonnements d’explications sociologiques assourdissantes, qu’on se rend compte de sa bienfaisance ; elle veille à l’inconfort du lecteur. Pourquoi voit-on refleurir alors (quelquefois avec énormément de bonheur, comme le dit l’expression consacrée, même si « expression consacrée » est lui-même un plantureux poncif, pardon) tant d’exemples de romans à ambition balzacienne (on pense à Alice Ferney en France), tant de littérature para-dumasienne ou dickensienne (peut-être A. Ghosh en Angleterre), aujourd’hui ? Et pourquoi a-t-on perdu de vue les Gadenne, les Huguenin, les Ph. K. Dick, les Frederick Exley de 2013..? On dirait que la seule volonté des écrivains du bel aujourd’hui est de faire long et de produire des romans-Bilden plus que les Bildungsromane que Céline prétendait tant aimer. Dans beaucoup de métiers de l’écrit, notamment le Droit, on assiste depuis cinq ans à la prolifération de manuels de « style », tous invitent à faire court, à trucider les épithètes. Je dois être le pire des élèves de cette nouvelle doctrine que pourtant j’approuve de tout coeur.

La mauvaise langue dit: à

Tiens, débrouillez-vous avec ça :

« C’est l’objet a qui répond à la question sur le style, que nous posons d’entrée de jeu. A cette place que marquait l’homme pour Buffon, nous appelons la chute de cet objet, révélante de ce qu’elle l’isole, à la fois comme la cause du désir où le sujet s’éclipse, et comme soutenant le sujet entre vérité et savoir. » (Lacan, Séminaire III)

La Splendide Lavandière dit: à

A plus.

Bloom dit: à

Evidemment, il n’est question ici que d’auteurs qui écrivent en français. Les auteurs d’autres langues n’auraient-ils pas de style? Comment en parler? Quid des traductions?
Ne s’agit-il pas d’un faux problème, d’un de ces tournments gratuits et sadiques infligé aux mouches?
Samedi dernier, lors d’une soirée animée en compagnie de fins lettrés, je me suis laissé aller à décrire de « tongue-in-cheek » le narrateur melvillien. C’est grave, docteur?

Bloom dit: à

à qualifier de ‘tic’ le n mel…
too hot in here, brain melting…

Beyrouth dit: à

Qui n’attend le livre qui se lirait aussi pénétrant et de façon aussi définitive que ces rayons de lumière filtrant par les impacts de ses balles, lire et mourir d’une belle fin littéraire, la gloire au bout du récit sans bruit, juste un souffle qui s’égare entre les feuilles. Ne pas s’en relever, s’en rétablir, ne pas en guérir et sombrer dans une folie dépeuplée à la force des mirages.

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

@Je dois être le pire des élèves
pourquoi vous restreignez-vous ainsi :le pire des professeurs , rédacteurs ,commentateurs ?
mais vous vous en honoreriez de vous croire celui qu’on adore détester et le prendriez comme un hommage à vos pavés indigestes !

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

mauvaise langue , vous avez encore raté la bonne sortie des artistes !

renato dit: à

Déjà qu’il avait raté l’entrée !

Chaloux dit: à

« On aura compris que le grand style relève justement de l’invisible : c’est le style qui ne se voit pas mais se devine à peine »

Très discutable. Huysmans? Gracq? Saint-Simon? Peut-on dire que le style de Proust est « invisible »?

« Le grand style » j’ai plutôt l’impression que c’est ce qui se trouve, une pente naturelle quelle qu’elle soit, qui demande plus ou moins de travail, et une voie d’élucidation, la seule possible pour celui qui le maîtrise, rien de vraiment choisi mais une révélation. Le « naturel » n’est pas davantage un gage de qualité qu’une complexité assumée.
En lisant cet article, j’avais un peu l’impression de me trouver dans un magasin de chaussures.

La Môveise Lingue dit: à

La mauvaise langue dit: 24 juin 2013 à 2 h 25 min

Ja tapé sur Internet. Ja fait des copier-coller.

passou dit: à

A Jacques Barozzi de 22.54, « Livre » avait été corrigé quelques secondes après sa mise en ligne. Vous tirez plus vite que votre ombre. Quant à la deuxième « erreur », relisez bien la phrase…

Bloom, Déjà faire tenir le regard porté sur le style parfait durant les deux derniers siècles en France en moins de 300 pages relève de l’exploit. Alors vous imaginez la littérature mondiale ! Déjà, traduire le mot et la notion de « style » et celle de « perfection »… dans l’acception japonaise
pour ne citer qu’elle…

Les photos n’ont pas de rapport direct avec le texte (d’ailleurs, à part les trombines de Renan, Anatole France etc, on ne voit pas trop ce qui collerait au sujet). Et alors ? Le décalage, le pas de côté, le mon-bon-plaisir…

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

. L’idéal est dans l’entre-deux, où se situe un abime. Mais il est inutile d’y chercher la perfection, laquelle n’est pas de ce monde.
et le chapeau de la cime étant tombé dans l’abîme inutile de le chercher le fuji des fous de J comme Jules

JC dit: à

ELECTION TRAGIQUE A VILLENEUVE-SUR-LOT

L’acte électoral est l’écriture de la démocratie. C’est l’écriture du peuple animalier, bestiale assemblée parfois interrogée sur son vouloir politique.

Quel est le style de cette élection ?
47% d’abstention , plus les votes blancs ou nuls, il reste 45% de suffrages exprimés pour l’un ou l’autre des candidats, qui ont tous les deux gagnés.

Plus de 55% ne se sont pas exprimés : faillite du Système démocratique, dégoût de la littérature politique, vacuité des actes électifs, non suivis d’effets. Refus majoritaire d’écrire sa propre histoire.

Ce qui nous permet d’affirmer que le style de ceux qui est écrivent la démocratie en France, càd le populo, est … l’absence de style !
(le hors-sujet est clos. Vous pouvez revenir aux choses sérieuses … Bonne journée !)

bon public dit: à

jc = « le » maître de l’humour après lml

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

je suppose que je voulais dire SUR le FUJI !
cela dit, Peut-être que le bon plaisir de P.Assouline est une fringale de salades de gal….ures..pour mieux vous égaganalyser à zéro par zéro des barres aux anneaux
bonne journée !

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

ce que je ne comprends pas c’est
L’auteur y a puisé matière à réflexion jusqu’à lui épuiser » LUI ?
( mais je m’en fiche au fond !vous pouvez épuiser toutes les interprétations , et iterprètes, auteur critique Assouline compris !)

JC dit: à

Que la première photo du billet ait obtenu le Pulitzer 2013 est l’illustration parfaite de ce que « cauchemar du style parfait » veut dire : photo surfaite, surjouée, merdique, style à chier … mais à chier parfaitement.

Bloom dit: à

Passou,
point n’est besoin d’aller si loin que le Japon pour trouver de la complexité. On peut s’arrêter au domaine anglophone et voir comment s’y queue d’arondent les lexiques latin et saxons…
Pour un traité comparafif du style parfait, sur internet, évidemment (?).

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

et interprètes
 » car il n’existe pas de critère de la perfection littéraire. » il n’y en a pas mais il y a des livres sur la question de « critères »
est-ce la même chose de parler de bon plaisir et de parler de goût..?

Bloom dit: à

Au sujet des rapports entre « perfection » et les lexiques latin et saxon en anglais, une petite anecdote qui démontre ô combien il est facile de venir à bout du sadisme des jurys de l’agrèg d’anglais, la plus simple au monde, comme chacun sait.
Dans les années ’80 fut proposé à la sagacité des candidats le sujet suivant, lors de l’épreuve de dissertation littéraire:
« Consummation in Keats’s poetry ».
Une majorité de candidats ignorait la signification du terme « consummation ». Beaucoup le confondirent plus ou moins consciemment avec « consumption », la consomption, et sachant que Keats était phtitisique, ils dissertèrent pendant 7 heures sur les images d’impermanence et de mort dans la poésie du grand romantique. Hors sujet total, car « consummation » est un synonyme de « perfection », que l’on retrouve dans le français « un art consommé »…
« A thing of beauty is a joy for ever » et tutti quanti, that was the question…!
Bref, les zéros éliminatoires furent légion cette année là…idem pour « Showmanship in Walker Percy’s The Moviegoer’, ou ‘Prudence in Walt Whitman’s Leaves of Grass’…

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

je n’ai pas terminé article en tweet sur le plagiat à l’université !
cela ne me semble pas secondaire au temps d’internet !
quand apparaissent des arguments comme
« Le constat fait de sa mauvaise maîtrise des guillemets et de l’italique, le juge a annulé sa maladroite assignation contre moi (lire : Paris 8, procès et plagiats). »

pierre nicolet dit: à

Une citation de Flaubert en 1897 ? Il parle d' »outre-tombe » ?

Jacques Barozzi dit: à

« Le décalage, le pas de côté, le mon-bon-plaisir… »

Illustrez, illustrez, Passou, sous votre « bon-plaisir » on adore rechercher les signes de votre inconscient*, qui nous renvoie directement au notre !

*l’autre voie royale qui y mène ce sont également vos titres, surtout celui qui se cache sous le titre définitif, ici : « la (sic) rêve du style parfait tourne au cauchemar », devenu, après peaufinage du styliste : « Cauchemar du style parfait »
Parfait !

Le style littéraire c’est comme la technique cinématographique dont Bunuel disait : »Quand on voit la technique, c’est que le film est rate » ?
Et pourtant Chaloux a raison, car on voit tout de suite le style d’un Proust ou d’un Céline, voire même le non-style d’un Houellebecq !

Jacques Barozzi dit: à

Correction :
le film est raté…

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

ô excuses je rêve
où, typographie !

Jacques Barozzi dit: à

Le style est une affaire de jeu (je) et par conséquent de goût, en effet, ML…

Elmer / Bunny dit: à

« Les photos n’ont pas de rapport direct avec le texte »

« Tireur à Alep »

« pour décrire un arbre, il suffisait d’écrire son nom »

Qui peut affirmer l’absence d’un rapport, fût-ce l’auteur ? Pour qu’il en existe, ne suffit-t-il pas d’en inventer ?

Jacques Barozzi dit: à

La problématique du point-virgule ?
Vaste question métaphysico-hexagonale !
(moi, le « ; » me pose problème !)

Elena dit: à

Keats : Sans oublier l’écho de  » ’tis a consummation devoutly to be wished », ni une certaine érotique quand même.
Mon année c’était « Nature, nurture and norm dans le Tom Jones de Fielding », et vous, Bloom ?

Le cliché chez Austen ? in the eye of the reader, meseems …

Jacques Barozzi dit: à

« Pour qu’il en existe, ne suffit-t-il pas d’en inventer ? »

Ou plus exactement, « d’en imaginer ? » ?

Jacques Barozzi dit: à

L’invention est-elle une imagination et inversement ?

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

il yasi longtemps que e supporte plus de lire ou d’entendre comme manière de présenter une chose écrite « c’est bien écrit » et que j’ai remarqué bien sûr la mode de « les style de ***-un exemple :Spurs: Nietzsche’s Styles/Eperons: Les Styles de Nietzsche -que je conçois assez facilement que ce livre ait attiré P.Assouline . les histoires de l’inconscient n’ont pas à mes yeux rendu la question plus alléchante

Jacques Barozzi dit: à

Peut-on aujourd’hui encore poser le problème de la « fiction » ?

Jacques Barozzi dit: à

ML va t-il nous dire que le style est une invention des Juifs ?

John Brown dit: à

Oui, le style « parfait » est introuvable. Tout juste existe-t-il des styles au goût du jour comme ce « style NRF » que dénonçait Béraud. En littérature, tout grand style est relatif à un écrivain, et à un seul, celui qui l’a forgé pour ses besoins personnels. On pourrait appliquer au style ce que Zola disait de l’oeuvre d’art en général : un coin de la création vu à travers un tempérament. On sait cela au moins depuis Tacite et c’est pour cela que Montaigne est un grand styliste. Mais on ne peut apprécier le style d’un grand écrivain si on ne le met pas en relation avec l’objet qu’il se propose de saisir : son style est l’outil spécifique qu’il s’est forgé pour y parvenir. Gide, au début, n’a rien compris au style de Proust (style qui d’ailleurs était aux antipodes du sien), et Céline plus tard pas davantage, parce qu’ils n’ont pas vu (ou vu de façon caricaturale, comme Céline, qui pensait à peu près que Proust se proposait d’enculer les mouches) quel objet Proust se proposait de saisir à l’aide de cet outil d’analyse fine qu’il avait peu à peu mis au point, dans « Jean Santeuil » et dans les textes qui précèdent « la Recherche » : une réalité psychique cachée, complexe, fluctuante en raison de son ajustement à la variable temps. Le style de Proust, c’est le cas de le dire, est son outil de recherche. On ne peut comprendre le style d’un grand écrivain, quel qu’il soit, sans prendre en compte son « tempérament » et surtout son objet.

bouguereau dit: à

Alors vous imaginez la littérature mondiale !

ha que le style en preum est plus grand que la litterature et la langue lassouline..tellement que dieu lui même y a peut être été contraint..c’est l »attracteur estrange »..ainsi « correct » « exact » et pourquoi pas « parfait » ne sont que des figure de style plus ou moins bonne, c’est selon les cas..ton style c’est ton cul et c’est dur a commander sans faire tinpu

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

il y a / que je
mais la précision de direct dans rapport direct est telle quel’on peut supposer que s’il y en avait eu un si direct, quelqu’un se fût (ô pardon) empressé de le faire voir à tous! à moins que la « mauvaise foi » – cf tweet -reine et déesse detant de commentateurs aidant au contraire ,chacun eût prudemment gardé son impression personnelle de peur de se ridiculiser. un peu plus , sans sembler spirituel et que son propos semble relever de l’autodérision .

Jacques Barozzi dit: à

Ce qui était parfaitement résumé par la formule d’Hugo, JB : « Le fond c’est la forme ».

bouguereau dit: à

càd le populo, est … l’absence de style !

le populo c’est comme dieu, il s’essaie..et tiens jicé..: dis moi quel est le « style » qui n’y est point né ces 50 dernières années

bouguereau dit: à

Le fond c’est la forme

nan je crois que c’est « la forme, c’est le fond remonté a la surface »..un peu machiné

Bloom dit: à

Elena, Tom Jones: 1981…? Pour moi, c’était plus tard.
Deux sujets – la première épreuve fut annulée pour cause de tricherie à la Réunion (flippin’colonials!):

« Subvertion in Shakespeare’s Henry IV, part 1 »
« Foul play in Shakespeare’s Henry IV, part 1 »

14 heures de dissert sur la première partie d’Henry IV (avec quelques incursions du côté de Richard II, Henry IV part 2 et Henry V, seconde tétralogie oblige), ça laisse des traces…Epreuve autant physique que psychique.

A consummation devoutly NOT to be wished…

bouguereau dit: à

Tout juste existe-t-il des styles au goût du jour comme ce « style NRF » que dénonçait Béraud

ha ça c’est la définition brit..c’est des gros lourds..les latins en remontant jusqu’aux flahutes on la « manière »..ils entravent rien de rien les brits a ça -rien-« être ou ne pas » les brits..avec le rock il découvre « le touché »..c’est dire les bourrin de bourrin que c’est..des nuisances du style..dailleurs trés souvent leur attaque de la litterature française le concerne pour en faire un néant..ou une « french teutch »..chte dmande un peu les toquards

bouguereau dit: à

»être ou ne pas être»..un anglais c’est son style de se poser ce genre de question..c’est dire et d’où qu’il en est : faut qu’il s’accepte hareng ou nibe..hin kabloom?

rébane dit: à

« le style blingbling c’est une valeur sûre » (anonyme du 21ème sièc))

Chaloux dit: à

Si le style n’est pas l’unique incarnation possible d’une aventure, d’un voyage perdu dans l’immensité, s’il n’est pas le conducteur de l’offrande que constitue tout texte écrit, alors ce n’est pas un style, c’est une broderie inutile, une machine à fabriquer des napperons.
On n’imagine plus maintenant à quel point la machine à tricoter a été une révolution dans certaines maisons. J’ai le souvenir d’une dame qui tricotait absolument tout ce qu’il est possible de tricoter. Non seulement des robes, mais des coussins, des double-rideaux, des jetés de canapés. En peu de mois, dans une ardeur quasi religieuse, penchée sur son terrible instrument, elle a réussi à transformer sa charmante maison en un lieu d’épouvantables maléfices en tricot.
« Le style NRF », à quelques exceptions près, a été une superbe machine à tricoter pour un tas de plumitifs qui s’imaginaient « participer à quelque chose », à un hypothétique renouveau . Il y a eu un système Gide comme il y eu un système Sollers. Pendant ce temps-là, il y a des Proust, des Conrad, des Joyce, des James.

John Brown dit: à

« L’inconscient est structuré comme un langage. » (Lacan cité par LML)

En admettant même que cette hypothèse théorique de Lacan soit vérifiée, il ne s’ensuivrait pas que le langage d’un écrivain soit structuré par son inconscient. Au demeurant, si le discours d’un Freud, d’un Jung ou d’un Lacan était structuré par leur inconscient, on pourrait probablement dire adieu à l’ambition de la psychanalyse de mettre au jour les motivations psychiques inconscientes. Le discours psychanalytique n’est efficace que dans la mesure où il échappe aux déterminations inconscientes, et il doit certainement en aller de même du discours de l’écrivain s’il prétend être un discours de vérité.

Jacques Barozzi dit: à

Le sous-celinien c’est du sur-bouguereau ?

bouguereau dit: à

sous-celinien c’est du sur-bouguereau

du untermensh baroz vu qu’j’ai pas d’âme..ceci dit une panthère et un rat d’égout ont un vache de style.jamais sans leur manière

Bloom dit: à

Pendant ce temps-là, il y a des Proust, des Conrad, des Joyce, des James.

Ce « des » me laisse songeur, étant bien entendu qu’il n’y a qu’un seul et unique Proust, etc.
Ok, il y a deux James, mais William n’était pas à proprement parler un styliste.

bouguereau dit: à

L’inconscient est structuré comme un langage

boh c’est une façon de donner raison a young et a son « collectif » tout en sasseyant sur freud..il avait toujours tout bon, jung, qu’il a dit lacan..ceci dit mon avis c’est que l’inconscient c’était son coiffeur à lacan..tout dans le brushing c’est pas dla gnognote ça merde

Chaloux dit: à

Le Boug ton truc sur Léautaud? Où trouver ça? Je n’arrive pas à y croire.

Sur l’inconscient, je ne sais plus où j’ai lu il n’y a pas longtemps, « les romains sont notre inconscient ». Il n’y a pas plus juste. L’inconscient est structuré comme un romain.

TKT dit: à

Sergio, les bords du lac, grand comme une mer, forment en ville, une plage de sable. On se croirait au bord d’un océan. Windy City, le surnom de la ville, offre en été une vie balnéaire, avec en allant vers le nord, des petites communautés (villes et ports) où il est bon d’y passer des vacances. Chicago est une de mes villes favorites aux USA, pas besoin de louer une voiture, c’est une ville pedestrian-friendly. Quant aux risques de tomber dans l’eau du Michigan, aux bord de l’eau, cette dernière n’a pas l’air très profonde.

Jacques Barozzi dit: à

je ne sais plus où j’ai lu il n’y a pas longtemps, « les romains sont notre inconscient ».

Dans Astérix et Obélix contre César ?

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

@ Brown : il me semble que cette définition de l’inconscient a donné lieu à des argumentations qui la rendent totalement caduque (et surement sur la toile) :
pour dire les choses comme elles m’apparaissent on dirait que P Assouline semble surtout avoir des rêves d’éditeur-(plutôt que de formateur – éducateur d’auteurs) lui qui s’annonça éditeur de pléïades, plus que des cauchemars sur un style parfait ou un définition parfaite de l’inconscient et qu’il fait phosphorer les lecteurs et visiteurs de son blog pour cerner la meilleure manière de concrétiser ses désirs .
C’est peut-être une des impressions qui me rendent la lecture des conversations de ce blog si pénible .

Jacques Barozzi dit: à

Y’a du travail dans la crinière du roi lion british, le boug !

bouguereau dit: à

L’inconscient est structuré comme un romain

comme une romaine chaloux..sinon on causerait pas avec..enfin « nous les hétéros »

TKT dit: à

La photo des snippers est magnifique, les lignes de lumières sont le parcours de balles ayant été tirées auparavant. L’intérieur de la pièce est sombre et quand il y a la lumière, vers l’intérieur ou vers l’extérieur, ce sont des trouées vers la mort.
@ JC: Quand vous avez commis un connentaire désagréable, quelle est la nature de votre jouissance ?

Polémikoeur. dit: à

Discuter du style, discuter de la perfection,
mais discuter de la perfection du style,
somme ou soustraction des questions ?
Perfecstylement.

Jacques Barozzi dit: à

« un hamlet qui a eu peur »

Il semblerait que D. se soit retiré avec renato sous la yourte de ce dernier ?

John Brown dit: à

Dans quelle mesure nos discours sont-ils structurés par notre inconscient ? Vaste et passionnante question ! Il est clair que certains le sont puissamment (une bonne part des discours politiques par exemple). Mais il me semble que, dans la mesure où le discours humain est un authentique discours de vérité (le discours scientifique et, dans une moindre mesure, le discours philosophique), il échappe aux déterminations inconscientes. En littérature, il en va de même du discours de l’écrivain, dans la mesure où il est un discours de vérité. C’est ainsi qu’une part au moins du discours d’un Flaubert ou d’un Proust échappe, me semble-t-il, au moins partiellement, aux structurations inconscientes. Dans le mot « discours, je mets à la fois la « forme » et le « fond », étant entendu qu’en littérature l’un et l’autre sont indissociables.

Jacques Barozzi dit: à

« L’inconscient est structuré comme un romain »

Traduit en langage hétéro selon le Boug, ça devient :

« L’inconscient est bon comme la romaine » !

Chaloux dit: à

Vous avez raison, en un sens, Bloom, la phrase est incorrecte, j’aurais dû écrire « un Proust, etc. ». Mais à mon humble avis, on ne peut pas dire non plus par exemple qu’il n’y ait qu’un seul Proust. L’immensité d’un livre est l’addition d’une foule. A chaque page lue, comme dans une séance de spiritisme, il faudrait demander : »Qui parle? ».
Tout cela se discute, évidemment, mais la forme de la lecture chez un être est une histoire aussi secrète et intime que peut l’être l’histoire de son style pour un écrivain. A ce titre, le sublime livre de Pierre Dumayet « Autobiographie d’un lecteur ».

John Brown dit: à

Il est vrai qu’un discours apparemment totalement soumis aux structurations inconscientes, comme les textes automatiques des surréalistes, est un discours de vérité, dans la mesure où il s’offre innocemment et sans défense à l’analyse, en tant que document psychique, dans sa nudité, toute retorse qu’elle est.

le styl 'eau coeur dit: à

Vers larmes sublime, vers l’arme suprême, du style Ô verset, larmoyant des sonnets, Stylus inondait la psyché du poète.

JC dit: à

TKT dit: 24 juin 2013 à 11 h 09 min
@ JC: Quand vous avez commis un connentaire désagréable, quelle est la nature de votre jouissance ?

Thierry Connet,
Qu’est ce que ça peut vous foutre ?

Chaloux dit: à

John, connais-tu une chose en ce monde qui ne soit « totalement soumise aux structurations inconscientes »? Même le texte le plus travaillé, le plus pensé l’est.

Jacques Barozzi dit: à

« Vers larmes sublime, vers l’arme suprême, du style Ô verset, larmoyant des sonnets, Stylus inondait la psyché du poète. »

Plus la forme est contraignante, le styl ‘eau coeur, plus l’inconscient s’exprime !

bouguereau dit: à

est ce pasqu’elle est pleine de troudbales que t’aimes pas la première photo jicé?

Jacques Barozzi dit: à

L’nconscient sans conscience n’est que suites de larmes !

bouguereau dit: à

Plus la forme est contraignante, le styl ‘eau coeur, plus l’inconscient s’exprime !

linconscient c’est un enculeur de mouche..ça fait pas un pli

Jacques Barozzi dit: à

« linconscient c’est un enculeur de mouche..ça fait pas un pli »

C’est ce que disait le Grand Célinien à propos du style du petit Marcel.
Au fait, le boug, Céline, il a pas eut lui aussi son expérimentation rétrovirale, comme Léautaud ?

John Brown dit: à

Peut-on parler de style à propos des écritures automatiques des Surréalistes ? La beauté poétique de beaucoup d’entre elles est incontestable. Si on peut parler de style à leur propos, c’est qu’il existe un style de l’inconscient. Ce style, Freud l’a d’ailleurs décrit, au niveau de micro-structures comme le lapsus ou le mot d’esprit, et au niveau de grandes structures littéraires, comme le « Hamlet » de Shakespeare.

Jacques Barozzi dit: à

L’enculage de mouches, c’est le style parfait ou un pur cauchemar ?

Chaloux dit: à

L’inconscient est une trame intime faite de légendes, de rêves, de mensonges, à travers laquelle « si on a de la chance » (formule volée à Borgès) on peut tenter d’entrevoir ce qui est.
Rares éclairs.
Un livre réussi est une exploration méthodique de ces éclairs. Un vrai style est ce qui permet cette exploration, un poignard à déchirer la trame, une lame à capter la foudre.

John Brown dit: à

John, connais-tu une chose en ce monde qui ne soit « totalement soumise aux structurations inconscientes »? Même le texte le plus travaillé, le plus pensé l’est. (rédigé par Chaloux)

Non , et ce serait une tâche passionnante et combien délicate pour une psychanalyse de l’oeuvre littéraire que de faire la part entre ce qui, dans l’écriture, est déterminé par l’inconscient et ce qui s’en affranchit.

Chaloux dit: à

« Si on peut parler de style à leur propos, c’est qu’il existe un style de l’inconscient. »

Sauf si on se demande s’il n’y a pas illusion, si on ne continue pas à prendre pour manifestation de l’inconscient ce qui demeure culture ou même contre-culture.

TKT dit: à

Chaloux, pourriez vous développer vos idées sur Proust ou plus précisément sur le style de Proust. Vous parlez de la RdTP, n’est-ce pas ?
Je ne m’aventurerais pas à donner une définition du style parfait, mais quand on reconnait un auteur à sa musique, cela doit être un des éléments de son style.
Je mettrais dans un listing des auteurs au style parfait, Shakespeare, Goethe et Victor Hugo (ses poésies), Marcel Proust bien sûr. Céline, bien entendu et le maître de tous les romanciers modernes, Flaubert.
Nous parlons de Littérature ? C’est du moins le sujet du Professeur Philippe.
Quant aux auteurs qui ont un mauvais style, mauvais et voulu pour être lu par tous, être à la porté de tous, ils vendent autre chose que de la musique, un scénario.
Il ne suffit pas d’avoir un style manucuré (je traduits le mot anglais manucured) pour avoir un style valable.
Sans oublier que le contenu est un élément important pour être digne d’être lu, les phrases bien tournées ne font pas un style.
Il y a aussi les auteurs de best-sellers, souvent illisibles quant au style, ils pourraient mieux écrire, mais soyons honnêtes, le fisc gagneraient moins.

JC dit: à

bouguereau dit: 24 juin 2013 à 11 h 26 min
« est ce pasqu’elle est pleine de troudbales que t’aimes pas la première photo jicé? »

Elle est fausse, archi-fausse, cette photo primée ! Une « fauto de guère »… surgelée !!! Plus dégueulasse que dégueulasse.

TKT dit: à

JC, c’est de la simple curiosité.

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

Sij’avaisla joie de revoir M.France dont les bontés pour moi sont encore vivantes sous mes yeux je lui demanderais comment il peut croire à l’unité du style , puisque les sensibilités sont singulières . Même la beauté du style est le signe infaillible que la pensée s’élève ….
Dictionnaire Proust entrée style Préface à Tendres stocks deP.MORAND 1921
Où l’on voit que P.Assouline qui a sélectionné cinq items pour cette entrée n’a pas attendu les commentaires sur son blog pour élaborer ses angoisses

renato dit: à

Le style appartient au mode, il est assujetti au temps et il se présente comme une manière de plaire à l’esprit de l’époque en répondant à des attentes formulées de l’extérieur.

L’idée se présente comme une valeur intrinsèque à l’action artistique dans les exigences séculaires qui la gouvernent. Loin de tout assujettissement, l’Idée est une et indivisible, atemporelle puisque en concomitance avec un ordre supérieur auquel a accès l’artiste par le biais les intuitions qui le guident.

À suivre… si j’en aurais l’envie… parce que si nous en sommes à ça c’est à se tirer une balle car ce sont des questions résolues depuis belle lurette… désormais… Faut étudier les classiques braves gens !

Jacques Barozzi dit: à

Clopine avait déjà très bien parlé de l’influence du style d’Anatole France sur le Marcel Proust de la Recherche…

renato dit: à

Oups ! biais les intuitions > biais DES intuitions… pardon, etc…

Chaloux dit: à

TKT, je n’ai pas beaucoup de temps pour vous répondre. Mais très en gros, je crois qu’un écrivain comme Proust est d’abord le réceptacle d’une infinité d’informations, de sensations, de manières de dire, d’êtres, d’intuitions, auquel il est permis, miraculeusement, de les exprimer. Il y a un Proust analyste, mémorialiste, contempteur, un écrivain d’une délicatesse telle que son style ne peut être comparé qu’aux plus hautes œuvres de Mozart (le quintette avec clarinette dont on parlait l’autre jour). Et un Proust non moins irremplaçable, d’une grossièreté hallucinante,- les propos de Charlus sur « la mère Saint-Euverte » rameutant pour son raout musical, – « se faire casser le pot » etc., fasciné par le chanteur Paulus. Proust n’a pas fait le tri de ce qui dans ses perceptions était correct, admissible, de bon goût, en laissant le reste. Il a tout pris, il a tout mis dans son livre, tout ce que d’inlassables chercheurs, qui n’avaient rien en commun mais qui se nommaient collectivement « Marcel Proust » étaient allés chercher et tout ce qu’ils continuaient de débusquer pour lui. Le tout étant d’avoir l’art de laisser parler chacun à son heure.

Paul Edel dit: à

curieux ce plaidoyer. jeprefere les styles chatoyants, moirés, sinueux, à taquets etreprises et changements de vitesse genre proust ou les grandes orgues rugissantes de Claudel, ou l’argot travaillé Sévigné de Céline, ou le clavecin sec , parfois génialement atonal ou monologué -distancé de Stendhal………………….
le style transparent morose plan plan coteaux moderés style gide ou Simenon, bof bof.. c’est pour autre chose que leurs phrases en glissements réguliers d’une soigneuse monotonie grise qu’on les aime.

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

Elle est fausse, archi-fausse,
dire d’une photo composée, travaillée, qu’elle est fausse n’est pas la caractériser ; pas plus de dire qu’elle est dégueulasse ;les erdéliens l’accepteraient-ils avec un autre titre ?ou sans titre comme les images de leurs rêves ?

renato dit: à

Faut voir. Qu’est-ce qu’une vraie photo ? Comment on établit qu’une photo est fausse ? Des critères ! critères ! Donnez-nous des critères, puis on cause…

Jacques Barozzi dit: à

Paul Edel, que diriez-vous du style de Flaubert ?

Jacques Barozzi dit: à

« Donnez-nous des critères »

Dites-nous plutôt ce que vous inspire la photo n°1, renato !

John Brown dit: à

« Si on peut parler de style à leur propos, c’est qu’il existe un style de l’inconscient. »

Sauf si on se demande s’il n’y a pas illusion, si on ne continue pas à prendre pour manifestation de l’inconscient ce qui demeure culture ou même contre-culture. (rédigé par Chaloux)

Je m’aperçois que ma formule « il existe un style de l’inconscient », pour parler des textes automatiques des Surréalistes, est confuse. Il serait plus exact de dire qu’il existe un style des productions langagières apparemment les plus affranchies du souci conscient du style et les plus directement inspirées par l’inconscient. Ce n’est pas une preuve que l’inconscient soit structuré comme un langage, comme le dit Lacan, qui parle de ce qui est en-deçà de ces productions conscientes. Mais peut-on dire, sauf à jouer sur les mots, que la libido soit un langage ?

Chaloux dit: à

Jacques, le travail sur les manuscrits de Flaubert a montré je crois qu’il est beaucoup plus spontané qu’on ne l’a dit. En faisant son plan, il note une lancée. Il travaille cette lancée, rature ce travail, recommence, quinze fois, vingt fois, pour revenir à la forme première.

John Brown dit: à

le style transparent morose plan plan coteaux moderés style gide (rédigé par Paul Edel)

C’est un point de vue. Ce n’est sûrement pas le mien. Le syle « morose » de « Paludes » ? Allons donc. Le style « transparent » des « Nourritures terrestres » ? Soyons sérieux. Le style « plan-plan », des « Caves du Vatican » ? Vous voulez rire… Quoi de plus étranger au style de Gide, par ailleurs, que celui de Simenon ? Ce serait plutôt à Assouline qu’à moi de dire si les appréciations de Paul Edel concernant le style de Simenon lui paraissent justifiées.

Chaloux dit: à

L’inconscient structuré comme un langage…

Mise à part sa structure historique, ne serait-ce pas plutôt le langage s’engouffrant dans l’inconscient qui en structure le labyrinthe, avec un art redoutable?

Jacques Barozzi dit: à

Oui, Chaloux, et il me semble qu’à l’arrivée, le style de Flaubert soit « transparent », notamment dans/pour Un coeur simple ?

Chaloux dit: à

Oui Jacques, transparent pour laisser passer toute la lumière.

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

je me demandais ce que des suisses venaient faire dans cette galère passoulinienne quand j’ai repensé à un blog de traducteurs par lui signalé où j’ai lu
« Deux traductions effectuées récemment pour la Suisse m’ont donné l’occasion de consulter des documents de référence ou des études d’une nature plus ou moins officielle pour ce pays
A chaque consultation, j’ai été frappée par ce besoin de préciser à chaque fois que le masculin employé pour un groupe de personnes désignait au sein de ce dernier aussi bien les hommes que les femmes ! »
Publié par Anne in Enrichir son vocabulaire

Chaloux dit: à

Jacques Barozzi dit: 24 juin 2013 à 12 h 19 min

Il y a certainement là « une leçon commune » de Flaubert et de Georges de la Tour.

Chaloux dit: à

…à Flaubert et à Georges de la Tour…

renato dit: à

« Dites-nous plutôt ce que vous inspire la photo n°1… »

Si mes souvenirs sont bons, un épisode de « les Experts Las Vegas »…

John Brown dit: à

Proust n’a pas fait le tri de ce qui dans ses perceptions était correct, admissible, de bon goût, en laissant le reste. Il a tout pris, il a tout mis dans son livre (rédigé par Chaloux)

Je ne partage que partiellement ce point de vue. De fait, l’un des mérites de Proust est de retenir comme signifiant ce que d’autres que lui auraient écarté parce qu’ incorrect, inadmissible, de très mauvais goût, comme le très révélateur « se faire casser le pot » d’Albertine. Mais à mon sens, il procède au contraire à un tri très soigneux, pour ne retenir que ce qui est révélateur de la vérité cachée des êtres. Et ce qui est le plus révélateur, c’est ce qu’on cache. Ainsi la célèbre scène de « Sodome et Gomorrhe » où le narrateur, derrière une cloison, écoute Charlus en train de se faire « casser le pot » par Jupien est-elle une scène emblématique de la « Recherche », scène de voyeurisme réduite à l’ouïe, un peu l’équivalent littéraire de « La Vierge fessant l’enfant Jésus sous le regard d’Aragon et d’Eluard » de Max Ernst.

polder dit: à

A l’affiche : « Le style était presque parfait »

Jacques Barozzi dit: à

« Ainsi la célèbre scène de « Sodome et Gomorrhe » où le narrateur, derrière une cloison, écoute Charlus en train de se faire « casser le pot » par Jupien »

Ici, plutôt que d’inconscient ne devrait-on pas parler de subconscient ?

Jacques Barozzi dit: à

« les Experts Las Vegas »

Pas mal vu, renato, ça respire la production hollywoodienne en série !

Jacques Barozzi dit: à

« Le style était presque parfait »

Le style est un crime, polder ?

Chaloux dit: à

John, je ne parle pas d’absence de tri dans le matériau. Tout écrivain y est contraint. Je parle de registres. Ce que je veux dire, c’est que chaque registre est un écrivain, une entité en soi.Presque toujours vrai chez les grands écrivains. Les registres de Proust sont presque les mêmes que ceux de Saint-Simon (lui aussi maniant merveilleusement la grossièreté) dans les mémoires duquel Proust a certainement trouvé cette sorte d’autorisation donnée sans laquelle rien ne peut être tenté, ce qui expliquerait les pastiches. Je suis persuadé qu’un écrivain entreprenant une oeuvre aussi ambitieuse, aussi démesurée, doit d’abord s’assurer la bienveillances des mânes de ses pairs.
Bonne journée,

Chaloux dit: à

« la bienveillance »

Jacques Barozzi dit: à

Les auteurs à style risquent d’en prendre à perpète !

Chaloux dit: à

John, « se faire casser le pot », c’est Albertine.
Charlus-Jupien, c’est plutôt l’analogie du plaisir avec la douleur, et:
« Vous en avez un gros pétard ».

John Brown dit: à

« Ici, plutôt que d’inconscient ne devrait-on pas parler de subconscient ? » (rédigé par jacques Barozzi)

Comment ça de subconscient ? Il s’agit au contraire d’une écoute très consciente, très affûtée, très attentive aux moindres modulations du chant de Charlus, souffrance et plaisir mêlés. Il faut bien dire que cette célèbre page, même avec tous les progrès de l’homophilie, n’a rien perdu de sa charge explosive et, si le lecteur d’aujourd’hui en reste encore pantois, que dire de la stupéfaction où elle plongea la plupart de ses premiers lecteurs ? Céline ne l’avait sûrement pas lue, sinon il aurait certainement revu son jugement sur l’auteur d’une description qui, en crudité, égale et même dépasse les réussites céliniennes les plus notoires en la matière.

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

voici le lien pour ceux qui disputent des alpages et de leur horlogerie intime sur ce blog
http://francaissansfautes.wordpress.com/
ils n’y trouveront pas que des imparfaits
« Des temps qui ne concordent pas toujours

John Brown dit: à

John, « se faire casser le pot », c’est Albertine. (rédigé par Chaloux)

Mais c’est ce que j’ai précisé, il me semble…

Clopine Trouillefou dit: à

A La Mauvaise Langue, qui nous dit ce matin (et les autres…) qu’il a « tout compris », je rétorquerai qu’il a bien de la chance, car c’est en vérité parfaitement abscons, cette histoire : « la mystérieuse affaire de Styles », titrait déjà Agatha Christie ! (sourire !)

Bon, perso, il m’est arrivé de m’entendre louée : « vous avez du style », m’a-t-on déjà dit, d’un air « entendu ». Cela m’a toujours plongée dans la stupéfaction. De quoi me parlait-on ? Si, en commençant une phrase, je me disais « je dois écrire « dans mon style », les doigts m’en tomberaient aussitôt ; il me semble que c’est le lot commun de tous les déraisonnables qui, à tort ou à raison, ont maille à partir avec les mots… Je préfère déclarer que mes pauvres petits textes sont les chansons que je n’ai pas su chanter, les musiques que je n’ai su composer, et les couleurs que je n’ai pas su peindre. Je ne sais pas si c’est un style ou non – en tout cas, voilà toute mon ambition !

PS pour John Brown : l’expression « casser le pot » n’est pas employé par Proust lors de la scène de sexe entre Jupien et Charlus, mais à propos d’Albertine, lors d’une scène toute aussi dramatique où la jeune femme manque de l’employer et se rattrape trop tard… Ce qui éveille instantanément les soupçons, la jalousie et le dégoût du narrateur… Cette expression inconnue m’a toujours interloquée, dans l’ignorance de ce qu’elle recouvrait exactement. Si je vous en crois, John Brown, il s’agit de sodomie masculine, alors pourquoi la placer dans la bouche d’une jeune fille ?

JC dit: à

« Elle est fausse, archi-fausse, dire d’une photo composée, travaillée, qu’elle est fausse n’est pas la caractériser ; pas plus de dire qu’elle est dégueulasse  »

Odyl,
Qu’ai-je à faire de vos remarques ? qu’apportent-elles ? Faites vous partie de ces crétins qui croyant argumenter, ne font que papoter sans le moindre argument rationnel ? Vous croyez que tout se démontre !!!

Cette photo pue le fabriqué, elle est fausse, dégueulasse car fausse, car sentant le « surjoué », le « mis en scène » par tous ses pores.

Voila ! Un opinion brute… A prendre ou à laisser.

Chaloux dit: à

« derrière une cloison, écoute Charlus en train de se faire « casser le pot » par Jupien »

Oui. Je t’ai peut-être lu de travers. De la difficulté de lire et d’écrire en faisant autre chose, et pressé par le temps.

Cette fois, j’y vais.

thomas dit: à

 » Vous croyez que tout se démontre  »

on croit ce qu’on voit, on voit le pq en pleine crise de frustration aigüe s’agiter et jouer aux gros durs, toujours aussi hilarant

xlew.m dit: à

@ 10:06 AM
« Le cliché chez Austen ? in the eye of the reader, meseems … »

Austen’s Beauty of clichés is in the eye of the older bee of the bay odist. methinks.
Les jeunes guêpes, les ailes à peine défripées, frappent l’air avec une légère maladresse et buzzent encore un peu dans le vide à la recherche d’un aède, de préférence aveugle, capable d’écrire l’oeuvre pure de leurs rêves de Pompiles. Et c’est ainsi que l’Homère des Homais est parfois grand.

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

le « mis en scène » par tous ses pores.
je ne vais pas de photographie, mais je doute que ce soit sur le terrain des opérations que le photographe ait fait une mise en scène : plutôt a-t-il travaillé en labo après coup et plusieurs pots pour en obtenir une selon ce qu’il désirait faire voir . La photo en elle même est montée sur blog en tête
ce n’est pas argumenter de dire « elle est dégueulasse » , ni de dire je m’en fous .

Chaloux dit: à

« il s’agit de sodomie masculine, alors pourquoi la placer dans la bouche d’une jeune fille ? »

C’est vrai Clopine, selon Proust « il y en a qui préfèrent l’avoir dans la bouche, moi je préfère l’avoir dans l’oreille »!!!

DHH dit: à

Il y a sur ce blog trois catégories de commentateurs
D’abord, les grands connaisseurs de la littérature ,ces semi-pro, qui à propos du billet du jour apportent leur éclairage de spécialistes avertis, le complètent ou le critiquent de manière stimulante ,et parfois en font la base de riches digressions
Il y a aussi les profanes de bonne volonté ,ces individus ordinaires , gentils attentifs et curieux d’apprendre et de comprendre ,qui entrent épisodiquement dans la conversation ,parce que la matière leur suggère un souvenir une anecdote ,un point de vue ,et tout cela de nature suffisamment impersonnelle pour parler à tout le monde voire à présenter de l’intérêt pour plus d’un. Parfois, certes, leurs propos, éloignés du strict sujet du billet lancent les commentateurs sur une autre piste ;c’est parfois, mais pas toujours ,regrettable ,mais ces posteurs ne sont pas les plus nuisibles .
Car il y a aussi la troisième catégorie de commentateurs qui eux dévalorisent ce blog : c’est la petite coterie formée par la bande d’habitués qui ne semblent être là que parce qu’ils ont élu ce lieu pour échanger entre eux des vannes ou des propos salaces, et qui y entretiennent une atmosphère puérile de cour de recréation de « c’est celui qui l’a dit qui l’est’ »
Depuis quelque temps ils ont développé un nouveau jeu, le MLBashing, au quel le souffre-douleur de service se prête avec une telle complaisance qu’on se demande si ce n’est pas lui qui se moque d’eux ,en lançant des hameçons auxquels ils mordent à tout coup, tandis que lui-même se régale au spectacle des attaques poussives et attendues qu’il a mises en branle
Le problème, c’est que l’inflation des post du troisième type a réduit progressivement comme peau de chagrin la place des autres intervenantes , qui sont de plus en plus nombreux à renoncer aux commentaires
C’est dommage pour ceux qui aimaient surtout lire les contributions de posteurs du premier type : Heureusement il leur reste les billets du maître et les articles qu’il met sur la page d’accueil!

Cassate dit: à

Le ‘ Cauchemar du style parfait ‘ ne pourrait-il désigner non une perfiction considérée telle qu’atteinte mais un fréquentatif implicite dans l’espoir continué de parfaire un style ?

TKT dit: à

Faire du ML bashing ?
Peut-être
AlbaUbu n’est pas une victime
ML mobbing ?
Oui, tous ceux qui n’aiment pas les racistes, les fous d’eux-mêmes, les multiphobies, ont le droit de réponse aux commentaires de ML

TKT dit: à

DHH, vous faites partie d’un seul groupe ou de plusieurs ?

Jacques Barozzi dit: à

DHH, votre commentaire gagnerait en pertinence si vous mettiez des noms ou des peudos en regard ?
Le problème, voyez-vous, c’est que les catégories 1 et 3 se recoupent, s’accouplent et se découplent à volonté.
Les commentaires du billet Svevo m’ont paru globalement très positifs et ceux de celui-ci se présentent plutôt bien…

TKT dit: à

Sodomie masculine, je pense qu’il s’agit du partenaire ponctuellement passif, non ?
Albertine n’est pas une petite jeune-fille, vierge et innocente, elle est curieuse de la vie et comme dirait Wolfgang von Goethe (ou Paul Verlaine), comme toutes femmes, elle possède elle aussi une « porte étroite ».

Jacques Barozzi dit: à

(quant à donner du « Maître » à Passou, ça fait pas un peu ampoulé comme style, DHH ?)

Snippet dit: à

Merci pour le lien ‘ grammaire irréprochable ‘.

On y découvre que la photo en en-tête du présent article est en fait tirée du Bulletin de la Société française de terminologie.

Jacques Barozzi dit: à

Parfois la porte étroite n’est pas celle que l’on croit, TKT !

TKT dit: à

Renato, bien sûr une lumière qui passe par un trou dans une cloison, nous fait penser à la recherche scientifique des polices d’investigation.
Ayant souvent regardé la série dont vous parlez (NY, Las Vegas, Miami), quand je vois une lumière traversant une cloison par un trou, je pense automatiquement à la trajectoire d’une balle.

Echauguette dit: à

Qu’entendez-vous par là ?

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

Chère DHH
d’abord excuses je ne fais pas de photographie et je ‘ai aucun accent particulier identifiable

sur votre classement , donc .

à ceci près qu’il y a eu déjà des billets où il a été longuement posté sur les concepts de perfection et de style , où on a posté sur le perfectionnisme etc
sans doute bien des posteurs n’ont-ils pas du tout le désir de nourrir ce billet de propos éclairants, ni sur la photographie ni sur le légendes dont elles sont accompagnées, ni sur le professionnalisme des discours psys et l’autorité même de P.Assouline pour en jouer , et tenter d’en impressionner puisque vous lui donnez du « maître » – de quoi j’espère qu’il s’inquiète un peu .
pour le reste , je crains que votre classement e soit un peu étriqué, et peut être « téléphoné »: bref que vous soyez une personne sous influences multiples et non à même de les désenchevêtrer .

Phil dit: à

Drôle de hasard qu’une discussion sur le style en littérature française vire aux considérations sodomites aussi rapidement. Car c’est probablement pour la raison qu’il « n’en était pas » que l’obèse Béraud mit tout son poids et son talent dans la critique de la nrf, « repaire de pédérastes, maçons et huguenots ». A quelques variables près, l’image perdure.

TKT dit: à

@ Jacques Barozzi dit:24 juin 2013 à 13 h 32 : La porte officielle du 10 Downing Street, m’a toujours paru bien étroite, j’imagine que la porte de service est à double battants.

Jacques Barozzi dit: à

« Il s’agit au contraire d’une écoute très consciente, très affûtée, très attentive aux moindres modulations du chant de Charlus, souffrance et plaisir mêlés. »

Je ne parle pas de subconscient dans la narration, JB, mais en quoi cela fait échos dans la conscience, pas si inconsciente que cela, du narrateur, si vous comprenez ce que je veux dire ?
Proust, écrivant cela se souviens de ses propres pratiques dans la réalité, quand il organisait, par exemple, des séances spéciales au bordel avec la photo de sa mère…

Jacques Barozzi dit: à

Proust se souvient et moi je me souviens…

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

ce blog vire aussi vite aux considérations sodomites que les lignes des envois perdent toute orthographe.

renato dit: à

Traube, il y a un épisode construit sur la lumière qui arrive à l’intérieur par des trous dans la tôle…

Pour ce qui est de l’hollywoodien (Jacques), c’est déjà un choix esthétique, et compte tenu que le plus souvent il n’y a aucun choix, c’est déjà quelque chose… enfin, il suffit de se tenir à mon post de 11 h 56 min (errata corrige à 11 h 58 min).

Mais comment fait-il? dit: à

renato dit: 24 juin 2013 à 11 h 56 min

Crétinerie auto-satisfaite.
Vieille manie.
Rien de nouveau sous le soleil.

renato dit: à

Je répète pour l’inculte de 13 h 54 min :

Le style appartient au mode, il est assujetti au temps et il se présente comme une manière de plaire à l’esprit de l’époque en répondant à des attentes formulées de l’extérieur.

L’idée se présente comme une valeur intrinsèque à l’action artistique dans les exigences séculaires qui la gouvernent. Loin de tout assujettissement, l’Idée est une et indivisible, atemporelle puisque en concomitance avec un ordre supérieur auquel a accès l’artiste par le biais les intuitions qui le guident.

DHH dit: à

@TKT
vous ecrivez
DHH, vous faites partie d’un seul groupe ou de plusieurs ?
il est clair que je ne suis pas une semi-pro et comme j’ai la conviction de ne pas etre nuisible ,vous avez la reponse.
@JB
vous avez raison:beaucoup d’intervenautes jouent sur tous les tableaux ,mais seulement partiellemnt raison car il est indeniable que de la part de certains commentateurs ,c’est le ratio entre le commentaires du troisieme type et les autres qui est inquietant vu leur ecrasante surreprésentation

bouguereau dit: à

aux considérations sodomites aussi rapidement

enter phil..le style c’est aussi au bon moment..avant c’est trop tôt aprés..la politesse des rois quoi

bouguereau dit: à

..c’est l’bon moment d’aller te faire casser l’pot dhh..le style c’est une question de tempo

Mais comment fait-il? dit: à

renato dit: 24 juin 2013 à 14 h 01 min

1) l’inculte te dit merde.
2) Cette conception néo-platonicienne type Renaissance italienne t’a menée où tu es.
3)L’idée est un phénomène historique, c’est un des enjeux de temps modernes de le mesurer.

Mais quelle burne…

bouguereau dit: à

Traube, il y a un épisode construit sur la lumière qui arrive à l’intérieur par des trous dans la tôle…

une scène de barton fink..en tout cas des freres cohen qui a été reprise jusqu’à nauséam..déjà qu’elle étoit assez relou la première fois..mais je ne dirais jamais de mal des freres cohen..des iceberg assez facilement

renato dit: à

« L’idée est un phénomène historique, c’est un des enjeux de temps modernes de le mesurer. »

Ah, oui ?! et vous la mesurez comment, avec l’illusion que cela soit possible ? laissez-moi rire…

Diagonal dit: à

« On aura compris que le grand style relève justement de l’invisible : c’est le style qui ne se voit pas mais se devine à peine. Ne pas en faire trop avec un style en habits du dimanche paré des signes de la Littérature ; éviter de ne pas en faire assez avec un style d’une pauvreté ostentatoire ».

Ce qu’on n’a pas compris en revanche, c’est de savoir si telle serait la définition personnelle de Gilles Philippe à l’égard du bien écrire, de l’écriture stylée, voire du grand style, etc…, Car on l’imagine plutôt déduite par Passoul de cet essai, c’est-à-dire d’une préoccupation qui lui serait propre. Or les lignes de ce post endimanché ne reflètent rien d’un style quelconque. On pressent juste une info essayant pourtant de s’auréoler d’un style invisible, mais qui, de par sa surabondance démonstrative même, frôle l’indigestion de ce gâteau familial provoquée par sa consommation après la messe sur une ultime coupe de mousseux.

bouguereau dit: à

a clopine (mais aux autres aussi) c’est quoi la « sodomie masculine » ?
quand à casser l’pot..c’est une espression archi popu quand même..pas oublier que proust avait comme céline ses « jetons » dans les claques..jeton c’est qu’on paie pour voir..anonyme ou pas..ces gars là savait et d’où que le style se gratte

double dit: à

« Consummation » is the act of consummating…
The consummation of a contract…
The consummation of a mariage…

C’est « consummate » qui veut dire « parfait », complet, etc…

Il est nul ce Bloom avec sa peau d’âne à deux balles!

Mais comment fait-il? dit: à

Oui, je te laisse rire.
L’historicité de la pensée ne lui dit rien.

renato dit: à

Tu conviendra bouguereau que la série c’ets à la portée de tout le monde, tandis que les frère Cohen sont déjà plus élitistes…

Mais comment fait-il? dit: à

Des fois on se demande lequel est le plus con, ML ou renato?

tranxodyl pour blog n++++ dit: à

, si vous comprenez ce que je veux dire ?
vouv vous exprimez de façon si pataude et enflée que tout ce que je comprends c’est que vous revendiquez votre expérience homosexuelle comme une supériorité vous autorisant à vous présenter détenteur de connaissances et de capacités et de talents si merveilleux que même parler de votre style serait une atteinte à vos circonvolutions les plus canines

bouguereau dit: à

pour le pot cassé féminin de léoto chaloux..je crois que c’est dans ses tout débuts..quand le saligot donne ses rencarts le soir dans les parcs..enfin en tout cas je suis presque sûr que je ne suis pas le seul a avoir pouffé..mais te dire qui là ça m’échappe

renato dit: à

« L’historicité de la pensée ne lui dit rien. »

Comme tous les incultes tu mélanges le Style et l’Idée…
Souviens toi : « avec ces matériaux Bach a fait ça, Beethoven ça, Brahms ça, Schoenberg ça…

Bonne journée, et porte toi bien dans ta province mentale para-marxiste…

Diagonal dit: à

« Flaubert lui-même, en 1897, disait atteindre la sècheresse idéale dès lors que, pour décrire un arbre, il suffisait d’écrire son nom », etc…

Il parlait d’outre tombe sans doute, tel le desséché moisi moyen depuis 17 ans qu’il était à pareille époque, errant dans les limbes à la recherche du temps et du style chateaubriproustiannesques

Mais comment fait-il? dit: à

renato, tu ne sais pas de quoi tu parles. Tu t’es fait un raisonnement comme on aménage ses cabinets. Ferme la porte.

Phil dit: à

yes bougreau. positionnement difficile. mais les manières sont tout (dixit un pied bot).
pour les boutonneux du blog , rappelons que Béraud a fini martyre sur son île, après avoir crucifié Salengro avec sa plume, en déserteur de 14 et gay putatif, ce qui fait beaucoup pour une époque qui voyait pas encore les chars de la gaypride en peinture.

bouguereau dit: à

la série c’ets à la portée de tout le monde

tous les « effets de styles » autour de l’arme a feu, les ricains en sont raide dingue, je voulais dire par là que les circonlocutions avec le mot style sont souvent assez péjorative, il y a bien un singerie du style et son nom est légion..et alors dans ce cas là le mot style s’autodétruit pour un temps..il est « sans »..pour qu’une fois que la gloire vient, pouvoir le réafirmer..c’est d’un cuistre inoui le style..les anglais ont pas toujours tout faux d’être des harengs

renato dit: à

Les punaises il vaut mieux les ignorer…

Mais comment fait-il? dit: à

Visiblement,tu ignores beaucoup d’autres choses.

renato dit: à

« c’est d’un cuistre inoui le style »

Evidemment, puisque c’est une réponse.

John Brown dit: à

Si je vous en crois, John Brown, il s’agit de sodomie masculine, alors pourquoi la placer dans la bouche d’une jeune fille ? (rédigé par Clopine Trouillefou)

Ma chère Clopine, il me semble que, dans mon post, j’ai pris soin d’attribuer à Albertine ce qui appartient à Albertine. De fait, dans « la Prisonnière » (plutôt que dans « La Fugitive »,si je me rappelle bien), Albertine emploie comme par inadvertance ( je crois me souvenir qu’elle s’en excuse auprès du Narrateur ) l’expression « se faire casser le pot  » qui, dans l’argot de l’époque, désigne en principe une relation de sodomie homosexuelle masculine. C’est un des indices qui font supposer au narrateur que son amante a entretenu dans le passé une ou des liaisons homosexuelles. On peut se demander qui est responsable de cette inadvertance: Albertine ou Proust lui-même ? Vous savez que « La Prisonnière » a été publié après la mort de Proust. Il est possible que, si le destin lui en avait laissé le temps, il aurait fait disparaître sur épreuves ce qui ressemble fort à un lapsus de sa part. Mon prof de philo en classe de terminale, qui avait le goût de la blague, nous disait qu’Albertine s’appelait en réalité Albert. C’était plutôt Alfred qu’il aurait dû dire, puisqu’on sait aujourd’hui que le modèle principal d’Albertine est Alfred Agostinelli, le chauffeur de Proust et son grand amour.

Mais comment fait-il? dit: à

Rien à voir avec le marxisme.

Mais quelle burne, mais quelle burne ce renato.

bouguereau dit: à

jeton c’est qu’on paie pour voir..anonyme ou pas..

par anonyme je veux dire « caché » clopine..derrière une glace sans tintin..ou enfin grace a un artifice..lequel était trés prisé par la madame aussi pour cause de management..ce qui signifie que ces gars là étaient trés habitués et trés dans dans la confidence

Jacques Barozzi dit: à

« vous revendiquez votre expérience homosexuelle comme une supériorité »

Je vois surtout que vous n’avez rien compris à ce que je voulais dire, tranxodyl pour dog n—-
Il me semble pourtant que mes commentaires sont aussi limpides que les votres abscons (pour rester courtois) !

kicking dit: à

un épisode de « les Experts Las Vegas »…

je dirais Blood Simple des frères Cohen

(mais c’est comme répondre au téléphone…)

bouguereau dit: à

qui, dans l’argot de l’époque, désigne en principe une relation de sodomie homosexuelle masculine

non..et franchement..j’aime beaucoup ce mot de.. heu.. »principe »

renato dit: à

Bon, nous n’avons pas à faire avec une punaise, mais avec un ‘intellectuel’ qui n’a même pas conscience de la nature politique du discours qu’il met en jeu.

Mais comment fait-il? dit: à

renato dit: 24 juin 2013 à 14 h 37 min

Ces questions ne commencent à se poser que lorsque la recherche s’est délivrée du marxisme.
Il manque une pièce à ton puzzle d’amateur.

Jacques Barozzi dit: à

« on sait aujourd’hui que le modèle principal d’Albertine est Alfred Agostinelli »

Et il y a aussi du Proust dans Charlus, d’où la description consciente des personnages faisant appel au subconscient du narrateur, JB, si tu vois ce que je veux dire…

John Brown dit: à

Si je vous en crois, John Brown, il s’agit de sodomie masculine, alors pourquoi la placer dans la bouche d’une jeune fille ? (rédigé par Clopine Trouillefou)

Qu’Albertine ait pour modèle principal Alfred Agostinelli ne change rien au fait que, dans le roman, Albertine est effectivement une jeune fille et que son Marcel, son amant, le narrateur, est hétérosexuel. L’homosexuel du roman, ce n’est pas lui, c’est Charlus. Aussi est-ce une erreur grossière que de confondre Proust avec le narrateur de la « Recherche », sous prétexte qu’il s’appelle aussi Marcel. Il y a en effet quelque chose de troublant et d’irréductiblement mystérieux dans le fait de mettre dans la bouche d’une jeune fille (plutôt bien élevée) une expression aussi crue et qui laisse entrevoir la connaissance et l’expérience de pratiques sexuelles plutôt hard (pour l’époque du moins). Mystère irréductible car, on le sait, malgré tous ses efforts, le narrateur ne parviendra pas à l’élucider, Albertine emportant son secret dans la mort.

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