de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

cinéma

Feu la France de Jean Gabin et du général De Gaulle

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Rien ne vaut de s’enfermer quelques jours dans des salles de visionnage en surplomb de la plage de Biarritz, une fois par an cœur de l’hiver, pour y découvrir une sélection de centaines de documentaires internationaux. Tel est le reflet d’un certain état du monde qu’a récemment offert à ses fidèles une fois encore le FIPA. Pour sa 30ème édition, on a pu constater que les deux guerres mondiales étaient en baisse, que l’intérêt pour le terrorisme islamiste ne faiblissait pas ce qui n’empêchait pas de belles échappées vers l’épopée des gueules noires ou l’incroyable fiesta pour happy few princiers […]

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Les caprices de la règle

Les caprices de la règle

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Avant, en sortant du cinéma, il nous arrivait de pester après avoir vu du théâtre filmé qui relevait de l’économie d’un huis-clos. Désormais, il arrive que des spectateurs se demandent au bout d’un quart d’heure s’ils sont bien au théâtre dès lors que la scène est envahie par un écran et qu’un film y est projeté. Pour la deuxième fois en quelques mois, la Comédie-Française a fait le pari de renouveler le répertoire en se prêtant à ce jeu-là. L’administrateur général Eric Ruf a couru le risque de discréditer la Maison-de-Molière (à prononcer de préférence avec force majuscules dans la […]

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Ce n’est rien, juste des mots écrits sur l’eau

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De Paterson de Jim Jarmusch, on pourrait dire a priori qu’il y a là un certain abus à anticiper sur le label poétique que la critique ciné ne manque pas de lui accoler. Il y a bien une histoire : un jeune chauffeur de bus, sa compagne, leur bouledogue anglais craint comme un pittbull vivent à Paterson, New Jersey. Paterson (car c’est aussi son nom à lui) a un emploi du temps hautement répétitif, ritualisé sans maniaquerie ni ponctualité. Juste que c’est tous les jours pareil : lever à six heures, gare des bus, la ligne toute la journée, retour à la maison, s’assoit […]

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Les intermittences du coeur

Les intermittences du coeur

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Quel écrivain mesure vraiment le risque qu’il court en abandonnant son œuvre entre les mains d’un cinéaste qui en fera la sienne ? Le plus souvent, il est conscient du malaise à naître de la dépossession, mais moins des affres de l’appropriation par un autre créateur. Un détournement de but, de sens, d’esprit le menace ; si le livre en question a eu peu de lecteurs, le dommage demeure personnel, intime ; dans le cas contraire, le risque est grand qu’il porte préjudice au livre, se superpose au puissant souvenir que le lecteur en avait gardé, le dénature peut-être jusqu’à l’éclipser sinon s’y […]

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Un certain malaise avec Stefan Zweig

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Voilà un écrivain que l’on peut associer à tout sauf au malaise. Non que l’on sorte immanquablement heureux de la lecture de ses livres ; mais la mélancolie qu’ils engendrent souvent est faite d’une nostalgie sans tristesse, même lorsqu’on connaît la fin de sa propre histoire, la mort volontaire. En fait, le malaise à son endroit m’est venu après avoir vu le film de Maria Schrader Stefan Zweig- Adieu à l’Europe (Vor der Morgenröte- Stefan Zweig in Amerika). Non qu’elle ait rendu son héros méconnaissable, ou qu’elle l’ait travesti ou encore détourné. Pire encore : le film est si bon qu’il en […]

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Cœur français, cul international

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On ne prête qu’aux riches. La formule assez imagée qui sert de titre à ce billet est attribuée à la comédienne Arletty (1898-1992). Celle-ci l’aurait servie au magistrat qui l’interrogeait à la Libération sur ses relations avec un officier allemand. On l’entend d’ici, avec sa gouaille et son accent si typiques tant d’une époque des faubourgs de Paris que d’un certain cinéma français. Dites « Arletty » et vous entendez aussitôt un air d’accordéon en écho. Seulement voilà : la formule est apocryphe, largement postérieure, si l’on peut dire, à la Libération. Elle aurait très bien pu le dire car elle en a […]

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L’énigme Chris Marker

L’énigme Chris Marker

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Vous avez vu ce type sur la photo ? Effrayant, non ? On dirait Nosferatu faisant une halte dans un hôtel sur la route du château d’Orava. C’est l’un des très rares portraits du cinéaste et photographe Chris Marker, personnage mystérieux entre tous. Encore s’agit-il d’un autoportrait, un selfie avant l’heure, réalisé avec ses fameuses lunettes-appareil photographique. Ce n’est pas cela qui va entamer l’énigme Marker. Une telle vision serait plutôt de nature à l’augmenter. Que sait-on de lui ? Officiellement, pas grand chose. Uniquement ce qu’il en a laissé paraître. Neuilly 1921- Paris 2012. Dans les deux cas, le 29 juillet. Déjà, […]

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Que faire de Rudyard Kipling ?

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L’affaire embarrasse les Anglais. Bien plus grave que le Brexit or not Brexit, l’affrontement Shakespeare-Cervantès pour leur anniversaire ou que… . C’est de l’âme d’une nation qu’il s’agit car l’écrivain Rudyard Kipling (1865-1936) fait partie de ceux qui l’incarnent encore pour le meilleur et pour le pire. Que son nom reviennent actuellement dans les débats est un signe des temps. Son spectre porte comme un fardeau la paternité de l’expression « le fardeau de l’homme blanc », titre d’un poème de 1899 dans lequel il enjoignait les Etats-Unis à assumer leurs responsabilités dans leur politique impérialiste, et notamment dans leur guerre contre […]

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Au cinéma aussi, la poésie

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Il y a comme ça des films où tout arrive même quand rien ne se passe. Et il y en a d’autres où tout se passe même quand rien n’arrive. Deux notamment présentés en compétition au festival de Cannes. Dans les deux cas, on les dit « poétiques ». Une véritable auberge espagnole : le qualificatif, non la poésie. Dès que ça flotte, c’est poétique. Dès que c’est hésitant, vacillant, liquéfiant, c’est poétique. De Paterson de Jim Jarmusch, on pourrait dire a priori qu’il y a là un certain abus à anticiper sur le label poétique que la critique ne manquera pas de […]

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Des écrivains de cinéma

Des écrivains de cinéma

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Les Américains ont leur usine à rêves : Hollywood. La nôtre, c’est le Festival de Cannes. D’ailleurs, en réalisant sa toute première affiche, le peintre Jean-Gabriel Domergue l’avait baptisée en convoquant Baudelaire « L’invitation au voyage ». Mais il est une vitrine qui renvoie parfois d’inquiétants reflets de l’air du temps. Rien moins qu’une perte de prestige de la littérature et, partant, des écrivains. Songez qu’il fut un temps où ceux-ci composaient jusqu’à la moitié du jury, présidé d’ailleurs par l’un des leurs ! Depuis, ils en ont été évincés au profit quasi exclusif des gens de cinéma, artistes et techniciens délibérant entre professionnels […]

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