de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

Cet été, bovarysez !

Cet été, bovarysez !

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On va finir par croire que Madame Bovary, en vérité, c’était lui ! Car vingt ans après sa propre édition du roman de Gustave Flaubert, Jacques Neefs en donne une nouvelle à nouveau au Livre de poche (672 p., 3,90 €). Ce qui s’appelle avoir de la suite dans les idées. Il en est l’éditeur, le commentateur et le préfacier. Mais comment s’y prend-on pour renouveler  le classique des classiques afin de l’actualiser ? L’universitaire s’en est expliqué sur le site En attendant Nadeau : «  Il s’agit non pas d’arrêter une interprétation « contemporaine » de ce qui serait son sens, mais plutôt […]

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Cet été, préférez ne pas !

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N’hésitez pas : bartlebysez-vous sans tarder bien qu’aucune nouvelle traduction de Bartleby, le scribe ne pointe à l’horizon. Non que depuis 1853 les anciennes fussent défectueuses, datées ou insatisfaisantes (celle, historique, de Pierre Leyris a longtemps paru inégalable). Mais le chef d’oeuvre comique de Herman Melville est de ceux dont la restitution dans une autre langue est une sorte de sport et de loisir dont on ne se lasse pas. Ne fut-ce que pour une phrase, la plus célèbre, celle qui tient toute la nouvelle, sa formule alchimique dont on n’a pas fini de creuser l’énigme souterraine: « I would prefer not […]

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Philip Roth, discours de la méthode

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Rien de tel qu’un écrivain qui a annoncé sa retraite de son vivant pour publier ensuite à titre posthume. Des inédits et des quasi. Ainsi nomme-t-on ce qui est paru dans sa langue mais pas dans la nôtre. Ainsi, avec Pourquoi écrire ? (Why write ? traduit de l’anglais/Etats-Unis, par Lazare Bitoun, Michel et Philippe Jaworski, Josée Kamoun, 630 pages, 10,80 euros, Folio), Philip Roth nous revient tout sourire  un an après sa mort. C’est un peu sa vie mais surtout son œuvre, modes d’emploi. Avec de larges échappées du côtés de celles des autres (Primo Levi, Aharon Appelfeld,  Ivan Klima, Edna O’Brien, Milan […]

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Ce qui reste après du monde d’avant

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Qui n’a pas connu dans sa vie de lecteur ce cas d’espèce : un bon livre sur un personnage détestable. Faut-il que le premier soit délectable pour ne pas nous dissuader d’aller plus avant dans la découverte du second ! D’Anne de Lacretelle, j’ignorais tout malgré la biographie qu’elle avait consacrée à La Comtesse d’Albany, une égérie européenne (éditions du Rocher, 2008). Qu’est-ce alors qui m’a fait me précipiter sur son Tout un monde. Jacques de Lacretelle et ses amis (330 pages, 22 euros, éditions de Fallois) ? Peut-être l’impression laissée par le feuilletage des toutes premières pages. Il est vrai que, passées huit heures […]

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Quel Romain Gary sous son palimpseste de masques ?

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Faut-il que l’attrait soit puissant pour que le visiteur se laisse porter par ses pas jusque dans cette quelconque cour d’immeuble à Vilnius ; vaste et dégagée, elle n’est certainement pas le monument le plus intéressant de Lituanie ; seulement voilà, en cherchant bien, on y trouve une récente plaque commémorative indiquant que le grand écrivain français Roman Kacew dit Romain Gary est né là et qu’il y a joué au ballon dans son enfance. Le rappel est piquant en ce que l’homme en question avait préféré naître plutôt en Russie, adresse plus noble à son goût et qui correspondait mieux à son […]

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A la recherche des lecteurs de Proust

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Il n’y a pas que Faulkner : de Proust aussi on pourrait dire qu’il est devenu un écrivain pour écrivain. Car qui de nos jours, hors de cette catégorie qui comprend aussi des intellectuels, des universitaires, des critiques, qui a vraiment lu la totalité de la Recherche du temps perdu et la relit encore ? C’est là que git le paradoxe de Proust particulièrement aiguë en cette année anniversaire du centenaire du prix Goncourt attribué à A l’ombre des jeunes filles en fleurs. Il est partout présenté comme l’écrivain de langue française, le plus important et le plus prestigieux du XXème siècle. Le […]

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Roberto Bazlen, artiste sans oeuvre

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Les fiches de lecture des milliers de manuscrits rejetés sont le secret le mieux gardé des maisons d’édition. Peut-être plus encore que les contrats. Car il n’y a pas toujours de quoi être fier. Bien sûr, avec le recul et le jugement de l’histoire littéraire, rien n’est facile et vain comme de railler un lecteur de grande maison qui n’a pas su déceler un chef d’œuvre ou même un livre appelé à faire date. Quand le refus est de la maison ou de son propriétaire, la responsabilité est diluée ; mais lorsque l’indiscrétion mêlée à la rumeur dévoile l’identité du lecteur […]

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Mallarmé, l’exténué de lettres

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3340 lettres adressées à quelque 550 correspondants ! Et dire que l’épistole n’était vraiment pas son genre… qu’il rechignait à se résoudre à cette conversation avec un absent… qu’il prévenait volontiers celui à qui il écrivait : ceci n’est pas une lettre, boutade qui avait sa part de vérité… Publiée une première fois en 12 volumes, la Correspondance 1854-1898 (1914 pages, 65 euros, Gallimard) du poète Stéphane Mallarmé (1842-1898) nous revient cette fois en une brique magnifique qui doit bien peser ses deux 2,5 kgs, armée d’une chronologie, d’une bibliographie, d’index divers et de précieuses notes pour lesquels on ne saurait trop louer […]

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Un certain malaise

Un certain malaise

François Kasbi

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Quel étrange livre : on en ressort mal à l’aise, troublé. Comme si tout ce que l’on avait lu était à double détente. Ainsi de Bernard Faÿ (1893-1978) : esprit cosmopolite, proustien distingué, supposé raffiné, amant de la moderne Amérique, professeur au Collège de France. Ou encore : esprit borné, duplice, envieux, arrogant, flagorneur, condamné aux travaux forcés à la Libération et à l’indignité nationale. Oui, c’est le même. Peut-être a-t-on dû pour affiner le trait, lire, en complément indispensable au portrait de Faÿ que dresse Antoine Compagnon dans Le cas Bernard Faÿ – Du Collège de France à l’indignité nationale (224 pages, 23 […]

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De l’individu à son double

De l’individu à son double

Roméo Fratti

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L’hémisphère Nord occidental est hâtivement et péjorativement qualifié d’« hyper-individualiste ». Or, l’individualisme ne représente-t-il pas un aspect culturel majeur de nos sociétés, sans cesse réaffirmé par les littératures européennes depuis la Renaissance ? Dante Alighieri semble prendre pour la première fois le contre-pied du postulat holiste d’Aristote, selon lequel « le Tout est nécessairement antérieur à la Partie » : la figure de Béatrice, qui consacre l’idéal féminin en Italie à la fin du XIIIèmesiècle, permet en effet de constituer une individualité comme conscience indivisible et irréductible à tout autre être humain. Étrangement, c’est donc bien l’auteur de La Divine Comédie qui, dans la littérature […]

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