de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

Proust version Fallois, proustien capital

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A la mort de Bernard de Fallois (1926-2018), on a si bien rendu hommage à juste titre au grand éditeur qu’il fut  et au flair qui marqua l’ultime époque de sa carrière tout en étant aux antipodes de son univers littéraire (la révélation internationale du jeune romancier Joël Dicker) que cela a éclipsé son travail de pionnier au service de deux écrivains qu’il admirait : Georges Simenon, dont il fut l’éditeur et l’ami, et à qui il consacra en 1961 l’une des toutes premières monographies parues sur son œuvre, (Simenon, « La Bibliothèque idéale », Gallimard) ; et Marcel Proust. Non pas sa biographie, […]

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Une femme de charge dans un intérieur bien tenu

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Pas courant d’avoir son nom en haut et en bas de la couverture d’un livre. Un si rare honneur se mérite. Maurice Nadeau ne pouvait y échapper avec Soixante ans de journalisme littéraire (1480 pages, 39 euros, Editions Maurice Nadeau). Notez bien le choix du titre : « journalisme » et « non « critique » ; il est vrai que de temps en temps, à ses débuts, il se détendait à faire le reporter notamment lors des remises de prix, au chahut lettriste d’une lecture de Tzara au Vieux-Colombier, à l’occasion d’une interview de la nouvelle lauréate du Nobel Gabriela Mistral retour de Suède,  de la réception […]

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Avez-vous (vraiment) lu Céline ?

Avez-vous (vraiment) lu Céline ?

Marc Laudelout

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Contre Céline tout est désormais permis. Dans un fort volume d’un millier de pages (Céline, la race, le Juif, de Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour, n.d.l.r.), on peut, sans susciter guère de contestations, le faire passer pour un vil délateur et un actif agent de l’Allemagne alors même qu’on n’apporte aucune preuve tangible. Tout ou presque n’y est que suppositions gratuites, insinuations malveillantes, déductions fallacieuses et hypothèses bancales. Le piège est redoutable car réfuter ces calomnies vous fait ipso facto passer pour un personnage suspect. Céline, il est vrai, n’est pas un écrivain facile à défendre tant il s’est mis lui-même […]

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Enigme que ce qui est pur surgissement

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Qu’on l’appelle « nouvelle traduction », expression privilégiée par les éditeurs pour son évident impact commercial, ou « retraduction », qui présente le défaut de trop entrer en résonance avec la répétition, le ressassement, la rectification, tous en conviennent : il faut régulièrement traduire « à nouveaux frais » (c’est vraiment le cas de le dire) les classiques, y compris les classiques modernes, car souvent les traductions vieillissent et reflètent l’esprit et la langue de leur époque. Régulièrement, cela signifie pour nombre de traducteurs : à chaque génération. Manifestement, beaucoup d’éditeurs ont une conception élastique de la notion. Cette année seulement, Gallimard a publié une nouvelle traduction […]

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Malaparte du mauvais côté

Malaparte du mauvais côté

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Que faire de Curzio Malaparte ((1898-1957) passé l’état de sidération dans lequel laisse la lecture de ses chefs d’œuvre Kaputt (1944) et La Peau (1949) ? Ces deux romans ont été durablement porté aux nues mais étrangement, cela n’a pas suscité une curiosité pour leur auteur. On les dirait sans écho ni descendance. A l’occasion du 120èmeanniversaire de sa naissance, une soirée lui est consacrée le13 septembre à 19h, à l’Institut culturel italien à Paris, avec débat et projection de son unique film Le Christ interdit (1951)) ; parallèlement,  Maria Pia de Paulis, maîtresse d’œuvre d’un Cahier de l’Herne « Malaparte » (365 pages, 33 euros) […]

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L’affaire du Goncourt belge

L’affaire du Goncourt belge

FRANCOIS-XAVIER LAVENNE

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La littérature est-elle question de nationalité ? Aujourd’hui, il semble évident de répondre par la négative. Tel n’était pas forcément le cas lorsque le Prix Goncourt fut attribué pour la première fois à un écrivain qui n’était pas français, en l’occurrence le Belge Charles Plisnier, en 1937. Cet événement, peu connu de l’histoire des Lettres belges, pose la question de la reconnaissance de la diversité de la francophonie au sein d’une littérature alors encore presque totalement centrée sur l’Hexagone. Il met en évidence le rapport ambigu du monde culturel belge à l’institution littéraire parisienne. Il illustre enfin les divisions et les […]

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Quelques éclats de l’âme de Kleist

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Deux coups de feu ont été entendus un jeudi 21 novembre en milieu d’après-midi sur les berges du petit lac de Wannsee, près de Berlin. Il fut constaté que, au moyen de deux pistolets emportés dans le panier à pique-nique, l’homme avait abattu d’une balle dans la poitrine celle qu’il aimait, une femme du nom de Henriette Vogel, avant de se tirer une balle dans la bouche. Ils avaient une trentaine d’années. Un fait divers à ceci près que le tireur s’appelait Heinrich von Kleist, qu’il était poète, dramaturge, nouvelliste, romancier et que son double geste éclairerait à jamais d’un […]

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Tout sauf avoir raison avec Emmanuel Berl

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Cet été, l’une des séries de France Culture signée Brice Couturier dans la dernière semaine de juillet s’intitulait « Avoir raison avec Emmanuel Berl ». Sans même un point d’interrogation qui eut marqué la réserve ou l’incertitude. Au fil de l’écoute, un étrange malaise m’a pris, semblable à celui éprouvé récemment à la lecture de Emmanuel Berl. Cavalier seul ( (490 pages, 27 euros, La Librairie Vuibert) d’Olivier Philipponnat et Patrick Lienhardt, biographie très complète en forme de course-poursuite sur les traces d’un insaisissable. Et pour cause ! Non qu’il soit fuyant : il n’a pas la consistance qu’on lui prête. Au vrai, Berl est un […]

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Du trait d’union entre Moby et Dick

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Réussir son Moby Dick, un rêve d’écrivain… Du moins chez les Américains. L’expression est de longue date consacrée. En France, on en trouve l’équivalent chez les photographes plutôt : « Réussir un Fragonard », c’est avoir pris la photo dont on pressent qu’elle deviendra iconique, en tout cas pour son auteur. En écrivant Les Sept piliers de la sagesse, T.E. Lawrence disait vouloir écrire son Moby Dick. Entendez : une œuvre qui s’impose dans la durée. Daniel Mendelsohn, lui, avait même intitulé provisoirement son manuscrit en cours des Disparus du nom de code de Moby Dick… C’est dire le statut unique du grand roman […]

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Prendre le temps d’écouter ce bruit-là

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Si tout autre maison que le Bruit du temps (avec La Dogana) avait publié ce coffret (1200 pages, 59 euros) habité par un cri et par la grâce, on aurait été en droit de dénoncer une injustice. Quel plus bel hommage que cette édition techniquement si soignée (typographie, papier, mise en page, finition) de ces deux volumes rassemblés, Œuvres poétiques ( en bilingue, 784 pages) et Œuvres en prose (736 pages) d’Ossip Mandelstam (1891-1938) ! On dira familièrement que c’est un petit éditeur. Comme quoi la taille ne préjuge pas de l’envergure. C’est pourtant un des plus discrets, exigeants, ambitieux, obstinés que […]

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