de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

Malaparte du mauvais côté

Malaparte du mauvais côté

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Que faire de Curzio Malaparte ((1898-1957) passé l’état de sidération dans lequel laisse la lecture de ses chefs d’œuvre Kaputt (1944) et La Peau (1949) ? Ces deux romans ont été durablement porté aux nues mais étrangement, cela n’a pas suscité une curiosité pour leur auteur. On les dirait sans écho ni descendance. A l’occasion du 120èmeanniversaire de sa naissance, une soirée lui est consacrée le13 septembre à 19h, à l’Institut culturel italien à Paris, avec débat et projection de son unique film Le Christ interdit (1951)) ; parallèlement,  Maria Pia de Paulis, maîtresse d’œuvre d’un Cahier de l’Herne « Malaparte » (365 pages, 33 euros) […]

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L’affaire du Goncourt belge

L’affaire du Goncourt belge

FRANCOIS-XAVIER LAVENNE

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La littérature est-elle question de nationalité ? Aujourd’hui, il semble évident de répondre par la négative. Tel n’était pas forcément le cas lorsque le Prix Goncourt fut attribué pour la première fois à un écrivain qui n’était pas français, en l’occurrence le Belge Charles Plisnier, en 1937. Cet événement, peu connu de l’histoire des Lettres belges, pose la question de la reconnaissance de la diversité de la francophonie au sein d’une littérature alors encore presque totalement centrée sur l’Hexagone. Il met en évidence le rapport ambigu du monde culturel belge à l’institution littéraire parisienne. Il illustre enfin les divisions et les […]

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Quelques éclats de l’âme de Kleist

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Deux coups de feu ont été entendus un jeudi 21 novembre en milieu d’après-midi sur les berges du petit lac de Wannsee, près de Berlin. Il fut constaté que, au moyen de deux pistolets emportés dans le panier à pique-nique, l’homme avait abattu d’une balle dans la poitrine celle qu’il aimait, une femme du nom de Henriette Vogel, avant de se tirer une balle dans la bouche. Ils avaient une trentaine d’années. Un fait divers à ceci près que le tireur s’appelait Heinrich von Kleist, qu’il était poète, dramaturge, nouvelliste, romancier et que son double geste éclairerait à jamais d’un […]

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Tout sauf avoir raison avec Emmanuel Berl

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Cet été, l’une des séries de France Culture signée Brice Couturier dans la dernière semaine de juillet s’intitulait « Avoir raison avec Emmanuel Berl ». Sans même un point d’interrogation qui eut marqué la réserve ou l’incertitude. Au fil de l’écoute, un étrange malaise m’a pris, semblable à celui éprouvé récemment à la lecture de Emmanuel Berl. Cavalier seul ( (490 pages, 27 euros, La Librairie Vuibert) d’Olivier Philipponnat et Patrick Lienhardt, biographie très complète en forme de course-poursuite sur les traces d’un insaisissable. Et pour cause ! Non qu’il soit fuyant : il n’a pas la consistance qu’on lui prête. Au vrai, Berl est un […]

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Du trait d’union entre Moby et Dick

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Réussir son Moby Dick, un rêve d’écrivain… Du moins chez les Américains. L’expression est de longue date consacrée. En France, on en trouve l’équivalent chez les photographes plutôt : « Réussir un Fragonard », c’est avoir pris la photo dont on pressent qu’elle deviendra iconique, en tout cas pour son auteur. En écrivant Les Sept piliers de la sagesse, T.E. Lawrence disait vouloir écrire son Moby Dick. Entendez : une œuvre qui s’impose dans la durée. Daniel Mendelsohn, lui, avait même intitulé provisoirement son manuscrit en cours des Disparus du nom de code de Moby Dick… C’est dire le statut unique du grand roman […]

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Prendre le temps d’écouter ce bruit-là

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Si tout autre maison que le Bruit du temps (avec La Dogana) avait publié ce coffret (1200 pages, 59 euros) habité par un cri et par la grâce, on aurait été en droit de dénoncer une injustice. Quel plus bel hommage que cette édition techniquement si soignée (typographie, papier, mise en page, finition) de ces deux volumes rassemblés, Œuvres poétiques ( en bilingue, 784 pages) et Œuvres en prose (736 pages) d’Ossip Mandelstam (1891-1938) ! On dira familièrement que c’est un petit éditeur. Comme quoi la taille ne préjuge pas de l’envergure. C’est pourtant un des plus discrets, exigeants, ambitieux, obstinés que […]

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Le Cahier bien tempéré de Pierre Michon

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On se réjouit autant qu’on se méfie lorsque pointe à l’horizon un Quarto, une Pléiade ou un Cahier de l’Herne. Non lorsqu’il concerne un classique mais un classique moderne, un contemporain. Rien de tel pour enterrer un écrivain de son vivant avant de l’embaumer en sa présence même. C’est signe que l’œuvre est achevée ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Ainsi Pierre Michon vient-il de subir ce traitement par la parution d’un Cahier de l’Herne (343 pages, 33 euros) à lui élevé comme on le dirait d’un mausolée. Cela dit, quel bonheur de lecture… Rarement on aura lu un […]

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Le jour où Samuel Beckett a mangé une orange

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Le plus souvent, le courrier que Samuel Beckett recevait finissait comme les manuscrits reçus : au vide-ordures. Avant de procéder à cette épuration de sa table de travail, il mettait un point d’honneur à répondre à ses correspondants quels qu’ils fussent par retour de courrier, si besoin est par un simple accusé de réception quand une vraie lettre ne s’imposait pas ; cette marque d’urbanité, de générosité et de savoir-vivre est générationnelle si j’en juge par ma propre expérience de l’étude approfondie de la correspondance de personnages auxquels j’ai consacré des biographies : Gaston Gallimard, Hergé, Daniel Kahnweiler, Georges Simenon… Tous passaient […]

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Gérard Genette n’est plus, théoriquement

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Pour nombre d’anciens étudiants en Lettres en amont et en aval des années 70, Gérard Genette, qui vient de disparaître à 87 ans, restera comme un maître de la théorie des formes en littérature. Ses livres d’alors (les multiples tomes de Figures, Palimpsestes, Seuils notamment) demeurent dans certaines mémoires comme d’indispensables traités destinés notamment à garder la sémantique des ravages et galvaudages de l’esprit du temps. Lorsqu’il animait la revue Poétique avec son ami Tzvetan Todorov et Hélène Cixous, il entendait « libérer l’enseignement littéraire à l’université de la grille des nations et des siècles, et l’ouvrir à ce qui rapproche […]

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La thèse universitaire, alibi de fantasmes

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« Tout finit en Sorbonne. Tout se décompose en thèses » soupirait déjà Paul Valéry en ses Cahiers des années 20. Depuis, ça ne s’est pas arrangé. Les gens qui s’adonnent à ce vice impuni sont appelés des thésards, version sardonique de « doctorants » qui sent déjà la pharmacie. Charles Coustille en fait le constat ironique dans Antithèses (312 pages, 24 euros, Bibliothèque des idées, Gallimard). Rien n’est académique comme l’idée de thèse, longtemps synonyme de révérence vis à vis des maitres, respect de l’ordre établi, conformisme. Longtemps, elle est passée pour un exercice formel effectué sous la pression normative, collection de lieux communs […]

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