de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature de langue française

De bons enfants, malgré tout

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Parfois, on se demande ce que serait la littérature sans les géniteurs de l’écrivain. Qu’il leur mette une claque ou qu’il les envahisse de leur tendresse, l’exercice a tout de la figure imposée. Comme un passage obligé pour mieux tourner la page, dût-elle peser des tonnes, avant d’entrer dans le vif du sujet. Encore que certains s’y résolvent à mi-chemin tel Albert Cohen avec Le Livre de ma mère (1954) ou Marcel Pagnol avec La gloire de mon père/ le château de ma mère (1957). On observera d’ailleurs que les parents sont plus rarement traités en couple. Soit l’un, soit […]

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Caprice d’Echenoz, insignifiance du Kundera

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Après la petite rentrée, comme on nomme désormais la rentrée de janvier, mars est le rendez-vous des poids lourds. Ils convient de les admirer. Ils ont la carte. Le club est sélect : Kundera, Modiano, Le Clézio y côtoient Carrère, Echenoz, Ernaux, Ndiaye, Toussaint…. Autant d’écrivains que l’on a aimés, et que l’on est tout prêt à aimer encore, mais sans complaisance ni indulgence coupables. Sur la durée, certains (Modiano) sont remarquablement constants dans la qualité ; d’autres, moins. Leurs nouveaux livres sont pourtant loués systématiquement par un effet d’emballement médiatique qui demeure l’un des plus étonnants mystères de la vie littéraire. […]

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Comment j’ai traduit « Albucius » de Pascal Quignard en japonais

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On me demande de temps en temps : « Comment avez-vous traduit ces livres quignardiens ? » Je sais très bien que c’est surtout de ma traduction d’Albucius, des Tablettes de buis d’Apronenia Avitia ou de La Raisonqu’on me parle. Je leur réponds les yeux baissés, gardant le sourire : « Ne me le demandez pas, je vous en prie. » Cela pour éviter toute excuse, mais intérieurement je me demande s’ils ont vraiment lu ces miraculeux romans à la fois romains et contemporains. On parle souvent de l’érudition ou de la pédanterie de Pascal Quignard. C’est vrai qu’il y a de nombreuses citations latines, grecques, ou d’autres langues anciennes partout dans ses ouvrages. […]

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Monsieur Girard n’est pas bégueule

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Mais que veut-il au juste, le phénomène de la rentrée ? Le beurre, l’argent du beurre et le cul du crémier ? J’ai déjà écrit dans ces colonnes (c’est ici pour les mal-voyants de la Toile) tout le bien que je pensais de Pour en finir avec Eddy Bellegueule, un vrai… coup de poing dans la gueule, ainsi que Cavanna définissait un bon dessin de presse. Inutile de revenir sur ses qualités littéraires, sa force, sa maîtrise. Le problème s’est désormais déplacé de la rubrique littéraire à celle des faits divers (rebaptisée « Société » en levant le petit doigt). Lorsqu’un écrivain subit un […]

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Lui, c’est lui et moi, c’est moi

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Ce doit être terrible de passer pour un clone littéraire. Pas un plagiaire, un imitateur ou quelque chose du genre. Ni le nouveau Faulkner ou le nouveau Joyce tels que des éditeurs paresseux l’annoncent fièrement en quatrième de couverture. Ni même un néo-Proust, comme nous l’assurent en chœur ces derniers temps des écrivains et des critiques anglais et américains à propos du norvégien Karl Ove Knausgaard au motif que son roman My struggle est long de 3600 pages réparties en six volumes sans que le récit soit tenu par une véritable intrigue, avec la description sur une centaine de pages […]

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Antoine Sénanque, qualité française

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Un mot et une vie bascule. Vraiment ? Disons deux ou trois mots. « Fusain est un con ». Et comme le graffiti est public, il suffit à faire d’un désabusé un désespéré, avant de le faire douter de la qualité de son petit bonheur. S’ensuivent deux mois sabbatiques de la vie d’un quinquagénaire rongé par le doux démon de l’intranquillité. Pessoa en personne ? Pas tout à fait. Il s’appelle Etienne Fusain. Professeur de philosophie en banlieue parisienne, il n’a plus le goût d’apprendre quoi que ce soit aux autres. Transmettre, quelle plaie ! Quant à sa femme…  Zéro défaut. Juste une conception peu aiguë […]

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Regagner l’univers de l’enfance

Regagner l’univers de l’enfance

Catherine Hermary Vieille

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Rien n’est plus difficile que de regagner l’univers de l’enfance, voir, écouter le monde, l’apprécier ou le juger à travers la personnalité d’un garçonnet de 9 ans. Adopter une vue trop puérile ou au contraire trop grave est l’écueil majeur et omniprésent sur lequel sont venus s’échouer de nombreux romanciers. Avec L’Été des Lucioles, Gilles Paris signe une parfaite réussite. Aucun faux pas ni fausse note tout au long de ce joli roman qui relate l’histoire de Victor et de sa famille durant des vacances d’été passées au Cap Martin dans la prestigieuse résidence Napoléon III  dominant la mer. Un été pas […]

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Il n’y a que la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse

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Serait-ce la naissance d’un genre littéraire ? Comme on se dit sagement qu’en cette matière on n’invente jamais rien, ou alors une fois par siècle, on se doute qu’il doit bien y avoir des précédents, même si celui qui nous vient le plus naturellement à l’esprit, Jérôme Lindon de Jean Echenoz, est assez récent (éditions de Minuit, 2001), ainsi que les évocations de la figure Jean-Marc Roberts, patron de Stock, par Philippe Claudel et Jean-Marc Parisis. Bizarre tout de même que d’autres titres plus anciens ne s’imposent pas spontanément à notre mémoire. A croire que l’hommage de l’auteur à son éditeur […]

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Jean Rigaud, poète, en cours de découverte

Jean Rigaud, poète, en cours de découverte

Nadia Katz

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Jean Rigaud (1924-2005) s’est trouvé très jeune projeté hors de la norme quotidienne. Passant de la Khâgne à la Résistance, il est entré dans Paris en Août 1944 sur un char de la Division Leclerc, avant de s’enrôler, pour la durée de la guerre, dans le Premier Régiment de Parachutistes. Il a ensuite consacré une grande partie de sa vie aux mythes grecs et à l’histoire des religions. Sont-ce là les fondements qui l’ont amené à porter sur le monde un regard singulier où le temps et l’espace n’obéissent plus à la mesure commune, mais à une recomposition subjective ? Toujours est-il […]

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Jean Rouaud, confession d’un enfant des stèles

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Mais non, il ne s’agit pas d’un texte de circonstance publié à point pour la commémoration de 1914. Rien à voir. Après Comment gagner sa vie honnêtement et Une façon de chanter, il s’agit du troisième volet du cycle « La vie poétique », autobiographie littéraire de Jean Rouaud avec Un peu la guerre (253 pages, 18 euros, Grasset). Pas son genre pourtant. D’ailleurs, il l’avoue d’entrée : à force de s’éviter, il n’a guère le goût de parler de lui. N’aime pas encombrer. Ce que Jacques Perret appelait « le racontage de mézigue ». Seulement voilà : pour raconter son « chemin d’écriture », puisque c’est bien […]

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