de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature de langue française

Boris got his gun

Boris got his gun

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Des malades qui racontent leur maladie, l’histoire de la littérature en est pleine. Ce pourrait être un genre en soi. Chacun peut se constituer, de mémoire et sans forcer, sa propre anthologie. Dans la mienne figurent en bonne place les Carnets du sous-sol de Dostoïevski, Les Anneaux de Bicêtre de Simenon, Mars de Fritz Zorn… C’est le plus souvent d’inspiration autobiographique, ou le résultat de l’ observation d’un cas. Ceci pour dire que l’apparition d’un nouveau membre dans ce club largement ouvert est rarement événement. Sauf exception. Ce qui est le cas de Palladium (465 pages, 22 euros, Stock), premier […]

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Jubilation de Pierre Lemaître dans les grands cimetières sous la thune

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Le sel d’une rentrée littéraire, c’est le livre qu’on n’attend pas d’un auteur qu’on ne connaît pas. La cuvée 2013, plutôt riche et prometteuse, recèle quelques surprises de ce type. Au revoir là-haut (563 pages, 22,50 euros, Albin Michel) en est une et des plus réjouissantes. Son auteur Pierre Lemaître (1956) est un écrivain qui ne fait qu’écrire. Si ce n’est pas des polars, des scénarios. Ce roman est sa première incursion hors de son périmètre. Coup de maître que ce coup de Lemaître ? Facile. N’empêche que c’est vraiment réussi. Ca commence comme cela : « Ceux qui pensaient que cette guerre […]

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Le motif tapi dans le pseudonyme

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Au fond, que dit-on quand on dit « Proust » : s’agit-il bien de l’homme ou plus généralement de l’œuvre ? A moins que dans notre inconscient, la personne et la Recherche ne fassent qu’une. Il en est de Proust (six lettres, une syllabe, un centimètre de graphie) comme d’autres grands écrivains. L’essai que Claude Burgelin consacre à ceux qu’il nomme Les mal nommés (348 pages, 25 euros, Seuil) tourne autour du cordon ombilical qui relie l’œuvre d’écriture au nom propre qu’elle recouvre, porte et désigne. « Les mal nommés » sonne un peu comme les « mal partis ». Le sont-ils vraiment ces auteurs en herbe qui […]

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Fantômas, le retour

Fantômas, le retour

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« Fantômas », quelle marque de génie ! dirait un pubard. Ce qui n’est pas faux. Même s’il va de soi que ses créateurs, Pierre Souvestre, avocat, journaliste, écrivain, et Marcel Allain, son jeune secrétaire, n’y pensaient pas lorsqu’ils ont lancé cette ombre en librairie en 1911, suite à la commande d’un éditeur. On ne pense jamais que l’on va créer un mythe ni une légende. Sauf à être un fabricant et à se planter. Le cinéma ne fut pas étranger à son succès immédiat. Car de même qu’il s’est emparé de Maigret dès sa naissance et ne l’a plus lâché, il a […]

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Regarder les hommes tomber, faut-il en rire Hen-ri ?

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Question récurrente : « Comment choisissez-vous les livres ? » Réponse à multiples facettes. Sans oublier celle-ci qui n’est pas la moindre : l’enthousiasme des autres, qu’ils s’agisse de lecteurs anonymes, de libraires, de critiques. Lorsqu’ils forment un halo, voire un chœur, comme ce fut las récemment au Masque et la plume, il faut aller voir de quoi il en retourne, ne fût-ce que pour faire la part de l’emballement, phénomène d’illusion collective par lequel nos contemporains se donnent parfois le mot pour porter aux nues ce qui n’en vaut pas la peine. Ce que j’ai fait pour Le garçon incassable (173 pages, 16 euros, […]

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GAG, sursitaire toujours coupable

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Si vous deviez écrire une sorte d’autofiction dans laquelle vous donneriez un autre nom que le vôtre à votre personnage, comment l’appelleriez-vous ? Attention car une fois écrit, tout est dit. Il n’est pas de meilleur, ou de pire, révélateur. Un vrai miroir. On se doute qu’un esprit aussi aigu que Georges-Arthur Goldschmidt, que d’aucuns aiment à nommer de son comique acronyme GAG, a longuement ruminé la chose avant d’écrire L’esprit de retour (156 pages, 17 euros, Seuil) et de le donner à paraître dans la collection « Fiction & Cie ». Il a donc choisi de s’appeler Arthur Kellerlicht – qui pourrait […]

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Un éclat de prose poétique pour la fiancée de l’Emir

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L’expression “prose poétique” est devenue une telle tarte à la crème que, s’agissant des productions contemporaines, ce qu’on n’ose appeler les nouveautés, elle recouvre tout et n’importe quoi. Sans en appeler à Xavier Forneret ou Maurice de Guérin, ni au Baudelaire du Spleen de Paris, ni à même à la cinquième promenade rousseauiste du rêveur solitaire au bord du lac, elle est devenue si pratique pour anoblir l’ordinaire qu’on en viendrait à se demander si elle ne va pas bientôt être consacrée par quelque instance (para)universitaire au titre de genre littéraire à part entière. Nul n’est à l’abri. En attendant […]

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Pontalis dit « J-B » entre deux marées

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Il y a deux manières de trouver des histoires à raconter : les inventer ou les écouter. La première relevant de la vocation du romancier, J-B. Pontalis s’est fait une spécialité de la seconde. D’autant que, dans le civil, lorsqu’il n’est pas éditeur, il est psychanalyste. Sa vie se divise en fonction de cette double dilection : le matin derrière son bureau chez Gallimard, l’après-midi derrière son divan chez lui. A moins que ce ne fut l’inverse, ce qui importe peu. Outre ses ouvrages sur l’inconscient, les fantasmes ou l’après-freudisme, il prend un vif plaisir à écrire de brefs récits où s’épanouit […]

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Inconnu à cette adresse, Patrick Modiano

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Le mystère Modiano, ce n’est pas tant l’homme ni l’œuvre. Le premier, on commence à le connaître, d’autant que l’âge venant, il se livre bien davantage depuis une dizaine d’années, accordant de nombreuses interviews, se faisant de moins en moins violence pour s’ouvrir et se livrer, communiquant volontiers des documents personnels et des photos de famille. La seconde a été si souvent explorée et décortiquée, tant par la critique journalistique que par la critique universitaire, qu’on a le sentiment d’en avoir fait le tour ; même si on a beau faire, lire et relire, identifier deux phrases de lui au premier coup […]

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La déesse aux pieds nus

La déesse aux pieds nus

THERESA REVAY

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D’elle, on se rappelle un fourreau sombre, un déhanchement, un gant noir. Elle, c’est Gilda. La séduction incarnée. Hollywood dans toute sa splendeur de l’après-guerre. Ce miroir aux fantasmes où se fracassent les étoiles. Ainsi, Marylin. Ainsi Rita Hayworth, la Déesse de l’Amour. « Les hommes couchent avec Gilda mais ils se réveillent avec moi. » Les étoiles ne sont pas naturelles. Leur plastique est trop parfaite, le plus souvent artificielle. L’arme imposée par les magnats des studios : un sourire immaculé. Un seul mot d’ordre : l’éclat. Mais derrière ce mirage façonné par des agents et des publicitaires, que de petites filles […]

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