de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature de langue française

Quand les vies doubles abolissent les frontières

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Canada n’est pas le seul roman du double de la rentrée, il s’en faut.  Il faut aussi compter avec quelques autres. Siamoises (284 pages, 19 euros, Naïve) est l’un des plus troublants et sans aucun doute le plus accompli du tandem formé par Michel Canesi et Jamil Rahmani. Cette fois, contrairement à leurs précédents romans, ils ne se contentent pas de traiter une bonne histoire : ils s’en donnent les moyens avec une technique irréprochable. Diabolique même eu égard au thème. Une manière bien à eux de refléter l’époque à travers des destins brisés. Essayons d’en dire davantage sans en dire […]

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Comment devient-on le plus célèbre critique littéraire d’Allemagne ?

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 Mort à 93 ans, le 17 septembre dernier, Marcel Reich-Ranicki a dominé la scène littéraire  pendant plus de quarante ans avec ses articles. Il a représenté une espèce en voie de disparition : le Grand Critique Littéraire exemplaire. En France, la disparition récente de Maurice Nadeau et de François Nourissier a aussi sonné le glas de cette espèce en voie de disparition. Notre Reich –Ranicki a marqué sinon influencé  plus de deux générations d’écrivains  allemands parmi les meilleurs. Il a  montré également  le pouvoir d’un vrai « pro » de la critique sur la librairie de son pays. Pourquoi donc  cette célébrité hors- norme ? Il […]

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Jaenada saisit l’insaisissable Sulak

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Qu’est-ce qui fait qu’une vie bascule ? Une enfance calme, une famille aimante, des sœurs adorables, une ambiance de gaieté à la maison, une certaine sérénité dans un petit village de Provence, tout ça pour se lancer dans le monde en s’engageant à la Légion étrangère, déserter et braquer des supermarchés, des banques, des bijouteries, se faire prendre, s’évader spectaculairement, recommencer… Etrange, non ? Une énigme. Celle de Bruno Sulak (1955-1985). Pour son huitième roman sobrement intitulé Sulak (496 pages, 22 euros, Julliard), un titre qui claque, Philippe Jaenada a délaissé l’inspiration autobiographique dont il était légèrement las pour se consacrer à […]

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Frédéric Verger et quelques autres violent l’Histoire avec bonheur

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Ce n’est pas d’aujourd’hui que les romanciers puisent dans l’Histoire la matière de leurs histoires. Ils y ont toujours fait leur marché avec une fortune diverse. Il y a toujours des critiques et des lecteurs pour y pointer un manque d’imagination, et il y en aura encore, ce qui révèle un manque d’imagination critique. Cette rentrée n’y échappe pas. Oublions les critiques, voyons les livres puisque cela seul compte. Faut-il le prendre comme une bonne nouvelle ? Question de point de vue, selon que l’on se place du côté des historiens ou de celui des romanciers. Mais si l’on est un peu des […]

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Sylvie Germain et David Bosc, une sensation du monde

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Les romans portés par une écriture sont si rares qu’on les croirait tenus par rien d’autre. On ne voit alors que cela, cette grâce invisible appelée à être un jour concassée, décortiquée, théorisée. En attendant ce sacre universitaire et colloquant, le lecteur a le privilège de savourer le texte dans son jus, son liquide amniotique, à peu près vierge d’analyse et de commentaire. Alors emparez-vous des romans de Sylvie Germain et de David Bosc avant que des savants les accaparent- c’est tout le mal qu’on leur souhaite. Ils ne sont pas poètes mais portent un regard poétique sur le monde. Ce […]

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Pardonnez Moix, sauvez Sureau !

Pardonnez Moix, sauvez Sureau !

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Qui déjà disait : « Pardonnez-moi, mais je n’ai pas eu le temps de faire court ? » En cherchant un peu, on finit par trouver. Non pas l’un de nos contemporains à la formule facile, mais un très grand d’autrefois. D’ailleurs, la citation exacte est : « Mes Révérends Pères, mes lettres n’avaient pas accoutumé de se suivre de si près, ni d’être si étendues. Le peu de temps que j’ai eu a été cause de l’un et de l’autre. Je n’ai l’ait celle-ci plus longue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte…» Ainsi Pascal s’adressait-il aux […]

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Boris got his gun

Boris got his gun

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Des malades qui racontent leur maladie, l’histoire de la littérature en est pleine. Ce pourrait être un genre en soi. Chacun peut se constituer, de mémoire et sans forcer, sa propre anthologie. Dans la mienne figurent en bonne place les Carnets du sous-sol de Dostoïevski, Les Anneaux de Bicêtre de Simenon, Mars de Fritz Zorn… C’est le plus souvent d’inspiration autobiographique, ou le résultat de l’ observation d’un cas. Ceci pour dire que l’apparition d’un nouveau membre dans ce club largement ouvert est rarement événement. Sauf exception. Ce qui est le cas de Palladium (465 pages, 22 euros, Stock), premier […]

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Jubilation de Pierre Lemaître dans les grands cimetières sous la thune

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Le sel d’une rentrée littéraire, c’est le livre qu’on n’attend pas d’un auteur qu’on ne connaît pas. La cuvée 2013, plutôt riche et prometteuse, recèle quelques surprises de ce type. Au revoir là-haut (563 pages, 22,50 euros, Albin Michel) en est une et des plus réjouissantes. Son auteur Pierre Lemaître (1956) est un écrivain qui ne fait qu’écrire. Si ce n’est pas des polars, des scénarios. Ce roman est sa première incursion hors de son périmètre. Coup de maître que ce coup de Lemaître ? Facile. N’empêche que c’est vraiment réussi. Ca commence comme cela : « Ceux qui pensaient que cette guerre […]

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Le motif tapi dans le pseudonyme

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Au fond, que dit-on quand on dit « Proust » : s’agit-il bien de l’homme ou plus généralement de l’œuvre ? A moins que dans notre inconscient, la personne et la Recherche ne fassent qu’une. Il en est de Proust (six lettres, une syllabe, un centimètre de graphie) comme d’autres grands écrivains. L’essai que Claude Burgelin consacre à ceux qu’il nomme Les mal nommés (348 pages, 25 euros, Seuil) tourne autour du cordon ombilical qui relie l’œuvre d’écriture au nom propre qu’elle recouvre, porte et désigne. « Les mal nommés » sonne un peu comme les « mal partis ». Le sont-ils vraiment ces auteurs en herbe qui […]

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Fantômas, le retour

Fantômas, le retour

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« Fantômas », quelle marque de génie ! dirait un pubard. Ce qui n’est pas faux. Même s’il va de soi que ses créateurs, Pierre Souvestre, avocat, journaliste, écrivain, et Marcel Allain, son jeune secrétaire, n’y pensaient pas lorsqu’ils ont lancé cette ombre en librairie en 1911, suite à la commande d’un éditeur. On ne pense jamais que l’on va créer un mythe ni une légende. Sauf à être un fabricant et à se planter. Le cinéma ne fut pas étranger à son succès immédiat. Car de même qu’il s’est emparé de Maigret dès sa naissance et ne l’a plus lâché, il a […]

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