de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Giovanni Verga, héraut des vaincus

Giovanni Verga, héraut des vaincus

Phiippe Godoy

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Il faut saluer l’heureuse initiative des Editions des Belles Lettres de publier les nouvelles siciliennes de Giovanni Verga, pour plusieurs raisons. Tout d’abord la personnalité exceptionnelle de l’écrivain dans le panorama de la littérature italienne. Puis, la force d’inspiration et d’écriture des nouvelles siciliennes, et le silence  en France, autour de l’œuvre de Verga. Giovanni Verga (1840-1922) est surnommé en Italie le Zola italien. Ses romans les Malavoglia et Mastro Don Gesualdo sont étudiés dans les écoles, plus de cent vingt ans, après leur publication. Ses écrits font partie du patrimoine littéraire italien au même titre que Manzoni (auteur des […]

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Dix courts à l’A.S. Dégel

Dix courts à l’A.S. Dégel

NICOLAS RICHARD

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        Se runiss à l’A.S. Dégel au Mine Stère. Rituel au fissiel à l’A.S. Dégel.   On cause pas tes horries de rat duction à vancée. On cause pas la nalyse des mol écul de la lang d’Anterre ce soir.   Enig Marcheur est seul dans sa carte et gorie. Avec Enig Marcheur je prends à lire et à crire. Avec Enig Marcheur on peut tendre le bruyt du parlénigm. Avec Enig Marcheur on peut coute les sylences. Avec Enig Marcheur on peut coute ce qu’on est à l’in terrieur du noir.   Des couvertes Mysteur Touss […]

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L’Antivie d’Italo ou la conscience de Svevo

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On peut passer toute une vie à se demander quel sera le bon moment pour demander la dernière cigarette à l’instant de sa mort. Surtout si comme Ettore Schmitz dit Italo Svevo (1861-1928), on a fumé soixante cigarettes par jour pendant toute une vie d’homme. On entend déjà le chœur des passéophobes ? Quoi, encore un mort dans la « République des livres » ? Encore un classique ? Sus à la naphtaline ! De l’air ! Du jeune et de la fiction ! A quoi l’on rappellera, comme il est devenu désormais rituel à la veille de l’été, que ce site est dédié à l’actualité des […]

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Un cheminement « spécial »

Un cheminement « spécial »

JEREMY ORIOL

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Auteur de cinq romans, Roopa Farooki est régulièrement citée en compagnie de Zadie Smith, de Monica Ali, ou encore d’Andrea Levy en tant que femme auteur de fables contemporaines ancrées dans une métropole londonienne multiethnique et multiculturelle. Son œuvre jalonne mon parcours de traducteur depuis l’origine puisque c’est en master que j’ai traduit les premières pages de son deuxième roman, Corner Shop. Au fil du temps, ma perception de son œuvre et de mon travail s’est naturellement enrichie et c’est ce cheminement que je souhaiterais faire ressentir au travers d’un exemple qui, quoique mineur (ou peut-être justement à cause de […]

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Maugham & Floc’h & Rivière : Tremendous !

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L’anglophilie est-elle une maladie textuellement transmissible ? Si c’est le cas, alors ça craint à la lecture de Villa Mauresque du duo Floc’h & Rivière (104 pages, 20 euros, La Table ronde) car l’album est irrésistible. Il n’est pas indispensable de bien connaître la langue de Maugham (prononcez « Môôôme » si vous ne voulez pas passer pour un froggie) pour succomber à son charme. Car c’est bien de lui qu’il s’agit ainsi que l’annonce le bandeau « Somerset Maugham  et les siens » pudiquement placée par l’éditeur non au bas, comme il est d’usage, mais au centre de la couverture représentant l’écrivain nageant saisi […]

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A lui seul bien des John Irving

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Mais que deviendraient-ils tous sans Shakespeare ? Il est partout, ce qui n’a rien d’étonnant car tout y est déjà. Sans lui, le treizième roman de John Irving ne serait rien. Pas d’esprit, pas d’âme, pas de colonne vertébrale. Il tient du début à la fin A moi seul bien des personnages (In One Person, traduit de l’anglais par Josée Kamoun et Olivier Grenot, 480 pages, 21 euros, Seuil), à commencer par le titre échappé de Richard II : « Je joue donc à moi seul bien des personnages/ Dont nul n’est satisfait » citation en épigraphe qui éclaire déjà à elle seule les zones […]

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Légère considération de Robert Walser pour ses traducteurs

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Quel écrivain n’a pas rêvé de faire face l’ensemble de ses traducteurs réunis pour décortiquer son œuvre dans de multiples langues ? C’est sûrement une épreuve, mais si enrichissante, et probablement édifiante, qu’elle vaut l’épuisant marathon que l’exercice suppose. Car il s’agit bien d’un échange intense sur l’art et la manière de déporter des mots et une pensée d’une langue d’origine à une langue d’accueil. Rien à voir avec ce que vivent depuis deux mois les onze traducteurs venus de onze pays enfermés dans un bunker près de Milan : chargés de traduire de l’anglais, dans le plus grand secret et dans […]

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Comment transcrire le régionalisme de José Lins do Rego

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José Lins do Rego, né le 3 juin 1901 dans une plantation du Paraiba, un Etat rural du Nordeste du Brésil, et mort à Rio en 1955, est considéré comme l’un des plus grands écrivains brésiliens du XXe siècle. Au moment de la publication de l’Enfant de la plantation, le Modernisme a dix ans (ce mouvement avait été créé lors de la Semaine d’Art Moderne de São Paulo, en 1922). L’Enfant de la plantation est une révélation, une révolution de la propre révolution esthétique de 1922, à laquelle José Lins do Rego apporte une sève nouvelle, une force instinctive, une réalité […]

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Il faut marcher avec l’auteur

Il faut marcher avec l’auteur

MATHIAS DE BREYNE

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Suite à la sortie de l’anthologie bilingue de la Baby Beat Generation, publiée aux Éditions La main courante en 2006, diffusée en France et aux USA, j’ai traduit le livre d’un de ces baby beats : le récit autobiographique de Thomas Rain Crowe, Ma vie dans les Appalaches (titre original : Zoro’s field – My life in the Appalachian woods). J’ai organisé en 2006 une tournée française de neuf lectures bilingues avec quatre poètes de la Baby Beat Generation. Qui sont-ils ? De jeunes poètes originaires des quatre coins des États-Unis qui, dans les années 1970, se rendent à San Francisco pour […]

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Edna O’Brien entre les deux moitiés guerroyantes de son moi

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Qu’on les baptise « Mémoires », « Autobiographie », « Racontage de mézigue » ou de toute autre manière, les souvenirs d’un créateur sont un genre en soi. Ce genre de livre, la romancière et nouvelliste irlandaise Edna O’Brien ne voulait pas en entendre parler, du moins pour elle. Autant préparer ses funérailles. Elle n’écrirait jamais rien de tel, promis juré. Et puis voilà… Fille de la campagne (Country Girl, traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat, 474 pages, 25 euros, Sabine Wespieser éditeur), intitulé en un clin d’œil à sa fameuse trilogie romanesque. Elle s’est laissée prendre il y a peu. Sa madeleine à elle, c’est le pain. […]

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