de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Musique

Ce que les oiseaux ont murmuré à l’oreille de Pascal Quignard

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Il y a près de trente ans, Pascal Quignard enchantait les Français, et à sa suite le réalisateur Alain Corneau, en leur révélant les figures méconnues de compositeurs d’un autre temps, Marin Marais et Monsieur de Sainte-Colombe. Le succès de Tous les matins du monde, tant la brève nouvelle que le film qu’elle inspira, lança le renouveau de la musique baroque en France, du moins auprès d’un grand public qui ne l’avait guère fréquentée. Cet engouement n’a jamais cessé depuis, en témoigne ces jours-ci encore le choix de la programmation de Alcione (1704), tragédie lyrique de Marin Marais sous la […]

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Avec lui, on est toujours à deux pas de l’hôpital

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Etrange comme certains éprouvent le besoin de médicaliser la passion. On observe le phénomène parfois en littérature, ou même en peinture (ah, le « je ne suis pas assez pervers pour aimer Puvis de Chavannes » du tonton flingueur Bernard Blier !) mais plus encore en musique. Comme si elle devait nécessairement conduire ses sectateurs et thuriféraires aux transports les plus paroxystiques et les plus hyperboliques, lesquelles, on le sait, mènent lentement mais sûrement à la maladie mentale. L’essai sous forme d’anthologie de Philippe Berthier annonce la couleur dès la couverture : Toxicologie wagnérienne. Etudes de cas (252 pages, 20 euros, Bartillat). Professeur émérite […]

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Dans l’arrière-histoire de Pierre Boulez

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Peut-on se brosser les dents en écoutant le prélude de Parsifal ? M’est avis que oui. Simple réflexe d’un fidèle auditeur de France-Musique le matin. Peut-être suis-je un cas, mais un cas léger en regard d’un Claude Lévi-Strauss qui écoutait du Wagner et du Ravel tout en écrivant. Toujours est-il que Pierre Boulez, lui, se disait incapable de faire sa toilette tout en écoutant le prélude de Parsifal. Deux activités incompatibles à ses yeux. Il évoque le problème dans ses Entretiens (7,10 euros, 204 pages, Folio Essais inédit) accordés à Michel Archimbaud. Mais il ne faut pas s’arrêter à cette anecdote […]

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En défense d’Henri Dutilleux

En défense d’Henri Dutilleux

Jean-Pierre Bertin-Maghit

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Devant la polémique (ici une pétition) suscitée par les propos * tenus par Christophe Girard, maire du IVème arrondissement, sur  Henri Dutilleux, au sujet d’un projet de plaque commémorative sur l’immeuble où il vécut dans l’île Saint-Louis, précisons quelques faits historiques. Henri Dutilleux a composé la musique de Force sur le stade (1942). Ce film du Commissariat général à l’éducation générale et aux sports, fait suite à L’appel du stade (1941), est réalisé par Marcel Martin en direction des patrons d’usines pour les inciter à construire des terrains de sport près des lieux de travail des ouvriers. Rien à voir […]

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Schubert tel que vous ne l’avez jamais lu

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Une fois n’est pas coutume, c’est d’un livre en anglais qu’il s’agit cette fois. Un livre non encore traduit ; et qui sait, puisque c’est déjà arrivé, ce billet incitera-t-il un éditeur français à s’en emparer. Sa lecture en est fascinante en ce qu’elle correspond parfaitement au sous-titre, chargé généralement de survendre le contenu : c’est bien d’une obsession et de son anatomie à laquelle s’est livré le grand ténor Ian Bostridge (Londres, 1964) dans Schubert’s Winter Journey (£20, Faber and Faber/ 502 pages, $29, Knopf) C’est le fruit d’une intime fréquentation d’une grande oeuvre par son interprète, une rumination de vingt […]

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Prière de ne pas distraire la musique de son secret

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Vous est-il jamais arrivé de lire en stéréo ? Ou plus précisément : deux livres en même temps ? Non pas l’un après l’autre et réciproquement mais bien l’un avec l’autre dans la mesure où ils s’éclairent mutuellement ? L’expérience vaut d’être tentée, ne fût-ce que pour voir comment ils entrent en résonance. Dans la main gauche Portrait de l’Artiste en Glenn Gould (212 pages, 22,90 euros, Pierre-Guillaume de Roux), titre joycien dont il faut bien respecter la majuscule dans le A, de l’écrivain Maxence Caron ; dans la main droite, L’Abécédaire d’un pianiste (A bis Z eines Pianisten. Ein Lesebuch für Klavierliebende, traduit de […]

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Il n’y a plus d’après… à Saint-Germain-des-Prés…( et plus d’avant non plus !)

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Vous connaissez Saint-Germain-des-Prés ? Non seulement cela n’existe pas mais c’est à peine si cela a brièvement existé. Juste le temps de forger un mythe médiatique et historiographique appelé à une rentabilité durable. Telle est la thèse soutenue par l’historien Eric Dussault dans L’invention de Saint-Germain-des-Prés (247 pages, 22 euros, Vendémiaire), probable synthèse d’un travail universitaire de grande ampleur si l’on en juge par l’importance des sources. Il explique le phénomène par l’indifférence des historiens du culturel et par la subordination de l’Histoire à la mémoire. Car si jusqu’en 1960 la narration de l’épopée était bien le fait des journalistes, après elle […]

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Alexandre Tharaud, du piano comme d’une pure question de désir

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Il en est des disques comme des livres : l’œil y est de prime abord souvent attiré par l’épître dédicatoire, ou par son absence. Avec le pianiste Alexandre Tharaud, elle éclaire le programme musical, et plus encore l’interprétation car il s’agit d’une manifestation de gratitude. Comme si l’enregistrement (le plus souvent dans l’Espace de projection de l’Ircam qui jouit de parois mobiles et d’une acoustique modulable) devait précisément quelque chose à cette personne en particulier, que son rôle demeure énigmatique à nos yeux ou pas, et qu’il était urgent de s’acquitter d’une dette. Des professeurs et maîtres le plus souvent (Carmen […]

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Détester Wagner sans être germanophobe

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L’Italie passe pour être la patrie de la voix, l’Allemagne celle de l’orchestre et la France celle du théâtre donc de l’opéra. Et au chapitre des idées reçues, la France serait le pays qui a le mieux compris Richard Wagner. Nietzsche, André Suarès et d’autres l’ont écrit. Pour comprendre le phénomène, à supposer qu’il soit avéré, il faudrait y adjoindre d’autres grands esprits venus d’Allemagne, Martin Heidegger et Ernst Jünger, qui ont également chez nous une faveur (recherches, intérêt critique etc) qu’ils n’ont pas toujours eu chez eux. Fin XIXème/début XXème, notre littérature fut prise de mélomanie avec un tropisme […]

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Richard Wagner réécrit l’histoire, la sienne

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« Pourquoi voulez-vous que j’écrive mes mémoires, je n’ai rien à cacher… ». Je ne sais plus de quel homme politique est cette répartie, mais j’y repensais en découvrant de Ma vie (528 pages, 8 euros, Folio) de Richard Wagner. Si cette nouvelle édition n’avait pas été aussi parfaitement ficelée par Jean-François Candoni, je ne m’y serais peut-être pas risqué. Il arrive parfois qu’avec certains livres, on sente à l’avance la nécessité de garde-fous. Un appareil critique, une bibliographie, des notes érudites mais pas trop. Tout y est. J’avais souvenir d’une ancienne édition compulsée à la vieille bibliothèque nationale, dont les spécialistes […]

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