de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

LE COIN DU CRITIQUE SDF

De quoi faire lire les illettrés

De quoi faire lire les illettrés

Antoine Sénanque

3

commentaires

Bastos à crédit s’adresse « …à ceux qui n’aiment pas lire. C’est court, y a des illustrations. Si t’en lis plein comme ça, t’as lu un gros livre » dixit le délicieux Jean-Pascal Zadi, l’auteur. Question posée : comment faire lire la tribu des illettrés ? Attirer le regard sur la chose écrite des néanderthaliens d’aujourd’hui ? Autrement dit : les jeunes… C’est le défi auto-lancé par cette fraîche et prometteuse maison d’édition pleine de hardiesse et d’optimisme : Izarts, qui évoque phonétiquement ces chamois des Pyrénées, maîtres des pentes escarpées et rocailleuses, réservées aux corps souples et aux esprits équilibrés. L’éditeur pour cette course sélective a choisi un champion emblématique, […]

lire la suite .../ ...
Richard Flanagan, le diable de Tasmanie

Richard Flanagan, le diable de Tasmanie

MARIE TOURRES

2

commentaires

EN 2014, le vénérable Booker Prize fut teinté d’un relent de polémique sur les spécificités de la culture du Commonwealth, de l’Irlande et du Zimbabwe. Pour la première fois, le prix était ouvert à tout auteur écrivant en anglais et publié au Royaume-Uni, dégageant donc une large voie aux oeuvres américaines. Cette modification, rompant avec une tradition vieille de 45 ans, ne remporta pas l’approbation générale. Certains criant à la globalisation de la littérature, d’autres au manque d’équité puisque jamais le Pulitzer ne laisserait place libre à des auteurs étrangers. Mais l’honneur est sauf. C’est bien un écrivain du Commonwealth qui […]

lire la suite .../ ...
Pour saluer Claude Michel Cluny

Pour saluer Claude Michel Cluny

Jean-Yves Masson

8

commentaires

Orphée vient de mourir. Une nouvelle fois. Il renaîtra donc, comme le veut la légende, si profonde, mais il n’aura plus jamais ce visage. Chaque poète digne de ce nom est Orphée. Les incarnations d’Orphée au fil des millénaires sont nombreuses, mais pas innombrables en un temps et en un pays donnés. Un vrai poète est une chose rare. Dans le cas de Claude Michel Cluny (2 juillet 1930 –11 janvier 2015), le nom d’Orphée s’impose d’autant mieux qu’il avait choisi de placer sous la protection du premier poète de la Grèce antique, et donc d’un grand mythe païen, la […]

lire la suite .../ ...
Des mondes à l’agonie

Des mondes à l’agonie

Philippe Godoy

3

commentaires

L’été 1893, dans un superbe palais vénitien, au bord de la lagune, séjourne le compositeur Tchaïkovski. Il est reçu par le propriétaire du palais, le docteur Barparoz. Ce dernier reste invisible, son mécénat semble mystérieux. Certes il reçoit généreusement des artistes ; il leur laisse une liberté totale pour se concentrer sur leur création. Mais le célèbre compositeur russe et les autres invités ignorent que le contenu des poubelles du palais est  soigneusement  conservé et permet au docteur de se constituer une inestimable collection d’inédits. Ainsi Tchaïkovski jette l’argument  et la partition d’un projet de ballet ‘Le mannequin d’or’ sans penser […]

lire la suite .../ ...
De la Bible au Quijote

De la Bible au Quijote

Dominique Aubier

26

commentaires

Chaque peuple célèbre avec solennité l’ouvrage – chasse, danse ou littérature – qui interprète son génie et correspond à sa maîtrise. Mythe sacré ou art, un tel ouvrage honore une disposition de l’esprit collectivement ressentie, préférée à toute autre et, par là, ligatrice. Certains peuples voient le mobile de leur volonté créatrice confondu à un livre ; ainsi Israël. L’Espagne, également, a placé un livre sur l’autel de son génie : L’Histoire de l’Ingénieux Hidalgo don Quichotte de la Manche. Elle paraît en 1605, publiée par les soins des libraires éditeurs Blas de Robles, sur les presses de Juan de la […]

lire la suite .../ ...
Comment ranger le corpus aristotélicien

Comment ranger le corpus aristotélicien

Pierre Pellegrin

3

commentaires

Il y a deux façons d’analyser les textes d’un corpus en vue de les ranger dans un ordre chronologique. On peut d’abord s’appuyer sur des critères doctrinaux, en déclarant des passages porteurs d’une doctrine plus « archaïque », et plus anciens que des textes plus « avancés ». On est évidemment grandement aidé dans cette entreprise si l’auteur lui-même a fourni des indications en ce sens, ce qui n’est malheureusement pas le cas d’Aristote. On peut aussi prendre en compte des critères stylistiques, parce que, au cours de sa vie, tout écrivain évolue dans ses manières de s’exprimer. C’est cette dernière […]

lire la suite .../ ...
En fuyant la montée du fascisme

En fuyant la montée du fascisme

Philippe Godoy

7

commentaires

Dans Tanta Vita ! (traduit de l’italien par Renaud Temperini, 228 pages, 17 euros, Belfond), Paolo di Paolo évoque la brève existence de Piero Gobetti (1901-1926). Turinois, fils d’épiciers, très jeune, il parvient à créer, avec peu de moyens, une revue et une maison d’éditions. Parmi les poètes publiés, un jeune inconnu, Eugenio Montale qui sera une grande figure de la littérature italienne. Sur  les problèmes liés à des débuts difficiles, va se greffer la montée du fascisme et la prise du pouvoir par Mussolini. Alors,  la revue surtout consacrée à la littérature, devient une tribune virulente contre les atteintes à […]

lire la suite .../ ...
Dreyfus, au-delà de l’Affaire

Dreyfus, au-delà de l’Affaire

François Maillot

21

commentaires

Je le dis sans fausse pudeur : La vraie vie du capitaine Dreyfus (Tallandier, 216 pages, 18,90€) de Laurent Greilsamer m’a profondément ému. Il ne s’agit pas tant d’apprendre des faits nouveaux sur l’Affaire qui a divisé la France et l’a marquée au fer rouge. Tout a été dit. Mais au fond, derrière l’Affaire, l’homme disparaissait. C’est l’immense mérite de Laurent Greilsamer que d’avoir remis au centre de cette histoire le principal protagoniste, celui que partisans et adversaires, tout à la joute politique et au combat des idées ont oublié, instrumentalisé et traité comme un dommage collatéral. S’appuyant sur le journal […]

lire la suite .../ ...
La religion de la poésie selon Yu Jian

La religion de la poésie selon Yu Jian

Françoise Siri

1

commentaire

Yu Jian est impassible, comme une statue de bronze, sur la scène de la Maison de la Poésie de Paris. On devine, derrière le masque du visage, une fébrilité, une inquiétude et une grande attention. Il commence par lire en chinois, avant d’être traduit. Sa langue est très musicale : il répète souvent le même son, comme une litanie, comme un martèlement, par exemple celui du mot qui signifie “mur” et qui donne son titre à un poème de son tout dernier recueil. Le mur, le mur qui enferme les hommes en Chine, le mur dans la culotte des garçons […]

lire la suite .../ ...
Discours de Guadalajara

Discours de Guadalajara

Yves Bonnefoy

10

commentaires

Je remercierai d’abord le jury de la Foire Internationale du Livre de Guadalajara qui m’a décerné son prix cette année. Je sais la qualité des attributions qui ont été faites dans le passé de cette distinction, et je ne puis donc que ressentir le choix qui a été fait de mon œuvre comme un très grand honneur, dont j’espère que je suis digne. Mais je veux aussi remercier tous ceux qui par leurs initiatives, leur soutien actif, leur travail, assurent l’existence du prix, lui permettant d’occuper la grande place qui est la sienne sur la scène internationale. C’est du fond […]

lire la suite .../ ...