de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

traducteur

Comment j’ai traduit Annie Ernaux en espagnol

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Le premier jour du séminaire de mon ancien directeur de recherche sur la littérature française de l’extrême contemporain, à Paris-III, Bruno Blanckeman donne une liste d’une dizaine d’auteurs à lire. Le titre Journal du dehors se détache pour moi des autres : il renvoie à l’écriture que j’avais entreprise cette année-là à Paris, transcription détaillée du vécu de scènes, dialogues, lieux, contre l’oubli. De retour à Buenos Aires, j’entreprends comme chercheuse un travail de « divulgation » de l’œuvre de cet auteure très peu connue en Argentine. Mon principal objectif était de traduire Annie Ernaux pour la faire découvrir. Peu après, je rencontre […]

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Comment j’ai traduit « Albucius » de Pascal Quignard en japonais

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On me demande de temps en temps : « Comment avez-vous traduit ces livres quignardiens ? » Je sais très bien que c’est surtout de ma traduction d’Albucius, des Tablettes de buis d’Apronenia Avitia ou de La Raisonqu’on me parle. Je leur réponds les yeux baissés, gardant le sourire : « Ne me le demandez pas, je vous en prie. » Cela pour éviter toute excuse, mais intérieurement je me demande s’ils ont vraiment lu ces miraculeux romans à la fois romains et contemporains. On parle souvent de l’érudition ou de la pédanterie de Pascal Quignard. C’est vrai qu’il y a de nombreuses citations latines, grecques, ou d’autres langues anciennes partout dans ses ouvrages. […]

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Comment j’ai traduit « Confiteor »

Comment j’ai traduit « Confiteor »

EDMOND RAILLARD

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La réponse est à la fois simple (« en traduisant ») et compliquée, tant les composantes de la traduction, comme de tout acte d’écriture, sont nombreuses et parfois impondérables. Côté pratique. La longueur, d’abord. L’avantage de la traduction sur la création, c’est que l’on sait où l’on va. L’ouvrage est à réécrire, mais il existe déjà. Il m’a donc fallu, pour ne pas être en retard sur la date de livraison promise de ce très gros livre, en me laissant une marge de deux ou trois mois pour les ajustements, fixer très précisément à quel point je devais être parvenu à la fin […]

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Solitaire, le traducteur ?

Solitaire, le traducteur ?

Meridiem

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Il y a trois ans s’est déroulée la Fabrique franco-italienne des traducteurs, au Collège International des Traducteurs Littéraires, dans la ville d’Arles. Ce programme novateur venait d’être lancé, permettant à six jeunes professionnels de travailler ensemble pendant plusieurs mois, sous la houlette bienveillante de traducteurs chevronnés dans les mêmes combinaisons de langues. Dans l’espace Van Gogh, cet ancien hôtel-Dieu que le peintre hollandais a représenté en palpitantes couleurs, nous avons expérimenté le dialogue permanent et la critique fructueuse pendant dix semaines. En effet, les six traductrices que nous sommes, une Belge, trois Italiennes et deux Françaises, portions chacune un projet […]

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Deux poèmes inédits de Sappho

Deux poèmes inédits de Sappho

DIRK OBBINK

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An “Oxford secret” is supposed to be a secret you tell one person at a time. Add social media and it’s across the world within hours, often in garbled form. In this case, the “secret” was the discovery on a fragment of papyrus of two new poems by the seventh-century BC Greek poetess, Sappho. The first concerns her brothers, “The Brothers Poem” for short. The second, “The Kypris Poem”, is about unrequited love and addressed to Aphrodite (by her other name, “Kypris”). The full evidence will be presented in an article in Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik (2014), and I am grateful to the […]

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Comment j’ai traduit « Last exit to Brooklyn »

Comment j’ai traduit « Last exit to Brooklyn »

Jean-Pierre Carasso

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Tout le monde (ou presque) doit connaître cette plaisanterie : le restaurateur dit à un client : « Comment avez-vous trouvé votre bifteck ? » Le client : « Par hasard, en soulevant une frite. » À la question : « Comment avez-vous traduit Last Exit to Brooklyn ? » je suis tenté de répondre par le même genre de pirouette : « Avec les plus grandes difficultés ! » Pour commencer, il nous a fallu, à Jacqueline Huet et à moi, consentir l’effort de surmonter une vraie répugnance à certains des traits les plus sordides des descriptions d’Hubert Selby Jr. Les filaments de vomi sanguinolents du malheureux troufion passé à tabac ; le mélange de sperme, d’urine et […]

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Comment les mots de Cortazar ont traduit les dessins de Cedron

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Parlons traduction et histoire, car tout est lié dans cette œuvre majestueuse créée en France en 1977, traduite et publiée en 2013 La racine de l’ombú, un inédit d’Alberto Cedrón et Julio Cortázar. Mais les mots clairvoyants que Cortázar a mis sur les dessins fantastiques (dans les deux sens du terme) de Cedrón ne sont-ils pas aussi une forme de traduction (c’est d’ailleurs ce qu’il laisse entendre dans sa préface, même s’il n’utilise pas ce mot) ? LE CONTEXTE D’ABORD Il y a à Buenos Aires des trésors littéraires inestimables. Des ouvrages en langue espagnole, française et anglaise, l’Argentine ayant toujours été […]

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Qui est Joseph Castorp ?

Qui est Joseph Castorp ?

Elisabeth Monteiro Rodrigues

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En 2012 paraissait au Portugal O teu rosto será o último qui consacre l’entrée en littérature de João Ricardo Pedro. Le roman connaît aussitôt un immense succès critique et public. Il y est question de l’agonie de la dictature salazariste, des ravages de la guerre coloniale, de la transmission et de l’inscription dans l’histoire. On y découvre la fresque de la famille Mendes sur trois générations : le grand-père Augusto, médecin de campagne dans un village « au nom de mammifère », son fils António traumatisé par la guerre coloniale en Angola, son petit-fils Duarte pianiste virtuose. Je voudrais partager ici le […]

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Traduire, une histoire de maux

Traduire, une histoire de maux

William Desmond

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Le Monde a publié, en 2008, un article sur un traducteur reconnu, Pierre-Emmanuel Dauzat. Comme tous mes collègues ayant lu ce papier, je n’ai pu m’empêcher de tiquer sur une affirmation rapportée par le journaliste qui l’interrogeait : P-E Dauzat prétendait en effet qu’il traduisait de plusieurs langues, même de celles qu’il ne connaissait pas. Ou P-E Dauzat est un plaisantin (ce que je ne crois pas, comme l’atteste son œuvre de traducteur) ou le journaliste s’est laissé berner par une boutade destinée à voir jusqu’où pouvait aller sa crédulité. On peut cependant faire de cette provoc le départ d’une […]

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Mathias Enard sème sa zone en hébreu

Mathias Enard sème sa zone en hébreu

MOSHE RON

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Je ne me souviens plus de la première fois où j’ai entendu parler de Zone, c’était sans doute en octobre ou novembre 2009, je résidais au CITL, le Collège International des Traducteurs Littéraires, une affiche annonçait la lecture publique d’un écrivain dont je ne savais rien, Mathias Énard, ce soir-là je ne me suis pas rendu à la librairie d’Actes Sud au Méjan, où j’avais en effet assisté – et j’allais – à tant d’autres rencontres du genre lors de mes divers séjours arlésiens, pourtant à un certain moment ultérieur je me suis mis à lire ce bouquin, qui traînait sur la table […]

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