de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

vie littéraire

Mourir pour l’accent circonflexe ?

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La France est vraiment en état d’urgence. Psychiatrique ? Peut-être. En témoigne l’effervescence inattendue, et dans certains cas une angoisse mâtinée d’hystérie, dont nombre de medias et de personnalités ont fait preuve ces derniers jours à l’annonce d’une révolution orthographique de nature à faire tomber le gouvernement. Un véritable enfumage destiné à dissiper un temps les vrais problèmes de l’heure. Il est vrai que l’accent circonflexe, dont chacun sait que nous le devons au grec via le latin, est donc binational et risque la déchéance de nationalité. Première incongruité : on s’enflamme aujourd’hui pour des « rectifications de l’orthographe » (expression officielle, car […]

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Finkielkraut va enfin découvrir l’identité heureuse

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Une fois n’est pas coutume, le premier ministre en exercice avait tenu à honorer de sa présence la réception d’Alain Finkielkraut, ce jeudi après-midi, à l’Académie française. Élu au premier tour par 16 voix sur 28 votes (quand on pense qu’il sont quarante ! que de portés pâles, de morts vivants et de morts récents pour des immortels…), avec huit croix noires qui ont échoué à l’enterrer malgré leurs efforts, le philosophe et essayiste d’origine juive polonaise, s’est donc assis au fauteuil 21, celui de Félicien Marceau, dont il lui revenait de faire l’éloge. Pierre Nora, Jean d’Ormesson, Hector Bianciotti, Max […]

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Pour saluer Edmonde Charles-Roux

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« Ah, Edmonde, quelle « bio » si tu voulais bien !… ». S’ensuivait généralement un long soupir, le mien car elle se contentait de sourire. On savait que ce serait non. Pas question. La réponse muette était aussi rituelle que la question depuis des années, lors des déjeuners mensuels des Goncourt chez Drouant, le plus souvent après qu’elle eut raconté sans effort de mémoire mais avec une précision étonnante, un franc-parler réjouissant tout juste bridé par le souci de discrétion vis à vis des morts comme des vivants, et un talent inentamé de portraitiste, quelque anecdote sur un événement auquel le destin l’avait mêlée. […]

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60 ans de « Masque », 30 ans de « Répliques » : bon anniversaire !

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Combien de temps une émission-culte peut-elle demeurer une émission-phare ? La preuve par deux : Le Masque et la plume, cela fait soixante ans ; Répliques, trente. Les deux viennent de souffler les bougies autant que l’air du temps le permettait. Les fidèles disent « le masque » et Dieu sait qu’ils sont nombreux, tenaces et inconditionnels dans leur fidélité. Soixante ans que cela dure sous les férules successives du tandem François-Régis Bastide/Michel Polac, Pierre Bouteiller et Jérôme Garcin. Ce dernier vient d’y consacrer un livre-anniversaire Nos dimanches soirs (299 pages, 19 euros, Grasset/ France Inter) au ton un rien nostalgique alors que l’aventure continue, […]

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Morceaux de choix des revues

Morceaux de choix des revues

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Les revues souffrent. Elles ont du mal à joindre les deux bouts, malgré l’aide du CNL. On se dit qu’il faut être fou pour en lancer une, et plus encore pour en maintenir une sous perfusion. Heureusement, il y a encore des fous de ce type dans l’édition ; ils publient à perte, tout en sachant que sans les abonnements de bibliothèques japonaises ou d’instituts français en Scandinavie, ils finiraient par mettre la clef sous la porte. Ce qui avait fini par arriver à l’une des plus originales revues de qualité des années 70-80, justement intitulée Le Fou parle (abritée chez […]

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Poncifs de rentrée

Poncifs de rentrée

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589 : surtout, ne retenez pas ce chiffre. On hésite à l’achever d’un point d’exclamation ou de trois points de suspension. Dans le premier cas, on oscillerait entre l’admiration et l’exaspération ; dans le second, on inclinerait tant au soulagement qu’à la complicité. Toutes choses trop ambiguës. Le fait est que ce chiffre est de nature à vous dégoûter des livres. C’est le nombre de nouveaux romans français et étrangers qui vont nous tomber dessus entre la mi-août et la fin octobre. On connaît de pires épreuves. Le reste du monde nous envie celle-ci. Car s’il est un rituel typiquement français, c’est […]

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Les écrivains twittent aussi

Les écrivains twittent aussi

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Les écrivains twittent aussi ! Pas de raison qu’ils y échappent. Et puis c’est tellement plus facile, et plus léger, à tenir qu’un blog. Mais qui sont-ils ? Nul doute que des mémoires, des thèses et des livres se préparent sur la question (sur quoi n’écrit-on pas ?). Une étude menée par le site Babelio du 1er mars au 1er juin derniers permet d’en savoir un peu plus. Surtout des hommes, 50 ans de moyenne d’âge, Bernard Pivot étant le doyen (80 ans) et Edouard Louis le benjamin (22 ans). 70% ont moins de 5000 abonnés, 25% de 10 000 à 100 000 […]

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Les éditeurs sont-ils vraiment tenus d’écrire ?

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Une fois rangé des voitures, quand bien même continuerait-il à accompagner quelques uns de ses auteurs, un éditeur a le choix entre lire et écrire. Gaston Gallimard s’était bien gardé de prendre la plume quand Bernard Grasset ne pouvait s’en empêcher. Mais même lorsqu’il cède à la tentation de l’écriture, souvent après avoir juré ses grands dieux durant toute sa carrière que jamais il ne succomberait à un tel pêché d’orgueil, l’éditeur hésite entre raconter sa vie et raconter celle des autres. Dans le premier cas, il présente son ours comme un « roman », alors que cela ne trompe personne (André […]

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L’au-revoir à Claude Durand

L’au-revoir à Claude Durand

Régis Debray

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Excuse moi, mon cher Claude. Je ne vais pas pouvoir évoquer, pour une fois que tes amis sont réunis autour de toi et que se retrouvent entre eux tous ceux qui te doivent quelque-chose (et Dieu sait s’ils sont nombreux) – tous les Claude Durand que nous avons connus, dont nous avons les uns et les autres profité sans vergogne, à un moment donné ou un autre de notre vie. Énumérons-les. Il y a le Claude accoucheur, de textes et de vocations ; il y a le Claude des longues fidélités et non des clientèles, et non des coups médiatiques ; il […]

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Pour saluer Claude Durand, éditeur « intuitu personae »

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Il vient de disparaître à 76 ans, dont quarante-cinq dans le bâtiment. Entendez : l’édition. Il avait fait ses classes au Seuil dès 1958 où il publia des dissidents de l’Est et des romanciers latino-américains, traduisant certains de ceux-ci avec sa femme Carmen d’origine cubaine. Le Garcia Marquez de Cent ans de solitude et le Soljénitsyne de l’Archipel du Goulag furent ses grandes révélations, et par la même ses grandes découvertes, de cette époque. Vingt ans plus tard, il quitta une maison qu’il aurait aimé diriger pour Grasset dont on lui proposa la direction générale. Le courant ne passa pas et […]

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