de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
La poésie méditerranéenne dans la rumeur des langues
  

La poésie méditerranéenne dans la rumeur des langues
  

Pessoa l’avait écrit, ne me demandez pas où, je n’ai retenu que les mots dans cet ordre :

 « La poésie est la preuve que la vie ne suffit pas ».

Un livre à lire, à savourer et à relire « en stéréo » avec Le Goût de la Méditerranée (qui réunit des textes d’écrivains, de romanciers, parfois de poètes choisis et présentés par Jacques Barozzi, 112 pages,, 8 euros, Le Petit Mercure/ Mercure de France) suffirait à emporter l’adhésion des plus sceptiques. Il est vrai qu’il en contient d’autres puisque Les Poètes de la Méditerranée (955 pages, 12 euros, Poésie/Gallimard/ Culturesfrance) est aussi une anthologie. On dira qu’elle n’est pas la seule. Sauf que celle-ci, parue il y a quelques années, est bilingue et dans toutes les langues originales : à ce prix-là et en format de poche, réunissant sous la couverture staëlissime de La plage à Agrigente dorée comme jamais, on n’en connaît qu’une, surtout de cette qualité et de cette variété.

Cette réunion, son éditrice Eglal Errera l’a conçue comme un périple d’Athènes à la Macédoine en passant par la Turquie, le monde arabe, Israël, la péninsule ibérique, la France, l’Italie. Vingt-quatre pays chantés par leurs villes mythiques davantage qu’à travers l’idée de nation. Des pays qui ont tous façade sur mare nostrum comme on a pignon sur rue. Des cités, des ports, des villages parcourus par ce frémissement qu’André Velter appelle« la rumeur des langues ». Ce recueil en compte dix-sept dans sept alphabets. Le monde méditerranéen est un creuset dont l’or est fait de toutes ces langues. 

On y croise cent un poètes sur quatre générations, Kiki Dimoula, Gulten Akin, Issa Makhlouf, Avrom Sutzkever, Ghassan Zaqtan, Tahar Bekri, Antonio Ramos Rosa, Tahar Ben Jelloun, Andrée Chedid, Jacques Roubaud, Milo de Angelis, Antonio Colinas, Blanca Andreu, Andrea Zanzotto,  Miodrag Pavlovic, Ana Ristovic, Damir Sodan, Immanuel Mifsud….

C’est peu dire que l’on y fait des découvertes car certains ont été publiés en français de manière si confidentielle, lorsqu’ils l’ont été, que seul ce genre de complot permet enfin de porter leur voix. Et, malgré l’aide efficace du réseau de Culturesfrance, on comprend que la réalisation du projet tienne de l’exploit lorsqu’on sait les problèmes de droits que cela a engendré auprès d’auteurs, de traducteurs et d’éditeurs dispersés. Voilà pour les chiffres. Pour le reste, des mots bruissant des voyages et des exils qui n’ont cessé de se nouer depuis des siècles autour de la mer du milieu et que la poésie n’a cessé de refléter.

Il va de soi qu’un tel livre ne se lit pas en continu. Encore qu’il y a sûrement des lecteurs pour lire une anthologie dans l’ordre, et pourquoi pas. Sauf que celle-ci est d’une telle richesse qu’elle ne laisse pas vaincre avant des jours et des nuits, qu’il faut y revenir, déposer les armes et se laisser surprendre au bonheur du feuilletage, pour tomber sans qu’il crie gare sur un vers de Nuno Judice transporté dans notre langue par Michel Chandeigne évoquant « un baptême d’écumes saoules se fracassant dans le tumulte des morts ». C’est avec de tels recueils près de soi que la notion de livre de chevet revêt tout son sens. Dans sa préface célébrant dès l’entame un Dante habitué aux échanges entre haute mer et rivages, Yves Bonnefoy rappelle que toute la Méditerranée se rassemblerait autour de « l’idée grecque de l’évidence », un mot de même étymologie que « lumière », étant entendu que l’évidence concerne la rencontre entre la mer et la poésie. Dénonçant le désastre aux conséquences sans fin que furent à ses yeux les Croisades, il déplore une situation qui ressemble fort à un constat d’échec :

 « La Méditerranée est un grand chiffre clair, mais qui n’a pu traverser d’assez de rayons le politique ou le religieux ».

N’empêche qu’à la fin, ivre de cette lecture nomade, on comprend mieux celui qui disait que la lumière méditerranéenne est invisible car elle est la lumière même. Une réflexion jetée au bas d’une lettre, qui n’était pas d’un poète mais d’un peintre, Nicolas de Staël.
 Un pour la route. Lisons-le comme un salut à l’Egypte. Une poignée de vers seulement extraits du poème intitulé « Tatouage du fleuve sur la géographie du corps » de l’égyptien Mohammed Afifi Matar (1935-2010), traduit par la poétesse libanaise Vénus Khoury-Gata également présente quelques pages plus loin dans ce recueil :

 « (…) et sur l’autre rive les soldats du roi cruel aiguisaient leurs lances/ Entre nous le fleuve de la maternité/ le sevrage, entre nous la terre des humiliés, le temps des monarchies, les mamelouks du sang/ unifié, le pain de cuivre/ et l’histoire des prisons/ Et moi ! Ah de la haine –je lance un pont pour qu’ils me tuent/ pour que le fleuve de sang rejette les poissons de tous ces meurtres/ je me retiens j’attaque/ lance un pont pour qu’ils me tuent/ afin de laver mon visage/ et d’apprendre la violence de la nage dans le fleuve de mon sang (…)  La tête coupée par l’épée je la prendrai et m’en irai/ loin du royaume de la peur/ des terres des mamelouks du sang unifié/ dans les cavités de ma tête je plierai le tapis de la terre/ construirai, habiterai/ une patrie, dévoilerai les trésors de ses gravures sanglantes/ chasserai le monde, effacerai la chronique de la voix, l’argile de la mort, les épines de l’alphabet (…) »


(« Agrigente » huile sur toile 73 x 100 cm de Nicolas Staël, « peint en Provence » en 1953, est-il précisé au dos du tableau, Kunsthaus de Zurich. Plus de détails dans Le Prince foudroyé, la biographie que Laurent Greilsamer consacra au peintre chez Fayard)


Cette entrée a été publiée dans Poésie.

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commentaires

1 634 Réponses pour La poésie méditerranéenne dans la rumeur des langues
  

Delaporte dit: 18 juillet 2019 à 11 h 37 min

Drôle de péripétie pour Spacey, l’acteur harceleur aujourd’hui au ban de la société. La culpabilité va peut-être émergée à Londres, où l’acteur est de nouveau accusé. A suivre :

« Débarrassé de ce dossier, Kevin Spacey n’en a peut-être pas fini pour autant avec la justice. Selon le site spécialisé Variety, il aurait été interrogé en mai par la police britannique au sujet des accusations dont il est l’objet à Londres. »

christiane dit: 18 juillet 2019 à 10 h 11 min

@Nicolas dit: 18 juillet 2019 à 2 h 13 min
Les nuages et… la plage et cette masse bleue entre les deux. Cette peinture épaisse étalée au couteau ne saisissant que l’essentiel. Magnifique, merci.
Votre recherche photo par contraste est intéressante.

christiane dit: 18 juillet 2019 à 10 h 07 min

@rose dit: 18 juillet 2019 à 6 h 23 min
Étrange reflet noir dans la fenêtre. Jeu de contraste ? Recherche d’un équilibre des couleurs et des formes ? Illusion d’ombre ? Co-présence immatérielle ? Fiction picturale ? Influence des estampes japonaises ? Le noir ici n’est pas une ombre.
Je pense à un autre tableau où le noir domine : Porte-fenêtre à Collioure, presque abstraite. Le noir n’est pas alors l’obscurité.
Et son inverse Le violoniste à la fenêtre. La fenêtre… un des univers de Matisse… Les deux au Centre Pompidou. Je vais souvent de l’une à l’autre, interrogative. Qu’est-ce que ce noir ?
Ou encore intérieur au violon (où je pense à Rothko).

Pour vous, ce dialogue :
« Renoir eut un sursaut :
«Le noir, une non-couleur ? Où avez-vous encore pris cela ? Le noir mais c’est la reine des couleurs ! Tenez, voyez donc là cette Vie des peintres. Cherchez Tintoret… Passez-moi le livre !»
Et Renoir lu : «Un jour qu’on demandait à Tintoret quelle était la plus belle des couleurs, il répondit: la plus belle des couleurs c’est le noir !»
Moi. – Comment vous prônez le noir, vous qui avez remplacé le noir d’ivoire par du bleu de Prusse ?
Renoir. – Qui vous a dit cela ? J’ai toujours eu en horreur le bleu de Prusse. J’ai bien essayé de remplacer le noir par un mélange de rouge et de bleu, mais j’employais alors le bleu de cobalt ou le bleu d’outremer, pour revenir, en fin de compte, au noir d’ivoire.»

Ambroise Vollard, La vie et l’œuvre de Pierre-Auguste Renoir

(Picasso avait photographié son ombre…)

Réponse à une de vos questions précédentes :
En 1941, alors qu’il habite à Nice, Henri Matisse, atteint d’un grave cancer, se fait opérer dans une clinique lyonnaise. Il est alors âgé de 72 ans et, contre toute attente, il guérit. Cette renaissance inattendue ouvre la voie à une intense période de création. Il invente alors un nouveau procédé, la gouache découpée, qui lui permet de découper «à vif» dans la couleur.

renato dit: 18 juillet 2019 à 8 h 32 min

Inutile de gâcher de l’énergie, Bérénice, quand les gens touchent des niveaux de frustration pareil on évite de les lire… Bon, si on a le goût du tragi-comique on peut faire un petit effort, mais est-ce qu’en vaut la peine ?

et alii dit: 18 juillet 2019 à 7 h 58 min

Maintenant tu es au bord de la Méditerranée
Sous les citronniers qui sont en fleur toute l’année
Avec tes amis tu te promènes en barque
L’un est Nissard il y a un Mentonasque et deux Turbiasques
Nous regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur
zone apollinaire

et alii dit: 18 juillet 2019 à 7 h 48 min

c’est selon moi, le poème à l’alexandrin le plus secret d’Apollinaire
[paysage marin] les montagnes aux pentes tendres les petites villes maritimes l’attirent il sait qu’il y a encore bien des felouques et son souvenir s’accroche à la proue des polacres de la Méditerranée752
A LA PROUE des POLACRES C4EST ICI L4ALEXANDRIN ET
dans polacre, Apollinaire le « polonais » entendait bien l’insultant polak,
http://obvil.sorbonne-universite.fr/corpus/apollinaire/apollinaire_poemes-publies

et alii dit: 18 juillet 2019 à 7 h 29 min

quelques vers du « larron » d’Apollinaire
— « Issu de l’écume des mers comme Aphrodite,
Sois docile, puisque tu es beau, naufragé !
Vois, les sages te font des gestes socratiques.
Vous parlerez d’amour quand il aura mangé.

Maraudeur étranger, malhabile et malade,
Ton père fut un sphinx et ta mère une nuit
Qui charma de lueurs Zacinthe et les Cyclades,
As-tu feint d’avoir faim quand tu volas les fruits ? »

— « Possesseurs de fruits mûrs, que dirai-je aux insultes ?
Ouir ta voix ligure en nénie, ô maman !

et alii dit: 18 juillet 2019 à 7 h 25 min

et Apollinaire et la M>éditerranée :il y a eu un clloque à Aix
9h30 Philippe Wahl : « Les oranges de Baratier : devenir poétique » 10 h Dominique Mazel : « L’emblème cézannien chez Apollinaire » Pause 11h Peter Read : « Apollinaire et Matisse » 11h30 Henri Scepi : « Lumière d’Apollinaire » 12h : Clôture du colloque, conclusions

Manifestation Cielam9h30 Philippe Wahl : « Les oranges de Baratier : devenir poétique » 10 h Dominique Mazel : « L’emblème cézannien chez Apollinaire » Pause 11h Peter Read : « Apollinaire et Matisse » 11h30 Henri Scepi : « Lumière d’Apollinaire » 12h : Clôture du colloque, conclusions

Manifestation Cielam9h30 Philippe Wahl : « Les oranges de Baratier : devenir poétique » 10 h Dominique Mazel : « L’emblème cézannien chez Apollinaire » Pause 11h Peter Read : « Apollinaire et Matisse » 11h30 Henri Scepi : « Lumière d’Apollinaire » 12h : Clôture du colloque, conclusions

Manifestation Cielam9h30 Philippe Wahl : « Les oranges de Baratier : devenir poétique » 10 h Dominique Mazel : « L’emblème cézannien chez Apollinaire » Pause 11h Peter Read : « Apollinaire et Matisse » 11h30 Henri Scepi : « Lumière d’Apollinaire » 12h : Clôture du colloque, conclusions

Manifestation Cielam9h30 Philippe Wahl : « Les oranges de Baratier : devenir poétique » 10 h Dominique Mazel : « L’emblème cézannien chez Apollinaire » Pause 11h Peter Read : « Apollinaire et Matisse » 11h30 Henri Scepi : « Lumière d’Apollinaire » 12h : Clôture du colloque,
la fameuse Lou, qu’il rencontra à Nice et aima à Nîmes, et Madeleine, la « petite fiancée d’Oran », pour laquelle il fit le déplacement en Algérie. conclusions

Manifestation Cielam
http://cielam.univ-amu.fr/node/755

et alii dit: 18 juillet 2019 à 7 h 23 min

apollinaire
(études primaires au collège Saint-Charles de Monaco, études secondaires à Cannes et à Nice), les Ardennes belges (trois mois de villégiature à

Bérénice dit: 18 juillet 2019 à 7 h 16 min

23b41 en tout les cas. Ce n’est pas l’humour qui vous étouffera, vous êtes aussi lourd qu’une tonne de plomb. Bref, pour résumer un avis partisan, vous me faites chiiier, Pablo autant que Chaloux me degoute par sa lâcheté, son égoïsme, sa malhonnêteté, son culot, sa perversité, son sadisme, son avarice, son gout pour l’argent,sa maladie chronique et incurable. De la meme famille, sept familles, écoutez, vous allez adorer. Tout ceci ne salira en rien la merveilleuse couverture ou toge culturelle qui vous sert à recouvrir vos vices pour les oublier ou les faire oublier et vous faire valoir, ma liste n’est pas exaustive, je ne vous connais que peu.

Bérénice dit: 18 juillet 2019 à 7 h 05 min

Mégalomane nazi. Surtout qu’il y a fort à parier que le cité est juif et que Ces derniers se confondent en excuses vis à vis de leurs bourreaux ne sachant plus comment effacer leur généalogie. Mon fils serait lui aussi bien que de mere non juive un peu juif sur les bords( si l’on en croit à la liste des noms juifs espagnols contraints à la conversion, du cote paternel et maternel, ce qui signifierait que ses aïeux masculins dont le nom se transmet de generation en generation étaient juifs, de pauvres juifs, ils ne sont pas tous impliqués dans des scandales financiers et chargés de patrimoine ).

Bérénice dit: 18 juillet 2019 à 6 h 54 min

Petomane jaloux..
Comme vous voyez de la jalousie ( et meme de la pureté) là où il n’en est pas, n’est ce pas, je doute de votre capacité de discernement, de votre objectivité, de votre impartialité et renonce à lire ce qui m’apparaît comme étant l’illustration la plus cretine d’un entêtement qui ne veut pas se reconnaître et que j’ai rarement rencontré. Cela ne servira à rien de vous en faire part . Avec Chaloux, la bonne paire, ne changez rien surtout, nous ne m’inspirez que du dégoût et fondé. Je n’aime pas trop les langues de putes, les baiseurs, meme si dotés d’une incommensurable culture et qui ne s’en laisse pas conter. Et encore merci de vous être rappelé à notre souvenir sans intermédiaire, cela en dit long sur votre sincérité et votre desinteressement. Agitez vous, Pablo, pour la gloire, pour satisfaire votre ego, pour l’illusion d’exister dans ce monde deliquescent et virtuel où il est assez courant de faire passer des vessies pour des lanternes. Rigolo qui croit encore que la Culture est une preuve d’humanité. Quand on lit votre violence, vos insultes, il y a de quoi douter .

rose dit: 18 juillet 2019 à 5 h 57 min

Christiane
Je vous remercie de tout ce que vous me dites sur Juan Gris.
Peu disert, mais présent, il a tenu sa place dans ce mouvement incroyable et c’est un grand bonheur pour moi d’apprendre qu’il a été adoubé par Picasso, post mortem, même si je crois que l’essentiel pour lui a été de peindre, encore et toujours.

Je l’aime beaucoup Juan Gris.

Petit Rappel dit: 18 juillet 2019 à 2 h 03 min

« Excepté MCourt, sans inspiration sur les grands sujets. »
Moi, je veux bien, mais j’ignorais qu’Hugo et Corneille fussent conséquemment, selon la nomenclature Delaportesque, de petits auteurs! Et, si j’en crois les mentions, et ceux qui les ont données, il ne me semble pas les avoir trop mal servis.

Clopine, cette formule opposant Jardin et Nature est malheureusement creuse, un jardin au départ étant un compromis entre la nature et un paysage reformé. Georges Gromort, dans son classique Art des Jardins, explique très bien cela.
Vers 15h 50, Pado résume bien l’argumentaire lambda de Pablo: « insulte, bave, ce sont tes seuls arguments ». C’est dire que les échos Clopiniens au discours pablotesque me troublent peu. Je vois trop, derrière cet accord de circonstance, l’union de deux médiocrités satisfaites. Donnons leur le plaisir de citer Courteline:
« Mais de ces malheureux pourquoi gâter la joie?
Qu’ils soient grotesques en paix ».
C’est toute la grace que je leur souhaite.
MC

PS Quant à « Aragon dont toute la poésie sort d’Hugo et d’Eluard, » c’est ce qu’on appelle une perle de culture. Hugo n’eut pas écrit le Fou d’Elsa, et encore moins Grindel! Chalouserie, quand tu nous tiens…
MC

pado dit: 18 juillet 2019 à 1 h 27 min

Bérénice dit: 17 juillet 2019 à 20 h 40 min

Avec beaucoup de retard :
Merci pour la vidéo sur De Staël et Agrigente.
Bon, d’accord, la narratrice manque un peu de peps, mais comment lui en vouloir.

christiane dit: 18 juillet 2019 à 1 h 14 min

Mais, merci, Nicolas. Bien envie de découvrir ce livre même si l’œuvre de ce grand artiste gardera sa part de mystère…

Delaporte dit: 18 juillet 2019 à 1 h 09 min

J’ai mis par erreur un point d’exclamation à la fin de l’abréviation etc., ce qui donne un étrange « etc ! » fautif. J’aurais dû écrire : « etc. ! » Là, Grévisse ne nous est d’aucun secours, sinon qu’il ne parle pas de cette possibilité du point de suspension, mais seulement de la nécessité d’un point, d’un seul point, un point stricto sensu.

christiane dit: 18 juillet 2019 à 1 h 05 min

@Nicolas dit: 18 juillet 2019 à 0 h 45 min

« Analyse complète de l’œuvre de A à Z sans bla bla, romaçage en tout genre et autre superlatif superflu, »
Bizarre, votre présentation. Franchement, vous croyez vraiment que l’on peut analyser l’œuvre de Nicolas de Staël de « A à Z »… en une centaine de pages ?

La présentation sur votre lien babelio est assez… ampoulée… et il n’y a aucun extrait. Dommage…

Delaporte dit: 18 juillet 2019 à 1 h 03 min

Les notes en bas de page de San-A., dont nous avons déjà parlé :
Voilà. Dans le corps même du texte, la phrase : « je suis policier et non tueur à gages, c’est pas le même cierge qui coule » et là, après « coule », une « Note du blanchisseur » en bas de page qui dit texto : « Par cette curieuse expression, San-Antonio fait référence à l’adage suivant : ‘Ne confondons pas chaude-pisse et première communion, c’est pas le même cierge qui coule.' »
Un universitaire thésard (excepté MCourt, sans inspiration sur les grands sujets) aurait beaucoup à dire certainement sur une telle formulation. C’est une belle image qui vient en effet préciser efficacement une allusion faite par San-Antonio, qui sans elle reste trop vague. Le lecteur n’en jouit pas suffisamment, il en redemande. Et toc ! C’est le moment de la note, mais pas n’importe laquelle, c’est celle du « blanchisseur ». Vous avez des soucis de blanchisseur, vous renâclez à payer la note ? Avec San-Antonio, tout va bien se passer. C’est gratuit et en plus ça explique tout. Le contraste entre « chaude-pisse » et « première communion » montre la large palette d’une inspiration artistique et littéraire (« lis tes ratures ! ») absolument cruciale. Le « cierge » est un phénomène essentiel, autre image phallique qui pourrait inspirer notre thésard ou bien Béru. En somme, l’expression « c’est pas le même cierge qui coule » voudrait donc signifier poétiquement : c’est différent, c’est le jour et la nuit, etc. [avec un point à etc !] Enrichissement singulier et magistral de la langue française, grâce à une expression qui, certes, ne se comprend bien que si l’on vous a mis au parfum. Il faut être initié, mais la « note du blanchisseur » vient le faire de suprême manière. L’humour de Dard marche quelquefois comme ça. Rappelez-vous « les soeurs Karamazov »… ou les soeurs Brontë. Nous sommes dans le littéraire intégral, le romanesque authentique, la liberté. CQFD

christiane dit: 18 juillet 2019 à 0 h 57 min

@vedo dit: 18 juillet 2019 à 0 h 05 min
Me serais-je trompée ? C’est Geffroy.
Vous pouvez lire le premier volume sur ce site (commentaires en colonne de gauche en face de chaque page reproduite) :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9601021r/f38.image.texteImage
après l’introduction d’Edmond de Goncourt.
Le texte que j’ai copié vient du volume 3.
On les trouve à prix abordable dans les livres d’occasion et peut-être en bibliothèque.
Pour moi c’est une des plus belles plumes des critiques d’art. J’ai appris , le lisant, à mieux regarder.
Voir p.14 et suivantes la façon dont il regarde l’Olympia de Manet, p.22 et suivantes Les meules de Claude Monet…

christiane dit: 18 juillet 2019 à 0 h 38 min

Superbe, Rose,ces reproductions des toiles de Juan gris. Passou avait évoqué un jour le livre de Daniel-Henry Kahnweiler* Juan Gris sa vie, son œuvre, ses écrits. Je l’ai acheté en folio essais (pas cher) n°153.
(*dont il a écrit la biographie : L’homme de l’art : D.H. Kahnweiler 1884-1979 paru en folio. n°2018)
Dans la troisième partie : ses écrits. Et justement à propos du cubisme, il écrit : « par réaction contre les éléments fugitifs employés par les impressionnistes dans leurs représentations, on eut envie de chercher, dans les objets à représenter, des éléments moins instables. Et on choisit cette catégorie d’éléments qui restent dans l’esprit par la connaissance et qui ne se modifient pas toutes les heures. » p.360
« Cézanne d’une bouteille fait un cylindre, moi, je pars du cylindre pour créer un individu d’un type spécial, d’un cylindre je fais une bouteille, une certaine bouteille. Cézanne va vers l’architecture, moi j’en pars, c’est pourquoi je compose avec des abstractions (couleurs) et j’arrange quand ces couleurs sont devenues des objets. » p.339

D-H. Kahnweiler introduit ces écrits p.337 par ces quelques lignes :
« Picasso me dit un jour devant un tableau de Juan Gris, bien des années après la mort de celui-ci : « C’est beau un peintre qui savait ce qu’il faisait. » Cette lucidité de Juan Gris affirmée par Picasso, et dont ses lettres témoignent. »

« ces corps solides, cet espace, tout cela n’est qu’illusion. Nous ne connaissons que le contenu de nos sensations. Jamais nous n’en connaîtrons qu’une apparence. » p.327

La femme à la mandoline est remarquable. j’aime son ajout en très fines lignes blanches des traits du visage, l’arrondi de l’épaule droite et l’oblique indiquant le bras. Les couleurs aussi. quelle élégance sobre. Quelle maîtrise technique et quelle simplicité ! C’est un vrai esprit classique.
Il a fait rentrer dans ses tableaux des papiers collés, bien intégrés à ses compositions. Mais cela on ne peut le voir dans les reproductions-photos.

vedo dit: 18 juillet 2019 à 0 h 05 min

Christiane,
Vous mentionnez Gustave Geoffroy, La vie artistique. Est-ce que cela vaut la peine de faire un tour à la bibliothèque? Quel genre de livre? Au hasard, comment comparer avec Vasari?

Pablo75 dit: 18 juillet 2019 à 0 h 02 min

« hamlet dit: 17 juillet 2019 à 23 h 46 min
pablito le langage performatif et aussi les travailleurs marocains qui cueillent les oranges, ceux dont tu nous a parlés l’autre jour, tu nous a toujours pas dit combien ton père les payait de l’heure !tu peux nous le dire avant de passer à la suite ?

hamlet dit: 17 juillet 2019 à 23 h 49 min
pablito, parce que si ton père les traite comme des animaux peut-être que ta fille pourrait aller les soigner au lieu de s’occuper des caniches ? »

Voilà ce que cache au plus profond de son âme notre Pétomane Jaloux: de l’abjection pure et dure de fasciste pour qui la fin justifie tous les moyens. Je suis content de l’avoir fait sortir de ses gonds pour qu’il nous montre son vrai esprit. L’esprit d’une pourriture prête à tout. Un esprit de nazi.

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