de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Pour saluer Jean Starobinski

Pour saluer Jean Starobinski

La disparition d’Yves Bonnefoy au cours de l’été 2016 ne m’avait pas seulement ramené du côté de ses livres mais de ses amis. Parmi eux, Jean Starobinski avec qui il avait composé Goya, Baudelaire et la poésie (107 pages), publié avec un soin extrême (couverture des plus subtiles dans la discrétion, et typographie assortie) par un petit éditeur suisse à l’enseigne vénitienne (La Dogana). A les suivre dans leur échange loin de toute cuistrerie médiatique mais si près de ce que Bonnefoy appelle « l’Arrière-pays », on se laissait convaincre que, ce qui importe à la poésie comme à la peinture, c’est « un acquiescement à la terre, à l’instant, à la couleur des choses » dans le fol espoir de conjoindre un rêve de beauté et une exigence de vérité. La définition, qui est de Starobinski, est d’une stupéfiante justesse. Les deux amis digressent pour notre plus grand bonheur, dans l’ardent désir de « s’établir dans l’unité« , mais n’oublient jamais Goya en qui Bonnefoy voit le seul créateur qui ait perçu en son temps, dans l’angoisse, que l’Occident devait s’éveiller de son rêve. La seule issue au pessimisme absolu, engendré par la mise à nu du fond bestial de l’humanité, serait la compassion absolue.

Après avoir relu leur échange alors que l’on annonce la disparition de Jean Starobinski à 98 ans, j’ai eu hâte de m’immerger dans l’épais recueil honorant le génie critique de celui-ci, qu’il se soit exercé sur la littérature, la peinture ou la musique. Ce n’est donc pas le spécialiste du siècle des Lumières auquel il a consacré des livres décisifs (il a bouleversé notre lecture de Rousseau dans La Transparence et l’obstacle qui déchiffrait son œuvre à la lumière d’un monde intérieur de la séparation et du rejet), ni le psychiatre si aigu dans son exploration de la mélancolie, que nous sommes appelés à retrouver là. Edité par Martin Rueff et intitulé La Beauté du monde (1344 pages, 30 euros, Quarto/Gallimard), le volume réunissait une centaine d’études qui constitue l’œuvre d’une vie, du moins dans son aspect critique et fragmentaire.pmfr75starobinskimanuel-braun

Rien de marginal dans ce travail. Ni à-côté, ni fond de tiroir, ni journalisme. Malgré leur dimension réduite, il s’agit bien d’essais, mûris comme tels après avoir été commandés par la circonstance. De quoi donner ses lettres de noblesse au genre de l’article de revue. De quoi refléter une esthétique, un art poétique, une sensation du monde. De plus, conformément au principe de cette collection, le livre comporte également une cinquantaine de documents qui retracent en détail la biographie méconnue de l’auteur, ses cours, ses conférences, ses bibliothèques, ses voyages, exercice rare mais plus passionnant qu’on ne le croit s’agissant d’une carrière essentiellement universitaire. L’ensemble est d’une richesse étourdissante. On y voit comment un grand lecteur et spectateur ne se contente pas de lire, d’écouter ou de regarder durant soixante ans mais « s’entretient » véritablement, au sens où l’entendait Hölderlin (« l’entretien que nous sommes… ») avec un créateur dès lors qu’il se place face à sa création, tendu vers un acquiescement permanent à la beauté du monde au sens où l’entendait Marsile Ficin :

« …cette grâce elle-même de la vertu, de la figure ou de la voix qui appelle et attire l’âme vers elle ».

Tout ce qu’il écrit se veut porté par une exigence de raison. Ses goûts, tropismes, dilections sont dès lors relégués au second plan, abandonnés à l’inconscient sans pour autant renier la sensibilité. Tout pour ce qu’il appelait « la relation critique » faite d’un difficile équilibre entre l’empathie et la mise à distance. Son idéal de critique mêle la rigueur méthodologique à la disponibilité de la réflexion. Ainsi entrait-il dans les œuvres curieux d’en démonter le sens et la forme : animé d’abord d’une sympathie spontanée, puis d’une volonté de les soumettre aux canons de l’analyse technique avant in fine de livrer son interprétation au trébuchet de la raison.

Le psychiatre surgit à nouveau sous la plume du critique dans « Une Mélancolie moderne : portrait du docteur Gachet, par Van Gogh ». On sait que l’un soignait l’autre. Starobinski a creusé cette mine qu’est la correspondance du peintre. Il s’est penché sur les années que l’étudiant avait passé à la Salpêtrière pour y acquérir un vrai savoir empirique sur la pathologie mentale. Puis il s’est souvenu que pour sa thèse de médecine à Montpellier, le jeune Gachet avait choisi d’écrire une Etude sur la mélancolie. Après quoi Starobinski a comparé ces symptômes aux portraits de Gachet par Van Gogh (inclinaison de la tête, bouche pincée…) pour y retrouver ceux que le médecin attribuait justement à l’individu mélancolique. Entouré d’objets qui rappellent les emblèmes de la vanité, Gachet dans sa solitude se dévoile comme un individu angoissé par la perte de ses forces vitales. Et Jean Starobinski de conclure sur une perspective infinie qui pourrait à elle seule nourrir tant de réflexions, vertu généreuse des fins ouvertes :

« Ce médecin en proie à l’anxiété est le témoin de l’anxiété du peintre : que devenir, si celui dont on attend le secours a lui-même besoin de secours ? «

la-beaute-du-monde-la-litterature-et-les-arts,M343892Quand d’autres critiques universitaires se défient du poème, Jean Starobinski lui a fait confiance pour tresser les fils de sa réflexion. Ce recueil a ceci de vertigineux qu’il nous permet d’assister à l’effervescence d’une puissante intelligence des œuvres lorsqu’elle est irriguée par une culture humaniste des plus vastes. De la pensée en action maitrisée par une écriture d’une rigueur exemplaire. On peut y picorer, le lire par sauts et gambades ou, comme il enjoignait de le faire avec les Fleurs du mal, le lire en continu afin d’en mieux percevoir la profonde unité et la cohérence d’une pensée. Il décrypte, apporte des réponses, esquisse des solutions, dévoile les ruses du masque, dénonce les impostures, mais sans jamais oublier que la littérature et les arts s’épanouissent dans la sphère de l’inachevable et que toute signification demeure en suspens.

« Comprendre, c’est transformer le monde.

Cela nous pousse à ouvrir des pistes, tenter des rapprochements, oser des analogies. De quoi éveiller notre perception des différences. Un tel parcours dans les œuvres, avec l’ouverture de cet esprit-là et l’acuité de ce regard-là, les deux convaincus qu’une recherche ne peut commencer que lorsqu’on se sent en compagnie, est de ceux qui nous permettent de nous expliquer ce qui nous arrive mieux que nous ne serions le faire. Car obsédé de clarté et de rationalité, le grand critique, tout à son art du contraste et du ricochet, est de ceux pour qui le lecteur est « la cible que s’invente la flèche ».

Son livre savant, si complexe et si nuancé, a toutes les qualités plus une : c’est aussi le livre d’un écrivain. Du type de ceux qui écrivent pour leurs amis en les imaginant innombrables. Il est impossible d’accorder fût-ce quelques lignes à chacun des auteurs et artistes auxquels il a consacré des pages et des pages d’analyse, de Ronsard à Pierre Jean Jouve, en passant par Lautréamont, Valéry, Breton, Kafka, Celan, Guardi, Michaux, Mozart, Monteverdi, Mahler, et bien évidemment Baudelaire qui n’a jamais cessé d’être son compagnon de route. Mais une fois qu’on l’a reçue, qu’elle soit poème, sonate ou dessin, que peut-on bien faire de la beauté d’une oeuvre d’art ?

En 1913, Aron Starobinski, père de Jean, émigra jeune et seul à Genève car l’université de Varsovie n’autorisait pas le Juif en lui à s’inscrire à la faculté de médecine. Dans le train, il fit connaissance d’un voyageur : « Où allez-vous, jeune homme ?- A Genève ? – Quoi ! Genève ! Refugium omnium virorum perditorum ! (le refuge de tous les hommes perdus). Louons cette ville où naquirent Nicolas Bouvier et Jean Starobinski, deux hommes perdus qui nous permettent aujourd’hui de mieux nous trouver. Et rêvons à ce temps où l’on pouvait entendre parler latin dans le train… Au fond, pour avancer dans la vie, on pourrait parfois se contenter de deux livres : L’Usage du monde de Nicolas Bouvier, indispensable bréviaire d’un maître à déambuler, et ce Quarto de Jean Starobinski, qui offre à sa manière un usage de la beauté du monde. Si je n’avais que deux livres à emporter en vacances, ce serait ceux-là.

P.S. Son père mourra en 1965 sans avoir jamais réussi à obtenir la citoyenneté helvétique. Devenu une figure de la médecine et de la culture à Genève, on trouve en 1942 la signature du docteur Aron Starobinski, un homme qui n’était pas sans qualités, au bas de l’acte de décès d’un certain Robert Musil…

(  » Duelo a garrotazos (Duel au gourdin) de Francisco Goya, issue des peintures noires 1819-1823, Musée du Prado, Madrid ; Portraits de Jean Starobinski par Manuel Braun et Jean-François Robert)

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880 Réponses pour Pour saluer Jean Starobinski

Janssen J-J dit: 13 mars 2019 à 23 h 07 min

@ Les gens comme nous sommes habituellement persécutés

Tout à fait, et à juste titre, d’ailleurs.
Vive la décadence française, et vive l’Europe enfin débarrassée de sa perfide albion !
Churchill connut également de sévères épisodes de dépression qu’il soignait en téléphonant à Charlie Chaplin, lequel ami avait toujours cette vertu de lui remonter le moral. Un roman pas forcément bien convaincant de Michael Köhlmeier, « deux messieurs sur la plage » (cherchez vous-mêmes le lien sur babelio, Gisèle, on ne va pas tout vous mâcher quand même, faut être un brin cohérent).

Janssen J-J dit: 13 mars 2019 à 22 h 59 min

@ 21.57 wiki donne les dates

Flemme de les recopier, peut-être ? Mais où va-t-on icite ? Linkage, basta !

renato dit: 13 mars 2019 à 22 h 58 min

La cause de la débâcle est à chercher dans l’escroquerie initiale, Delaporte, dans les mensonges des promoteurs de la sortie qui, d’ailleurs, ils n’avaient aucune idée pour ce qui concerne l’après.

D. dit: 13 mars 2019 à 22 h 55 min

Je crois que vous êtes comme moi et ensuelsue sorte un souverainiste, Delaporte.
Les gens comme nous sommes habituellement persécutés. Nous incarnons les vertus chrétiennes -et même les vertus tout court, le bon sens naturel et l’amour de la nation, aussi nous sommes à combattre. C’est terrible d’être tombé si bas après que la France ait tant rayonné à travers les siècle glorieux.

Janssen J-J dit: 13 mars 2019 à 22 h 51 min

@ mais ils n’ont toujours pas compris icite que l’Europe allait sortir plus que renforcée de ce caprice britannisant. Ce petit caca nerveux de l’impuissant empire, un pet de nonne.

(Ta Rose a fichu le camp). Non, lavande, rhôse n’est pas partie, va NOUS revenir, et plus vite que prévu. Au grand dam de ses ennemies intimes, des garces de belle engeance. Elle était repartie en Israël avec sa mère, a fait vœu de silence pendant quelque temps, au pied de la Bànne mère. Pas trouvé de cigarettes. Est revenue au bercail. C’est bin compréhensib’.

@ RM, On aimerait bien voir creusée l’idée de la dosette d’inhumanité en chaque être humain masquant son humanité sous une cruauté apparente, de pure façade façonnade. Pressentions un accord avec cette vue, l’demanderait à être un brin étayée. Mais peut’on obiger qcq à s’expliquer plus en avant ? Non, bien sûr. Nul n’est obigé à rien sur la rdl. Le contraire serait un comb’ !

U. Eco n’avait rien de particulier à dire sur le sujet. Pourquoi vouloir alhors se prendre pour un musicien dérangé du ciboulot ? et vouloir en faire l’apologie ? Chercher en lui ce qui pourrait nous ressembler ? Mais dès lors qu’on n’a aucun talent à revendiquer, hormis un savoir caulerpien exhumé des profondeurs du darkweble, il ne faut pas se laisser aller à cela.
(Voilà une opinion, un conseil, une prescription, que dis-je, un ordre, etalchetera !)

D. dit: 13 mars 2019 à 22 h 49 min

C’est tout à fait cela, Delaporte. Heureusement qu’il reste des individus lucides su cette Terre.

Delaporte dit: 13 mars 2019 à 22 h 22 min

Ce qu’il y a d’extraordinaire avec le Brexit, c’est cette velléité non accomplie encore de faire re-voter les Britanniques, pour que le résultat puisse devenir conforme. Mais ce serait tellement gros. Résultat des courses : une débâcle intangible, qui restera longtemps dans les annales.

renato dit: 13 mars 2019 à 22 h 20 min

« Consulter puis s’asseoir sur le résultat. »

Mais informez-vous plutôt que la jouer démagogue, il suffit d’ouvrir un dictionnaire. On parle de referendum consultatif lorsqu’on est appelé à donner des avis, des conseils sur certaines choses, sans avoir pouvoir de décision.

D. dit: 13 mars 2019 à 22 h 00 min

Consulter puis s’asseoir sur le résultat.
Bravo.
Les brittaniques vivent quelques creux de mer, rien de méchant par rapport à l’avenir radieux qui les attend ensuite.
Et personne ne veut comprendre que l’Europe est morte de toute façon. Plus on recule pour sortir, plus on tarde, plus ça fera mal quand il faudra le faire dans l’urgence. C’est à dire dans quelques mois. Vu que l’Italie va s’écrouler très bientôt en entraînant l’écroulement de tout l’édifice bancal et hideux.

et alii dit: 13 mars 2019 à 21 h 57 min

ce qui est bien connu:
HOROWITZl interrompit volontairement sa carrière plusieurs fois, souffrant de profondes dépressions : 1936-1938 (avant son départ aux États-Unis), 1953-1965, 1969-1974 et 1983-1985.wiki donne les dates
autrement dit les mélomanes qui souffrent sont soignés par des créateurs qui souffrent aussi

Jazzi dit: 13 mars 2019 à 21 h 56 min

renato, j’ai découvert « Mes Prisons » de Silvio Pellico, mis en lien par vos soins.
C’est édifiant !
Un mélange de Casanova, pour le style, et de D., pour la pensée, notamment religieuse…

renato dit: 13 mars 2019 à 21 h 38 min

« Prête à aller contre l’expression de la volonté d’un peuple. »

Les gens semblent oublier que le référendum dont il est question était « consultatif ». Mais à quoi bon rappeller la nature des choses ?

et alii dit: 13 mars 2019 à 21 h 35 min

pour commencer le parcours:
La santé mentale de certaines figures de l’histoire de la musique classique laisse à désirer. Entre Schumann qui entend des voix ou Schönberg qui a une peur folle du chiffre 13, voici les plus fous (mais géniaux) artistes de ces derniers siècles.
vous retrouverez le vetement moutarde!et le chiffre666 !
vous voyez qu’on pense à vous!
https://www.francemusique.fr/actualite-musicale/top-10-des-personnages-fous-de-la-musique-classique-486

Marie Sasseur dit: 13 mars 2019 à 21 h 22 min

Trop long 21h. Et trop vindicatif, t’es Gadz’Art, toi? Alors mets la en veilleuse.

Je préfère U. Eco. C’est plus réjouissant.
Ta Rose a fichu le camp, comme comme Rousseau, quand il disparaissait sans avoir de compte à rendre à la flicaille.
Comme sans son, partie chercher des cigarettes.
Tu peux toujours attendre.
https://youtu.be/yCjUgnxlDlw

Janssen J-J dit: 13 mars 2019 à 21 h 20 min

@21.10 je crois que vous ne pensez pas à moi, Maestri ce faisant, car j’ai un côté humain très développé, m’a-t-on toujours acertainé. Je pense que vous êtes bon dans votre domaine, humain aussi… dans le don de vos albums de photos
Eric Orsenna, lui, est toujours aussi agaçant, chez néo Pivot, un brin démagogique en slameur. J’attends Ohran Pamuk, c’est un écrivain turc de grande valeur à mes yeux.

D dit: 13 mars 2019 à 21 h 15 min

Clopine et le respect de la démocratie…
Prête à aller contre l’expression de la volonté d’un peuple.

renato dit: 13 mars 2019 à 21 h 10 min

« Merci de penser aux autres. »

Ai fait le constat que beaucoup parmi ceux qui expriment leur sentiments à tout bout de champ cachent souvent un petit côté inhumains.

Janssen J-J dit: 13 mars 2019 à 21 h 00 min

@ à la grosse boursouflure du wikipépé)
(Le pendule que Foucault a installé au Panthéon de Paris en 1851 mesurait 67 mètres et portait une masse de 28 kilogrammes. Une fois lancé, ce pendule oscillait pendant 6h. La période (aller-retour) était de 16,5 s; le pendule déviait de 11° par heure. La sphère de ce pendule est réutilisée dans le pendule de Foucault installé au Musée des arts et métiers de Paris16. Il a été réinstallé sous la coupole en 1995, constituant une attraction très appréciée des visiteurs. Démonté pendant les travaux de restauration du Panthéon, il a été remis en mouvement, après restauration, par la Société Bodet, le 15 septembre 201517.
Un accident a provoqué la chute du pendule original au Musée des arts et métiers le 6 avril 2010. La sphère de 28 kilogrammes, cabossée, devenue irrécupérable a été conservée dans les réserves du musée en Seine-Saint-Denis avant de rejoindre le musée pour être exposée en vitrine. Une copie a été installée à la place18.
Un pendule de Foucault est également installé au Palais de la Découverte de Paris, et des exposés (en français) lui sont consacrés chaque jour.
Du 26 au 28 mai 2005 : en la cathédrale Sainte-Marie d’Auch, le pendule installé faisait 25 m de long pour une masse de 20 kg.
Musée du Temps de Besançon (diamètre de 4,50 m au sol et un pendule suspendu à 13,11 m). La période du pendule est de 7,3 s et sa rotation complète s’effectue en 32 h 36 min19
Un pendule de Foucault est installé au lycée polyvalent Galilée de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) depuis la construction du nouveau lycée.
Un pendule de Foucault est installé au lycée La Martinière Diderot à Lyon. Il est mis en place pour les portes ouvertes de ce Lycée. Il mesure 20 mètres de hauteur.
Un pendule de Foucault a été installé en 2008 au lycée Denis-Diderot à Marseille, et mesure 17 mètres de hauteur et porte une masse de 16 kilogrammes. Une fois lancé, ce pendule oscille pendant 3h. La période (aller-retour) est de 8,4s. Le pendule dévie de 10° par heure.
Un pendule est installé depuis 2014 à l’école de la deuxième chance de Marseille.
Un pendule de Foucault est installé en extérieur au pavillon des Sciences à Montbéliard.
Un pendule de Foucault est installé à la Faculté de Physique et D’Ingénierie de Strasbourg.
Un pendule de Foucault est installé au lycée Gérard de Nerval à Noisiel.
Un pendule de Foucault est installé à l’entrée du bâtiment principal de l’Observatoire de Toulouse sur la colline de Jolimont. Il a été inauguré le 12 juillet 2010 à l’occasion des 100 ans de la Société d’astronomie populaire (SAP) de Toulouse.-
Un pendule de Foucault est installé à l’Hôtel de la Région Grand-Est, à Metz.
Un pendule de Foucault est installé à la Bibliothèque Universitaire de l’Université du Havre depuis 2017. Il mesure 20 mètres de hauteur.
_________
Du plombe de l’air
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@Elle changerait quoi mon inquiétude ?
vous, je sais pas, mais la mienne serait au moins partagée, il s’en suivrait un effet d’apaisement relatif. Merci de penser aux autres. Un silence qui nous assourdit ?
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@ Dernières nouvelles du Bexit

J’ai toujours eu marl au Bexit. Bloom ? Je ne passe pas à autre chose, mais je guette l’Algérie, et le pétrolier au large de La Rochelle, là je suis mal…

Bref, des nouvelles mauvaises du monde et toujours des mêmes abruti.es du soir, satisfaits d’eux-mêmes, nombrilistes. Kouffars.

Marie Sasseur dit: 13 mars 2019 à 20 h 47 min

Je me souviens d’une pièce de théâtre.

« C’est l’histoire d’Harwan, étudiant, il prépare une thèse sur Robert Lepage pour son doctorat. Harwan est d’origine Libanaise et vit à Montréal. L’étudiant veut partir à Saint- Saint-Pétersbourg pour retrouver Robert Lepage qui s’y trouve pour le travail. Mais avant qu’il ne parte son père tombe dans le coma, il hésite, mais finalement part pour la Russie. Lorsqu’il arrive, on annonce que Robert Lepage a dû repartir en Amérique. Il erre alors dans le Musée de l’Ermitage et se retrouve devant le tableau de Rembrandt Le retour du fils prodigue. Le tableau se décompose petit à petit et il réalise qu’il est toujours à Montréal, qu’il est dans une chambre d’hôpital et que ce n’est pas son père qui se trouve dans coma mais lui-même. Pris dans cet espace psychique il se met à peindre pendant une demi-heure. (2)
Il y a donc d’abord ce tableau de Rembrandt Le retour du fils prodigue de 1669 qui est intégré à la dramaturgie du spectacle. Wajdi Mouawad découvre ce tableau en 2005 au Musée de l’Ermitage. Il est principalement attiré par les couleurs du tableau : rouges, or, jaunes, noires il dit :

« Tout de suite ce sont les couleurs ! Le rouge déchirant, sur les épaules du père, et le jaune d’or, qui donnent au tableau ce caractère précieux, rare et sacré. La lumière, dans le clair-obscur, laisse voir avec évidence le rapport proportionnel entre la puissance des couleurs et l’émotion qu’elles engendrent : le rouge accueillant le jaune, le jaune retrouvant le rouge. Aucune analyse ne s’articule dans mon esprit, je suis simplement bouleversé. L’existence seule de cette œuvre, dans la surprise où je suis de la rencontrer, noie tout et m’empêche de comprendre »  »

https://thtreart.wordpress.com/2016/04/19/comment-wajdi-mouawad-integre-lart-pictural-et-la-performance-dans-son-spectacle/

Clopine dit: 13 mars 2019 à 20 h 37 min

Dernières nouvelles du Bexit : l’Angleterre s’apprête à demander un nouveau report.

Burp.

Je crois qu’il faut s’incliner, là. Et leur accorder un report, allez tenez, de 50-60 ans… Poussons jusqu’à 70.

Et passons à autre chose.

renato dit: 13 mars 2019 à 20 h 15 min

« Cela n’inquiète personne (?). »

Elle changerait quoi mon inquiétude ? Cela bien à part, il est déjà arrivé que le silence de rose se fasse entendre.

et alii dit: 13 mars 2019 à 20 h 13 min

un cliché qui n’ôte rien au côté haineux de l’ego vexé qui sort ses moi, mon, ma
. Pour resumer, l’ame slave se traduit par une alternance de melancolie et d’euphorie, je ne trouve pas d’autres mots.(sur la toile!
oui, merci, je connais des russes!et même pianistes!
bonne soirée

Marie Sasseur dit: 13 mars 2019 à 20 h 12 min

comme disait, plutôt.
Le boursouflé nous fait sa crise à 19h54.

« Le pendule de Foucault installé dans le choeur de l’église de Saint Martin des Champs est celui qui a été utilisé lors de l’exposition universelle de Paris en 1855.
Le pendule de Foucault permet de mettre en évidence la rotation de la Terre sur elle-même par des moyens uniquement terrestres. »

 
http://visite.artsetmetiers.free.fr/pendule_musee.html

Janssen J-J dit: 13 mars 2019 à 19 h 54 min

… c’est comme le pendule de Foucault, il n’est pas d’équerre au cnam, depuis qu’alain lombroso y sévit en chaire de criminalogie.

… Ma propre mélancolie vaut autant que la vôtre, sinon plus. Je parle de ses qualités intrinsèques, assez indicibles du reste. Même WIKI serait inapte à en rendre compte.

… comme dirait Paul-Emile, rentrons à la base : ils ont du plomb dans l’aile, à Venise. Ce blog devient un copié-collé de la grande encyclopédique pour feignasses cancérigènes. Proposez-moi n’importe quel sujet, je peux vous en conter une tartine ! Tiens, par exemple, au sujet du « Populisme », je pourrais vous raconter ma rencontre avec …
https://laviedesidees.fr/Definir-le-populisme.html
Cela aurait pu vous faire mieux comprendre Jean Starobinski lequel avait toujours eu du mal avec cette notion, d’après ce que dit la 332e occurrence de cet auteur sur le net officiel.

NB/ J’ai eu une bonne journée de travail… avec mes 3 copines. Cela se ressent en fin de soirée, avant le JT. Pas vu le film très controversé de XDelon, chez Bonbec éd., j’attends les CR d’anna-lyse jazmm et de Ch. prévus pour demain.
NB’/ J’ai dépassé le naufrage de la Matutina. Ou. L’étaient longues ces 100 pages pour décrire la punition de ces marins qui osèrent abandonner l’enfant sur la grève. Mais maitenant, va-t-il réussir à s’en sortir avec l’enfant dans les bras. Je l’espère, quel suspense…
Toujours sans nouvelles de rhôse. & Cela n’inquiète personne (?).

Marie Sasseur dit: 13 mars 2019 à 19 h 23 min

Je dois preciser que je suis entrée dans cette cathedrale, et que le faux aplomb est tout à fait explicable.
Mais ici, y’en a qui n’en manquent pas d’aplomb.

William Legrand dit: 13 mars 2019 à 19 h 02 min

Est-ce que Madame Court approuve toutes les saloperies que son époux écrit sur Clopine ? allez savoir !

renato dit: 13 mars 2019 à 18 h 41 min

Si on regarde les gens d’un point de vue lombrosien on ne peut pas donner sa confiance à des gens comme Boris Johnson et di Nigel Farage.

D’un autre côté, mettre la transition dans les mains de Theresa May c’est ne pas tenir en compte qu’on est pas amie de Aung San Suu Kyi sans en partager les opinions et les valeurs… et lors des violences contre les Rohingya on ne la pas vraiment entendue.

L’Europe est à reformer, évidemment, mais réformer dans le sens d’une « Europe des nations » c’est une blague bête digne des « grands intellectuels » qui la réclament. Qu’ils se décident pour une confédération, c’est à dire une étape vers la fédération.

Delaporte dit: 13 mars 2019 à 17 h 57 min

En fait, l’andouillette est un générique animal. Les génériques comme ça, j’en redemande !

Delaporte dit: 13 mars 2019 à 17 h 56 min

Mon charcutier en proposait déjà, mais il a changé de gamme. Cette andouillette, il m’a fallu débourser quatre euros pour m’en rendre maître et possesseur, et même propriétaire. Alors que cela devrait être remboursé par la Sécu. C’est moins cher que des antidépresseurs et ça a le même effet !

Delaporte dit: 13 mars 2019 à 17 h 54 min

« Ce soir je mange de la blanquette de dinde au riz. »

Pour moi, ce sera une andouillette de Troyes, je dois le dire, somptueuse.

et alii dit: 13 mars 2019 à 17 h 22 min

sartre
e, la fameuse Nausée. D’ailleurs, le
titre initial du manuscrit proposé par Sartre à GastonGallimard était, non pas La Nausée, mais Melancholia3
.
Cette désignation servait de clin d’œil au lecteur,
comme pour l’avertir que l’angoisse dont il sera question relèvera d’une mélancolie moderne.

et alii dit: 13 mars 2019 à 17 h 07 min

La mélancolie sartrienne, dès La Nausée
(1938), traduit une angoisse existentielle en
laquelle se reconnaîtra toute une génération.

renato dit: 13 mars 2019 à 17 h 04 min

et alii, i Piombi n’étaient qu’une partie de la prison et les conditions de vie y étaient meilleures que dans les autres parties de la prison. Les cellules étaient isolées du toit par une couche en planches de mélèze — hiver moyennement froid, été pas trop chaud —. Les geôliers pouvaient faire des commissions ; on pouvait apporter son mobilier et faire nettoyer la cellule ; on pouvait passer commande pour une nourriture spéciale à l’extérieur ; et on avait droit à un médecin en cas de maladie.

Éventuellement, Silvio Pellico, Mes Prisons :

http://data.decalog.net/enap1/liens/gallica/gallica_0011.pdf

et alii dit: 13 mars 2019 à 17 h 02 min

UN AUTRE Aquin et la mélancolie en littérature:
au départ.
Mais alors, le narrateur de Prochain épisode pourrait bien
être le cousin de Roquentin qui écrit son journal dans La
Nausée, et qui est, lui aussi, un mélancolique profond. Les
jeunes gens émerveillent ce dernier, avec leurs «histoires
nettes et vraisemblables», alors que, lui, farfouille dans le néant
: «Ça coule en moi, plus ou moins vite, je ne fixe rien, je laisse
aller. La plupart du temps, faute de s’attacher à des mots, mes
pensées restent des brouillards.» L’authentique, c’est ce Moi
informe, insaisissable, ce qui «glisse entre les doigts8
».
Comme Roquentin, qui craint de «forcer la vérité», le
https://www.erudit.org/en/journals/hphi/1992-v3-n1-hphi3176/800907ar.pdf
La mélancolie d’Hubert Aquin

Jazzi dit: 13 mars 2019 à 16 h 53 min

Désolé, et alii. Entre caves et cellules sous les toits, les Piombi, en effet, ne vous sont pas recommandés !

D. dit: 13 mars 2019 à 16 h 44 min

Ma blanquette de dinde est plus proche de Starobinski que votre pont bidule.
C’est une évidence que personne ne discutera ici.

et alii dit: 13 mars 2019 à 16 h 43 min

En franc-maçonnerie, le fil à plomb symbolise par sa verticalité l’élévation, la perfection de soi, l’effort, ou encore l’envie de s’élever. De plus, le sens qu’il pointe, vers le bas, suggère l’introspection et le travail sur soi nécessaires à cette élévation (au sens d’amélioration). Depuis quelques décennies, il figure souvent suspendu au centre du temple maçonnique2.
wiki

et alii dit: 13 mars 2019 à 16 h 41 min

je n’ai plus la santé pour m’éloigner, et bouger;j’ai eu la confirmation qu’un médecin avait été vite en besoge en me diagnostiquant un cancer-je ne l’ai pas cru du tout, l’ordi fait mieux,et les prises de sangsont parfaites;le reste, c’est l’âge,et le tabac; et puis avec le cannabis thérapeutique, je n’ai pas trop à redouter la souffrance (je ne supporte pas la morphine)
donc tout va bien on continue!je suis d’aplomb
et le fil a plomb?

Petit Rappel dit: 13 mars 2019 à 16 h 40 min

Hélène Cixous en masterclass?
Pourquoi pense-t-on au mot de Chérubini,ici pertinent vu les oeuvres théâtrales de la Dame, « Jé n’ai pas besoin de savoir comment il ne faut pas faire! »
MC

Jazzi dit: 13 mars 2019 à 16 h 16 min

En revanche, D., grâce surtout à Marie Sasseur, nous avons été amplement informé sur la mélancolie, soeurs de la folie et du génie, transcendés tous trois par la Poésie.
C’était passionnant, et j’ai même songé un instant à un Goût de la mélancolie…
Mais le sujet n’est pas très gai !

et alii dit: 13 mars 2019 à 16 h 16 min

mais vous pouvez nous en dire plus sur les plombs,renato!moi,je ne connaissais que le nom et cette évasion!

Jazzi dit: 13 mars 2019 à 16 h 11 min

Etrange fait-divers qui a eu lieu près de chez toi la semaine dernière, Christiane.
Une histoire digne d’un roman de Simenon.
Deux soeurs jumelles roumaines, âgées de 49 ans, ont été découvertes par un promeneur matinal, peu après l’ouverture du parc Montsouris. Elles gisaient au fond du lac, dont la profondeur maximale est de 85 cm, le visage recouvert d’un foulard. Sur un banc voisin, elles avaient laissé une lettre. Elles avaient dû se faire enfermer la veille et se sont probablement suicidées dans la nuit…

renato dit: 13 mars 2019 à 16 h 03 min

Ça vaut votre « blanquette de dinde au riz », D ; toutefois le post fait écho au post de et alii de 15 h 16 min, car Prigioni Nuove = Piombi. Cela dit, depuis quand il faut rendre compte des sujets de nos interventions ?

Jazzi dit: 13 mars 2019 à 15 h 56 min

D., il y a belle lurettes que « le lien avec Starobinski » est tombé dans l’oublie.
Longtemps il était devenu un billet sur Derrida (un autre Jacky qui signait Jacques) et puis et alii l’a définitivement plombé !

Rappelons, Renato, que c’est de la prison dei Piombi, que le chevalier de Seingalt s’est spectaculairement évadé…

christiane dit: 13 mars 2019 à 15 h 52 min

@et alii dit: 13 mars 2019 à 14 h 56 min
Augustin et sa mère, Monique, cette chrétienne d’origine berbère, romaine par son lieu de naissance, c’est pour moi, la fameuse scène du jardin, à Ostie, qui marque la conversion d’Augustin. (9 – X-)
« C’était à Ostie, à l’embouchure du Tibre ; à l’écart de la foule, après les fatigues d’un long voyage, nous nous reposions en vue de la traversée. Nous conversions donc, seuls, avec une extrême douceur, « oubliant le passé et penchés sur l’avenir » […] Et alors, portant nos esprits plus haut, d’un mouvement plus ardent, nous parcourûmes l’une après l’autre toutes les choses corporelles jusqu’au ciel même, d’où le soleil, la lune, les étoiles rayonnent […] »
Passage que je ne peux m’empêcher de lier aux derniers vers du « Paradis » de La Divine Comédie de Dante :
« sinon qu’alors mon esprit fut frappé
par un éclair qui vint à son désir.
Ici la haute fantaisie perdit sa puissance ;
mais déjà il tournait mon désir et vouloir
tout comme roue également poussée,
l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles. »
et bien sûr, dans L’homme sans qualités de Musil (tome 2, chapitre 94 – « Le voyage au paradis ») à cette page où Ulrich et Agathe connaissent l’extase, « égarés, loin d’eux-mêmes, transportés dans un espace où ils se perdaient. Ils voyaient sans lumière et entendaient sans aucun son. »
Voilà qui me mène loin de Derrida… Commentaires de nomades de l’écriture où bruissent roseaux et asphodèles. Remuements de pensées qui disent les rencontres éphémères des mots parce qu’on s’étonne, encore…
la parole sonne tout autrement que l’écriture surtout si les parleurs ont des Je venus de l’étrange anonymat.

Paul Edel dit: 13 mars 2019 à 15 h 49 min

…Ici Charlie Tango.. depuis plusieurs heures survolons les installations Wikipedia.. rien ne bouge.. rien à signaler .. retour à la base..

D. dit: 13 mars 2019 à 15 h 46 min

C’est passionnant, renato. Pourriez-vous cependant me rappeler le lien avec Starobinski Jean, lien qui n’est plus très évident pour moi ? Je vous en remercie par avance.

renato dit: 13 mars 2019 à 15 h 30 min

Ponte dei Sospiri. Pas loin de la place Saint-Marc, il traverse Rio di Palazzo reliant le Palais Ducal aux Nouvelles Prisons — le premier bâtiment au monde construit pour être spécifiquement une prison, selon la légende — : passage des prisons susmentionnées aux bureaux des inquisiteurs d’État.

et alii dit: 13 mars 2019 à 15 h 16 min

Piombi (« Les Plombs » en français) est une ancienne prison située dans les combles du palais des Doges à Venise. Elle doit son nom au fait qu’elle était recouverte de plaques de plomb. Celles-ci laissaient passer le froid en hiver et agissaient comme catalyseur de chaleur en été, imposant des conditions particulièrement dures aux détenus. En 1756, Casanova réussit une évasion fameuse de cette prison1.
wiki

christiane dit: 13 mars 2019 à 14 h 56 min

@Phil dit: 13 mars 2019 à 12 h 59 min
oui, je comprends tout cela mais en matière d’aller vers…, mon émotion se porte vers cette humble poésie du grand Hugo :

« Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. »

Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)

Ce tableau d’Emile Friant, « La Toussaint », date de 1888. La scène peinte se déroule devant le cimetière de Préville à Nancy où une grande famille Lorraine observe des rites de deuil. Une pièce au miséreux… seul lien entre deux classes sociales si distantes l’une de l’autre.
De ce peintre, je préfère ses scènes de la vie quotidienne : « la jeune Nancéienne dans un paysage de neige » ou « La cuisinière » (sa mère), « la petite barque » ou le joyeux repas des « canotiers de la Meurthe » et quel charme pour ces deux « amoureux » et quel mystère que ces « ombres portées »…
Merci pour votre présence furtive. Un battement d’aile.

et alii dit: 13 mars 2019 à 14 h 56 min

je ne trouve pas le texte de Derrida auquel je pense dans lequel il écrit:je confesse ma mère » voici en attendant:
Vite mes mémoires, avant que n’arrive la chose. Je passe beaucoup de choses, car je me hâte beaucoup. Accueille mes confessions et mes actions de grâce, mon Dieu. Pour d’innombrables choses, même quand je les tais… Et comme en lui [Saint Augustin], en toute hâte, je confesse ma mère. On confesse toujours l’autre… Devrai-je faire un dessin ?

« … et sa maman ! Elle est où sa maman ? »… Chant, larmes, prières et soupirs ne sont pas lisibles. La mélancolie, ici, pour visible qu’elle soit, est-elle lisible ?

et alii dit: 13 mars 2019 à 14 h 47 min

plombe en argot encore le temps!
Eh bien la piste n’est pas certaine, même si elle est suivie par plusieurs lexicographes.
Le Dictionnaire de Trévoux nous indique qu’au XVIIe siècle, une des acceptions du verbe ‘plomber’, quoique rarement utilisée, était ‘frapper’.
Or, ils sont nombreux les endroits où des personnages tenant un marteau viennent frapper une cloche pour sonner les heures.
De même, les poids qui servent à faire fonctionner les anciennes horloges qui sonnent les heures sont souvent appelés des ‘plombs’.
Autant de plomb lié aux heures qui sonnent suffit à expliquer que, tout au long du XIXe siècle, le verbe argotique ‘plomber’ voulait dire « sonner l’heure ».
Alors de ‘plomber’ pour « sonner l’heure », à ‘plombe’ pour désigner une heure (attesté à partir de 1811), il n’y aurait eu qu’un pas aisément franchi.

et alii dit: 13 mars 2019 à 14 h 40 min

soldats de plomb
Les premiers petits soldats sont nés à la fin du xie siècle de la tradition des soldats1, en France et en Allemagne principalement. Au cours du xixe siècle, de nombreux fabricants allemands, principalement dans la région de Nuremberg, ont commencé à produire des soldats plats en étain. Il était compliqué de mouler des figurines en ronde bosse parce que l’étain et le plomb pur sont trop malléables, ce qui rendait les soldats fragiles. Ce n’est que durant le dernier tiers du xixe siècle que des fabricants français comme CBG2 et allemands comme Heyde3 eurent l’idée d’utiliser un alliage de plomb, d’antimoine et de bismuth, déjà connu en balistique, pour réaliser des sujets en plomb plein dont la malléabilité était suffisamment faible pour permettre des manipulations répétées. En 1893, un entrepreneur anglais, William Britain4, mit au point une technique qui permettait de fabriquer des figurines en plomb creux, hollow cast, ce qui permit de réduire sensiblement les coûts et rendit le petit soldat extrêmement populaire.
wiki

et alii dit: 13 mars 2019 à 14 h 37 min

plombage dentisterie
on n’en parle plus!
En effet, les amalgames dentaires contiennent plusieurs métaux dont le mercure et l’argent sous forme de poudre d’alliage. Par contre, ils ne contiennent pas de plomb (comme le laissait entendre l’ancienne appellation « plombage »). Quoi qu’il en soit, certains dentistes décident volontairement de ne pas offrir l’amalgame comme matériau de restauration.

et alii dit: 13 mars 2019 à 14 h 33 min

plomb toujours
Plus près dans l’histoire, l’utilisation du plomb s’est ensuite développée au cours de la révolution industrielle. Il entrait alors dans la fabrication de l’essence, des canalisations d’eau, des gouttières, des boîtes de conserve, des batteries et même des tubes de dentifrice et des jouets avec les célèbres soldats de plomb. En bref, il fut un temps où il était plus difficile de rencontrer un produit manufacturé sans trace de plomb qu’un produit qui en contenait.
La peinture ne fut pas épargnée par l’épopée du plomb, ses dérivés minéraux y ont été largement utilisés comme pigments ; citons le minium gris sur les radiateurs à eau chaude, les orangés et rouges de molybdène employés comme peinture antirouille ou encore la céruse ou blanc de plomb utilisée comme peinture blanche aux propriétés antifongiques dans les salles de bains.

Les propriétés toxiques du plomb sont connues depuis l’antiquité. Si la médecine expose le problème depuis 1713, ce n’est qu’en 1915 seulement qu’une loi interdit la peinture (céruse) dans les métiers du bâtiment. Cependant, même si cette peinture n’est plus utilisée depuis 1948, et interdite pour tous travaux de peinture depuis 1988, il faut attendre 1993 pour qu’elle soit interdite à la commercialisation.
https://conseil.manomano.fr/peinture-au-plomb-le-dossier-complet-4196

renato dit: 13 mars 2019 à 14 h 16 min

« C’est une triste chose pour ceux qui se promènent dans cette grande ville ou voyagent dans la campagne, que de voir les rues, les routes et les portes des cabanes encombrées de mendiantes que suivent trois, quatre ou six enfants tous en haillons et importunant chaque passant pour avoir l’aumône. »

https://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article1700

renato dit: 13 mars 2019 à 14 h 14 min

Saturne — Cronos chez les Grecs —.
Attributs : ‎faucille‎ et ‎sablier
Associé à l’agriculture, au temps, à la mort et à la culture.

Il a anticipé Jonathan Swift — A modest proposal for preventing the children of poor people from being a burden to their parents or Country, and for making them beneficial to the Public —.

Marie Sasseur dit: 13 mars 2019 à 13 h 54 min

et alii dit: 8 mars 2019 à 16 h 25 min
Sur la mélancolie dans l’art
Ursulla Guarrigue:
« Dans le mot allemand Schwermut, tout est dit : c’est une humeur lourde, pesante [2]. Et nous voilà tout de suite au cœur de l’histoire de la mélancolie : Saturne-Chronos, le dieu de la mélancolie a toujours été associé au plomb [3], à la lourdeur et à la lenteur. Si nous pensons à des locutions comme « une tristesse de plomb », ou « se sentir les jambes en plomb », ou encore « les années de plomb », nous percevons la persistance de cette conception dans le langage d’aujourd’hui. »

Saturne est un titan de la mythologie romaine. Wikipedia

À l’instar de Jupiter, Saturne constitue, avec son cortège de satellites, un système planétaire en miniature, mais, surtout, offre le spectacle somptueux de ses anneaux, découverts dès 1610 par Galilée et interprétés en tant qu’anneaux par le Hollandais Christiaan Huygens en 1655. Futurascience

Cette planète a marqué jusqu’à la découverte d’Uranus, c.-à-d.. jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la limite extrême du Système solaire. Cette circonstance, jointe à la lenteur de son mouvement et à sa teinte terne et plombée, l’avaient fait tenir par les Anciens et, plus tard, par les astrologues du Moyen âge, en piètre considération : c’était une divinité détrônée, un roi en exil, dont l’influence était particulièrement néfaste, et, parmi les jours de la semaine, le dernier, le samedi, lui était consacré, parmi les métaux, le plus vil, le plomb. Imago mundi

« Le plomb a compté parmi les premiers métaux exploités par l’Homme, comme le cuivre et l’étain qui servaient à produire le bronze dès la préhistoire, notamment en Asie Mineure (dans l’actuelle Turquie), et au Moyen-Orient (actuelle Jordanie) à l’âge du bronze 6 000 à 8 000 ans avant notre ère. Cette exploitation s’est traduite très tôt par l’apparition d’intoxications chez l’homme et ses animaux domestiqués. Ces intoxications sont rétrospectivement détectées par les archéologues via l’analyse d’ossements anciens. » Wikipedia

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Saturnisme

Petit Rappel dit: 13 mars 2019 à 13 h 37 min

Ou donc Diogène Laerce, surtout connu pour résumer la pensée d’autrui plus ou moins bien, pratique-t-il cela, et alii?

et alii dit: 13 mars 2019 à 13 h 07 min

sur circonfession lien idem
Derrida essaie de saisir ce moment très particulier où un grand-père attentif et affectueux devient l’inventeur d’une théorie). Comment, à partir d’un matériau intime, faire de l’universel ? Et à partir de cet universel, progresser en sagesse, en vérité ? Mais c’est là une manière encore superficielle, encore conventionnelle de poser la question ; car ce que met précisément en cause l’hypothèse de la pensée circoncise, c’est le statut même de la vérité. Dans sa formulation, la figuration de l’intime ne peut plus désormais être tenue pour un paramètre négligeable.

et alii dit: 13 mars 2019 à 13 h 04 min

christiane:
Si l’hypothèse de Circonfession importe, ce n’est pas qu’elle soit neuve, on voit qu’elle ne l’est pas. C’est que Derrida l’importe en philosophie. Que l’œuvre de Kant, ou de Hegel, ou de Thomas d’Aquin, puisse être traitée comme l’œuvre romanesque, ou picturale, ou musicale, cela certes, ne va pas de soi. Il faut ici noter que Circonfession n’est pas un texte autobiographique tout à fait ordinaire. Derrida l’a écrit sous la forme d’un commentaire de bas de page de la monographie que Geoffrey Bennington a consacrée à son œuvre – et l’entreprise est sans nul doute philosophique.

L’affaire biographique, ou même autobiographique ne fait certes pas avec Circonfession son entrée en philosophie. Augustin (modèle et interlocuteur de Derrida) et Diogène Laërce l’avaient déjà pratiquée avec constance et conviction. Mais l’important pour Derrida n’est pas la relation (ou l’invention) d’une vie vécue en conformité à une thèse ou une doctrine philosophique qui serait formulable ailleurs – et autrement.
http://www.ruedescartes.org/articles/2006-2-jacques-derrida-sa-vie-son-uvre/

Phil dit: 13 mars 2019 à 12 h 59 min

dear Christiane, grand tableau, les personnages à taille humaine entrainent le spectateur vers la tombe, regards intérieurs d’une époque où la convention sociale s’appelait tradition pour donner un beau motif

christiane dit: 13 mars 2019 à 12 h 12 min

Phil, (10h40)
« Vent contraire ». Etonnante votre remarque !
Ici, la façon de regarder ce tableau de Dominique Lobstein :
https://www.histoire-image.org/fr/etudes/toussaint?i=321
Pour ma part, j’apprécie plus la construction que le motif, l’expression des visages ainsi que ce jeu subtil de noirs et blancs. Mais les conventions sociales évoquées par cette toile… brrrr ! Dans d’autres tableaux (toujours des femmes enveloppées de voiles de deuil) c’est un tourbillon de voiles noirs !
Mais comme j’aime votre humour : « le cortège qui suit les enterrements du prestigieux passou ». Oui, il y en a beaucoup !

et alii dit: 13 mars 2019 à 11 h 38 min

déguisements,carnaval:ne pas oublier pourim des juifs!
On fait même parfois référence à un jeune homme imberbe chargé de prélever une taxe sauvage auprès des puissants avant de se faire rosser de coups. C’est une figure carnavalesque! Au-delà de ça, on trouve mention de déguisements à Babylone très tôt. L’historien Flavius Joseph du Ier siècle dit même qu’on célébrait une « fête de Mardochée » trois siècles avant lui environ. Au Moyen-âge, des juifs à Pourim enfilent parfois des déguisements où figurent, curieusement, des têtes de boucs. Plus tard, on fait des pièces, des farces pour Pourim, à partir du XVIIe et XVIIIe siècles.»
sur slate

et alii dit: 13 mars 2019 à 11 h 21 min

christiane, vous avez circonfession de Derrida qui esr autobiographique et oùil parle de ses « errements »dans le quartier saint AUGUSTIN à Paris

christiane dit: 13 mars 2019 à 10 h 56 min

@et alii dit: 13 mars 2019 à 10 h 07 min
Derrida… je connais peu son œuvre, un peu sa vie.
Né en Algérie en 1930, issu d’une famille de Juifs séfarade originaire de la péninsule ibérique, implantée en Algérie depuis cinq cents ans, français grâce au décret crémieux jusqu’en 1940. Le régime de Vichy l’abrogea… Commence « l’exil intérieur »…
1949, arrivée à Paris. Entre à l’ENS, côtoie Foucault, Bourdieu, Genette, Althusser….
Écrit, donne des conférences, des cours. Sa pensée est jugée obscure et dense.
La remarque de Delaporte est incroyable car la dernière conférence qu’il a donnée portait sur la pensée de Saint Augustin. Il l’avait redécouvert à la mort de sa mère…
Et là, par rapport à Rousseau et Starobinski, voilà que surgit sa grande question, celle de l’écrit par rapport à la parole. De quelle transcription s’agit-il ? Comme si dans la langue orale dormaient des éclats du passé que l’écriture révèle mais cette trace rendent impossible la certitude de la vérité.
Oui, tout cela est passionnant. Et lire ces penseurs qui se sont penchés pendant des années sur Rousseau, Saint-augustin… c’est entreprendre un grand voyage. Et souvent, c’est une remarque, une question d’un commentateur, un billet de Passou, un lien qui nous conduisent à ré-ouvrir des livres, à faire des recherches.

et alii dit: 13 mars 2019 à 10 h 42 min

l’europe:
Bref, c’est à la fois une satire et un polar, une méditation sur la solitude et une réflexion sur l’identité européenne. Tout cela en fait un roman aussi drôle que mélancolique.

Phil dit: 13 mars 2019 à 10 h 40 min

certains jours le cortège qui suit les enterrements du prestigieux passou rappelle ce beau tableau de Friant, Emile, jour de Toussaint, deux femmes toutes en voiles noires, regard tourné vers le sol avancent malgré le vent contraire.

et alii dit: 13 mars 2019 à 10 h 39 min

La Capitale est sans doute le premier roman sur la Commission européenne. Jusque-là, personne ne s’y était risqué, on se demande bien pourquoi. L’auteur réussit l’exploit d’en faire un vrai matériau fictionnel, mêlant questions existentielles, intimes, historiques, familiales, politiques, au sens noble et au sens moins noble.
Robert Menasse, La Capitale. Trad. de l’allemand (Autriche) par Olivier Mannoni. Verdier, 442 p., 24 €https://www.en-attendant-nadeau.fr/2019/03/12/entretien-robert-menasse/

et alii dit: 13 mars 2019 à 10 h 07 min

: 13 mars 2019 à 9 h 39 min
exact chritiane:derrida aimait rappeler que »quand on lit trop vite ou trop doucement on ne comprend rien »
il lui arrivait souvent de lire trop vite et de confondre qui avait dit quoi dans un texte ou de sauter un adverbe,un adjectif à l’oral du séminaire mais quand au nom de Rousseau,il disait »maman »(mme de W ) tout le monde était mort de rire

christiane dit: 13 mars 2019 à 9 h 39 min

@Delaporte dit: 13 mars 2019 à 0 h 07 min
Merci d’avoir posé la question. Cela m’a obligé à relire, à chercher ce qui différencier ces deux « paroles de soi ». Derrida m’a aidé à comprendre pour quelles raisons celle de Rousseau me paraissait plus juste. C’est parce qu’il doute de la véracité de ce qu’il écrit contrairement à Saint Augustin. c’est parce qu’il différencie la parole de l’écriture. quelque chose naît là, en ces pages des Confessions qui ouvre l’avenir de maintes autobiographies : quel est cet étranger en nous que nous cherchons à comprendre, à qui nous donnons une parole malhabile par l’écriture tout en cernant son innommable ? Le corps a mémorisé, le corps se souvient.
Vous êtes souvent provocateur, à contre-morale sur ces fils d’échanges entre commentateurs de la RDL mais quand vous ouvrez la porte de vos vraies questions, quelqu’un vient comme le feu dans la poudre…

et alii dit: 13 mars 2019 à 7 h 35 min

LA VACHE :
DESCRIPTION
La
Vache
Est
Un
Animal
Qui
A
Environ
Quatre
Pattes
Qui
Descendent
Jusqu’
À terre.
Jacques Roubaud

et alii dit: 13 mars 2019 à 0 h 12 min

Rassuré sur son avenir, Temutchin se fait bientôt proclamer Khan et prend la tête de plusieurs clans mongols. Dès lors, il ne va avoir de cesse de réunir sous son autorité tous les nomades de la steppe, Mongols et Turco-Mongols. C’est chose faite au printemps 1206. Agé d’une quarantaine d’années, il se fait reconnaître souverain par toutes les tribus et se voit conférer le nom de Gengis Khan («roi universel» en mongol).

L’événement a lieu au cours d’une assemblée plénière, un kuriltaï.

Peuple nomade vivant de l’élevage extensif des troupeaux dans les steppes d’Asie, les Mongols bénéficient en ce début du XIIIe siècle de conditions climatiques exceptionnelles qui leur assurent toutes les ressources en vivres indispensables à de lointaines expéditions. En contact avec les peuples sédentaires d’Europe et d’Asie, une grande partie des Mongols a renoncé aux religions chamanistes traditionnelles au profit du bouddhisme, du manichéisme iranien et surtout… du christianisme de rite nestorien.
https://www.herodote.net/Gengis_Khan_1155_1227_-synthese-80.php

Delaporte dit: 13 mars 2019 à 0 h 07 min

christiane dit: 12 mars 2019 à 19 h 57 min

Je n’ai pas lu ce texte de Derrida, mais c’est plus claire, cela se précise. En fait, il faudrait faire une citation intégrale. C’est toujours une nécessité avec Derrida. Il sait rester sur l fil du rasoir, sans se couper. Ce sont les autres qui se coupent, à moins de prendre le temps.

Petit Rappel dit: 12 mars 2019 à 23 h 12 min

De la Camera stylo, Alexandre Astruc a au moins laissé Le Rideau Cramoisi et Le Bonheur dans le Crime, Jazzi. Scénarios fournis par un normand qui savait écrire jusque dans l’invective.
A lire Clopine,on à beau faire, on la trouve ce jour plus proche de la bouse et de la buse, toutes deux d’ailleurs incontestablement bios, plutôt que des Quarante Médaillons et de Barbey d’Aurevilly…

Janssen J-J dit: 12 mars 2019 à 22 h 29 min

…. je me souviens d’avoir bien aimé son journal d’un atrabilaire à jean clair, l’était un poil psychorigide, comme il sied aux âmes artistiques conservatrices bien nées…
On en avait beaucoup discuté sur cette chaîne, mais tout cela se perd un peu dans la nuit des temps mélancholiaques. Comment en retrouver les effluves, alhors ? … Une idée, peut-être, Ch. ?
(LVDB jeta l’éponge, sembla 1 brin épuisée, et MB ne se remit sans doute jamais de ses barrissement oniriques).
cf. [Vertmisselpourlesfideles@dakolta.com]

Jean Langoncet dit: 12 mars 2019 à 22 h 28 min

Il est vrai que le coït reproducteur tant prôné par ailleurs n’est pas ici de circonstance

Bérénice dit: 12 mars 2019 à 22 h 19 min

Ce n’est pas le bon endroit, il faut pardonner au Saint Père qui n’a pas trahi ses voeux. Il est trop tard pour reeduquer.

Jean Langoncet dit: 12 mars 2019 à 22 h 15 min

@peu importe l’instrument servant à souligner un aspect de la vie des creatures de la creation.

cela vaut aussi pour le Pape qui prétend mettre la capote anglaise à l’index.

Bérénice dit: 12 mars 2019 à 22 h 06 min

Jazzi, admettez quand meme que PR s’en prend un peu gratuitement à Clopine cette fois, nous pourrions aussi envisager un humour à froid et pointilleux. De fait on ne pointe pas le doigt mais du doigt, peu importe l’instrument servant à souligner un aspect de la vie des creatures de la creation.

Jazzi dit: 12 mars 2019 à 21 h 59 min

« Pointer le doigt avec une caméra est d’ailleurs un exploit technique que chacun ici aura admirativement noté. »

Clopine est une adepte de la caméra-stylo selon Alexandre Astruc, MC !

Bérénice dit: 12 mars 2019 à 21 h 58 min

18h37 et vous avez évité? Vous avez lu tout Morand et plus encore pour fournir les preuves de votre bonne santé mentale si jamais vous en était demandé ? C’est ce qu’on appelle être prévoyant, vous avez eu raison. Maintenant que tout ceci est constitué en preuve indéniable, dear Phil, à quoi occupez vous votre liberté?

Janssen J-J dit: 12 mars 2019 à 21 h 55 min

@ JJJ vont encore râler. Tant pis.

D je sais pas, mais moi non. Pourquoi râler ? J’aime les langueurs déridées… et les forsythias mélancoliques, délices martagon.
Je suis sur « l’Homme qui rit ». Déconcertant, ce gros roman d’Ursus et Homo… des centaines de pages à la sauce « hacker éthique » de délayages érudits, l’prenait tout sur son passage, en technique d’ourque maritime et se mesurant au tiers livre de rabelais, surtout. Aurait fait un flop vers 1866-67, Gwynplaine, reconnut le pèrhugo… Pourtant…
Rose à Bonheur ?

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 20 h 59 min

20h20
Pour Yves Bonnefoy, il ne faut pas se contenter de sa figuration au catalogue.

Il surclasse, on l’a déjà dit.

« Cette réflexion sur la poésie est au cœur même de « La mélancolie, la folie, le génie, — la poésie ». Le tiret qui sépare les trois premiers termes d’une part, la poésie de l’autre annonce la définition que Bonnefoy donne de la poésie : le refus de la mélancolie et de ses avatars. Car mélancolie, folie et génie sont finalement les trois variantes d’une même attitude face au monde. Il s’agit dans tous les cas d’une fuite vers un au-delà, vers l’absolu de la représentation et d’un oubli du réel tel qu’il est. Le mélancolique est un rêveur lucide, car il sait que le monde vers lequel le porte l’imaginaire métaphysique n’est qu’un mirage. Cette lucidité, cette
conscience que la finitude est la seule réalité, ne l’arrache pas à son rêve.
Le mélancolique jouit, quoique tristement, de ce dilemme. Le génie est, quant à lui, une aggravation de l’attitude mélancolique car il donne autant de crédit à l’existence terrestre qu’au rêve qui toujours se réaffirme. Le génie demeure déchiré entre l’intuition de la finitude, donnée par le corps, et celle du rêve, éprouvée par l’esprit. Son œuvre, quoique cherchant à nier cette aporie, sera l’expression de cette position douloureuse. Mélancolie et génie participent finalement d’une même illusion, dont seule la poésie peut délivrer. La poésie, s’adressant au corps autant qu’à l’esprit, vient nous rappeler que l’existence incarnée est la seule réalité.  »

Vouloir « que l’ici et le maintenant reprennent le pas sur
les rêves… » / Yves Bonnefoy, L’imaginaire métaphysique,
Paris, Le Seuil, 2006
Stéphanie Roesler

Fatigue. Bonsoir. Et si tu t’appelles mélancolie, arrête de te regarder dans la glace.

et alii dit: 12 mars 2019 à 20 h 26 min

La lyra grecque, comme la viole de gambe, est l’instrument de la mélancolie. L’une et l’autre, aux âges d’or de leurs histoires, étaient utilisées pour exprimer ce sentiment si particulier, cet état d’âme qui nourrit tant de musiques, au-delà des mots. Ce programme désire faire entendre la rencontre en miroir de ces deux instruments et des mondes élisabéthain et byzantinottoman, mais décrire également un récit cathartique,
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/les-larmes-de-lexil-lachrimae-lyrae

et alii dit: 12 mars 2019 à 20 h 22 min

« Je suis mélancolique » écrivait La Rochefoucauld en 1654 « et je le suis à tel point que depuis trois ou quatre ans à peine m’a-t-on vu rire trois ou quatre fois31 ». C’était une mélancolie qui venait « d’ailleurs32 », de ce sentiment d’échec qui lui avait fait abandonner tout engagement politique et qui, comme l’observe Wolf Lepenies, se combinait avec l’ennui non seulement au niveau individuel mais aussi en tant que comportement collectif d’une noblesse ravagée par sa défaite33.

christiane dit: 12 mars 2019 à 20 h 19 min

@Lavande dit: 12 mars 2019 à 19 h 20 min
Pas vu hélas ! Merci pour la citation et les références.

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 20 h 19 min

19h20une nouvelle approche de l’histoire du malaise saturnien et montre comment cette humeur sacrée a façonné le génie européen

Malaise dans la civilisation. Encore un truc du bon doc’ incestueux.

J’y vois plutôt la vanité de celui que sa conversion rend un peu mégalo. Une volonté de puissance, que Hitler a enviée. C’est dire.

https://goo.gl/images/hWEZj3

et alii dit: 12 mars 2019 à 20 h 10 min

Ce titre énigmatique, qui a échappé à Panofsky, renvoie en effet à un topos très répandu à partir de la philosophie ancienne qui associe l’ivresse, l’enthousiasme et la mélancolie religieuse4. On le retrouve en effet dans le stoïcisme de Philon d’Alexandrie quand il parle des « ceux qui sont possédées de Dieu » dont

5 Les œuvres de Philon d’Alexandrie, 11, De ebrietate, trad. Jean Gorez, Paris, Le Cerf, 1962, p. 71, (…)
non seulement l’âme est généralement excitée […] mais aussi le corps est empourpré et enflammé par le flot débordant et réchauffant d’une joie intérieure qui répand à l’extérieur ce qu’elle éprouve. C’est pourquoi beaucoup de fous sont trompés et soupçonnés d’être ivres, même s’ils n’ont pas touché au vin.5

2L’image de l’ivresse comme métaphore du génie associé par le Problème XXX d’Aristote à la figure du mélancolique émerge non seulement à la Renaissance et après, chez Montaigne et beaucoup d’autres auteurs, mais bien avant dans la première législation chrétienne qui associait furor, mélancolie et ebrietas.

et alii dit: 12 mars 2019 à 20 h 03 min

Et la tradition picturale a pris l’habitude de représenter ce philosophe-héraclite- sous les traits d’un vieillard qui pleure. Alors, il n’est pas impossible que le regard que nous portons sur l’enfance, sur son insouciance et sur ses jeux, ne laisse parfois couler une larme sur nos joues. À l’enfant, la royauté !

christiane dit: 12 mars 2019 à 19 h 57 min

@Delaporte dit: 12 mars 2019 à 18 h 39 min
Cette phrase c’est le titre d’un article de Derrida dans la revue Europe n°901 parue en mai 2004.
Article reprenant son interrogation à partir de l’écriture de Rousseau, comme cette phrase de l’Émile : « Nous n’existons plus où nous sommes, nous n’existons qu’où nous ne sommes pas. « Rousseau cherche et des traces et qui a laissé ces traces. Un inconnu ? Derrida écrit : Derrida : «C’est la condition de cette ruse terrible : il faut perdre ce que l’on veut garder et on ne peut garder qu’à la condition de perdre. C’est très douloureux.»
Pour Derrida s’interrogeant sur Rousseau, entre le moi des jours passés et le moi du moment où Rousseau écrit se glissent des moi multiples, un espace supplémentaire sur lequel les moi s’écrivent selon l’avancée de l’autobiographie.
Derrida écrit : « j’écris mais l’écriture peut dire autre chose que mon vouloir-dire. |…] Est-ce moi ? Est-ce ma trace ? Est-ce mon chemin ? Est-ce le spectre de mon empreinte, l’empreinte de mon spectre ? Suis-je en train de revenir ? Suis-je ou ne suis-je pas revenant ? Un revenant de moi-même que je croise sur mon chemin comme la trace de l’autre, sur un chemin qui est déjà un chemin de retour et de revenance, etc. ? »
Jacques Derrida consacre une très grande partie de son livre De la grammatologie à l’œuvre de Rousseau, c’est le deuxième chapitre : « L’époque de Rousseau ». Il y déconstruit son œuvre pour comprendre l’attitude de Rousseau face à l’écriture.
Je crois que la différence avec celle de Saint Augustin, c’est cet effort d’éloignement que Rousseau fait en permanence par rapport à lui-même. « Rousseau fait la distinction entre un moment de la présence à soi comme une origine perdue et la non-présence à soi comme un mal survenant à cette présence originaire. » L’écriture comme un supplément à la parole.
Bon, voilà ce que j’ai compris, Delaporte du pourquoi de cette phrase. C’est une approche très insuffisante mais Derrida, c’est très compliqué !!! C’est un peu long ! D. et JJJ vont encore râler. Tant pis.

et alii dit: 12 mars 2019 à 19 h 55 min

je vous le rends ne pleurz pas!
Qu’il déliquesce un brin ou qu’il se renforcissia ?
19H21
Le genre Forsythia – il s’agit à l’origine d’un nom latin botanique, prononcé en français [fɔrsisja] – représente des arbustes rustiques de l’ancien ordre des Ligustrales et de son ancienne unique … Wikipédia
Nom scientifique : Forsythia
Famille : Oleaceae
Ordre : Scrophulariales
BONNE Soirée

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 19 h 25 min

C’est Hollande qui s’était fait offrir une edition rare du « Contrat ». Pour ce qu’il l’a trahi, on a vu que son poulain l’a surpassé.

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 19 h 22 min

-Personne n’a parlé de l’extraordinaire exposition qui avait eu lieu à l’automne 2005, au Grand Palais sous la direction de Jean Clair ?

– Non, mais on vu du même commissaire, « crimes et chatiments »

Lavande dit: 12 mars 2019 à 19 h 20 min

Personne n’a parlé de l’extraordinaire exposition qui avait eu lieu à l’automne 2005, au Grand Palais sous la direction de Jean Clair ?
Cette exposition avait été organisée par la Réunion des musées nationaux et le Staatliche Museen zu Berlin, où elle a été présentée en mai 2006.
 » Mélancolie : Génie et folie en Occident. »

J’ai retrouvé dans ma bibliothèque le somptueux catalogue que nous avions acheté lors de la visite.
« Aucune disposition de l’âme n’a occupé l’Occident aussi longtemps et continûment que la mélancolie. Le sujet reste au cœur des problèmes auxquels l’homme est aujourd’hui confronté et il touche de multiples domaines : la philosophie, la littérature et l’art, la médecine et la psychiatrie, la religion et la théologie… La mélancolie, par tradition cause de souffrance et de folie, est aussi, depuis Aristote, le tempérament des hommes marqués par la grandeur : les héros et les génies. Sa désignation même de «maladie sacrée» implique cette dualité. Mystérieuse, la mélancolie l’est toujours, bien qu’elle soit surtout soumise de nos jours, sous le terme de «dépression», à une analyse médico-scientifique. L’attitude mélancolique ne peut-elle pas aussi s’entendre comme une mise à distance de la conscience face au «désenchantement du monde» (Starobinski) ? Depuis certaines stèles antiques jusqu’à de nombreuses œuvres contemporaines, en passant par de grands artistes comme Dürer, La Tour, Watteau, Goya, Friedrich, Delacroix, Rodin ou Picasso, l’iconographie de la mélancolie, d’une richesse remarquable, offre une nouvelle approche de l’histoire du malaise saturnien et montre comment cette humeur sacrée a façonné le génie européen. »
En introduction du catalogue il y a un long texte de Yves Bonnefoy « La Mélancolie, la folie, le génie – la poésie » et un texte de Jean Starobinski, « l’encre de la mélancolie », paru en mars 1963 dans la Nouvelle revue française.

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 19 h 14 min

Et puis Rousseau n’est pas réductible à cette prédation par les demolisseurs.

C’etait un philosophe très politique, au sens noble.(grec)
Derrida et consorts se sont exprimés sur le contrat social ?
M. Starobinski et son club, c’est sûr que non.

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 18 h 54 min

« la justification sociale s’estompe au profit d’une difficile quête de soi. »
Ce qui donne de nos jours des auto-fictions, du racontage anodin, du grain à moudre pour les psys.

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 18 h 47 min

Autobiographie
« C’est plus tard, dans la seconde partie du xviiie siècle — publication posthume 1782-1789 —, que Rousseau écrit avec Les Confessions, la première véritable autobiographie au sens moderne du terme, c’est-à-dire un genre qui se définit, certes, par l’identité revendiquée du narrateur et de l’auteur représenté par un « je » unique, mais aussi par une reconstruction du passé qui la différencie du journal intime, genre auquel les Essais de Montaigne se rattachent davantage.

À la suite de Rousseau, le xixe siècle porté par l’esthétique romantique met au premier plan le « moi » individuel et les « récits de vie » connaissent un véritable engouement, et nombre d’auteurs vont écrire leur autobiographie, tels Chateaubriand (Mémoires d’outre-tombe) et Stendhal (Vie de Henri Brulard).

Au xxe siècle, l’autobiographie change de nature avec le développement des sciences humaines : psychanalyse, sociologie et ethnologie y marquent un tournant, notamment avec l’apparition de la notion d’inconscient. L’autobiographie s’intériorise et la justification sociale s’estompe au profit d’une difficile quête de soi. »

Wikipedia

Marie Sasseur dit: 12 mars 2019 à 18 h 44 min

« Suppose all the information stored on computers everywhere were linked. Suppose I could program my computer to create a space in which everything could be linked to everything. »
Tim Berners-Lee, inventor of the World Wide Web

https://home.cern/events/web30

Delaporte dit: 12 mars 2019 à 18 h 39 min

« Exact ! mais c’est de Derrida. »

christiane, il faudrait voir la phrase de Derrida dans son contexte. Il avançait rarement des choses saugrenues. Il avait certainement voulu dire quelque chose de spécifique, surtout avec Rousseau qu’il appréciait particulièrement.

Phil dit: 12 mars 2019 à 18 h 37 min

à la rigueur, en lisant des nouvelles de Morand, on peut éviter d’atterrir dans un centre spécialisé.

Delaporte dit: 12 mars 2019 à 18 h 34 min

« Citer des grands auteurs de nouvelles sans nommer Maupassant, fallait le faire »

Mais c’est sincère. Quand j’ai lu Maupassant, étant adolescent, j’ai bien aimé. Mais ce n’était pas une nécessité pour moi d’y revenir. Aujourd’hui, un Borges m’excite beaucoup plus… Ed, vous êtes restée une petite fille, qui s’émerveille de tant de simplicité magique. Vous me faites penser à la fille qui fait la manche près de chez moi ; elle m’a annoncé tout à l’heure qu’elle allait entrer dans un centre spécialisé, pour s’en sortir, avancer. Elle avait l’air pleine d’espoir, malgré son esprit réaliste.

christiane dit: 12 mars 2019 à 18 h 33 min

@Delaporte
Et les poètes ?
Jean Tardieu La première personne du singulier – 1952.
(Récits très courts placés dans la bouche de personnages imaginaires qui disent « je ».)

« Voilà plus de trente ans que j’attends de vivre. Ai-je vécu ?
Sans doute quelqu’un a vécu. Mais ailleurs, quelqu’un d’autre est resté, un petit d’autrefois que je connais bien. Celui-là depuis toujours est demeuré, celui-là toujours à la même place demeure. Il attend, il m’attend et à travers la distance énorme il me fait des signes désespérés.
Oui c’est bien celui-là qui s’étonne là-bas, qui appelle, crie, gémit, car on ne l’a pas emmené, on l’a trahi : il croyait que tout allait venir à lui – et tout s’est éloigné de lui. Tandis que moi, moi qui suis parti sur la route, moi le quelqu’un qui va toujours là où je vais, c’est moi qui ai tout emporté. Tout emporté, même l’image du solitaire enfant resté assis désespéré sur une borne de la route.
En effet, j’ai beaucoup marché et parce qu’en marchant j’ai tout arraché des bords du chemin, parce que j’avançais sans cesse, ah ! comme je me suis cru riche ! Pourtant je ne possède rien qui vaille : les fils dansant du télégraphe, l’écho de mes pas, l’odeur des cuisines d’auberge, l’aboiement des chiens la nuit dernière derrière les grandes portes fermées.
Comme je voudrais retourner vers l’enfant ! Il savait tout d’avance, – et c’est bien pour cela qu’il pleurait. »

Delaporte dit: 12 mars 2019 à 18 h 28 min

DHH dit: 12 mars 2019 à 18 h 18 min

Adapter un roman, ça ne va pas. Le roman est trop long, il y a trop de choses. Le cinéaste est noyé dans la matière romanesque. Tandis qu’une nouvelle lui laisse la possibilité d’une grande création personnelle. Mais ça, c’est pour les meilleurs, les vrais.

renato dit: 12 mars 2019 à 18 h 24 min

Pour ne dire qu’une évidence :
« Parve — nec invideo — sine me, liber, ibis in Urbem:
ei mihi, quod domino non licet ire tuo!
« 

DHH dit: 12 mars 2019 à 18 h 18 min

@ Delaporte
réussir un long metrage à partir d’une breve nouvelle c’est un art sans lequel Visconti a excellé :Senso et Mort à Venise

Ed dit: 12 mars 2019 à 17 h 57 min

Citer des grands auteurs de nouvelles sans nommer Maupassant, fallait le faire, le vieux shnock l’a fait. Je comprends qu’il ne comprenne pas ce que j’écris, mais il a de la chance. Car les autres ont le malheur de le comprendre…

christiane dit: 12 mars 2019 à 17 h 35 min

@Delaporte dit: 12 mars 2019 à 17 h 06 min
Exact ! mais c’est de Derrida.
Toutes ces écritures de soi sont en proie à trop de temps. Toujours quelque chose ne se laisse pas rendre présent. L’écriture devient alors un labeur, un travail pour mettre à jour le corps et la conscience d’autrefois. Une défaillance. Une brèche… Ils avancent à tâtons dans le labyrinthe de leur moi et derrière eux le temps se referme…

Delaporte dit: 12 mars 2019 à 17 h 06 min

Derrida (« Point d’archive vraie de l’homme dans sa vérité avant les Confessions. »)

C’est faux. Il y aurait des tas d’exemple à citer, où le « je » s’est mis à nu. Par exemple chez saint Augustin.

Delaporte dit: 12 mars 2019 à 17 h 04 min

Je n’aime pas trop les nouvelles, mais il y a des exceptions. Les nouvelles de Flaubert, de Truman Capote, ainsi que les nouvelles sud-américaines dont Gallimard a publié un volume en 2010 ; et puis, les histoires de Cortazar. Liste non limitative, mais circonscrite (et circoncise).

Delaporte dit: 12 mars 2019 à 16 h 59 min

De même, j’ai du mal avec les nouvelles. Là, c’est trop court. Un long métrage peut partir d’une bonne nouvelle, c’est exact. Il faudrait apprendre cela aux étudiants dans les écoles de cinéma. Mais pas de fausse joie, Ed : vous avez peu de chance d’être élue avec vos courts récits imbitables, je dois vous le dire, même si ça m’attriste.

christiane dit: 12 mars 2019 à 16 h 56 min

@M.Court,
Il faut re-situer, l’essai de Starobinski dans cet engouement des années 60. Il n’était pas le seul à ne pouvoir se passer de Rousseau ! Derrida (« Point d’archive vraie de l’homme dans sa vérité avant les Confessions. »), Foucault… Puis, pendant vingt ans on n’en parla guère.
Récemment Paul Audi, André Charrak, Bruno Bernardi, Gisèle Berkman, Pierre Bergougnioux… ont ré-ouvert le « dossier » Rousseau, différemment.
La mort De Jean Starobinski, ce billet, me donnent envie de découvrir cet essai que je ne connais pas( ainsi que les 7 études qui le suivent), paru il y a 60 ans…
Starobinski semble avoir analysé la création littéraire de Rousseau et son comportement comme s’ils constituaient une fiction. Et cela m’intéresse.
Lisant son œuvre, je n’avais pas éprouvé ce sentiment. J’étais plutôt sensible au monde social et politique auquel il s’opposait : Le Contrat social .
Et à tous ces thèmes qui traversent ses écrits : le mensonge et de l’apparence – l’opposition de l’être et du paraître (je pense aux gravures proposées par Et Alii et Renato quant au cortège des vices peints, dessinés et gravés par Goya) et à ses théories éducatives. Rousseau fait preuve d’un remarquable don d’observation dans L’Émile. L’enfance où toute connaissance est intuitive. Mais l’intuition, ce sentiment intérieur, est-il source de vérité ?
Que de contradictions, aussi, entre ses pensées et ses actes !
Dans les Confessions, je m’étais interrogée, le lisant, s’il était réellement tel qu’il s’était montré ou tel qu’il aurait voulu être… Il y a tant d’imaginaire dans l’écriture de soi, déjà…
Dans les Rêveries de ce solitaire, c’est plutôt l’homme des sensations, un être très passif. C’est aussi un visuel ébranlé par les paysages, la beauté de la nature. C’est le livre ultime du réconfort.
Et vous, comment avez-vous lu Rousseau ?

Delaporte dit: 12 mars 2019 à 16 h 56 min

« Un film total de 14 heures, à suivre… »

Sans moi. J’aime personnellement qu’une oeuvre soit circonscrite dans un temps raisonnable. Un film de 14 heures, cela n’a littéralement aucun sens. La concision (et même la circoncision) est importante, c’est une qualité. Tout le monde n’est pas Claudel et Le Soulier de satin. Du reste, moi, je suis plutôt Partage de midi. C’est plus humain et plus satisfaisant.

Ed dit: 12 mars 2019 à 16 h 48 min

« pâtés de matières fécale que l’on croise parfois, jetées sur les murs, dans les toilettes publiques. »

On n’ira pas en Normandie là !

Clopine dit: 12 mars 2019 à 16 h 19 min

Pfff toujours aussi court, n’a même pas vu, tout à sa joie mauvaise, les guillemets entourant ce « doigt pointé », et raconte donc n’importe quoi, comme d’hab’. Le pathétique est que, du moment que c’est malveillant à mon égard, il croit que c’est « écrit », qu’il sait écrire (wouarf), alors que c’est juste étalé, un peu comme ces pâtés de matières fécale que l’on croise parfois, jetées sur les murs, dans les toilettes publiques. Donc, décidément, je ne saurai lui serrer la main, vu ce qu’elle trimballe ainsi !

Petit Rappel dit: 12 mars 2019 à 15 h 08 min

Je le sais, Jazzi!
Pour le reste, retour à la manière Clopinesque aux Jattes de lait de Starobinski, mais il est vrai que Rousseau, inférieur en cela à Clopine et à ses disciples, ne « pointait pas le doigt sur l’envers kafkaien du décor… »Pointer le doigt avec une caméra est d’ailleurs un exploit technique que chacun ici aura admirativement noté.
quant au sujet, je ne sais pourquoi la vieille chanson « il était une beergère qui gardait ses moutons , patapon » me semble tout à fait appropriée comme illustration sonore en écho au taratata clopinesque ci-dessus…
Bien à vous et bonne journée. que le Rousseauisme boboide ne vous détourne pas de Rousseau, qui vaut tout de meme mieux que ce fatras écologico-nombrilo-filmique cher à cette Mecque du cinéma qui s’appelle Beaubec Productions, que le monde nous envie, mais qu’il ne nous prend pas!
MC

Ed dit: 12 mars 2019 à 14 h 33 min

Les pâtés toujours les pâtés. Grand Dieu trouvez-vous un correspondant comme au collège et ecrivez-lui de longues lettres.

Jazzi dit: 12 mars 2019 à 14 h 27 min

« JEUNE BERGERE ». Largement diffusé

Pas tant que ça, Clopine, alias Beaubec production !
On peut le voir seulement à Paris dans deux ou trois salles et à de certaines heures. J’ai raté mon tour en allant aux Champs… Elysées !

Clopine dit: 12 mars 2019 à 14 h 07 min

taratata, Marc Court !

Hier, j’ai vu un classique, beau et fort sensible documentaire. J’en rends compte comme ceci (je n’aurais pas mis ce texte en ligne, mais comme cela va embêter Monsieur Court, je ne vais pas m’en priver, tiens ! Que ceux à qui cela va déplaire s’adressent donc à lui !)

« Nous, à Beaubec Productions, nous produisons des films documentaires ayant pour thématique la ruralité et l’environnement. Alors, bien sûr, nous sommes attentifs à ce que nos « grands confrères », les « professionnels de la profession », peuvent produire… Et nous admirons depuis fort longtemps le travail d’une Ariane Doublet, par exemple…

Une petite soeur d’Ariane, la réalisatrice Delphine DETRIE, vient elle aussi rejoindre les rangs des documentaristes qui témoignent de la vie rurale . Comme nous, à Beaubec Productions, avons carrément commencé notre « carrière » par le portrait de Jeanne Maimbourg, dans notre tout premier film « la Bergère et l’Orchidée », nous étions donc fort curieux du récent film de Delphine : « JEUNE BERGERE ». Largement diffusé, il rend compte de la vie d’une citadine reconvertie dans l’élevage de moutons de prés-salés, dans la presqu’île du Cotentin.

Le film a su capter, avec une facture « classique » mais très maîtrisée, l’atmosphère si particulière de cette partie singulière de la Normandie. Tout est harmonieux entre les paysages de terre et d’eau, et les scènes de la vie quotidienne de la Bergère…

Mais derrière ce très beau et très touchant portrait, la réalisatrice a su « pointer du doigt » l’envers du décor : les difficultés que rencontre la jeune bergère, dont le parcours est parfois kafkaïen entre l’obligation, pour rendre son exploitation rentable, d’agrandir son troupeau, et la difficulté, voire l’impossibilité, d’utiliser de nouvelles parcelles, solidement tenues et exploitées par quelques « gros » éleveurs du coin, le système d’attribution mis en place privilégiant systématiquent ces derniers, qui en sont à la fois les décideurs et les bénéficiaires !

Et l’héroïne, Stéphanie, doit faire face en plus à la malveillance caractérisée de ces voisins. Il faut saluer ici le courage de cette jeune femme, qui, calmement, dénonce les faits délictueux, va (sans aucun résultat) à la gendarmerie, et n’hésite pas à casser l’omerta qui règne trop souvent dans ces milieux. Il faut penser que, si la réalisatrice va poursuivre sa carrière « ailleurs », Stéphanie, elle, continue à vivre au milieu des gens dont elle relate ici les pratiques – et elle est parfois fort franche dans ses appréciations sur ses voisins. Mais on sent la jeune femme si déterminée, et si droite et honnête dans sa pratique, que le film, à mon sens, va sans doute la servir plutôt que la desservir. Peut-être même que les gendarmes pourraient enfin intervenir efficacement, la prochaine fois qu’un voisin furieux détruira ses clôtures et cherchera à lui nuire ?

Enfin, la démonstration est faite, dans le film, que la pratique agricole, devant les difficultés d’insatallation et de rentabilisation de l’entreprise auxquelles sont confrontés les « jeunes », doit se diversifier. Stéphanie vit désormais, pour 60 % de ses revenus, des activités annexes à son métier de bergère, entre animations scolaires et vente de produits fermiers (bio)..

Nous ne pouvons que vous recommander ce documentaire sensible, et juste, et nous croisons fermement les doigts pour souhaiter à Stéphanie de vivre comme elle l’entend, et pour que le milieu agricole, grâce à des belles personnes comme elle, évolue favorablement !

Une page facebook est dédiée au film, vous pouvez y aller de notre part !

l’équipe de Beaubec Productions

Petit Rappel dit: 12 mars 2019 à 13 h 55 min

clopine à la RDL: air connu/
Analysez moi!
Mais pas trop vite.
sachez me mériter,
ahahahah
Me consoler,
Ahahahah
M’apprécier…
Analysez-moi
Etc…

et alii dit: 12 mars 2019 à 13 h 19 min

les sources?
, un mot qui nous vient de l’océan Pacifique : il s’agit de Wiki. Un mot qui nous semble encore étranger mais que nous rencontrons dès que nous consultons Wikipedia, l’encyclopédie d’ailleurs utilisée pour écrire cette chronique.
LE POINT
bonne journée

Jazzi dit: 12 mars 2019 à 13 h 15 min

Peut-on imaginer La Recherche… de Marcel Proust en un seul volume de plus ou moins 200 pages ?
Portés par la série télévisuelle, qui renoue avec la tradition du feuilleton romanesque du XIXe siècle, il semble que de plus en plus d’écrivains ou de cinéastes ne veulent plus se limiter aux formats standards en usage : 200 pages pour le roman ou 1h30 pour le film ?
D’où un grand nombre de propositions artistiques qui bouleversent les lois du marché traditionnel et de ses contraintes formelles.
De même que d’aucun, ici, pour déjouer la lisibilité des messages courts, forcément courts, n’hésite pas, si nécessaire, à recourir à l’usage du : « à suivre… »

Jazzi dit: 12 mars 2019 à 12 h 29 min

« La Flor – Partie 1 » du cinéaste argentin Mariano Llinás.
Ici sont présentées les deux premiers épisodes (4 heures) d’une oeuvre cinématographique feuilletonesque en six épisodes, et six genres différents, dont le seul point commun est constitué par les quatre comédiennes que l’on retrouve chaque fois sous un autre emploi, d’une fiction l’autre.
Ceci, pour la forme singulière de ce film original, qui se distingue des « Senses 1&2, 3&4 et 5 » du cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi (2018), plus proches des séries télévisuelles traditionnelles.
Pour le fond, les portraits de femmes, leur caractère bien trempé, leurs histoires de coeur ou d’ambition, ne sont pas sans rappeler le cinéma d’Almodovar : ça chante, danse, fait peur ou battre les coeurs au rythme de la novela espagnole.
Un film total de 14 heures, à suivre…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19580924&cfilm=269134.html

Jazzi dit: 12 mars 2019 à 11 h 46 min

« Sibel » du couple franco-turc Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Avec la surprenante Damla Sönmez, dans le rôle d’une jeune fille sauvage, vivant avec son père et sa soeur dans un village isolé des montagnes de la mer noire en Turquie. Muette mais pas sourde, celle-ci communique grâce à la langue sifflée ancestrale de la région. Armée d’un fusil, elle traque inlassablement le loup qui hante les bois alentour.
Mi document réaliste, mi fable, ce beau film à caractère ethnographique, nous conte le combat d’une jeune fille émancipée, que la critique compare, à son désavantage, aux jeunes filles de « Mustang » de la réalisatrice turque Deniz Gamze Ergüven (2015).
Plus « organique » et moins esthétique que le film précédent, on peut cependant, comme moi, préférer celui-là.
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19582430&cfilm=264270.html

et alii dit: 12 mars 2019 à 11 h 33 min

Thomas Lodge (né vers 1558 à Londres ou à West Ham – mort en septembre 1625 à Londres) est un médecin et un dramaturge anglais ayant vécu pendant les règnes d’Élisabeth Ire et de Jacques Ier. Pendant la première moitié de sa vie, il a écrit des critiques, des pièces de théâtre, parfois en collaboration avec Robert Greene, ainsi que des poèmes et des romans d’amour précieux. Il fut un temps marin soldat, voyageant jusqu’au détroit de Magellan avec sir Thomas Cavendish. Pendant la seconde moitié de sa vie, il se consacre à la médecine, après avoir obtenu son doctorat à Avignon en France. Il a écrit un traité sur la peste et est mort de cette maladie à son domicile londonien en
septembre 1625.
merci wiki

et alii dit: 12 mars 2019 à 11 h 31 min

: pour conclure, par le véritable mouvement de l’air subtil, il pénètre avec violence, et, par la contemplation, il aspire doucement ; par son ton paisible, il inspire un merveilleux plaisir ; par sa nature, à la fois spirituelle et matérielle, il ravit le tout en lui-même et fait qu’un homme n’est plus que musique et se dévoue tout entier à sa cause : ceci en mémoire de son excellence. »
(Le docteur en médecine Thomas Lodge, 1621)
https://www.francemusique.fr/emissions/le-matin-des-musiciens/john-dowland-ou-l-anatomie-de-la-melancolie-avec-thomas-dunford-et-anna-reinhold-25820

Bérénice dit: 12 mars 2019 à 11 h 03 min

sur ces considerations, je cesse d’occuper l’espace en figurant un échange digne d’une  » waiting room « . Ciao.

Bérénice dit: 12 mars 2019 à 11 h 00 min

Mais peut être est ce que je suppose mal, vos efforts constants , votre participation sans relache à cette urne ne sont pas forcement gages et nous , d’autres et moi, auront été hâtifs en vous concédant cette qualité.

Bérénice dit: 12 mars 2019 à 10 h 55 min

Je voulais dire mis à nu dans le sens découvert , une découverte, une trouvaille, un gain culturel. Je présume qu’armée de votre subtilité habituelle vous aviez compris.

Bérénice dit: 12 mars 2019 à 10 h 06 min

Sinon, comment sortir l’Europe de l’unanimité de rigueur ? L’Allemagne ne depenserait plus son énergie en opposant son veto aux projets de réformes qui doterait la zone euro, l’Europe, l’espace Schengen? d’un esprit
politique communautaire pour rejoindre son identité économique. Remarquons que les fachos acceptent volontiers l’Europe sécuritaire et sécurisée, à part cela rien ne passe

Rocchi Rainier dit: 12 mars 2019 à 9 h 49 min

Merci pour cet excellent hommage assumé et mérité qui rend décidément indispensable La République des Livres pour tout amateur de Littérature en France aujourd’hui!

Bérénice dit: 11 mars 2019 à 23 h 38 min

Jean, tout doit être proportionné , si vous n’avez pas de quoi garer votre véhicule optez pour le vélo pliable.

Jazzi dit: 11 mars 2019 à 23 h 17 min

Après Napoléon III, Macron nous la joue de Gaulle !
La Ve a encore de beaux jours devant elle…
Merci, les Gilets jaunes !

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