de Pierre Assouline

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La République des livres
« Proust sioniste » ou Sion proustien ?

« Proust sioniste » ou Sion proustien ?

« Les temps changent… » Jamais jusqu’à la crise que nous vivons Antoine Compagnon n’aurait imaginé qu’un jour il en viendrait à rendre public son prochain livre chapitre par chapitre, en ligne et gratuitement. Ce ne sont pas ses fidèles auditeurs parisiens du prestigieux Collège de France (à côté de la Sorbonne où il professa, en face du « Vieux Campeur » où il s’équipa) qui s’en plaindront, qu’ils soient étudiants, chercheurs, retraités ou simples lecteurs mus par leur seule curiosité intellectuelle. Depuis quatorze ans qu’il y est titulaire de la chaire  « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie », austère intitulé qui aurait pu en faire fuir plus d’un, Antoine Compagnon s’y produit chaque mardi après-midi à guichets fermés. Pourtant, discret jusqu’à la neutralité érigée en principe d’enseignement, il n’a rien d’une bête de scène.

Ces dernières années, il n’en pas moins rempli systématiquement le grand amphithéâtre ; beaucoup s’y pressaient une ou deux heures avant pour être sûrs d’avoir un siège, ainsi que dans ses « déversoirs », annexes qui permettent de suivre en direct sur des écrans vidéo ; il y parlait de Proust, sa spécialité, mais aussi de Baudelaire, de la guerre littéraire ou encore des fins de carrière en littérature. Quelque 800 personnes en tout sans compter les milliers d’autres qui le suivent en ligne sur le site du Collège. Un succès des plus rares dans cette enceinte, partagé par Anne Cheng lorsqu’elle y enseigne la réévaluation de Confucius et l’histoire intellectuelle de la Chine, et par Thomas Römer pour son cours sur les « Milieux bibliques ».

On s’en doute, depuis que le confinement est de rigueur et que les cours et conférences ont été annulés, le site du Collège de France a explosé. La demande a été telle qu’il a fallu demander un élargissement de la bande passante. Loin de décourager Antoine Compagnon, la situation l’a au contraire poussé à reprendre un projet de recherche lancé il y a plusieurs années : initialement intitulé « Jeunes juifs lecteurs de Proust », il a été depuis rebaptisé « Proust sioniste ». Ce qui claque presque comme une provocation tant l’adjectif est devenu chargé sinon explosif – et sa polysémie propice aux malentendus. Dans certains milieux et sous certaines plumes, il a même glissé du statut d’opinion à celui d’injure.

Si les Juifs, le judaïsme et l’antisémitisme sont bien présents dans l’ensemble des écrits de Proust, notamment à travers l’affaire Dreyfus, on y chercherait en vain la moindre évocation du sionisme. De quoi peut-il donc bien s’agit sous l’intitulé « Proust sioniste » ? L’historien de la littérature a donc exploré les revues sionistes, orientées vers l’émigration juive en Palestine, publiées en France dans les années 20 dans l’élan à eux donné par la déclaration Balfour en 1917, et pas seulement les revues israélites représentatives d’un judaïsme plus assimilé à la société française.

Cette étude lui a révélé comment de jeunes activistes politiques instrumentalisaient la réussite du lauréat du prix Goncourt 1919 (sa mère était née Jeanne Weil) au nom de la fierté juive ; ils lisaient A la recherche du temps perdu comme un parcours du retour à Israël ; quand les israélites français avaient négligé Proust (de même que les universitaires dans leur ensemble, laissant longtemps le travail aux critiques, aux écrivains et aux mémorialistes), eux en avaient fait un vecteur de propagande au service de ce qu’ils tenaient pour « un nouvel universalisme » destiné à prendre le relais du prophétisme juif ; cet usage de l’écrivain et de son œuvre qui s’interrompit dans les années 30. N’empêche qu’à lire l’enquête très fouillée de Compagnon, on se demande si, plutôt que l’intituler « Proust sioniste », il n’eut pas été plus exact, mais certes moins public, de la présenter comme « Sion proustien »… Qu’il s’agisse des Juifs, des israélites ou des sionistes, il y a là un recueil remarquable de choses lues sur la réception de la Recherche dans ces milieux.

« Personne n’avait fait ce travail avant et si je m’y suis mis, c’est aussi en contrecoup à un air du temps appuyé sur certaines publications qui tendent à faire de Proust un antisémite ! » explique Antoine Compagnon, reconnaissant que son titre « Proust sioniste » lui est venu en réaction à l’essai d’Alessandro Piperno Proust antijuif et à d’autres de la même encre. C’est peu dire qu’il s’inscrit en faux contre ceux qui dénoncent aujourd’hui le traitement par l’auteur de la Recherche de ses personnages juifs (Albert Bloch, Charles Swann, Nissim Bernard, Rachel-quand-du-seigneur) ou se scandalisent d’un passage bien connu de Sodome et Gomorrhe I la comparaison des invertis et des juifs ou de la non moins fameuse page de Sodome et Gomorrhe II sur la transformation de Swann sous le coup de la maladie et de l’affaire Dreyfus.

Huit chapitres de ce nouveau livre sont donc mis en ligne depuis le début du confinement à raison d’un par semaine :

  1. Ultima verba
  2. Menorah
  3. Une question oiseuse ?
  4. « Le même degré d’hérédité que Montaigne
  5. La Revue juive
  6. Le style du rabbin
  7. Se faire un trou dans la bourgeoisie française
  8. Le Zohar ou l’Astrée 
  9. La fin de l’après-guerre
  10. Epilogue provisoire

Leur lecture en est passionnante car la moisson est riche et son exposé, dense. La décision lui a été dictée par l’événement. Il l’a tweetée ce qui a aussitôt drainé vers le site du Collège de France tant ses habituels auditeurs, surpris et comblés, d’autant que la nécessité l’a poussé à illustrer son texte par des photos, des documents et des reproductions de ces fameuses revues, ce qui ajoute à l’aspect foisonnant de cette étude : « Au fond, je me retrouve dans la situation des feuilletonistes de la fin du XIXème siècle » dit-il, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Le couperet de la retraite est fixé à 70 ans au Collège de France depuis 1936. On imagine sans peine que, dans le cas contraire, ce travail sur Proust y aurait fait la matière d’un prochain séminaire ; au lieu de quoi on se contentera de le lire en ligne ou d’attendre sa publication l’an prochain chez Gallimard sous la houlette de Pierre Nora.

Pour continuer à suivre ses cours à la rentrée, il faudra donc désormais se déplacer à Columbia University où l’on ne disqualifie pas un esprit en fonction de son âge. Heureux newyorkais qui feront bientôt leur miel de ses analyses sur Montaigne et Rabelais. Sur ce plan là, chez nous, les temps ne changent pas.

(« Marcel Proust guitariste en 1892 aux pieds de Jeanne Pouquet au court de tennis du boulevard Bineau à Neuilly » photo D.R.: « Jeanne Proust aux réflecteurs » photographiée par Nadar ; « Conférence d’Albert Cohen »)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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commentaires

1 620 Réponses pour « Proust sioniste » ou Sion proustien ?

B dit: à

Pablo, si vous venait de vous lancer en politique, j’ai un slogan qui vous irait comme une paire de godasses sur mesure: la continuité sans changements.

Janssen J-J dit: à

@ Je n’en ai nul besoin. Garde la bien au chaud.

Ne dites pas cela. Un jour, vous viendrez me supplier de vous la donner. Mais elle sera froide, hélas. Vous regretterez alors votre haine irrationnelle et de n’avoir pas pris la main de qui vous l’aura tendue.

Janssen J-J dit: à

@ la continuité sans changements.

Un slogan giscardien, B., non ?
Bien à vous.

B dit: à

Il pourrait être un programme commun à de nombreux politiciens.

B dit: à

Pablo, existe t il un 38 voire 39 ? Merci de me renseigner
.

Jazzi dit: à

« Et chez les gays au fait, y’a aussi eu de la récup de Marcel Proust ? »

Bien sûr, Marie Sasseur. De nombreux Charlus en cuir défilent en tête de gayprides et sainte Marcelle est notre patronne…

B dit: à

Jazzi, sans être homophobe, je n’aime pas les gay pride en raison d’une l’inadéquation esthétique mais peut être faudrait il que je m’y joigne sans trop de fanfreluches pour éprouver le chaleur , la gaîté, le sentiment de liberté ou de libération que ressentent ceux qui y participent .

Jazzi dit: à

La gay pride, c’est un peu le carnaval des gays, B.
Je n’en suis pas particulièrement fan, pas plus que du carnaval d’ailleurs !

B dit: à

Proust aurait-il détourné son regard de ce genre de spectacle ou en aurait-il souri?

B dit: à

Tout de passait alors à l’abri, les gens ne s’exposaient pas ainsi par les rues. Quelle différence de traitement, n’est-ce-pas, des maisons closes au bois.

Chaloux dit: à

Oui, j’en ai joué quelques unes dans une autre vie, Pablo. Peut-être pas difficiles techniquement, dans mon souvenir. Mais pour celle dont tu donnes le lien, il faut travailler le rythme de chaque main séparément, sinon on ne s’en sort pas. L’interprétation d’Alicia de Larrocha me surprend et en même temps me plait beaucoup.
Ici par Granados lui-même (rouleau).

https://www.youtube.com/watch?v=AUyu4UUf7wg

Petit Rappel dit: à

Pour la terre numéro II , on peut songer Jean Lahor, lié avec Proust père et fils, a commis un Bonheur recueilli dans son grand œuvre, L’Illusion. C’est symbolard et doloriste, comme tout ses poèmes, mais ça pouvait frapper un jeune homme autour des années 1900.
Il me semble, envoi à l’appui, que le cousin d’Henri de Régnier répondait au nom de Raphael Molhmann, ce qui peut rendre assez cocasse les considérations sur les « salamalecs de Bazar « dudit Régnier.
Oui bHamlet, nous veons à la fois tenir compte de la lecture beuvienne, et de l’autre. L’important est que la première ne prenne pas le pas sur la seconde. Lamartine a couché avec Madame Chasles, d’accord. Mais est-ce que cela suffit à expliquer le Lac?! Evidemment pas.
Bien à vous.
MC

vedo dit: à

Pablo 75 et Chaloux, si je peux me permettre, quand vous écrivez « normalement », vous pouvez être quand même vraiment intéressants. e.g., l’échange sur Granados. Je ne dirais pas que la guitare « gagne ». Les trois enregistrements sont tellement différents. Granados, très émouvant, merci. -étonnante qualité du rouleau-De Larrocha plus pianiste, ce qui me plait ausssi beaucoup. (Pas la peine de trop comparer. Nous conviendrons qu’elle connaissait l’enregistrement de Granados et a vu ce morceau bien différemment).

et alii dit: à

Mais est-ce que cela suffit à expliquer le Lac?! Evidemment pas.
C’était à dire;

JiCé..... dit: à

Mercredi 13 mai 2020, 5h57
Les mécaniciens cambouiseux de tout sexe, de toute spécialité, causent chez Passou des caractéristiques fines de cet attrape-couillons de Proutprout !

La belle affaire, ce Marcelito mort vivant !

L’innocent qui clamerait son sentiment à la lecture de ces commentaires, à savoir le profond ennui qui s’en dégage, fadaises, délires, suppositions entre mécaniciens au chômage, serait mal vu d’affirmer que parler des diligences, mortes, au IIIème millénaire, c’est d’un ridicule achevé.

Marie Sasseur dit: à

« Lamartine a couché avec Madame Chasles, d’accord. Mais est-ce que cela suffit à expliquer le Lac?! Evidemment pas. »

C’est ce que l’on nomme un raisonnement qui ne tient pas debout.
Stupefiant.

Marie Sasseur dit: à

#?Il existe de très bons romans sur la construction des ponts, par ex. la Maylis de Ker Andale (naissance d’un pont)… par des nul.les en maths

Il faut l’offrir à M. Compagnon.

Le fond de l’affaire c’est qu’il légitime un choix, le sien, très « ambitieux », enfin plein d’ambition, au détriment de l’une des plus vieilles Ecoles de France.

Rien qu’à voir la liste des anciens élèves, et les formations, le Pont mène à tout…

Marie Sasseur dit: à

« Lamartine a couché avec Madame Chasles ( lire: Julie épouse Charles, correction de moi), d’accord. Mais est-ce que cela suffit à expliquer le Lac?! Evidemment pas. »

Lamartine n’a pas couché avec Julie. D’accord. Est-ce que cela suffit à expliquer Raphaël ? Évidemment !

Chaloux dit: à

vedo, je me passe de votre jugement. Si vous voulez le mien, je vous trouve pédant et raisonneur.

(L’enregistrement de Granados n’est pas un simple rouleau. C’est une bande cartonnée, le principe très amélioré de l’orgue de barbarie).

Janssen J-J dit: à

Les « bonnes questions » du jour (13.5.20 @ 8.40, dernier saint de glace) : Thomas Mann avait-il couché avec Claudia Chauchat ? Gustave Flaubert avait-il couché avec Emma Bovary ? (coucher = dormir avec). Sont-elles pertinentes ? Tiennent-elles debout ?
NB / (sccop de « l’actu » pour Jissé) – On attend un pic de natalité français pour décembre prochain. Un couple va même prénommer son futur bébé Corona ou Corono.

renato dit: à

Il serait opportun que les psychorigides qui siegent à la cour constitutionnelle allemande se calment — une camomille on the rocks pourrait les aider —, car encore un pays qui sort de l’union et les Allemands se retrouvent à faire la queue à la brasserie pour un galopin…

Marie Sasseur dit: à

#(coucher = dormir avec)

Coucher dans le sens de « Lamartine a couché avec Mme Charles. D’accord » ne permet aucune ambiguïté copulatoire, dans l’intention de celui qui a écrit cette phrase. Qui est dans ce cas : fausse.

Ce qui n’était pas le cas de Graziella.
Ainsi « Lamartine a couché avec Grazziella » est une proposition vraie.

De cette ambiguïté, qui n’en est pas une, je suis en mesure de pouvoir dire que
« JJ Rousseau a couché avec Mme la Baronne » est à la fois vrai, et faux.

Bonne journée

Jazzi dit: à

Longue marche ininterrompue hier de 16 heures à 21 heures. A Montmartre, sans touristes et sans marchands d’oeuvrettes immondes sur la place du Tertre, l’on retrouvait l’ambiance du village perché de jadis. Hélas, la ville n’a pas saisit l’occasion des 55 jours de confinement total pour nettoyer de fond en comble les rues de la capitale à grandes rasades d’eau ! Partout au sol des détritus, canettes, brisures de verres, feuilles mortes hivernales et traînées douteuses. Partout également on a laissé les mauvaises herbes envahir l’espace, offrant ainsi un écrin idéal aux rats parisiens.
A croire que nos édiles et nos concitoyens ont le goût de la crasse ?
Auquel cas, madame Hidalgo est assurée d’être reconduite à son poste en juin prochain.

JiCé..... dit: à

SCOOP
« On attend un pic de natalité français pour décembre prochain. Un couple va même prénommer son futur bébé Corona ou Corono. » (Gigi l’amoroso)

Il ne pense qu’à ça, notre fumiste bavard !…..

Marie Sasseur dit: à

Et hier soir les marches du parvis du Sacre Cœur, ont été évacuées menu militari…

Marie Sasseur dit: à

manu militari

Jazzi dit: à

J’étais monté dans le bus 46 à la porte Dorée (l’accès se fait désormais par la sortie sans plus avoir à payer). Après la traversée des XIIe, XIe et Xe arrondissements, avec un léger détour par le XXe à la place du Colonel-Fabien, je suis descendu devant la gare de l’Est. Des cordons de police filtraient les entrées. Là, j’ai gravi l’amusant escalier Napoléon III, à gauche, et j’ai découvert alors qu’un nouveau jardin, suspendu au-dessus des rails, a été aménagé. Actuellement fermé, bien évidement. On l’a baptisé du nom d’une députée brésilienne assassinée. Peu après, en passant devant la gare du Nord, où malgré mon masque j’ai été saisi par une forte odeur d’urine, j’ai aperçu un même cordon de police empêchant les gens d’entrer et renvoyant ceux qui désiraient rejoindre le métro ou le RER vers l’unique porte réservée à cet effet. Juste avant le boulevard Magenta, dans un renfoncement, devant un bar fermé, un jeune SDF black était allongé, jambes écartées et le fond du pantalon entièrement éclaté. Dans la masse sombre, j’ai pu distinguer les parties charnues de son anatomie, offerte généreusement à la vue des passants de tous sexes et de tous âges. A Barbès-Rochechouart, j’ai eu une pensée émue devant le Louxor, l’un des cinémas où j’ai mes habitudes. Poursuivant ma route vers Château-Rouge, quelques jeunes gens m’ont proposé discrètement des cigarettes ou plus. J’ai répondu en souriant que je n’étais pas intéressé. Une population plus dense à majorité africaine m’a fait bifurquer vers les petites rues sinueuses, à gauche, et j’ai atterri au bas d’une série d’interminables escaliers me conduisant directement au pied du Sacré-Choeur, avec sa vue imprenable sur Paris. Là encore, un cordon de police municipale, cette fois-ci, surveillait que la distance réglementaire soit bien maintenue entre les jeunes oisifs assis sur les marches. Première étape d’un long périple dont je vous épargne la suite…

x dit: à

Ce soir sur Arte, 20h 50 Faute d’amour, de
Andreï Zviaguintsev

Faute égale ici : par manque de

On se souviendra de la révolte de l’Ivan Karamazov de Dostoïevski « Tu aimes les enfants, Aliocha ? Je sais que tu les aimes, et tu comprendras pourquoi je ne veux parler que d’eux. Ils souffrent beaucoup […] »

JiCé..... dit: à

Ah, Paris ! Paris… ! Comme me manque ton odeur d’urine ! Ah, pourquoi moi qui aime tant l’Afrique originelle t’ai-je quittée …

Beauté chaude et pissante de la Garde du Nord, tu me manques ! merci, JiBé !

Janssen J-J dit: à

à propos des flâneries d’un esthète amateur de ruines, permettons-nous quelques remarques à notre ami Jzmn… Son ultra sensibilité à la crasse des quartiers populaires ne peut être imputée qu’à des gens de couleurs dépourvus de la moindre éducation. Son ultra sensibilité à la responsabilité des édiles dans la dégradation du paysage, Mme Hidalgo en tête pour ne point la nommer, excipe ou atteste du flâneur d’une partialité partisane pour le moins désagréable : [ON a laissé les mauvaises herbes envahir l’espace -que fait la police ?-], avec toujours les mêmes erreurs factuelles… sur la « police municipale » de la dame, par ex. (Rappelons qu’il n’en existe pas -encore- à Paris, que la « gestion de l’ordre » sécuritaire et sanitaire reste, jusqu’à plus ample informé, de l’unique ressort du Préfet de police macronien, càd Didier Lallemand).
Au total…, on se dit que de telles chroniques au quotidien sont sans doute charmantes et bienvenues, mais d’une légèreté parfois agaçante. C’est à la fois dommage et peut-être rassurant. Bonne journée, jzmn.

(NB – ne le prenez pas à mal, on conçoit bien que tout cela s’inscrive dans le nouveau projet d’un goût de la marche déconfinée en temps réel).

Janssen J-J dit: à

@ Lamartine a couché avec Grazziella » est une proposition vraie…

Je ne saurais la discuter, n’ayant point tenu la chandelle à l’époque, comme dirait jzmn. Ni lu ce roman d’ailleurs, dont Fromentin a dit beaucoup de mal, ce me semble (pédant, pompeux et hors de la rigueur des canons du romantisme révolutionnaire de 48, etc.).

hamlet dit: à

passou en plus c’est drôle de mettre en légende de cette photo « Proust avec Jeanne Pouquet » et d’enlever celle-ci.

dans ce cas il aurait mieux valu comme légende : « Proust avec sa raquette et Simone »

quitte à supprimer Jeanne Pouquet de l’histoire proustienne autant le faire jusqu’au bout…

Pablo75 dit: à

@ Chaloux

C’est beau aussi à la guitare, mais moi je le préfère au piano, et plus par Alicia de Larrocha que par Granados lui-même, qui va trop vite là où c’est le plus beau – le thème principal – (dans son esprit, cela doit être un « zapateado flamenco », donc rapide – c’est une danse « andaluza », donc flamenca).

C’est quoi qui te surprend dans l’interprétation d’Alicia de Larrocha?

J’imagine que tu connais aussi son Allegro de Concierto (qui a l’air redoutable), ici joué par Iturbi (1895-1980), un pianiste (mais aussi compositeur et chef d’orchestre) qui était très connu dans les années 60-70 et qui m’a l’air très oubliè aujourd’hui:

José Iturbi plays Granados Allegro de Concerto
https://www.youtube.com/watch?v=Kvyq_aKxyks

hamlet dit: à

Monsieur Court, je ne vois vraiment pas ce que vient faire Sainte Beuve dans cette histoire ?

à moins de considérer le fait que Marcel a aimé une femme qui s’appelait Jeanne Pouquet à qu’il lui donne le rôle de Gilberte relève du détail biographique.

Marie Sasseur dit: à

Il y a une page du roman « Sérotonine « , où Houellebecq se livre à une mise à jour déjantée et non dénuée de réalisme, avec une étude comparative du romantisme de Proust et T. Mannequin vs Lamartine, avec des comportements tout à fait actuels de la scène médiatique, et du phénomène star-system, le caractère un peu « trouble » des deux premiers, et la « pureté ( toute relative) du romantisme , le lyrisme , de l’homme du lac, lol.

Marie Sasseur dit: à

Thomas Mannequin 🤣

hamlet dit: à

Non le plus étonnant est que la place de cette Jeanne Pouquet dans la vie de Proust ait été complètement passée sous silence…

Comme s’il y a avait dans cette histoire quelque chose de honteux.

hamlet dit: à

une des choses les plus touchantes est que Jeanne Pouquet a demandé à Proust d’être témoin de son mariage, et qu’il a refusé, il n’a même pas assisté au mariage.

c’est Anatole France qui fut son témoin de mariage…

Marie Sasseur dit: à

Bien vu amlette.
On va avoir la tronche de Rihanna, à la place.

et alii dit: à

par pitié, hamlet, n’en faisons pas un saint marcellin

hamlet dit: à

et alii dit: par pitié, hamlet, n’en faisons pas un saint marcellin
 »

j’informe juste les ignorants.

vous savez, ceux qui reprochent aux autre de n’avoir jamais lu la Recherche et qui en même temps voient des travelos partout dans le livre !

Gilberte n’était pas un travelo : c’est tout de même une information importante non ?

hamlet dit: à

je n’ai pas du tout aimé le « tu devrais le lire… »

alors je suis loin de m’arrêter.

je dirais même que je n’en suis qu’au début !

Pablo75 dit: à

@ vedo

« si je peux me permettre, quand vous écrivez « normalement », vous pouvez être quand même vraiment intéressants. »

Avec ton passé de mythomane sur ce blog, tu peux tout te permettre : on est déjà « curados de espanto », comme on dit en espagnol (estar curado de espanto, loc verb coloquial (estar curtido en todo)(familier) : en avoir vu d’autres).

Ou dit moins élégamment que Chaloux (« vedo, je me passe de votre jugement »), on s’en fout de ce que tu penses.

renato dit: à

Virginia Woolf chez Paul Edel…

chantal dit: à

est – ce que les étrangers sont bienvenus dans ce tripot ultra sélect sioniquo-parisiano-gayoproutprout ? j’ai essayé dans mon coin de lire ne fût-ce que la fiche wikipédia de la fille de jeanne et ma question est, faut-il s’embarrasser dès l’entame du who’s who’s proustien, ou ne pas forcer la bête et piocher dedans sans vouloir maîtriser la bête …

J’avoue que je n’ai pas une envie dingue de m’y coller même pour me faire des potes. Je préfère m’aérer les neurones et penser à moi qu’à cet encombrant de la littérature, car quand on recherche en soi- même, plein d’échos nous viennent de certaines similitudes entre des personnages croisés, connus, à découvrir ou à narrer soi-même si on en a le temps et puis il y a quelque chose d’un peu douteux à vivre sans cesse dans les méandres des autres à un moment on dit stop, svp de l’air çà sent ici trop la vieille chaussette, le fond de buffet, d’autant que chaque jour de confinitude nous inflige notre ridiculum vitae personnel comme dirait jp verhhegen, on est au bord d’un transition majeure de nos vies, relire marcel proust c’est boucher un trou vide en attendant godot, le leurre total …

Pablo75 dit: à

Ça y est, ce qu’on craignait depuis quelques semaines est arrivé: l’alzheimer l’a rattrapé.

Le Pétomane est devenu le Pétomane Radoteur.

L’EHPAD n’est pas loin…

hamlet dit: à

la fille de Jeanne Pouquet, Simone, celle que l’on voit sur la photo de passou a épousé l’écrivain philosophe André Maurois, de son vrai nom Salomon Wilhelm Herzog.

il a écrit un bouquin en 1949 : « à la recherche Marcel Proust » où de longs passages sont consacrés à cette histoire d’amour entre Jeanne et Marcel.

il faut demander à passou il connait bien André Maurois, pas vrai passou ?

hamlet dit: à

Jazzi, je n’attends qu’une chose de toi : des excuses pour ce que tu as dit hier !

hamlet dit: à

Pablo, demande à Jazzi de s’excuser parce que tant qu’il ne fera pas je n’arrêterai pas.

Jazzi dit: à

« la crasse des quartiers populaires ne peut être imputée qu’à des gens de couleurs dépourvus de la moindre éducation. »

A Paris, la crasse n’est pas raciste, JJJ. On trouve la même dans les beaux quartiers. J’aurais l’occasion dans les jours prochains d’en reparler. Les « gens de couleur », nombreux dans les services de nettoyage municipaux n’attendaient probablement que l’ordre de leur patronne, qui apparement n’est jamais venu, pour récurer de fond en comble les rues de la ville. Ce matin, sur BFM TV, madame Hidalgo, interpellée par monsieur Bourdin qui lui faisait remarquer que Paris était toujours sale, a ressorti son sempiternel argument sur l’incivilité…
Responsable mais pas coupable !

hamlet dit: à

voilà ce qu’écrit André Maurois dans son livre – citant Jeanne Pouquet :

« Si l’on met ‘Tennis du boulevard Bineau’ à la place des « Champs-Élysées’ dans la description de l’amour de Marcel pour Gilberte, je retrouve presque mot pour mot les évocations de son amour pour moi »

Jazzi dit: à

hamlet, la Jeanne Pouquet je l’encule, et toi en prime, si ça peut te faire plaisir !

Chaloux dit: à

Pendant que Proust, selon Hamlet, songeait à épouser Jeanne Pouquet -ou dans ces années-là-, il signait ses lettres à Reynaldo Hahn: ton petit poney. Que ceux qui ont écrit une lettre à un ami en la terminant par « ton petit poney » lèvent le doigt. Passons. Proust a souvent parlé mariage (jusque vers 1914) pour essayer de détourner l’attention. On allait voir ce qu’on allait voir, il allait changer de vie, rien ne serait plus comme avant. Évidemment, on n’a rien vu du tout, tout est resté en l’état. Je ne sais plus qui a dit qu’il était le seul à ignorer que tout monde savait à quoi s’en tenir sur son cas.

Jazzi dit: à

Chantal, parle-nous plutôt du déconfinement à Bruxelles.

Jazzi dit: à

« Je ne sais plus qui a dit »

Sa mère ou sa mère-grand, Chaloux ?

hamlet dit: à

Chaloux, vous m’accorderez une chose : tout le monde connait l’amour entre Reynaldo et Marcel.

par contre cette histoire d’amour entre Jeanne et Marcel a été totalement occultée !

non seulement occultée mais elle provoque des réactions violentes comme celles de Jazzi hier !

et quand on parles des amours de Marcel et Reynaldo il ne viendrait à personne d’évoquer Sainte Beuve comme le fait Mr Court.

la question qu’il faut se poser c’est : POURQUOI ?

hamlet dit: à

Chaloux, vous comprenez ? vous voyez la différence ?

hamlet dit: à

oups : et quand on parles des amours de Marcel et Reynaldo il ne viendrait à personne l’idée d’évoquer Sainte Beuve comme le fait Mr Court.

Chaloux dit: à

Si l’on en croit Sodome et Gomorrhe, c’est en couchant avec des femmes que l’inverti devient pervers. Proust a peut-être légèrement gougnotté cette demi-mondaine qui était la maîtresse de son père et dont le nom m’échappe et un peu Louisa de Mornand (« dont le nom n’est pas le participe présent de morner »). Mais je ne sais plus qui a remarqué que le narrateur n’a jamais de rapport sexuel complet, ni avec Albertine, ni avec aucune autre. C’est l’empêchement perpétuel. S’il y en avait eu, Jeanne Pouquet aurait sans doute noté quelque part, comme cette pauvre Elsa Triolet : jamais d’érection complète.

chantal dit: à

J’ai lu la querelle et il me semble, mais je peux me planter que le vécu du lecteur de la recherche hamlet se heurte au vécu du lecteur jazzi, sans compter les rancunes obscures d’un pablo 75, les désillusions clopiniennes, bref si lire proust provoque un tel chahut intérieur c’est peut – être intéressant, passou étant un peu voyeur et ricaneur on ne sait jamais s’il s’appuie sur son comentarium où s’il vient audessus en rajouter une couche encore + complexe genre vous êtes pas encore prêts ni suffisamment informés et dans ma grande bonté je vous donne une lampe pour les catacombes. A mon fils j’ai expliqué que c’était un auteur à voile et à vapeur, constipé émotionnel qui avait mis beaucoup de temps à s’exprimer correctement ce qui intriguait souverainement un nombre impressionnant de lecteurs qui avaient un certain temps à tuer. Ce n’est peut-être pas archi subtil, mais pour un belge multilingue au pédigrée éclaté qui enseigne le codage çà permet le dialogue.

https://www.youtube.com/watch?v=A7xYXZ1dQX0

hamlet dit: à

et pourquoi à la place laisser planer l’idée que Gilberte serait un homme ?

pourquoi faut-il que le lecteur (comme l’a dit Jazzi) ne voit dans ces amours que des travelos ?

POURQUOI ?

Jazzi dit: à

Chaloux, quand un homo fait son outing auprès de sa mère, celle-ci lui répond généralement : « Je le savais déjà et j’attendais que tu m’en parles »…

hamlet dit: à

« le vécu du lecteur de la recherche hamlet se heurte au vécu du lecteur jazzi »

où voyez-vous que je me heurte à un vécu quand je dis que Marcel a aimé Jeanne et que Gilberte est cette Jeanne ?

c’est juste une vérité !

pourquoi voyez-vous du vécu dans ce fait ?

d’où porvient cette folie ?

Pablo75 dit: à

A Paris, la crasse n’est pas raciste, JJJ. On trouve la même dans les beaux quartiers.
Jazzi dit:

Prix du Politiquement Correct pour le mois de mai sur l’Erdelie: Jacques Barozzi, dit Jazzi.

Tout parisien sait depuis longtemps que les quartiers riches sont plus propres que les pauvres. La crasse est classiste.

Ce n’est pas parce qu’un crétin t’accuse de racisme parce que tu as constaté une évidence, qu’il faut que tu mentes pour te justifier.

(Cela faisait longtemps que je ne lissais pas La Gigi et je vois qu’avec le temps sa connerie de naissance s’aggrave: « à propos des flâneries d’un esthète amateur de ruines, permettons-nous quelques remarques à notre ami Jzmn… Son ultra sensibilité à la crasse des quartiers populaires ne peut être imputée qu’à des gens de couleurs dépourvus de la moindre éducation ». Il faut quand même être un con fini pour penser des âneries pareilles. À côté, le Pétomane est Spinoza et Musil ensemble).

hamlet dit: à

Chantal si je vous dis que la terre est ronde et qu’elle tourne autour du soleil vous dire que c’est mon vécu qui me fait le dire ?

hamlet dit: à

par contre faire l’erreur d’imaginer que Gilberte est un homme alors c’est tout simplement une femme,

et ne pas supporter cette vérité disant que c’est tout simplement une femme,

alors ça c’est le genre d’entourloupe de l’esprit que l’on peut imputer au vécu.

la question : COMMENT et POURQUOI le vécu peut-il modifier à ce point la vérité et la rendre insupportable ?

Jazzi dit: à

Pablo, va te promener dans les 6e, 7e, 8e, 16e ou 17e arrondissements ou même dans le 12e, le quartier relativement bourgeois où je demeure. Pour la saleté ce n’est guère mieux et parfois pire. Les maires d’arrondissement n’ont aucun pouvoir sur les services de propreté…

hamlet dit: à

si l’on fait la recherche sur goolgle de cette amour entre Jeanne et Marcel on n’en trouve aucune trace !

alors qu’une histoire d’amour entre Marcel Proust et un femme c’est tout de même loin d’être un détail biographique !

on peut imaginer que cette occultation est de l’ordre d’un vécu collectif.

et là ça nous renvoie de facto aux écrits de Clément Rosset !

hamlet dit: à

et alli ou alors vous ? vous avez bien une idée ?

pourquoi selon vous on ne trouve aucune trace sur internet de cette histoire d’amour entre Jeanne et Marcel ?

pour faire en sorte que les choses restent conformes aux idées qu’on s’en fait ?

comment ce genre de truc fonctionne-t-il dans la psychologie collective ?

Pablo75 dit: à

@ chantal

« J’ai lu la querelle et il me semble, mais je peux me planter que le vécu du lecteur de la recherche hamlet se heurte au vécu du lecteur jazzi, sans compter les rancunes obscures d’un pablo 75, les désillusions clopiniennes, bref si lire proust provoque un tel chahut intérieur »

En effet, tu peux te planter. Et cela parce que tu es très mal informée et que c’est toujours très risqué de donner son opinion dans ce cas-là. Sache que « le vécu du lecteur de la recherche hamlet » ne peut pas « se heurter au vécu du lecteur jazzi », tout simplement parce que le premier n’a jamais existé.

chantal dit: à

c’est probablement la répétition de ce que vous avez appris à l’école hamlet, maintenant si on change de paradigme et que vous avez été à l’école avant galilée, alors vous n’auriez pas dis cela, vous auriez défendu que la terre était plate donc je peux dater éventuellement votre réponse, si par contre vous envisagez de créer un personnage libre à vous de lui faire penser et développer un language et des plumes pour son costume. Enfin ce qui n’est pas très clair c’est la réceptivité du sujet à l’obsession du narrateur, quand on est l’objet fantasmatique d’un écrivain comme proust, on joue dans une drôle de pièce. Le language vous est confisqué, il pense à votre place. Il faudrait confronter un personnage de Pirandello à un personnage de proust et demander quel serait éventuellement leur degré de consentement.

hamlet dit: à

comme toutes ces lettres écrites par Proust à Jeanne Pouquet ?

les lecteurs sont si friands de la correspondance des écrivains.

alors pourquoi ces lettres sont-elles restées dissimulées ? elles se vendent sous le manteau.

Chaloux dit: à

Jazzi dit: à
Chaloux, quand un homo fait son outing

Mme Proust a surtout ouvert une porte. Marcel était derrière (cette porte) avec Jacques Bizet. Il y a eu du verre brisé (une bimbeloterie vénitienne, je crois). Au cours de la réconciliation, Mme Proust compare ce bris de verre à celui des mariages juifs, ce qui semble tout de même un peu étrange, et explique peut-être l’allusion à François le Champi au début de La Recherche. Madame Proust était sans doute un personnage un peu plus bizarre qu’on ne l’a dit. Dans leur Correspondance, on sent que Marcel ne peut pas plus la supporter qu’il ne peut s’en passer.

Jazzi dit: à

« tout simplement parce que le premier n’a jamais existé. »

Et que selon ses affirmations il n’a jamais lu les livres dont il parle, Pablo75. On a pu le relire dans ton excellent fichier desborelsiens…
Rappelle à hamlet qu’Albertine s’appelait en fait Albert et portait la moustache !

hamlet dit: à

Chantal, vous compliquez trop les choses.

je vous pose une question simple et vous allez me répondre d’une façon simple par oui ou par non :

saviez-vous que Marcel Proust a été amoureux d’une femme qui s’appelait Jeanne Pouquet et que cette femme est représentée par Gilberte ?

le saviez-vous Chantal ?

oui ou non ?

hamlet dit: à

Jazzi répondre sur Albertine quand on parle de Gilberte ?

vous avez 6 ans d’âge mental ?

sérieux : vous feriez de commencer par vous excuser pour hier !

Pablo75 dit: à

« va te promener dans les 6e, 7e, 8e, 16e ou 17e arrondissements ou même dans le 12e, le quartier relativement bourgeois où je demeure. Pour la saleté ce n’est guère mieux et parfois pire. »
Jazzi dit:

Je n’ai jamais vu le Boulevard Saint-Michel aussi sale que le Boulevard de Belleville, pour ne parler que de deux endroits que je connais bien pour y passer souvent. Ou Barbès et Montparnasse. Ou le Fbg. St.Denis et l’Avenue Marceau.

Jazzi dit: à

Remember, Chaloux, le sort que Proust fait subir à la photo de sa mère, morte, dans le bordel de Jupien par de jeunes voyous…

Jazzi dit: à

« vous avez 6 ans d’âge mental ? »

Non, je me suis arrêté à 7 ans, l’âge de raison.

hamlet dit: à

Jazzi, tu vois un truc, ton reproche (sans preuve) ne pas avoir lu la la Recherche.

Jazzi, sincèrement, tu crois que c’est mieux de l’avoir lu comme toi en imaginant que Gilberte était un mec ?

c’est comme si tu avais lu Moby Dick en imaginant que le cachalot était une daurade crétin que tu es !

Jazzi dit: à

Pablo75, les grands axes sont généralement nettoyées, mais enfonce-toi dans les rues adjacentes et tu verras que la parité en matière de saleté est respectée.

Pablo75 dit: à

Il y a des gens ici tellement naïfs qu’ils n’ont pas encore compris qui est « hamlet le Pétomane » et pourquoi on l’appelle « Mister Wikipédio ».

Comme Chantal, par exemple, qui n’a même pas lu, plus bas, les LES PLUS BELLES PERLES DU PÉTOMANE SUR PROUST.

chantal dit: à

le.s personnage.s imaginé.s par pirandello cherchent un auteur pour les prolonger dans la vie scénique, ceux de proust figurent malgré eux dans une longue saga éclatée qui les révèlent à leur insu dans leur codex socialo affectivo politique une sorte de pré carré mondain qui impressionne ceux qui n’y pigent rien. Il y a une loi marqueting de vendeur de voitures haut de gamme qui résume bien l’affaire : si vous voulez vendre un truc très coûteux et inutile à quelqu’un, frustrez-le dès l’entame. Recevez votre client curieux et gêné de n’avoir pas la monnaie pour se payer l’objet convoité et dites – lui un peu cassant que ce n’est pas pour lui, il n’aura de cesse toute sa vie de rassembler l’argent pour se l’offrir. Vous créez chez lui un besoin de toute pièce. Proust est à la littérature cet espèce de machin à connaître sous peine de ne rien comprendre à … la liste est longue, trop longue, même en confinement. Pour ma part je viens de recevoir un livre amusant Magnolias de Florent Oiseau.

Chaloux dit: à

Et le rêve des parents transformés en rats (il y a une conférence de Tadié sur ce thème). Je n’ai jamais cru à l’image d’Epinal de Proust et sa man-man. Yourcenar a un autre point de vue sur cette question. « L’eussé-je aimée? ». Dans Souvenirs pieux, je crois.

J.Y. Tadié.

https://www.youtube.com/watch?v=jzPJq41Hxec

hamlet dit: à

Pablo, pour vous aussi le fait de dire que Gilberte représente cette Jeanne que Proust a aimé c’est une « perle » comme vous dites ?

Pablo75 dit: à

@ Jazzi

Tu es en train de me dire qu’à Paris, comme dans toutes les villes du monde, les quartiers pauvres ne sont pas plus sales que les quartier riches?

Si c’est ça que tu veux me dire, tu vas avoir du mal à me convaincre…

chantal dit: à

Si si j’ai lu Pablo 75, et je ne céderai pas au chantage affectif …

hamlet dit: à

Chantal : « Proust est à la littérature cet espèce de machin à connaître sous peine de ne rien comprendre à… »

vous en êtes sûre que que c’est vraiment un machin à connaitre ?

Pablo75 dit: à

@ Jazzi

Tu es en train de me dire qu’à Paris, comme dans toutes les villes du monde, les quartiers pauvres ne sont pas plus sales que les quartiers riches?

Si c’est de ça dont tu essaies de me convaincre, ne perds pas ton temps et va vite voir ton ophtalmo.

hamlet dit: à

même passou a décapité Jeanne Pouquet sur sa photo !

magnifique symbole de cette machine à (refuser de) connaitre !

il décapite l’amour de Proust et à la place il nous branche sur le sionisme…

c’est quoi cette machine à connaître ?

hamlet dit: à

Jazzi, suis les conseils de Pablo : « va vite voir ton ophtalmo »

et ensuite, avec ces lunettes, lis vraiment pour la première fois la Recherche.

Pablo75 dit: à

je ne céderai pas au chantage affectif
chantal dit:

?¡!¿?¡!¿?? Quel chantage affectif?

et alii dit: à

hamlet,
déjà qu’ on m’a prise pour un travelo sur la RDL ?APR7S QUE J’ai raconté osé avoir écrit que
je ne suis pas un travelo
messieurs mesdames c’est pas mon trip,
moi je striptease du calot
jusqu’au grand jeu quand on joue R.I.P,
vous voulez ma mort?
ditesle ce serait plus simple

Phil dit: à

moi je striptease du calot

enfin un aveu digne des ébats sionistes; bravo étaloni. difficile de casser la croute au milieu du magma hamletien.

Pablo75 dit: à

Pablo, pour vous aussi le fait de dire que Gilberte représente cette Jeanne que Proust a aimé c’est une « perle » comme vous dites ?
hamlet dit:

Pour moi le fait que tu aies répété ici 24 fois (je viens de compter) le nom de Jeanne Pouquet est un signe très clair du fait que tu es en train de perdre la tête.

Jazzi devrait aller voir son ophtalmo, mais toi tu devrais aller voir de toute urgence un bon neurologue.

Et je parle sérieusement…

et alii dit: à

anon pas lunettes;on avait le pince nez dans le précédent fil;on peut écouter Proust:
« Même ceux qui furent favorable à ma perception des vérités que je voulais ensuite graver dans le temple, me félicitèrent de les avoir découvertes au « microscope « , quand je m’étais au contraire servi d’un télescope pour apercevoir des choses, très petites en effet, mais parce qu’elles étaient situées à une grande distance, et qui étaient chacune un monde. »
alors télescope oui

et alii dit: à

merci, phil! c’est effectivement ça

Chaloux dit: à

C’est Hamlet qui va finir par épouser Jeanne Pouquet!

chantal dit: à

On est assez grands hamlet pour regarder les illustrations du billet et rechercher soi – même qui est Jeanne Pouquet.

Ce qui est emberlificoté c’est la trame de ce que tu nous présente comme ta vie privée : de tendance homosexuelle assumée tu aurais des enfants et aimé les femmes, d’où ta sensibilité à penser que Proust aurait vraiment aimé une femme et n’aurait en quelque sorte dévié que par défaut et entretenu son désapointement de manière littéraire. Alors que jazzi est beaucoup plus sarcastique dans ses réponses, la tendresse ce n’est pas son rayon bibliothèque. Dans le monde culturel c’est assez fréquent de croiser des approches différentes de la gaytude, donc je vois pas le souci de la querelle mais bon … à trop tordre le torchon, on use le fil

et alii dit: à

hamlet, les lunettes, c’est pour C.T (qui l’ avoué)

Pablo75 dit: à

L’alzheimer du Pétomane est plus grave encore que ce que je pensais: jusqu’à maintenant il a répété 24 fois « Jeanne Pouquet » mais aussi 36 fois le prénom seul de « Jeanne ». En tout il a citée cette femme 60 fois !!!

Et ça risque de continuer longtemps…

Marie Sasseur dit: à

« la fille de Jeanne Pouquet, Simone, celle que l’on voit sur la photo de passou a épousé l’écrivain philosophe André Maurois, de son vrai nom Salomon Wilhelm Herzog.

il a écrit un bouquin en 1949 : « à la recherche Marcel Proust » où de longs passages sont consacrés à cette histoire d’amour entre Jeanne et Marcel.

il faut demander à passou il connait bien André Maurois, pas vrai passou ? »

C’est pas Plutôt à Louis Lambert, qu’il faut poser la question amlette ?
Il ne supportait pas Maurois.

Marie Sasseur dit: à

Tu sais quoi amlette, cette photo de Jeanne Pouquet, que Passou préfère sans tête et en pied, Proust a au contraire fait des pieds et des mains pour la récupérer.
Il avait déjà fait le coup avec d’autres femmes !

Marc Court dit: à

L ‘Habit Vert du « présumé St Loup », Gaston Arman de Cailhavet, tient encore le coup quand on se mêle de le représenter. Moins glorieuse est la mise à l’encan des Manuscrits de France juste après sa mort par Madame de Cailhavet Mère. Des pages vengeresses de Brousson, le secrétaire, Là dessus, et aussi in Le Salon de Mme de Cailhavet, sorti posthume entre la mort de France et la vente à Drouot.
MC

Pablo75 dit: à

@ Jazzi

Une chose est qu’il y ait de la saleté partout à Paris (ce que personne discute) et une autre très différente que les quartiers riches soient aussi sales que les quartiers pauvres (ce que toi tu discutes, à tort).

renato dit: à

Il y un portrait sans tête de Lee Miller par Man Ray — on sait que c’est elle qui avait la tête et que lui il était plutôt bête : la decapitation comme une espèce de vengence ?

et alii dit: à

avec retard:lu dans un article sur PROUST ET LA REFE RENCE en remerciement et shalom à P.Assouline:
Et Proust lui prête encore cette surprenante formule : « le nervosisme est un pasticheur de génie. » (ibid.).
in
Devenir Marcel Proust… ou la référence en représentation
Maurice Domino

JiCé..... dit: à

Ce que les près-du-gazon attendent de ce grand-couillon de Proutprout, c’est une « élévation », disons jusqu’au géranium nain…

Hélas ! les transports en commun restent ce qu’ils sont : des transports en commun, où la crasse règne dans cette classe sociale exécrable !

Ah ! Paris ! Paris !
Comme tu me manques ….

Marie Sasseur dit: à

D’un autre côté, cette photo, telle l’a tronquée Passou, ne pouvait pas non plus être légendée  » Proust joue la sérénade à Simone ».
Tu imagines le scandale ?
Non?
Moi non plus.

Marie Sasseur dit: à

D’ailleurs amlette, je me demande si Proust ne chantait pas, pour que Simone rie, comme on la voit.

Tu vois je pense pour finir que tu as raison, amlette. Proust voulait seduire la mère, donc il fait l’idiot devant la petite.

Jazzi dit: à

Pablo75, Paris est uniformément sale. Bien sûr, il y a des zones de quasi non-droit, plutôt dans l’est parisien, du fait de la concentration de migrants ou de drogués : Porte de la Chapelle, Château-Rouge, Jaurès-Bassin de la Vilette…
Mais, par exemple, dans le haut de la rue des Pyrénées, entre Gambetta et Buttes-Chaumont, c’est plus propre (du fait de la succession des commerces de bouche ?) que dans la rue de Picpus, entre la Nation et l’avenue Daumesnil.

Pablo75 dit: à

@ Jazzi

On est d’accord, alors. Surtout que « le haut de la rue des Pyrénées, entre Gambetta et Buttes-Chaumont » c’est mon quartier.

Marie Sasseur dit: à

Simone, la jeune fille au chapeau a fleurs.
C’est proustien

Jazzi dit: à

D’où le choix de mon exemple, Pablo75

Marie Sasseur dit: à

En revanche, Jeanne, la mère de Marcel, quel thon.

Jazzi dit: à

Le choix de la photo amputée de Passou, c’est une manière de soutien à Gabriel Matzneff ou à Roman Polanski ?

christiane dit: à

Il y a un trou de silence dans ce tissu de commentaires. Où est Rose ? Pourquoi n’écrit-elle plus, ici ?

Proust donne lieu, à nouveau, à des vagues infinies de commentaires, gardant son secret d’écriture, son silence.
Sa vie personnelle était difficile dans son milieu, dans son époque. Religion… sexualité… Sa trouble identité…
Il a réussi à faire que le lecteur finit par estomper dans ses personnages et dans la vie ces classements étroits du féminin et du masculin (idée tellement importante que j’ai cueillie, sur son blog, dans un commentaire de Paul Edel. Dommage qu’il n’intervienne presque plus ici. Son blog, c’est un autre monde, d’autres dialogues… au loin…)

Jazzi dit: à

Et que penser du petit garçon avec sa canne dans le dos de Marcel ?

Pablo75 dit: à

@ Jazzi

Toi qui sait tout sur Paris: hier j’ai vu que le marché de la Place des Fêtes était revenu. Tous les marchés à l’air libre sont permis à nouveau maintenant?

JiCé..... dit: à

A commettre un acte délictueux et devant le choix proposé par ce couillon de Marcelito, j’aurai soit
– niqué Simone
– niqué Marcelito
– niqué la mère
– niqué Nadar
– piqué la raquette

J’ai adoré le tennis…vous avez compris.

JiCé..... dit: à

Paul Edel : l’autoroute
Pierre Assouline : les chemins de traverse

hamlet dit: à

christiane, il ne s’agit pas vraiment de Proust.

il faut prendre les choses de la façon suivante :

pourquoi passou met-il la photo d’une dame, écrit son nom dans la légende, et efface son visage ?

il ne s’agit bien sûr pas de prendre la question sous l’angle du féminisme, ce désir masculin de masquer le visage de la femme, non bien sûr.

mais de prendre le problème sous l’angle littéraire : pourquoi ce visage doit nous être dissimulé ?

alors passou va dire des trucs du genre « elle n’entrait pas dans le cadre », mais tout ça se sont des faux prétextes que la littérature a su inventer pour masquer ce qui ne doit pas être vu.

pour le dire autrement : pourquoi cette Jeanne Pouquet est-elle la grosse dissimulation littéraire !

DHH, dit: à

@Jazzi
« l’enfant avec une canne »
sans doute un clin d’œil de votre part à ce qu’avait annoncé à Cocteau son valet de chambre quand il ouvrit la porte Radiguet se présentant pour la première fois chez l’écrivain

Chaloux dit: à

Religion… sexualité

Proust a été élevé dans la religion catholique, ainsi que cela avait été convenu entre son père et sa mère.

Quant au reste, il faut lire ce militant homosexuel très connu (Daniel Guérin?) qui raconte que la situation s’est dégradée pour les homos après 1925 ou 1930, mais qu’auparavant ils n’avaient pas tant de problèmes, y compris dans le peuple.

hamlet dit: à

Jeanne Pouqet est à la littérature ce que « l’homme au masque de fer » est à l’histoire de France.

et passou continue en masquant son visage à perpétuer ce secret à la fois honteux et scandaleux de l’amour de Proust pour une femme.

hamlet dit: à

pourquoi Jeanne Pouquet est-elle la grosse dissimulation littéraire ?

il faut réhabiliter la mémoire de Jeanne Pouquet et lui redonner sa place, à savoir celle de Gilberte.

J’accuse ici tous les littérateurs d’un complot visant à tuer le nom de Jeanne Pouquet !

J’accuse les proustiens d’avoir ignorer l’existence de cette femme !

J’accuse les lecteurs de la Recherche d’avoir trop longtemps refuser cette vérité !

Oui Gilberte est bien une femme !

N’en déplaise à tous les défenseurs d’un ordre moral refusant cette vérité !

Oui Gilberte était bien Jeanne Pouquet !

N’en déplaise à tous les défenseurs de fables inventées pour cacher la vérité !

Jazzi dit: à

Proust a longtemps hésité à titrer son oeuvre « A la recherche de l’hétérosexualité perdue », hamlet !

Rappelez-nous cette anecdote concernant Cocteau et Radiguet, DHH, j’ai oublié…

hamlet dit: à

la France a connu dans son histoire une autre Jeanne… Jeanne d’Arc !

Ahhh prénom maudit ! Ces deux Jeanne auront subi le même destin ! pour l’une les anglais, pour l’autre les proustiens…

hamlet dit: à

Réhabilitons la mémoire de Jeanne Pouquet !

hamlet dit: à

Jazzi : Proust a longtemps hésité à titrer son oeuvre « A la recherche de l’hétérosexualité perdue », hamlet !
 »

merci Jazzi, tu viens de donner la véritable raison de cette effacement du visage de Jeanne Pouquet.

cette peur viscérale de voir Proust aimer une autre femme que sa mère et sa grand-mère.

oui Jazzi, tu as raison : il fallait caché l’existence de cet amour hétérosexuel de la Recherche !

Une jeune femme, Gilberte, qui soit le souvenir d’une vraie autre jeune femme, cette fois bien réelle : Jeanne.

hamlet dit: à

cachER

hamlet dit: à

ce travail de réhabilitation sera long, je n’en suis qu’au début !

Chaloux dit: à

Le livre Le matin vu du soir de Constance Coline est vraiment très intéressant. On y croise Blum, Michel Bréal, Alfred Cortot, Clothilde Bréal, épouse de Cortot après l’avoir été très brièvement de Romain Rolland, présenté comme un tyran domestique qui ne consomma pas le mariage. Et encore, je n’en suis qu’au début, j’ai l’impression que je vais y croiser la terre entière. Tout un pan de la société juive du début du XXe siècle. J’en fais l’éloge alors que je n’en ai lu que cinquante pages, mais le talent de la mémorialiste est particulièrement frappant. C’est un livre qui devrait être réédité un jour.
Constance Coline attribue l’antisémitisme tardif de Cortot en partie au fait que Clothilde Bréal refusait le divorce alors qu’il voulait épouser Renée Chaine, ce qui finira par se produire.

En le lisant, je me dis que c’est un livre pour DHH.

(L’édition de ce livre en deux volumes était disponible sur un site bien connu. Je soupçonne quelque grosse souris d’ici d’en avoir fait l’emplette. La grosse souris ne sera pas déçue).

Chaloux dit: à

Qu’est-ce que ça signifie pour vous, Hamlet, l’amour d’un homme pour une femme?

chantal dit: à

le déconfinement a commencé ici, politiquement « c’est compliqué ». Décroissants et pratiquement en faillite l’état domine nos vies.
Chaque jour un drone au dessus de nos têtes surveille la place en contrebas où il y avait l’îlot, une asbl qui nourrissait les sans abris, désormais ils errent dans les rues à la nuit tombante, ramadan oblige et privés de mosquée certains se réunissent sous un arbre la nuit venue. Je n’ai rien attrapé pour le moment mais pas de vaccin encore, le bus testeur sillonne les rues de la capitale de l’Europe déconfite. La grand – place est herbue et les rats y sont citoyens, sortant des caves des restaurateurs terrés qui revendent sur internet leurs plus grands crus pour subsister.

christiane dit: à

hamlet dit: « christiane, il ne s’agit pas vraiment de Proust. pourquoi passou met-il la photo d’une dame, écrit son nom dans la légende, et efface son visage ? »

« Les signes mondains sont frivoles, les signes de l’amour et de la jalousie, douloureux. Mais qui chercherait la vérité, s’il n’avait d’abord appris qu’un geste, une intonation, un salut doivent être interprétés ? Qui chercherait la vérité s’il n’avait d’abord éprouvé la souffrance que donne le mensonge d’un être aimé ? Les idées de l’intelligence sont souvent des « succédanés » du chagrin. La douleur force l’intelligence à chercher, comme certains plaisirs insolites mettent en mouvement la mémoire. Il revient à l’intelligence de comprendre, et de nous faire comprendre, que les signes les plus frivoles de la mondanité renvoient à des lois, que les signes les plus douloureux de l’amour renvoient à des répétitions. Alors nous apprenons à nous servir des êtres […]
« Car à l’être que nous avons le plus aimé, nous ne sommes pas si fidèle qu’à nous-mêmes, et nous l’oublions tôt ou tard pour pouvoir, puisque c’est un trait de nous-mêmes, recommencer à aimer. »
P.33 ( à propos du Temps retrouvé – Gilles Deleuze – Proust et les signes – puf.

Le narrateur est là, entre ses répétitions amoureuses… tantôt masculin tantôt féminin… un silence entre ce qu’il dit et ce qu’il ne dit pas..

D. dit: à

La réouverture des parcs et jardins ne poserait aucun problème s’ils étaient correctement surveillés et si les agents lambda avait pouvoir de verbalisation.
Dans la réalité seuls la police et les agents mobiles musclés de la ville de Paris parviennent (difficilement et aléatoirement) à faire régner l’ordre.
L’extrême permissivité de ces trente dernières années à conduit à une véritable prise de possession des parcs et jardins par une catégorie qui profite du non-droit et y établit cannabis, alcool chicha, musique, scooters, sports de combat,
regroupement en nombre destinés à intimider et dissuader de toute intervention.
Dans ces conditions le pauvre Véran, déjà complètement paumé et menacé de multiples procès à tiroirs lui et d’autres gouvernants portes-paroles, freine évidemment des quatre fers. Rendons-lui cette justice avant de lui rendre celle à venir.

Ed dit: à

J’aimerais pas avoir Dati dans les pattes, moi. Quelle teigne. En plus elle est maire d’arrondissement et parle comme si elle n’avait aucun pouvoir.

Ed dit: à

« véritable prise de possession des parcs et jardins par une catégorie qui profite du non-droit et y établit cannabis, alcool chicha, musique, scooters, sports de combat, »

Tu fréquentes quel parc parisien, toi ? Déjà ni le Luxembourg ni les Buttes-Chaumont.

Chaloux dit: à

Mieux vaut avoir Patti sur les dattes que Dati dans les pattes?

D. dit: à

Rachida Dati, très appréciée des habitants du 7ème arrondissement, qui l’ont plébiscitée.
Vive la démocratie !
Peut être que les-dits habitants du 7ème n’aimeraient pas avoir Ed pour voisine ?
Et pourtant il faudraient bien qu’ils fasse avec.

D. dit: à

Alors là ça tombe fort bien parce que la dernière fois que j’ai visité les Buttes-Chaumont j’y ai vu tout ce que je viens d’écrire sauf les scooters (mais que j’ai vus maintes fois ailleurs dans des parcs et notamment presque à chaque fois à André Citroën – ils accèdent par le côté Seine).
Quand au Luxembourg la dégradation est ultra-patente. La différence en 30 ans est phénoménale. Quand on sait que l’enceinte est gardée par la garde républicaine ça fait rêver. On y boit jusqu’à tituber, couramment, on y baise, on y trafique, on y annexe l’espace public.

chantal dit: à

@ hamlet, non je ne savais pas que Gilberte émanait de Jeanne. c’est pourquoi j’ai lu vos commentaires. J’ai aussi droit à mes circonvolutions pour répondre non ?, deux semaines que je ne pratique plus le langage clavier.

Ici la municipalité a instauré un système tout nouveau de mobilité, 20 km heures sur les voies du pentagone priorité aux piétons et aux vélos sur les voitures; pour ne pas se côtoyer de trop près,
on peut marcher au milieu des rues, certains hurlent au bordel, moi j’ai un vtt et je m’évade en foret dès que j’en ai assez d’être en bocal. Mon petit jardin est fait, mes masques cousus, mon texte envoyé j’attends la correction des coquilles. Le fiston retravaille dans son open space désert ils sont 5 dans le bâtiment, son père a passé le cap périlleux chez lui, mais il est désormais tracé téléphoniquement via sa mutuelle, on a basculé dans la surveillance… Mes soeurs s’arrachent les cheveux avec leurs ados qui n’en foutent pas une et n’envisagent pas le retour sur les bancs, la suite s’avère compliquée à gérer …

TT masques obligatoires dans certaines rues commerçantes, et dans les transports. Beaucoup de monde à terme dans une ville très peuplée à la moyenne d’âge éclatée. Les epads ont morflé, beaucoup de décès, j’ai vu les ambulances embarquer des voisins, les jeunes qui débutaient dans la vie active sont fort énervés et inquiets par ce qui les attends, une chose est de jouer au tracing virtuellement entre potes, une autre est de se faire gueuler dessus par un drône. C’est très déconcertant.

Ed dit: à

Cela doit faire deux ans que je n’y suis pas allée, mais je doute de la véracité de vos propos dédé la patate.

Et merci à Chaloux d’avoir relevé mon alitération. J’en étais plutôt contente hein.

D. dit: à

La grosse différence pour le Jardin du Luxembourg est qu’il y a trente ans il était quasi ignoré des populations inciviles et délinquantes qui se cantonnaient aux espaces périphériques ou bien aux Halles-Beaubourg et Champs-Elysées.
Maintenant ce jardin est connu et répertorié par ces populations qui y débarquent par le RER B, parce qu’elles savent qu’elles y seront encore plus tranquilles qu’ailleurs.

hamlet dit: à

christiane & renato, belles photos merci.

regardez-la bien attentivement, son visage, son allure, son expression etc… ce sont ceux de Gilberte.

c’est émouvant non ?

D. dit: à

Ben c’est ça Ed, dis carrément que je mens.
T’es au courant que j’habite Paris, que le Luxembourg je le traversais plusieurs fois dans la semaine ?

Ed dit: à

« on y baise »

Mais bien sûr…Surtout au Luxembourg où on se fait rappeller à l’ordre dès que l’on se met en bikini/torse nu.
Tu dois confondre avec les Tuileries. Purée jazzi fais-le taire, il délire !

hamlet dit: à

Chaloux dit: Qu’est-ce que ça signifie pour vous, Hamlet, l’amour d’un homme pour une femme?
 »

comprends pas votre question.

je vous redonne le propos de Jeanne Pourquet :

« Si l’on met ‘Tennis du boulevard Bineau’ à la place des « Champs-Élysées’ dans la description de l’amour de Marcel pour Gilberte, je retrouve presque mot pour mot les évocations de son amour pour moi »

si vous voulez savoir « mot pour mot » l’amour de Marcel pour Jeanne il faut juste lire les passages de la Recherche où l’on retrouve ces évocations, notamment dans la prisonnière.

c’était ça votre question ?

chantal dit: à

ah merci christiane, j’ai aussi vu et lu ce lien, mais en voulant le partager ici, il s’est perdu quand j’ai cliqué. Je pige enfin le small talk de certains.

D. dit: à

L’été dernier il y avait un groupe étalé entre deux buissons sur une pelouse interdite, qui s’étaient enfilés des packs de bière. Deux ou trois étaient complètement raides. Un autre a pissé face aux allées devant des enfants. 50 mètres plus loin des types avec une sono fumaient du hasch près du terrain de basket, ça puait partout dans le secteur tellement ils en fumaient.

Marie Sasseur dit: à

#il faut juste lire les passages de la Recherche où l’on retrouve ces évocations, notamment dans la prisonnière.

Et pas dans Mademoiselle d’Orgeville- Eporcheville ?

De toute façon, Marcel prenait tellement de medocs, qu’il ne sait plus trop il habite. Laborieux, pesant.

Marie Sasseur dit: à

« c’est de voir un tas de reportages : »

En l’occurence ce reportage sur le tas est dantesque.

chantal dit: à

Disons que ce sont les misérables d’aujourd’hui, MS, plus de 10 ans que je n’ai mis les pieds à Paris, ici aussi des zones à risque.

Est-ce que quelqu’un a déjà été sur la butte bergeyre ?

D. dit: à

Quelle idée de se mettre torse nu dans le parc d’un palais royal. Mais surtout quelle idée de permettre à la populace d’investir un palais royal. Le fond du problème est là.
Se met torse-nu ou en bikini celui qui n’a pas reçu l’éducation pour s’y bien tenir. C’est tout.

christiane dit: à

« c’est émouvant non ? »
Oui, hamlet et Chantal, émouvant…

Page réservée à Gilberte :

« Plusieurs fois je sentis que Gilberte désirait éloigner mes visites. Il est vrai que quand je tenais trop à la voir je n’avais qu’à me faire inviter par ses parents qui étaient de plus en plus persuadés de mon excellente influence sur elle. Grâce à eux, pensais-je, mon amour ne court aucun risque ; du moment que je les ai pour moi, je peux être tranquille puisqu’ils ont toute autorité sur Gilberte. Malheureusement à certains signes d’impatience que celle-ci laissait échapper quand son père me faisait venir en quelque sorte malgré elle, je me demandai si ce que j’avais considéré comme une protection pour mon bonheur n’était pas au contraire la raison secrète pour laquelle il ne pourrait durer. » (A l’ombre des jeunes filles en fleurs.)

« J’appris que, quand j’allais tous les jours chez Gilberte, elle aimait un jeune homme qu’elle voyait beaucoup plus que moi. J’en avais eu un instant le soupçon à cette époque, et même j’avais alors interrogé cette même femme de chambre. Mais comme elle savait que j’étais épris de Gilberte, elle avait nié, juré que jamais Mlle Swann n’avait vu ce jeune homme. Mais maintenant, sachant que mon amour était mort depuis si longtemps, que depuis des années j’avais laissé toutes ses lettres sans réponse – et peut-être aussi parce qu’elle n’était plus au service de la jeune fille – d’elle-même elle me raconta tout au long l’épisode amoureux que je n’avais pas su. » (La Prisonnière.)

« Saint-Loup, lui, savait commander. Il était assis à côté de Gilberte – déjà grosse – (il ne devait pas cesser par la suite de lui faire des enfants) comme il couchait à côté d’elle dans leur lit commun à l’hôtel. Il ne parlait qu’à sa femme, le reste de l’hôtel n’avait pas l’air d’exister pour lui, mais, au moment où un garçon prenait une commande, était tout près, il levait rapidement ses yeux clairs et jetait sur lui un regard qui ne durait pas plus de deux secondes, mais dans sa limpide clairvoyance semblait témoigner d’un ordre de curiosités et de recherches entièrement différent de celui qui aurait pu animer n’importe quel client regardant même longtemps un chasseur ou un commis pour faire sur lui des remarques humoristiques ou autres qu’il communiquerait à ses amis. (Albertine disparue).

Sur ce site, on peut voyager entre tous les personnages de la Recherche avec des citations précises, dans la partie « personnages » (400 fiches classées par ordre alphabétique) :
http://proust-personnages.fr/?p=2426
Souvent dans les commentaires des échanges très intéressants entre le créateur de ce site, André Vincens, et ses lecteurs.

Chaloux dit: à

Ed, dis plutôt que tu contrepétas!

christiane dit: à

Chantal,
ce reportage sur la colline du crack est bouleversant. Que d’êtres à la dérive dans une solitude totale…

renato dit: à

Il se sont trompés d’adresse. D’où le sain principe de ne jamais se fier au guides, critiques, etc.

Chaloux dit: à

Ou quasi.

J’ai un livre de Jeanne Pouquet, acheté il y a vingt ans dans la regrettée librairie Simone Thomas, rue Saint-André des arts, sur le salon de Mme de Caillavet. Ayant appartenu à un érudit étranger qui l’a bourré de notes au crayon. Il faudrait que je le retrouve.

@Hamlet. « L’amour » de Proust a abouti à un livre et non à un mariage. C’est tout dire.

Chantal dit: à

un grand merci Christiane pour le lien Proust personnages, je vais me le garder au chaud pour m’aider à lire quand j’aurai passé sur une barrière mentale qui fait que je n’entame pas l’oeuvre de Proust de manière empirique, il y a peut -être un chemin que je ne connais pas encore qui m’y mènera.

Vous allez bien en ville avec toutes ces nouvelles règles de vie ? J’ai été très impressionnée par ce reportage sur la colline du crack, car j’avais lu un petit opuscule de Will Self « un diamant gros comme le Ritz » qui se passe aux états unis et en fait j’ai eu l’impression que les personnages de la nouvelle étaient des frères des réels parisiens de la colline. Parce qu’on y pense pas forcément question d’image que la ville se donne quand elle se vend aux touristes. Petit coucou de loin.

x dit: à

Renato, à propos d’un détail de l’article The Great Writer Who Never Wrote, précurseur en matière d’auto-confinement :

bizarre, bizarre, d’écrire « the Honorary Stephen James Napier Tennant » (deuxième paragraphe sous la photo) et pas « the Honourable »
on connaît des honorary titles, des honorary degrees, mais là…
Fossé culturel ou (plus probablement) correcteur orthographique on the rampage ?

J’ai lu il y a bien longtemps un roman de sa nièce, Emma Tennant, qui semblait évoquer sa famille, et exploiter le filon du pittoresque, de l’excentricité de ce milieu. C’était à mon avis très oubliable, mais il est possible que je n’aie pas vu l’essentiel sous le « folklorique ». En tout cas, cela ne dit rien du talent de l’oncle.

Alessandro Piperno critique, puisqu’il en avait été question hier je crois, je ne l’ai guère lu, mais j’avais bien aimé deux de ses romans récents (Il fuoco amico dei ricordi : Persecuzione et sa suite Inseparabili.) On n’est pas dans la même catégorie que Proust, plutôt (en partie) une version romaine de Ph. Roth. Un petit côté Kundera à certains moments (intéressant de voir qu’il n’y a pas que les sociétés totalitaires qui broient de cette façon les individus). La destruction d’un homme par une fausse accusation, la façon dont la rumeur se nourrit d’elle-même, les conséquences sur la famille, les thèmes étaient prenants et bien menés., l’évocation du milieu et de l’époque assez convaincante.

hamlet dit: à

Chaloux dit: « L’amour » de Proust a abouti à un livre et non à un mariage. C’est tout dire.
 »

tout dire de quoi ?

Chaloux, je crois que vous n’avez pas suivi la discussion et vous avez loupé un truc : Gilberte était une femme !

vous n’imaginez tout ce qu’il peut y avoir de subversif, transgressif et de dérangeant dans le fait de dire simplement ça : Gilberte est une femme.

et c’est juste pour cette raison qu’on en parle si peu.

vous comprenez ?

chantal dit: à

je range mes livres, sorry, Self est londonien, Fitzgerald américain. Dormir plus tôt 😉

christiane dit: à

Un pas de côté…
Un formidable coup de gueule d’Ariane Mnouchkine sur le Télérama n°3670 paru ce mercredi 13/04/2020, (quatre pages).
Deux extraits :
« Je pense aux personnes âgées et à la façon dont elles ont été traitées. J’entends s’exprimer dans les médias des obsédés anti-vieux, qui affirment qu’il faut tous nous enfermer, nous, les vieux, les obèses, les diabétiques, sinon, disent-ils, ces gens-là encombreront les hôpitaux. ces gens-là ? Est-ce ainsi qu’on parle de vieilles personnes et de malades ? Les hôpitaux ne seraient donc faits que pour les gens productifs en bonne santé ? Donc, dans la France de 2020, nous devrions travailler jusqu’à 65 ans et une fois cet âge révolu, nous n’aurions plus le droit d’aller à l’hôpital pour ne pas encombrer les couloirs ? Si ce n’est pas un projet préfascite ou prénazi, ça y ressemble. Cela me fait enrager. »

« J’ai du chagrin. Car derrière les chiffres qu’un type égrène chaque soir à la télévision, en se félicitant de l’action formidable du gouvernement, je ne peux m’empêcher d’imaginer la souffrance et la solitude dans lesquelles sont morts ces femmes et ces hommes. La souffrance et l’incompréhension de ceux qui les aimaient, à qui on a interdit les manifestations de tendresse et d’amour, et les rites, quels qu’ils soient, indispensables au deuil, indispensables à toute civilisation. alors qu’un peu d’écoute, de respect, de compassion de la part des dirigeants et de leurs moliéresques conseillers scientifiques auraient permis d’atténuer ces réglementations émises à la hâte, dont certaines sont compréhensibles mais appliquées avec une rigidité et un aveuglement sidérants. »

Propos recueillis par Joëlle Gayot.
(3 mars 1939 : naissance
1963-1964 : long voyage initiatique en Orient
29 mai 1964 : création du Théâtre du Soleil
Décembre 1970 : installation à la Cartoucherie de Vincennes et création de 1789
Décembre 2018 : dernières représentations d’Une chambre en Inde.)

hamlet dit: à

Chantal dit: un grand merci Christiane pour le lien Proust personnages, je vais me le garder au chaud pour m’aider à lire
 »

Chantal surtout quand vous lirez les passages sur Gilberte pensez bien à Jeanne !

il faut nous aider, maintenant christiane, renato, bientôt Chaloux, et moi à réhabiliter la mémoire de Jeanne.

et dire non ! la prochaine fois que vous verrez un article, comme celui de passou, où l’on efface son visage.

pour le moment nous ne sommes que quelques-une, mais bientôt d’autres viendront grossir nos rangs.

le combat sera difficile, parce que nos ennemis sont coriaces !

mais ensemble, soeur Chantal, armés de nostre seul courage, nous redonnerons à Jeanne Pouquet la place qui est la sienne.

Janssen J-J dit: à

@ Chantal, merci pour les nouvelles de la situation belge qui m’inquiète beaucoup plus que la française. … Evidement, Proust et Mme Poquet à côté de ça, la discussion fait un peu misérable, mais elle sembl faire l’unanimité. L’absence de r. depuis hier ne laisse pas de m’inquiter aussi, Ch.
@ Je crois que le sigle dufragment suivant ‘une « asbl qui nourrissait les sans abris », signifie qq chose comme une association caritative, mais j’aimerais avoir l’énoncé intégral. (Si cela ne vous faitp as perdre trop de temps…, sinon, laissez tomber Chantal. Bien apprécié aussi votre résumé de Proust pour le fiston). Aprèm de pluie et froid.

christiane dit: à

Chantal,
« Vous allez bien en ville avec toutes ces nouvelles règles de vie ? »

Les jardins et parcs me manquent mais il y a beaucoup d’arbres dans mon quartier et des oiseaux et insectes qui échappent à la règle des 100km ! Les clubs de sport, les théâtres, les cinémas sont fermés… La misère gagne certains îlots où les familles vivent chichement. Il n’y a plus de sdf dans les rues. Où sont-ils ?
Chez moi, ma vie n’a guère changé : solitaire et libre. Mes bouquins, mes musiques, toiles et tubes de peinture, ordinateur où je vous lis en ce moment et du temps comme je l’aime : tranquille, vaste, accueillant des mémoires douces, des coups de fil des enfants et petits-enfants. Les anciens dorment depuis longtemps au cimetière. Ils n’auront pas eu cette angoisse du virus. Le pollen jusqu’à hier se déposait sur les allées et les tombes car le cimetière était fermé sauf pour les chats.
Ma libraire-presse, m’a tendu Télérama. Lisez Mnouchkine ! formidable ! Elle a raison.
Les visiteurs de la RDL sont passionnants. Ort, sur le fil d’avant m’a donné envie de relire « Mort d’un personnage ». Ici, Sur Proust, il faut élaguer… Que Proust ait aimé des hommes et des femmes ? C’est bien. On ne perd jamais son temps quand on aime.
Et dans son grand livre comme il a bien su analyser tout ce qui fait souffrir… car aimer c’est aussi souffrir, le déchirement du désir ou le pas de deux apaisé… comme il a su nouer l’imaginaire à la mémoire.
Deleuze écrivait : « Le bloc d’enfance se déplace avec le temps, sur la ligne droite du temps, venant réanimer l’adulte comme on réanime une marionnette… »
Bonne soirée.

christiane dit: à

Janssen J-J dit: « L’absence de r. depuis hier ne laisse pas de m’inquiéter aussi, Ch. »
Je ne l’ai pas lue pour ce billet et sur celui d’avant, pas depuis dimanche…

et alii dit: à

des noms
Des « sorcières » coupent en deux l’emblématique croix en acier du Pic Saint-Loup, lourde de 900 kg

Clopine dit: à

En fait, l’ardeur insensée avec laquelle Hamlet ne communique plus que sur un point d’absolu détail de la Recherche ne doit rien, à mon avis, avec une quelconque pathologie, mais tout à une psychologie finalement adolescente.

Enfin, mon gamin était comme cela, ado. Provocateur jusqu’à l’absurde, et surtout s’enfonçant, s’enfonçant, par une sorte de perversité : plus il était insupportable, plus il jouait au débile.

C’était sa manière à lui de nous prendre pour des cons.

Il n’y avait hélas rien à faire…

Qu’à attendre patiemment.

Pour le gamin, ça a marché, la patience : il est sorti de l’adolescence et de ces petits jeux assez pervers quoiqu’ innocents (en surface, l’innocence, puisque pour de vrai, il s’agissait pour lui d’affirmer de manière biaisée, puisque la voie royale de l’autorité lui était encore interdite, sa supériorité. Les ados sont pénibles, mais ils ont tout de même leurs raisons à cela, pas vrai ?)

Mais quand on l’âge d’Hamlet, on devrait avoir tué le père (ici : notre hôte) depuis belle lurette, non ? Qu’est-ce qui le maintient, alors, dans cette posture d’ado boutonneux attardé, qui prend plaisir à s’humilier faussement, en croyant intéresser ainsi des lecteurs potentiels ?

Et de donner des coups de téléphone totalement cheloux à de pauvres internautes qui n’en peuvent mais ?

Et de proférer des menaces (souvent, hélas, suivies d’exécution), du style « toi je vais te pourrir la vie », -encore du style lycéen, ce type de profération de cours de récré…

Bref. Ou bien est-ce tout simplement la méchanceté de celui qui, en cherchant à pourrir ce blog en l’envahissant de commentaires oiseux, veut avant tout se venger de sa médiocrité ?

On ne le saura jamais, mais aucune hypothèse favorable à Hamlet ne me vient à l’esprit; Et pourtant, il y a eu des périodes où je l’aimais bien, ce zigoto. Dommage qu’il ne supporte pas plus cela que le reste.

Il doit se haïr bien fort, en fait…

Chantal dit: à

En fait les 3 j, c’était le plus souvent des retraités actifs qui préparaient les repas pour les sans abris distribués par l’asbl l’îlot, et covid oblige ces personnes ( comme deux de mes tantes très impliquées dans le caritatif, elles ont dû se confiner strictement, donc pas de miracle, presque plus personne pour préparer les repas, ils errent dans les rues, souvent ivres. Les migrants de la porte d’Ulysse devaient être déménagés, des hôtels réquisitionnée, mais c’est très difficile, la ville n’arrive pas à suivre, et les epads manquant de personnel souvent infecté mais continuant à travailler sont secondés par l’armée, et comme toujours l’union nationale provisoire est menacée par les nationalistes flamands on tient sur un fil … sans pouvoir mouffeter. je me demandais aussi si Rose s’en sort, merci Christiane pour ces nouvelles.

J’essaye de ne faire flipper personne, mais on est tous un peu choqués je pense.

et alii dit: à

je ne sais si hamlet prend un quelconque plaisir:je ne crois pas méchant ;il me semble plutôt qu’il cherche à comprendre,et qu’il est perplexe sur « la psychologie erdélienne et veut la mettre à l’épreuve; difficile de lui donner tort sur cette fin; mais autre chose les moyens: ce qui ne vaut pas que pour lui

et alii dit: à

je ne LE crois pas méchant ;ni sans expérience ,au moins des gens de sa génération;il n’est pas ignorant non plus

Marie Sasseur dit: à

En fait ce que la photo tronquée ne montre pas non plus, amlette c’est que Jeanne celle qui deviendra la maman de la petite Simone qu’on voit sur la photo, était une championne au tennis.
Et que Marcel a du s’y mettre aussi, seul espoir de la voir a l’insu de sa mère, lorsqu’il avait 18 ans. C’est dingue non ?

Marie Sasseur dit: à

Je ne sais pas si tu l’as bien racontée cette histoire de Jeanne, amlette.
En fait entre Gaston et Marcel, ils se voyaient tous les trois en copains, Jeanne a choisi Gaston entre ces deux zamoureux.
Voilà, après Marcel en a fait un tas d’histoires compliquées, mais le fait est là. Jeanne a été sa première veste.

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