de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Vuillard et Boucheron, une fratrie d’écrivains

Vuillard et Boucheron, une fratrie d’écrivains

L’un est un écrivain hanté par l’Histoire, l’autre un historien habité par la littérature. Ils partagent cette double force d’attraction fut-ce en sens inverse. Chacun est aujourd’hui dans sa génération le plus innovateur dans l’ indiscipline de son domaine. Le souci de la langue leur est commun, la sonorité, la voix du texte. On les dirait également faits pour raconter des histoires. Les deux travaillent dans l’épaisseur du temps, s’emploient à en restituer la sensibilité, en héritiers de Pierre Michon. Deux « vrais » livres, au sens où Proust l’entendait, enfants de l’obscurité et du silence. Comme une vraie fratrie d’écrivains au sein d’une famille d’esprit. Et tout ça via deux personnages saisis dans les grandes idéologies de la séparation, un prédicateur anabaptiste radical et un Père de l’Eglise et qui n’étaient même pas leur genre…

Avec La guerre des pauvres (125 pages, 8,50 euros, Actes Sud), comme il le fit avec ses précédents récits (Conquistadors, La bataille d’Occident, Congo, Tristesse de la Terre, 14 juillet), jusqu’à l’Ordre du jour qui lui valut le prix Goncourt en 2017, Eric Vuillard (Lyon, 1968) est parti de l’endroit où il se trouvait, c’est à dire des soucis de son temps pour regarder le passé, alternant les focales, passant du panoramique au détail, dans un but bien politique à la seule condition que ce soit fait à partir de la littérature. Il y a bien désormais un ton une manière Vuillard, identifiables dès la première page, conjuguant le temps bref et rapide de l’événement saisi en instantané, avec la longue et lente réflexion mélancolique qu’il suscite en s’inscrivant dans l’histoire d’un homme, d’un groupe, d’une ville, d’un pays. L’écriture est toujours très tenue, dense et serrée, griffue et elliptique, mais d’une élégance assurée. On voit son projet se dessiner de livre en livre comme autant de degrés : épier les mouvements de la vie collective, rendre un visage aux invisibles, restituer l’événement à la foule sans nom pour mieux la raconter. En mettant en tension des noms propres que la postérité a consacrés, il attend de la littérature d’histoire qu’elle nous « dégrise », nous aide à nous défaire des mythes, l’Histoire s’imposant comme un recours à notre époque où la perspective est émiettée0000001736L

Les personnages de La Guerre des pauvres sont pétris dans la même boue de caniveau et taillés dans le même bois de santal. Ce sont des écrasés qui se refusent à être des résignés dès lors qu’ils n’ont plus rien à perdre. Ils se rangent derrière un exalté qui a soif de pureté et d’absolu, Thomas Müntzer (1489-1525). Un théologien au plus fort de la Réforme protestante du XVIème siècle qui, s’inscrivant entre puissants et misérables, mène la guerre des paysans en 1525, une révolte dite « le soulèvement de l’homme ordinaire » (toute ressemblance avec des évènements récents etc). Pas seulement amer mais fou, messianique, radical, intolérant, exaspéré, sectaire, millénariste, mystique. Vuillard le prend au sérieux ce qui n’empêche pas l’humour ni l’ironie. Il faut oser signer ses lettres :

« Müntzer armé du glaive de Gédéon »

Eux vivent le dépouillement évangélique. Ca leur parle, la relation directe avec Dieu débarrassée des fastes, des ors, des palais, des cardinaux. Sous la plume de Vuillard, quand le pape se fâche « il pleut des bulles ». On sent le cerf frémir dans son cuir. On voit des juges arrachés de leur lit pour être décapités. Il n’est question que de suppression d’une taxe, d’abolition du servage, de justice sociale, d’étudiants découpés à la hache, du corps de Jan Hus qui brûle en place publique –et de colère de Dieu. Dans la bouche du prédicateur anabaptiste, ce Müntzer qui n’a de cesse de s’opposer à l’usage du latin (il est le pionnier de la messe en langue vernaculaire en Allemagne), ce Müntzer que ces paysans analphabètes louent car grâce à lui Dieu parle allemand, ce Müntzer qui appelle à tuer les souverains impies, ce Müntzer qui aimerait donner un grand coup au monde entier, ce Müntzer qui hurle sa foi et rameute la rage, une phrase revient, menaçante :

« S’il en est autrement, le glaive leur sera  enlevé et sera donné au peuple en colère »

paysans-732x380C’est peu dire qu’il ne recule pas devant la violence pour faire passer ses idées. D’abord luthérien avant de s’en prendre à Luther, dénonçant l’Eglise de Rome comme « la putain de Babylone », ennemi du travail qui empêche les masses laborieuses de se consacrer à la Parole, n’hésitant pas en envoyer des milliers de soldats paysans mal équipés et peu formés se faire massacrer en Thuringe par les mercenaires aguerris et lourdement armés par des ducs et des princes, il finit décapité devant une assemblée de nobles et sa tête empalée sur les remparts. Un paquet de siècles plus tard, Engels voulut y voir l’un des premiers communistes, et au temps du Mur de Berlin, la RDA apposa son effigie sur les billets de 5 marks…

Eric Vuillard ne cherche pas à le glorifier, il s’en faut. A travers lui, c’est d’abord des pauvres de cette sale guerre qu’il exalte dans une langue et avec un regard saisissants, animé d’une saine colère contre le cynisme des puissants. Le récit est sec, coupant, incisif mais il développe une telle empathie pour l’esprit de la révolte et l’âme de l’insurrection que cela le réchauffe. Sa première version écrite il y a quelques années était plus ironique ; en décidant de publier le livre au début de cette année, au plus vif de l’évènement, il a atténué ce détachement pour qu’il colle mieux à l’époque. Tant de choses et tout un monde en si peu de pages. Une densité tant historique que littéraire qui force l’admiration. Tout cela parce qu’un jour, à l’occasion d’une manifestation contre l’ouverture d’une prison, Eric Vuillard avait relevé sur une photo que quelqu’un avait tagué en latin sur un mur un mot d’ordre de Thomas Müntzer :

« Omnia sunt communia » (Toutes choses sont communes) »

Patrick Boucheron (Paris, 1965) passe pour le plus radical des modérés- ou l’inverse. Défenseur et illustrateur en France de l’histoire globale/monde/connectée, au choix et même « histoire corsaire » comme on dit désormais, il goûte le dissensus en toutes choses. La langue énergique de Patrick Boucheron, influencée par la rumination de l’oeuvre de Claude Simon, ne recule pas devant l’anachronisme, les silences et se conçoit comme une affaire de rythmes, de tempo. Sa bataille personnelle avec les mots s’articule autour d’une double exigence historique et littéraire, gouvernée par l’éclat poétique et la force politique. En témoigne depuis peu La trace et l’aura. Vies posthumes d’Ambroise de Milan IVème-XVIème siècle (524 pages, 25 euros, Seuil).

Que d’énigmes annoncées, déjà, dès le titre et le sous-titre. On ne fait pas moins public ; chacun de leur mot constitue un mystère et pourtant, rien n’est aussi attirant tant on brûle de savoir ce que cela peut bien recouvrir. Et puisque l’on s’attarde déjà au paratexte, quatre citations se bousculent à la page de l’épigraphe, dans laquelle se coudoient saint Augustin des Confessions et le Michel Audiard des Tontons flingueurs avant que Michaux n’évoque la mémoire et Juan José Saer les présences nées du souvenir. Tout un programme, riche, varié, étourdissant, à l’image du livre. Historien et écrivain, Patrick Boucheron s’est rapidement inscrit en majesté tant dans le milieu universitaire (il est professeur au Collège de France), dans le champ médiatique et éditorial que dans l’esprit du public, surtout depuis la parution à grand succès et grand fracas de son Histoire mondiale de la France. Poussé très haut par la vague, ce qui n’eut pas l’heur de plaire à certains de ses collègues, très sollicité par les micros et les gazettes, il ne se contenta pas d’œuvrer dans son pré carré (le Moyen-Âge) et n’hésita pas à intervenir là où sa conscience le lui dictait, sur l’Histoire et le métier d’historien naturellement mais aussi sur les usages politiques de la peur, les violences intellectuelles ou encore l’exil et les migrations.

Il semblait s’être absenté des tribunes depuis un certain temps. C’est que la somme éblouissante qu’il concoctait exigeait cette mise à distance. Son retrait de la scène lui a permis de renouer avec ses fondamentaux puisqu’il avait consacré sa thèse à l’urbanisme et à la politique des édiles à Milan à la fin du Moyen-Âge. Depuis, Patrick Boucheron s’obsède de la puissance mémorielle des noms de ville. Rien ne le fait rêver davantage. Or s’il y a bien un homme que tout et tous ont toujours ramené à sa ville, c’est bien Ambroise de Milan (vers 340-397). Il en fut l’évêque à jamais. Des siècles après, les milanais se disent ambrosiens. L’auteur a donc entrepris de raconter l’histoire de ce Père de l’Eglise et maitre d’Augustin d’Hippone, un chrétien qui entreprend de christianiser l’action politique au moment même où il s’engage, un parfait intellectuel d’empire (grec de culture et latin d’administration), un théologien de la pureté de l’âme plus que des émois de la chair qui sut « convertir les larmes antiques en pleurs chrétiens », un homme « qui ne peut pas fuir la force de son patronyme et le lieu que cette force lui assigne », ce dont l’auteur avait déjà donné un exemple éclatant en s’attachant à Urbino lors de la présence concomitante de Léonard et Machiavel en juin 1502.Chasuble-de-saint-Ambroise-à-Milan-320x883

Cette fois, il s’est employé à dissiper l’aura du nom propre d’Ambroise sur Milan, « ce halo de sens incertain qui s’insinue et nous domine », sa manière à lui de troubler l’évidence, de mettre en récit la discordance des temps et de tout reprendre à nouveaux frais afin d’éclairer « la brèche de 1447 dans le mur si épais qui s’édifiait entre l’Antiquité remployée et le présent réinventé ». C’est dans cette faille que s’engouffre le chercheur pour y prendre la mesure de la fête révolutionnaire et distinguer ce que l’enthousiasme citoyen a de religieux ou de civique/civil. Cela nous donne de belles pages illustrant la notion d’ « anachronisme contrôlé » ; il est vrai qu’il y est question, entre autres sauts en avant dans la « Terreur », de « Thermidor »…

Milan, capitale impériale au IVème siècle, capitale lombarde devenue prototype de la cité chrétienne par la grâce de son évêque… Pour comprendre comment se fabrique une identité politique, car c’est aussi bien de cela qu’il s’agit, l’historien s’emploie donc à relever les empreintes mémorielles laissées par le nom d’Ambroise partout dans l’organisation de la société, déconstruction nécessairement démythifiante tant elle se doit de bousculer certaines illusions au passage. Il n’explore pas que les lieux et ne se contente pas de faire parler les murs : les bibliothèques aussi. Tout ce qui raconte Ambroise à commencer par la référence absolue, la Vita Ambrosii (1474) de Paulin de Milan qui longtemps donna le la, chose d’autant plus remarquable que, pour une fois, ce n’était pas une vie de saint ou de martyr mais un véritable récit du gouvernement épiscopal. Que l’on se rassure, sa vie à lui n’en est pas absente, c’est la force du récit incarné à force d’éclats, de fragments et de « biographèmes » (Roland Barthes). L’exploration iconographique est là d’un grand intérêt, d’autant qu’Ambroise est le plus souvent peint ou sculpté muni d’un fouet à trois lanières, manière de rappeler au flagellé que l’on pouvait souffrir par et pour la sainte Trinité.

Le plus fascinant est de constater  comment le souvenir d’Ambroise, nom historié s’il en est, personnage dont la vie est traversée par les grands bouleversements sociaux du IVème siècle, s’inscrit durablement dans la conscience civique milanaise :  par la liturgie et la puissance du rituel attaché. Une certaine manière de chanter les hymnes, de psalmodier et de dire la messe (la solennité des préfaces), qui la distingue de l’office grégorien – pour ne rien dire du choix de la date de Pâques qui n’est pas celle de Rome. Sforza le condottiere aura beau faire, et remplacer par son effigie en cavalier celle d’Ambroise en habit de sainteté sur les pièces de monnaie, rien n’y fera dans la durée. Ambroise for ever. Une éternité qui permet au biographe de renouveler le genre avec la prometteuse notion de « vies posthumes ».

Venise n’est plus que folkloriquement la ville de Marc et du lion, alors que jamais le fil n’a été rompu entre Milan et Ambroise. Nous voici donc errants sur ses pas avec l’auteur dans la basilique Sant’Ambrogio en 1447, rêvant sur ses archives capitulaires dans le campanile, contemplant le temps à l’arrêt dans ce cœur vivant de la ville, là même où tout au long du Moyen-Âge on couronna, on célébra, on commémora, on rassembla, on harangua, et où l’on pria même. Car Ambroise fut l’inventeur de la cité chrétienne, balisant et enserrant Milan dans un réseau architectural et artistique de basiliques et de saints. Pour le latin, les Confessions d’Augustin, les réminiscences virgiliennes ça va. Pour le reste, cela ne va pas toujours de soi si l’on n’est pas au fait de l’époque. Cela dit, même si l’on est guère familier de la Pannonie seconde, de l’hérésie arienne, de l’agonie des martyrs Protais et Gervais…

C’est aussi d’une réinvention qu’ils s’agit : celle de la fonction épiscopale et partant celle du système des pouvoirs dans l’Occident chrétien pris comme un tout. Voilà l’enjeu derrière ou dessous la déambulation milanaise de Patrick Boucheron, cette profonde réflexion sur le « bricolage mémoriel » auquel se livre une société en quête de références dans le passé pour se donner les moyens d’agir. Elle s’achève sur la silhouette d’Ambroise s’éloignant vers le loin, voué à sa lecture silencieuse.

Rares sont les livres d’historien, inattaquables sur la méthode et les sources, mais à ce point gouvernés par la littérature. Même si celui-ci a été guidé par le maitre-livre de Peter Brown sur la Vie de saint Augustin (1967), toute autre serait La trace et l’aura si Patrick Boucheron ne s’était pénétré de la lecture de la déambulation milanaise d’Alberto Savinio dans Ville, j’écoute ton cœur et surtout le fameux grand Livre des passages issu de l’ enquête de Walter Benjamin sur Paris comme capitale du XIXème siècle. Car il faut bien in fine donner la clef du titre La trace et l’aura. La trace, l’aura, deux apparitions : l’une, proche (il la définissait comme l’unique apparition d’un lointain, quelle que soit sa proximité), permet de s’emparer de la chose ; l’autre lointaine, autorise la chose à s’emparer de nous.

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610 Réponses pour Vuillard et Boucheron, une fratrie d’écrivains

renato dit: 24 février 2019 à 10 h 02 min

«… « comment pouvez-vous croire que votre Dieu a permis une telle chose? »; réponse du second « vous vous trompez, ce n’est pas que nous croyons qu’il l’a permise, nous croyons qu’il l’a FAITE ».»

Le deuxième est bien plus stupide que le premier : il exprime une piètre idée de la divinité.

renato dit: 24 février 2019 à 9 h 54 min

À propos de la vipère des Visconti.
On a, à ma connaissance, plusieurs versions :

— une légende raconte que Desiderius, roi des Lombards, s’était endormi sous un arbre et se réveilla avec une vipère autour de sa tête, comme une couronne. Comme la vipère ne le mordit pas, il voulut que l’animal devienne son symbole.

— un épouvantable dragon squattais la plaine lombarde en touant les gens avec son haleine pestilentielle avant des les avaler. Heureusement un certain Uberto, Chevalier de métier et Seigneur d’Angera — descendant d’Énée de Troie, naturellement — passait par là et le tua, suite à cette victoire sur le monstre il enta en Milan avec le titre de Vice-comte ;

— lorsque Ottone Visconti fut nommé archevêque de Milan — malgré la présence d’un redoutable rival, Martino della Torre —, pour remercier le pape Grégoire X de son soutien, il lui dédia « le serpent à ventre noir » en référence l’image représentée sur le casque et sur le bouclier d’un sarrasin abattu par Ottone Visconti lors de la première croisade, mais c’est une histoire peu probable, comme les autres information relatives à la participation de Lombards à la première croisade — ;

— une autre légende attribue l’origine du serpent des Visconti à une bataille similaire entre Eriprando Visconti et un chevalier allemand en 1034 ;

— selon Petrarca, en 1323 Azzone Visconti, qui campait avec ses troupes près de Pise, ne réalisa pas que pendant qu’il dormait une vipère s’était réfugiée dans son casque , mais quand il le remit sur sa tête, la bête s’éloigna les mâchoires grand ouvertes mais sans le mordre.

Plus banalement, les Visconti étaient seigneurs d’Anguaria — Angera — nom qui évoque le latin anguis, et ils auraient inventé toutes ces légendes afin d’ouvrir des perspectives plus ou moins mythiques.

Il est probable que ce serpent ne soit qu’un symbole épiscopal représentant un monstre marin qui engloutit Jonas, symbole de la résurrection, car la première attestation sûre est de 1226 : des vipères en ivoire ornent le bâton d’Ardengo Visconti, abbé du monastère de Sant’Ambrogio.

closer dit: 24 février 2019 à 9 h 35 min

Pour ceux qui comprennent l’espagnol (le début est difficile à cause du débit du présentateur, mais ça s’éclaircit peu à peu…):

https://www.publico.es/publico-tv/en-la-frontera/programa/746726/entrevista-a-juan-manuel-de-prada-en-la-frontera-19-de-febrero-de-2019

Une anecdote, cette rencontre entre deux croyants après un tremblement de terre meurtrier: le premier « comment pouvez-vous croire que votre Dieu a permis une telle chose? »; réponse du second « vous vous trompez, ce n’est pas que nous croyons qu’il l’a permise, nous croyons qu’il l’a FAITE ».

J’ai volontairement censuré le contexte pour que l’on ne croit pas qu’il s’agit d’un entretien polémique, il ne l’est en rien. Entretien de haute tenue.

Marie Sasseur dit: 24 février 2019 à 9 h 27 min

Yep, et partant on pourrait broder sur Aymeric d’Harcourt-Olonde qui se pointe au salon de l’agriculture pour écouter la messe, Macron qui veut « réinventer » la PAC.
Seule bonne nouvelle, l’animateur de la foire bovine, va autoriser le « prelevement » de loups. Qu’en termes technocratiques, ces choses-là – indispensables – sont dites.
Faudra cependant viser plus large, car ces tueurs ont muté, par croisement avec des chiens bergers.
Bon dimanche.

Janssen J-J dit: 24 février 2019 à 9 h 20 min

un moral d’acier pour continuer à border sur l’italie de boucheron. bon courage les experts, voilà les vrais erdeliens de passoul. Il en faut, il enfile, il fait beau, mamère.

(ex : « Lincoln au bardo »… de George Saunders – 50 premières pages prometteuses, mais après, quel ennui !… Regrette bien cet achat inconsidéré : 24 € ! Fayard escroque).

Clopine dit: 24 février 2019 à 9 h 10 min

Ed, ça lui va pas mal comme qualificatif, « emprunté », à Houellebecq. On pourrait broder : « pas tôt », non plus… « 10 gras cieux »…

Marie Sasseur dit: 24 février 2019 à 8 h 59 min

« C’est aussi d’une réinvention qu’ils s’agit : celle de la fonction épiscopale et partant celle du système des pouvoirs dans l’Occident chrétien pris comme un tout. »

Se mefier du delire du grantou.

L’Italie mériterait une veritable histoire patricienne, plutôt qu’un raccourci patristique.

Marie Sasseur dit: 24 février 2019 à 8 h 47 min

« A noter que le Duché de Milan n’était plus aux Visconti sous Charles, mais à Philippe II. Borromée a connu au moins deux gouverneurs espagnols. Il faudra voir pour le reste. »

C’était pas clair ?
La lignée des Visconti, ducs de Milan s’est éteinte avec le décès de Philippe-Marie Visconti en 1447.

S’ensuivit un épisode d’intérim, la republique ambrosienne, qui dura à peine 3 ans, 1447/1450, et dont Boucheron espère tout, pour sa demo, republique qui prit fin avec le duché periode Sforza.

Charles Borromee a Milan, archevêque, cardinal, homme du concile de Trente, c’etait plus tard , et le duché indépendant de Milan etait devenu depuis 1559 (à confirmer) chef-lieu d’une province espagnole.

Ed dit: 24 février 2019 à 0 h 49 min

Oyez Oyez ! Sérotonine (et non pas Serotonin) est désormais disponible à la bibliothèque centrale de Hambourg. Évidemment, il est emprunté. Mais cela reste une excellente nouvelle.

renato dit: 23 février 2019 à 22 h 57 min

Bacapé ? plutôt Bascapè, Marc Court — Giovanni Francesco, lorsqu’il devint barnabite il prit le prénom Carlo en souvenir du Borromeo ; aussi connu sous les noms Bescapè et Basilicapetri.

Autre secrétaire de CB, Gerolamo Castano.

Petit Rappel. dit: 23 février 2019 à 22 h 21 min

Examen des pièces du dossier, V ne s’en tire pas mal. Il colle d’assez près aux textes de Münzer, qui, il est vrai, ne sont guère nombreux (Trois).
Je suis plus réservé sur Boucheron et le chapitre précis de la récupération d’Ambroise par St Charles Borromée, sujet que j’ai un peu travaillé. Le concept de « militarisation » appliqué à Ambroise ne me parait guère pertinent, et ce en quoi Borromée conçoit l’imitation Ambrosienne est insuffisamment développé. Ne s’agit-il que d’ostension de reliques? Le point est litigieux, et les hagiographies prennent en compte une dimension pastorale qu’on chercherait en vain à cet endroit précis. Des références tombent qu’on ne se donne pas la peine de préciser. que Bacapé soit le secrétaire biographe de Charles n’est pas indiqué en note, par exemple, elles ne manquent pourtant pas, et son nom arrive sans aucune explication sur le personnage.
A noter que le Duché de Milan n’était plus aux Visconti sous Charles, mais à Philippe II. Borromée a connu au moins deux gouverneurs espagnols. Il faudra voir pour le reste.
Amusé par les considérations sur le nez nordique d’Edouard Louis, nouvel intouchable du Zoo Clopinien, je crois me souvenir que le possesseur dudit nez a imposé au photographe un angle précis afin que ledit appendice nasal ne fut pas trop mis en valeur.  » du jamais vu » dit-on alors au Nouvel Obs! Les Stars ont de ces exigences… à moins que ce ne soient les petits-maitres qui se prennent pour des Stars..

et alii dit: 23 février 2019 à 21 h 47 min

L’Institut culturel italien de Paris, un organisme du ministère italien des Affaires étrangères, a pour vocation de diffuser et de promouvoir la langue et la culture italiennes en France. L’Institut culturel italien organise des expositions, des concerts, des rencontres littéraires, des projections de films, du théâtre ainsi que des débats et des séminaires sur des questions de culture et de société. L’Institut propose aussi des cours de langue italienne.
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Marie Sasseur dit: 23 février 2019 à 21 h 04 min

jusqu’à ce que le décès de Philppe-Marie Visconti décède

je suis excusable, je suis vannée. Il faisait un temps absolument splendide.

Bonsoir.

Marie Sasseur dit: 23 février 2019 à 21 h 00 min

« la brèche de 1447 dans le mur si épais qui s’édifiait entre l’Antiquité remployée et le présent réinventé ». C’est dans cette faille que s’engouffre le chercheur pour y prendre la mesure de la fête révolutionnaire et distinguer ce que l’enthousiasme citoyen a de religieux ou de civique/civil. »

C’est bizarre, car Milan était un duché tout ce qu’il y a de plus civique/civil, avec la famille Visconti, qui avait repris la ville aux Della Torre, jusqu’à ce que le décès de Philppe-Marie Visconti décède sans laisser d’intention quant à sa succession, n’ayant que peu de confiance en son gendre Francesco Sforza.
Faancesco Sforza, une sorte de mercenaire, dont on ne sait vraiment à la solde de qui, mais probablement à celle des Medicis; lequel Francesco Sforza finit par reprendre le duché, à la suite de cet intermède dont Boucheron fait grand cas, semble-t-il: la république ambrosienne.

On passera sous silences les nombreuses républiques italiennes, qui ont existé de manière plus durable que celle-ci. Pas forcément démocratiques façon socialistes, mais l’histoire de l’Italie, c’est aussi une histoire de cités-états, au moyen-âge et Renaissance, qui ont rivalisé en matière culturelle et surtout économique, formant un véritable empire du commerce de sociétés indépendantes, et qui ont laissé une telle richesse patrimoniale et artistique.

Alors  » Nous voici donc errants sur ses pas avec l’auteur dans la basilique Sant’Ambrogio en 1447″

pour un épiphénomène qui dura 3 ans sans laisser aucune trace que ce qu’en fait Boucheron: un gros prétexte à anachronisme.

Non, si m’en croyez, la prochaine fois que vous voudrez aller dans le mur, y faire une brèche, suivez Ayrton Senna.

Où ça ?

A San Marin, la plus vieille république de la Botte.

Merci Renato, effectivement, le colosse , avec ses dimensions, est inratable pour qui prend le bateau à Arona.

renato dit: 23 février 2019 à 18 h 13 min

La perception du roman et de la poesie, comme d’ailleurs celle de tous les arts relève du subjectif, mais mourir que les lecteurs, et plus généralement les spectateurs, s’en fassent une raison.

Clopine dit: 23 février 2019 à 18 h 09 min

Graisse ! Graisse ! Graisse !

Allez, je digresse…

Je me demande ce que fait Mike Leigh. J’avais tant aimé son si ambigu « Another Year », auquel je pense régulièrement, avec son héroïne si moche qu’elle ressemble à la chanteuse de Pentangle, (celle qui a une voix absolument splendide de beauté hein !) Et ce film qui donne à voir cette sournoise description de gens si normaux qu’ils n’ont rien d’exceptionnel dans la prescription normative, et puis cette petite sourde voix chez moi qui me disait que je leur ressemblais, au fond… Le tout sur fond austenien, bien sûr. Eh bien, qu’est-ce qu’il devient en temps de brexit, Mike Leigh, hein ? Quelqu’un sait ?

Janssen J-J dit: 23 février 2019 à 18 h 03 min

@ 17.17 vu aussi, mais pas osé demander, lui… Sorpreso ; dit qu’elle était pas de bon poil avec le barrage, on sait pas, tous comptes faits, les gens. Garder la foi. Garde grande estime pour Vuillard, oui.

et alii dit: 23 février 2019 à 17 h 01 min

C’est au XII siècle que Roger II roi de Sicile (descendant des Normands débarqués en Sicile au XI siècle), introduit l’industrie de la soie à Palerme, d’où elle se propagea en Calabre et dans le reste de l’Italie. C’est ainsi qu’au XV siècle l’Italie a le monopole de la soie en Europe (une production importante notamment dans les villes de Lucques, Gênes, Venise et Florence).
La France en importe d’ailleurs tant que Louis XI, alors roi de France, pour éviter des dépenses de capitaux inutiles, en condamne l’usage puis crée les premiers ateliers de tissage (à Tours, puis plus tard à Lyon avec François I). A la même époque Florence exporte ses lainages dans toute l’Europe, l’art de la laine faisant parti des sept Arti Maggiori (Arts Majeurs) de la corporation des arts et métiers de Florence (corporation crée au XII siècle).

Au milieu du XX siècle, Rome devient la capitale de la mode italienne, avant que Milan reine du prêt-à-porter ne la détrône et que Florence s’affirme dans la mode masculine.

renato dit: 23 février 2019 à 16 h 45 min

Anecdote, Jacques. En voyage de noces près des rives du lac de Côme — de son vrai nom Lario — William Fox Talbot, l’inventeur du procédé photographique négatif/positif, épris par la beauté des lieux créa le mot « photogénique ».

Cela dit, je comprends la fascination pour le lacs italiens, mais bien à part le fait que tous les lacs ont un pouvoir de fascination, tous les lacs alimentés par des fleuves qui prennent leur source dans les Alpes ont un caractère extraordinaire, cela est dû, je crois, aux microclimat propre à chacun.

Ed dit: 23 février 2019 à 14 h 16 min

Rose,
Vous parvenez à lire Duras sans interpréter, vous ? Et il me semble que mon analyse reste au plus près du livre sans tomber dans l’extrapolation. J’imagine que vous faites allusion à la dernière partie de ma chronique…Bref.

Ed dit: 23 février 2019 à 14 h 09 min

Les Cesars c’est comme mes prix littéraires, le social avant la qualité. Je ne dis pas que l’un exlut l’autre, mais on va récompenser des oeuvres moins bonnes mais politiquement plus satisfaisantes dans ces microcosmes bien pensants (cd. Jesmyn Ward qui accumule les prix sans avoir une prose extraordinaire).

Alexia Neuhoff dit: 23 février 2019 à 13 h 44 min

La « réponse » de Martin Hirsch à Edouard Louis a de quoi interroger, notamment dans la conjoncture actuelle. Que le directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris s’adonne à la littérature (192 pages tout de même) tandis que sonnent de toutes parts des alarmes sur l’état critique de l’hôpital, cela produit une impression fâcheuse. Par ailleurs, que M. Hirsch, haut fonctionnaire visiblement intéressé par le social (Emaüs, RSA…) se lance dans la polémique autour d’une figure de pauvre en plein mouvement des gilets jaunes peut sembler une erreur de calendrier et, plus grave, un abandon, le refus de relayer le discours de ces derniers, de leur rendre une certaine visibilté. En tant que bourgeois intellectuel réputé bienveillant à leur égard, il a raté le virage.

renato dit: 23 février 2019 à 12 h 50 min

« … le dossier sur l’antijudaïsme de Saint Ambroise. »

Pas spécifiquement d’Ambroise, mais de l’antijudaïsme en général : avant et après Ambroise — rédigé par un auteur juif.

christiane dit: 23 février 2019 à 12 h 17 min

@renato dit: 23 février 2019 à 11 h 46 min
Est-ce un bouffon, un personnage de la Commedia dell’arte ou d’un théâtre de marionnettes, un masque ? comme Polichinelle ? Guignol ? Arlequin ? Pierrot ?

renato dit: 23 février 2019 à 11 h 46 min

« Tout semble devenu ambroisien à Milan… »

Pas tout à fait, on peut aussi dire Meneghino, d’après l’omonime personnage du théâtre de l’arte…

renato dit: 23 février 2019 à 11 h 13 min

À propos Marie, pourquoi Carlone ou, en lombard occidental, Carloon ? Un brin d’histoire. C’est vrai que Carlo Borromeo était grand pour l’époque, mais le superlatif Carlone est cohérent avec la formidable statue érigée en son honneur en marge de la route dite de Dagnente, gracieux village de villégiature d’où était originaire la nourrice du saint et où l’on peut admirer la tombe aérienne de Felice Cavallotti, patriote dont on se souvient aussi du fait qu’il installa dans sa maison de vacances de Dagnente, justement, la première douche italienne — invention britannique découverte par le nôtre lors d’un voyage à Londres —. Tombe aérienne pourquoi ? Homme de gauche, Cavallotti voulut régler par un duel un conflit qui l’opposait au directeur d’un journal de droite et il fut tué, on ne pouvait donc pas l’inhumer dans une terre consacrée, voilà donc que avec 4 colonne le problème de la collocation de la dépouille mortelle fut résolut :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/85/748DagnenteTombaCavallotti.JPG

Revenons à la formidable statue, elle fait 20 mt et 68 cm de hauteur et elle est installée sur un piédestal de granit qui la soulève du sol d’encore 11 mt et 20 ! L’ouvrage montre le saint à tète découverte — espressione de sa modestie — qui bénit le monde de la main droite et avec le code des constitutions synodales dans la mains droite.
Exécutée par le sculpteur Siro Zanelli et le sculpteur-fondeur Bernardo Falconi sur un dessin crée en 1614 par le peintre Giovan Battista Crespi, dit Cerano, l’œuvre fut achevée en 1697 et elle coûta un million et deux cent mille lires milanaises de l’époque — là du coup, je ne me souviens pas le paramètre de change, mais c’était énorme —.
On doit l’épatant prodige à la fantaisie malade du père oblat Marco Aurelio Grattarola — nom qui doit avoir eu une mauvaise influence sur l’homme car en lombard occidental on parle de « grattarola » lorsque pour une quelque raison (parasites, saleté) on souffre de démangeaison ; or, pour imaginer cette monstruosité en briques recouverts de cuivres il fallait que quelque chose lui démange le cerveau ! —, soutenu dans son projet par le Cardinal Federico, cousin de Carlo et archevêque de Milan dés 1595, qui en confia le garde monument à la Bibliothèque Ambrosiana.

christiane dit: 23 février 2019 à 10 h 40 min

Milan… saint Ambroise (inconnu pour moi), l’ambroisie ? Plante invasive dont le pollen allergisant provoque rhinites, urticaires, toux. Appelée « herbe de la saint-Jean », dangereuse. Pourtant on dit que l’ambroisie c’est le breuvage des dieux de l’Olympe dans la Grèce antique. Il n’y a pas de cette plante dans la fabrication de cette liqueur douce plus sucrée que le miel mais du vin blanc, des pommes, du sucre, des citrons de Nice, de l’anis, des clous de girofle, des graines de fenouil, du sucre, de l’alcool. Voilà bien le seul souvenir qui chante à mon oreille quand « ambroisie » vient y fureter. Reste Milan.
Milan, c’est un autre souvenir : l’inoubliable Chartreuse de Parme, la musique à la Scala, ou Henry Brulard commence son « Voyage en Italie », (« La musique est le seul art qui vive encore en Italie. »), Fabrice del Dongo,le comte Mosca, la duchesse San Severina, les belles dames du Corso. Stendhal flânant, heureux, dans Milan où il fit de nombreux séjours, où il rencontra l’amour de sa vie : Matilde Viscontini-Dembowski. Et sur sa tombe il voulut faire graver cette épitaphe : « Stendhal Milanese », comme s’il s’affirmait milanais. Le plus beau temps de sa vie, le lieu où il aimerait habiter.
Alors saint Ambroise, sa momie parcheminée dans la basilique… et là, émerveillement devant les photos de Renato, mises en lien, superbes, comme celles du billet. Un lieu natal dont il parle bien.
Arrive en dernière position ce livre historique de Patrick Boucheron. Que dit-il de cette « ville enveloppante » et d’Ambroise « incapable de se défaire de l’étreinte de la ville » ? Il interroge son nom, le souvenir qu’il a laissé à plusieurs époques. Il évoque « un bricolage mémoriel » qui permet à la société milanaise de se « fabriquer un passé commun ». Là, semble commencer son enquête : quelles traces du passé ont conduit à « l’invention d’une identité collective ». Il interroge la force d’un nom dans l’imaginaire collectif. « Qu’appelle-t-on ambroisien à Milan » ? Ambroise semble être le « nom obstiné » qui ramène à Milan. Tout semble devenu ambroisien à Milan, même l’équipe de foot gagnante ! Et l’historien qu’il est plonge dans ce passé très ancien, plaçant le curseur au XVe siècle puis reculant à tâtons, s’accrochant à la topographie légendaire de la ville. Sera-ce à chacun son Ambroise ? Non, écrit-il « Qu’est ce qui n’est pas manipulable dans le passé » ? Voilà ce que j’ai retenu de l’avant-propos qui est donné à lire sur internet.
Je me souviens aussi de ce qu’il disait de son livre à « La Grande Librairie » du 13/02. François Busnel parle d’un livre érudit. Le dialogue est intéressant. : « Ambroise c’est celui qui va séparer. Le peuple va devoir se construire contre les pouvoirs autoritaires. Qu’est-ce qui nous fait dire « nous » contre les autres ? Une traversée du temps. Il est à l’origine de l’anti-judaïsme chrétien. C’est dans ses lettres. Soit on le tait soit on l’évoque. » Je ne suis pas certaine que cet Ambroise soit très sympathique… mais la démarche de P.Boucheron est intéressante.
https://www.youtube.com/watch?v=49WYfeB0jUY

rose dit: 23 février 2019 à 10 h 33 min

« La bonne posture pour traiter les sujets de ces jours-ci serait à genoux. A genoux devant les victimes et leurs familles, devant les perpétrateurs, les complices, les négationnistes, ceux qui sont injustement accusés, les négligents, ceux qui ont étouffé, ceux qui ont tenté de parler et d’agir mais qui ont été réduits au silence, les indifférents »,

moi, rose de mon pseudo, je propse à plat ventre, face contre terre et les bras en croix sur un dallage glacé. Un bol de riz tous les deux jours. De l’ eau à disposition.
Des toilettes, une douche. Une serviette.

et ne me sens pas justicière, mais victime oui. Assez, crie-t’elle.

jazzi dit: 23 février 2019 à 9 h 58 min

P.S. : Je n’ai pas eu l’impression que les meilleurs aient été récompensés hier soir à la cérémonie des Césars…

et alii dit: 23 février 2019 à 9 h 56 min

LAVANDE,snobez votre praticien:
Des chercheurs de la National University of Science and Technology (MISIS), en Russie, ont développé un nouvel implant artificiel pour remplacer des os ou des portions d’os. Ils ont combiné les propriétés physiques de deux polymères, pour imiter au plus près la structure d’un os réel, et reproduire sa résistance et son élasticité. L’enjeu était aussi de réduire le coût de fabrication, et la quantité de matériau utilisée, pour rendre ce type d’implant accessible. Leurs résultats sont publiés dans la revue Materials Letters.
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/os-et-muscles/des-implants-imitant-la-structure-des-os_131642#xtor=EPR-1-%5BSEAActu17h%5D-20190222

jazzi dit: 23 février 2019 à 9 h 41 min

23 février, soleil étonnamment printanier sur Paris.
L’acte XV va t-il se dérouler sur la RDL ?
Il semble que les Gilets jaunes (non moins étonnante coalition de Chaloux et hamlet) aient envahi le rond-point du commentarium erdélien et contestent de conserve l’autorité passoulienne (JJJ est plus circonspect, car il semble apprécier l’écrivain-historien Vuillard).
Passou va-t-il devoir venir animer un grand débat ?
J’aurai peu de temps à vous consacrer, dix personnes sont attendues à dîner chez nous, ce soir…
Bonne journée et ne mettez pas le feu à la maison !

Phil dit: 23 février 2019 à 9 h 02 min

L’Inn est puissamment agité à Innsbruck, ville occupée par les Français après la seconde guerre, où le considérable mari de l’Impératrice Marie-Thèrèse fit une crise cardiaque.

rose dit: 23 février 2019 à 7 h 33 min

En (Inn) petit fleuve 507 km, prend sa source en haute Engadine, trois lacs de la vallée émaillent son parcours, il remonte vers le nord (mais descend) Innsbruck, le pont sur l’ Inn, amorce un virage à droite et se jette dans le Danube. Salzbourg avant d’ arrivet à Vienne.
(euh , rose, tu n’ as pas l’ intention de faire cela en canoë, rassure- moi. you you)

Marie Sasseur dit: 23 février 2019 à 6 h 27 min

« avec quelle fonction Boucheron convoque « il Carlone » ? »
Archevêque de Milan, Renato.

Tres belle region, que la votre, suite montee a Angera, voir les poupées.

Bonne journée

Clopine dit: 23 février 2019 à 0 h 33 min

(Allez zou, ceci pour tenter de faire sourire notre hôte, n’est-ce pas ?)

Alors.

Alors là, vous permettez, mais je tiens à rappeler à bon entendeur qu’un très très bon ami m’a appelée « Choupette » pendant des années.

Sisisi.

Donc, suivant l’exemple de Messieurs Rackham-Lerouge, Le Rouge ou Rackham, je m’en vais de ce pas réclamer l’héritage de Karl Lagersfeld.

A moi les croquettes.

rose dit: 23 février 2019 à 0 h 31 min

L’attachement pour le livre, j’ai le même que celui de françoise Beauguion : vous ne dites rien sur l’attachement, vous Ed, dans votre article ?

Pourtant, ce qu’elle dit sur vers la fin, ou bien est-ce tout récent, ne correspond pas à la réalité du terrain ; sur le dernier reportage vu, où les rizières désormais sont vivables, 150 ans après ? Les champs en question sont nommés les rizières de la femme blanche.

Ed, pouvez-vous confirmer ?

Pas forcément de couple amour et haine à mes yeux. Admiration insensée ça c’est sûr, mais c’est comme coupler le yin et le yang, alors que tout les oppose.

Reparlerons plus tard ?

rose dit: 23 février 2019 à 0 h 21 min

oui Clopine

ai aussi bcp songé à la responsabilité des gens importants, à leur manière de se positionner au monde ; puis les idées sont floues/ confuses ; passionnant de se demander fidélité ou trahison aux racines et aussi la seconde question posée par autre que vous si l’on ne s’intéresse que lorsqu’on est concerné ; comme s’il n’y avait pas d’arrachement possible.

rose dit: 23 février 2019 à 0 h 19 min

ses sept ans surtout, quand les enfants marseillais étaient mis à l’abri dans des familles auvergnates.

M’a dit « j’ai vu Guillaume », Pierre, Marie Louise et Victoria ; l’est plus là depuis qq années, le Guillaume. S’est mis sur le pas de sa porte, leur a dit au revoir. Z’étaient venus le voir quatre dont deux sont sous la pierre aujourd’hui. Quinze jours après le au revoir, l’a mouru, comme si cela avait été fait exprès.
Restent les soeurs, qui étaient retournées à Marseille grandir puis se marier, ne sachant plus où elles crèchent, les deux arrachées.

renato dit: 23 février 2019 à 0 h 07 min

Marie, et avec quelle fonction Boucheron convoque « il Carlone » ?

Les îles Borromées. La maison de vacance de ma famille est sur la rive occidentale du Verbano, donc, régulièrement, tous les étés avec grand-mère c’était le pèlerinage : Angerz, les Borromées, Ascona, le Teatro San Laterno — à l’évoque en mauvaise état —, Monte Verità… enfin, tout les lieux qui lui rappelaient sa jeunesse.

Clopine dit: 22 février 2019 à 23 h 54 min

Rose, merci pour ces éclaircissements, et j’attends un peu avant d’y réagir, histoire de ne pas vous dire de bêtises tout en étant sincère, voulez-vous ?

Bon, il y a une fille que j’aime bien sur le net, qui s’appelle Nicole Garreau, je vous la recommande. Voici sa dernière chronique ciné (elle réagit quand des films passent à la télé, là c’est pour le boucher de Chabrol) :

 » (Nicole Garreau) croit que c’est ça, ce que le cinéaste en question a perdu. L’odeur. Pas l’odorat, hein : l’odeur. Parce que dans ses premiers films tout sentait. Tout. La province, les sous-bois, l’humidité, le salpêtre, les huisseries trop lourdes, les tentures, les papiers peints qui se décollent, le formica. Oui, même le formica sentait — il faut avoir vécu ces années-là pour le comprendre. Et puis la Audran. Peut-être pas la meilleure comédienne du monde, mais quand le cinéaste la filme la Audran a une odeur. On la voit nettement à l’écran, on la devine, on la sait. C’est peut-être parce qu’elle est la compagne du cinéaste. Le cinéaste connaît son odeur alors il la filme. L’odeur est dans le scénario, partie intégrante de la mise en scène. Elle est présente dans chaque séquence, dans chaque plan. On comprend l’image en frétillant des narines. C’est pour cela que l’on est si mal à l’aise. On n’avait jamais fait cela avant. On découvre.

Et puis… et puis la Audran et l’odeur ont disparu de ses films. En même temps, ou à peu près. L’habileté du cinéaste est restée, la mécanique est rodée, de bonnes actrices sont arrivées. Mais plus rien ne sent. Cela correspond sans doute au changement d’époque, aussi. À partir des années 1990 on nivelle, on désinfecte, on aseptise. L’odeur bavarde trop sur nous à notre insu. Alors tout est bien mais il manque quelque chose. La Bonnaire ou la Huppert ne sentent pas, les sous-préfectures ne sentent plus, le cinéaste est redevenu un cinéaste.

Puis il est mort.

rose dit: 22 février 2019 à 23 h 43 min

Avoir les crocs (ou pas)

beaucoup ri : néanmoins :
que de cordes, des cordes, des cordes, encore des cordes !

et un est Keaton, un autre Chaplin : en face, de parfaits inconnus.

rose dit: 22 février 2019 à 23 h 24 min

(et surtout, demander à la majorité des romanciers, qui passent leurs temps à justement dresser des portraits de héros expliqués par leur psychologie, elle-même issue de leur enfance, d’arrêter leurs activités criminelles, n’est-ce pas.)

Clopine

là, cela devient un peu plus compliqué : de Pagnol, élégiaque et confit en dévotion, Le château de ma mère, La gloire de mon père, Le temps des secrets à tous ceux qui règlent leurs comptes à la kalachnikov, il y a sûrement de l’hommage à la catharsis, activité libératoire.
Ai plus de mal avec ce qui participe du voyeurisme : s’approprier, autrui, la vie d’autrui, voler, amasser un butin.

N’est pas forcément passionnant ce qui participe de la rédemption, des capacités de résilience, des rebondissements permettant à l’individu après triple salto d’avoir une vie satisfaisante : ce qui me stimule sont la possibilté de s’éloigner des acquis -ne pas être une fille à papa, d’où ma détestation profonde de Léa Salamé, née avec une cuillère en argent dans la bouche- ou bien, et aussi celui qui n’arrête pas ses activités criminelles, les développe même, ce crétin, mais est partie intégrante d’une belle humanité. Du mal à définir : atteinte du syndrome de Stockholm ; gravement.

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 23 h 23 min

Renato, figurez-vous que Boucheron a aussi convoqué le colosse d’Arona, Carlo, pour soutenir ses theses.

Vous souvenez-vous des jardins des Buon Romei, sur la belle île ?

rose dit: 22 février 2019 à 23 h 16 min

Clopine dit: 22 février 2019 à 13 h 53 min

Clopine, je voulais vous dire que, comme souvent c’était une adresse à moi-même d’où le tutoiement ; pas grave, juste pour préciser.

Quand quelqu’un qui a connu mes parents en parle, si c’est laudatif, je me demande pourquoi : pas porté aux compliments chez moi, plutôt lla testa dura. Si c’est péjoratif, je n’admets pas. Pourquoi développer une théorie psychologique qui serait juste une hypothèse ? Juste une hypothèse ou une certitude de rélaiser qu’à quarante berges, fleur d el’âge, untel est une petite frappe fils de son père qui était un voyou ? Alors nulle chance pour lui de s’amender ? Ai du mal à concevoir les hypothèses telles.
Mal aux petites cases (très étroites) : ce qui m’a été dit de moi, enfant, jene fille est totalement contradictoire avec qui je suis à passé soixante berges.
Et ici, les jeux de rôle, les moult voiles ont beau jeu de cacher telle ou telle sensibilité. On pose les hypothèses, certes, comme vous le dites, mais qu’en est-il de la réalité : telle personne qui me semble fort sympathique ne me serait-elle pas parfaitement odieuse ?

Je ne supporte pas les jugements sur mes parents, mes amoureux ou mes enfants ; ainsi, je m’abstiens d’en porter sur autrui ; in petto, je ne me gêne guère. D’évidence, je suis souvent blackboulée par mes pré-supposés. D’où ma méfiance, sans doute.

Ce que je pense, je m’autorise à le dire ; d’autrui, je ne l’accepte pas : la personne n’est pas concernée par mon cercle intime : signifie que, ce que je peux m’autoriser comme critique sortie de ma bouche, je n’accepte pas de l’entendre de quelqu’un d’autre parce que je trouve cela violemment impudique. Et réciproquement.

Oui, je pense fort qu’une simple hypothèse psychologique peut faire du mal « à ce point » : pour l’avoir vécu et encore récemment, les gens qui inventent des hypothèses totalement fausses, baroques et dénuées de tout fondement (quoique l’enlèvement, y ai pensé et aller vivre à Buenos Aires, tant et si bien que je me demande s’ils n’en ont pas eu atrocement peur) vous torturent parce qu’ils sont à des années lunière de votre réalité. Basique, votre réalité, simple, évidente, respecter l’autre dans ses choix de vie, lui donner possibilité de les vivre.

Style A+B = AB

Lavande dit: 22 février 2019 à 23 h 10 min

Ed si vous descendez dans le blog, la première petite ligne de dessins c’est ce que j’ai traduit ensuite, à savoir Manolo qui explique comment les traductions faites par sa mère permettent d’acheter de quoi manger pour la famille (J.P. Sartre —> un poulet)

rose dit: 22 février 2019 à 22 h 52 min

Ed

Françoise Beauguion écrit
C’est la grande tragédie de son enfance, l’injustice contre la mère .

J’ai l’outrecuidance de penser,( je m’en excuse auprès de vous, et du mouvement d’humeur à vous lire, tant bien), que c’est grâce à l’injustice faite à la mère que nous avons l’immense bonheur et la joie ineffable de connaître, de lire et daimer Marguerite Duras.

hamlet dit: 22 février 2019 à 22 h 48 min

n’empêche qu’au delà de la polémique cette affaire boucheron est très révélatrice de ce qu’est devenu un intellectuel aujourd’hui, à savoir un type incollable sur la vie des gens au moyen âge et complètement déconnecté des gens qui l’entourent aujourd’hui, sans la moitié d’un once d’empathie pour ses concitoyens !

que peut-on trouver de plus lamentable et de plus pitoyable dans le monde de la pensée et des intellectuels ?

et comment la critique littéraire peut-elle avoir le moindre intérêt pour un crétin aussi bas de plafond que ce boucheron ?

pour le savoir il n’y a qu’une possibilité : aller voir du côté du marketing et de l’entre soi parisiano parisien.

et comme cet entre soi à la longue a les mêmes effets de la consanguinité il n’est pas étonnant qu’elle finisse par donner naissance à des demeurés…

rose dit: 22 février 2019 à 22 h 47 min

Ed

horribles les affiches publicitaires « make money on your blog »

(berk, le commerce)

sinon, à lire votre compte-rendu de lecture de Barrage contre le Pacifique, ai eu la sale impression que vous ne parliez pas vraiment de ce bouquin mais que vous l’interprétiez.

Ne développerai pas, car j’ai du lire un autre livre : Barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras.

sans critique aucune envers vous Ed (désolée, d’assez mauvaise humeur) ; qq traces d’un voyage d’une jeune photographe à la recherche de Marguerite Durasn dans l’actuel Cambodge, l’ancienne Cochinchine ;
http://www.francoisebeauguion.com/fr/portfolio-16762-0-40-sur-les-traces-de-marguerite-duras-bouts-du-monde.html

et vu récemment que des rizières sont cultivées, aujourd’hui, sur la concession de la mère, inondable alors.

hamlet dit: 22 février 2019 à 22 h 35 min

sérieux passou, comment réussissez-vous à prendre encore tout ce petit monde au sérieux ?

à quand une histoire du marketing éditorial ?

Jean Langoncet dit: 22 février 2019 à 22 h 11 min

« Il serait difficile de rendre raison des histoires et des oracles que nous avons rapportés, sans avoir recours aux Démons, mais aussi tout cela est-il bien vrai ? Assurons nous bien du fait, avant de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait ; mais enfin nous éviterons le ridicule d’avoir trouvé la cause de ce qui n’est point. »

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 22 h 04 min

Renato, j’ai visité l’ile Saint Jules, en aout 2017, j’ai gardé un trop vague souvenir de la basilique. A peine d’avoir du descendre dans les profondeurs. Drole d’y retourner avec votre message. On arrive enfin- presque-au pays des Borromee… 😉

Jean Langoncet dit: 22 février 2019 à 21 h 54 min

@ L’écriture est toujours très tenue, dense et serrée, griffue et elliptique, mais d’une élégance assurée.

Une illustration ? (La dent d’or me vient en tête pour comparaison avec le style « classique »)

Ed dit: 22 février 2019 à 21 h 41 min

Merci Lavande pour vos explications. Ca me perturbait. Merci pour la dédicace également, mais euh…je n’ai rien vu sur la traduction.
Je ne savais même pas que Mafalda était Argentine. Violetta oui, j’en ai entendu parler en 2013 à BA, mais Mafalda a plutôt un physique de Mexicaine hurkhurkhurk.

closer dit: 22 février 2019 à 21 h 21 min

Qui a écrit (cité dans le dernier Figaro Littéraire à propose de la parution du tome 6 de « Tout Maigret »):

« Le génie de Simenon, c’est qu’il vous parle de vous sans jamais vous interpeller. Il vous fait directement accéder à l’universel. Pas de gras chez lui. On est tout de suite à l’os. De quoi parle-t-il? De l’amour, de la haine, de la jalousie, du mensonge, du regret, de la honte… »

Un indice: il s’agit d’un immense critique littéraire…

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 21 h 08 min

Ouh la

ce qui (me) faisait dire que le portrait en mosaïque correspondait bien a l’image et que les romains faisaient dans le réalisme…
Et pas dans du Levinas, pour faire court.

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 21 h 06 min

Yes Renato, déjà lu en fr.

« Quand Ambroise ressemble à son portrait en mosaïque… »
« Les premiers résultats de l’étude réalisée sur les restes des corps des trois saints majeurs de l’Église de Milan démontrent que le visage de saint Ambroise (Ambrogio) correspond à celui représenté dans la mosaïque de la chapelle San Vittore in Ciel d’oro, à Milan, tandis que les saints Gervais et Protais, deux soldats, ont été martyrisés jeunes et ils étaient certainement frères. Ainsi, les données des sources littéraires et celles de la tradition hagiographique « ambrosienne » ont été substantiellement confirmées. »
https://fr.zenit.org/articles/italie-une-etude-scientifique-des-reliques-de-saint-ambroise-de-milan

ce qui (me) gaisait dire que le portrait en mosaïque correspondait bien a l’image et que les romains faisaient dans le réalisme…

Ce qui n’est pas le cas de Boucheron, qui a développé un truc enorme sur la barbe d’Ambroise, un truc, de nos jours à le faire passer pour ce qu’il n’etait pas.

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 19 h 27 min

toute la question est de savoir si le journal Mediapart est un blanchisseur d’infos sales…
Du grand Dupont-Moretti, ce soir !!!
Petite question entre nous : qu’est-ce que blanchir des informations propres ? Du Bonusc qui laverait plus blanc que blanc ?
L’est bien bonne, celle-là !

Lavande dit: 22 février 2019 à 19 h 04 min

Pour les non hispanohablantes :

– Tacatic tic tictictic
– Qu’est-ce qu’elle écrit à la machine ta maman ?
– Des traductions pour des livres, parce que ce que gagne mon papa c’est pour payer la boutique.
Ma maman connaît le français. Les Français écrivent les livres en français et elle, elle les recopie comme on parle nous et avec ce qu’elle gagne, elle achète des nouilles et des trucs comme ça
Y a un type…attends…comment il s’appelle déjà ?…Yanpol…Yanpol Belmon…non…Yanpol Sastre il s’appelle ?
– Ah Jean-Paul Sartre ?
– Voilà ! Le dernier poulet qu’on a mangé, c’est lui qui l’a écrit !

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 18 h 38 min

@18.05 // J’ai toujours préféré les maisons natales des gens pour lesquels j’ai eu du respect, plutôt que leurs dernières demeures.
https://www.france-voyage.com/balades/maison-natale-pierre-bourdieu-landmark-34144.htm
C’est notre différence de morbidesse, camarade. On sait bien que vous ne perdez jamais le nord, mais quand même jzmn, un peu de décence dans la promo de votre goût des cimetières de paname, cet opus est d’ailleurs épuisé. Et il n’est jamais assez vite réactualisé, c’est bien le drame, vu l’hécatombe. Y avez-vous réservé votre place ?

jazzi dit: 22 février 2019 à 18 h 28 min

A propos de Bourdieu, Enzo Jannacci aurait pu ajouter :

Ceux qui crachent d’autant plus fort sur ceux qu’ils ont adorés, oh yes !

jazzi dit: 22 février 2019 à 18 h 18 min

Non, renato, je découvre Savinio et me souviens qu’il était le frère cadet de Giorgio di Chirico. J’aime beaucoup son ton désenchanté et cultivé, de cosmopolite, nous entretenant sur le mode de la conversation de Milan et d’autres villes. Il commence par Venise. Et ce qu’il en dit, pas spécialement flatteur pour la Sérénissime, me parait juste. Dans « J’écoute le coeur de la ville », il parle, à propos de Venise, en particuliers, et de l’Europe en général, de « civilisation ‘close’ : civilisation très mûre et aboutie en soi, qui n’attend plus rien de l’extérieur et fait trésor de ce qu’elle possède. »

renato dit: 22 février 2019 à 18 h 07 min

Jacques, avez-vous lu Narrate, uomini, la vostra storia de Savinio ?

Intéressant aussi L’Hebdomeros de son frère.

jazzi dit: 22 février 2019 à 18 h 05 min

On est jamais mieux servi que par soi-même, Ed…

Pour la tombe à Bourdieu, aller directement au Père-Lachaise, JJJ !

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 17 h 35 min

Oui,
Pourquoi se boucher le nez à propos de Bourdieu, drole d’idée . Alors qu’il suffit d’ouvrir les yeux.

Édouard Louis (dir.), Annie Ernaux, Didier Eribon, Arlette Farge, Frédéric Lordon, Geoffroy de Lagasnerie et Frédéric Lebaron, Pierre Bourdieu : L’Insoumission en héritage, Paris, PUF, 2013, 192 p.
wiki

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 17 h 30 min

Poursuoi se boucher le nez à prpos de Bourdieu, drole d’idée .

Voir aux PUF 2013, les insoumis,un collectif d’ héritiers du prédicateur:
« Édouard Louis étudie les sciences sociales et la philosophie à l’École normale supérieure. Il a fait appel pour cet ouvrage à Annie Ernaux, Didier Eribon, Arlette Farge, Geoffroy de Lagasnerie, Frédéric Lebaron et Frédéric Lordon. »

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 17 h 15 min

(la honte, genre). Je n’ai jamais rien lu d’Antonio Machado depuis 80 ans, puis-je faire encore nénamoins partie des erdéliens, une fois cet aveu avoué, passoul ?

Ed dit: 22 février 2019 à 17 h 05 min

« me la joue présentement la mère dans la concession de la Chine du nord. »

Sachez que mon dernier article en date porte justement sur cette oeuvre.

(Là je me la joue jazzi à faire ma pub).

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 17 h 04 min

On a toujours l’impression qu’il faudrait se boucher le nez en prononçant le nom de Bourdieu dans ce pays, alors qu’il est mort il y a 17 ans, je crois. Son cadavre continuerait-il à exhaler des turpitudes et de la honte chez celzéceux qui vont cracher sur sa tombe ?
En dehors d’eribon, je ne pense pas qu’il soit redevable de sa présumée paternité sur les lagasterie, louis, et autres macron. Non, le mort ne saisit plus le vif, c’t’histoire ! Il n’effraie que ceux qui ne l’ont pas ou mal lu, comme d’habitude, c’est à dire toute la germanocoprophagie en curée médiatique, bien épinglée en son temps par un Onfray inspiré, célébrant plutôt un génie colérique.

jazzi dit: 22 février 2019 à 17 h 02 min

« Ceux qui votent blanc pour ne pas se salir, oh yes ! »

J’aime beaucoup celui-là, que certains devraient méditer, renato !

rose dit: 22 février 2019 à 16 h 58 min

nota :
Ben Salem = Boualem Sansal

la mère, dans la concession de la Chine du nord.
eh ho, tu aurais pu attendre que je sois morte avant d’écrire cela..

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 16 h 56 min

En fait, les pas honteux, on veut juste savoir ce qui est fait de  » ce pognon de dingue » qui alimente les caisses de l’etat avec les taxes et impôts et qui ne va pas vraiment bien où il devrait.

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 16 h 43 min

Il y a un autre livre qui sort sur la sociologie facon Bourdieu, encore lui, et cette nouvelle classe sociale que l’auteur se flagelle d’avoir fait naitre,  » par lui, avec lui »
« Beaucoup de gens avaient honte de leur vie, de ne pas parvenir à s’en sortir malgré leurs efforts. C’est nous qui devons avoir honte »

Avec là aussi une histoire d’assassinat , mais facon complotiste:

« Le chef de l’Etat a lui-même été accusé par des maires, présidents de régions ou autres syndicats d’avoir méprisé les corps intermédiaires. Pour lui, pas question de faiblir : « Ils me tueront peut-être d’une balle, mais jamais d’autre chose », dit-il à ses proches. »

Afp

L’ecrivain s’appelle Macron. Aux dernières nouvelles il occupait un poste important.

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 16 h 36 min

@ on attend une autre reponse également.

pas sûr qu’elle arrive en temps et heure, vu le genre pupusse-biquette la dégonf.

Claudio Bahia dit: 22 février 2019 à 16 h 12 min

Renato en pleine forme, on aime. Quel Diner de têtes, dites-donc!
Et le texte est de Renato himself, semble-t-il, car elles ne correspondent pas au beau texte (aussi) de Enzo Jannacci.

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 16 h 07 min

avoir une forme de lucidité autoréflexive et bien vouloir la reconnaître publiquement -même si ça fait mal aux seins, ce serait déjà un progrès que de porter chacun son fardeau pour mieux pouvoir accuser les autres de ne pas sufisamment porter le leur.
https://journals.openedition.org/osp/1030
Bon, mais on sait bien qu’on prêche toujours dans la jungle ou le désert …

rose dit: 22 février 2019 à 16 h 06 min

Clopine & Marie Sasseur

vous réponds plus tard.
me la joue présentement la mère dans la concession de la Chine du nord.

renato dit: 22 février 2019 à 15 h 43 min

Comptine-blues du troubadour mis en ligne à 8 h 19

Ceux qui chantent à dans les disques parce qu’ils ont des enfants à nourrir, oh yes!
Ceux qui travaillent en équipe depuis trois ans et sont convaincus d’avoir été embauchés par une autre entreprise, oh yes!
Ceux qui font un travail comme un autre, oh yes!
Ceux qui allument une bougie à la Vierge Marie parce qu’ils ont un neveu qui meurt, oh yes!
Ceux qui éteignent la bougie de profession, oh yes!
Ceux que Mussolini est en nous, oh yes!
Ceux qui votent à droite parce qu’Almirante sparla bien, oh yes!
Ceux qui votent à droite parce qu’ils ont peur des voleurs, oh yes!
Ceux qui votent blanc pour ne pas se salir, oh yes!
Ceux qui n’ont jamais fait de la politique, oh yes!
Ceux qui vomissent, oh yes!
Ceux qui tiennent au roi.
Ceux qui tiennent à Milan, oh yes!
Ceux qui ne tiennent pas le vin, oh yes!
Ceux qui ne nous réviennent pas, oh yes!
Ceux qui croient que l’enfant Jésus est le père Noël jeune, oh yes!
Ceux qui s’enfuient avec l’amant la nuit de Noël après avoir volé le panettone des enfants, oh yes!
Dans le sens enfants, oh yes!
Ceux qui font l’amour debout convaincus qu’ils sont dans un pied-à-terre, oh yes!
Ceux-là, ceux qui sont dans la merde juste ici, oh yes! oh yes!
Ceux qui après une bonne nuit de sommeil, tout va bien, même le cancer, oh yes!
Ceux qui ne peuvent pas croire, même pas maintenant, que la terre est ronde, oh yes!
Ceux qui ne veulent pas rentrer de Russie et continuent à faire semblant d’être de disparu de guerre, oh yes!
Ceux qui n’ont jamais eu d’accident mortel, oh yes!
Ceux qui ne veulent pas s’inscrire dans la SS.
Ceux qui vont vous expliquer vos idées sans vous laisser les comprendre, oh yes!
Ceux qui disent « ma bonne », oh yes! oh yes!
Ceux qui organisent la marche pour la guerre, oh yes!
Ceux qui organisent tout, oh yes!
Ceux qui perdent la guerre … pour un cheveu, oh yes! oh yes!
Ceux qui veulent t’amener à manger des grenouilles, oh yes!
Ceux qui « ce ne sont que deux heures de la nuit », oh yes!
Ceux qui ont un système pour perdre à la roulette, oh yes!
Ceux qui n’ont jamais eu d’accident mortel, oh yes!
Ceux que l’on n’entend pas, oh yes!
Ceux différents des autres, oh yes!
Ceux qui putain de misère, oh yes!
Ceux qui lorsque leur équipe perd disent qu’après tout ce n’est qu’un match de football, puis rentrent chez eux et battent leurs enfants, oh yes!
Ceux qui disent que l’argent n’est pas tout dans la vie, oh yes!
Ceux là pour lesquels ici c’est un bordel, oh yes!
Ceux qui c’est pour le principe pas pour l’argent, oh yes! oh yes!
Ceux qui ont lu le journal, oh yes!
Ceux que le statu quo que dans la mesure où c’est un point de vue, oh yes!
Ceux qui n’ont pas de mission à remplir, oh yes!
Ceux qui sont honnêtes jusqu’à un certain point, oh yes!
Ceux qui font un travail comme un autre.
Ceux qui attendent le tram en rigolant, oh yes!
Ceux qui attendent que la petite amie fasse un geste, oh yes!
Ceux que la mafia je n’y crois pas, oh yes!
Ceux qui ont peur des lettres de change, oh yes!
Ceux qui nous travaillons tous pour Agnelli, oh yes!
Ceux qui tirent la première pierre, mais aussi la deuxième, la troisième, la quatrième et après? Et après cela s’il sait …
Ceux qui se lèvent le matin à six heures fraîches comme une rose pour voir l’aube qui est déjà passée.
Ceux qui ressemblent à mon fils, oh yes!
Ceux qui ne s’amusent jamais même quand ils rient, oh yes!
Ceux qui vont au théâtre dans les derniers rangs pour ne pas déranger, oh yes!
Ceux, ceux de Rome.
Ceux qui n’étaient pas là.
Ceux qui ont commencé à travailler enfants, n’ont pas encore fini et ne savent pas ce qu’ils font, ah oui!
Ceux là …

https://youtu.be/4Ekmrfm-1O4

rose dit: 22 février 2019 à 15 h 36 min

Clopine à 13h57

Ai lu récemment un article de Bourdieu où il dément le fait d’ avoir été aussi influent et d’ avoir autant pesé sur ce qui – aujourd’ hui au sein de l’ Éduc Nat. s’ avère être une monstrueuse (je pèse mes mots) gabégie.
Comme Barbarin – le lien me paraît correct- assumer le poids de ses actes est vital.
Imaginez le christ (je sais et respecte votre athéisme) au moment d’ être cloué sur la croix dire eh ho les mecs, c’ est pas moi. .
Chacun avons à assumer le poids de nos actes, quel qu’ en soit le poids.
La question est si Bourdieu est autant haï, pourquoi ? (Et Staline ?)

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 15 h 16 min

@15.11 _ un peu concerné quand même…, on sent que vous vous êtes toujours un brin identifié au guère épais Pierre Bézoukhov, il n’y a donc pas grand mystère à cette relecture pélerine,

Paul Edel dit: 22 février 2019 à 15 h 11 min

Être « concerné »?
Jjjanssen … Mais je relis Guerre et Paix regulierement alors que ces guerres napoléoniennes je m’en fiche alors .?

et alii dit: 22 février 2019 à 14 h 50 min

Jusqu’à quel point doit-on être « concerné » pour rendre compte « professionnellement » d’un bouquin ou d’une nouvelle ?
ça vaut pour l’antisémitisme,cette question?

Ed dit: 22 février 2019 à 14 h 42 min

« Traîner ses parents dans la boue »
Je ne trouve pas qu’il les traînait dans la boue dans « Eddy Bellegueule », au contraire. Je me souviens d’un père porté sur la boisson mais assez démonstratif de l’amour qu’il porte à ses enfants. Lui-même enfant battu, il met un point d’honneur à ne pas toucher aux siens. La fin avec l’échappée du narrateur de son milieu sociale est très émouvante, essentiellement grâce au père.

J’ai dû avoir une lecture différente.

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 14 h 14 min

@12.39, très belle analyse p.e. de la nouvelle de Le Clezio. Mais c’est toujours la même queston pour moi : peut-on la goûter, si on n’y a pas été confronté dans sa propre machoire ?
Cette question m’intéresse vraiment : en parleriez-vous aussi savamment si vous n’aviez pas été confronté à une rage de dents, vous-même ?
Vraiment… La ‘critique littéraire’ peut-elle être aussi juste quand elle rapporte que le père de JMGLC était toubib (une clé d’explication comme une autre), s’il n’y avait pas autre chose en plus…
Jusqu’à quel point doit-on être « concerné » pour rendre compte « professionnellement » d’un bouquin ou d’une nouvelle ?

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 14 h 11 min

M. Hirsch a ete accusé d’assassinat.
Quel panache dans la reponse, et oui, il en a les moyens.
Meme si encore une fois, l’APHP va mal. Mais c’est compliqué quand l’argentier du gvt coupe les vivres.

Clopine dit: 22 février 2019 à 13 h 57 min

C’est surtout un livre qui commence par une sacrée prétention, d’après moi. « l’histoire d’un homme qui excelle en tout, en particulier à faire le bien’. S’agissant d’un ex-ministre de la République qui se met lui-même en scène, je trouve que la prétention est exorbitante. Plus que le personnage de l’étudiant bourdieusien. Mais il est vrai que la haine envers Bourdieu ne se dément jamais. Jamais. Parce que la haine augmente avec la justesse de vue, la pertinence et l’intelligence de celui qui vous l’inspire, en vous mettant directement en cause, pas vrai ?

Clopine dit: 22 février 2019 à 13 h 53 min

Rose « quand un autre te parle de tes parents », mais encore faut-il nuancer. Quand quelqu’un qui a connu tes parents en parle, ou bien quand, de manière un peu « générale » comme je l’ai fait avec Chaloux, quelqu’un développe une théorie psychologique qui n’a rien de certain mais est juste une hypothèse ?

je veux dire que dans le premier cas, si quelqu’un qui a connu tes parents vient les desservir près de toi, effectivement, c’est assez désagréable. Sans doute pas « le pire du pire », d’après moi, m’enfin.

Dans l’autre, il faudrait imaginer de bien noirs desseins pour qu’une hypothèse psychologique puisse faire du mal « à ce point » (et surtout, demander à la majorité des romanciers, qui passent leurs temps à justement dresser des portraits de héros expliqués par leur psychologie, elle-même issue de leur enfance, d’arrêter leurs activités criminelles, n’est-ce pas.)

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 13 h 49 min

Excellent M. Hirsch

« Livre. C’est l’histoire d’un homme qui excelle en tout, en particulier à faire le bien, et que ce talent assomme. Alors qu’il traverse cette crise existentielle d’un genre particulier, on le trouve attablé dans un café du boulevard Montparnasse, engageant la conversation avec un jeune homme de belle prestance, en train de lire Pierre Bourdieu. Celui-ci le prend pour un autre ou plus exactement pour un tueur à gages. Assassin, n’est-ce pas une belle échappatoire quand on souffre d’un trop-plein de bonté ? Le héros, prénommé Nitram, saute sur l’occasion, accepte l’argent, sert la main de ce commanditaire inespéré, et s’en va accomplir sa besogne, dans un village de l’Oise, en Picardie. Sa mission : tuer un père honni. »

Cela ne réglera pas le probleme de plan social « invisible » en cours à l’APHP, mais au moins cela promet d’etre hilarant.
Et puis quoi, se payer le tronche d’un boudieusien de boudoir, et associés du spectacle, comme inénarrable Nordey, les occasions de rire deviennent trop rares.
Si en plus M. Hirsch envoie son polar à M. Bellegueule père,  » bien vivant », ce sera une opération doublement reussie.

rose dit: 22 février 2019 à 13 h 48 min

Sur la difficulté/ et ou la honte par rapport à son milieu social d’origine, la description d’Annie Ernaux dans La place est prégnante.

rose dit: 22 février 2019 à 13 h 41 min

nous sommes déjà post-mortem, cette tentative d’adoucir sa relation à son père,

post-mortem, ne le sais.
pré-mortem, en fin de vie c’est illusoire.
Et si jamais t’as la tentative de l’illusion, tu as, proche, un/ une fort bien intentionné/e qui te fait péter ton illusion en pleine gueule.
Et tu te ramasses.
La résilience ?
Un concept.

closer dit: 22 février 2019 à 13 h 40 min

Tu ne peux pas comparer J2z. Les Gj en sont à leur énième semaine et ils étaient beaucoup plus nombreux au début. Franchement cette faible mobilisation demande à être analysée sérieusement.

rose dit: 22 février 2019 à 13 h 37 min

Traîner ses parents dans la boue alors qu’ils sont encore vivants et dans l’incapacité évidente de répondre est abjecte.

Ouaip.

Et morts c’est pire. Pck’ils ne sont plus là pour répondre.
Mais pire du pire, c’est quand quelqu’un d’autre te parle de tes parents.

jazzi dit: 22 février 2019 à 13 h 33 min

« mais 20000 personnes à Paris pour manifester l’autre soir Place de la République, c’est vraiment très peu »

Certes, closer, mais les Gilets jaunes sont encore moins nombreux chaque semaine à Paris, et le battage est tout aussi sinon plus intensif !

rose dit: 22 février 2019 à 13 h 33 min

la posture de celui qui, devant la tombe et la rose prête à tomber dans la main, verse une larme.

Pas obligé.
L’on constate les cercueils de Pierre et Élise, de Marie Jeanne et Henri qui ont été déplacés.
On espère vivement que les couples et l’antériorité ont été respectés scrupuleusement.
En bas, à gauche Élise, à sa droite Pierre.
Au-dessus, à gauche Henri, à sa droite Marie Jeanne.
Au-dessus une énorme bâche plastique épaisse recouvrant les quatre cercueils, peur de l’eau, excessivement peur de l’eau.
Au-dessus, crois au milieu mais peut-être à gauche, Louis. Reste une ou trois places ?

Tombeau pas encore plein comme un oeuf.
De larme, point là.

closer dit: 22 février 2019 à 13 h 27 min

Je ne voudrais pas cassé l’ambiance, mais 20000 personnes à Paris pour manifester l’autre soir Place de la République, c’est vraiment très peu au vu de l’unanimité et du battage fait autour de cette manif…Ce sont les chiffres officiels, dont on se doute qu’ils n’ont pas été minorés.

closer dit: 22 février 2019 à 13 h 24 min

Je vois que Clopine commence a en revenir de son Loulou…Traîner ses parents dans la boue alors qu’ils sont encore vivants et dans l’incapacité évidente de répondre est abjecte. D’autant plus que, au vu de sa notice Wiki, il n’a pas un parcours de damné de la terre, pas du tout. Quant à l’injonction de « passer à autre chose » que quelqu’un lancé ici, encore faudrait-il qu’il en fût capable.

Phil dit: 22 février 2019 à 13 h 11 min

A Vienne en Autriche, un beau portrait d’un Christ névralgique dans la cathédrale Saint Etienne, surnommé « Christ au mal de dent » vénéré depuis le moyen-âge pour ses bons effets. évidemment un minimum de piété est attendu, les mécréants repartent comme ils sont venus, avec leur mal. Edouard Louis se produit désormais en trio avec Eribon et Lagasnerie, le brave public sociophile se demande qui couche avec qui. Plus d’emploi, il faut déménager, pas de quoi en pondre un traité de sociologie.

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 13 h 08 min

La ministre de l’égalité des chances :parent 1 et parent 2 et qui a ecrit des bouquins porno, a déclaré:

«C’est extrêmement difficile d’assumer son homosexualité (dans les quartiers de banlieue), mais honnêtement, ce n’est pas seulement le cas (dans ces territoires)», indique-t-elle, en citant son département, la Sarthe – «c’est très difficile d’être un jeune gay dans un lycée agricole» – et Ajaccio (Corse-du-Sud), où «on essaie de mettre en place une Gay Pride», mais «il n’est pas sûr qu’on y arrive».
Figaro

Je pense qu’elle a beaucoup plus de chance d’y parvenir à l’Elysée, au train où vont les choses.

Clopine dit: 22 février 2019 à 13 h 05 min

Marie, on tombe sur Corto Maltese quand on clique sur votre lien.

Ce qui franchement, à propos d’Alain Finkielkraut, cause un certain trouble.

Clopine dit: 22 février 2019 à 13 h 03 min

…Mais mon Clopinou est le plus beau des trois. Ceci étant parfaitement objectif, comme vous vous en doutez un peu.

Marie Sasseur dit: 22 février 2019 à 13 h 02 min

Finkie a bien voulu répondre à ses auditeurs. Un exercice risqué ; d’ailleurs, il etait méconnaissable, il faut dire que ce n’etait pas sur france culture mais sur E1 . Du coup, les repliques fusaient. Il ne devait peut-etre pas savoir qu’il etait filmé , car il y en avait autant pour le son que pour l’image.
L’un des appelants du radio-crochet, se présente en disant qu’il avait perdu le Finkielkraut du « petit fictionnaire illustré « , finkie a alors levé la main, d’un air mi fataliste, mi flatté, son brushing de vieille dame impeccable.
Mais tres vite, l’hysterique, célèbre pour son  » taisez-vous » a bondi lorsque que cet auditeur a précisé etre d' »origine musulmane ».
Un grand moment de radio, minute 32.

https://goo.gl/images/8KTwgQ

Clopine dit: 22 février 2019 à 13 h 01 min

Viennent tous du même terroir, Jazzi ! Vous plantez la pointe du compas à Amiens, et vous tracez un grand cercle : vous y êtes…

jazzi dit: 22 février 2019 à 12 h 50 min

Connaissant les deux de visu, je peux dire qu’il y a une certaine ressemblance entre Edouard Louis et Clopinou. Il y a aussi un air de famille entre Edouard Louis et Emmanuel Macron…

Clopine dit: 22 février 2019 à 12 h 42 min

Ed, d’après vous, je le trouve comment mon Clopinou ?

Non, je veux dire que les « types » du nord de la Loire partagent certaines caractéristiques, au niveau de la couleur de la carnation, des cheveux et des yeux, de la forme des visages et des nez. Par exemple, un de mes plus proches voisins ressemble « terriblement » à Bourvil…

Les cheveux sont généralement clairs. Filasse disent les malveillants, châtain tirant vers le blond disent les objectifs.

les yeux sont bleus. de différentes nuances : le bleu-vert et le bleu-gris sont, à mon sens et sans aucune exactitude géographique hein, plutôt bretons. Le bleu normand et le bleu picard sont bien plus célestes. Là encore, les malveillants peuvent parler d’un « bleu d’oeil de cochon ». Mais en tout cas, il y a certains moments, certains effets de contraste, quand le corps sort d’un clair-obscur et se présente à une porte baignée d’un soleil d’été, où le bleu des yeux devient si intense que sa limpidité éclaire tout; vous croyez que j’exagère ? sachez que nous recevions une jeune fille chinoise à la maison, il y a quelques années, et le Clopinou (de 15 ans environ) s’est ainsi avancé sur le seuil de la porte. Yue (c’est son nom) a poussé un petit cri en le voyant, a posé sa main sur son coeur et s’est exclamé « Mais c’est un Prince ! » (avec un accent chinois que je ne saurai transcrire). Ce qui m’a fait fondre, évidemment, (ah là là, comment oublier ce moment je vous le demande un peu !) mais qui n’était dû qu’à l’apparition dans l’encadrement de la porte, des deux bleuets éclatants qui, par ce jeu d’ombre et de lumière, étaient particulièrement mis en valeur.

Les visages juvéniles sont généralement minces et osseux, mais se remplissent vite, et après 40 ans, peuvent se garnir de bajoues à la même vitesse que les bedaines viennent se heurter aux boucles des ceintures des pantalons, qui ont grand’peine à les contenir.

les nez sont droits, ou busqués, c’est selon, et il n’est pas rare qu’ils puissent être un peu tordus.

Tout ceci pour les traits généraux. Mais tels quels, les visages des jeunes hommes du nord-ouest de la France ne sont certes pas déplaisants, enfin moi je n’ai jamais trouvé. Par contre, ils sont difficiles d’accès, parce que toujours un peu intimidants, à cause des lèvres si souvent minces, et puis cette gravité ! Regardez bien le visage de Louis : même quand ses cheveux auront foncé ou qu’ils auront disparu, il y aura toujours cette sorte de caractère « ébauché », le contraire du lissé et du détaillé d’un visage florentin, par exemple, sur les toiles de Fra Angelico. Quelque chose, enfin, de très très terrien.

Ce qui est la caractéristique des hommes de ces régions, d’ailleurs. L’eau du ciel a délavé leurs yeux, rentré leurs épaules, et leurs lèvres minces ne s’ouvrent que trop rarement. Mais tels quels, ils sont généralement les deux pieds bien dans la terre : au plus près du concret et du prosaïque. dieu merci.

Paul Edel dit: 22 février 2019 à 12 h 39 min

Dans les nouvelles de » La Fièvre », et notamment « le jour où Beaumont fit connaissance avec la douleur » Le Clézio décrit une rage de dents .D’une manière clinique(le père de Le Clézio fut médecin.) il analyse le processus de la douleur dentaire et enregistre un déferlement de sensations dont le corps est soudain envahi.
Le Clézio a le génie (comme dans « le procès- verbal ») de décrire un processus de dépersonnalisation et de perte d’identité . Ce qui est remarquable dans cette nouvelle c’est que Beaumont soumis à une cascade de sensations nous fait basculer du côté de la pure matière. le lecteur découvre que le « moi » rationnel disparaît pour mieux réapparaître, étrange, neuf, enrichi de ce sentiment de vivre désorienté. L’ancien moi rassurant est pulvérisé. Nous sommes entrés dans la dimension ouverte de la douleur physique et de l’etre animal.. avec une progressive perte de repères dans le temps et l’espace ; c’est une expérience existentielle capitale . La sensation de « soi », de ses limites, et de l’équilibre du « moi » s’est effondré ; s’ouvre alors un vertige et un infini. Une expérience mystique ?

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 12 h 18 min

une analyse que je partage jusqu’à un certain point… Hirsch fait semblant d eprendre tout cela au 1st degré… il règle un compte personnel un peu primaire, mais pourquoi pas ? S’agissnt de la resemblance Clopinon-Louis, n’exagérons rien : le premier n’est sans doute pas confronté à une semblable dissonance cognitive de transclasse. Cela dit, je ne m’en fais pas trop non plus pour l’avenir d’EL. Quand il aura épuisé la veine de son roman familial, il passera à autre chose, et si sa matière est épuisée, il survivra bien à la littérature ; se convertira à l’écologie du gilet jaune. Oh là là, pas s’en faire pour autant.

Ed dit: 22 février 2019 à 12 h 10 min

« et ressemble à mon Clopinou »

J’espère que le votre est plus beau, parce que Louis a bien fait d’être écrivain et non top model.

Janssen J-J dit: 22 février 2019 à 12 h 10 min

Merci Paul Edel pour votre mémoire infaillible. Quand je mobilise mes souvenirs, n’ayant jamais mes livres sous la main, je m’aperçois qu’elle me trahit sans cesse. Merci surtout pour avoir admis qu’il s’agissait d’un très beau texte. Oui, c’était dans la Fièvre… vous souhaite une belle nouvelle journée bretonne, si possible.

Clopine dit: 22 février 2019 à 12 h 00 min

Martin Hirsch fait semblant de croire que les lecteurs de Louis prennent « au pied de la lettre » la démonstration de ce dernier.

Bien sûr, pour donner de la force à son propos et l’ancrer dans la contemporanéité, Louis donne précisément des noms, des textes, explique les dispositifs (ici, la « recherche d’emploi » obligatoire pour toucher les allocations sociales, et qui conduit les chômeurs à accepter des conditions comme l’éloignement de la région d’origine, des horaires de déplacement, des travaux pénibles, et les toutes récentes mesures vont encore accentuer le phénomène, puisqu’elles visent à restreindre le pouvoir de dire « non » eu chômeur…).

Mais il a raison, comme Zola avait raison de décrire précisément ce que c’était que le bain des ouvriers du charbon.

Parce que c’est ce prosaïque-là qui fait le quotidien du lumpen prolétariat auquel appartient le père d’Edouard Louis. Pas le bain, hein, cela est révolu et il n’y a plus d’industrie du charbon, mais bien la condition sociale du chômeur non qualifié… et ce qu’il doit accepter…

Mais aucun des lecteurs d’ Edouard Louis n’est suffisamment « bête » pour passer de la description de l’oppression sociale à la dénonciation de la « volonté maléfique » de tel ou tel. C’est bien d’un système qu’il s’agit, non d’une chasse aux sorcières, comme fait mine de le croire Hirsch.

Moi, de toute façon, c’est d’une autre manière que le livre de Louis me pose question. Car si je suis entièrement d’accord avec lui pour souligner que ce sont bel et bien les conditions de vie qui déterminent les rapports aux corps, et donc déforment ceux des classes populaires tout en raccourcissant leur espérance de vie, je sais aussi que ces mêmes corps obéissent aussi à une vie interne et inconsciente très prégnante.

Or, Louis, dans ces précédents livres, a dressé un portrait du père particulièrement terrible, dans une sorte de « portrait à charge » qui a forcément dû affecter Monsieur Bellegueule, ainsi pointé du doigt.

Et je me demande si le délabrement du père, causé par sa condition sociale, n’a pas été aussi, quelque peu, amplifié par le rejet du fils…

Qui tente ici de réhabiliter la figure du père en qualité de victime (à juste titre d’ailleurs) mais qui, de manière tout aussi inconsciente, ne peut s’empêcher d’aggraver la situation. Car affirmer « qui a tué mon père » quand ce dernier est encore vivant, c’est déjà se poser dans la posture de celui qui, devant la tombe et la rose prête à tomber dans la main, verse une larme.

Or, si on considère, comme je le fais, que les livres de Louis ont pu être mortifères pour son père tout autant que sa condition sociale, cette tentative de, même pas « in extremis » puisque dans le titre nous sommes déjà post-mortem, cette tentative d’adoucir sa relation à son père, ce témoignage d’une compassion tardive, sont accablants pour le fils et le père, bien entendu.

Et en prime, enferment l’auteur dans un rôle qu’il ne pourra plus quitter : considérer son milieu social d’origine avec commisération. Ce qui n’est pas loin du mépris.

Transclasse, Louis va avoir à se débattre, nom de dlà, et je ne peux que frémir en pensant à ce qui l’attend.

Comme il est très jeune et ressemble à mon Clopinou, il m’a toujours fait cet effet-là : je tremble toujours pour lui. De la haine qu’il peut susciter, de la violence qui rôde, et désormais, des forces obscures de son propre inconscient, qui le poussent à mettre en lumière, et de la mauvaise manière (en pointant du doigt autrui et non lui-même), la culpabilité qui accompagne sa propre métamorphose, à savoir cette trahison d’une famille et d’un milieu qui étaient pourtant, tout autant que son nom de famille, les siens.

(faudra quand même qu’un jour, j’arrête de flipper pour Edouard Louis, nom de zeus. Il s’en bat le noeud, pour de vrai, et il a bien raison…)

Paul Edel dit: 22 février 2019 à 11 h 58 min

Janssen J-J
Le récit d’une rage de dents par Le Clézio se trouve dans le recueil « La fièvre »(1965) de JMG Le Clézio, sous le titre « Le jour où Beaumont fit connaissance avec sa douleur ». Un de ses meilleurs textes.

gisèle dit: 22 février 2019 à 11 h 49 min

Puisqu’il est question d’Histoire, demain 23 Fev à 10h « concordance des temps » JN Jeanneney ,sujet: Thucydide au présent, avec la participation de Patrice Brun. La présentation de P.Brun dans l’émission du 16 m’a donné envie de le découvrir. Je n’ai pas encore reçu « Démosthène, rhétorique, pouvoir et corruption ».Je le regrette; ce qu’en dit Wiki « …défiance avouée à l’égard du système démocratique athénien…hostilité ..à l’image des grds hommes de la Cité athénienne,véhiculée par la tradition antique ou moderne ». Intéressant, semble-il, à un moment où l’on débat à longueur d’émissions sur « notre » démocratie.
Loin de Boucheron et d’Ambroise, c’est à voir.

jazzi dit: 22 février 2019 à 11 h 44 min

Les bons livres sont-ils les moins lus ?

On ne trouve plus aucuns exemplaires de « Ville, j’écoute ton coeur » d’Alberto Savinio dans les 80 bibliothèques de la mairie de Paris. J’ai dû faire sortir de la Réserve centrale, où est relégué l’unique exemplaire de cet auteur. Livre qui me parle bien et que j’ai commencé à lire avec grand plaisir, renato…

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