de Pierre Assouline

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La République des livres

Les petits papiers de Jacques Drillon

N° 15 Les soixante-quatre ans de Maria Callas

N° 15 Les soixante-quatre ans de Maria Callas

Jacques Drillon

Les beaux clichés La Food and Drug Administration américaine, systématiquement précédée dans les journaux français de « toute-puissante ». Seule différence notable entre les supports de presse : le trait d’union, parfois omis. * Rousseau, inventeur d’un système de notation musicale (où des chiffres remplacent les notes sur la portée), dont il fut le seul utilisateur. * * Les films en 4/3 projetés en 16/9, avec des caches. La danse des petits pains sans les petits pains. * (Suite) Les compresseurs de son, à la radio, qui baissent les forte, remontent les piano (c’est bien la peine de faire des nuances), et […]

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N° 14 L’Ailier fou et Tête d’or

N° 14 L’Ailier fou et Tête d’or

Jacques Drillon

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Ce fort des halles catalan, dans le film de Bigas Luna, qui casse des noix dans le pli de son coude, rien qu’en repliant le bras. * Claudio Magris, qui raconte à propos de Sissi : « Il y avait aussi [en elle] la poétesse, auteur d’un grand nombre de poèmes délicats et vaporeux, dont les vers, boiteux, lui étaient selon elle dictés de l’au-delà par Heine, par l’entremise d’un médium dont elle utilisait les services. Ce qui avait inspiré à un conseiller de la cour cette remarque spirituelle, malheureusement restée anonyme : “Force est de constater que Heine écrit moins bien depuis qu’il […]

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N° 13 Le physique d’un enfant unique

N° 13 Le physique d’un enfant unique

Jacques Drillon

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Élie Faure sur Céline : « Céline est plein de la mort comme toutes les grandes âmes, et le goût lui en monte aux lèvres dans le vomissement et le sanglot. Comme toutes les grandes âmes, il ne peut croire à l’immortalité. Son pessimisme transcendant le rejette dans le vrai monde, dont l’horreur le renvoie à la mort, toujours à la mort. » * Les petites cuillers-souvenirs, dont le manche se termine par le blason d’une ville, d’une région. Il paraît que cela existe toujours, et que des gens les collectionnent. * Petit jeu. Qui a écrit : « Mon physique me dégoûte, et il […]

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N° 12 Paresseux comme une cagne

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Artur London écrivant L’aveu en prison, sur des feuilles de papier à cigarettes. * Pachacamac : site et dieu incas ; et aussi le nom qu’Hergé donne au cargo du Temple du soleil. C’est petit bras. Éthicanicomac aurait été plus chicos, c’est le cas de le dire. * Avant le vêlage, on entre son bras dans la vache, on sent le museau du veau ; si on lui tend un doigt, il se met à téter. * Un effet indésirable des antidépresseurs : la pulsion suicidaire.  * La psychanalyste Anne Dufourmantelle, qui avait élevé le sacrifice de soi au niveau du concept philosophique (« Une […]

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N° 11 Bossus & cockers studies

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Le subjonctif et les écrouelles (abcès du cou, d’origine tuberculeuse). Après son couronnement, le roi effleurait du doigt les écrouelles en disant : « Le roi te touche, Dieu te guérit. » C’était un peu fanfaron, pour ne pas dire bravache. À partir de 1722 (sacre de Louis XV), la formule devint plus prudente : « Le roi te touche, Dieu te guérisse. » * Uncle·aunt Sam·e. Chez les éditeurs américains, des sensitivity readers traquent dans les manuscrits la moindre trace de racisme, de sexisme et de grossophobie. * (Suite) Création, dans de nombreuses universités américaines, de Fat studies. Pas encore de Stupid studies. * (Suite) Le […]

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N° 10 La clef au comble du bonheur

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Houellebecq se marie. Le maire lui tend son livret de famille. Houellebecq se retourne et le transmet à Samuelson, son agent littéraire. * Clef / clé. Quelle histoire ! personne n’est d’accord. Voici ce que dit le TLF (Littré admet les deux graphies et ne les discute pas) : « Buben, 1935, § 5 et 198, explique que c’est d’un pluriel clés qu’on a tiré une nouvelle graphie du singulier clé, admise aujourd’hui au même titre que clef, et que c’est grâce à la variante orthographique clé que la prononciation par [e] fermé persiste dans le mot. La plupart des dictionnaires admet clef […]

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N° 9 Vous avez dit bizarde ?

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Le « dessous des cartes » : ce qui n’est pas dit, pas avoué, qui se cache derrière des apparences flatteuses, et que Mme de Sévigné a néanmoins élevé au rang de genre littéraire. Je vais vous raconter un dessous des cartes, j’ai appris un dessous des cartes, avez-vous aimé mon dernier dessous des cartes ? * La pipe de Dubout : * Sur la couverture de Mon cahier Bullet agenda (éditions Solar, collection My life is beautiful) : « Planifiez et organisez votre vie, vos activités, vos projets et toutes vos pensées sur un seul cahier. » C’est déjà très con. Et ensuite : « Déstressez, cocoonez-vous et réalisez […]

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N° 8 Caresser les bordures de trottoirs

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Le paradoxe de Saint-Pétersbourg (Nicolas Bernoulli, 1713). Si vous jouez à un jeu conçu pourtant de manière que vous ayez une espérance de gain infinie, vous n’oserez jamais miser tout ce que vous possédez. * Les obsolètes. Les ponchos : … remplacés depuis par les ponchos :   Tout aussi obsolètes : « cache-nez », « tricot de peau », « tricot de corps », « veston », « chandail », « fichu »… * La seule nourriture dont les oiseaux ne veulent pas, aucun oiseau, jamais, même si l’hiver est glacial, même s’il n’y a rien d’autre à manger : les graines de quinoa. * * « Vouloir » à l’impératif : veuille ou veux, veuillez ou voulez. […]

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N° 7 Paul Valéry prend le train onze

N° 7 Paul Valéry prend le train onze

Jacques Drillon

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La fierté de ceux qui parlent des « arts circassiens », pour parler du cirque. Leur plaisir, leur délectation. Ils emploient un mot qui veut dire « de Circassie » (une région du Caucase), ou qui désigne une certaine étoffe de laine et coton, la circassienne. Mais cirque, circassien, ça commence de la même manière. Pourquoi ne pas en profiter ? * Dans son livre sur la musique française de piano, Cortot consacre tout un chapitre à Igor Stravinsky. * (Suite) Le Concerto pour la main gauche de Ravel, que Cortot jouait à deux mains. Il répondait à Ravel ulcéré qu’un interprète avait le choix […]

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N° 6 Jean Racine n’a jamais porté de chaussures

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L’hostilité que nourrissait Jules Renard à l’égard des commentaires, des explications, des « morales », au sens des fables de La Fontaine, et qui confine parfois à la phobie. Ainsi, il écrit dans son Journal : « Il se fait un sang d’encre. » Sans un mot de plus, ni avant ni après. On pourrait croire à première lecture qu’il vient d’inventer cette métaphore, aujourd’hui banale. Pas du tout : elle date du Moyen Âge, figure dans le premier dictionnaire de l’Académie et n’a pas cessé d’être reprise depuis. Ce qu’il force le lecteur à comprendre, semble-t-il : d’une encre il fait son sang. Autrement dit : il […]

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