Littérature de langue française

D’un côté, un jeune auteur parfaitement inconnu dont c’est le tout premier livre. De l’autre, des auteurs très connus surtout là-bas, sur l’autre versant de la frontière, en Suisse, une contrée exotique pour tant de Français. Entre les deux, la littérature vécue comme une passion. De ce croisement est né l’ouvrage le plus original, le plus inattendu, le plus fin de cette rentrée, laquelle compte comme chaque année à la même époque une douzaine de bons livres mais aucun qui s’impose. On n’en voit guère qui ait la qualité de Rondes de nuit ( (288 pages, 24 euros, Le Bruit […]
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Une nouvelle est parfois à l’origine d’un roman. Certains écrivains utilisent le genre comme une rampe de lancement. Ou une cabine d’essayage. Leur manière de mettre leur histoire à l’épreuve, juste pour voir si elle tient déjà le 200 mètres avant d’affronter le marathon. Il y a cinq ans, en publiant Gordana aux éditions du Chemin de fer, Marie-Hélène Lafon (Aurillac, 1962) sentait déjà que c’était « un départ de piste » car son trio de personnages constituait déjà un noeud narratif annonciateur de quelque chose de plus ample à venir. Il lui a d’abord fallu déplacer le centre de gravité de l’histoire. […]
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La passion du Moyen-Age vient au berceau : à moins d’une longue psychanalyse on serait bien en peine d’en donner les raisons. Cet univers enchanté, avec ses djinns, ses fées, ses chevaliers de la Table Ronde et ses princesses à hennin, suscite des engouements durables, une fidélité comparable à celle qu’éprouvent les aficionados – capables de se reconnaître d’un point à l’autre de la planète, sans qu’importent leurs nationalités, puisqu’ils partagent les mêmes codes et le même langage et appartiennent à la même famille ensorcelée. Laurent Decaux, qui fait son entrée dans le monde romanesque avec Le Seigneur de Charny […]
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Je n’est pas toujours un autre. Il arrive qu’il s’affirme clairement comme étant l’auteur et nul autre. Ainsi le pacte de lecture est-il clairement établi qui nous dispense de chercher à retirer les masques superposées sur le visage de celui qui signe de son propre nom en haut de la couverture. Le genre n’est pas nouveau. Les Américains l’ont brillamment illustré du Truman Capote de De Sang-froid (1966) ) au William T. Vollman de La Famille royale , en passant par le Norman Mailer du Chant du bourreau (1979) Qu’il s’agisse de comprendre le passage à l’acte existentiel de meurtriers, […]
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Alexis Ragougneau ? En d’autres temps, l’éditrice Françoise Verny aurait gueulé : « Pas un nom d’écrivain, ça coco ! Trouves-moi autre chose qui sonne mieux ! Littéraire, quoi ! ». D’Alexandre Ragougneau, j’avoue n’avoir lu à ce jour aucun des polars, ni vu aucune des pièces, puisqu’il mène une double activité de romancier et de dramaturge. Aussi, quand son Niels (354 pages, 20 euros, Viviane Hamy) est arrivé sur ma table, j’étais loin de me douter qu’il se révèlerait à l’examen comme l’un des tout meilleurs romans de la rentrée. Rien de moins. Enfin un roman qui se lit comme un roman. Le Niels du titre, de […]
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Voilà un livre qui sent encore les vacances, les maisons de famille, les grands-parents, les drames étouffés, les petits et les grands moments, les allégresses collectives et les tristesses en solitaire, mais ce n’est pas la seule raison qui nous le ferait garder sur la table de chevet toute l’année. Une femme se souvient de sa mère et de leur relation. Quelqu’un d’à part, entièrement dans le présent, prompte à toute tabula rasa, indifférente au passé. D’ailleurs, sa fille l’appelle « l’oublieuse » pour sa capacité à ne jamais regarder en arrière. Il est des esprits ainsi façonnés. Ils doivent envier l’(anti)héroïne […]
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Etrange comme la quête de cette Nadejda évoque celle de la Nadja d’André Breton par la commune euphonie de leurs prénoms comme par l’atmosphère, du moins au début de La Passion Dolores (210 pages, 18 euros, Léo Scheer/ en librairie le 6 septembre) de Richard Millet. Lui, Pascal, écrivain, la soixantaine, pianiste amateur passionné au point de tourner les pages des partitions pour les concertistes, écrivain viré par l’éditeur qui l’employait « pour avoir dit la vérité sur l’état la littérature en France » ; c’est d’ailleurs la seule allusion, véritablement autobiographique, à son éviction sur fond de scandale (l’affaire Brejvik) du comité […]
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Ce qu’il y a de bien avec la rentrée littéraire, ou plutôt d’original car nul ne jurerait que c’est un bien, contrairement aux rentrées scolaire, professionnelle et parlementaire, c’est qu’elle vient vous chercher jusque dans vos vacances pour vous attraper par le cou et vous obliger à sortir même si vous n’êtes pas encore rentré. Tous ceux qui ont passé une partie de leur été à lire sur épreuves, terme qui s’avère hélas le plus souvent parfaitement adapté à la situation, qu’ils soient critiques, journalistes, jurés, libraires ou bibliothécaires, se parlent, s’écrivent, se lisent. Il y a du buzz, de […]
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Il y a comme cela des auteurs auxquels on fait confiance. De ceux avec qui on s’embarque sans hésiter à chaque nouveau livre en sachant que leurs tropismes ne les éloigneront guère de leurs terrains de chasse favoris, lieux de souvenirs de lecture enchantés. C’est précisément le cas avec Jean-Michel Delacomptée, l’un des auteurs les plus discrets, mais aussi les plus réguliers et les plus fidèles de la collection « L’un et l’autre » jadis fondée et dirigée par J.B. Pontalis et donc Jean-Michel Delacomptée a hérité, laquelle est déjà en soi le label d’une certaine qualité même si ses titres sont […]
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Die liebe ist ziss… mit broïte (*) (proverbe yiddish) Voilà un livre dont on ne peut se détacher, qu’on garde en sommeil et qui persiste comme un cauchemar. Myriam Anissimov, marquée par sa naissance dans un camp de réfugiés en Suisse et par l’horreur de la Shoah dont les siens furent victimes, et qui n’a jamais cessé de l’habiter tel un poison charrié dans son sang, ainsi qu’elle le dit dans son dernier livre : Les yeux bordés de reconnaissance (Le Seuil, 2017, 240p., 19€), revient à nous après tant de livres talentueux, dont ses grandes biographies de Romain Gary, de […]
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