de Pierre Assouline

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Dénazification des merles moqueurs et inconscient des rivières

Dénazification des merles moqueurs et inconscient des rivières

On rencontre rarement des nouveaux livres qui nous bousculent dans l’instant de leur découverte et nous troublent au point de modifier notre regard. Durablement, qui sait, on verra bien. Car justement, il s’agit bien de cela : voir autrement avant de regarder vraiment. Impossible après de conserver intact, inentamé le regard posé sur le monde à commencer par sa manifestation la plus immédiate, la nature. Il s’agit de deux minces livres, deux pépites non dépourvues d’humour et de sens de la litote que les fées invisibles de la seconde rentrée littéraire font se côtoyer à la vitrine des libres, l’un prolongeant l’autre réciproquement tant ils se font écho, allez comprendre. Une manière de romans et une sorte d’essai les deux nous poussant à admettre que lorsque la nature reprend ses droits, ne feignons même pas d’en être les organisateurs, ce serait vain, dérisoire. Contentons-nous d’observer et de donner acte.

Une fois encore, la citation placée en épigraphe d’Une forêt (108 pages, 16,90 euros, Albin Michel), tout sauf ornementale ou cuistre, est parfaitement choisie. On n’en attendait pas moins d’un écrivain de la qualité de Jean-Yves Jouannais. Il l’a trouvée chez Chateaubriand et, même s’il ne le précise pas, on se doute que c’est dans les Mémoires d’outre-tombe :

« Des peuplades de l’Orénoque n’existent plus ; il n’est resté de leur dialecte qu’une douzaine de mots prononcés dans la cime des arbres par des perroquets redevenus libres. »

L’histoire que raconte ce bref roman, dans une langue somptueuse et précise que l’on croirait échappée des pages de Julien Gracq, se déroule en 1947. Le capitaine Lentz vient d’arriver au QG des forces d’occupation américaines à Brème. Dans son New Jersey, tout est debout ; ici, dans cette ville hanséatique enclavée, tout n’est qu’effondrements, monticules, gravats, décombres. Comme d’autres villes bombardées, elle se distingue par de nombreux marqueurs jaunes qui se détachent sur cette sinistre grisailles de tas de pierres. Des bandes de papiers d’aluminium comme autant de leurres destinés à tromper les radars allemands, le genre de détail que seul un spécialiste de l’histoire de la guerre tel que Jouannais pouvait remarquer. Son errance dans la ville dont plus de la moitié est dévastée (durant la nuit du 18 au 19 août 1944, 274 avions larguèrent 1 120 tonnes de bombes en seulement 34 minutes)  pour fuir l’ennui l’affranchit rapidement : ces « ouvrières de déblaiement » dont il admire l’abnégation et le dévouement lorsqu’il les voit porter de lourdes pierres, ont toutes été condamnées pour collaboration.

Cet officier parfaitement bilingue (ses grands-parents étaient Allemands), avocat et ornithologue (sa grand-mère lui avait transmis sa passion pour l’imitation du chant d’oiseau, notamment le babillement de la grive) est chargé d’une mission dont il ignore l’objet. Une fois parvenu dans les locaux de la Commission principale de dénazification, il commence à comprendre. Il doit instruire le procès de la forêt de Hasbruch au sein de laquelle une unité de la SS s’était entrainée des années 30 jusqu’à la fin de la guerre. Ses hommes y ont chanté tout leur saoul des chants patriotiques et des marches militaires, et surtout le Horst-Wessel-Lied qui fut d’abord l’hymne des SA puis du NSDAP avant d’être adopté comme un hymne national en second du IIIème Reich après le Deutschlandlied. A ce stade du récit, on se demande où il veut en venir mais intrigué, on y va.

Dans cette forêt vivent alors des grives, des fauvettes, des hiboux, des pics, des éperviers, des mésanges… Et des mainates religieux ou Gracula religiosa dits merles des Indes. Ils sont réputés pour leur capacité à imiter la voix humaine mieux encore que ne le pourraient les perroquets, d’autant qu’ils mémorisent des centaines de mots organisés parfois dans des phrases complexes. Le problème, c’est que à l’instar de ces soldats japonais cachés dans la jungle des dizaines d’années encore après la capitulation de l’Empereur, ils n’ont pas conscience que l’Allemagne d’Hitler aussi a capitulé. Et ils ont transmis leurs mémoires à leur descendance. Or celle-ci continue à siffler et chanter le Horst-Wessel-Lied ce qui est strictement interdit (article 86 du code pénal allemand de 1945). Ainsi, par le biais de ces volatiles de la forêt de Hasbruch (630 hectares dont 39 hectares de forêt naturelle non aménagée), ces volatiles nazis pourraient bien exaucer le vœu du führer en perpétuant le Reich pour mille ans.

On imagine l’embarras de la Commission consultative d’experts pour l’exclusion des nationaux-socialistes. Car si les juristes ont bien établi la liste de toutes les professions, institutions, et individus à dénazifier, nul n’a pensé aux oiseaux et encore moins aux mainates. Or ils sont incontestablement coupables. Certes la mélodie de ce chant illégal est facilement identifiable mais les paroles, moins, pourrait-on plaider en leur faveur. D’autant qu’elle est issue d’un opéra biblique d’Etienne-Nicolas Méhul, Joseph en Égypte (1807). Le procès de Nuremberg n’est pas entré dans cette distinction assez sophiste et a condamné toute interprétation publique du Horst-Wessel-Lied. On voit par là que la responsabilité pénale de ces passereaux embrigadés à l’insu de leur plein gré est un vrai problème. La solution consisterait non à les tuer mais à les faire disparaitre en organisant leur émigration. D’autant qu’une jurisprudence constante existe : en 1793, cinq perroquets Gris du Gabon confiés par des exilés français au jardin zoologique du château de Schönbrunn, avaient été ainsi bannis car ils ne cessaient d’insulter les visiteurs de la manière la plus vulgaire qui soit. N’empêche que ceux qui occupent le narrateur de cette histoire estiment que ce sont des individus en responsabilité ; à ce titre, ils devraient être traduits devant un tribunal militaire des forces d’occupation ; mais à quelle adresse postale leur adresser leur convocation ?

Le capitaine Lentz échouera à transporter le tribunal dans la forêt de Hasbruch afin d’écouter les mainates et de juger sur pièces si leur chant a quoi que ce soit de militant. Il quittera l’Allemagne en avril 1948, date de la fin officielle de la dénazification. La lecture de ce livre magnifique, qui laisse aussi rêveur que pensif, m’a renvoyé non à une scène des Oiseaux d’Alfred Hitchcock (ceux-là étaient criminels sans être nazis) mais à une page du Journal de Leonard Woolf. Un matin à l’heure du petit-déjeuner, il toqua à la porte de sa femme Virginia (ce que Jean-Yves Jouannais évoque indirectement comme un clin d’oeil intertextuel) et la découvrit assise sur le rebord la fenêtre, le regard perdu vers le jardin deux étages plus bas : « Je parle aux oiseaux et, sais-tu, le plus extraordinaire, c’est que non seulement ils me répondent mais ils le font en grec ancien… ».

Un autre livre, étrange, inattendu, bienvenu et composé dans une langue aussi impressionnante, vient de paraitre sous le titre L’internationale des rivières (224 pages, 10 euros, Verdier). Son prix et son format délibérément réduits laissent à penser que Camille de Toledo a voulu avant tout atteindre le plus grand nombre. Il est vrai que ce texte qui ne relève d’aucun genre même s’il a la sonorité de l’anticipation et échappe à tout registre d’écriture répertorié, a quelque chose d’un manifeste dans le prolongement de ses Auditions du parlement de Loire (2021). Il s’inscrira certainement dans la durée car il est conçu pour prendre date. Sous-titré « Un récit de l’avenir », il se veut une contribution narrative aux temps futurs. De quoi s’agit-il ? D’un vaste projet littéraire et politique visant à inventer et propose une autre façon d’habiter le monde. Brassant toutes les disciplines, notamment le droit, l’écologie, la philosophie, son personnage principal en est une rivière baptisée « L ». Elle est si exploitée par les agriculteurs et l’État afin de constituer des réserves pour leurs bassines où puiser l’eau pour irriguer leurs champs lorsqu’ils seront en proie à la sécheresse redoutée, qu’elle en est exténuée, à bout de forces.

De cette chose, réifiée depuis longtemps par les hommes sans le moindre cas de conscience, Toledo veut montrer qu’elle est devenue une personne. Parfaitement : elle a changé de statut. Il l’a humanisée en la faisant accéder à la qualité de personnalité juridique. Il nous prend à témoin de ce moment de bascule où l’on donnera des droits aux entités naturelles non humaines. Une histoire dont les prolégomènes remontent à 1972 lorsque le juriste californien Christopher Stone lança le premier l’idée  de donner le statut de « sujets de droit » à des séquoias millénaires victimes de maltraitance à la suite d’un projet d’aménagement de Disney. Une réflexion d’Albert Einstein lui confère son esprit et sa logique :

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».

Si l’on ignore précisément dans quelle région ça se passe (quelle importance, d’ailleurs ?), on sait que nous sommes dans les années 2036-2040, autant dit demain matin. Au Parlement, on dispute d’une nouvelle loi sur la personnification des entités naturelles. Les insultes fusent mais elles ont un autre ton qu’à l’accoutumée : animiste ! sorcière vitaliste etc Le narrateur ne veut rien tant que préserver la nature des ravages de l’économie de marché. Dans la mesure où l’on provoque artificiellement de la pluie, il est permis de parler du droit des nuages. Et L. a donc droit à une rétribution pour tout ce qu’elle donne contre son gré à la société. Une véritable rémunération. Mais si elle est par conséquent une rivière-personne, elle doit aussi être assujettie à l’impôt. On est un corps-travailleur ou on ne l’est pas. Il faut donc lui constituer un capital par le moyen de dotations des collectivités territoriales, de donations privées, de dommages et intérets qui serviront à assurer les frais de fonctionnement.

En fait, son auteur Camille de Toledo n’a de cesse de nous inviter à faire un pas de côté, à nous défaire de nos approches habituelles, à nous empêcher de nous résigner à un vieil état de fait dans la vision que l’homme a de la nature. Au bout de huit procès, le verdict tombe un 24 avril 2040 : les écosystèmes sont reconnus comme sujets de droits et comme corps-travailleurs. Ils peuvent se syndiquer, faire grève etc Après cette victoire, ses partisans se cognent immanquablement à un effet de réel. Dans ce monde si imparfait tout est si bien lié qu’il est impossible de le découper en tranches. Les scientifiques s’y opposent car ils en dénoncent l’arbitraire. Eux et d’autres ne conçoivent pas que l’on remette en question la supériorité de l’espèce humaine sur toute autre forme de vie. Allez leur parler de l’« économie de la gratitude » en vertu de ce que l’homme, qui a si bien su profiter des apports de la rivière, lui doit !

On dit bien qu’il est des situations où la nature reprend ses droits. Une économie politique terrestre va-t-elle émerger de ce débat ? Pour l’instant, on voit plutôt des exploitations agricoles continuer à pomper outrageusement des masses d’eau. Allez leur parler de l’ « inconscient des rivières » ou de « l’inconscient terrestre » comme le fait Camille de Toledo, nourri de lectures de Carl Gustav Jung, Mélanie Klein, Sandor Ferenczi et Norbert Elias. On aurait adoré que le regretté Pierre Legendre, historien du droit et psychanalyste parmi les plus stimulants pour le débat d’idées, participe à celui-ci bien qu’il n’y ait pas été invité.

(« Dans la forêt de Hasbruch » et  » Mainates religieux » photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Littérature de langue française.

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commentaires

52 Réponses pour Dénazification des merles moqueurs et inconscient des rivières

et alii dit: 15 février 2026 à 23h27

poursuivons par l’écho de la gratitude,n en attzndant de lire ces deux livres(si mon souffle me mène jusqu’à leur réception ici,comme je le veux)
réjouissez vous bien

Jean Langoncet dit: 16 février 2026 à 4h42

Capté en passant

« Il y a des gens qui traversent les décennies comme un courant d’air parfumé au sérieux auto-proclamé. Toujours là, toujours impeccablement froissé, toujours en train d’expliquer le monde avec cette assurance très particulière de ceux qui se citent eux-mêmes intérieurement.
On ne sait jamais très bien ce qu’il fait exactement, mais il le fait avec intensité, caméra bien placée, mèche stratégique, voix grave calibrée pour le générique. C’est moins une pensée qu’une posture, moins une analyse qu’un numéro de funambule médiatique, sans filet mais avec beaucoup d’éclairage.
Ce qui fascine, c’est la polyvalence involontaire. Selon l’angle, il devient expert de tout, surtout de lui-même. Il parle, ça sonne profond, ça brille, ça impressionne les plantes vertes et les plateaux télé. Derrière, le contenu fait parfois un petit bruit de tiroir vide, mais très chic.
Et pendant que certains cherchent encore ce qu’il a vraiment produit, lui continue, infatigable, en mission permanente pour sauver le monde, un micro à la main, une veste ouverte, et l’ego bien hydraté.
Respect pour la longévité. Pour le reste, on a compris le décor, on attend toujours la pièce. »

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rose dit: 16 février 2026 à 5h37

Recension du premier livre magnifique, je vais aller le commander illico. Merci de ce billet, Pierre Assouline.
Je connais, de mes yeux vue, une perroquet grise du Gabon, magnifique. En ce moment, elle prend des vitamines, et il lui pousse sur le plumage des petites plumes saumon absolument merveilleuses.
Elle ne s’acoquine pas avec n’importe qui, mais elle parle et bien. Je l’ai vue deux fois en plusieurs années.
À côté, depuis qq.temps, elle a une copine qui souffre de la cage. Au point d’avoir le plumage tout agité.
En Chine, les hommes, j’ai vu les âgés, sortent leur oiseau en petite cage ronde et les pendent à des arbres pour les exposer au grand air. Si on approche, ils fuient.

L’époque est effrayante.

JC..... dit: 16 février 2026 à 5h37

Le respect dû à la lecture implique la liberté de ne ne pas lire sans désir. Bref, éviter l’ennui mortel, un ennui mortel redouté par tout lecteur prudent.

« L’inconscient des rivières » ?
Euh …non, rien !

rose dit: 16 février 2026 à 5h45

Et alii

Allez-vous nous parler de Pierre Legendre dont vous connaissez le travail ?
Sur les rivières, Eliott Schonfeld aime les suivre et les descendre. Jean Paul Kauffmann lui, a remonté la Marne, mais le cours des rivières est de la source à l’océan. Elles marquent le territoire, elles marquent le relief, mais surtout elles marquent, comme dit dans le billet, l’eau qui
permet de survivre.

Ce respect fondamental, des oiseaux et des rivières, qu’il nous saisisse amplement, jusqu’à la moëlle !

Jazzi dit: 16 février 2026 à 7h31

Dénazification de l’université lyonnaise ?

« Sur RTL ce lundi matin, l’eurodéputé PS-Place Publique Raphaël Glucksmann a jugé « impensable » que la gauche « cultive le moindre doute » sur une « alliance avec LFI » à l’élection présidentielle 2027, après la mort de Quentin à Lyon (Rhône) en marge d’une conférence de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan. »
https://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-quentin-a-lyon-glucksmann-juge-impensable-que-la-gauche-cultive-le-moindre-doute-sur-une-alliance-avec-lfi-16-02-2026-N5GNUVL7NVFL5CGVZNZOTOQE6E.php

puck dit: 16 février 2026 à 8h18

« Raphaël Glucksmann a jugé « impensable » que la gauche « cultive le moindre doute » sur une « alliance avec LFI » à l’élection présidentielle 2027 »

c’est marrant que ce type dise « la gauche » comme s’il était de gauche.

en plus il parle de façon péremptoire la gauche ne doit pas comme s’il incarnait « la gauche » alors qu’objectivement il incarne au mieux une démocratie libérale atlantiste globaliste mondialiste belliciste.

J J-J dit: 16 février 2026 à 8h18

ICONE ?
Michelle Perrot lui a dit : « Vous êtes une EVEILLEUSE ». Oui, c’est elle, Gisèle Pélicot qui aura réveillé la moitié de l’humanité du sommeil de son oppression, quand le mafieux patriarcat l’ayant toujours maintenue sous sédatif, aura été incessamment détrôné et balayé par une « joie de vivre » universelle (J.E., 16.2.2026).

puck dit: 16 février 2026 à 8h21

c’est un peu comme quand les journalistes nous vendent l’affaire Pélicot comme preuve que le système judiciaire fonctionne bien en France pour coffrer les criminels sexuels alors qu’en fait non.

je veux dire le système fonctionne quand le criminel est plombier ou assureur ou vendeur de téléphones, mais dès qu’il est ancien ministre boum ! il ne marche plus.

la justice qui fonctionne, Glucksmann qui est de gauche etc… : faudrait arrêter de prendre les gens pour des imbéciles.

D. dit: 16 février 2026 à 8h36

Le Japon est devenue une destination très à la mode. Malheureusement beaucoup de gens s’y comportent très mal. Les demeures louées pour être respectueusement utilisées sont souvent dégradées et le voisinage très dérangé par des utilisations festives et vulgaires éloignées du sens festif japonais, tout en retenue.
Du tourisme de masse se développe, les lieux sacrés sonr salis par l’attitude indigne d’occidentaux avides de divertissements et de sensation.
Japonais ! Vous avez le droit de fermer les portes. Vous êtes polis, réservés et accueillants. Si vos visiteurs sont l’exact contaire, protégez-vous et réduisez considérablement le nombre de visas accordés.

puck dit: 16 février 2026 à 8h36

c’est comme parler de dénazification aujourd’hui, là encore c’est pour les gens qui vivent dans les contes de fées.

on dit en Iran ils mettent en prison les opposants politiques et les journalistes d’opposition.

ok… sauf qu’en Ukraine c’est pareil : il y a des milliers d’opposants politiques et journalistes qui sont en prison.

donc faudrait juste pas trop se moquer de nous…

B dit: 16 février 2026 à 8h37

8h21 se souvenir des déclarations de Luc Ferry ( comment! Vous n’êtes pas au courant?) contraint de rétropaler dès le lendemain, eh bien non ! Nous n’étions pas au courant qu’un officiel français s’était fait « poisser » par la police marocaine pour une sale affaire de moeurs et puis de toutes façons ce n’était pas vrai, Luc Ferry mentait! Et sans citer de nom il fut obligé au silence radio, silence TV, l’affaire fut étouffée, on peut supposer qu’elle n’aura pas été la seule à être tue.

Jazzi dit: 16 février 2026 à 8h41

L’inconscient des rivières.

La Garonne, elle déborde en toute conscience ou inconscience ?

B dit: 16 février 2026 à 8h41

Entre les histoires de affaires de moeurs et les affaires d’argent, l’électeur dispose du choix , on peut encore croire que les plus jeunes des prétendants ne sont pas encore corrompus, ils n’ont pas eu le temps.

puck dit: 16 février 2026 à 8h42

y’a pas que le Maroc y’a aussi l’affaire du coral qui est un truc abominable.

pour ça que ce narratif autour de l’affaire Pélicot ça sert surtout à endormir les gens pour mieux les abuser.

D. dit: 16 février 2026 à 8h43

D’autant plus que les Français accueillent très mal les Japonais venus les visiter. C’est de notoriété publique. Je m’étonne d’ailleurs qu’ils continuent à venir visiter Paris, maltraités comme ils sont, parfois volés dès le pied posé à Roissy ou détroussés le lendemain aux abords des grands monumebts par des hordes de mineurs étrangers délinquants.

et alii dit: 16 février 2026 à 8h45

Rose,bonjour!
c’est vrai que cela me touche de retrouver ici P.LEGENDRE,et que P.Assouline le recommande: P.L.aimait rappeler qu’il était professeur;non qui’il appréciat les partages avec des artistes, det même leurs oarents;il se disait père lui-même, et transmettre était sans doute pour lui aussi u; »vocation »?une « vocation », comme la pédagogie ? peut-être libératrice?
il m’avait demandé de travailler pour lui sur « le verset »Dieu créa l’homme à son image »-il savait que j’irais voir du côté de l’hébreu- et moi aussitôt de
« contester » ce singulier « ‘le » :il a été d’accord; il voulait aussi que je m’intéresse à « véronique »!!
mais ce n’est pas à P.Assouline qu’on fait une danse des voiles!c’est en espagnol-mais si !-surement un toreador qui connait toutes les passes!
https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9ronique_(passe)#:~:text=La%20v%C3%A9ronique%20de%20face%2C%20pratiqu%C3%A9e,attirer%20l'attention%20du%20taureau.

puck dit: 16 février 2026 à 8h46

« les plus jeunes des prétendants ne sont pas encore corrompus »

il faut lire dans les mails de l’affaire Epstein la façon dont ces types parlent des femmes !

ils en parlent comme si elles n’étaient pas des êtres humains !

tous ces types du haut de leur puissance considèrent que tous ce qui n’appartient pas à leur niveau n’est pas humain et à partir de là on peut s’en servir comme on veut pour assouvir ses désirs.

puck dit: 16 février 2026 à 8h49

c’est aussi une révélation du dossier Epstein : la vision des puissants sur autres.

ce n’est même pas du mépris c’est carrément de la déshumanisation un peu comme les nazis avec les juifs, les israéliens avec les palestiniens ou les européens avec les russes, pareil !

B dit: 16 février 2026 à 8h55

Oui, elle est devenue une ICONE à son CON défendant !

Une véritable orgie d’humour ce matin.

J J-J dit: 16 février 2026 à 9h03

Remarques en vrac sur ce nouveau billet en passant.

-< Ai cru entendre : "Hitler caca !" dans un vieux film franchouillard.
-< Ai cru comprendre que les idées de Latour et de quelques autres avaient commencé à féconder un filon fluviatile romanesque comme aux States avec un Richard Powers ("mémoire de l'eau"/"arbre-monde"… aux bords du Lot).
-< A la différence de l'auteur des conf. sur Gaïa, Legendre n'aurait pas été d'un très grand secours pour éclairer la genèse de la reconnaissance des "choses de la nature" en tant que sujets de droit et de devoirs (desdits fleuves comme "corps-travailleurs" !). Resté fort surpris que notre hôte ait omis de replacer la sympathique "économie de la gratitude" de l'auteur, dans une "économie" d'interdépendance des humains et non-humains émancipée de l'actuel capitalisme impérial prédateur mafieux… Sinon, à quoi bon ces utopies tolédanesques "à mi-chemin" ?
-< (en marge) … un joli clin d'oeil de Bourdieu à Bernard-Henri Léléve.
Bàv,…

J J-J dit: 16 février 2026 à 9h13

@ 8.55 Oui, elle est devenue une ICONE à son CON défendant !
Depuis qq temps, je n’arrive plus à décrypter vos propos d’ancienne infirmière aidante à la cause de toutes les victimes. Aucune « orgie d’humour », pmp… Auriez-vous l’esprit devenu complètement tordu à cause de l’ennui lié à votre solitude ? Seriez-vous même devenue une Alfred-bis ?, etc. J’aimerais vraiment comprendre ce que vous pensez de « l’affaire Pélicot », bien qu’Allah ne soit obligée en rien, comme je le dis toujours.
Bien à vous, ce faisant.

B dit: 16 février 2026 à 9h21

9h13 « @ 8.55 Oui, elle est devenue une ICONE à son CON défendant ! » — est de Jazzi. Je réagis , quant au reste de votre allocution, torchez-vous avec si cela vous sied, je ne vous dois rien, pas même cette explication. Prenez le temps de dépasser vos a priori, de vos « leçons » et arbitrages et allez vous faire voir.

et alii dit: 16 février 2026 à 9h23

ayant insisté à mon tour sur la qualiyé de « professeur » de P.Legendre, je le soulignerai en disant que, comme Assouline, legendre aimait payer ses dettes, et qi’l n’assurait pas une « leçon »-un mot important!- sans rappeler le nom de Ernst Kantorowicz, son « maître », et il le disait ainsi’-situer leurs pensées face au nazisme-et pour lutter contre ses effets ,et que je me suis toujours sentie encouragée par lui à persévérer à m’INSTRUIRE en judaisme , et hébreu , jusque dans les humbles histoires de lettres vermicelle dans le bouillon!qu’il avait apprises des juifs

Bill Evola dit: 16 février 2026 à 9h32

« Je réagis , quant au reste de votre allocution, torchez-vous avec si cela vous sied, je ne vous dois rien, pas même cette explication. Prenez le temps de dépasser vos a priori, de vos « leçons » et arbitrages et allez vous faire voir. »

Bravo B! 🙂

Le voilà qui nous revient avec sa gâteuse Gaïa , d’artiste de car en bas, à l’ arrêt!

Jazzi dit: 16 février 2026 à 10h02

Louis-Ferdinand Céline

« Le siècle dernier je peux en parler, je l’ai vu finir. Il est parti sur la route après Orly. Choisy-le-Roi.… C’était du côté d’Armide où elle demeurait aux Rungis, la tante, l’aïeule de la famille.
Elle parlait de quantité de choses dont personne se souvenaïit plus. On choisissait à l’automne un dimanche pour aller la voir, avant les mois les plus durs. On reviendrait plus qu’au printemps s’étonner qu’elle vive encore…
Les souvenirs anciens c’est tenace… mais c’est cassant, c’est fragile. Je suis sûr toujours qu’on prenait le « tram » devant le Châtelet, la voiture à chevaux… On grimpait avec nos cousins sur les bancs de l’impériale. Mon père restait à la maison. Les cousins ils plaisantaient, ils disaient qu’on la retrouverait plus la tante Armide, aux Rungis. Qu’en ayant pas de bonne, et seule dans un pavillon elle se ferait sûrement assassiner qu’à cause des inondations on serait peut-être avertis trop tard…
Comme ça on cahotait tout le long jusqu’à Choisy à travers des berges. Ça durait des heures. Ça me faisait prendre l’air. On devait revenir par le train.
Arrivés au terminus fallait faire alors vinaigre ! Enjamber les gros pavés, ma mère me tirait par le bras pour que je la suive à la cadence… On rencontrait d’autres parents qui allaient voir aussi la vieille. Elle avait du mal ma mère avec son chignon, sa voilette, son canotier, ses épingles. Quand sa voilette était mouillée elle la mâchait d’énervement. Les avenues avant chez la tante c’était plein de marrons. Je pouvais pas m’en ramasser, on n’avait pas une minute. Plus loin que la route, c’est les arbres, les champs, le remblai, des mottes et puis la campagne… plus loin encore c’est les pays inconnus. la Chine… Et puis rien du tout.
On avait si hâte d’arriver que je faisais dans ma culotte… d’ailleurs j’ai eu de la merde au cul jusqu’au régiment, tellement j’ai été pressé tout le long de ma jeunesse. On parvenait tout trempés aux premières maisons. C’était un village amusant, je m’en rends bien compte aujourd’hui ; avec des petits coins tranquilles, des ruelles, de la mousse, des détours, tout le fromage du pittoresque. C’était fini la rigolade en arrivant devant sa grille. Ça grinçait. La tante elle avait soldé la « toilette » au Carreau du Temple pendant près de cinquante ans. Son pavillon aux Rungis c’était toutes ses économies.
Elle demeurait au fond d’une pièce, devant la cheminée, elle restait dans son fauteuil. Elle attendait qu’on vienne la voir. Elle fermait aussi ses persiennes à cause de sa vue.
Son pavillon tenait du genre suisse, c’était le rêve à l’époque. Devant, des poissons mijotaient dans un bassin puant. On marchait encore un petit bout, on arrivait à son perron. On s’enfonçait dans les ombres. On touchait quelque chose de mou. « Approche, n’aie pas peur mon petit Ferdinand !» Elle m’invitait aux caresses. J’y coupais donc pas. C’était froid et rêche et puis tiède, au coin de la bouche, avec un goût effroyable. On allumaït une bougie. Les parents formaient leur cercle de papoteurs. De me voir embrasser l’aïeule ça les excitait. J’étais pourtant bien écœuré par ce seul baiser. Et puis d’avoir marché trop vite. Mais quand elle se mettait à causer ils étaient tous forcés de se taire. Ils ne savaient pas quoi lui répondre. Elle ne conversait la tante qu’à l’imparfait du subjonctif. C’étaient des modes périmées. Ça coupait la chique à tout le monde. Il était temps qu’elle décampe.
Dans la cheminée derrière elle, jamais on avait fait de feu ! « Il aurait fallu que j’eusse un peu plus de tirage. » En réalité c’était raison d’économie.
Avant qu’on se quitte Armide offrait des gâteaux. Des biscuits bien secs, d’un réceptacle bien couvert, qu’on ouvrait que deux fois par an. Tout le monde les refusait bien sûr… Ils étaient plus des enfants… C’était pour moi les petits-beurre !.…
Dans l’émoi de me les taper, de plaisir, fallait que je sautille..
Ma mère me pinçait pour Ça J’échappais vite au jardin, espiègle toujours, recracher tout dans les poissons…
Dans le noir, derrière la tante, derrière son fauteuil, y avait tout ce qui est fini, y avait mon grand-père Léopold qui n’est jamais revenu des Indes, y avait la Vierge Marie, y avait M. le Bergerac, Félix Faure et Lustucru et l’imparfait du subjonctif. Voilà.
Je me faisais baiser par l’aïeule encore une fois sur le départ… Et puis c’était la sortie brusquée ; on repassait par le jardin en vitesse. Devant l’église on abandonnaït des cousins, ceux qui remontaient sur Juvisy. Ils repoussaient tous des odeurs en m’embrassant, ça fait souffle rance entre les poils et les plastrons. Ma mère boitait davantage d’avoir été une heure assise, tout engourdie.
En repassant devant le cimetière de Thiais on faisait un bond à l’intérieur. On avait là deux morts encore à nous, au bout d’une allée. On regardait leurs tombes à peine. On refoutait le camp comme des voleurs. La nuit vient vite vers la Toussaint. On rattrapait Clotilde, Gustave et Gaston après la fourche Belle- Epine. Ma mère avec sa jambe en laine à la traîne, elle butaït partout. Elle s’est fait même une vraie entorse en essayant de me porter juste devant le passage à niveau.
Dans la nuit on n’espérait plus qu’arriver au gros bocal du pharmacien.
C’était la Grand-Rue, le signe qu’on était sauvés. Sur le fond cru du gaz, y avait les musiques des bistrots, leurs portes qui chavirent. On se sentait menacés. On repassait vite sur l’autre trottoir, ma mère avait peur des ivrognes. »

(« Mort à crédit », éditions Denoël, 1936)

J J-J dit: 16 février 2026 à 10h25

9.21, j’essaie d’être bienveillant et compréhensif à l’égard de vos obervations, et vous me renvoyez chier. Je n’avais pas pigé que vous citiez jzmn, un gars à l’humour pas toujours très inspiré, je vous l’accorde. Je vous souhaite le meilleur, quoiqu’il vous en coûte, vraiment. Bàv,

J J-J dit: 16 février 2026 à 10h36

ALLOCATION ?
@ /// quant au reste de votre allocution, torchez-vous avec si cela vous sied, je ne vous dois rien, pas même cette explication…/// (9.32)
Je vous avais pourtant prévenue « qu’Allah n’était pas obligée » de préondr eà quoi que ce soit…, pas plus que Bill Evolua, un cabot tjs à votre service; carabosse à la raie).
Bàv, Gaïa… guerre.

vadeboncoeur dit: 16 février 2026 à 10h47

Merci Pierre Assouline pour ces belles photographies de nature et d’ oiseaux.
Nous en avons besoin pour la beauté du regard.
Animal on est mal!

puck dit: 16 février 2026 à 10h51

« La société factice : Journal d’un complotiste »

salaud ! encore un qui veut plomber mon excellent ouvrage « comment je suis devenu conspirationniste »

en plus j’avais un excellent chapitre sur Raoult intitulé : « Raoult avait raison » et sous titré « complotiste ou lobbyistes : quel camps choisir ? »

son chapitre je vais le supprimer !

closer dit: 16 février 2026 à 10h51

Encore un passage inouï de Mort à Crédit JB!
Mais ne te crois pas obligé de citer tout le roman. Il y en a que cela va rendre nerveux!

J J-J dit: 16 février 2026 à 10h51

– Ah zut, le docteur Didier a encore précédé le punckt à qui il a piqué l’idée. Décidément, l’a pas de chance.
– Merci de cesser de mettre des copiers-collers de LF Destouches sur cette chaine culturelle éperdue qui cherche toujours sa « gauche », SVP. Cela finit par faire mauvais genre, pour nous autres, qui n’aimons pas cet écrivain, ni son style, ni son contenu.
– Un certain Jouannais avait écrit un très bel hommage à Melville et à tous ces écrivains procrastinateurs ayant finalement renoncé à achever le roman qu’ils eussent aimé publier s’ils n’avaient pas jeté l’éponge auparavant. J’avais bien apprécié « Artistes sans œuvres : I would prefer not to ». Mais parle-t-on du même, RM et P.A. ?

D. dit: 16 février 2026 à 10h53

Quand je prendrai ma retraite d’ici une quinzaine d’années, je ferai deux longs voyages. Les seuls que mon civisme de citoyen planétaire m’autorisera par rapport aux émissions de CO2 ; en effet si les gouvernements ne s’entendent pas pour limiter l’accès au transport aérien par l’instauration d’un permis à points pour voler, je m’instaurerai moi-même ce permis à points, en tant que cotoyen du monde responsable.

Ainsi, de toute une vie j’ai déja calculé que je n’aurai pas dépassé 110 000 km en avion. Soit entre 1000 et 1500 km par an ce qui m’aparaît très raisonnable.

Donc mes deux futurs et derniers voyages seront le Japon et l’Inde. Je n’aurai jamais mis les pieds en Amérique mais l’Amérique ne m’a jamais attiré, sauf peut-être 3 ou 4 parcs naturels à l’Ouest et au Sud-Ouest mais tout bien considéré, faire 9000 km AR pour ça seulement, ça ne sert à rien alors que la France regorge de sites naturels magnifiques.

Alfred dit: 16 février 2026 à 11h00

« POURQUOI LES OISEAUX CHANTENT », livre de Jacques Delamain, surnommé l’Homère des oiseaux par Blaise Cendrars.
Lire ce beau livre pour mieux aimer la gent volatile.

J J-J dit: 16 février 2026 à 11h02

@ 10.53 _ On sent bien la nature de votre réticence à aller rejoindre le témoignage de Mme Pélicot partout où il serait diffusé, sans devoir prendre l’avion pour le Japon et les Indes. Car que deviendraient les poules si votre appareil devait faire l’objet d’un crash sans aucun survivant ? Non, non, un homme conséquent tel que vous doit tout faire pour s’empêcher de nuire à Gaïa, sans aucune exception; et rester tranquillement à Chaville. Bàv,
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-lundi-16-fevrier-2026-2462596

Alfred dit: 16 février 2026 à 11h07

Torchez-vous avec si cela vous sied, dit B à ce pauvre Janssen.
Qu’on l’insulte ou qu’on le méprise, ce pauvre bougre de JJJ ne comprend toujours pas à quel point il est écoeurant.

J J-J dit: 16 février 2026 à 11h14

Vinciane Despret, une fidèle amie de Bruno, n’a jamais compris pourquoi le rouge-gorge refusait toujours d’enter dans le concert des autres oiseaux. (cf. Habiter en oiseau. Actes Sud). C’est pourtant si simple à comprendre : ce n’était pas un merle moqueur (cf. Harper Lee). Bàv,

J J-J dit: 16 février 2026 à 11h27

Alfred, Bill Evolua, Chacarel, et…, toujours les mêmes trolls anti « science pot ». Pas bin malouins ni fute-futes. Bàv,

J J-J dit: 16 février 2026 à 11h39

Sous l’insulte et le mépris faciles, il sentait beaucoup d’amour et d’estime, en réalité. Il se sentait comme Gisèle, l’icône de la RDL à son insu. Il avait la joie de vivre avec elle, ce matin-là. Bàv,

Jazzi dit: 16 février 2026 à 11h47

« cette chaine culturelle éperdue qui cherche toujours sa « gauche » »

Ah bon !
ça chauffe dur pour Mélenchon et LFI…
Vous en dites quoi, JJJ ?

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