de Pierre Assouline

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Dénazification des merles moqueurs et inconscient des rivières

Dénazification des merles moqueurs et inconscient des rivières

On rencontre rarement des nouveaux livres qui nous bousculent dans l’instant de leur découverte et nous troublent au point de modifier notre regard. Durablement, qui sait, on verra bien. Car justement, il s’agit bien de cela : voir autrement avant de regarder vraiment. Impossible après de conserver intact, inentamé le regard posé sur le monde à commencer par sa manifestation la plus immédiate, la nature. Il s’agit de deux minces livres, deux pépites non dépourvues d’humour et de sens de la litote que les fées invisibles de la seconde rentrée littéraire font se côtoyer à la vitrine des libres, l’un prolongeant l’autre réciproquement tant ils se font écho, allez comprendre. Une manière de romans et une sorte d’essai les deux nous poussant à admettre que lorsque la nature reprend ses droits, ne feignons même pas d’en être les organisateurs, ce serait vain, dérisoire. Contentons-nous d’observer et de donner acte.

Une fois encore, la citation placée en épigraphe d’Une forêt (108 pages, 16,90 euros, Albin Michel), tout sauf ornementale ou cuistre, est parfaitement choisie. On n’en attendait pas moins d’un écrivain de la qualité de Jean-Yves Jouannais. Il l’a trouvée chez Chateaubriand et, même s’il ne le précise pas, on se doute que c’est dans les Mémoires d’outre-tombe :

« Des peuplades de l’Orénoque n’existent plus ; il n’est resté de leur dialecte qu’une douzaine de mots prononcés dans la cime des arbres par des perroquets redevenus libres. »

L’histoire que raconte ce bref roman, dans une langue somptueuse et précise que l’on croirait échappée des pages de Julien Gracq, se déroule en 1947. Le capitaine Lentz vient d’arriver au QG des forces d’occupation américaines à Brème. Dans son New Jersey, tout est debout ; ici, dans cette ville hanséatique enclavée, tout n’est qu’effondrements, monticules, gravats, décombres. Comme d’autres villes bombardées, elle se distingue par de nombreux marqueurs jaunes qui se détachent sur cette sinistre grisailles de tas de pierres. Des bandes de papiers d’aluminium comme autant de leurres destinés à tromper les radars allemands, le genre de détail que seul un spécialiste de l’histoire de la guerre tel que Jouannais pouvait remarquer. Son errance dans la ville dont plus de la moitié est dévastée (durant la nuit du 18 au 19 août 1944, 274 avions larguèrent 1 120 tonnes de bombes en seulement 34 minutes)  pour fuir l’ennui l’affranchit rapidement : ces « ouvrières de déblaiement » dont il admire l’abnégation et le dévouement lorsqu’il les voit porter de lourdes pierres, ont toutes été condamnées pour collaboration.

Cet officier parfaitement bilingue (ses grands-parents étaient Allemands), avocat et ornithologue (sa grand-mère lui avait transmis sa passion pour l’imitation du chant d’oiseau, notamment le babillement de la grive) est chargé d’une mission dont il ignore l’objet. Une fois parvenu dans les locaux de la Commission principale de dénazification, il commence à comprendre. Il doit instruire le procès de la forêt de Hasbruch au sein de laquelle une unité de la SS s’était entrainée des années 30 jusqu’à la fin de la guerre. Ses hommes y ont chanté tout leur saoul des chants patriotiques et des marches militaires, et surtout le Horst-Wessel-Lied qui fut d’abord l’hymne des SA puis du NSDAP avant d’être adopté comme un hymne national en second du IIIème Reich après le Deutschlandlied. A ce stade du récit, on se demande où il veut en venir mais intrigué, on y va.

Dans cette forêt vivent alors des grives, des fauvettes, des hiboux, des pics, des éperviers, des mésanges… Et des mainates religieux ou Gracula religiosa dits merles des Indes. Ils sont réputés pour leur capacité à imiter la voix humaine mieux encore que ne le pourraient les perroquets, d’autant qu’ils mémorisent des centaines de mots organisés parfois dans des phrases complexes. Le problème, c’est que à l’instar de ces soldats japonais cachés dans la jungle des dizaines d’années encore après la capitulation de l’Empereur, ils n’ont pas conscience que l’Allemagne d’Hitler aussi a capitulé. Et ils ont transmis leurs mémoires à leur descendance. Or celle-ci continue à siffler et chanter le Horst-Wessel-Lied ce qui est strictement interdit (article 86 du code pénal allemand de 1945). Ainsi, par le biais de ces volatiles de la forêt de Hasbruch (630 hectares dont 39 hectares de forêt naturelle non aménagée), ces volatiles nazis pourraient bien exaucer le vœu du führer en perpétuant le Reich pour mille ans.

On imagine l’embarras de la Commission consultative d’experts pour l’exclusion des nationaux-socialistes. Car si les juristes ont bien établi la liste de toutes les professions, institutions, et individus à dénazifier, nul n’a pensé aux oiseaux et encore moins aux mainates. Or ils sont incontestablement coupables. Certes la mélodie de ce chant illégal est facilement identifiable mais les paroles, moins, pourrait-on plaider en leur faveur. D’autant qu’elle est issue d’un opéra biblique d’Etienne-Nicolas Méhul, Joseph en Égypte (1807). Le procès de Nuremberg n’est pas entré dans cette distinction assez sophiste et a condamné toute interprétation publique du Horst-Wessel-Lied. On voit par là que la responsabilité pénale de ces passereaux embrigadés à l’insu de leur plein gré est un vrai problème. La solution consisterait non à les tuer mais à les faire disparaitre en organisant leur émigration. D’autant qu’une jurisprudence constante existe : en 1793, cinq perroquets Gris du Gabon confiés par des exilés français au jardin zoologique du château de Schönbrunn, avaient été ainsi bannis car ils ne cessaient d’insulter les visiteurs de la manière la plus vulgaire qui soit. N’empêche que ceux qui occupent le narrateur de cette histoire estiment que ce sont des individus en responsabilité ; à ce titre, ils devraient être traduits devant un tribunal militaire des forces d’occupation ; mais à quelle adresse postale leur adresser leur convocation ?

Le capitaine Lentz échouera à transporter le tribunal dans la forêt de Hasbruch afin d’écouter les mainates et de juger sur pièces si leur chant a quoi que ce soit de militant. Il quittera l’Allemagne en avril 1948, date de la fin officielle de la dénazification. La lecture de ce livre magnifique, qui laisse aussi rêveur que pensif, m’a renvoyé non à une scène des Oiseaux d’Alfred Hitchcock (ceux-là étaient criminels sans être nazis) mais à une page du Journal de Leonard Woolf. Un matin à l’heure du petit-déjeuner, il toqua à la porte de sa femme Virginia (ce que Jean-Yves Jouannais évoque indirectement comme un clin d’oeil intertextuel) et la découvrit assise sur le rebord la fenêtre, le regard perdu vers le jardin deux étages plus bas : « Je parle aux oiseaux et, sais-tu, le plus extraordinaire, c’est que non seulement ils me répondent mais ils le font en grec ancien… ».

Un autre livre, étrange, inattendu, bienvenu et composé dans une langue aussi impressionnante, vient de paraitre sous le titre L’internationale des rivières (224 pages, 10 euros, Verdier). Son prix et son format délibérément réduits laissent à penser que Camille de Toledo a voulu avant tout atteindre le plus grand nombre. Il est vrai que ce texte qui ne relève d’aucun genre même s’il a la sonorité de l’anticipation et échappe à tout registre d’écriture répertorié, a quelque chose d’un manifeste dans le prolongement de ses Auditions du parlement de Loire (2021). Il s’inscrira certainement dans la durée car il est conçu pour prendre date. Sous-titré « Un récit de l’avenir », il se veut une contribution narrative aux temps futurs. De quoi s’agit-il ? D’un vaste projet littéraire et politique visant à inventer et propose une autre façon d’habiter le monde. Brassant toutes les disciplines, notamment le droit, l’écologie, la philosophie, son personnage principal en est une rivière baptisée « L ». Elle est si exploitée par les agriculteurs et l’État afin de constituer des réserves pour leurs bassines où puiser l’eau pour irriguer leurs champs lorsqu’ils seront en proie à la sécheresse redoutée, qu’elle en est exténuée, à bout de forces.

De cette chose, réifiée depuis longtemps par les hommes sans le moindre cas de conscience, Toledo veut montrer qu’elle est devenue une personne. Parfaitement : elle a changé de statut. Il l’a humanisée en la faisant accéder à la qualité de personnalité juridique. Il nous prend à témoin de ce moment de bascule où l’on donnera des droits aux entités naturelles non humaines. Une histoire dont les prolégomènes remontent à 1972 lorsque le juriste californien Christopher Stone lança le premier l’idée  de donner le statut de « sujets de droit » à des séquoias millénaires victimes de maltraitance à la suite d’un projet d’aménagement de Disney. Une réflexion d’Albert Einstein lui confère son esprit et sa logique :

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».

Si l’on ignore précisément dans quelle région ça se passe (quelle importance, d’ailleurs ?), on sait que nous sommes dans les années 2036-2040, autant dit demain matin. Au Parlement, on dispute d’une nouvelle loi sur la personnification des entités naturelles. Les insultes fusent mais elles ont un autre ton qu’à l’accoutumée : animiste ! sorcière vitaliste etc Le narrateur ne veut rien tant que préserver la nature des ravages de l’économie de marché. Dans la mesure où l’on provoque artificiellement de la pluie, il est permis de parler du droit des nuages. Et L. a donc droit à une rétribution pour tout ce qu’elle donne contre son gré à la société. Une véritable rémunération. Mais si elle est par conséquent une rivière-personne, elle doit aussi être assujettie à l’impôt. On est un corps-travailleur ou on ne l’est pas. Il faut donc lui constituer un capital par le moyen de dotations des collectivités territoriales, de donations privées, de dommages et intérets qui serviront à assurer les frais de fonctionnement.

En fait, son auteur Camille de Toledo n’a de cesse de nous inviter à faire un pas de côté, à nous défaire de nos approches habituelles, à nous empêcher de nous résigner à un vieil état de fait dans la vision que l’homme a de la nature. Au bout de huit procès, le verdict tombe un 24 avril 2040 : les écosystèmes sont reconnus comme sujets de droits et comme corps-travailleurs. Ils peuvent se syndiquer, faire grève etc Après cette victoire, ses partisans se cognent immanquablement à un effet de réel. Dans ce monde si imparfait tout est si bien lié qu’il est impossible de le découper en tranches. Les scientifiques s’y opposent car ils en dénoncent l’arbitraire. Eux et d’autres ne conçoivent pas que l’on remette en question la supériorité de l’espèce humaine sur toute autre forme de vie. Allez leur parler de l’« économie de la gratitude » en vertu de ce que l’homme, qui a si bien su profiter des apports de la rivière, lui doit !

On dit bien qu’il est des situations où la nature reprend ses droits. Une économie politique terrestre va-t-elle émerger de ce débat ? Pour l’instant, on voit plutôt des exploitations agricoles continuer à pomper outrageusement des masses d’eau. Allez leur parler de l’ « inconscient des rivières » ou de « l’inconscient terrestre » comme le fait Camille de Toledo, nourri de lectures de Carl Gustav Jung, Mélanie Klein, Sandor Ferenczi et Norbert Elias. On aurait adoré que le regretté Pierre Legendre, historien du droit et psychanalyste parmi les plus stimulants pour le débat d’idées, participe à celui-ci bien qu’il n’y ait pas été invité.

(« Dans la forêt de Hasbruch » et  » Mainates religieux » photos D.R.)

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927 Réponses pour Dénazification des merles moqueurs et inconscient des rivières

J J-J dit: 23 février 2026 à 9h45

RSA.
Non, pas de raison pour que ces gros feignasses d’assisté.es (sic ?) puissent « profiter » (sic) d’un tel « fléau » (sic), quand la dictature fasciste sera enfin instaurée dans ce pays. Voilà pour les appeaux. RLB.

J J-J dit: 23 février 2026 à 9h50

Tu enlèves tes deux inséparables et tu règles ainsi le problème des mouettes et des corbeaux tueurs. De quoi ces oiseaux seraient-ils une menace pour notre communauté si tu les laisses vivre tranquilles en empêchant les oiseaux exotiques de venir manger leur pain ? Hein ?

Jazzi dit: 23 février 2026 à 10h03

Je me souviens avoir vu « Les Oiseaux » d’Alfred Hitchcock, peu de temps après sa sortie en 1963, au cinéma Vox de la rue d’Antibes, à Cannes.
La grande frayeur que j’en avais eu.
N’était-il pas interdit aux enfants ?
Revu le film hier soir sur Arte.
Toujours aussi impressionnant !

J J-J dit: 23 février 2026 à 10h10

GRODDECK
Petit rappel de culture générale à celzéceux qui auraient oublié le Livre du ça, et de « retomber en enfance ».
https://classiques.uqam.ca/classiques/groddeck_georg/le_livre_du_ca/le_livre_du_ca_intro.html

(extrait décrypté par G.L.) « Les trois éléments autour desquels s’organise le Livre du Ça — articulant aussi la confession de Groddeck — sont le sang, l’urine et l’excrément, qui se découvrent, originels et ultimes, dans toutes les interprétations ou associations, compagnon de l’être humain « du berceau à la tombe ». Le sang est l’attribut de la femme, signe de son organicisme créateur ; et la socialisation de la femme se manifeste par le refoulement de cet élément de son être : dans le tabou de la menstruation. Le sang est « immonde » dans la mesure où il se soustrait à l’idéologie qui l’occulte, et la femme est « impure » quand elle est biologiquement elle-même : lors de « ses » règles. L’urine est l’attribut de l’homme. Expression de son organe spécifique, elle est inhérente au narcissisme masculin phalliquement affirmé dans l’homosexualité, comme à toute stase à l’enfance, qui est jeu avec les éléments naturellement érotisés : retour à l’expression, à la sensibilité excrémentielle. L’enfant, comme créature — l’accouchement étant un « soulagement » —, se confond à l’excrétion indifférente aux sexes : l’excrément, glaise pétrie dont le souffle de vie est le pet, selon le récit interprété de la Genèse ; et les théories enfantines sur la naissance anale le confirment : il s’assimile lui-même à l’étron, qu’il aime comme soi-même.
Termes de la trinité existentielle, ces éléments sont ainsi, nécessairement, ceux de toute sexualité ; et le rapport de l’individu à ces trois éléments détermine son « caractère », leur mise en ordre constituant ce qu’on pourrait appeler l’équation existentielle de l’être. Ces trois éléments permettent de comprendre la sexualité dans sa dialectique homosexuelle-hétérosexuelle : la transformation idéologique de la biologie. L’enfant ainsi, dans la mesure où il est encore un corps élémentaire, non socialisé, s’intéresse également dans son jeu, sexuel, aux trois éléments, à l’excrément, au sang et à l’urine : à soi et à ses masques, l’homme et la femme. La femme, dans la mesure où son identité n’est pas liée à l’excrétion d’un organe mais à l’élément même de son corps, conserve une sexualité enfantine : mouvante. Mais l’homme, étant objet idéologique avant d’être sujet biologique — l’idéologie sociale étant principalement phallique —, ne peut actualiser sa présence biologique que dans la mesure où elle se conforme aux représentations idéologiques dominantes ; et la problématique homosexuelle, « élémentaire », est ainsi plus spécifiquement masculine. Les différentes formes d’homosexualité se caractérisent par un exclusivisme élémentaire d’une part, et une abstraction — représentation idéologique — de ce même élémentaire d’autre part ; découvrant ainsi, par exacerbation, la logique qui ordonne « normalement » la sexualité. Les homosexualités adultes sont la répétition négative des classifications arbitraires de la société : incorporations de l’homme et de la femme, artifices précisément démasqués par la contrefaçon de leurs signes distinctifs — idéologiques — et non pas communs — biologiques ; circonscrivant ainsi la perversion actuelle de la sexualité adulte. Représentation monomorphe imposée à la présence polymorphe, elle est contrainte idéologique et non plus libre mode naturel : dialectique élémentaire non pas duelle mais plurielle, se résumant dans la création de soi. La sexualité s’ordonne à partir du sang, dans l’urine et l’excrément : elle se joue dans la présence de la mère — non pas dans son « image », socialement déviée —, biologie qui donne lieu à l’indéfinie conversion de l’être-enfant, et se réfère à la représentation du père, idéologie qui détermine les fixations de l’être-adulte, se dramatisant dans les jeux de l’homosexualité tant féminine que masculine, arrêt imprimé à l’expression des besoins élémentaires. Le processus d’éducation, transformation de l’enfant en adulte — ou son projet —, consiste effectivement, comme Groddeck le déclare dans son texte sur la constipation en particulier, dans la régulation sociale des « besoins » élémentaires et le refoulement des perceptions, principalement olfactives, par lesquelles se signalent ces mêmes « besoins ». La civilisation, comme « civilité », est artifice : elle suppose la neutralisation des éléments constitutifs du monde — uniquement tolérés en représentations où s’inverse leur « inconvenante » matérialité —, la scotomisation du nez, organe de la perception des relations biologiques intimes, impératives. Mais ces éléments, masqués tant bien que mal dans la sexualité, qui, même déviée, comme la biologie les suppose néanmoins, resurgissent dans la maladie, retour de la biologie septique dans l’idéologie aseptique ; irruption de l’organique élémentaire dans l’espace social idéalisé — sans odeur. La maladie est, dans et pour tous les sens, un retour à l’enfance ; un retour « sauvage », incontrôlé, à son primat corporel où le sang, l’urine et l’excrément retrouvent brusquement leur prépondérance perdue, leur signe brut, redevenant « symptomatiques » : expressifs des problèmes occultés par l’ordre social, l’état adulte suspendu, désintégré, momentanément dans le désordre élémentaire, où réside la fin de la maladie. Car l’adulte y recourt précisément parce qu’il n’en peut plus de cette négation ou socialisation des éléments : de cette distance artificiellement maintenue par rapport à son corps, qui est éternel enfant ».
————–
Et qui se sente morveux et puant, qu’il se mouche. Hein ?

Bolibongo dit: 23 février 2026 à 10h14

L’écrit, le caca comme le titrait un poète du groupe textruction dans les années 70…C’est du réchauffé votre Ça, la Gige!

Mimi Pinson dit: 23 février 2026 à 10h16

On s’éloigne de + en + de Paul Klee

On est dans un esprit voisin.
Ouvrir son monde visuel pour se perfectionner en aquarelle.

renato dit: 23 février 2026 à 10h24

C’est toujours ennuyeux d’avoir affaire à quelqu’un qui n’a pas une authentique culture générale parce qu’il n’a pas lu les classiques.

Cela dit, c’est tout à fait comique qu’il annonce ici qu’il votera pour un réactionnaire qui justifie la violence politique, mais il affirme que les fascistes sont les autres.

Bolibongo dit: 23 février 2026 à 10h28

D’hommes de merdre : le nº 10 de TXT, « l’ÉcRIt, le CacA »

08/05/2010
par bgorrillot

Le 1er janvier 1978, paraît, chez l’éditeur Christian Bourgois, le nº 10 de la revue TXT, L’ÉcRiT, le CacA. Le thème est provocateur, tout comme la typographie irrégulière de la page titre qui mêle, à l’intérieur des mots, minuscules et majuscules. Cette licence visuelle rappelle les contestations futuristes. Ce patronage est avoué par les rédacteurs à l’initiative du numéro (Christian Prigent, Pierre Lucerné et Jean-Luc Steinmetz) qui ont aussi choisi de faire figurer le nom de « Khlebnikov, en majuscules et en casse grasse, sur cette couverture. L’intention esthétique corrosive de cette nouvelle livraison est rendue immanquable. À la suite de Khlebnikov qui en inventa l’expression, en 1912, pour en titrer « un manifeste cinglant », L’ÉcRiT, le CacA a pour ambition déclarée de « gifler le goût public », ou, comme le rappelle l’historienne de l’art Gaétane Lamarche-Vadel, « d’en découdre avec la culture dominante » (1). Le thème merdique est une occasion rêvée de satisfaire cette intention iconoclaste et d’ébranler, une fois de plus, les académismes esthétiques. Le domaine de « l’écrit », c’est-à-dire du littéraire, sera élargi à ce qui semble son contraire, la crotte, l’indigne, le déchet. En cela, le nº 10 de TXT prévient d’emblée de son intention moderniste, voire de son parti pris avant-gardiste.

En effet, une autre historienne de l’art, Nathalie Heinich, s’accorde avec G. Lamarche-Vadel, pour relier modernité et même contemporanéité (une forme extrême de la modernité, selon elles) à une extension du domaine de l’art, hors de ses limites reconnues. Selon N. Heinich, « les ready-made de Duchamp », par exemple, ou « L’oiseau » de Brancusi ont obligé à accepter que « les frontières de l’art se voient officiellement élargies de manière à y intégrer les pratiques modernes et notamment, l’abstraction » ou « le goût du trivial, le scatologique, le minimalisme, l’actionnisme, la performance, etc. » (2). Or, comme l’écrit encore N. Heinich, « les mouvements de transgression tendent à inverser les critères de la valeur artistique » (Ibid., p. 64). Si l’on considère l’histoire de l’art depuis la fin du XIXe siècle, cette extension de champ passe bien par une inversion des valeurs artistiques. Le laid détrône le beau (avec Baudelaire et Rimbaud), le trivial et le scatologique supplantent le sublime (avec Cravan, Duchamp ou Manzoni), le vide conceptuel remplace le trop-plein métaphysique (avec le monochrome de Klein), la pulsion de Pollock détrône la maîtrise raisonnée du trait classique.

Comment se situent les écrivains de TXT, dans le paysage de ces remises en cause, en particulier, par rapport à Cravan, Duchamp ou Manzoni ? De quelle(s) mission(s) ont-ils investi le numéro 10 consacré à L’ÉcRiT, le CacA : ont-ils voulu y faire un point sur la question scatologique en littérature ? informer leurs lecteurs de l’état de la production moderniste ? ou aggraver le débat et lancer de nouveaux pavés dans le combat avant-gardiste ?
Le caca : une matière d’avant-garde

C’est un fait : les divers écrivains de la revue, durant les 15 années de sa publication (de 1969 à 1993), ont revendiqué sa position à l’avant-garde. Qui étaient ces écrivains ? Les fondateurs historiques de la revue, en 1969, à Rennes : C. Prigent et J.-L. Steinmetz. Ils ont constitué le noyau dur du Comité éditorial des cinq premiers numéros. Steinmetz s’est ensuite écarté de son coéquipier, pour revenir, une dernière fois, collaborer, en 1978, à la construction du numéro 10 de TXT (3). Il faut ajouter Jean-Pierre Verheggen et Éric Clémens qui ont très vite rejoint le Comité. Par exception, Clémens, alors en poste aux Comores, n’a pas donné de texte pour L’ÉcRiT, le CacA. Par exception aussi, on ne trouve pas de contribution d’Yves Froment (=), un autre pilier de la revue. La dixième livraison a, en outre, recueilli des pages d’autres habitués de TXT, durant les années 70 : G.-G. Lemaire, P. Lucerné (=), V. Novarina, C. Viallat, D. Roche. On y voit aussi figurer des pages de M. Thévoz, alors directeur du Musée de l’art brut de Lausanne (4).
TXT nº 10 : déclarations d’avant-garde

Le premier texte du numéro 10 confirme le ton moderniste de la couverture placée sous le patronage de Khlebnikov. Dans ce prologue, C. Prigent écrit :

Objet de la première défense, “l’anal“, dit Freud, devient le symbole de tout ce qui est défendu. […] L’objet de ce TXT serait d’exposer le retour en langues de cette masse interdite dénotée « anale » : dans l’écriture, il y a la merde. Contre la langue propre et la pensée appropriante, des textes « sales » salopent la bouillie socialisée (thèses, discours, idéologies) dont les fascismes gavent leurs oies pensantes. TXT a affaire à ce déchet intolérable au discours, gestes et traces où le parlant touche au fond refoulé et fait langue avec, c’est-à-dire « amygdalise son caca » (Artaud) (TXT 10, p. 3)

L’ « objet » désormais affiché de l’intérêt littéraire est l’habitué des défenses sociale et morale. Son exhibition subversive se fait donc au prix d’une agression (« saloper »). Le ton du « numéro 10 » — voire le « ton TXT » — est donné qui se caractérise par ce recours (éthique autant que politique) à l’analité et à la violence verbale.

Or, cette agressivité fait basculer ce prologue de la simple intention moderniste au combat d’avant-garde. N. Heinich et G. Lamarche-Vadel accordent la même importance à l’expression violente de la transgression. Cette brutalité est déjà incluse (présupposée) par le geste moderne transgressif, d’inversion et d’extension au-delà de l’imaginable (pour le goût public) de ce qui était considéré comme l’« artistique » et le « littéraire ». L’avant-garde surenchérit sur l’agression des académismes et cultive la modalité de l’excès rhétorique. Elle s’empare des mêmes points de contestation que ses prédécesseurs (ou contemporains) modernistes, mais elle en outre la mesure. Ainsi les TXT reprennent-ils la thématique merdique déjà effleurée par tel ou tel contestataire (Rimbaud, Bataille, voire Aragon) ; mais ils lui consacrent un numéro entier de leur revue. C. Prigent s’en est expliqué, dans un entretien mail du 20 février 2008 : « avec l’inversion carnavalesque, l’outrance et la démesure ont constitué l’autre pôle décisif de TXT. […] On a consacré un numéro entier au caca. Ça ne s’était jamais fait. Ça participait de l’excès TXT » (5). La démesure (dans l’écart) est donc la juste mesure du geste avant-gardiste. Ainsi que le souligne Jean Clair , le « monstre » ou le « monstrueux » en sont alors les paramètres de reconnaissance : « le monstre, c’est ce qui dans son apparition échappe à la mesure, à la règle, à la norme. C’est la manifestation, dans sa démesure, de l’hubris moderne » (6).

On en trouverait une nouvelle confirmation, dans la réponse de C. Prigent à Hervé Castanet qui l’interrogeait, en 2001, sur la « spécificité TXT » :

S’il y a eu une spécificité TXT, […] elle s’est nourrie d’une prédilection pour « les irrégularités de langage » spectaculairement excessives, tout ce qui, venu du « corps », de « l’Éros », du « mal », du « négatif », défie l’organisation des langues et la constitution du langage poétique. Elle avait le souci obstiné du sens « civique » des opérations artistiques et la volonté de lutter contre toutes les formes d’emprise de la novlangue socialisée. Formellement elle a tenu, pour l’essentiel, à … l’écriture carnavalesque. Cette notion venait de notre goût pour les « langues basses », le sexe trivial, les « refrains idiots » et les « rythmes naïfs », le pastiche burlesque, le découpage satirique dans la prose du monde (7).

Tout y est dit : la rupture via « les grandes irrégularités de langue » par lesquelles G. Bataille préface et légitime Le Bleu du ciel et par lesquelles Prigent définit le geste de monstruosité avant-gardiste, la violence de cette lutte esthétique, la thématique « négative » (du bas, du sexe, de l’anal) qui servira ce combat. » (…)
https://mondesfrancophones.com/publications/d%E2%80%99hommes-de-merdre-le-n%C2%BA-10-de-txt-%C2%AB-l%E2%80%99ecrit-le-caca-%C2%BB/

J J-J dit: 23 février 2026 à 10h31

Je pense que nous ne nous comprenons pas très bien le comique de situation de ce non-dialogue en différé. Sans doute parce que nous n’avons pas lu correctement TOUS les « classiques », ni même la plupart d’entre eux. Or, même après Groddeck, Bergson est resté d’actualité. Encore faudrait-il les avoir assimilés et en avoir gardé l’amande du noyau dur.
« Se perfectionner en aquarelle », voilà au moins une attention touchante. Bàv,

J J-J dit: 23 février 2026 à 10h39

UNE AUTHENTIQUE CULTURE GENERALE (sic)
Voy. Mimi-Cracra (Pattes en l’air), un grand classique de la littérature adulte, par ex.

vadeboncoeur dit: 23 février 2026 à 10h42

Oh, merci Mimi.
J’aime beaucoup l’expression de votre univers pictural, surtout cette expression de l’art brut de l’artiste avec un nom du nord de l’ Europe.

J J-J dit: 23 février 2026 à 10h42

@///un poète du groupe textruction dans les années 70///…
Cinquante ans déjà…, et encore toutes ses dents, BLBG ?
A chacun sa merdre, comme dirait Jack le Cannois.

renato dit: 23 février 2026 à 10h44

Si on vous dit qu’un petit réactionnaire qui approuve les valeurs d’un un grand réactionnaire au point de le voter, enseignait et que vous jugez sa présence ici, vous saisissez la gravité de la situation du pays sans la teinter de politique ni vous dire c’est la faute à Macron.

Alfred dit: 23 février 2026 à 11h40

La violence engendre la violence.
Le sang appelle le sang.
C’est ancestral, c’est atavique et ça vient du fond des âges.
Que serait l’humanité sans guerre et sabs violence ? Un havre de paix !!!
Paix mon cul oui…

JC..... dit: 23 février 2026 à 11h47

« Il s’agit d’un « diable » peint par F. Schroeder-Sonnenstern en 1959. » (Mimi Pinson)

Diable ! Quelle merde, cette peinturlurette immonde….

Donna Ricaud-Veyre dit: 23 février 2026 à 12h43

Va ranger ta chambre, toi. Et ferme-là si tu veux avoir ton argent de poche. C’est lundi.

puck dit: 23 février 2026 à 12h43

perso j’ai une culture générale, pas générale au sens où on l’entend généralement, mais en général la culture n’accepte guère la notion de généralité, déjà Aristote, quand il observait 2 abeilles pour en tirer une loi générale il était évident que ses observations n’étaient généralement pas très liées à ses lois générales, d’autant que la notion de général est une notion plutôt abstraite et Aristote son truc c’était le concret, sauf que le particulier ne l’intéressait, il y préférait de loin le général, au final on pouvait alors dire qu’Aristote avait une assez bonne vision générale des choses sauf qu’il tombait toujours à côté quant à ses lois sur le fonctionnement général des abeilles à partir de l’observation de 3 abeilles car il eût siffit d’en observer 4 pour voir que généralement cette 4è abeilles ne se comportât point que les 3 autres, de fait la généralité est en général une façon de faire des raccourcis pour éviter de se faire chier à observer des abeilles toute la journée, quand je dis abeille il a fait pareil pour les juments et tout ce qui peux exister d’observable dans la nature, ainsi on peut dire qu’Aristote avait une assez bonne culture générale, sauf que cette généralité ne prenait pas en compte la contingence ce qui est par définition le sens même du mot général, je veux dire tel qu’on l’admet généralement, la contingence, ou le hasard, est l’ennemi n°1 de la généralité, aussi on peut dire que le seul moyen d’avoir une culture générale est de se débarrasser de toutes formes de contingences, ou de hasards, à savoir suivre à la lettre les préceptes de Spinoza qui disait faut-il le rappeler que comme c’est difficile pour la raison de comprendre la contingence il faut de facto l’intégrer dans le nécessaire, ou bien comme le disait Descartes que comme la contingence est généralement compliquée à appréhender par la raison il fallait laisser de côté tout ce qui était de l’ordre du hasard pour n’utiliser sa raison que pour ne prendre en compte que le nécessaire, il est évident qu’une culture générale qui prendrait en compte tous les cas particuliers liés à une forme ou une autre de contingence ne serait plus générale, je veux dire de façon générale ça parait logique.

Mimi Pinson dit: 23 février 2026 à 12h44

Paul Klee . Walter Benjamin . Xavier Papaïs
« Il existe un tableau de Klee qui s’intitule Angelus Novus.
Il représente un ange qui semble avoir dessein de s’éloigner de ce à quoi son regard semble rivé.
Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées.
Tel est l’aspect que doit avoir nécessairement l’ange de l’histoire.
Il a le visage tourné vers le passé.
Où paraît devant nous une suite d’événements, il ne voit qu’une seule et unique catastrophe, qui ne cesse d’amonceler ruines sur ruines et les jette à ses pieds.
Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler les vaincus.
Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne peut plus les refermer.
Cette tempête le pousse incessamment vers l’avenir auquel il tourne le dos, cependant que jusqu’au ciel devant lui s’accumulent les ruines.
Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. »
Walter Benjamin, Thèses sur la philosophie de l’histoire
« L’Ange de l’Histoire
« L’histoire, dans ce qu’elle a eu toujours d’intempestif, de douloureux, d’imparfait, s’inscrit dans un visage – non : dans une tête de mort .»
Écrites en 1940, entre deux traques, avant le suicide à Port-Bou, les Thèses sur l’histoire constituent le dernier texte achevé de Benjamin : elles nous laissent un testament. Il y consigna d’ultimes pensées, tenues secrètes. Dans une lettre, il confia qu’il les avait « préservées pendant vingt ans, oui préservées, en se les dissimulant même à lui-même ».
Ces pages disent d’abord l’arrivée de la catastrophe : le triomphe des machines totalitaires, la course mondiale à la guerre. En un violent paradoxe, elles en disent les raisons essentielles : l’utopie du « progrès », la croyance en un temps continu, cumulatif, par la transmission du temps humain aux machines productives, avec pour suite la mécanisation frénétique des hommes et des mémoires. Cette automatisation de l’histoire a pour issue le fascisme et l’apocalypse en cours : le temps moderne, tendu vers le futur, est d’abord une catastrophe, une immense production de ruines.
Au-delà, comme un appel de profundis, ces pages dégagent aussi un espoir, une ligne secrète de la durée, par-delà le présent écrasé. Il y aurait un autre cœur de l’histoire. C’est que le temps n’est pas continu ou homogène, tendu vers le futur, comme celui des machines motrices. Toujours, il s’arrache à lui-même, et gire dans les profondeurs des mémoires. Aussi, il fait fond sur le passé pour le ressusciter. Dans le temps humain, le passé est vivant, ou mieux, survivant : « Le passé est marqué d’un indice secret, qui le renvoie à la délivrance . » C’est pourquoi il peut revivre, en tirant l’actuel vers l’origine : cette origine est visée cette fois comme à venir. Dans leurs luttes, les hommes se battent pour cette survie du passé, par où passe leur destin, leur survie d’hommes. Aussi le combat historique est d’abord un combat pour le temps.
Ces deux lignes de pensée se précipitent dans la thèse IX. Celle-ci apparaît en forme d’énigme au centre du mémoire, lequel lui sert d’écrin. À l’effondrement des temps, Benjamin oppose une frêle image, aura en fuite : l’Ange de l’Histoire. L’allégorie cite une aquarelle de Klee que Benjamin acquit en 1921, et qui fut sans nul doute son bien le plus précieux. Support continu de méditation, le tableau le suivit dans ses voyages, et le chemin de ses pensées.
L’aquarelle montre un ange pris dans un halo de feu, prêt à s’envoler, en prenant son essor vers l’arrière. Pourtant, l’ange, en suspens, semble encore étrangement fixé à ce qu’il regarde et s’apprête à quitter. L’image évoque ainsi l’éclair du temps, le tranchant du présent au moment de s’évanouir. En même temps, par les yeux scintillants (peut-être effarés), les larges oreilles et la bouche qui sourit en découvrant les dents, l’immense visage de l’ange déploie une attention aiguë à ce qu’il quitte. Son expression, ambiguë, mêle douceur et cruauté, un air de tendresse, d’intimité profonde, mais aussi la suggestion d’un tranchant, d’une violence incisive. Enfin, ses cheveux comme ses ailes évoquent des rouleaux d’écriture, en partie dépliés : dans ces livres qui constituent sa ramure et figurent la mémoire accumulée, va s’engouffrer le vent qui l’emporte. Un vent dont on ne sait encore s’il provient du futur ou du passé.
L’énigme entrelace plusieurs sens, qu’il faut saisir en unité.
L’ange et les ruines
Un premier sens, c’est la scission du temps, qui divise le temps de l’histoire et la durée du monde.
Dans l’éclair qui le prend, l’ange figure cette scansion. « L’allégorie a sa demeure la plus durable là où l’éphémère et l’éternel se touchent au plus près . » Le tableau évoque le tranchant du présent, au moment où il va s’évanouir. Avant de disparaître, c’est sur ce seuil turbulent que l’ange déploie ses ailes. Benjamin aimait à citer une légende talmudique décrivant les anges comme des éclairs fugaces qui éclatent à la face de Dieu, pour disparaître aussitôt dans le néant, « comme l’étincelle sur le charbon ».
Ce que montre la scène, c’est la faille intime du temps, lequel se scinde en deux lignes : l’essor imminent de l’ange vers l’au-delà ou l’en deçà de l’histoire (« le paradis »), et les ruines physiques qui s’amoncellent face à lui sur la terre. Il y a donc deux sens au temps. L’intuition, hébraïque mais aussi grecque, vient du fond des âges : Héraclite et les stoïciens distinguaient le temps physique du monde (chronos), mesuré par le mouvement des choses, d’un temps incorporel (aïôn), propre aux esprits, aux âmes et aux dieux, lequel se contracte et se dilate de l’instant à l’éternité.
Sans cesse, ces deux courants tissent ou froissent la trame de la durée : celui des êtres et des choses enchaînés dans la causalité, tous destinés à la ruine, et celui de l’ange, de l’instant fulgurant, dégagé du temps du monde, qui parcourt ce dernier d’une vitesse infinie. C’est pourquoi l’ange ne distingue pas entre les événements terrestres : il ne voit plus qu’une « seule et unique catastrophe ».
Or, cette accumulation de ruines, c’est justement « le progrès ». Celui-ci est une tempête qui « souffle du paradis » : elle en ferme l’accès, emporte l’ange dans les lointains, et laisse la terre à ses décombres.
C’est le deuxième sens du tableau, son sens ésotérique. En effet, les deux courants du temps entrent sans cesse en turbulence : le mal est cette violence, cet arrachement. Si l’ange est un passeur qui rétablit la mémoire du temps, il ne saurait pourtant rester : l’ouragan le contraint malgré lui à s’envoler. Cette déchirure fait toute la fascination de la scène, sa grâce et son tragique. En effet, à maints égards, l’ange est impuissant : « … du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si forte que l’ange ne les peut plus refermer. »
Comment saisir la parabole ?
On peut au moins avancer deux lectures. La première, c’est que le vrai moteur de l’histoire n’est pas le « progrès », mais une tempête divine qui contraint l’ange à fuir ce monde, en le tirant vers l’avenir. Ce sont les hommes, aveuglés et en disgrâce, qui appellent « progrès » cette tourmente où ils sont pris, et chassent l’ange en s’agitant dans les décombres.
La seconde, c’est qu’en voulant instaurer le paradis sur terre, le « progrès » finalement y établit l’enfer. Sur ce point, Benjamin est formel : « Il faut fonder le concept de progrès sur l’idée de catastrophe. Que les choses continuent à “aller ainsi”, voilà la catastrophe … L’enfer n’est nullement ce qui nous attend, mais cette vie-ci . »
Cible centrale des Thèses, le mythe du « progrès », usurpant les Lumières, repose sur trois pratiques associées – en fait, trois démissions qui abandonnent l’histoire au mécanisme. « La foi aveugle des politiciens dans le progrès, leur confiance dans “le soutien massif de la base”, et finalement leur adaptation servile à un appareil politique incontrôlable n’étaient que trois aspects d’une même réalité . » Comme un moteur, l’appareil d’État, en lui-même autonome, projetterait les masses vers le futur, sous l’aspect du « progrès ». Bref, l’unique réalité visée, et produite, c’est une cinématique pure, la production d’un mobile humain universel. Dans les termes de Jünger, une « mobilisation totale » qui emporte l’humanité. La thèse XIII le confirme : sous les trois aspects d’un processus universel, illimité et continu (« automatique »), « l’idée d’un progrès de l’espèce humaine à travers l’histoire est inséparable de celle de sa marche à travers un temps homogène et vide ».
Croisées du temps
C’est pourquoi l’ange est nécessaire, également dans sa fuite.
Ce qu’il restitue, c’est d’abord l’aura perdue par l’époque, que Benjamin a toujours définie comme « l’unique présence d’un lointain – si proche qu’elle puisse être ». Dans un culte, l’essence d’une image est « d’être inapprochable » : en pareil cas, toute image figure un esprit. L’ange est justement cette lueur soudaine. Son apparition signale un lointain qui réapparaît par éclat : il ouvre le temps, qu’il arrache au présent.
En ce sens, il est bien l’Ange de l’Histoire : il n’y a pas d’histoire sans ces passages d’esprits, rien qu’une suite de moments écrasés. Au-delà, seul l’ange assure la possibilité de la mémoire, lui seul assure passages, traductions et messages dans les circuits du temps. C’est peut-être cela que figure l’ange de Klee dans les rouleaux d’écriture entrouverts qui couvrent sa ramure. Dans les courants de la durée, celui-ci enroule et déroule des rouleaux de mémoire, qui lui permettent de s’envoler.
Cet essor du temps, c’est peut-être aussi « la tempête sortant du paradis ». Ce qu’indique au moins la parabole, c’est un retrait de l’origine, laquelle toujours se replie dans un futur au-delà. Le fanatisme du « progrès » consiste à forcer cet accès, à combler ce retrait en remplissant le temps par du présent. Cela pour maintenir, coûte que coûte, présences et présents dans les courants du temps. En ce sens, il agit comme les théocraties qui prétendent établir un royaume de Dieu sur terre. Il s’ensuit, à rebours, une destruction universelle .
Pour Benjamin, le sens du messianisme, c’est que l’origine (« le paradis ») est toujours à venir : c’est elle qui tire le sens de la durée. Comme l’« aïôn » des sages grecs, c’est une présence dérobée, elle ne s’atteint jamais en face : son être n’est pas d’arriver un jour, mais de revenir, en tirant le présent à elle. « L’origine … n’a rien en commun avec la genèse. » En elle, « il ne s’agit pas du devenir de ce qui est né », mais bien plutôt « ce qui dévie hors du devenir et de l’extinction ». Aussi, « l’origine se tient, tel un tourbillon, dans le courant du devenir, dans sa rythmique elle entraîne la matière de ce qui vient ».
Il y a donc des événements dans l’histoire : quand l’origine, par l’essor de l’ange en fuite, happe le cours du présent et le détourne vers elle. Cette tension du passé sur le futur serait le vrai moteur de l’histoire. En elle, le passé appelle à sa résurrection, les faits historiques ne se séparent pas de leur sens à venir. « Un événement vécu est fini … alors qu’un événement remémoré est sans limite . » C’est l’ange, le messager, qui assure récits et traditions, traductions et transmissions, et tisse dans ses parcours la trame de la mémoire.
Au rebours du temps mécanisé, Benjamin extrait alors la notion de « fait posthume » ou « rétroactif ». Jamais « aucune réalité de fait n’est d’entrée de jeu, à titre de cause, un fait déjà historique. Elle l’est devenue à titre posthume, grâce à des événements qui peuvent être séparés d’elle par des millénaires ».
C’est dire que le temps humain est d’abord un appel au loin, qui suppose bien sûr une réponse et une rencontre – donc une croisée des temps. Selon Proust – et Benjamin, son traducteur –, la saisie du temps « sous sa forme la plus réelle » s’éprouve dans « l’entrecroisement » . En effet, « l’image vraie du passé passe en un éclair » : pour se fixer, elle suppose un présent qui se reconnaît en elle, « visé par elle » – faute de quoi elle s’évanouit . Ouvrir un visage, répondre en face et témoigner, c’est maintenir l’histoire en vie.
Le rôle de l’ange est celui du visage. Et ce serait alors : donner un visage au temps. Il viendrait recueillir le temps comme « une semence précieuse », transmettre un nouveau présent depuis le fond des âges. Il s’agit toujours d’opérer un passage. Comme un traducteur passe d’une langue à l’autre, et dans ce pas, ressuscite une langue originaire au-delà des vocables, la tâche de l’historien est de « peindre l’expérience unique de la rencontre avec le passé ». Il doit « conserver l’image du passé … comme une image qui fulgure dans l’instant actuel » .
Alors, on peut aussi comprendre, sous la tendresse et sous l’effroi, l’étrange violence qui passe sur le visage de l’Ange. Dans ses yeux effarés, c’est le passé à venger qu’il fixe pour toujours. Dans sa fuite à regret, c’est le présent qu’il arrache d’un coup brusque vers le futur.
En effet, quand il vient, le passage de l’ange impose toujours un choc soudain. C’est un rapt, une saisie brutale qui déchire les trames, rompt les chaînes du présent. « La prise solide, en apparence brutale, appartient à l’image du sauvetage . » Ainsi, toute lutte historique est un combat pour le temps : elle rouvre le temps dans un combat, met le temps lui-même au combat. Faire œuvre d’histoire, c’est d’abord arracher une époque aux enchaînements de faits, et « s’emparer d’un souvenir, tel qu’il surgit au moment du danger ».
Si Benjamin a élargi la lutte des classes à toute l’histoire humaine, c’est qu’elle enroule le temps tout entier. « Vrai sujet de la conscience historique », « la classe opprimée et combattante » a en dépôt la mémoire humaine, celle des temps et des vies écrasés. Au-delà des biens matériels, elle lutte surtout « pour des choses spirituelles » – une survie mémorielle sur les décombres : confiance, courage, humour et ruse, inébranlable fermeté. Celles-ci vivent et « agissent rétrospectivement dans les profondeurs du temps », elles renvoient le présent à l’origine, « dans le combat pour le passé opprimé ». Si le mal doit triompher, « même les morts ne seront pas en sûreté » .
Bien sûr, cette lutte est la révolution, en secret toujours vivante, survivante dans les tréfonds du temps. Elle survient quand « la tempête sortie du paradis » inverse son sens pour soulever la terre. À son retour, elle commence par briser le présent enchaîné. Pour « l’espèce humaine voyageant dans le train de l’histoire mondiale », c’est « le geste de se jeter sur le frein d’urgence »
Ce coup d’arrêt est aussi un bond, un sursaut : « le saut du tigre » du passé vers le présent. Alors, pour l’ange qui prend son vol, « il importe de prendre le vent de l’histoire dans ses voiles ». Pour le dialecticien, penseur ou historien, penser alors signifie : « mettre des voiles »
En 1830, quand revint la révolution, « au soir du premier jour de combat, il s’avéra qu’en plusieurs endroits de Paris, indépendamment et au même moment, on avait tiré sur les horloges murales ». »
Xavier Papaïs
Xavier Papaïs est directeur de programme au Collège international de philosophie, il enseigne la théorie des sciences humaines à l’ENS de Paris
Angelus Novus 1920
Paul Klee
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J J-J dit: 23 février 2026 à 12h48

12.33 / c surtout qu’il est total incohérent (ces derniers temps (?). Disons, par charité chrétienne, qu’il vieillit mal… Comme s’il savait quoi que ce soit de ce que j’ai pu enseigner par le passé, à qui et comment. Comme s’il savait de quoi était faite ma « culture classique » (et la sienne) dès lors qu’il se montre incapable de la dessiner ; comme s’il savait ce que j’allais ou non voter et pour qui aux prochaines élections municipales françaises ; comme s’il n’avait jamais su prendre les moindres distances avec les Loucha du même acabit, auquel il se plait à vouloir ressembler, alors qu’auparavant, on arrivait encore à hiérarchiser, et de très loin, « l’intéret » qu’avaient ces deux péteux à sévir icite. Sauf erreur, l’un des deux n’avait jamais été expédié dans un CDBF par cette chaine, ce qui faisait une légère différence.

@ ah ? JC (11.47), vous non pous ne goûtez pas trop ces « immondes pintes hurlurettes » ?… Je crois que mimi non plus, mais il semblerait qu’elles fassent partie de sa « culture classique » des aquarelles ! Alors, inclinons-nous. Hein.

Jazzi dit: 23 février 2026 à 13h02

MUNICIPALES J-21 : Intentions de vote au
premier tour à Paris :

• Grégoire : 32% (=)
• Dati: 30% (+2)
• Bournazel : 12% (-2)
• Knafo : 11% (+2)
• Chikirou : 11% (=)
• Mariani : 4% (-1)

« Rachida Dati grappille du terrain vers la mairie de Paris. Dans une nouvelle étude Ifop publiée dimanche soir pour L’Opinion et Sud Radio, la candidate Les Républicains est donnée gagnante en cas de duel au second tour contre Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, avec 53 % des suffrages contre 47 %. »
https://www.leparisien.fr/politique/municipales-2026-a-paris-selon-un-sondage-rachida-dati-lemporterait-au-second-tour-en-cas-de-duel-face-a-emmanuel-gregoire-22-02-2026-SJZAQKNQMVGC5IMLTMOUMZYQOI.php

J J-J dit: 23 février 2026 à 13h02

Cet exercice de hautre voltige joyeuse à partir d’Aristote a-t-elle vraiment besoin du concours de Spinoza ou de Descartes ?… Doit-on surtout en déduire que vous auriez acquis assez de « culture classique générale », au point d’avoir su la malaxer et en régurgiter la pâte à tort et à travers, – quitte à combler d’aise le gogos habituels éblouis par la prestance et la rapidité de ses propres rebonds philosophiques ? On se le demande un brin.

renato dit: 23 février 2026 à 13h05

Je fais référence aux informations fournies ici par le susmentionné JJ-J ; à moins qu’ils ne soient trois à agir sur le même computer, auquel cas, s’il ne se souvient pas précisément de ce qu’il dit, un petit traitement pour la mémoire serait conseillé.

J J-J dit: 23 février 2026 à 13h06

Rachida Dati « grapille » et « s’agrippe » au poste. Elle attend de nommer sa nouvelle copine au Louvre avant de partir (… d’après les rumeurs qui nous parviennent en terre de France profonde). L’est rusée. Fera une bonne mairesse.

J J-J dit: 23 février 2026 à 13h18

Les infos du susmentionné (13.05)… Mais quelle valeur de vérité biographique peut-on bien apporter à un être virtuel tripolaire agissant sur un seul computer ? Il n’a pas de blog lezardé, que l’on sache, pour raconter les fantaisies de ses états d’âme journaliers… Dès lors, s’autorisant à raconter le mentir vrai du grand n’importe quoi, il invite chacun à prendre et à laisser ce qui arrange sa propre affaire, puisqu’il est désormais aussi bien « entendu » qu’à travers ce qu’on voit des autres, on ne parle jamais que de soi-même, (selon une excellent philosophe inconnue aux bataillons, marchons, marchons).
Bàv (***vis-tu-père-Ouère)

J J-J dit: 23 février 2026 à 13h21

ah c’est bien embêtant pour cette Emmanuelle Pierre-Marie. Faisait-elle partie de la gauche caviar par chez vous ?

D. dit: 23 février 2026 à 14h01

Et pourquoi que ce serait unE « copinE » qui serait nomméE ?
Vous croyez sans doute que tous les présidents du Louvre vont être des femmes, ce jusqu’à la fin des temps ?
Déjà il serait salutaire de nommer président ET directeur.

renato dit: 23 février 2026 à 14h08

Quel leçon pouvons-nous tirer du rejet par la Cour suprême des droits de douane internationaux de Trump ?

La génération de Porto Alegre considérait la mondialisation comme l’expression d’un fascisme imaginaire : celui des élites globales. Aujourd’hui, il est clair que le véritable danger réside dans le populisme prôné par les partisans du protectionnisme. Bref, pour combattre le populisme, il faut plus de mondialisation et moins de protectionnisme.

et alii dit: 23 février 2026 à 14h21

Depuis un certain temps, la rédaction de The Siren réfléchit aux parallèles entre notre situation politique actuelle et le monde dystopique du roman 1984 de George Orwell . Cependant, l’escalade des efforts de l’administration Trump pour mener une guerre contre les immigrants et faire taire les voix critiques nous a contraints à consacrer notre dernier numéro à mettre en lumière ces simil
itudes.
hypercritique

puck dit: 23 février 2026 à 15h58

« Cet exercice de hautre voltige joyeuse à partir d’Aristote a-t-elle vraiment besoin du concours de Spinoza ou de Descartes ?… »

absolument ! j’aurais pu ajouter Hegel, l’Aristote allemand du 19è.

Platon aussi !!!!!!!!!

en fait je crois qu’ils voyaient ce qu’ils faisaient comme un truc « enseignable ».

et c’est plus facile d’enseigner les généralités que les cas particuliers d’autant plus quand ils sont hasardeux, ça prend moins de temps.

je crois qu’il y en a eu d’autres qui ont écarté le hasard parce que ça foutait le bazar dans leurs théories, mais Descartes, Spinoza, Aristote, Platon et Hegel c’est les plus trognons de tous, je veux dire ils le font d’une façon assez drôle.

un qui dit la raison ne peut prendre en compte le hasard du coup on va l’intégrer dans le nécessaire, l’autre (Descartes) qui dit je laisse tomber le hasard pour m’occuper que du nécessaire comme ça j’aurai pas de surprises, sérieux c’est drôle.

en fait jusqu’au existentialistes (hormis Hume) c’est le nécessaire qui leur permet à tous de pondre leurs concepts à la con.

puck dit: 23 février 2026 à 16h02

carlito !!!!!!!!!!!!!

j’ai besoin d’un juriste spécialiste de l’état d’exception pour répondre à une question.

question :

prenons un pays européen, par exemple l’Allemagne.

dans ce pays il va y avoir bientôt des élections.

1/ les partis libéraux démocrates veulent une guerre en Europe (contre la Russie bien sûr) d’ici 5 ans.

2/ le parti d’extrême droite (AFD) veut la paix en Europe.

toi tu votes pour qui ?

J J-J dit: 23 février 2026 à 16h22

@ 16.02 je choisis le n° 1 pour des partis « qui ne veulent pas déclarer la guerre », mais seulement blinder la « défense » de leur pays contre les menaces d’annexion impérialiste sur le front Est, – comme les « vainqueurs » les en ont empêchés de le faire en 45 en les « otanisant » à mort sous paraplouie US… Cette période étant révolue, la Germanie reprend ses billes en Europe pour « se défendre » ainsi que ses « partenaires ».
Je conchie la n° 2, c’te blagounette… des petits nazillons partout aux affaires qui « veulent la paix » au prix de la colonisation russe de l’Europe entière.
(nb / En réalité, cette réponse n’a aucune importance car votre question binaire, une fois encore, étant totalement inepte, pourquoi y répondre, sinon de vous créditer d’une sensibilité « libertaro écolo pacifiste » analogue à la mienne qui ne s’est jamais rendue aux urnes de la bourgeoisie capitaliste).

J J-J dit: 23 février 2026 à 16h59

14.01 – J’ai cru comprendre que djak Lang-Lang avait été remplacé par une jeune femme très compétente en direction des mondes arabes de plus en plus progressistes en émancipations féministes.

puck dit: 23 février 2026 à 17h22

carlito merci pour ta réponse.

dans ce cas présent le binaire me rassure parce qu’il offre 2 choix la guerre ou la paix.

perso j’aurais préféré une réponse binaire de ta part plutôt qu’une réponse genre : les Russes vont attaquer l’Europe…

alors que ton pote allemand dit que la Russie est un pays au plus profond niveau de barbarie…

je sais pas pourquoi à chaque fois que j’entends le mot « barbarie » dans la bouche d’un allemand je trouve ça hyper flippant, pas toi ? ton père était collabo peut-être ?

d’autant que c’était exactement comme ça que parlait les nazis qui ont tout de même tué 27 millions de russes !

du coup je te repose la question autrement, entre :

1/ des démocrates libéraux qui utilisent le langage nazi pour parler de la Russie dans le but d’arriver à la guerre contre la Russie en sachant qu’ils font sur le plan économique le même keynésianisme militaire qu’Hitler.

2/ un parti d’extrême droite qui préfère dépenser l’argent pour le social plutôt que pour s’armer.

tu votes pour qui ?

puck dit: 23 février 2026 à 17h26

sérieux le coup de l’allemand au top sur l’échelle de la culture et de la civilisation qui se bat pour Bien contre des slaves arriérés et barbares perso j’ai du mal à y croire, peut-être que j’ai trop de livres d’histoire.

après on voit un état israélien en train de se comporter comme des barbares en commettant un génocide du coup on peut se dire que tout est possible.

puck dit: 23 février 2026 à 17h31

c’est pour ça que Raymond Aron disait que l’idéalisme mène au fanatisme.

des allemands sûr d’incarner le Bien et la Civilisation qui partent en guerre contre le Mal et la barbarie.

là on atteint le stade où l’idéalisme switch sur le fanatisme.

et le fanatisme allemand on sait à quoi ça mène.

dans le contexte actuel l’extrême droite allemande même néo nazie qui ne veut plus d’immigrés, comparée aux libéraux qui parlent comme Hitler…

en vrai tu fais quel choix carlito ?

puck dit: 23 février 2026 à 17h37

carlito le truc très marrant, parce que malgré l’aspect un peu drama y’a des trucs comiques.

donc le truc comique c’est que Macron veut partager l’arme nucléaire avec les allemands.

alors que si on revient aux origines, dans l’esprit de De Gaulle, l’arme nucléaire était faite d’abord pour nous protéger définitivement des allemands !

ça c’est drôle je trouve.

puck dit: 23 février 2026 à 17h44

carlito !!!!

l’occident en ce moment c’est quoi ? c’est européens qui racontent n’importe quoi et des américains qui se comportent comme des fous comme d’hab.

du coup ce qui maintient la paix et qui évite que tout parte en vrille c’est le self contrôle des chinois et des russes et aussi des iraniens qui pourtant en encaissent des insultes et des menaces.

du coup pendant que les occidentaux se comportent comme des gamins excités, en face les chinois, les russes et les iraniens font preuve d’un flegme hyper british.

c’est quand même une situation bizarre non ?

puck dit: 23 février 2026 à 17h48

du coup c’est quand même tous les régimes autoritaires qui permettent au monde de ne pas partir en vrille !

Arendt serait là il faudrait qu’elle nous ponde un bouquin sur cette situation bizarre.

puck dit: 23 février 2026 à 17h53

cela dit se faire traiter de barbares par les allemands perso je pense que les russes vont finir par le perdre leur flegme.

ce serait les espagnols ou les portugais qui traitent les russes de barbares limite ils s’en foutent.

mais qu’un allemand traite les russes de barbares je peux pas imaginer qu’ils laissent passer ça.

les russes vont d’abord attendre que les américains attaquent l’Iran parce que là c’est sûr que ce sera la fin ultime de l’Empire américain.

et après ils s’occuperont de l’allemand qui les traite de barbares.

même pas barbare il a dit un truc du genre « pays au plus profond de la barbarie. »

sérieux on a perdu complet les pédales.

puck dit: 23 février 2026 à 18h00

c’est là où l’affaire Epstein est le parfait reflet de cette classe dominante, de cette élite irresponsable, immature et incapable de nous protéger du péril de la guerre !

Macron doit hésité entre une France vassale des US et une France vassale d’une Allemagne surarmée.

dans 50 ans, quand les historiens écriront leurs bouquins ils vont pas nous louper.

parce que ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire et sur ce coup les vainqueurs ce sera pas nous du coup le Chapoutot de dans 50 ans il va nous torcher grave dans ses manuels d’Histoire.

puck dit: 23 février 2026 à 18h09

« Dénazification des merles moqueurs et inconscient des rivières »

pour ça que ce titrapassou ça laisse rêveur.

actuellement la chose dont on se rend c’est que l’Allemagne n’a jamais été dénazifiée, ce substrat était là, comme un monstre ne demandant qu’à trouver l’occasion de se réveiller.

pour eux il y a les américains, ensuite le Japon et ils viennent après et tous les autres peuples ça compte pas pour eux, surtout pas les slaves.

ni les arabes : comme avait dit Merz, Bibi doit faire le « sale boulot » (dirty work).

encore du vocabulaire nazi….

en fait la dénazification de l’Allemagne c’est juste un mythe.

J J-J dit: 23 février 2026 à 18h17

mais vous, puck, vous « carburez » à quoi, si je puis me permettre ?… A la benzédrine harcelante ?
(entre 17.22 et 18.00, vous avez mis huit longs messages. Kidimieux ?)

@ /// Q : tu votes pour qui ? ///
R : Pour mon père qui anéfé, était collabo, la honte, mais ce n’était quand même pas de sa faute, à l’époque, si ? Et votre mère, elle était quoi déjà ?
—-
(nb’ / Pourriez-vous, SVP, déporter vos questions sur vos amis Jissé, renato, JL ou Dédée. Merci pour moij, je suis un peu fatigué ce soir et j’ai mes nerfs.
*** Je salue le fait que vous ne harceliez jamais nos erdéliennes, ce qui vous situe quand même dans le bon camp. Bàv).

et alii dit: 23 février 2026 à 19h43

questyop, de nature aux jeux
« La patineuse américaine Amber Glenn a exprimé son inconfort à concourir devant le monde entier en ayant ses menstruations lors de l’épreuve de patinage artistique des JO de Milan-Cortina, jeudi. Elle milite pour que ce sujet ne soit plus tu.
Amber Glenn (26 ans) restera comme l’une des figures marquantes des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Et l’une des voix qui comptent. Cible d’un déferlement de haine après avoir exprimé son soutien à la défense des droits de la communauté LGBTQIA+, la championne des Etats-Unis de patinage artistique a mis sur le devant de la scène un autre sujet trop occulté, selon elle. La difficulté pour les athlètes femmes de concourir pendant leurs menstruations.

Alfred dit: 23 février 2026 à 19h47

Cet idiot inutile de JJJ ne recule devant rien quand il s’agit d’étaler sa bêtise crasse sur ce blog.
Sa malsaine présence est horriblement encombrante.

D. dit: 23 février 2026 à 20h22

Le 22 décembre 2032, un énorme astéroïde percutera la Lune, provoquant un flash visible depuis la Terre puis quelques dizaines de minutes plus tard une pluie de météores sur la Terre. Ceux-ci seront sans danger pour nous mes terriens, se consummant dans l’atmosphére en provoquant une véritable féérie d’étoiles filantes.
Par contre la quasi-totamité des satellites en orbute autour de la Terre sera détruite. Presque tout. Satellites militaures, scientifiques, météorologiques, de communication, etc.

Donna Ricaud-Veyre dit: 23 février 2026 à 20h27

C’est vrai qu’elle vole pas haut la gigi. Il faut se rendre à l’évidence.
C’est pathétique.

Jean Langoncet dit: 23 février 2026 à 20h27

(A supposer qu’elle ne fut pas de la bande, Marie Sasseur avait raison sur la petite clique de tordus qui sévit ici ; après tout, pourquoi ne pas laisser le champs libre à cette coterie de pseudo lettrés venant ici se manifester parce que la libéralité du maître des lieux le permet ? Il vaut mieux les savoir réunis dans ce cul de basse fosse … Peut-être sont-ils une illustration de ce qu’on appelle la « guerre hybride » dans les médias qui semble découvrir les ressorts de la propagande ; … On a les héros qu’on peut.

closer dit: 23 février 2026 à 20h37

Petit article sur les femmes en politique dans un « Point » récent. La grande majorité de celles qui parviennent à la tête de l’Etat sont des femmes de droite. La dernière en date au Japon…A côté de chez nous, Meloni…La pionnière, Thatcher.
Il faut croire que les femmes de gauche sont moins douées que celles de droite.
C’est en fait un cas particulier d’une loi générale.

Chaloux dit: 23 février 2026 à 20h41

Une fois tous les vingt-huit jours, à la manière des prussiens de ces dames, La Gigi se rend compte de la somme d’exhibitionnisme maladif qu’elle étale ici comme on ne dira pas quoi. Panique, il faut que tout soit faux, mais tout est bien vrai, sauf les titres dont s’était sans doute indument paré ce pingouin lorsqu’il était allé se présenter à PA lors d’un colloque. L’exhibitionnisme et la mythomanie font souvent bon ménage. Au bout d’une journée la Gigi a tout oublié, et reprend sa route décervelée, comme si de rien n’était.

Ce crétin des Charentes n’est en outre pas même capable de comprendre que si notre Staline en pain d’épice accédait au pouvoir, ses sbires l’éjecteraient de sa fermette pour la donner à quelqu’un d’autre et qu’il serait traité comme un koulak.

et alii dit: 23 février 2026 à 21h12

sit l(Ukraine dans l’histoitre d’a Lwoff
André Lwoff est né à Ainay-le-Château d’un père médecin-psychiatre des Asiles de la Seine, Salomon Lwoff, et d’une mère peintre et sculpteur, Maria Jakovlevna Simonovitch (1864-1955) tous deux d’origine juives russes (issus du Gouvernement de Poltava, aujourd’hui en Ukraine) et de confession juive.

D. dit: 23 février 2026 à 21h25

Je commence à avoir assez de ces gens qui autour de moi disent apprécier les spas, les massages, les saubas ou les vaibs turcs. C’est exactement ce que j’exècre : la sensualité du corps qui n’est autre qu’une horrible sensualité sexuelle déguisée.

D. dit: 23 février 2026 à 21h32

L’autre jour je suis allé me faire couper les cheveux à Paris dans un salon d’une chaîne de salons réputée.
Le coiffeur qui m’a lavé les cheveux a commencé à me masser le cuir chevelu d’une façon très bizarre. Je me suis dit que ça allait s’arrêter et qu’il valait mieux prendre sur soi. Seulement ça s’éternisait alors je lui ai dit : bon, ça va, maintenant, rincez et coupez-moi les cheveux, c’est pour ça que je vous paye.

D. dit: 23 février 2026 à 21h36

C’est vrai, quoi… je viens pas là-bas pour me faire tripoter comme ça de façon quasi-suggestive. Qu’est-ce que c’est que ces façons ?!

B dit: 23 février 2026 à 21h40

C’est en fait un cas particulier d’une loi générale;;;

Si l’on transforme un peu la proposition en: les femmes les moins douées votent à gauche (en extrapolant au-delà de l’électorat, peuvent être des représentants de gauche, ministres, députés, maires, universitaires, scientifiques, sociologues…) ( idem pour les hommes), je comprends enfin pour quelles raisons je vote à gauche quand je vote, nul déterminisme social là-dedans, ni souci du peuple juste une question d’hérédité et de transmission génétique. Mes parents étaient cons et moi je suis idiote, les autres plus illustres qu’anonymes sont moins douées que leurs consoeurs et homologues de droite.

Chaloux dit: 23 février 2026 à 21h45

« … et celui de mes romans qui porte le nom de « Sylvie » naquit des excentricités qui se débitaient à la table de la « présidente ». »

Ernest Feydeau, « Théophile Gautier ».

Laquelle présidente étant bien sûr Mme Sabatier, une femme supérieure, qui aima et qu’aima Baudelaire. Très curieux de ce livre, commandé avec également « Fanny ».

B dit: 23 février 2026 à 21h53

Nous pouvons compter sur des gens qui, munis de domestiques, sont totalement déconnectés de la réalité de millions de gens qui dépendrait entièrement de la richesse du pays et de la survie ainsi que de l’évolution de notre économie dans un paysage de jungle mondialisée. Il m’arrive de penser à la Grèce antique (bien que je n’en connaisse à peu près rien) avec d’un côté les citoyens et de l’autre ses esclaves gagnés au prix de batailles, d’annexions et privés de tous droits. Un modèle vivace. J’ai aussi traversé une période moyennageuse ; je voyais le Moyen Âge à tous les feux rouges, ensuite de vagues hallucinations tiers-mondistes en parcourant les rues où errent les nombreux nouveaux pauvres. Je divague , notre siècle est porteur d’espoirs, youpi!

renato dit: 23 février 2026 à 22h11

« Nous sommes trop tolérants envers les déviations morales des hommes d’État et des bureaucrates. »

Kenzaburō Ōe

et alii dit: 24 février 2026 à 0h38

Quand chantent les aras dans les forêts natales
Abatis de pihis
Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile
Apollinaire

et alii dit: 24 février 2026 à 0h40

il existe dans la mythologie chinoise des oiseaux similaires, nommés 比翼鸟, en pinyin biyi niao (biyi signifiant « côte-à-côte » et niao « oiseau »), en anglais également nommés Jian birds ; il est donc très probable que Apollinaire, à la suite selon Claude Debon de la lecture d’un numéro de la Revue asiatique de 1896[1], ait simplement transcrit le mot biyi en langue romane, ce qui aurait donné Pihi.
wiki

et alii dit: 24 février 2026 à 1h00

caca?
“I’m not a huge fan of being against someone,” he tells Friend. “A campaign based on love is more durable than one based on fear.” Even his mother wishes her son would get his hands a little dirtier. “He won’t trash-talk,” she says. “And that’s very annoying, because some people need trash-talking.”
James Talarico had shown a knack for getting attention. The thirty-six-year-old Democrat’s social-media posts, in which he connects his religious faith to his hopeful
David Remnick
Editor, The New Yorker

rose dit: 24 février 2026 à 4h06

puck dit: 23 février 2026 à 12h43
perso j’ai une culture générale, pas générale au sens où on l’entend généralement, mais en général la culture n’accepte guère la notion de généralité, déjà Aristote, quand il observait 2 abeilles pour en tirer une loi générale il était évident que ses observations n’étaient généralement pas très liées à ses lois générales, d’autant que la notion de général est une notion plutôt abstraite et Aristote son truc c’était le concret, sauf que le particulier ne l’intéressait, il y préférait de loin le général, au final on pouvait alors dire qu’Aristote avait une assez bonne vision générale des choses sauf qu’il tombait toujours à côté quant à ses lois sur le fonctionnement général des abeilles à partir de l’observation de 3 abeilles car il eût siffit d’en observer 4 pour voir que généralement cette 4è abeilles ne se comportât point que les 3 autres, de fait la généralité est en général une façon de faire des raccourcis pour éviter de se faire chier à observer des abeilles toute la journée, quand je dis abeille il a fait pareil pour les juments et tout ce qui peux exister d’observable dans la nature, ainsi on peut dire qu’Aristote avait une assez bonne culture générale, sauf que cette généralité ne prenait pas en compte la contingence ce qui est par définition le sens même du mot général, je veux dire tel qu’on l’admet généralement, la contingence, ou le hasard, est l’ennemi n°1 de la généralité, aussi on peut dire que le seul moyen d’avoir une culture générale est de se débarrasser de toutes formes de contingences, ou de hasards, à savoir suivre à la lettre les préceptes de Spinoza qui disait faut-il le rappeler que comme c’est difficile pour la raison de comprendre la contingence il faut de facto l’intégrer dans le nécessaire, ou bien comme le disait Descartes que comme la contingence est généralement compliquée à appréhender par la raison il fallait laisser de côté tout ce qui était de l’ordre du hasard pour n’utiliser sa raison que pour ne prendre en compte que le nécessaire, il est évident qu’une culture générale qui prendrait en compte tous les cas particuliers liés à une forme ou une autre de contingence ne serait plus générale, je veux dire de façon générale ça parait logique.

rose dit: 24 février 2026 à 4h15

Cette nuit, je nageais, avec beaucoup de garçons, jeunes, comme moi. On nageait côté droit de la plage vers les rochers et on se retrouvait dans une eau sale. Je leur expliquais que c’était le vent et qu’il fallait aller à l’autre extrémité.
Parce que tous les déchets étaient pousses de ce côté par le vent.
Ailleurs, la mer était violette et de la couleur du château d’If vu par drone dans le Comte de Monte Christo.
Je précise que je viens de lire ce matin, au réveil, le commentaire sur les femmes de gauche et de droite.
Ma réponse de cette nuit est ci dessus.
Ma réponse de ce matin est une femme est une femme, et l’immensité est telle, la mer, la mère, l’immensité, que être à gauche ou à droite n’a strictement aucune importance ; et, les femmes à poigne, quelle horreur.

rose dit: 24 février 2026 à 4h29

Une eau sale.
Dans les débris*, je trouvais moyen de récupérer une passoire à thé.
Végétaux et plastiques.

Mais c’était surtout que l’eau était trouble et vaseuse, et à gauche violette.
Y avait ça aussi hier sur la corniche. Nous sommes allées voir le banc en mosaïque sur la corniche. Il démarre assez bas. Au-dessus du Prado.
Ce dont des tranches de un mètre créées par des écoles, des lycées, des artistes, des familles, des centres aérés, une maison de retraite, etc.

Celle qui a eu l’idée revenait de Barcelone, en 2007, du parc Guëll inventé par Gaudi. Et elle a pensé, génialement, elle doit être une femme de gauche, à couvrir le plus long banc du monde de mosaïques : trois kilomètres et cinq cent mètres de banc, sur la corniche, face à la mer. Ce sont des tranches d’histoire racontées, superbes pour la grande majorité et cela n’a strictement rien à voir avec Gaudi qui est un créateur de génie. Palme d’or cependant pour l’intertextualité et le poulpe violet. Beaucoup de poulpes en passant, et aussi beaucoup de bleu. Tesselles de toute beauté. Immense bonheur créatif.

rose dit: 24 février 2026 à 4h43

Janssen J-J

J’ai trouvé cela ce matin, en Charente.
« Un village à lui tout seul » : ce couple vend un hameau de 31 hectares comprenant des logements, un parc et un étang https://share.google/PAPHoMx7g9z8NJKo8

Ce n’est pas, certes, la méditerranée, mais une résidence d’artistes et d’écrivains ? Cela semble prometteur (et surtout pas promoteur 😬).

rose dit: 24 février 2026 à 4h46

Une eau sale.
Dans les débris*, je trouvais moyen de récupérer une passoire à thé.
Végétaux et plastiques.

Mais c’était surtout que l’eau était trouble et vaseuse, et à gauche violette.
Y avait ça aussi hier sur la corniche.

rose dit: 24 février 2026 à 4h48

Nous sommes allées voir le banc en mosaïque sur la corniche. Il démarre assez bas. Au-dessus du Prado.
Ce dont des tranches de un mètre créées par des écoles, des lycées, des artistes, des familles, des centres aérés, une maison de retraite, etc.

Celle qui a eu l’idée revenait de Barcelone, en 2007, du parc Guëll inventé par Gaudi. Et elle a pensé, génialement, elle doit être une femme de gauche, à couvrir le plus long banc du monde de mosaïques : trois kilomètres et cinq cent mètres de banc, sur la corniche, face à la mer. Ce sont des tranches d’histoire racontée(s), superbes pour la grande majorité et cela n’a strictement rien à voir avec Gaudi qui est un créateur de génie. Si ce n’est le principe de la mosaïque.
Palme d’or, cependant, pour l’intertextualité et le poulpe violet. Beaucoup de poulpes en passant, et aussi beaucoup de bleu. Tesselles de toute beauté. Immense bonheur créatif.

rose dit: 24 février 2026 à 4h52

En ce moment, ma source, au débit actuel de la fontaine de Vaucluse, coule en souterrain.
Je n’apprécie pas, le mot est faible, la lecture et le pillage de mes emails et sms et utilisations faites ici : exemple récent, le kit de survie.

rose dit: 24 février 2026 à 5h03

Aujourd’hui, est un jour anniversaire pour Emma.
Si elle en est d’accord, nous écrirons un petit texte ici pour le noter.
De plus, elle subit de nouveau un lavage de cerveau. Je suis plutôt fière de le repérer très facilement. J’en parlerai, ou pas, ici.
Les EHPAD, de nouveau remis en cause après Les Fossoyeurs.
Les chutes, trois récentes.
Une, sans gravité. Les jambes molles. Pas le caractère. Une, vite remise, belle énergie qui coule là. Une, très amochante avec passage à l’hôpital, la moitié totale du visage impactée : d’abord jaune, puis violette, noire, avant un lent retour à la normale.
Les gens trébuchent, chutent.
Pas une aide-soignante par personne et de toutes façons, pas assez d’aides-soignantes.
Savoir que, un EHPAD participe à la silver économie.

rose dit: 24 février 2026 à 5h32

Ravie, heureuse, jubilante, que le foot soit le prétexte réussi de la promotion sociale des noirs et des arabes, dont certains sont des hommes d’exception.

rose dit: 24 février 2026 à 6h27

La vie que je mène aujourd’hui, la meilleure vie que je puisse mener, hormis la fatigue, extrême, est dûe au fait d’avoir été spoliées, ainsi que mes deux enfants et ma mère, par ma fratrie lors des cinq derniers mois de vie de mon père, au bout de soixante quatre ans de mariage avec ma mère. Mariage heureux, malgré les apparences de tyrannie.
Récemment, je suis allée voir un film au cinéma. J’y ai beaucoup dormi, et lorsque je me suis réveillée, par étapes, et rendormie, j’ai pleuré. C’était la vie de mes parents dans les années cinquante, à combien ils ont été heureux et combien et comment ils sont sortis de la misère, ensemble, en s’aimant. En filigrane, ce film faisait le portrait de mon père qui, vieux, s’est fait salement rattraper par sa jeunesse, lâche, et égoïste. Moche.
C’est pour cela que j’ai pleuré.

rose dit: 24 février 2026 à 6h31

Maintenant, mon père n’est pas Dominique Pélicot, et je n’ai pas a me remettre d’être sa fille. Chance extrême.
Hier, un napolitain, jeune, plus que moi, s’est levé pour venir saluer ma maman.
Un second, jeune aussi, m’a saluée avec bonheur lorsqu’il m’a vue arriver. Napolitain également.
Je lui ai dit, j’ai pas un sou et je fais carême. Alors, le couscous ce ne sera pas maintenant, mais je vous ai emmené des pommes.
Il va faire une tarte aux pommes. Dont je ne mangerai pas.

Chaloux dit: 24 février 2026 à 6h33

Oublié de vous dire que je viens de m’offrir Le camp des saints de Jean Raspail qui est toujours disponible contrairement à ce que je pensais. Je termine quelques petites lectures et je le lis. Je déteste entendre parler de certains livres sans les avoir tenus en main. Celui-ci est sur ma liste.

rose dit: 24 février 2026 à 6h35

Hier, six personnes se baignaient aux Catalans
Six fous.
J’avais pas le maillot, crénom.

renato dit: 24 février 2026 à 6h59

« Il y a forcément quelque chose qui cloche chez ceux qui trouvent la guerre glorieuse ou excitante. Ce n’est ni glorieux, ni excitant, juste une terrible tragédie qui ne peut que susciter des larmes. »
Oriana Fallaci

Chaloux dit: 24 février 2026 à 7h29

La Culture classique, c’est aussi et peut-être surtout une morale et une éthique. On voit bien que la Gigi le TDC n’a ni l’une ni l’autre. Un déchet flottant dans un égout.

Chaloux dit: 24 février 2026 à 7h59

Je trouve la Chikirou d’une rare vulgarité. On imagine les propos de table le soir, après, de part et d’autre, une bonne journée de braillements.

Il nous manque un Léon Daudet ou un Céline…

Hurkhurkhurk !

et alii dit: 24 février 2026 à 9h32

ENFANT;j(allais aix buttes chaumont uu les gardiens sifflaient les enfants qui allaient sur les pelouses; in jour, un gardien m’a sifflée, j’ai couti et en tombant je me suis cassé le nez; pour me distraure je demandais un sifflet;
il y avait alors des sucettes sifflets;
je ne sais pas siffler; mon père sifflait tres bien:
comme j’avais le nez cassé, in m’opéra, ma cloison nasale s’effondra doucement et je n’ai pas voulu l’opérer; il est naturel,le père de mes enfanys dosaiy à mon fils « ne mets pas les doigts dans le nez, tu auras le nez de ta mère »
je ne lui ai pas pardonné!mon nez était, est , unique!

et alii dit: 24 février 2026 à 9h37

c’est vrai, d’ailleurs internet s’en souvient, et c’était avant les années 80!
Où acheter la sucette sifflet Mélody Pops ?

Chaloux dit: 24 février 2026 à 9h38

« Ne mets pas les doigts dans ton nez, tu auras le nez de ta mère ».

Génial!

Digne de Marcel Aymé ou de Céline.

et alii dit: 24 février 2026 à 10h00

Le plus souvent, c’est une imitation visuelle, mais récemment, un écologue italien a découvert un mammifère, c’est une première, qui pratique l’imitation acoustique ! Il s’agit du grand-murin, une chauve-souris très courante en Europe.

Son ennemi, dans les forêts, c’est le rapace nocturne : le hibou, l’effraie des clochers ou la chouette hulotte, qui veulent la bouffer ! Comment fait-il pour leur échapper ? Il imite

closer dit: 24 février 2026 à 10h57

Demander TOUJOURS une coiffeuse, D.

C’est 500 milliards, pas millions, le coût de la reconstruction de l’Ukraine.

rose dit: 24 février 2026 à 20h09

L’internationale des rivières.
Camille de Toledo explique longuement et argumente de manière détaillée pourquoi et comment la rivière L. peut être doit devenir un corps travailleur, et par conséquent avoir des droits, des devoirs, des manières de se défendre et être soumise à l’impôt ; faire travailler des gens soumis à son service et à sa défense. Défendre ses prérogatives et maintenir sa sanité initiale.
Camille de Toledo envisage tous les empêchements et difficultés qui se posent.
Pour moi, soumettre à l’argent et à la marchandisation un élément de la nature, c’est un contresens.
Dans le dernier chapitre, où il annonce sa mort dans trente ans, à l’âge de 80 ans, il envisage ce combat comme un moyen pour lutter contre les trois deuils successifs qui l’ont dramatiquement assailli/submergé, et ce combat là, aux côtés de la rivière L. semble avoir pris majeure partie de ses préoccupations existentielles.
Pas convaincu de l’intervention monétaire.
Comme si c’était une solution.

De l’expérience vécue, sur le terrain, des mots qui ont été dit, à ma droite et derrière moi, « tout le monde s’en fout » et « c’est le combat du pot de terre contre le pot de fer », j’aurais tendance à penser que la solution c’est la marginalité. Et je crois suffisamment à l’intelligence des gens pour admettre que les solutions seront inédites et opérationnelles. Un espèce de retour aux sources.
C’est la manière dont je conçois la vie.
Je l’ai prête ce livre, et je le prêterai encore à deux amies, une et une connaissance, férocement écolos, pires et dures, dans leur combat contre l’agro-industrie et les panneaux photovoltaïques qui se répandent dans les Alpes de Haute Provence comme la peste et le choléra.
Affaire a suivre : le sujet est pertinent et passionnant, la défense des rivières.

rose dit: 24 février 2026 à 20h13

[24/02, 18:19] Emma
Aujourd’hui, le 24 février 2026, cela fait six ans que je vis ici.
Les vingt premiers mois, j’ai habité au sous-sol, enfermée à clé, l’étage des personnes protégées pck atteintes de la maladie d’Alzheimer, ce qui n’est pas mon cas, dieu merci ; et si on n’avait rien dit, j’y serais encore.
Merci XY, Xx, et Xyy.
Aujourd’hui, je vis à l’étage au-dessus qui est le vrai rez de chaussée donnant sur le parc, où je peux aller me promener, si j’en ai envie. J’ai un petit jardin que j’entretiens moi-même.

rose dit: 24 février 2026 à 20h16

Nous avons soigneusement évité tout drama.
Aujourd’hui, jambes des chevaux du puzzle de mille pièces, coiffeuse, chanteur corse avec une belle énergie, partie de scrabble, journée bien remplie. À midi, aïoli.
Vu beaucoup de monde, demandé un RV au directeur, etc.

D. D. dit: 7 mars 2026 à 9h52

@ 20.13 et 20.16
Je vous embrasse, Rôz & Emma.
J’aime toujours lire de vos nouvelles sur la Rdl.
Amitiés.

D. D. dit: 7 mars 2026 à 9h56

et… infiniment merci pour le message du 27 février de 0.05 qui m’a profondément touché. Je sais à quel point il était sincère. Bàv2.

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