de Pierre Assouline

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La République des livres
« On n’entend que le montagnard du Kremlin/ L’assassin et le mangeur d’hommes »

« On n’entend que le montagnard du Kremlin/ L’assassin et le mangeur d’hommes »

Mandelstam, on connaît. Il suffit d’avoir un jour effleuré son oeuvre, fût-ce en traduction, pour en être marqué à jamais. Si en plus on a lu sa biographie par Ralph Dutli, on connaît mieux. Et mieux encore si l’on a conservé en mémoire Le Bruit du temps, recueil d’esquisses autobiographiques qui dit la puissance et la fragilité de sa parole poétique au plus profond de ses cinq années de mutisme poétique. Ou la formule de Marina Tsvetaeva (ici sa traduction du Crépuscule de la liberté), laquelle s’interrogeait : comment un grand poète peut-il être un homme petit ? Elle accablait le prosateur pour mieux sauver le poète, homme de ruptures, davantage épris de pouvoir que de grandeur, proche de Pasternak et d’Akhmatova.

Mais quand on sait tout cela, qu’on a fouillé sa vie et son œuvre, on découvre avec étonnement que quelqu’un a osé y ajouter un codicille : Les derniers jours de Mandelstam (128 pages, 14 euros, Mercure de France) de Vénus Khoury-Ghata. C’eût été d’un essayiste ou d’un historien, on ne s’y serait peut-être pas arrêté, atterré à l’idée de se colleter à une médiocre tentative d’exofiction. Mais d’une poètesse, on se laisse gagner par la curiosité. Non parce qu’il faut nécessairement être du bâtiment pour parler d’un poète mais parce qu’on guette, on espère un autre regard sur le déjà lu, quelque chose comme une lueur propre à éclairer les ténèbres d’un condamné.

 Nous sommes en 1938 dans un camp près de Vladivostok. Ossip Mandelstam, 47 ans, se meurt dans sa cellule, condamné par Staline pour un poème qui a osé dénoncer le petit père des peuples en « assassin et mangeur d’hommes », l’un des deux vers de la première version du poème (Nadejda Mandelstam l’a révélé dans Contre tout espoir). Pourquoi avait-t-il pris le risque d’être dénoncé, arrêté, torturé, emprisonné et enfin déporté à mort en lisant devant son petit cercle d’amis réuni un soir de 1934 son fameux épigramme de seize lignes contre Staline ?

« Nous vivons sourds à la terre sous nos pieds/ A dix pas personne ne discerne nos paroles.
On entend seulement le montagnard du Kremlin,/ Le bourreau et l’assassin de moujiks.
 Ses doigts sont gras comme des vers,/ Des mots de plomb tombent de ses lèvres.
 Sa moustache de cafard nargue,/ Et la peau de ses bottes luit.
 Autour, une cohue de chefs aux cous de poulet,/ Les sous-hommes zélés dont il joue.
 Ils hennissent, miaulent, gémissent,/ Lui seul tempête et désigne. 
Comme des fers à cheval, il forge ses décrets,/ Qu’il jette à la tête, à l’oeil, à l’aine.
 Chaque mise à mort est une fête,/ Et vaste est l’appétit de l’Ossète. » »

Le poète connaissait le dictateur en qui il voyait un monstre fascinant. Ces lignes l’envoyèrent à la mort. Il en savait les conséquences. Alors pourquoi ? Robert Littell avait répondu il y a quelques années dans L’hirondelle avant l’orage (Baker Street éditions) : le courage mêlé d’inconscience, l’idéalisme et la conviction intangible que la vocation d’un poète est de dire la vérité. Le poète, c’est celui qui dit la vérité, celui qui fait exploser un poème à la barbe d’un dictateur en hurlant que le roi est nu. Du fond de sa nuit, effrayé par l’ombre de son ombre, désespéré, halluciné et guetté par le suicide, Mandelstam avait lâché in fine une ode à Staline de sinistre mémoire dans le fol espoir d’en sortir enfin.

Mais la force du livre de Vénus Khoury-Ghata, écho assourdi de ses derniers jours, est de faire défiler les grands moments de la vie du poète russe à l’instant de sa mort avec une grande économie dans le lexique et les effets. Des lieux, des événements, des figures d’êtres chers. Tout est puisé aux meilleures sources, jusqu’aux plus inattendues, tel le témoignage du poète Joseph Brodsky. Les poèmes de Mandelstam courent tout le long du récit mais juste quelques vers, comme un simple rappel de son grain de voix

Pas de pathos, ce serait insupportable, surtout dans un contexte aussi tragique. Rien de trop. Le plus souvent, le détail l’emporte. Ici un fossoyeur finit par jeter son tyran d’employeur dans la fosse au motif qu’il le forçait à goûter la terre avant chaque inhumation. Ailleurs un déporté croit devenir fou lorsqu’il se rend compte qu’il a oublié jusqu’au nom de son village. Tous sont rongés par la faim jusqu’à la voir en spectre, la nuit. Où l’on voit le peu d’humain qui demeure en l’homme décliner, se dégrader, s’avilir. Sale époque où l’on devait dénoncer son père et sa mère dans l’espoir de rester en vie.

« Les murs se resserraient autour de Mandelstam comme pour l’expulser (…) La mort soufflait son haleine froide sur sa nuque (…) Mandelstam est réveillé par le rire houleux de Staline (…) Staline n’a pas besoin de couper les têtes, elles tombent d’elles-mêmes, dit Mandelstam (…) Ses mots alignés ne constituaient pas une armée (…)

Le voilà obsédé par le souvenir de Marina Tsvetaïeva, sa voix et ses gestes ; nous aussi à sa suite. C’est d’une sobriété spectaculaire. Rythme, cadence, scansion : la prose poétique à son meilleur, et Dieu sait si l’expression a été galvaudée. On est bouleversé car en poétisant le réel, Vénus Khoury-Ghata donne à entendre des voix et les fait résonner en un chant profond. En donnant à voir l’invisible dans une saisissante démarche empathique, elle accorde des circonstances atténuantes à l’homme Mandelstam agonisant sur son châlit. De ce peu de mots jaillit un supplément d’âme.

(« Ossip Mandelstam, derniers temps » photo D.R.)

 

 

 

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Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire, Poésie.

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commentaires

487 Réponses pour « On n’entend que le montagnard du Kremlin/ L’assassin et le mangeur d’hommes »

MORASSE dit: à

Merci de revenir aux choses sérieuses…

Annelise dit: à

Superbe papier, Pierre.

berguenzinc dit: à

MORASSE dit: 11 septembre 2016 à 15 h 03 min

ravi de te relire, Morasse…ton vieux pote (ex-Màc). cela dit, ce billet est admirable. Mandelstam, comme Desnos, agonisant , fievreux et seul…effroyable.

Sergio dit: à

berguenzinc dit: 11 septembre 2016 à 15 h 01 min
une chaîne qu’on trouve en Lorraine, Champagne et Alasace.

Je savais pas mais effectivement c’est Nancy, où on en a deux, qui en vertu du capitalisme triomphant proposent chacun une petite salle d’expo pour rien, simplement en se mettant suffisamment à l’avance sur les rangs ; c’est pas mal, et au moins on peut aller se balader…

au Cora de Vaucaire….

… pour déguster le Souper de Vaucaire…

rose dit: à

Ma récolte ce matin : une mue de cigale. Quant au chant… »Les cigales chères au bon Socrate, disait Vincent Van Gogh, sont restées et ici certes elles chantent encore du vieux grec ».
Vincent ne pouvait pas prévoir que les cigales disparaîtraient peu à peu dans les vergers empoisonnés, que « la chute et la décadence des choses » atteindrait jusqu’à ce chant le plus fragile, ce chant collé à la terre.

P.A Jordan Le matin

Bloom dit: à

Pas une mort d’écrivain, une mort d' »ennemi de classe », de « dangereux révisionniste »…La Folie abjecte du politique qui raréfie l’espace de l’Urss & l’Allemagne d’alors, plus tard de la Chine pop de la Grande révolution culturelle prolétaire, le Cambodge de l’Angkar & so on & so forth…
Magistrale, la bio de Ralph Dutil. Belles éditions, Le bruit du temps, publient de grands & beaux écrivains: Mandlestam, Babel…

Annelise dit: à

Oui Berguenzinc, on pense à Robert Desnos à Terezin se dressant péniblement au moment de l’appel, « oui c’est moi », et mourant du typhus quelques heures après.Et vraiment on pleure.

Bloom dit: à

La plaque commémorative au 19 de la rue Mazarine, dans le 6e arrondissement de Paris:

Ici vécut
De 1934 à 1944
ROBERT DESNOS
Poète français
Arrêté par la Gestapo et déporté
Il trouva la mort parce qu’il était épris
De liberté de progrès et de justice

Widergänger dit: à

Il y a ses lettres aussi, traduites par Ghislaine Capognat-Bardet, publiées chez Solin/Actes sud.

Mandelstam est mon poète russe préféré avec Akhmatova, bien loin devant Marina.

Jean dit: à

André Marcowicz est-il allé au bout de son projet de traduire Mandelstam ?

theo dit: à

…je suis un/contemporain comme vous,
un homme de notre époque ….
Essayez de m’arracher à mon siècle/vous vous y romprez le cou,
O Mandelstam

Widergänger dit: à

Сёстры — тяжестъ и нежностъ — одинаковы ваши приметы
медуницы и осы тяжёлую розу сосут.
Человек умирает, песок остывает согретый,
И вчерашнее солнце на черных носилках несут.

Ах, тажелые соты и нежные сеты,
Легче камень поднать, чем имя твоё повторить !
У меня остается одна забота на свете :
Золотая забота, как времени бремя избыть.

Словно темную воду я пью помутившийся воздух.
Время вспахано плугом, и роза землею была.
В медленном водовороте тяжелые нежные розы,
Розы тяжесть и нежность в двойные венки заплела.

Осип Эмильевич мандельштам, Коктебель, март 1920, Tristia.

Translitération :

Siostry — tiajest’ i nejnost’, adinakovy vachi priméty.
Medounitsy i osy tiajolouiou rosou sosout.
Tcheloviek oumiraet, pesok ostyvaet sogrétyi,
I vtcherachneie sontsé na tchornykh nosilkakh nésyut.

Akh, tiajolyé soty i nejnyé séti !
Lekhtché kamen’ podniat’, tchem imia tvoio povtorit’.
Ou menia octaiotca odna zabota na svete :
Zolotaia zabota, kak vremeni bremia izbyt’.

Slovno tiomnouiou vodou, ia piou pomoutivchiica vozdoukh.
Vremia bspakhano plougom, i rosa zemliou byla.
V medlennom vodovoroté tiajolyé, nejnye rosy,
Rosy tiajest’ i nejnost’ v dvojnyé venki zapléla.

Traduction originale :

Soeurs — pesanteur et tendresse — vos signes sont semblables.
Abeilles et guêpes la rose pesante butinent.
L’homme agonise, brûlante la chaleur reflue du sable,
Le soleil d’hier sur une civière noire s’achemine.

Ah ! Pesants rayons de miel et tendres rets,
Dire ton nom — soulever une pierre serait plus aisé !
Il ne me reste sur terre qu’un seul souci désormais,
Un souci d’or : le fardeau du temps — à porter.

Comme une eau sombre je bois l’air qui se trouble,
Le soc a labouré le temps et terre fut la rose.
Lentement tourbillonnent, tressées en couronnes doubles,
Les roses pesanteur et tendresse, les tendres et pesantes roses.

Ossip Emiliévitch Mandelstam, Koktebel, mars 1920, Tristia.

Lavande dit: à

Wgg, « ma » troupe de théâtre est en train de travailler une pièce qui est un dialogue entre Chostakowitch et Anna Akhmatova, « Le cortège des Ombres »; ça se passe à Leningrad, en 48, le jour où Dmitri Dimetrievitch vient d’être viré de son poste de directeur du conservatoire de Leningrad (pour incompétence, dit l’affiche!).
Quand on le jouera je vous inviterai.

Bloom dit: à

des poèmes de Iossip Mandelstam

Pas de « I » (Iossip, c’était SKOBLAR, la star yougo de l’OM avec Magnusson…)

OSIP Emilyevich Mandelstam.

Mandelstam = branche d’amandier

Rozhinkes mit Mandlen (raisins & amandes), une des berceuses yiddish les plus populaires.

(…)
Unter Yidele’s vigele
Shteyt a klor-vays tsigele
Dos tsigele iz geforn handlen
Dos vet zayn dayn baruf
Rozhinkes mit mandlen
Slof-zhe, Yidele, shlof.
(…)

Widergänger dit: à

C’est chez Mandelstam, né en 1891, que le poème, comme presque chez nul autre de ses contemporains qui ont partagé pour la poésie le destin de la Russie à son époque — et ces poètes, à l’égard desquels vaut le mot de Roman Jakobson, dont on n’a pas encore fini de tirer toutes les conséquences, à savoir que leur génération les a « gaspillés », s’appellent Nicolas Goumilev, Vélemir Khlebnikov, Vladimir Maïkovski, Serge Essénine, Marina Tsvetaeva — est le lieu où, par delà le langage, s’est rassemblé le monde sensible autour de ce centre d’où forme et vérité se conjuguent pour atteindre à l’inégalable : autour de l’existence de cet être qui interroge l’heure, l’heure qui sonne pour son propre destin comme pour le destin du monde, le battement de son coeur et l’éternité de l’univers. C’est dire combien l’oeuvre poétique de Mandelstam qui, des profondeurs où elle avait sombré, renaît au jour, nous touche à nouveau aujourd’hui comme l’oeuvre d’un naufragé.

En Russie, qui fut la patrie de cette poésie, les recueils d’Ossip Mandelstam (La Pierre, 1913, Tristia, 1922, et le volume disparate intitulé Poèmes, 1928, qui réunit sa production d’après la Révolution d’Octobre) comptent encore au nombre des oeuvres passées sous silence, disparues, en tout cas marginales. Une nouvelle édition des poèmes de Mandelstam, de même que ses récits significatifs et ses essais en prose, est parue avec une introduction de Gleb Struve et Boris Filipov-Filistinsky, en 1955, aux éditions Tchekhov, à New York.

Le coeur intime de son oeuvre poétique, qui témoigne d’une profonde et dès lors tragique intelligence de son époque, dessine aussi pour le poète l’esquisse de son destin : au cours des « purges » staliniennes durant les années trente, Mandelstam fut déporté en Sibérie. Pour le moment, il n’est pas encore possible de savoir si c’est là-bas qu’il trouva la mort, ou, comme le rapporta par ailleurs le « Times Literary Supplement », s’il devait partager le sort de tant d’autres Juifs dans la partie de la Russie occupée par les armées d’Hitler.

Le contexte historique et spirituel de l’oeuvre d’Ossip Mandelstam, qui participe aussi bien de la culture russe que des mondes juif, grec et latin, le monde mental à la fois religieux et philosophique qui se reflète en elle, reste jusqu’à présent encore en grande partie à découvrir. (A cet égard, son appartenance, le plus souvent mentionnée, à l' »acméisme », ne marque que l’un des aspects de cette oeuvre manifestement inhabituelle à tous égards.)

Au choix des poèmes mis à la disposition du lecteur de langue allemande dans ce recueil — il est, à côté de traductions isolées en italien, français, anglais et allemand, le premier recueil en langue étrangère de cette importance à paraître en un volume — il faut d’abord donner la chance qui, entre autres, nombreuses, reste la première de toute oeuvre : celle d’exister.

Paul Celan, le 9 mai 1959. (traduction personnelle)

Widergänger dit: à

Merci beaucoup Lavande. Volontiers.

la vie dans les bois dit: à

Pas de « I »

c’est pas sûr.

berguenzinc dit: à

plougom en russe, c’est comme pflügen et plough, labourer, laboureur…d’où sans doute plouc, en français.

Widergänger dit: à

« Mandelstam résout l’un des problèmes les plus ardus du langage poétique. On trouve déjà chez les vieux théoriciens ce concept difficile d' »harmonie » : « l’harmonie exige une plénitude des sons, en étroite relation avec le sens ». Comme s’ils pressentaient déjà notre époque, les vieux théoriciens demandaient que l’on ne confonde pas l »‘harmonie » et la « mélodie ».

Youri Tynianov, L’intervalle (sur la poésie).

Les grands poètes en France du rapport étroit entre le son et le sens, c’est Verlaine et Mallarmé. Il y a évidemment du Mallarmé dans le grand poème acméiste ci-dessous sur les deux sœurs « pesanteur » et « tendresse » qui s’opposent et finissent par entrer en résonance grâce aux jeux entre le son et le sens tout au long du poème, qui peut être lu aussi comme un hommage à Pouchkine.

la vie dans les bois dit: à

d’ailleurs le prénom historique est Iossif.
Mais Sergio, qui a fait russe 1ère langue renforcée, va ajouter.

berguenzinc dit: à

Zolotaia zabota, kak vremeni bremia izbyt’.

deux allitérations , l’une en z, ‘autre en b/v, qui , de surcroît associe le temps au fardeau…

quelle merveille de langue….

zolotaia, est la même racine que zloty, gold, geld…guilde…l’or.

la vie dans les bois dit: à

Le miel doré coulait de la bouteille si lourdement,
Si lentement que l’hôtesse put dire :
Ici, dans la triste Tauride où le sort nous a jetés,
Nous ne savons ce qu’est l’ennui – en regardant par-dessus son épaule.

Partout l’office de Bacchus, comme s’il n’y avait au monde
Que des gardes et des chiens – on va sans voir personne –
Les jours tranquilles roulent comme de lourds tonneaux.
Des voix au loin, dans une cabane – on ne comprend ni ne répond.

Après le thé, nous sommes sortis dans l’immense jardin brun,
Les sombres stores baissés aux fenêtres comme des cils.
Passées les colonnes blanches, nous sommes allés voir la vigne
Où les montagnes endormies se couvrent de verre aérien.

J’ai dit : la vigne est pareille à une bataille d’autrefois
Où des cavaliers crépus s’affrontent en ordre bouclé.
Depuis la Tauride caillouteuse l’art de l’Hellade – et voici
Des hectares dorés les nobles rangées sous la rouille.

Oh ! dans la chambre blanche, le silence comme un rouet.
Cela sent le vinaigre, la peinture, le vin frais de la cave.
Te souviens-tu, dans la demeure grecque : l’épouse aimée de tous
– Non pas Hélène, l’autre – tout ce temps qu’elle a brodé ?

Toison d’or, où donc es-tu, Toison d’or ?
Pendant tout le trajet les lourdes vagues ont grondé
Et, quitté le vaisseau lassant sa toile sur les mers,
Ulysse est revenu, plein d’espace et de temps.

Ossip Mandelstam, traduction de Philippe Jaccottet, p 36 de Simple promesse (La Dogana, deux éditions, 1994 et 2012)

Widergänger dit: à

Morceau d’explication de la poétique de Mandelstam :

Ainsi le poème reconstruit-il le monde. Les notions abstraites acquièrent de la chair, la chair même du poème, comme Dieu a créé Adam, d’une équation assurant une identité au monde. Ensuite le poème procède par contamination et prolifération par tout un système de couplage de signifiants qui se répondent en russe :

-L’homme meurt / le sable refroidit
tcheloviék oumiráet / pesók ostyváet

La correspondance entre « l’homme » et le « sable », outre qu’elle renvoie mythiquement à la création d’Adam, est ici assurée par le parallélisme morphologique et syntaxique des deux syntagmes. Là aussi le rythme anapestique renforce l’analogie en redécoupant les mots, créant ainsi entre eux des liens nouveaux :

tcheloviék / oumirá/ et pesók / ostyvá / et
/ ⎽ ⎽ ⊻ / / ⎽ ⎽ ⊻ / / ⎽ ⎽ ⊻ / / ⎽ ⎽ ⊻ / / ⎼ /

avec la cellule vide de la fin équivalente à celle omise dans le rythme au milieu qui renforce le caractère tragique du vers : la mort est signifiée dans le rythme même du vers qui la mime.

la vie dans les bois dit: à

Le 1 janvier 1924

Le temps – celui qui sur sa tempe meurtrie l’embrassa,
Avec une tendresse filiale ensuite
Il se souviendra que le temps, pour dormir, s’est couché
Sous la fenêtre dans l’amoncellement du blé.
Le siècle – celui qui en a soulevé les paupières malades
(Deux pommes somnolentes, lourdes)
Entend la rumeur, l’incessante, depuis que grondèrent
Les fleuves des temps mensongers, sourds,

Il a deux pommes somnolentes, le souverain-siècle,
Et une belle bouche d’argile,
Mais sur la main languide de fils vieillissant
Il se penche, agonise.
Je sais : le souffle de vie s’use chaque jour,
Encore un – et ils interrompent
Le chant simple qui parle des offenses d’argile,
Et les bouches, ils y coulent de l’étain.

Ô la vie argileuse ! Ô l’agonie du siècle !
Celui-là seul, je le crains, te comprend,
En qui habite le sourire impuissant de l’homme
Qui s’est perdu à lui-même.

Quelle douleur – chercher la parole perdue,
Relever ces paupières douloureuses
Et, la chaux dans le sang, rassembler pour les tribus
Étrangères l’herbe des nuits.

Siècle. La couche de chaux dans le sang du fils malade
Durcit. Moscou sommeille, une huche de bois.
Et aucun lieu où fuir le souverain siècle …
La neige a une odeur de pomme, comme jadis.
J’ai envie de fuir loin de mon seuil.
Mais où ? La rue est sombre
Et, comme du sel répandu sur les pavés,
Ma conscience, étalée devant moi, blanchit.

Par les ruelles, entre les taudis, sous le rebord des toits,
J’avance, sans aller loin, tant bien que mal,
Caché, banal voyageur, dans ma fourrure de courant d’air,
Longtemps je m’efforce d’agrafer la couverture.
Défile une rue, une autre encore,
Craque comme une pomme le bruit gelé des traîneaux,
Et le nœud, trop serré, résiste,
Sans cesse échappe de mes mains.

Avec tout un chargement de quincaillerie, de ferraille,
La nuit d’hiver gronde dans les rues de Moscou.
Cogne à coups de poissons gelés, jaillit avec la vapeur
Des maisons de thé roses – on dirait l’écaille d’un gardon.
Moscou – une fois de plus Moscou : « Je te salue ».
Je lui dis : « Pardonne, il n’y a plus de mal.
Comme autrefois, je les accepte pour frères.
Cette morsure du gel, ce verdict du brochet. »
Flamme sur la neige, la framboise de l’apothicairerie,
Quelque part crépite l’underwood ;
Le dos du cocher, presque une archine de neige :
Quoi de plus ? On ne te touchera pas, te tuera pas.
La beauté de l’hiver, dans les étoiles un ciel de chèvre
S’est répandu, son lait brûle.
Et contre les patins gelés la couverture frotte
Sa crinière de cheval et siffle.

Mais les venelles boucanées au pétrole
Ont avalé neige, framboise, glace,
Pour eux tout pèle, rappelle la sonatine des Soviets,
Les fait se souvenir de l’année vingt.
Est-il possible qu’à l’ignoble médisance je livre
– Il a encore son odeur de pomme, le gel –
Cet étrange serment que je fis au quatrième était,
Lourdes promesses jurées jusqu’aux larmes ?

Qui d’autre vas-tu tuer ? Qui d’autre rendre illustre ?
Des mensonges, lequel inventeras-tu ?
Ce cartilage de l’underwood : plus vite arrache la touche –
Et tu trouveras la mince arête du brochet ;
La couche de chaux dans le sang du fils malade
Se dissipe, et de bonheur le rire gicle …
Mais les machines à écrire – leur sonatine simple
Est l’ombre seulement de ces puissantes sonates.

1924

Ossip Mandelstam, traduction de Jean-Claude Schneider. , pages 62-65 de Simple promesse (éditions La Dogana).

la vie dans les bois dit: à

ah, ben, ça me cause pas du tout cette poésie.

la vie dans les bois dit: à

Enfin, la Russie en Hiver, on a lu autre chose de l’âme russe.

D. dit: à

Widergänger dit: 11 septembre 2016 à 17 h 15 min

Vous êtes un puits de science, Michel.

Widergänger dit: à

Ainsi se crée dans tout le poème des réseaux de signifiants et des isotopies qui viennent prendre le sens dans ses filets, dans ses « rets ». C’est ce qu’il appelle dans un de ses grands textes théoriques « De la nature du mot » « le goût pour la représentation globale, pour l’image dans sa nouvelle acception organique ». C’est l’ambition même de l’acméisme telle que le définit Mandelstam dans Le matin de l’acméisme, texte manifeste qui ne fut publié qu’en 1919 à Voronej (le mot « nejnost' » de notre poème peut aussi faire allusion à ce lieu de naissance de l’acméisme) dans l’almanach « La Sirène », — mais il aurait été écrit dès 1912, et les articles de Goumilev et de Gorodetski auraient été préférés à celui de Mandelstam comme manifestes de l’acméisme : « La pointe acérée de l’acméisme n’est ni le stylet, ni le dard de la décadence. L’acméisme est fait pour ceux qui, pénétrés de l’esprit de construction, ne refusent pas lâchement leur pesanteur, mais l’acceptent gaiement, afin d’éveiller et d’utiliser les forces architecturales qui dorment en elle. Le bâtisseur dit : Je construis, donc j’ai raison. En poésie, nous plaçons avant tout la conscience d’avoir raison, et, rejetant avec mépris les brimborions des futuristes pour qui le comble de la jouissance est de harponner un mot difficile avec une aiguille à tricoter, nous introduisons l’ordre gothique dans les rapports de mots, comme l’a fait Jean-Sébastien Bach ». C’est un poème qui, à tous égards, répond au manifeste acméiste de Mandelstam tel qu’il définit son programme en 1912, et il est là comme pour contredire ce que dit Nietzsche du philosophe dont la pensée est « prise dans les filets du langage » (« Der Philosoph in den Netzen der Sprache eingefangen », Le Livre du philosophe/I, aphorisme 118), qui s’intéresse précisément à la « physiographie du philosophe » ; Mandelstam propose, a contrario, une physiologie du poème et un autre type de physiographie pour le poète.

Widergänger dit: à

Il se trouve, lorsqu’il rédige ce poème, sur la côte sud, un lieu enchanteur, qui fait penser à la Grèce, qui imprègne tout le recueil de Tristia. Les abeilles butinent les roses tandis que le sable du midi refroidit. Le soleil se retire à l’horizon sur la mer. Le temps court, la fin de l’été approche. Ce sera bientôt le temps du départ et de la séparation : « Son seul souci, porter le poids du temps ».

Mais à ce temps de l’anecdote, le temps qui s’écoule, vient se greffer un autre temps, le temps du souvenir et de la mémoire collective dans un présent imperfectif, intemporel, qui situe le poème dans ce que Roman Jakobson appelle « une durée pure », en référence à la « statue dans la symbolique de Pouchkine ». C’est aussi la région où Pouchkine fut exilée, et Mandelstam affirmera que ce poème peut être lu comme un poème sur la mort de Pouchkine et un hommage au poète des poèmes épicuriens et du « Tombeau d’Anacréon », celui de la Crimée, de l’adieu à la mer et des « Poèmes du sud », dont c’est justement bientôt le centenaire (1821) à la date de composition du poème.

Nombre de symboles utilisés par Mandelstam sont des allusions aux Odes d’Anacréon, notamment l’une intitulée « Sur la rose », où Anacréon célèbre la rose « souffle pur des dieux », « joie des mortels », « ornement des grâces (…) qui fournit de charmantes allégories (…) aux poètes », « et où « la Terre enfanta la rose » que Mandelstam retourne en :

« Le soc a labouré le temps et terre fut la rose ».

De même « l’abeille », qui piqua Cupidon dans Ode XL « Sur l’amour », et référence à Derjavine, au poème « L’abeille » (1796), qui sacra Pouchkine poète :

Abeille dorée,
Abeille bourdonnante !
Je t’entends, tu soupires,
Et tu me dis :
Je boirai le miel
Et mourrai avec lui.

Le temps de la « durée pure » est le temps de l’éternel retour du même, ce principe de l’identité que le poème célèbre, le temps du mythe grec dans cette Crimée qui est une autre Grèce où la poésie est miel et nectar pour le monde, celle d’Anacréon, celle de Derjavine, celle de Pouchkine, celle que Mandelstam a lue durant son voyage en Crimée, à Feodossia, à la Société des artistes de Batoum, au conservatoire de Tiflis (Tbilissi) au côté d’Ilya Ehrenbourg.

Mandelstam se pose comme l’héritier d’une tradition qui fait retour avec lui. Pouchkine, et plus généralement le poète, est celui qui butine de fleur en fleur, qui assiste aux banquets comme dans l’Antiquité, dépose ses poèmes « sur les autels de Bacchus » (Odes, Anacréon), qui se gorge de miel transformé de « la pesante rose », qui est l’architecte des temps nouveaux. La mort du poète est mort du soleil : le « soleil de l’Hellade » qui pour les acméistes réchauffe et illumine de l’intérieur toute poésie authentique. La mort du soleil est le symbole cosmique de toute mort.

Mais il faut en même temps que les mythes et les symboles du passé meurent, et ceux qui les incarnent, pour que le temps nouveau puisse naître. Il faut au poète « porter le fardeau du temps » qui est pour lui « Un souci d’or » afin de créer une nouvelle tendresse, une nouvelle alliance des mots avec le monde. C’est pourquoi il y a une similitude profonde entre « la pesanteur » et « la tendresse ».

berguenzinc dit: à

pour saluer Claude-Jean Philippe….

Bloom dit: à

leur génération les a « gaspillés », s’appellent Nicolas Goumilev, Vélemir Khlebnikov, Vladimir Maïkovski, Serge Essénine, Marina Tsvetaeva —

Jakobson via Celan, met dans mille. Comme toujours. C’est A. Compagnon qui parle avec admiration et terreur mêlées de sa première visite au Collège de France où Jakobson, invité par Levi-Strauss, « expliquait » un sonnet de du Bellay. Gloire aux poètes, à leur lecteurs, traducteurs, décortiqueurs..;

-JE-

Sur le trottoir
de mon âme piétinée
les pas des fous
tissent les empreintes de mots sales & crus.
Là où les villes
se pendent
et dans le noeud coulant de nuage
les flèches torves
des tours
se figent-
je suis
le seul à pleurer
quand les carrefours
crucifient
les policiers.

Bloom dit: à

Vladimir MaïAkovski

Sergio dit: à

la vie dans les bois dit: 11 septembre 2016 à 17 h 10 min
d’ailleurs le prénom historique est Iossif.

Comme… Comme… Ha ben voilà on est vite oublié… Comme Koba, voyons !

Widergänger dit: à

Désormais le langage et ses lois guident les pas du poète. A sóty (les rayons de miel) répond séti (les rets, les réseaux de sens qui tissent le filet du poème chargé de nouer ensemble « pesanteur » et « tendresse ») ; opposition qui n’est pas sans faire quelque allusion à l’opposition platonicienne, d’origine orphico-pythagorique, dans le Cratyle (400 b) justement, qu’il reprend dans Phèdre (250 b) pour définir la Beauté, entre σῆμα (sèma) et σῶμα (soma), entre le « signe » et le « corps », le réseau d’étoiles ou constellation qui est aussi le « sépulcre » (sèma) et le « corps/cadavre » (soma) ; or il se trouve que les Tristes d’Ovide, dont Tristia se veut une réplique, fait allusion au « vieillard de Samos », Pythagore, (« Nam si morte carens uacua volat altus in aura/Spiritus et Samii sunt rata dicta senis,/Inter Sarmaticas Romana uagabitur umbras » : « Car, si l’âme immortelle vole là-haut dans l’espace, et si le vieillard de Samos a dit vrai, mon ombre romaine errera parmi celle des Sarmates et sera toujours étrangère parmi des mânes sauvages », Tristium Liber III, v.61-63). Mais maintenant, l’ordre des voyelles du premier vers qui les représentaient : -e- et -o-, est inversé, dans une structure chiasmique : -e- + -o- / -o- + -e- :

тяжeст и нежнoст / сoты и нежные сeти

De plus, le mot нежнoст (tendresse, douceur) semble justement être nié par le mot нежные, dont la seconde syllabe s’entend à peu près comme le négatif нет. La pesanteur semble prendre le pas sur la tendresse. On aura à s’interroger plus loin sur le sens de ce « souci d’or », — qui est de définir une politique du mythe et de la communauté humaine qui lui corresponde. Mais remarquons d’emblée que Mandelstam lui-même le souligne dans ses écrits théoriques qui en viennent à définir un humanisme, qu’il oppose au « civisme » de ses prédécesseurs, y compris les futuristes : « Le lyrisme civique, écrit Mandelstam dans son essai intitulé « De la nature du mot », ne s’était jusqu’alors élevé que jusqu’au « citoyen ». Mais il est un principe plus haut que le « citoyen », c’est l’ « homme » dans toute sa vertu viril. A la différence de l’ancienne poésie civique, la poésie russe doit aujourd’hui éduquer non plus seulement des citoyens mais des « hommes ». Cet idéal de virilité prend sa source dans le style et les impératifs pratiques de notre époque. Tout est devenu plus lourd (c’est moi qui souligne), plus massif, c’est pourquoi l’être humain doit devenir plus dur, puisqu’il doit être plus dur que toute chose sur terre et lui être ce que le diamant est au verre. Le caractère hiératique, c’est-à-dire sacré, de la poésie, est subordonné à la conviction que rien sur terre n’est plus dur que l’homme. » C’est en ce sens sans doute qu’il faut comprendre le second vers :

« Dire ton nom — soulever une pierre serait plus aisé ! »

D. dit: à

Il se trouve que j’aime énornement les réseaux d’insignifiants et les isotopides, Michel.

Lavande dit: à

Ben non Sergio, il n’est pas oublié, Iossif Vissarionovitch Djougachvili, puisqu’on cause de lui dans la RDL.

Vot dit: à

Tristia et autres poèmes de Ossip Mandelstam
LA PIERRE

Pesanteur et tendresse, sœurs aux signes semblables,
Lourdes roses pour les guêpes et les mouches à miel.
L’homme agonise, la chaleur s’échappe du sable
Et sur de noirs brancards git le soleil d’hier.

La pierre est plus légère qu’à ma bouche ton nom.
Ô ! lourds rayons des ruches et vous tendres réseaux !
Je n’ai pour vivre désormais d’autre raison —
Ce beau souci, du temps surmonter le fardeau.

Je bois comme une eau noire l’air soudain troublé.
Le soc creuse le temps. La rose fut de terre.
Dans le lent tourbillon, tendresse et pesanteur,
Des lourdes tendres roses font des couronnes doubles.

                              Koktebel, mars 1920.

(traduction François Kerel – 1975)

Lavande dit: à

Et pas que dans la RDL:
Iossif Vissarionovitch Djougachvili | Facebook
https://fr-fr.facebook.com/iossif.djougachvili
Iossif Vissarionovitch Djougachvili est sur Facebook. Inscrivez-vous sur Facebook pour communiquer avec Iossif Vissarionovitch Djougachvili et d’autres…

la vie dans les bois dit: à

« Et pas que dans la RDL:
Iossif Vissarionovitch Djougachvili »

très drôle, Lavande. La première fois que j’ai vu ce nom écrit, autrement que Joseph Staline, c’était… Eh bien c’était dans le livre de Jean-paul Dubois.
Puisque le grand-père du french doctor, était son toubib.

Widergänger dit: à

Une lettre de Mandelstam à Nadejda vers la même époque où il écrivit ce merveilleux poème, lettre du 5 décembre 1919, écrite de Feodossia :

« Machère enfant,

Il n’y a pratiquement aucun espoir que cette lettre te parvienne. Demain, Kolatchevski se rend à Kiev en passant par Odessa. Je prie Dieu que tu entendes ce que je vais te dire : petite fille, je ne veux ni ne peux vivre sans toi, tu es toute ma joie, tu es ma toute mienne, pour moi c’est simple comme le jour. Tu m’es devenue si proche que je parle tout le temps avec toi, je t’appelle, je me plains à toi. Je ne peux parler de tout, d’absolument tout, qu’à toi. Ma pauvre joie ! Tu es pour ta maman sa kinetchka et pour moi aussi ma kinetchka [un mot qui vient sans doute du yiddish « kindele », petit enfant, de l’allemand « Kind », enfant]. Je me réjouis et remercie Dieu de t’avoir donnée à moi. Avec toije n’aurai peur de rien, rien ne sera pénible… »
« Ta petite patte enfantine, barbouillée de charbon, ta petite robe bleue — j’ai tout en mémoire, je n’ai rien oublié… »
« Pardonne-moi ma faiblesse et de ne pas avoir toujours su te montrer combien je t’aimais. »
« Nadiouchka ! Si tu paraissais à l’instant devant moi, j’en pleurerais de joie. »
(…)
Ton O. M. « l’avorton ».

berguenzinc dit: à

Michel, le sort de mandelstam me rappelle celui, non moins terrible de Karl von Ossietzki que Goebbels fit arrêter et déporter et qui ne put jalais aller recevoir son Prix Nobel en 1938;

christiane dit: à

Donc, c’est à Vénus Khoury-Ghata que nous devons cette méditation sur ce que furent les derniers jours d’Ossip Mandelstam dans ce camp où, déporté, il mourait loin des siens. Cette belle plume de poète et de nouvelliste, née au nord du Liban dans le même village, Pshery, que Khalil Gibran, partagée entre deux langues : l’arabe maternel et le français, nous livre là des lignes (dont on peut lire quelques extraits en ligne), bouleversantes.

« Oui, je suis enterré, écrit-il en mai 1935, pourtant mes lèvres bougent. » Il va bientôt disparaître, soumis avec sa femme, à la persécution exercée par Staline dans la prison de Lubjanka.
Dans la vague des fictions biographiques de cette rentrée littéraire, ce livre « Les derniers jours de Mandelstam » de Vénus Khoury-Ghata sera certainement un arrachement au temps qui nous vaut ce superbe billet de P.Assouline. La poète, solidaire, ouvre la parole de Mandelstam du dedans de son silence, fouillant, à travers le temps et l’espace pour le faire venir vers nous, avec la masse des victimes qui sombrèrent là-bas dans l’obscurité d’un temps de terreur.
Que veut de nous ce livre singulier , Quelle écoute ? Transmission…

Widergänger dit: à

Oui, Jean-Philippe. Saturne qui dévore ses enfants.

J’espère que ça ne va pas recommencer avec ce nouveau siècle.

berguenzinc dit: à

ce billet et les brillantissimes interventions de Michel, prouvent, si besoin en était, de l’importance des poètes. Sinon à quoi bon les martyriser?

Sergio dit: à

Halor Коба, finalement à un moment, il en avait marre des toubibs il les a mis dans les camps, ce qui en soi était pas volé. Seulement il en restait, adonc, plus pour lui, aussi s’est-il adressé à une charmante représentante de la médecine parallèle, réalisme soviétique oblige, et pour un temps s’en est fort bien trouvé…

berguenzinc dit: à

« J’espère que ça ne va pas recommencer avec ce nouveau siècle. »

franhement, je n’en jurerais pas. Je suis très très pessimiste. pas que je joue Cassandre, histoire de me faire mousser, j’en ai rien à secouer, mais il y a des évidences. COntrairement à Von Ossietzky, justement , qui croyait, en 1933, que le nazisme s’effondrerait de l’intérieur sous le poids de ses contradictions. Quel aveuglement ! Et nous sommes ainsi, funambules sans balancier, devant le monde qui agonise, cette fois pour de vrai, et in girum imus nocte et consumimur igni comme disait l’autre…pas gai , tout ça…

Jean dit: à

son fameux épigramme de seize lignes contre Staline ?

Cet épigramme et les conséquences qu’il aura me paraissent démentir ce que dit Keats de la condition poétique dans sa lettre à John Woodhouse (27/10/1818) : pour lui, le poète investit la conscience de l’homme sans que celui-ci y ait la moindre responsabilité; l’expérience poétique est expérience d’une « déresponsabilisation intégrale et sans réserve », selon le commentaire de Giorgio Agamben. Chez Mandelstam au contraire, le poète ne saurait se distinguer de l’homme, du citoyen, du militant, et l’expérience poétique est celle d’une responsabilisation intégrale et sans réserve, dont il aura accepté de payer le prix.

berguenzinc dit: à

et Lev Davidovitch Bronstein, lui, il ne travailla jamais au « Vieux Campeur », à cause des piolets et des pics à glace.

Sergio dit: à

Lavande dit: 11 septembre 2016 à 18 h 10 min
Et pas que dans la RDL:
https://fr-fr.facebook.com/iossif.djougachvili
Iossif Vissarionovitch Djougachvili est sur

Ca suppose quand même qu’on ait choisi les prénoms sur deux générations ! C’est peut-être possible, après tout, dans les coins de la Géorgie…

Janssen J-J dit: à

(je cite) « Du fond de sa nuit, effrayé par l’ombre de son ombre, désespéré, halluciné et guetté par le suicide, Mandelstam avait lâché in fine une ode à Staline de sinistre mémoire dans le fol espoir d’en sortir enfin ».
(je recite un peu plus bas) « elle accorde des circonstances atténuantes à l’homme Mandelstam agonisant sur son châlit ».
Mais de quoi nous parle-t-on ? Encore d’un jugement rétrospectif sur une condamnation à mort inique vue par une poétesse astrale ?… On n’en sortira jamais.
(Je recite encore) « Il suffit d’avoir un jour effleuré son oeuvre, fût-ce en traduction, pour en être marqué à jamais ».
N’exagérons rien quand même, pour décrocher Jablonka.

Paul Edel dit: à

Cette rentrée littéraire commmence à flanquer le cafard.

Jean dit: à

Et nous sommes ainsi, funambules sans balancier, devant le monde qui agonise, cette fois pour de vrai (Berguenzinc)

Eh bé ? Eh bé alors ? on ne va tout de même pas baisser les bras. Si Heidegger a raison et si nous sommes des êtres-pour-la-mort, c’est à cette conscience de la mort qui nous attend que nous devons notre liberté et notre dignité. C’est elle qui faisait dire à Camus que le seul problème philosophique sérieux est celui du suicide. Alors, si nous ne choisissons pas cette solution, pas question de baisser les bras. Le monde n’agonise que si nous nous résignons à subir la vie comme une agonie. Nous sommes responsables de notre vie et du monde : c’est don quichottesque mais c’est la folie du héros de Cervantes qui est la vraie sagesse. L’épigramme de Mandelstam contre Djougachvili n’est exemplaire que si elle fut une arme de combat : acier contre acier.

berguenzinc dit: à

oui, sans doute, jean, sauf que cette fois, ce sont les éléments qui agonisent. On est dans une toute autre dimension que toutes les turptuudes humaines. Et je n suis pas ûr que , cette fois, la crise sera surmontée.

berguenzinc dit: à

Paul Edel dit: 11 septembre 2016 à 18 h 52 min

Cette rentrée littéraire commmence à flanquer le cafard.

pas faux….reste plus qu’à écouter la marche funèbre….pom pom popom popopom popom popom…

Janssen J-J dit: à

18.57 et si en plus, tu y rajoutes le décès du bon C.-J. Philippe en ce sinistre 11 septembre, demain, tu repars pas au boulot. Autant aller relire tout Cioran pour de bon.

bouguereau dit: à

cinq années de mutisme poétique

ça c’est du mozart

la vie dans les bois dit: à

Il était suicidaire Mandelstam ? Pour culpabiliser à ce point sa « machèrenfant »?

bouguereau dit: à

C’est elle qui faisait dire à Camus que le seul problème philosophique sérieux est celui du suicide

l’hinverse n’est pas vrai jean marron..ça ça suffit pour rende la proposition suspecte

bouguereau dit: à

Cette rentrée littéraire commmence à flanquer le cafard

putihn polo..les foire au pif hont commencé pour les gogos..bientot ça sra les conferences et les comices..les vrais pommes..les oignons jaunes..les feuilles mordoré..t’es vraiment un pichetriste

bouguereau dit: à

havec l’hitler la technique est nazi havec youzèpe la rage du desespoir fait gagner les guerres..et bergueune dit qu’on vit une hépoque formidabe

bouguereau dit: à

Chez Mandelstam au contraire, le poète ne saurait se distinguer de l’homme, du citoyen, du militant, et l’expérience poétique est celle d’une responsabilisation intégrale et sans réserve, dont il aura accepté de payer le prix

..henterrement dpremière classe..ha c’est hun peu moins minabe que verlaine en zonzon havec ses histoires de flingue et d’enculrie

Janssen J-J dit: à

les foire au pif hont commencé pour les gogos

oui, il reste qq bons chateauneuf-du-pape chez monoprix, ça peut t’aider pour passer l’Ossip du w-e, enfin pour les gogols qu’ont pas de cave, oui.

bouguereau dit: à

enfin pour les gogols qu’ont pas de cave, oui

jvais ha la cave que pour les femmes nues et chercher d’leau minérale..du coup jdois aller a lideul..c’est le fatome de maitn oxidental du 21eme..halors hévidemment faudrait une bonne guerre pour creuser des trou profond qu’il dit bergueune

Janssen J-J dit: à

et elle en dit quoi au juste la nouvelle cuisinière, du mangeur d’hommes ?

bouguereau dit: à

Il était suicidaire Mandelstam ?

y faut..nieztzlschle disoit que c’était l’meilleur somnifère

Janssen J-J dit: à

l’hinverse n’est pas vrai jean marron..ça ça suffit pour rende la proposition suspecte

t’as de + en + souvent raison mon pote, le vrai pb de philo c pas le suicide mais la sortie du néant par l’apparition à la vie : Camus, c pas un bon cognac épice et tout.

Janssen J-J dit: à

pom pom popom popopom popom popom…

c’était pas putôt lime à la joie (funèb) ? la 9e qui se prenait pour la 5e ?

la vie dans les bois dit: à

« Pas de pathos, ce serait insupportable, surtout dans un contexte aussi tragique »

Certes, la situation pathologique du poète a du causer bien des soucis à son épouse.

bouguereau dit: à

non..on en a tous fréquenté quelques uns..c’est que nombre de ‘suicidaire’ n’ont que foutre de la philo..pas inaxessibe au concèpe comme dracul..même pas retors..indifferent ? hum..le file est ailleurs dirait kabloom

bouguereau dit: à

non..on en a tous fréquenté quelques uns..c’est que nombre de ‘suicidaire’ n’ont que phoutre de la philo..pas inaxessibe au concèpe comme dracul..même pas retors..indifferent ?..hum..le xfile est ailleurs dirait kabloom

la vie dans les bois dit: à

Ah oui, je viens de voir le tableau.
Une femme tente de retenir son époux qui ne pense qu’à se jeter par la fenêtre.

Effectivement pour décrire la scène, faut faire économie de moyen.

Bon je vous laisse avec vos boîtes d’anti-dépresseurs et autres psychotropes, ça me gonfle ces génuflexions.

Janssen J-J dit: à

je les aimais bien moi, ses lunettes sur le front, après les pivoteries pour nous esspliquer le film du cinéclub à nous aut’ qu’on n’avait aucune kulture.

bouguereau dit: à

robinoud y sent concerné..ça lui rappelle des mauvais souvnirs..bon y’a pas dquoi rire non pus

bouguereau dit: à

je les aimais bien moi, ses lunettes sur le front

ho bin putihn les nécro ça tourne vite..moi cque chkiffais l’plus c’était ses chicots..hau moins y fzait pas texan

Phil dit: à

Il n’est pas très clair s’il s’agit d’une oeuvre de fiction ou d’un récit historique. Cent vingt pages semble un peu court pour produire des archives.
En tout cas, avec Liberati puis Jablonka et maintenant Mandelstam, les citoyens issus des pays de l’Est ne sont pas à la fête dans la rentrée littéraire de Paris intramuros.

Chaloux dit: à

A lire la noire sottise des propos du week-end sur Montaigne, on imagine sans peine ce qui restait d’Heidegger dans les jours précédents.(l’allusion à Valéry n’était pas mal non plus).
A chaque marche descendue par ce pantin d’esprit, on se dit : »C’est la dernière! ». Non, il y en a encore une.
Peut-on dire que cet univers d’indigence intellectuelle a quelque chose de piranésien?

Madelstam est on ne peut plus d’actualité. Dans le même ordre d’idée, avez-vous lu les Réflexions sur le Mensonge (Allia, 6.20 euros) d’Alexandre Koyré? Lisez-les.

Chaloux dit: à

Mandelstam…

bouguereau dit: à

tu veux dire que lassouline nous fait une foire a la vodka havec alcool de bois phil..dis le toudsuite

la vie dans les bois dit: à

Cela rappelle de mauvais souvenirs de lecture de Celan.
Y’a pas de quoi rire, c’est sûr. Surtout pour ceux qu’ils intoxiquent de leur pathos.

bouguereau dit: à

chsavais bien qut’étais resté caché derrière l’gros narbe robinoude..cachotier

bouguereau dit: à

ho putihn vla qu’on me corne d’en bas que mon break il hempèche le camion poubelle de passer..

MC dit: à

Claude-Jean Philippe…Souvenir il y a peu d’années d’un homme cordial, d’une grande urbanité, et d’une belle discussion sur « le Ciel peut Attendre » (mais oui!)dans une librairie bien moderne qu’il lui arrivait de fréquenter…

la vie dans les bois dit: à

si le centaure en est réduit à faire la dame pipi ici, c’est pas sûr qu’il fasse fortune. Comme l’autre magna-gna, et sa monomanie. Bizarre qu’ils aient rompu  » les ponts ».

la vie dans les bois dit: à

« Vénus Khoury-Ghata donne à entendre des voix et les fait résonner en un chant profond. »

en plus ça sort en audio ?

la vie dans les bois dit: à

Paraît que la dame, veuve du poète héroïque, a correspondu avec Soljenitsyne.

Phil dit: à

Vous allez acheter le livre, La vie ?
Dans les icones de cinéclubs français, ne restent plus que Patrick Brion et Jean Douchet. Ze show must go on.

Delaporte dit: à

Le ciné-club de Claude-Jean Philippe était plutôt intéressant, proposant toutes catégories de films, des plus anciens au plus modernes, et les faisant du coup entrer dans la cinéphilie, là où le discours devenait plus important que l’oeuvre. Une époque révolu, hélas.

Phil dit: à

La joyeuse bafouille de CJ Philippe devant un Pivot comateux en fin d’apostrophes fut aussi un moment de cinéma, peut-être le moins prévisible pour son auteur mais celui qui marquera la pellicule.

Jibé dit: à

meilleures, of course !

Giovanni Sant'Angelo dit: à


…quels sujets de discussions,!…mon Bacchus,!…
…et qu’est ce qu’il en pense Zeus,!…
…il s’en fou,!…

…on est bien avancé,!…on à rien pour nous le ménager,!…il est retord, que je vous dit,!…en droite ligne à cons,!…

…çà nous étonne pas,!…tout est calme dans la galaxie,!…
…juste une remarque des photos de Mars,…un commentateur à dit, que le relief, ressemblait au désert californien,!…

…des fois des pannes,!…pour pourvoir au chiffre en direct,!…une fusée, qui tousse,!…pas de boîtes de Coca qui traînent,!…des drones égarer par des vents violents,!…
…n’en ajoutons plus,!…on peux confondre,!…le ciel à son atmosphère,!…
…c’est pas du billard ces planètes en l’air,!…pas touche aux systèmes,!…
…Ah,!Ah,!…çà ou autre chose, sur l’échiquier, tout est dans la source d’éclairage,!…et vous voyez la panthère rose,!…
…çà, quels émotions de collabos,!…
…etc,!…

bérénice dit: à

l’autre magna-gna LDVB 20h15

Savez-vous LDVB à quoi me fait penser votre répété magna-na? A un groupe de musiciens, trés récemment assez loin d’eux j’entendais sur radio-classique un compositeur dont je n’ai pas pris le temps de noter le nom et ce que j’entendais, ce fut comme une révélation, ils avaient été plus qu’inspirés, on eut dit une copie. Chaloux pourrait s’il le voulait transmettre des précisions, je n’ai pas cette mémoire. Excusez de tomber aussi loin de la cible, je n’ai pas lu le billet, toujours pas les âmes mortes et ma culture de l’âme slave se limite à Gorki et Pouchkine aussi pour ne pas continuer de faire du canoë sur le flux de la RDL , je vous laisse en bonne compagnie concerter entre gens habilités et documentés .

Giovanni Sant'Angelo dit: à


…trop d’imagination, à en deviner,!…la vitesse du rail,!…ballotter à gauche au centre à droite,!…
…avec un carnet d’adresses,!…forcément,!…
…un emploi à tourner sur le T.G.V.,!…
…à heure fixe,!…coordinateur de presse,!…sur plis confidentiels au porteur,…

…un roman en suggestion, des variantes de gigolo,!…de face et de profil,!…
…le partage canonique en Escortboy,!…
…encore sein et sauf,!…la sécurité, sortir de moins en moins,!…
…pas regardant sur la dame de compagnie, c’est déjà le força du château qui reçoit,!…

…il faut se partager, pour ne pas se m’éprendre aux rixes,!…les morceaux à leurres,!…c’était un des précédent à l’exofiction des paroxismes,!…
…promettre et trouver la sortie de secours,!…
…une liste trop longue, faut assumer,!…
…et quoi encore,!…etc,!…çà mousse,!…
…calmer les jeux,!…pas gêner,!…

Bloom dit: à

Il bien ce blog d’où vous tirez les commentaires sur l’oeuvre de Mandelstam, Wider. Merci de me l’avoir fait connaitre.

JC..... dit: à

Effet inattendu de cet excellent billet de notre taulier, triste en cette rentrée : qu’est ce qu’on se prend dans la gueule comme noirceur. Nous voici, mineurs de fond remontant du trou, la gueule noire de la crasse humaine dans tous les domaines.

Ordonnateurs et complices unis dans la Ronde.

Deuxième effet inattendu, un fou rire causé par les souvenirs liés à mon grand âge : que sont devenus les intellectuels qui firent allégeance à ce Père des Peuples si affectueux, que sont ils devenus eux qui sachant tout ou ne voulant rien savoir défendirent la cause du peuple ?

Que sont devenus ces c.onnards de communistes français aux ordres de Stalin ? Ces merbes qui sentent encore l’horreur des certitudes pourries ?…

Widergänger dit: à

Oui, c’est le mien… Merci.

JC..... dit: à

Ce que l’on « apprend » là, est la fin d’un homme connu, estimé, d’un poète ….

…mais chaque homme qui a finit broyé par cette criminelle et sotte stalinité communiste, admirée par les c.ons, mériterait une pensée équivalente de notre part …

Ils furent des millions… !

Bloom dit: à

Félicitations!

Widergänger dit: à

Il ne faut pas confondre ces millions de communistes qui croyaient en la justice en ce monde et ceux qui les ont trompés.

Ces millions étaient de braves gens, ce n’étaient pas des criminels, encore moins des monstres. C’étaient des affamés de justice pour eux-mêmes et pour le genre humain. Il y avait de la grandeur en eux. Alors qu’aujourd’hui, il n’y a plus que Facebook qui compte. Ce sont eux qui avaient raison parce que seuls leurs idéaux sont à même de sauver un jour le monde de la catastrophe où il se précipite à grands pas.

Mandelstam aussi y a cru, et Maïakovski qui finit par se suicider et tant d’autres. Mandelstam s’est suicidé lui aussi en écrivant ce poème contre Staline ; c’était une forme de suicide. Il fut quasiment ministre de l’instruction publique durant un certain temps. Quel ministre ! Que dénergie, que de grandeur d’âme et de génie chez tous ces communistes qui donnent de l’homme une si grande et si belle image, celle que nous conservont à jamais dans notre cœur malgré l’atroce tragédie qui les a frappés. Ils peuvent encore nous servir de modèle.

JC..... dit: à

Wiwi, tu es un enfant …

JC..... dit: à

Confirmons l’évidence des faits : être communiste, c’est quelque part être adepte d’un système terroriste…

Donc, un imbécile.

Il suffit de regarder le look de Stalin avec le minimum de jugement, avec sa gueule de PERE NOEL ou celle de MLenin, avec sa gueule de sadique…!!!

JC..... dit: à

Wiwi, ce que tu dis, on peut le dire à propos de la naissance du nazisme : tu veux qu’on essaie ? C’est facile : tu remplaces « communistes » par « nazis »…

Et ça marche !

la vie dans les bois dit: à

@Sergio,11 septembre 2016 à 18 h 37 min

J’ai retrouvé dans le livre  » La succession » de Jean-Paul Dubois, le passage qui évoque les derniers jours de Staline et son rapport para.noïaque avec tout et tous, y compris les médecins, nombreux, qui l’entouraient.

Ce qui ne manque pas de sel, c’est que Staline est resté 3 jours à agoniser, de ce fait, puisque les médecins n’avaient pas le droit de l’approcher sur ordre de Beria

Beria, en disgrâce lui aussi auprès de Staline, victime ou fomenteur du « complot des blouses blanches » intervenu quelques temps avant la mort de Staline, fit disparaître les médecins qui procédèrent à l’autopsie de Staline.
Complot dit des blouses blanches, monté de toutes pièces, où il apparait que la plupart des medecins arrêtés, déportés, soupçonnés de vouloir assassiner des dirigeants soviétiques, étaient juifs.

Ces persécutions de médecins eurent par ailleurs, une toute autre ampleur.

http://tribulationsmoscou.blogspot.fr/2013/06/le-complot-des-blouses-blanches.html?view=classic

Widergänger dit: à

Non, ce n’est pas du tout la même chose en Allemagne. Ceux qui portaient l’espoir, ils furent assassinés, Libknecht et Rosa Luxembourg, qui auraient très certainement eu suffisamment d’influence pour orienter différemment l’histoire de l’Allemagne.

Pour sentir l’époque (années 1920- fin des années 1930, on peut lire aussi différentes correspondance :
— la correspondance de Marina Tsvetaeva avec une Tchèque pendant une petite vingtzaine d’années : Lettres à Anna, traduit par Éveline Amoursky, publiées chez Éditions des Syrtes, 2003, où j’ai appris que Marina avait une sœur cadette qui est morte en 1993 !
— La correspondance de Vladimir Maïakovski avec Lili Brik, sœur aînée de Elsa Triolet et en conséquence belle-sœur d’Aragon, rééditée chez Gallimard, collection « imaginaire », 1999.
— La correspondance croisée de Marina, Rilke et Pasternak, en 1926, publiée chez Gallimard.

Ce sont des documents précieux pour saisir sur le vif le siècle, « mon fauve », comme dit Mandelstam.

Chaloux dit: à

Widergänger dit: 12 septembre 2016 à 6 h 52 min

Qu’est-ce que c’est que ce style?

Merci de me l’avoir fait connaître!

Al Ceste dit: à

Alors que les photos d’identité judiciaire sont rarement à l’avantage des modèles (placés dans une telle situation de stress, quoi d’étonnant) ici on lit très bien le courage dont a fait preuve Mandelstam.

Les Staline n’auraient jamais le pouvoir exorbitant qu’on sait si les peuples comptaient plus d’Ossip Mandelstam.

Ci-dessous, article pour ceux que les ânes font braire :

http://misentrop2.canalblog.com/

Chaloux dit: à

WiKIgänger dit: 12 septembre 2016 à 7 h 34 min

Bravo!

la vie dans les bois dit: à

alors, non, pas du tout. For me et d’autres, magnagna, c’est un clebs, bâvant, genre pitbull. kss, kss.

Chaloux dit: à

Quand ils ont été assurés que Staline était mort, Béria et sa clique ont dansé dans la pièce à-côté. Dansé! Certains aspects de la petite histoire rejoignent indéniablement la grande.

la vie dans les bois dit: à

à 7 h 50 min

c’est dans quel film ?

Chaloux dit: à

Plutôt dans un bouquin d’Hélène Carrère d’Encausse. Ne suis que très peu cinéphile.

bérénice dit: à

Les Staline n’auraient jamais le pouvoir exorbitant qu’on sait

Pas si sûr, voyez dans une autre mesure et actuellement comment sont écartés les opposants au régime de Vladimir Poutine qui bénéficie de la majorité et est élu, réélu, en plaçant entre deux un de ses hommes. La nostalgie d’un pouvoir fort ou la peur d’un chaos plus dévastateur que ce qu’ils ont à vivre ? La manipulation de l’information ne sert plus à semer autant de morts néanmoins on peut constater que l’arbitraire agit toujours et qu’il n’épargne pas les plus puissants des rivaux, enfermés pour motif de corruption quand ils ne sont pas victimes d’empoisonnement, assassinés indirectement en raison de leur prise de position.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/russie-le-meurtre-de-nemtsov-s-ajoute-a-la-longue-liste-d-assassinats-politiques_1656479.html

bérénice dit: à

7h46 vous déménagez ou c’est une impression?

Bloom dit: à

Le dernier Julian Barnes, Le fracas du temps (The Noise of Time) est une exo-fiction (« biographical fiction » en anglais, langue qui supporte assez mal le jargon) consacrée à Chostakovitch & ses relations avec le petit père des peuples & son régime de bananes.
Ca va encore en déprimer certains…

la vie dans les bois dit: à

« Plutôt dans un bouquin d’Hélène Carrère d’Encausse »

Si c’est le cas, alors une recherche rapide sur le web, montre que c’est écrit beaucoup plus finement, concernant ceux qui, manifestant une joie mêlée de crainte, à la vue de l’agonisant, se livrèrent à des manifestations obscènes, devant ce qui advenait de leur petit père,  » coryphée des sciences », et qui les tenait par la terreur.
Un enseignement qu’ils avaient tous bien acquis.

bérénice dit: à

Bloom et est-ce que le livre plaide en sa faveur, montre la complexité des rapports contraints face à un dictateur?

Chaloux dit: à

Bloom, il existe déjà de très bons livres sur cette question.

bérénice dit: à

livrèrent à des manifestations obscènes

vous n’y étiez pas?

Chaloux dit: à

« une recherche rapide sur le web ».

J’adoooooore! On dirait une phrase -cachée – d’Alba.

renato dit: à

Même pas comme tyrans ils étaient à la hauteur car le vrai tyran ne cherche pas la vengeance, il cherche le consensus.

Phil dit: à

« Pourquoi avait-il pris le risque…, ce petit livre n’y répond pas, pas plus que la digression lyrico-opportune de Littell (père).
Eisenstein aussi pris des « risques », qui ne doit pas être le terme approprié.

renato dit: à

« Connait la situation »! Mandelstam et Maïakovski ont peut-être oublié ce simple conseil…

Bloom dit: à

Histoire Lot-et-Garonnaise: Labit enfonce Varin. Exit les fafs.

Widergänger dit: à

On peut aussi le lire autrement…

gontrand dit: à

Luc Ferry défendait bec et ongles ce matin chez Guillaume Durand la position de Michel Serres critiquée ici même par certains. Je répète qu’ils ont tous les deux factuellement raison. Le problème est qu’ils n’expliquent pas pourquoi le bonheur ressenti n’a pas augmenté dans les mêmes proportions que le PIB par tête et l’espérance de vie…

Chaloux dit: à

Widergänger dit: 12 septembre 2016 à 8 h 58 min
On peut aussi le lire autrement…

Réflexion d’un petit spécialiste !

Phil dit: à

Michel Serres devrait nous expliquer par quelle prousse philosophique il a retrouvé l’accent régional qu’il avait pris soin de perdre il y a trente ans.

Phil dit: à

prouesse !

Phil dit: à

Les « décodeurs » du Monde expliquaient il y a deux jours à renfort de graphiques et contorsions la santé de fer de Mme Clinton. Ces deux Beria journalistes enverraient Mandelstam au trou sans sourciller.

Jibé dit: à

C’est qu’en vieillissant on retombe en enfance, Phil !

Phil dit: à

Vous parlez d’expérience, dear Baroz ?

JC..... dit: à

S’il leur faut un Clinton, redonnez leur du Bill : il b.ande encore !

bouguereau dit: à

La pneumonie d’Hillary?…mouais…

c’est pour faire croire qu’elle a dgros poumon..y’a que des caves en politique ici

bouguereau dit: à

l’accent régional qu’il avait pris soin de perdre il y a trente ans

cré vindju la marie..la puissance du verbe..que des caves en litterature ici

bouguereau dit: à

« Connait la situation »! Mandelstam et Maïakovski ont peut-être oublié ce simple conseil…

bon..c’est lundi..pour rénateau haussi

bouguereau dit: à

Il suffit de regarder le look de Stalin avec le minimum de jugement, avec sa gueule de PERE NOEL

..t’as été traumatisé tout petit..moi c’était saint nic..jle rgardais hun peu de travers haussi

bouguereau dit: à

le père fouettard havec son grand sac..reuzment walmart auchan et carrefour l’on envoyé au goulag

christiane dit: à

@JC….. dit: 12 septembre 2016 à 6 h 25 min
Exact ! beaucoup de « noirceur ». On peut lire les billets comme étant les centres d’intérêt de leur auteur, les apprécier ou pas, sans pour cela se précipiter sur les livres signalés.
La lecture reste une route choisie par le lecteur qui traverse la rentrée littéraire comme une haie touffue séparant deux prairies calmes et fraîches où il est bon de reprendre le livre aimé, refermé le temps de lire un billet sur un blog (ou deux) incontournable et d’écouter les pépiements des oiseaux de passage, parfois rageurs dans leurs batailles et leur voracité.

JC..... dit: à

Bougboug,
Saint Nique m’est toujours apparu comme infiniment plus attrayant que le Père Noel, une ordure pédophile travaillant les petits en toute impunité !

bouguereau dit: à

Hélène Carrère d’Encausse

elle a tout mais tout pompée celle là..putain ces bouteilles que j’ai bu encore tendron.. »je verrai la fin du communisme de mon vivant! »..surtout quand qu’y hinvitaient un dissident..ma mère de ma mère..tous y rgardait la montre..et les bouteilles la bas sur les tréteaux..

bouguereau dit: à

une ordure pédophile travaillant les petits en toute impunité !

même les coco préféraient saint nic..ha hil havait pas l’air bonasse

theo dit: à

Chaloux dit: 12 septembre 2016 à 7 h 50 min

Quand Maggie T (idole d’adolf de pq) a clamsé les gens ont dansé dans la rue (en chantant la sorcière a crevé)

Jibé dit: à

Je n’ai jamais eu à proprement parler d’accent, Phil, tout au plus une intonation…

Phil dit: à

C’était une confusion, Baroz, je pensais que vous parliez de Mme Clinton (qui retombe en enfance).
L’expression de Michel Serres rappelle celle de Paul Guth, auteur aujourd’hui oublié de la série du Naïf, qui n’accéda jamais à l’Académie F sans doute agacée par sa faconde construite.

Bloom dit: à

Je n’ai jamais eu à proprement parler d’accent

Impossible, tout le monde en a un: principe linguistique cardinal, Baroz.
Tu veux dire que comme M. Jourdain, tu sais pas que t’as un accent.

JC..... dit: à

N’hésitons pas à nous fier aux apparences :

1/ alors que Stalin a une bonne tête à moustache pépère, Mandelstamm a un aspect « provocateur » insupportable pour tout démocrate empreint de sagesse. Dans le fond, ce poète qui fait le malin en illustration du billet … il a eu ce qu’il méritait. Gloire à Stalin ! A bas les poètes ! Longue vie au Parti Communiste : le parti de tous les travailleurs, nos frères !

2/ un crétin nommé théo veut faire croire que Maggie, notre bien aimée Maggie Thatcher, était une sorcière : il suffit de la voir pour comprendre que par son action merveilleuse contre cette crapule de Scargill, elle a remis son pays sur les rails du Brexit … Vive Maggie ! Vive notre black Maggie à nous ! Vive Christiane Taubira !…

theo dit: à

jc etla moustache de maggie…

Widergänger dit: à

Barroz veut simplement dire qu’il n’a jamais eu l’accent de Marseille. Il en avait peut-être un autre, de Cannes, mais qui ne différait que très peu de l’accent de Paris.

Faut tout expliquer à la fin… Hein, Barroz, sont durs…

boudegras dit: à

et dire que l’andouille haineuse de JC se croit le plus malin, quelle pipitié !

Widergänger dit: à

Il y avait pas mal d’effervescence littéraire à l’époque du poème acméiste cité. Mandelstam est le grand représentant de l’acméisme.

Il y avait les futuristes avec Maïakovski et Alekseï Kroutchonykh, et les imaginistes, dont l’imaginisme fut fondé en 1919 par Vadim Cherchenevitch, Anatoli Mariengof et Sergueï Essénine, espèce de surréalisme exacerbé, typiquement russe dans l’expressionnisme.

Et puis, il y avait Khlebnikov, un mystique un peu à part.

Une richesse de création extraordinaire. Avec des guerres intestines entre ces différents courants. Des haines mêmes. Qui ne sont pas pour rien dans la persécution de Mandelstam.

JC..... dit: à

Féministe, y compris la nuit, je voterai en 2017 – moi qui ne vote blanc que par dérision amusée – Christiane TAUBIRA, notre black Maggic !

Elle seule peut, depuis la Guyane, avec une bande de copains affidés, gérer ce gigantesque camp de vacances hexagonal que nous sommes devenus au fil d’années de fainéantise européenne. Elle seule peut nous sauver de la routine consumériste, numérique et démocratique. Elle seule peut comprendre les mal aimés mahométans, les magistrats, les exclus de l’aventure économique, les pauvres, les assistés professionnels… !

Conclusion : votez et faites voter pour notre intellectuelle crocodile indépendantiste, celle qui nous mettra sur les rails de l’Eurabia pour tous, notre sorcière bien-aimée, Christiane Taubiroute !

JC..... dit: à

L’antinomie entre Islam et République est totale. A qui faire croire que « l’immense majorité » de la masse musulmane est républicaine et démocrate ?

Larves, nous sommes devenus ! Mais avec un peu de chance, les malins, les Edwy, mourront en dernier !

theo dit: à

closet-ribouldinguo comme adolf: propagandistes nonstop

JC..... dit: à

Quittons nous – j’ai un déjeuner important d’un point de vue de la distraction pascalienne – sur un conseil d’ami :

« … ta gueule, raclure de théo/boulo/clodo ! »

A demain, de bonne heure avec notre bienfaisante étoile…

Jibé dit: à

Tu as l’accent parigot, Bloom ?
Ni Gavroche pour toi, ni Marius pour moi !
Plutôt un accent neutre, l’équivalent français de ce que les Anglais appellent l’accent de la BBC, peut-être ?

Korb dit: à

Remarquable billet,P.Assouline renoue avec le meilleur de RDL.
Le contraste n’en est que +grand avec les âneries Goncourt/Renaudot avalées; pour l’instant quatre expériences fâcheuses (à part Dubois;.) Atterré par le vide d’Avon qui traverse l’océan avec son frère, dialogues et situations nullissimes, aucune épaisseur. Vénus Khoury Ghata au Mercure, ce sera mieux? Impression au bout d’un moment que ces braves gens se foutent du monde et se paient notre tête.
Mandelstam, J.Littell en a beaucoup parlé, où c’était déjà? A la Sorbonne ? Il se posait en tant que spécialiste,sur Kershaw aussi(ce qu’il disait, pas mal sans plus?)Si je comprends bien il a été à bonne école.

Jibé dit: à

Etonnante photo de Mandelstam ! Bras croisés, sourire en coin, regard vif. On sent qu’il fait face, mais à quoi ? A l’adversité, à ses juges, à la mort ?

Widergänger dit: à

Il fait face à son destin, Jibé. Et il le sait. Et il l’aborde avec une grande sérénité, qui se lit sur son visage. Il sait qu’il est foutu mais il s’en moque, parce qu’il a soulagé sa conscience, qui devait le torturer. C’est un homme dans toute la plénitude du terme.

Ecce Homo.

JC..... dit: à

…et si, poète, donc un peu borderline, Mandelstam était un de ces idiots utiles qui se suicident en croyant vivre plus !?*

*on a du retard pour le déjeuner…

theo dit: à

ribouldingue dit: 12 septembre 2016 à 12 h 02 min

vous fatiguez pas, je clique pas sur vos liens

bérénice dit: à

Theo ne lit pas les liens, il n’écrit que peu, est-il le Lorca du blog avec cette infime déplacement qui consiste à vouloir user de sa liberté juste pour écrire un nom d’emprunt: Théo.

bérénice dit: à

A demain.

Widergänger dit: à

Il ne se suicide pas pour « vivre plus ». Il se suicide parce que la vie lui est devenue impossible dans le monde tel qu’il est, c’est-à-dire la longue « nuit soviétique », comme il dit dans un poème.
________

Socrate : (…) Et ce que disent ces lyriques, leur âme le réalise à la lettre : voilà bien en effet ce qu’ils nous disent à nous, ces poètes, que, puisant à des sources d’où coule le miel, butinant sur certains jardins et bocages des Muses, ils sont pareils aux abeilles quand ils nous apportent leurs vers et que, comme elles, ils volent eux aussi. »

(Platon, Ion, 534b)
_________

Papillons du Parnasse, et semblables aux abeilles
À qui le bon Platon compare nos merveilles,
Je suis chose légère et vole à tout sujet,
Je vais de fleur en fleur et d’objet en objet.

(La Fontaine, Discours à Madame de la Sablière)

la fille à la voilette dit: à

M.Court signale simplement le film de Lubitsch « le ciel peut attendre ». Je l’ai revu, il y a peu, sur une chaîne de cinétv; laquelle ?? film ,en couleur où la couleur joue pleinement son rôle, Gene Tierney en robe mauve , son chapeau orné d’un gros bouquet de violettes, des parents encombrants,désopilants nouveaux riches , et le héros,don ameche, mari volage ,séducteur invétéré qui descendu aux Enfers,entreprend de raconter, toute sa vie,avec allégresse. Une maîtrise subtile des cadrages, une ironie à la fois cynique et attendrie devant ces pantins si humains, auxquels nous ressemblons, sans doute !

D. dit: à

ce soir je me fais des prairies farcies.

Bloom dit: à

Tu as l’accent parigot, Bloom ?

Banlieue à certains moments, oui. Moins que Luc Lang, qui le soigne consciencieusement. Accent de l’Ile de France, soit disant « neutre », si j’en crois ce que j’entends.
Le BBC English est le plus aisé à comprendre. Depuis une dizaine d’année, la BBC s’ouvre à d’autres accents: indien, écossais, irlandais, américain (côte est)…En revanche, absence de l’accent de Londres et du sud-est – popu ou snob, il est vastement imbitable.
James Naughtie, ancien présentateur vedette du Today Programme et animateur de Bookclub sur Radio 4 a un accent écossais du nord-est, comme Kirsty Young, qui présente Desert Island Disc.
L’accent de la BBC est de plus en plus divers…
Malheurrrr à la petite du Lot qui veut devenirrr prrrésentatrrrriche rrrradio…!

ribouldingue dit: à

« ce soir je me fais des prairies farcies. »

Pas facile D!

la vie dans les bois dit: à

@12h02, une histoire de marseillais:

« Morceaux choisis.“Je m’assume comme femme, marseillaise, arabe, musulmane…avec les seins refaits”, revendique une mère de famille qui a aussi, entre autres, le ventre liposucé.“Moi, je ne suis pas dans l’ostentation. Je n’ouvre pas ma chemise jusqu’au nombril pour montrer que j’ai des seins à 4000 euros. Dans les quartiers, c’est beaucoup ça”, analyse une seconde. Une “revanche sociale”? Un témoignage semble l’indiquer.“Qu’est-ce qu’elles croient, les bourgeoises ? Que ça n’est pas pour nous ?, s’emporte une troisième. On va économiser sur une année entière, et puis on va s’offrir un truc qu’on aime, un bijou, un sac. Pour la chirurgie, c’est pareil.” »
https://marsactu.fr/bref/la-chirurgie-esthetique-en-vogue-dans-les-quartiers-nord/

Widergänger dit: à

Le recrutement des élèves de 6ème dans les collèges de Paris va se faire à l’aide d’un algorythme, contrairement à ce qu’avait dit la ministre le 8 septembre, pour privilégier la mixité sociale… Un joyeux bordel en perspective lors de la prochaine rentrée, si ce gouvernement est encore là.

Widergänger dit: à

Évidemment les 60 collèges privés échappent à la redistribution algorythmique. On s’en serait un peu douté.

ribouldingue dit: à

Bérénice, si theo ne lit pas les liens, c’est pour ne pas prendre le risque d’apprendre quelque chose qui bouscule ses certitudes…

Widergänger dit: à

Grâce à l’algorythme, le lycée Turgot s’est retrouvé en 2de avec 83% de boursiers. Question mixité sociale, l’algorythme a de sérieux progrès à faire. D’ici qu’on se retrouve avec toute la Seine Saint-Denis inscrite dans le 16ème arrondissement, il n’y a pas loin. Et vice versa. J’imagine d’ici la tête des parents d’élèves…Ça va vraiment être drôle.

Polémikoeur. dit: à

Algorithme.
Classiquement.

Bloom dit: à

Un joyeux bordel en perspective lors de la prochaine rentrée, si ce gouvernement est encore là.

Il ne seront plus aux affaires, mais c’est eux qui préparent la rentrée 2017, à moinss d’un excès de zèle (peu probable) des successeurs ( pas touche à mes vacances!).

Gilles dit: à

Pauvre Passoul,il va devoir prevoir l’assaisonnement pour sa sauce goncourt? En mangeant une quiche Picard maintenant les gens se croient chez Gagnaire. C’etait pas Widergranger finalement chez Annelise? L’avis de Popaul est demandé sur RDC sur Rainer Fassbinder

Lucien Bergeret dit: à

« Le recrutement des élèves de 6ème dans les collèges de Paris va se faire à l’aide d’un algorythme » (WGG)

Ça va danser, c’est sûr!

On écrit algoritme, mais peu importe!

MC dit: à

Bloom, sur Chostakovitch-Staline, il y a le film anglais Le Prince et Le Bouffon.
Pour Julian Barnes, j’aurais un préjugé favorable, vu son Arthur et George, très plausible reconstitution de l’Affaire Edjali ou Conan Doyle mena l’enquete.
Bien à vous.
MC

D. dit: à

ça s’écrit comme ça, algorithme.

Widergänger dit: à

Oui, j’ai vu, merci.

Sergio dit: à

Algorithme c’est comme algèbre c’est des mots arabes… Ha i savent compter les lascars ! Mais géométrie ça l’est pas…

la vie dans les bois dit: à

Je ne sais plus qui, sur ce blog, avait fait l’apologie d’une « historienne » révisionniste et stalinnienne, Lacroix-ruiz, ou qqchose dans le genre?

Widergänger dit: à

En fait c’est un mathématicien perse, pas arabe. Faut pas confondre…

berguenzinc dit: à

algorithme , ça vient d’Al Khuwarizmi, un mathématicien andalou..

agorithme scolaire, ça vient de de Nageatte Valo

berguenzinc dit: à

oui, perse…

berguenzinc dit: à

ni arabe, ni andalou

D. dit: à

finalement je mangerai des moules toutes simples ce soir.

Déconne dit: à

D. dit: 12 septembre 2016 à 14 h 58 min

Mékilékon !

Bloom dit: à

Oui, MC, Barnes est rarement décevant. L’inénarrable Perroquet de Flaubert, où Maxime Ducamp & ses appareils photo au pied des pyramides volent la vedette à Gustave.
Récemment, dans Levels of Life, Julian B. a écrit sa douleur après la mort de sa femme. Pudique & profond.
Francophone &-phile, c’est un vrai passeur de culture entre la GB & l’Hex-agonie.
BàV

D. dit: à

Nanar et sa frénésie de refor mes foireuses. La pauvre, elle oublie complètement que dans 8 mois c’est elle qu’on réforme, et pour toujours.
Et tout ses petits bidorures, planninv et algorithmes vont sauter comme du popcorn, ensuite on donnera un grand coup d’éponge et on s’occupera enfin des écoles.

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