de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Résultat pour : houellebecq

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Naturellement, il y en aura pour dire que c’était écrit d’avance, que c’était plié depuis des mois, qu’ils l’avaient donc prévu, anticipé, annoncé et qu’il n’y a donc pas de quoi être surpris eu égard au contexte politique et social. Il y en aura également pour décréter que cela ne dit rien de l’esprit du temps, que la vente des livres n’a de toute façon en rien partie liée avec la littérature et que la chose ne mérite au fond qu’un haussement d’épaules. Il n’empêche que Soumission de Michel Houellebecq est dans le même temps numéro un des ventes de […]

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Donc, Houellebecq. Impossible de le contourner, de faire l’impasse ou de passer par-dessus. Quoi qu’on pense de lui ou de ses livres, il est là, occupe le terrain et domine la scène littéraire française depuis près de vingt ans. A l’étranger, il est « le » romancier français par excellence, le plus traduit, le plus commenté, fût-ce souvent pour de mauvaises raisons, étant celui par qui le scandale arrive. Précédé par sa légende, chacun de ses romans est un événement avant même d’être publié, phénomène qui lui vaut le statut de phénomène de société. Soit, mais ce qui compte, c’est le texte […]

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Cette fois, c’est sûr : Jean-Luc Godard a été dépassé par son meilleur élève. Michel Houellebecq l’a supplanté, du moins médiatiquement. Il est celui que l’on veut interviewer car on guette ses provocations, ses débordements. Avec eux, il y a une chance sur deux qu’ils laissent passer un trait de génie, avec un sens de l’humour et un comique de situation irrésistibles, au milieu d’un certain nombre de banalités solennellement énoncées. L’un et l’autre sont les plus attendus des inattendus. Ils avancent par explosions de pensée et plus encore quand un micro leur est tendu. Leurs personnages chétifs sont assez semblables, […]

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A moins de ne pas vivre en France, ou d’être fermé à la lecture et à l’écoute des médias français, vous devez être des rares à ignorer la parution du cinquième recueil de poèmes de Michel Houellebecq Configuration du dernier rivage (104 pages, 15 euros, Flammarion). Dans un élan remarquable, avec une ferveur nord-coréenne, ils l’ont porté au plus haut et estampillé fin XIXème, quelque part entre Laforgue et Verlaine, ce qui a le mérite d’éviter les superlatifs aussi bien que l’analyse. Il est vrai qu’elle tourne court tant la matière est scolaire ; le recours à la rencontre ou à […]

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Un écrivain est d’abord un lecteur. Ainsi formulé cela paraît évident. On connaît peu de cas de vocations innées qui n’aient pas été d’abord enracinée dans un commerce ancien, dès le plus jeune âge, avec la littérature romanesque. Mémoires, biographies et journaux intimes nous ont suffisamment renseigné sur l’infini compagnonnage de tout écrivain bien né avec les livres des autres pour qu’on en doute. Encore faut il distinguer les classiques des contemporains. Certains ne lisent que les premiers, d’autres n’en ont que pour les seconds, plus rares sont ceux qui vont des uns aux autres. On en connaît même tels […]

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Des textes classiques pour éclairer notre lecture actuelle de l’islam, il n’en manque pas. Privilégier le grand livre de Claude Lévi-Strauss Tristes tropiques (Pocket) pour en isoler quelques pages, ce n’est pas seulement surprenant car inattendu : c’est aussi passer pour provocateur, surtout un demi-siècle après sa publication, à une époque rongée par le principe de précaution, la bien-pensance et le politiquement correct. Ces fameux passages ne sont pas inconnus mais méconnus. Régulièrement évoqués, rarement commentés. On sent comme une gêne chez ses admirateurs. Bien qu’il fut totem, il n’est pas devenu tabou. L’intellectuel a maintes fois été dénoncé pour son […]

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Et dire qu’on en est là : évoquer le génie de Baudelaire en contrepoint de celui de Houellebecq, parler de l’un pour établir des analogies avec l’autre, convoquer à son corps défendant l’ombre tutélaire de l’incontestable poète qui continue à dominer les lettres françaises depuis un siècle et demi pour consolider la réputation de celui que les medias veulent à tout prix nous vendre comme le Grand-Poète-de-son-époque… Quelle misère intellectuelle et quel triste signe des temps ! Il suffirait pourtant d’expédier la chose, et l’Autre autoconsacré par son propre pavé de l’Herne, d’une citation de Baudelaire échappée du Peintre de la vie moderne : […]

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Bonsoir tout le monde !

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I’m not there ? En effet. Comme prévu, Bob Dylan aura donc brillé par son absence samedi aux cérémonies de remise du prix Nobel de littérature à Stockholm. Il avait un autre engagement au même moment (la twittosphère a persiflé qu’il avait piscine). Son attitude est dans le droit fil de la désinvolture avec laquelle il n’avait pas daigné décrocher son téléphone pendant deux semaines à l’appel du comité Nobel chargé de lui annoncer la nouvelle, puis entretenu le suspens sur sa venue en Suède. Samedi, c’était donc le grand jour. Point de récipiendaire. Point de discours non plus. Les Suédois […]

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Une étrange impression nous gagne à l’issue de la lecture du Monde libre (230 pages, 19 euros, Les liens qui libèrent) d’Aude Lancelin. Etrange car paradoxale : on ne sait s’il faut la recommander absolument aux étudiants des écoles de journalisme afin de les mettre au parfum ou s’il faut au contraire les en dissuader absolument de crainte qu’ils n’aient une image déformée de leur futur activité. Car au-delà du règlement de compte personnel de l’auteur, qui se joue désormais devant les prudhommes, et de la dimension strictement politique de l’affaire, c’est bien de la conception du métier, de l’éthique des […]

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Quelques temps après l’attribution du prix Goncourt 2016 à Mathias Enard, un écrivain de mes amis mais que je me garderais bien de nommer, déçu de n’avoir pas été lui-même couronné cette année-là, me prit à part au hasard d’une rencontre en province et me tint ce discours : « J’ai crû comprendre que Boussole avait été choisi en raison de son exigence littéraire. Le mot revient dans tous les articles et la plupart des commentaires. Mais ça ne veut strictement rien dire, une littérature exigeante ; ce n’est ni un critère, ni un paradigme, encore moins une catégorie ou même une qualité ; […]

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