de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

Y a-t-il vraiment un « style Minuit » ?

1355

commentaires

Et dire qu’il y en a pour s’imaginer qu’un écrivain change de style en changeant d’éditeur ! Ou que, à tout le moins, son œuvre franchit une nouvelle étape après une rupture à laquelle quelques éditeurs, plusieurs critiques et certains universitaires accorderaient volontiers le statut d’épistémologique. D’aucuns ont voulu croire que celle de Simenon avait connu autant de périodes que celle de Picasso, ses éditeurs lui accordant sa couleur : la période Fayard, la période Gallimard et la période Presses de la Cité. Ce qui ne résistait pas à l’examen. Et pourtant, il arrive que des maisons d’édition de petite taille impriment […]

lire la suite .../ ...
Faudra-t-il protéger Kafka des kafkaïens ?

1615

commentaires

Après tout, qui sait si la perspective de l’imaginer un jour ensevelie sous une montagne de commentaires et d’analyses n’a pas fait renoncer Franz Kafka à publier son œuvre… Son ami Max Brod, à qui l’on doit de la connaître, ne l’a pas vraiment formulé ainsi, et même pas du tout ; mais au vu des rayonnages de bibliothèques consacrés dans de nombreuses langues à la dissection de ses écrits, rien n’interdit de le penser. Ces temps-ci encore, la kafkalogie déborde en librairie. S’il est un champ bien labouré, c’est celui-ci ; aussi se permet-on d’être exigeant avec les nouveautés. Non que […]

lire la suite .../ ...
Pour saluer aussi d’autres Pauvert

1054

commentaires

« Quel est aujourd’hui l’éditeur qui fait ce job ? » se demande Paul Edel sur son blog dans la chute de son hommage à Jean-Jacques Pauvert qui vient de disparaître à 88 ans. La question, posée ès-qualités par un critique littéraire doublé d’un écrivain, vaut d’être méditée car on la retrouve un peu partout dans les nécrologies du grand-éditeur-de-Sade qui fut aussi celui d’André Hardellet (il se retrouva au tribunal pour Lourdes, lentes), Siné, Topor, Mandiargues, Breton, Bataille, Albertine Sarrazin, Brigitte Lozerec’h, Hortense Dufour et l’exhumateur de textes d’Oscar Panizza, Georges Darien, Alfred Jarry, Léon Bloy, Raymond Roussel… Paul Edel cite à […]

lire la suite .../ ...
Les incertitudes manifestes de Frédéric Pajak

954

commentaires

Un tel projet force l’admiration que ce soit vis à vis de l’auteur Frédéric Pajak comme de l’éditeur, Noir sur blanc ayant pris le relais des PUF. Car il y a là, derrière le risque d’inscrire dans la durée une entreprise littéraire, historique, biographique en l’échelonnant avec un certain nombre de volumes, une vision artistique d’une ténacité et d’une singularité sans égales ni équivalent dans ce qui se publie de nos jours. Ils ne savent pas où ils vont ni le temps que cela prendra mais ils savent qu’ils y vont. C’est d’autant plus remarquable qu’en creusant ce sillon unique, […]

lire la suite .../ ...
1914, année Péguy

1914, année Péguy

Claire Daudin

8

commentaires

« Où est votre semaine ? Quelle sera votre fête ? Quel est votre anniversaire ? Quel jour sera le jour de votre commémoration ? Quel jour les petits arrivistes ultérieurs célèbreront-ils, organiseront-ils votre glorieux cinquantenaire, votre centenaire, votre bi-, votre cinq-centenaire. Il faut tout cela pour l’histoire « [1]. Tels sont les mots que Péguy prête à Clio, la muse de l’histoire, dans A nos amis, à nos abonnés, texte de juin 1909 qui ressasse l’échec du dreyfusisme dont le gérant des Cahiers de la Quinzaine fait une tragédie personnelle et nationale. En commémorant le centenaire de sa mort, en dédiant à Péguy non […]

lire la suite .../ ...
Variations sur « A qui la faute ? »

1171

commentaires

Quel lecteur passionné de la Lettre au père de Kafka, ou de Lettre à ma mère de Simenon, sinon des deux à la fois (c’est mon cas), a jamais rêvé d’en lire le retour ? Impossible évidemment puisque l’un n’avait pas posté sa longue philippique à son géniteur, et que l’autre l’avait publiée après la mort de la destinataire. Ce père et cette mère, on ne les connaît que par leurs fils, par leur reproches, leur vécu, leur ressenti. On ignore leur version des faits, leur vécu du conflit. Des biographes ont bien creusé de ce côté-là pour en savoir davantage. […]

lire la suite .../ ...
Amazon vs Hachette : George Orwell se rebiffe

1072

commentaires

Au fond, ils ont parfois du bon, les héritiers, ayant-droit et autres gardiens du temple. Et il ne faut pas rater une occasion de le reconnaître eu égard au nombre de fois où il prêtent le flanc à la critique pour leurs abus sur l’œuvre, la mémoire ou la biographie de l’écrivain qui les nourrit à titre posthume pour une vie au moins. Cette fois, il faut rendre grâce au Orwell Estate, à son agent littéraire et aux organisateurs du Orwell Prize, d’avoir réagi en lieu et place du vieux George. Car rien n’est détestable comme le détournement de citation […]

lire la suite .../ ...
Maurice Blanchot l’insurgé

Maurice Blanchot l’insurgé

1370

commentaires

En m’emparant de ce gros livre-là, mû par un réflexe chronique, je me suis également saisi d’un crayon à mine. Impensable de lire sans souligner, bâtonner, annoter, voire barrer, et même m’indigner, sinon corriger – à l’exception des Pléiade, tout de même, encore que j’en ai vu y surligner sans état d’âme à grands coups de stabilo rose fluo (j’ai failli appeler la police). On nous a assez répété qu’une fois publié, le livre n’appartenait plus à son auteur et que le lecteur devait se l’approprier ; or quelle meilleure manière d’y parvenir qu’en y superposant sa propre graphie aux impressions […]

lire la suite .../ ...
Mais qu’entendait Voltaire par « une femme au-dessus de son sexe » ?

917

commentaires

Cette petite énigme, qui ferait une excellente question pour un « Jeux de l’été » à compléter sur le sable, ouvre le copieux dossier consacré à « Voltaire et le sexe » par la dernière livraison de la Revue Voltaire (No 14, 2014, 335 pages, 29 euros, Presses de l’université Paris-Sorbonne). Naturellement, dans la mesure où il désignait par cette expression une attitude de Mme du Châtelet, entre autres, on suppose que sa qualité de femme aurait constitué à ses yeux un obstacle au déploiement de l’esprit, écueil que seules les plus brillantes pouvaient franchir avec succès. Mais cela ne suffit pas. Olivier Ferret […]

lire la suite .../ ...
Sade, ce fin rhétoricien

Sade, ce fin rhétoricien

Michèle Vallenthini

23

commentaires

Si la rhétorique classique préconise le modèle idéal d’une parole efficace et claire fondée sur des valeurs politiques, morales et spirituelles, les caractéristiques de l’« ars bene dicendi » sadien sont par contre totalement différentes. Pour simplifier les choses, on peut les réduire à deux : premièrement, la rhétorique sadienne se caractérise par une tendance à la surenchère, ce que Villeterque qualifie de « démesure », disloquant l’équilibre classique de la rhétorique, qui n’est pourtant jamais sans une élégance classique digne d’un Bossuet. Il y a de tout, et souvent il y en a trop : trop de mots, trop de pages, trop de […]

lire la suite .../ ...