de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

La ruche de Shakespeare

La ruche de Shakespeare

Henry Wessells

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Shakespeare’s Beehive (“La ruche de Shakespeare”) est le récit d’un exemplaire annoté d’An Alvearie or Quadruple Dictionary de John Baret, un grand in-folio publié à Londres par Henry Denham en 1580, qui ne fut ni réimprimé ni digitalisé jusqu’à nos jours. L’exemplaire en question porte des traces de la bibliothèque privée de Lady Georgiana Fullerton au XIXème siècle ; au XXIème siècle, il fut déniché par le « grand déluge » qu’est eBay, site de vente aux enchères sur internet, qui porte à la surface des eaux des matières qui demeuraient cachées. George Koppelman et Daniel Wechsler, antiquaires à New York, ont […]

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Pierre Herbart, une biographie plus grande que lui

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Le paradoxe est assez rare pour être examiné : on peut admirer le travail d’un biographe tout en se demandant si l’objet de ses recherches valaient que tant de talent, d’opiniâtreté, d’efforts fussent déployés. Un cas d’espèce que ce Pierre Herbart (616 pages, 29 euros, Grasset) de Jean-Luc Moreau, auteur d’essais autour de Camus, Sartre, Beauvoir, Dominique de Roux. On chemine agréablement dans la lecture de cette enquête fouillée, dense et fluide. Mais plus on avance, plus le doute nous envahit sur la personnalité du héros. N’eût été la curiosité persévérante et nostalgique de quelques éditeurs parisiens, autrefois celle de Guégan & […]

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Henriette, like a rolling stone

Henriette, like a rolling stone

Yannick Séité

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Le 26 mars 1764, alors que, depuis bientôt deux ans, il réside à Môtiers-Travers, dans les États du roi de Prusse, Jean-Jacques Rousseau reçoit une lettre signée du seul prénom d’Henriette. Cette inconnue – aujourd’hui encore, son identité demeure un mystère – s’y avoue peu douée dans le métier de vivre et vient en conséquence solliciter le conseil de Rousseau, que les récentes publications de La Nouvelle Héloïse puis d’Émile ont établi dans toute l’Europe et au-delà comme un ingénieur des âmes humaines et un expert dans les choses de l’éducation. (…) Au moment où il reçoit la quatrième lettre […]

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Ce que la Mitteleuropa doit à la nostalgie du monde d’hier

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Milan Kundera aura beau tonner contre et dire que « ça n’existe pas », la Mitteleuropa est partout. Guère d’études, d’articles ou de conversations sur le devenir de l’Europe qui n’y fassent référence. Ainsi l’influent quotidien économique Les Echos a-t-il récemment baptisé « syndrome de la Mitteleuropa » l’attitude par laquelle plusieurs nations occidentales ont stigmatisé l’Allemagne en lui imputant une large part de responsabilités dans les situations d’austérité qu’elles traversent. Entité floue aux frontières changeantes, notion diffuse s’il en est née au milieu du XIXème siècle, déjà difficile à cerner même en son âge d’or, la Mitteleuropa désigne traditionnellement en allemand l’Europe médiane […]

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Ninon de Lenclos sauvée par Saint-Evremond

Ninon de Lenclos sauvée par Saint-Evremond

Mamadou Abdoulaye Ly

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Il s’agit de Ninon de Lenclos, la plus célèbre courtisane du XVIIe siècle. Elle avait adopté, en effet, comme devise ‘jusqu’au bout’. Entre le 9 janvier 1623 et le 17 octobre 1705, Anne de L’Enclos a ébloui le siècle de Louis XIV par sa beauté et son libertinage. De la régence d’Anne d’Autriche à la veille de celle de Philippe d’Orléans, Ninon a régné dans le Marais par le culte du plaisir. Michel Vergé-Franceschi, qui la fait revivre dans une biographie au nom évocateur, Ninon de Lenclos, libertine du Grand Siècle, montre que cette fille d’un père libertin et assassin […]

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Quand on est quelqu’un, pourquoi vouloir être quelque chose?

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Ne vous êtes-vous jamais délecté du parfum subtil du paradoxe en lisant une étude très sérieuse aux plus hauts effets comiques ? Non que l’un exclue nécessairement l’autre, mais on ne s’attend pas nécessairement à éclater de rire, ou à rire sous cape si l’on se trouve dans le train, en lisant Coupole et dépendances (284 pages, 19,95 euros –sympa, ça, pour les libraires !- éditions du Moment), enquête sur le fonctionnement de l’Académie française. Ce n’est certes pas le premier livre qu’elle suscite. Mais dans cet esprit journalistique, il n’y avait guère que celui, amusant et informé, du plus parisien des […]

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Il n’y a que la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse

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Serait-ce la naissance d’un genre littéraire ? Comme on se dit sagement qu’en cette matière on n’invente jamais rien, ou alors une fois par siècle, on se doute qu’il doit bien y avoir des précédents, même si celui qui nous vient le plus naturellement à l’esprit, Jérôme Lindon de Jean Echenoz, est assez récent (éditions de Minuit, 2001), ainsi que les évocations de la figure Jean-Marc Roberts, patron de Stock, par Philippe Claudel et Jean-Marc Parisis. Bizarre tout de même que d’autres titres plus anciens ne s’imposent pas spontanément à notre mémoire. A croire que l’hommage de l’auteur à son éditeur […]

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Jean Rigaud, poète, en cours de découverte

Jean Rigaud, poète, en cours de découverte

Nadia Katz

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Jean Rigaud (1924-2005) s’est trouvé très jeune projeté hors de la norme quotidienne. Passant de la Khâgne à la Résistance, il est entré dans Paris en Août 1944 sur un char de la Division Leclerc, avant de s’enrôler, pour la durée de la guerre, dans le Premier Régiment de Parachutistes. Il a ensuite consacré une grande partie de sa vie aux mythes grecs et à l’histoire des religions. Sont-ce là les fondements qui l’ont amené à porter sur le monde un regard singulier où le temps et l’espace n’obéissent plus à la mesure commune, mais à une recomposition subjective ? Toujours est-il […]

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Jean Rouaud, confession d’un enfant des stèles

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Mais non, il ne s’agit pas d’un texte de circonstance publié à point pour la commémoration de 1914. Rien à voir. Après Comment gagner sa vie honnêtement et Une façon de chanter, il s’agit du troisième volet du cycle « La vie poétique », autobiographie littéraire de Jean Rouaud avec Un peu la guerre (253 pages, 18 euros, Grasset). Pas son genre pourtant. D’ailleurs, il l’avoue d’entrée : à force de s’éviter, il n’a guère le goût de parler de lui. N’aime pas encombrer. Ce que Jacques Perret appelait « le racontage de mézigue ». Seulement voilà : pour raconter son « chemin d’écriture », puisque c’est bien […]

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Ernst Jünger, vulnérable et reconnaissant

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Un débat de haute volée a récemment agité certains intervenautes de la « République des livres » : était-il concevable qu’un homme tel que Ernst Jünger (1895-1998) ait pu ignorer en 1940 que le verre dans lequel il convenait de verser le champagne se nommait une « flûte », sonorité qui l’amusa ainsi que les officiers de son régiment alors qu’ils passaient par Laon ? On trouve cela dans ses carnets de guerre. La réponse à cette passionnante question ne figure pas dans la biographie, pourtant très complète, que Julien Hervier consacre à Ernst Jünger. Dans les tempêtes du siècle (538 pages, 26 euros, Fayard). On […]

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