de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire

Claudio Magris : « Qu’est-ce qu’on perd en écrivant ? »

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Des rapports entre la littérature et la biographie, l’Histoire, l’invention, l’exactitude, la vérité, la traduction, le chat Murr, Danube et aussi la matière de Secrets, pamphlet contre la tyrannie de la transparence qui vient de paraître chez Bibliothèque Rivages (77 pages, 12 euros) à l’occasion d’une récente rencontre avec Claudio Magris en marge d’un débat à la Maison de l’Amérique latine. La République des livres : Vous parvenez, vous, à faire la part de l’invention dans vos livres ? Claudio Magris : On n’explore pas assez les liens entre littérature et journalisme. Cela fait quarante-huit ans que j’écris pour le Corriere della Serra. […]

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Mourir pour Palmyre ?

Mourir pour Palmyre ?

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La question s’était posée le 4 mai 1939 dans un éditorial célèbre de Marcel Déat à la une de L’Oeuvre ; c’est de Dantzig qu’il s’agissait. La même s’est récemment posée pour Palmyre mais, après le précédent des bouddhas de Bamyan, la réponse paraissait incluse dans la question. Quand il est si difficile d’engager des hommes pour défendre des hommes, et des troupes pour affronter des troupes, le sauvetage du patrimoine mondial de l’humanité est devenu secondaire dans la lutte contre une barbarie méthodiquement à l’œuvre. Ne reste plus qu’à déplorer, s’indigner et à dénoncer. Le nouveau livre de l’historien Paul […]

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L’adieu à l’Histoire de Régis Debray

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A propos, comment va l’Histoire ? Pas très fort. A lire Régis Debray dans l’essai qu’il vient de lui consacrer Madame H. (157 pages, 14 euros, Gallimard), et à l’écouter en parler, on s’inquièterait pour elle. Le titre même rappelle la Folle de Chaillot et les figures de furie, de mégère, de fouetteuses et autres allégories féminines avec lesquelles certains entretiennent un rapport fantasmatique. A tout le moins une emmerderesse mais fascinante, captivante. L’Histoire, il l’a bien connue. Dites Debray et aussitôt se profilent les ombres portées du Che et de Castro, la prison bolivienne et l’Elysée sous Mitterrand. Pourtant, […]

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Lucien Rebatet exhumé des décombres

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« Fallait-il republier ça ? » Le livre que l’historien Pascal Ory désigne de manière inhabituellement méprisante pour un préfacier comme « ça », est un ensemble de textes du sulfureux journaliste, polémiste, écrivain Lucien Rebatet dont le navire-amiral s’intitule Les Décombres. Il est vrai que ce best-seller de l’Occupation, aussi passionnant qu’immonde, mérite d’être ainsi traité. Le recueil porte bien son titre de Dossier Rebatet (Bouquins/Robert Laffont) car il est vraiment conçu comme tel : un ensemble comprenant l’essentiel des pièces permettant de se faire une idée complète du cas Rebatet et de juger, ce qui ne revient pas nécessairement à le juger. Juger pour se […]

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Garçon, le « Journal » !

Garçon, le « Journal » !

Jean Clausel

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Je ne comprends pas le succès de ce gros pavé qu’est le Journal 1939-1945 (édition établie, présentée et annotée par Pascal Fouché et Pascale Froment, 700 pages et index, 35 euros, Les Belles Lettres) de Maurice Garçon par de seules raisons d’intérêt historique ou littéraire. Il n’en a pas et pas la prétention d’en avoir. Garçon n’imagina jamais une publication mais, puis-je dire « comme moi » ?, un exercice quotidien de mémoire. Non, ce qui touche, c’est la peinture de la confusion et des incertitudes d’une époque vue par un homme de raison, pas du tout un idéologue, un homme qui se contente […]

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Coup de grâce de Javier Cercas à « ladite mémoire historique »

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Le plus fascinant livre d’histoire de la rentrée est un roman de 400 pages L’Imposteur (El impostor, traduit de l’espagnol par Elisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic, 400 pages, 23,50 euros,  Actes sud). Un récit réel qui a tout d’un roman sans fiction saturé de fiction. Auteur d’une œuvre déjà conséquente, notamment Les soldats de Salamine sur le destin d’un idéologue de la Phalange et Anatomie d’un instant sur le coup d’Etat avorté de 1981, Javier Cercas (1962) s’est laissé ensorceler non par son antihéros mais par son cas au sens pathologique du terme. A travers l’affaire Marco minutieusement démontée et […]

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Où va la philosophie médiévale ?

Où va la philosophie médiévale ?

Alain de Libera

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Quand commence la philosophie médiévale ? Quand finit-elle ? On dira : cela va de soi, elle commence et finit avec le Moyen Âge. C’est faux. Ou plutôt, cela dépend de la réponse que l’on fait à d’autres questions. Le Moyen Âge de l’historien a, si j’ose dire, longtemps commencé à la chute de Rome, en 476, avec l’abdication de Romulus Augustule, dernier empereur romain d’Occident, pour s’achever en 1453 avec la prise de Constantinople par Mehmed II et la chute de l’Empire romain d’Orient. Cette fin du Moyen Âge, événement politique et religieux interne à la fois à la romanité (Romanitas) et à […]

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Mais qui ne se dit pas républicain ?

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On ne s’attendrait pas à ce qu’un tel livre soit un « livre de l’été », catégorie floue dont on a longtemps crû qu’elle était un genre en soi, qui condamnait les lecteurs à s’abêtir au soleil en lisant des romans particulièrement creux fabriqués à cet usage. Mais depuis l’incroyable succès de plage de Montaillou, village occitan d’Emmanuel Le Roy Ladurie en 1975, passionnante mais assez aride étude d’ethnohistoire sur la vie de paysans montagnards imprégnés de foi cathare au XIVème siècle, éditeurs et libraires ont compris qu’ils avaient intérêt à ne pas trop programmer les habitudes de lecture en été (dans […]

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Jean Lacouture, des vies dans le siècle

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C’est un phénomène qui ne laisse pas de surprendre, du moins en France, car en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, l’art délicat de la nécrologie est moins consensuel. Le fait est que chez nous, la mort d’une personnalité fait taire l’esprit critique et suscite une unanimité suspecte, surtout quand, de son vivant, le défunt avait été régulièrement attaqué. On dira que c’est une question de respect pour celui qui n’est plus là pour se défendre, mais cette conception du respect, mêlée d’hypocrisie, est elle-même discutable. De Jean Lacouture, qui s’est laissé mourir à 94 ans, je garderais une forte empreinte peut-être […]

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Moïse et Jude, des hommes, rien que des hommes

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« …s’il a d’ailleurs jamais existé…  si Moïse il y eut jamais…». On trouve ces phrases dans Moïse fragile (276 pages, 22 euros, Alma).  « …peut-être… pourquoi pas… » figurent dans Vie de Jude, frère de Jésus (386 pages, 22,90 euros, Albin Michel). N’y voyez ni excès de prudence, ni principe de précaution, ni facilité rhétorique, ni stratégie pour ratisser au plus large vers un public que la foi a déserté si elle l’a jamais habité. C’est simplement que Jean-Christophe Attias et Françoise Chandernagor, chacun avec les moyens qui lui sont propres, ont avancé dans l’inconnu avec des repères éblouissants. L’un et l’autre […]

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