de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Magda Szabo porte ouverte

Magda Szabo porte ouverte

364

commentaires

Vous connaissez Emerence Szeredas dite simplement Emerence ? De toute façon, si vous l’aviez connue, vous ne l’auriez jamais oubliée. Un peu comme la Félicité d’Un Cœur simple que le génie de Flaubert a rendu inoubliable. Pourquoi une telle analogie alors que tout oppose ces deux personnages ? En raison du rapport entre le maître et l’esclave, le dominant et le dominé, la maîtresse de maison et son employée. Et parce qu’avec des moyens très différents, la romancière Magda Szabo (1917-2007), haute figure des lettres hongroises, en a fait quelqu’un dans son magnifique roman La Porte (Az Ajto, traduit du hongrois par […]

lire la suite .../ ...
La légende intime d’Aharon Appelfeld

La légende intime d’Aharon Appelfeld

Albert Bensoussan

5

commentaires

L’écrivain israélien Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine, territoire partagé entre l’Ukraine et la Roumanie tragiquement ballotté par l’Histoire. Son œuvre est forte d’une quarantaine d’ouvrages, pour près de la moitié traduits en français. Ce rescapé de la Shoah a vu disparaître ses parents et grands-parents, s’est évadé d’un camp de concentration – où a péri son père, sa mère ayant été exécutée précédemment −, a erré quatre ans dans les forêts d’Ukraine, avant de trouver refuge en Israël. Témoin privilégié de la destruction du shtetl et du génocide juif, il a parfois été considéré comme […]

lire la suite .../ ...
Le traître est parfois juste un peu en avance sur son temps

1850

commentaires

Franchement, que peut-on attendre d’un roman intitulé Judas (traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen, 352 pages, 21 euros, Gallimard) qu’une histoire de trahison, une réflexion sur la chose, ses avatars et ses variantes ? On n’aime pas trop que l’intention s’affiche dès le titre. Ca tue le mystère. Et pourtant… C’est compter sans le métier d’Amos Oz, sa maîtrise de tous les registres narratifs, sa formidable faculté d’empathie, sa capacité à faire dire à une histoire autre chose que ce qu’elle dit. Et si Judas avait été, contrairement aux interpretations communément admises, jusqu’à en faire le paradigme absolu de la figure […]

lire la suite .../ ...
Un métier à la portée des tout-petits

Un métier à la portée des tout-petits

Jean-Pierre Pisetta

9

commentaires

En 1986, peu après la publication de ma première traduction – des contes et des récits de Léon Tolstoï traduits du russe en français –, un ami me proposa d’aller présenter le livre dans l’école primaire de son fils. L’ouvrage étant illustré, j’avais fait des agrandissements de certains dessins et avais débarqué dans la région belge de Charleroi armé de mon matériel didactique. La classe était principalement composée d’enfants d’immigrés turcs et, après les présentations d’usage effectuées par la maîtresse, l’un de ces écoliers m’avait demandé ce que c’était que la « traduction ». C’est effectivement un mot savant et je me […]

lire la suite .../ ...
Ici l’ombre : en faire l’éloge ou la louange ?

1183

commentaires

Il y a une dizaine d’années, le Seuil avait publié un pénétrant essai de Max Milner sous le beau titre L’Envers du visible. Avec une vivifiante liberté intellectuelle qui convoquait tous les arts au service d’une curiosité sans borne, le critique y faisait rendre l’âme à un thème que l’on croirait infini : ce que l’on voit de l’ombre. Jamais rien lu d’aussi clair sur l’ombre dans l’art. Autrement dit sur la part d’ombre de l’invisible. Sa promenade érudite nous emmenait revisiter aussi bien le mythe de la caverne que le Diderot de la Lettre sur les aveugles, les enténébrés du […]

lire la suite .../ ...
Ce que « cervantiser » veut dire

Ce que « cervantiser » veut dire

Juan Goytisolo

5

commentaires

D’une manière générale, il existe deux sortes d’écrivains, ceux qui conçoivent leur tâche comme une carrière et ceux qui la vivent comme une addiction. L’écrivain qui appartient à la première catégorie prend soin de sa promotion, se dépense pour assurer sa visibilité médiatique et aspire au succès. Ce n’est pas le cas pour celui qui appartient à la seconde. Pour ce dernier, réaliser son propre épanouissement lui suffit amplement, mais si toutefois il arrive que son addiction lui procure quelques gains matériels, alors il passe de la catégorie des toxicomanes à celle des dealers ou des revendeurs. J’appellerai ceux de […]

lire la suite .../ ...
Javier Cercas à la recherche du point aveugle

1403

commentaires

Le roman sans fiction, cet écrivain n’est pas le premier à s’y frotter mais il est de ceux qui lui donnent ses lettres de noblesse. Né à Càceres (Estramadure) en 1962 mais barcelonais depuis l’âge de 4 ans, Javier Cercas a d’abord enseigné la littérature hispanique à l’université de Gérone avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Empruntant tant au roman, au récit historique, au portrait, au reportage, à l’interview et à l’enquête journalistique, sa manière lui a permis de grandes réussites, encensées tant par la critique que par le public en Espagne mais aussi dans de nombreux pays. En […]

lire la suite .../ ...
Ugo Foscolo et l’écriture d’un « problème italien »

2

commentaires

En octobre 1796, alors que le général Bonaparte apporte en Italie le germe de la révolution, la vieille République de Venise refuse l’alliance avec les Français et proclame sa neutralité. Empreint de convictions démocratiques, le jeune poète Ugo Foscolo s’indigne de voir la Sérénissime reculer devant ce qu’il considère comme un combat pour la liberté. La composition, au même moment, du sonnet À Venise (A Venezia), marque l’avènement en Europe d’une poésie à la fois historique et patriotique et donne le ton héroïque et civique des poèmes politiques qui vont suivre : Aux nouveaux républicains (Ai novelli repubblicani) et Bonaparte libérateur […]

lire la suite .../ ...
Stratégie des deux-points chez Gadda

Stratégie des deux-points chez Gadda

Jean-Paul Manganaro

4

commentaires

(…) Quels sont le noyau et le développement du Pasticciaccio (Quer pasticciaccio brutto de via Merulana qui paraît ces jours-ci en français sous le titre L’affreuse embrouille de via Merulana) ? La question est à la fois simple et compliquée. Elle est simple par son « histoire » : deux crimes sont au centre des événements, le vol des bijoux d’une comtesse d’origine vénitienne et, deux jours plus tard, l’assassinat de madame Liliana Balducci, romaine, perpétrés sur le troisième palier d’un immeuble, sis au 219 de via Merulana, où vivent confortablement des gens et des familles de la nouvelle bourgeoisie romaine, le « […]

lire la suite .../ ...
Coup d’oeil en « Enfer »

Coup d’oeil en « Enfer »

Jean-Pierre Pisetta

2

commentaires

Pourquoi traduit-on un texte ? La plupart du temps, bien sûr, parce qu’on nous le demande. Les traductions sont donc majoritairement des commandes. Dans le domaine littéraire toutefois, l’initiative revient souvent aux traducteurs et les éditeurs ne manquent pas de rester ouverts à leurs propositions. Mais certaines traductions se font aussi pour le plaisir, comme on peint un tableau, le dimanche, ou comme on cultiverait ses choux le temps de la retraite venu. Une fois la besogne menée à bien, elle devient quelquefois « rentable », c’est-à-dire que le tableau est vendu, que les choux sont dégustés et que la traduction atterrit dans l’étalage d’une […]

lire la suite .../ ...
PAGE12345...10...Last »