de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

Poésie

Mais malgré tout, ce monde était beau

738

commentaires

Sur 14-18, voyez Barbusse et Giono, voyez Dorgelès et Genevoix ! Ce conseil sous forme d’injonction, des générations de collégiens et de lycéens français l’ont entendu dans la bouche de leurs professeurs chaque fois qu’ils ont eu à plancher sur ladite Grande Guerre. Il est vrai que Le Feu, et Le Grand troupeau, Les Croix-de-bois et Ceux de 14 sont des livres puissants, des témoignages si incontestablement frappés du sceau de l’authenticité –et pour cause ! qu’on n’ose rappeler qu’ils se présentent comme des romans. Seuls les élèves les plus curieux osaient aller voir aussi ailleurs, du côté de La Comédie de Charleroi […]

lire la suite .../ ...
Le « troisième monde » de Marina Tsvetaeva

Le « troisième monde » de Marina Tsvetaeva

Hélène Henry

0

commentaire

Voici, enfin rassemblés, les « longs poèmes » de Marina Tsvetaeva, dans une traduction de Véronique Lossky. La traductrice achève avec ce volume une entreprise capitale : donner à lire en français toute l’oeuvre poétique de Tsvetaeva. Longtemps la porte n’avait été qu’entrouverte : la prose de Tsvetaeva nous était parvenue la première, grâce aux efforts conjugués d’éditeurs perceptifs (Clémence Hiver) et de quelques traducteurs de la première heure ; puis parurent, en 2009 et 2011, sous la direction de Tsvetan Todorov et Véronique Lossky, les deux tomes du Seuil. Moins heureuse malgré des réussites de traduction superbes, éparpillée, livrée au […]

lire la suite .../ ...
Lire Rilke, c’est d’abord prêter l’oreille

791

commentaires

Etant entendu que la fonction de la poésie est selon Yves Bonnefoy « d’inquiéter le langage », et que sa traduction reflète d’après Paul Valéry la nécessité de « créer de la grâce au plus près de la gêne », on n’en continuera pas moins à ses demander si un poète est le mieux placé pour traduire un poète. Le problème se pose avec moins d’acuité s’agissant d’un romancier pour un romancier, à supposer que cela fasse vraiment problème. Avec les poètes, il en va autrement. Le linguiste Roman Jakobson ayant décrété que par définition, la poésie était intraduisible, et que seule la transposition créatrice était […]

lire la suite .../ ...
Intraductibilités sonores

Intraductibilités sonores

Roméo Fratti

2

commentaires

Dans son essai intitulé Peut-on lire Pascoli en français aujourd’hui ? Jean-Charles Vegliante, poète, traducteur et professeur émérite à la Sorbonne-Nouvelle, se demandait si l’œuvre de Giovanni Pascoli, poète italien de la seconde moitié du XIXèmesiècle, avait une « chance d’être lisible comme texte : suite écrite, parole poétique, discours original déchiffrable et recevable, en français aujourd’hui. (…) » Les recherches de Vegliante ont mené à la rédaction d’un large choix de poèmes de Pascoli, réunis sous un titre qui renvoie sans ambiguïté au noyau de sens susceptible d’échapper à la raison lors de la lecture d’un texte poétique : L’impensé la poésie  (Choix de poèmes […]

lire la suite .../ ...
Prendre le temps d’écouter ce bruit-là

576

commentaires

Si tout autre maison que le Bruit du temps (avec La Dogana) avait publié ce coffret (1200 pages, 59 euros) habité par un cri et par la grâce, on aurait été en droit de dénoncer une injustice. Quel plus bel hommage que cette édition techniquement si soignée (typographie, papier, mise en page, finition) de ces deux volumes rassemblés, Œuvres poétiques ( en bilingue, 784 pages) et Œuvres en prose (736 pages) d’Ossip Mandelstam (1891-1938) ! On dira familièrement que c’est un petit éditeur. Comme quoi la taille ne préjuge pas de l’envergure. C’est pourtant un des plus discrets, exigeants, ambitieux, obstinés que […]

lire la suite .../ ...
Et la poésie, me direz-vous ?

Et la poésie, me direz-vous ?

Franck Venaille

2

commentaires

Je vous dois, d’emblée cette confidence, cet aveu : je suis mal à l’aise pour parler en public, au public, et personne de raisonnable n’a su, ou voulu, me donner des explications sur mon sort. Enfant, j’admirais Robin Crusoé parce qu’il avait appris à vivre et à penser seul. Seul ? Dernièrement j’ai lu un texte de Virginia Woolf où elle disait que durant des années notre ami Robinson « mangeait un bout », comme on le dit à Bruxelles, en dialoguant avec le pot en terre cuite qu’il avait fabriqué -– un pot définitivement muet. Modestement je rejoins le camp de Daniel Defoe. […]

lire la suite .../ ...
Traduire le silence de Rimbaud

Traduire le silence de Rimbaud

Roméo Fratti

3

commentaires

Comment entendre le langage baudelairien « des fleurs et des choses muettes » si ce n’est par le silence, premier pas vers l’écoute et la possibilité de comprendre ? « J’écrivais des silences, (…) je notais l’inexprimable (…) » affirme Arthur Rimbaud au moment de son bilan poétique dans Une saison en enfer. L’auteur suggère un refus de l’acte d’énonciation de la voix poétique et semble confier sa création à une perception sensorielle silencieuse, capable d’exprimer des aspects inexprimables du monde. Le sujet se tait pour céder sa place au silence. L’écriture en vient donc à désigner un processus de transcription du silence, qu’il s’agisse du […]

lire la suite .../ ...
Baudelaire plus que jamais « n’importe où hors du monde »

1018

commentaires

Et dire qu’on en est là : évoquer le génie de Baudelaire en contrepoint de celui de Houellebecq, parler de l’un pour établir des analogies avec l’autre, convoquer à son corps défendant l’ombre tutélaire de l’incontestable poète qui continue à dominer les lettres françaises depuis un siècle et demi pour consolider la réputation de celui que les medias veulent à tout prix nous vendre comme le Grand-Poète-de-son-époque… Quelle misère intellectuelle et quel triste signe des temps ! Il suffirait pourtant d’expédier la chose, et l’Autre autoconsacré par son propre pavé de l’Herne, d’une citation de Baudelaire échappée du Peintre de la vie moderne : […]

lire la suite .../ ...
Ce n’est rien, juste des mots écrits sur l’eau

713

commentaires

De Paterson de Jim Jarmusch, on pourrait dire a priori qu’il y a là un certain abus à anticiper sur le label poétique que la critique ciné ne manque pas de lui accoler. Il y a bien une histoire : un jeune chauffeur de bus, sa compagne, leur bouledogue anglais craint comme un pittbull vivent à Paterson, New Jersey. Paterson (car c’est aussi son nom à lui) a un emploi du temps hautement répétitif, ritualisé sans maniaquerie ni ponctualité. Juste que c’est tous les jours pareil : lever à six heures, gare des bus, la ligne toute la journée, retour à la maison, s’assoit […]

lire la suite .../ ...
Bonsoir tout le monde !

Bonsoir tout le monde !

1194

commentaires

I’m not there ? En effet. Comme prévu, Bob Dylan aura donc brillé par son absence samedi aux cérémonies de remise du prix Nobel de littérature à Stockholm. Il avait un autre engagement au même moment (la twittosphère a persiflé qu’il avait piscine). Son attitude est dans le droit fil de la désinvolture avec laquelle il n’avait pas daigné décrocher son téléphone pendant deux semaines à l’appel du comité Nobel chargé de lui annoncer la nouvelle, puis entretenu le suspens sur sa venue en Suède. Samedi, c’était donc le grand jour. Point de récipiendaire. Point de discours non plus. Les Suédois […]

lire la suite .../ ...
PAGE12345