de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

LE COIN DU CRITIQUE SDF

A brides abattues

A brides abattues

Dominique Bona

10

commentaires

La passion du Moyen-Age vient au berceau : à moins d’une longue psychanalyse on serait bien en peine d’en donner les raisons. Cet univers enchanté, avec ses djinns, ses fées, ses chevaliers de la Table Ronde et ses princesses à hennin, suscite des engouements durables, une fidélité comparable à celle qu’éprouvent les aficionados – capables de se reconnaître d’un point à l’autre de la planète, sans qu’importent leurs nationalités, puisqu’ils partagent les mêmes codes et le même langage et appartiennent à la même famille ensorcelée. Laurent Decaux, qui fait son entrée dans le monde romanesque avec Le Seigneur de Charny […]

lire la suite .../ ...
Philip Roth en ses fantômes

Philip Roth en ses fantômes

Philippe Jaworski

1

commentaire

(…) La vraie vie? Justement, chez Philip Roth, il n’y en a pas : la vie est ce qui manque, ou se manque. Il y a quelque chose de l’épopée — une épopée grinçante — dans ce tableau, vaste et minutieux, de la condition de l’écrivain (juif américain): l’auteur et ses personnages, sa création, l’auteur en proie à ses créatures, l’homme présent et absent dans son œuvre, la relation entre une vie d’homme et une vie de personnage. On résiste mal à l’envie d’appliquer à l’entreprise de Roth, pour la résumer d’un mot, la formule de Henry James citée dans […]

lire la suite .../ ...
Pour saluer Robert Delpire

Pour saluer Robert Delpire

Margaux Duquesne

2

commentaires

L’éditeur d’art, passeur de photos et de photographes et commissaire d’exposition Robert Delpire vient de nous quitter 91 ans. Drôle de carabin, qui a vite délaissé les clichés de radiologie pour ceux de Brassaï, Doisneau, Cartier-Bresson… Robert Delpire n’a que 23 ans lorsqu’il décide en 1950 de faire du journal de sa faculté de médecine… une revue d’art ! Au culot, il convainc Jean-Paul Sartre et André Breton d’y collaborer. Et il y publie la fine fleur des photographes et illustrateurs de l’époque. Le virus de l’image est trop fort pour l’ex-futur chirurgien, qui se fera tour à tour éditeur, […]

lire la suite .../ ...
Hérode, un roi pas tout à fait juif

Hérode, un roi pas tout à fait juif

Nathalie Cohen

11

commentaires

A quoi pense-t-on lorsqu’on entend prononcer le nom d’Hérode ? Dans la culture chrétienne, il est celui qui ordonne le massacre des « saints innocents », même s’il n’ a pas eu lieu. C’est aussi le mari d’Hérodiade, le persécuteur de saint Jean-Baptiste, même s’il s’agit en fait de l’un de ses descendants. Dans la culture juive, c’est celui qui a magnifié le deuxième Temple, l’évergète des villes d’un grand royaume d’Israël (Judée, Galilée, Gaulanitide, Batanée, Trachonitide, Auranitide..), mais aussi un roi pas tout à fait « Juif », un usurpateur cruel qui s’est débarrassé de la dynastie des Hasmonéens après s’être allié avec […]

lire la suite .../ ...
Myriam Anissimov en reconnaissance de vérité

Myriam Anissimov en reconnaissance de vérité

Albert Bensoussan

9

commentaires

Die liebe ist ziss… mit broïte (*) (proverbe yiddish)  Voilà un livre dont on ne peut se détacher, qu’on garde en sommeil et qui persiste comme un cauchemar. Myriam Anissimov, marquée par sa naissance dans un camp de réfugiés en Suisse et par l’horreur de la Shoah dont les siens furent victimes, et qui n’a jamais cessé de l’habiter tel un poison charrié dans son sang, ainsi qu’elle le dit dans son dernier livre : Les yeux bordés de reconnaissance (Le Seuil, 2017, 240p., 19€), revient à nous après tant de livres talentueux, dont ses grandes biographies de Romain Gary, de […]

lire la suite .../ ...
La vie, quand même

La vie, quand même

Daniel Lefort

3

commentaires

  Le récit du combat contre la maladie ou l’infirmité est devenu un genre en soi. Les uns constituent de brillantes réussites littéraires, d’autres sont émouvants sans susciter l’émotion esthétique. On me dira que seule l’émotion transmise compte, mais seule la qualité de l’écriture peut transformer le témoignage en œuvre et assurer une transfiguration, pliant les accidents de la vie à la rectitude de l’art pour que la flèche frappe en vibrant au centre de la cible. Nous en avons un exemple avec le livre unique d’Ariel Crozon – hapax imprévisible – qui doit sa consécration littéraire à Daniel Pennac […]

lire la suite .../ ...
Agent de Burroughs

Agent de Burroughs

ALLEN GINSBERG

1

commentaire

Je connaissais Bill Burroughs depuis Noël 1944 et, au début des années cinquante, nous échangions une volumineuse correspondance. J’avais toujours respecté en lui un aîné possédant plus de sagesse que moi, et c’est d’ailleurs avec étonnement que je constatai, dans les premières années de nos relations, qu’il me manifestait, de son côté, du respect. Le temps passant et au gré de la fortune de chacun —moi me retrouvant quelque temps dans la solitude d’un asile de fous, lui suivant sa trajectoire et ses tragédies propres —, j’eus l’audace d’abuser de ce que je pensais être chez lui de la timidité et je l’encourageai à écrire par vocation (…) […]

lire la suite .../ ...
Barbarie des « Misérables »

Barbarie des « Misérables »

Roméo Fratti

14

commentaires

Dans l’Antiquité, le terme ‘barbare’ est utilisé par les Grecs, puis par les Romains. Le barbaros ou barbarus désigne alors l’étranger, celui qui se situe à l’extérieur de la civilisation, entendue comme société ou communauté aux mœurs civilisées. Cet attribut de la barbarie implique, par définition, une exclusion, une non-participation à la vie politique. Or, dans Les Misérables, certains personnages se situent d’emblée ou se retrouvent dans un état de marginalisation. C’est le cas notamment de Thénardier, figure du ‘mauvais pauvre’, dont les actes sont en net contraste avec les mœurs a priori policées de la société ; de Fantine, que […]

lire la suite .../ ...
Et la poésie, me direz-vous ?

Et la poésie, me direz-vous ?

Franck Venaille

2

commentaires

Je vous dois, d’emblée cette confidence, cet aveu : je suis mal à l’aise pour parler en public, au public, et personne de raisonnable n’a su, ou voulu, me donner des explications sur mon sort. Enfant, j’admirais Robin Crusoé parce qu’il avait appris à vivre et à penser seul. Seul ? Dernièrement j’ai lu un texte de Virginia Woolf où elle disait que durant des années notre ami Robinson « mangeait un bout », comme on le dit à Bruxelles, en dialoguant avec le pot en terre cuite qu’il avait fabriqué -– un pot définitivement muet. Modestement je rejoins le camp de Daniel Defoe. […]

lire la suite .../ ...
Albert Memmi, dedans et dehors

Albert Memmi, dedans et dehors

Albert Bensoussan

4

commentaires

S’il est un homme à avoir pensé la Tunisie au temps de l’Indépendance, c’est bien l’écrivain Albert Memmi, romancier à succès – prix Carthage 1953 –, intellectuel engagé et sociologue accompli. La littérature de langue française en Tunisie commence réellement avec lui et la publication de La statue de sel, roman parrainé par ce grand découvreur que fut Maurice Nadeau et préfacé par Albert Camus. Memmi est alors un Tunisien convaincu. Né en 1920, à l’approche de son centenaire, il nous livre dans Tunisie, An I (édité et annoté par Guy Dugas, Biblis, CNRS éditions, 226 p., 10 €) ses carnets […]

lire la suite .../ ...
PAGE12345...10...Last »