de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Le Goncourt à Mathias Enard pour ses mille nuits en une

Le Goncourt à Mathias Enard pour ses mille nuits en une

C’est peu dire que l’attribution au premier tour de scrutin du Goncourt 2015 à Boussole de Mathias Ernard m’a comblé : dès le 30 août, dans un billet intitulé « Attention, grand livre ! » publié dans les les colonnes de la République des livres, j’invitais les lecteurs à s’en emparer avant de s’immerger dans ce fleuve de mots, de couleurs, d’émotions, d’idées, d’échos, de musiques, d’intuitions (lire ici). Une vraie boussole que ce roman foisonnant destiné à réorienter les plus désorientés. Mathias Enard commence donc dès demain son tour de France et de francophonie des librairies. Il en a bien pour un an. Cela tombe bien: la crise économique qui a sévi en Espagne ayant forcé les universités à pratiquer des coupes sombres dans les budgets, ce barcelonais d’adoption a vu son poste de professeur d’arabe supprimé ; réduit au chômage technique, cette bonne fourchette a monté avec un ami un restaurant libanais où l’on a souvent des chances de croiser Jonathan Littell…

2015 restera comme un grand crû pour Actes sud qui a commencé sa récolte avec le Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (considéré actuellement par Publisher’s Weekly comme l’un des meilleurs romans étrangers publiés cette année aux Etats-Unis), l’a poursuivi avec le Nobel de littérature à Svetlana Alexievitch pour l’ensemble de son oeuvre et l’a achevée (en principe, mais sait-on jamais, il en reste quelques uns) avec le Goncourt pour Boussole de Mathias Enard. La réussite d’une équipe, sans aucun doute, mais avant tout celle d’un homme, très discret, assez retiré dans sa campagne près d’Arles, celui qui a la haute main sur le choix des auteurs et des manuscrits tant français qu’étrangers, le directeur littéraire Bertrand Py. Ce matin, en marge de la cohue médiatique, je lui ai demandé de résumer l’esprit de son activité. Il l’a fait ainsi:

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« Je me sens comme un galeriste. J’expose en permanence des oeuvres en étant convaincu que certains artistes verront les leurs un jour et pour toujours accrochées dans un grand musée« .

Actes Sud, c’est lui. Ou plutôt : lui aussi. Car la maison a été depuis trente ans assimilée au nom des Nyssen. Le père d’abord, la fille ensuite. Or Bertrand Py se traduit en Actes depuis les tout débuts, en 1981. Il est actionnaire à hauteur de 4 %. Ce qui autorise le « directeur éditorial » à présenter la famille comme « mes associés ». Le programme, les auteurs, la ligne éditoriale, les collections, l’animation, les manuscrits, c’est lui. Qui le connaît ? Personne. Il faut dire qu’il a tout fait pour. Il vit à Fontvieille, près d’Arles, la province de la province. Le matin est réservé à l’agitation, l’après-midi à la réflexion. Ne pas mélanger le temps des rencontres et le temps de la lecture. « Il suffit de trouver la bonne distance par rapport à la sociabilité », concède-t-il. Il se fait parisien une semaine sur deux pour les besoins de la cause. Auteurs, représentants, libraires, critiques. Et ça marche. L’incontestable réussite d’Actes Sud en témoigne avec éclat. C’est peu dire qu’il y a sa part. Sans lui, ce serait une autre maison. Un autre catalogue.

Son genre : calme, optimiste, pragmatique. Py n’envisage jamais le départ d’un auteur comme définitif. Un aveu d’échec, certainement ; une déception, sans aucun doute ; mais… « ça n’est jamais fini ». Un homme de rituels et de rendez-vous. Une fois par an, en juin, il réunit deux cents libraires et cinq auteurs au Théâtre du Vieux-Colombier à Paris pour écouter des comédiens lire. Une fois par an, il rencontre la presse. Comment devient-on Bertrand Py ? On fait des études de sociologie et de lettres à Paris. Puis on commence une thèse sur les « Révolutionnaires et révolutions dans l’oeuvre de Jean Giono » ; on la laisse en plan. On se reconvertit dans l’écriture d’une étude de sociologie rurale, on découvre le premier livre publié par une petite maison,La Campagne inventée. Ce qui permet à Bertrand Py de se lier à l’un de ses coauteurs, Jean Viard, lequel lui présente Hubert Nyssen, qui commande une note de lecture sur un livre italien… C’est ainsi que Bertrand Py est entré dans le cercle enchanté de l’édition française et n’en est jamais sorti.

IMG_5656Le rythme de production d’Actes Sud, qui fête donc cette année ses trente ans, est étonnant. Près de 400 titres par an, tous genres confondus à 70 % de la fiction, dont 320 nouveautés, 6 000 titres au compteur. Pas de comité de lecture pour autant : que des face-à-face entre Bertrand Py et chacun de ses directeurs de collection, disposés en étoile. Des spécialistes choisis par lui : Marc de Gouvenain, Farouk Mardam-Bey, Rosie Pinhas-Delpuech… «

« Ce sont mes agents de renseignements, chargés de mettre en place avec les traducteurs un dispositif de vigilance mondiale sur la littérature. En publiant des livres coréens, suédois ou israéliens, nous n’épousons pas le marché, nous le faisons »

Si Actes Sud a pour réputation de privilégier le domaine étranger, ce sont pourtant ses auteurs français qui la font vivre. Py a aussi sa part dans l’évolution du fameux format Actes Sud, en hauteur. Marque de fabrique dont il a desserré les contraintes, tout en en conservant le principe. Il jouit d’une entière liberté, Françoise Nyssen ne découvrant les textes qu’en signant les contrats, et les 120 collaborateurs de la maison arlésienne à la parution du programme. Aussi, lorsque Actes Sud laisse passer un texte important, considère-t-il que c’est sa faute à lui : « une faute professionnelle ». De toute façon, les contraintes, il n’aime pas. « Vous ne m’entendrez pas dire : « On ne publiera jamais ça ! » » Il est vrai que le catalogue est éclectique. Il ne reflète que partiellement son catalogue intérieur, un imaginaire formé d’abord en opposition à la littérature bourgeoise de son milieu, celle de médecins parisiens qui préféraient Sabatier à Kundera.

Pour lui, c’est Giono le patron. Il n’a jamais cessé de le pratiquer et de l’admirer. Fondamentalement, Py est un homme du xixe, heureux lorsqu’il se perd dans les Carnets de Flaubert. Il y a du conservateur de musée dans sa manière de travailler pour l’avenir de la littérature. Pour ce qui restera. Au fond, ce fils de médecins n’a pas tout rejeté de son milieu puisqu’il confesse ne se connaître qu’une double ambition dans son métier : soigner et guérir les manuscrits. On voit déjà la plaque sur la porte : « Docteur Py, généraliste, Actes Sud ».

(« Mathias Enard et Bertrand Py » photos Passou) 

Cette entrée a été publiée dans Actualité, Littérature de langue française.

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commentaires

458 Réponses pour Le Goncourt à Mathias Enard pour ses mille nuits en une

oursivi dit: 6 novembre 2015 à 17 h 58 min

Vu sous l’angle de Houellebecq, on pourrait dire c’est Mathias Enard quoi.

Si n’êtes soumis aux règles de l’humour, cette plaisanterie vous demeurera inaccessible.

AO

bérénice dit: 5 novembre 2015 à 15 h 15 min

Je crois que c’est pour ce commentaire que j’ai eu envie de dérouler ces batailles vaines. Merci Chaloux.

Vous trouvez qu’il a de l’éléphant lui aussi et que chaque trompe pourtant bien définie, avec des mesures arrêtées et des mouvements prévisibles, Chaloux échappe aux lois de la gravité? Moi aussi, attendons sa limite sans souhaiter l’extinction d’une telle belle espèce.

Chaloux dit: 5 novembre 2015 à 11 h 05 min

@PMB

Cher Monsieur, quand un texte n’est pas de moi j’y mets les guillemets, ou si j’ai négligé de les mettre je m’en excuse le plus rapidement possible. Cette petite improvisation est le compte-rendu de mon dernier samedi.

Résumons..... dit: 5 novembre 2015 à 10 h 38 min

Chaloux, Christiane, ne soyez pas modestes !

Vous êtes systématiquement passionnants : je vous jure que je suis sincère, ce qui est rarissime chez un voluptueux de la fourberie à dose d’enclume de mon acabit …..

christiane dit: 5 novembre 2015 à 9 h 17 min

@Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 21 h 38 min
Je crois que c’est pour ce commentaire que j’ai eu envie de dérouler ces batailles vaines. Merci Chaloux.

valté dit: 5 novembre 2015 à 8 h 34 min

chantal dit: 4 novembre 2015 à 17 h 46 min
« diagonal on reçoit parfois un goncourt comme cadeau de rupture, par exemple confidence pour confidence de paule constant, je ne l’ai pas ouvert … je soupçonnais une vacherie. »

Vous pouvez à présent avoir la chance de lire merci pour ce moment (qui mérite le nobel de tous les temps)

Question dit: 5 novembre 2015 à 8 h 12 min

« se permettre de rabrouer des lecteurs malveillants en les traitant de feignasse, sous prétexte qu’il cale devant l’encyclopédie de ce roman pavé apparemment indigeste »

Alors, Alba, comment pouvez-vous trouver emmerdant un livre qu’apparemment vous n’avez pas lu ?

Bloom dit: 5 novembre 2015 à 4 h 25 min

Beloom est originaire de Rien-sur-Béton

Le rouge brun fait rimer « humour » & « lourd ». Sans la moindre honte, preuve d’incommensurable crétinerie.

Chaloux dit: 5 novembre 2015 à 0 h 58 min

Est-ce que Bouvard et Pécuchet ne célébrerait pas plutôt le caractère insondable des mystères l’Univers, de l’homme, de la nature, de l’histoire, à travers deux intelligences apparemment moyennes -mais n’est-ce pas une ruse du romancier de nous faire croire à leur médiocrité, de masquer leur génie?. Flaubert est un métaphysicien.

Les vrais grands chefs-d’oeuvre sont les livres qui gardent une absolue ambiguïté à travers les siècles. Le Satyricon, Don Quichotte, etc. Et Bouvard et Pécuchet, évidemment.

Widergänger dit: 5 novembre 2015 à 0 h 40 min

Mais enfin, mon grand Passou, mon bon chéri chéri, qu’est-ce que tu viens nous chantez là ?

Il ne s’agit nullement de se comparer à Py. Ta rhétorique à deux sous, tu sais où je me la mets… Non, soyons sérieux deux minutes, si tu veux bien. Il ne s’agit pas de se comparer à un éditeur (tu me prends vraiment pour un crétin…!). IL S’AGIT DE DEUX CONCEPTIONS INCOMPATIBLES DE LA LITTÉRATURE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

LÀ, ON EST DANS LE VRAI DÉBAT, TU PIGES !!!!!!!!!!!!

C’est une ignominie de considérer que la littérature est un musée. C’EST LA MORT DE LA LITTÉRATURE QUE TU DÉFENDS MAINTENANT, CHÉRI CHÉRI !? Non mais j’ahallucine !!!!!!

Avec Enard, c’est bien le très grave problème qui est posé justement. Le fait même, je te dirai, que Pépé Pivot, puisse se permettre de rabrouer des lecteurs malveillants en les traitant de feignasse, sous prétexte qu’il cale devant l’encyclopédie de ce roman pavé apparemment indigeste, soulève le problème esthétique et narratologique fondamental de ce genre de roman encyclopédique. Si le roman encyclopédique de Rabelais (Le Quart Livre) demeure un roman lisible et un très grand livre dans l’histoire littéraire, qui déborde de très loin le musée précisément, tu comprends, c’est qu’il réussit, quatre siècle plus tard, à nous faire encore rire et qu’il nous sert encore aujourd’hui à nous permettre de lire le monde, ce monde de m.erde avec ses guerres de religions, ses inventions technologiques meurtrières, ses débats houleux à propos de tout et de rien, qui engagent le destin de ce monde de m.erde ! Le Quart Livre, tu comprends, c’est tout, sauf un livre musée. C’est un brûlot !!!!!!!!!!! et il nous brûle encore les doigts en le lisant !!!!!!!!!!!!!!!!

JAMAIS LE PROBLÈME DE LA FEIGNANTISE N’AURAIT PU ÊTRE ÉVOQUÉE AVEC CE TRÈS GRAND ROMAN DE RABELAIS PARCE QU’IL SE MET LES RIEURS DE SON CÔTÉ QUAND BIEN MÊME IL ÉVOQUE DES PROBLÈMES SOCIO-HISTORIQUES ET MÉTAPHYSIQUE DE PREMIÈRE IMPORTANCE, ET QUI LE DEMEURENT !!!!!!!!!!!!!!!!!!! SI PÉPÉ PIVOT A PU SORTIR SA BLAGUE DÉBILE, C’EST PRÉCISÉMENT QUE PAR LÀ MÊME IL SOULIGNE, SANS MÊME S’EN RENDRE COMPTE D’AILLEURS (PARCE QU’IL N’A JAMAIS RIEN COMPRIS À L’ART ROMANESQUE, C’EST PAS SON TRUC), IL SOULIGNE DONC LA FAIBLESSE DU ROMAN D’ENARD, SA FAIBLESSE ESSENTIELLE, INCONTOURNABLE : ON S’EM.MER.DE EN LE LISANT !!!!!!!!! TU PIGES ÇA ????? Y A PAS PIRE COMME CRITIQUE D’UNE ŒUVRE LITTÉRAIRE !!!!!!!! PAS PIRE COMME CRITIQUE !!!!!!!!!!!!! Et c’est Pivot en personne qui l’a faite !!!!!!! C’est tragique !!!!!!!!!!

C’est pareil pour Bouvard et Pécuchet, qui met en scène et dénonce la transformation de la littérature en musée comme la mort annoncée de la littérature. C’est ça l’essentiel de ce très grand roman encyclopédique. C’est, à sa manière, plaisante et rigolarde même, la profonde gravité qui l’habite sous des dehors amusant au sujet de la bêtise qui n’est qu’un thème superficiel du roman.

Alors, tu comprendras, mon grand chéri chéri, que le Py, avec son musée de la littérature autoproclamé en plus, eh bien, je l’envoie au Diable !

Chaloux dit: 5 novembre 2015 à 0 h 24 min

Sergio, comme quoi le vieil adage gidien « tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé » est une fadaise.

Si Py pense à sa maison, il ne pense donc pas à la postérité. Difficile de faire les deux à la fois. D’ailleurs, chez Actes-Sud, comme chez tous les autres éditeurs, les seuls livres dont on soit certain qu’ils « passeront à la postérité » sont ceux qui y sont déjà, comme les adorables et si fins chefs-d’oeuvre de la délicieuse Nina Berberova, La vie de Liszt est un roman de Zsolt Harsànyi, Ermites dans la Taïga etc… j’ai relu il y a peu de temps le Tchaïkovski de Nina Berberova, une oeuvre alimentaire, mais un grand livre d’une finesse presque surnaturelle, vraiment du très grand art.
La plupart des auteurs francophones sont un peu trop bobos, et à mon humble avis disparaîtront aussi définitivement que la 4CV et le fer à friser.

A propos de littérature étrangère, je serais plus circonspect : il n’y a qu’en France que les éditeurs et la plupart des critiques littéraires s’imaginent que tout écrivain est tenu de barbouiller des imbécillités. Quel est ce romancier israélien né vers 67 dont le nom m’échappe, auteur de nouvelles parmi les plus belles qu’il m’ait été donné de lire. Notamment, celle d’un père qui meurt en serrant son enfant dans ses bras pour le rassurer pendant que la Gestapo -dont il ne dit pas le nom- cogne à la porte. Très pirandellien, celui des Nouvelles Pour Une Année, quand Pirandello est à son meilleur.

Sergio dit: 4 novembre 2015 à 23 h 50 min

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 23 h 10 min
on pleure très bien chez soi et pour un prix des plus modiques.

Et si on n’a plus de chez soi, on a deux raisons de pleurer ça marche encore mieux !

Ceci mis à part, à partir du moment où on en passe la porte, de chez soi, on est dans la société, avec ses inconvénients mais aussi sa protection : tout doit être à peu près là…

Je l’ai aussi fait, d’en sortir, mais sans pleurer, uniquement en clopant comme une deux cent trente-et-un, et alors surtout c’était rural, des verstes et des verstes dans le Jura, un dimanche après-midi ; c’est jamais très bon, le dimanche après-midi, c’est mère de tous les vices. Et alors ça complique le raisonnement, parce que non seulement j’ai rencontré personne, mais en plus j’ai rien payé ! Donc même pour la catharsis par l’argent, c’était cuit…

Passou dit: 4 novembre 2015 à 23 h 43 min

Wideganger et Paul Edel, c’est drôle que vous vous compariez à Bertrand Py :  » moi quand j’aime un livre… je ne pense pas au musée etc » C’est drôle car vous oubliez l’essentiel : face à un nouveau roman, votre avis n’engage que vous et n’aura coûté que le prix du volume en librairie; alors que lorsque le même roman plaît à Py, cela engage une décision qui engage toute une maison d’édition à parier sur lui, sur la qualité de son oeuvre à venir etc. Et ça ne vous est pas venu à l’esprit ?

Diagonal dit: 4 novembre 2015 à 23 h 15 min

« l’Autobiographie d’un Lecteur de Pierre Dumayet, un vrai grand livre ». Oui c’est exact, j’en ai gardé un très bon souvenir égotiste. Ce soir, au coin d’une bûche, je viens de lire un petit livre très instructif de Dominique Cardon : « A quoi rêvent les algorithmes, nos vies à l’heure du big data », et demain, je vais prendre des notes plus circonstanciées dans mon journal de bord sur papier… Ce petit livre nous change un peu et nous en dit long sur ce qui se joue aussi de manipulatoire, de jubilatoire, d’auto-intoxiquant et de bluffant dans, au-dessus, et en dessous du blog de la rdl.

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 23 h 10 min

Sergio, se retrouver entre les cuisses d’on ne sait qui, c’est bon à vingt ou vingt-cinq ans. Plus tard, je doute. Il m’est même incroyable pour moi que tant de quinquagénaires, de vieux messieurs, s’y laissent glisser. J’ai connu un garçon mort à vingt-six ans, d’ailleurs très beau, qui n’y allait que pour pleurer la tête dans un corsage qui ne soit pas celui de son amie. Des larmes d’or. Ces dames l’adoraient. Evidemment, l’amie pleurait toute seule de son côté. J’avais à peu près leur âge et ça me semblait déjà extraordinaire : on pleure très bien chez soi et pour un prix des plus modiques.

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 22 h 40 min

bérénice dit: 4 novembre 2015 à 15 h 25 min
L’expérience du bordel est saine, autrefois y étaient envoyés les puceaux pour qu’ils n’affichent pas cet air niais au premier saut de lit.

Il existe une lettre sublime de Proust – tout jeune- à son grand-père qui lui avait donné dix francs pour aller au bordel. Dans son émotion, Marcel casse un pot de chambre : trois francs. Il faut donc que pépé remette la main au portefeuille pour une nouvelle visite. Un chef d’oeuvre dont on se demande s’il a été vraiment lu par l’aïeul. Proust génial dans sa correspondance bien avant de l’être dans ses livres. La lettre comme prophétie de l’oeuvre.

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 22 h 17 min

Comme je ne regarde pas les émissions de divertissement, que je ne me rends pas à des réunions électorales et que je ne danse pas dans les mariages, demain matin, au lieu d’acheter le Goncourt, je vais chercher dans ma bibliothèque l’Autobiographie d’un Lecteur de Pierre Dumayet, un vrai grand livre.

Et pourquoi pas lire les autres? C’est une idée…

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 21 h 38 min

Postérité : il faut bien que tout soit passé à la moulinette du marketing. Air du temps…

… Île déserte…. En vieillissant, il n’y a rien qui me repose comme un samedi ou un dimanche après-midi, dans une maison silencieuse, au milieu d’un village désert. Il ne se passe rien. Strictement rien. Personne ne viendra. Absolument personne. Pas d’internet, pas de télé, une radio qu’on n’allume plus parce qu’elle grésille. Une pile de livres dans laquelle piocher avant de se décider. Silence de belle au bois dormant. Et même une pointe d’angoisse, d’ennui, pourquoi pas, quand tombe le chien et loup et que le froid de la nuit commence à descendre. L’heure d’allumer le feu. Puis le soir, les ténèbres, une bûche remise de temps à autre dans l’âtre. Pas lu, pas entendu une bêtise de la journée. On est devenu inatteignable. Un vrai samedi d’autrefois durant lequel il ne s’agit que d’exister.

Paul edel dit: 4 novembre 2015 à 20 h 56 min

Au lieu de dire ce qu’ il aime py joue à madame irma sur la postérité quel fumiste de saint Beuve à Gide tout le monde se trompe sur le tri que fait le temps je partage complètement la colère d alba quelle époque jj imagine la tête de stendhal et celle de flaubert en lisant py

Widergänger dit: 4 novembre 2015 à 20 h 35 min

Flaubert, tu comprends, mon grand Passou, c’est celui qui m’éclaire dans ce monde de m.erde ! C’est lui qui me permet de le voir tel qu’il est ce monde de m.erde et, pire, de l’aimer tel qu’il est ! C’est mon âme, c’est mon frère, c’est mon sauveur, c’est ma religion.

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 20 h 25 min

« cela signifie qu’il (Bertrand Py) place toujours les œuvres dans la perspective de la postérité ». (Pierre Assouline).

Presque comme Olivier, alors.
D’Olivier Py on pourrait dire « qu’il place toujours les œuvres dans la perspective du postérieur ».
Cela dit, c’est un authentique génie, il a tous les droits.

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 20 h 18 min

A 40-45 km km de Riez, il y a Rougon : miel sauvage à réveiller les morts. A chaque fois que j’y passe, j’en achète un pot.

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 20 h 08 min

« La littérature, c’est pas un musée, c’est la vie supérieure qui nous guide dans cette vie inférieure ».

Alba, jamais remonté de la cave.

« ben, on y est ! ON Y EST ! »

Alba, dis plutôt : »je suis un c.on », c’est plus direct.

Widergänger dit: 4 novembre 2015 à 20 h 05 min

Passou dit: 4 novembre 2015 à 7 h 46 min
_______
Merci, mon grand Passou. Mais on avait bien compris, rassurez-vous…

Le problème, mon grand chéri, c’est que pour moi, ben, la littérature n’a rien à voir avec un musée et la panthéonisation, mais avec la vie. La littérature, c’est pas un musée, c’est la vie supérieure qui nous guide dans cette vie inférieure, comme les eaux d’en haut dans la Bible avec les eaux d’en bas. Alors, tu comprends, mon grand Passou, le Py, là, le Py 2R, ben, son musée, y peut se le foutre où je pense.

Le pire, tu comprends, mon grand Passou, c’est que le Py, là, y veut dire quelque chose de beau, de bien, de positif, et pis, le Py, y s’enfonce ! C’est ça le Pire… Tu piges, mon grand Passou ?!!!

Mais le cauchemar mis en scène par Flaubert, ben, on y est ! ON Y EST !

Chaloux dit: 4 novembre 2015 à 20 h 03 min

Clopine qui tremblait d’effroi dit: 4 novembre 2015 à 14 h 15 min
« Par contre, j’ai aperçu Sigmaringen, de notre hôte »

Clopine, en développant, ça peut devenir très drôle :

« J’ai lu très peu de livres mais j’en ai aperçu beaucoup ».

Lucien Bergeret dit: 4 novembre 2015 à 19 h 41 min

« Qu’avez-vous donc tous contre Minkowski ?
………………..
Mais j’aurais dû me douter qu’en cette matière comme en tant d’autres, les vaniteux Bergeret, se haussant du col, prétendent avec aplomb décider que le talent est incompatible avec le goût du public. » (clopine)

Tiens! J’ai dit quelque chose contre Monsieur Minkowski?

Comme c’est bizarre!

Il se taira dit: 4 novembre 2015 à 19 h 39 min

R.I.P. dit: 4 novembre 2015 à 19 h 26 min
de nota dit: 4 novembre 2015 à 19 h 23 min

N’ayez crainte, je serai muet comme une tombe.

Moi aussi je connais dit: 4 novembre 2015 à 19 h 37 min

de nota, ne me dites pas que vous étiez ce libraire travesti outrageusement maquillé, à qui de vieux et respectables notables tendaient tant d’ouvrages en demandant « c’est combien? ». J’en serais péniblement affecté…

Sergio dit: 4 novembre 2015 à 19 h 28 min

Il est en cuisine dit: 4 novembre 2015 à 19 h 07 min
Si l’angle est arrondi comme sur tous les pianos européens c’est un Steinway allemand.

Ouf ! Sinon j’y allais au papier de verre, moi… Je faisais un discours à toute la salle pour essepliquer ! Ils en auraient pas cru leurs yeux comme disait Aznavour…

G.R. dit: 4 novembre 2015 à 19 h 26 min

de nota dit: 4 novembre 2015 à 19 h 23 min

N’ayez crainte, de nota, je serai muet comme une tombe, votre secret est bien gardé.

de nota dit: 4 novembre 2015 à 19 h 23 min

Hamlet, vous auriez fréquenté la librairie flammarion della piazza?
Bigre! Me voilà à découvert.
Je compte sur votre discrétion Hamlet, vous êtes un honnête homme, je le dis sans flagornerie; mais je peux me tromper, on peut toujours se tromper, enfin, n’allez pas me faire chanter! je suis pauvre comme Job depuis que je l’ai perdu, le job…

le garçon qu'on appelait monsieur dit: 4 novembre 2015 à 19 h 18 min

Un chapelet lourdingue et interminable de solutions pour répéter en boucle ses problèmes. Ça peut faire Möbius. Ou cache misère.

Clopine rassurée... dit: 4 novembre 2015 à 19 h 14 min

Mille pardons, Chaloux, c’est Bloom qu’il s’agit de convaincre, pas vous…

Qu’avez-vous donc tous contre Minkowski ? Certes, il paraît qu’à Grenoble, il avait les rênes plutôt large et qu’il s’est attiré l’ire des écologistes en présence. N’empêche qu’il a été assez généreux pour donner les droits de son interprétation à un documentaire… de défense de l’environnement…

Je ne suis pas assez avancée pour juger de la pertinence, ou non, de ses partis pris de direction musicale. Ce que je veux dire, c’est que la modernité que Minkovsky met dans ses interprétations du baroque servait parfaitement mon propos, de façon étonnamment adaptée. A savoir une musique du 18è, mais revisitée, énergisée en quelque sorte.

Mais j’aurais dû me douter qu’en cette matière comme en tant d’autres, les vaniteux Bergeret, se haussant du col, prétendent avec aplomb décider que le talent est incompatible avec le goût du public. Ca leur permet de consoler leur triste aridité créatrice : leur olympe est sec comme un mont chauve, mais au moins ils peuvent, tout à leur aise, y pérorer longuement…

Il est en cuisine dit: 4 novembre 2015 à 19 h 07 min

Sergio, il y a deux sortes de Steinway. Les allemands (Rubinstein), les américains (Horowitz). Le Steinway américain se reconnait à son rebord de clavier coupé en angle droit -comme la plupart des marques américaines. Si l’angle est arrondi comme sur tous les pianos européens c’est un Steinway allemand.

Giovanni Sant'Angelo dit: 4 novembre 2015 à 18 h 59 min


…je me suis toujours demandé, comment fonctionnait,!… » Chapeau de velours et bottes de cuir « ,!… » Amicalement votre « ,!….

…les  » méchants « , ou les trouve t »on aujourd’hui,!…

…il faut bien fabriquer, quelque chose,…

…çà fait bien plus de deux semaines, que le chat du voisinage,!…vit avec moi…

…personne ne le demande,!…il y est logé, nourrit,!…il est très sensible, être à ses ordres, de liberté,!…des griffes à la porte,!…vite la porte du jardin, bien ouverte,!…pour entrer ou sortir,!…
…déjà renouveler l’air,!…
…il s’adapte à tout, savoir le guider,!…il choisis vite son intérêt,!…

…bien sur, il à totalement confiance, depuis des années qu’on se connait,!…
…il m’a apprivoisé, pour l’adopter,!…
…çà ne s’invente pas,!…Ah,!Ah,!…
…etc,!…

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