de Pierre Assouline

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Speculator, le retour

Speculator, le retour

Voilà un intellectuel français dont l’œuvre est considérable, dont l’influence diffuse est incontestable, dont la réflexion enrichie en permanence par les traditions africaines et japonaises est un enrichissement permanent pour ceux qui le suivent et dont la présence médiatique est nulle. Entendez : inexistante. Ceci explique cela. Notez qu’il aurait mauvaise grâce à s’en plaindre puisque de cette situation, il est le premier responsable. D’ailleurs il ne s’en plaint pas. Et ce n’est pas aujourd’hui que Pierre Legendre va changer ni renoncer à ses « manières monastiques ». Il a fait paraître au début de cette année un petit livre qui serait un excellent moyen de faire connaissance pour ceux qui ne l’ont jamais approché.

A 89 ans, Pierre Legendre demeure ce qu’il a toujours été : un fou de droit. Sa formation en témoignait déjà (humanités gréco-latines, agrégation de droit romain et d’histoire du droit), sa pratique aussi (Ecole pratique, Sorbonne). Mais lorsqu’on sait que, parallèlement, il aussi été psychanalyste (et Freud n’est jamais loin dans son exploration des coulisses inconscientes de la parole), expert de l’Unesco pour l’Afrique et surtout auteur de documentaires télévisés en prise directe avec sa réflexion sur l’architecture dogmatique de nos sociétés, on mesure la nature et l’ampleur du pas de côté accompli par ce non-conformiste de la plus normative des disciplines. L’important, c’est la curiosité. La sienne est sans repos. Tant mieux car elle est féconde.

On ne perd jamais son temps à frotter son intelligence et ses doutes à un tel esprit. Tout le contraire de ceux qu’il tance comme des « intellectuels de parade », « penseurs au pinacle »et autres « truth makers », loin, très loin d’une aristocratie de l’esprit qu’il appelle de ses vœux (c’était également le souhait d’Umberto Eco à la fin de sa vie, conclusion à laquelle il était parvenu après avoir passé et perdu beaucoup de temps sur les plateaux), à laquelle n’importe quel animal réfléchissant peut accéder, et surtout pas une élite autoproclamée. Il nous invite à préserver l’intimité avec soi, à se méfier des pédagogues, faussaires, habiles et demi-habiles, à se défier des plagiaires jusqu’à ce qu’ils se démasquent. Vaste programme !

Au fond, ce qu’il leur pardonne le moins sous « un surplus de jactance », c’est d’être imperméables à la perplexité et partout, hermétique au doute, à l’incertitude, à l’intranquillité. Surtout à l’esprit d’inachèvement sans quoi tout débat d’idées est clos à peine ouvert. Il les croit soumis à une volonté d’ignorer, ce qui reste à prouver au-delà du tranchant des formules polémiques. Vraiment, il y a un refus de reconnaître que la civilisation occidentale, de l’Europe à l’Amérique, a pour double socle la Bible et la codification du droit romain par l’empereur Justinien 1er ? Pourtant, cela paraît tellement évident…

Le Visage de la main (96 pages, 16,90 euros, Les Belles lettres), opuscule d’une fabrication particulièrement soignée (papier, mise en page, typographie et reproductions aux couleurs assez bien respectées), n’est pas, contrairement à ce que son titre pourrait laisser accroire, une analyse du fameux traité de l’historien de l’art Henri Focillon Eloge de la main(1964) sur la puissance de persuasion de l’organe aveugle et muet. Au vrai, il ne relève d’aucun genre. Disons des éclats d’essai faute de mieux. A priori il s’adresse à tout visiteur de l’adresse arsdogmatica.com où se loge le site « La Fabrique de Pierre Legendre » ; cela dit, il peut se lire indépendamment de sa consultation et même hors toute familiarité avec l’œuvre en question. D’autant qu’il est aussi remarquable par les pistes qu’il ouvre que par son écriture, d’un classicisme assez rares chez les universitaires et les juristes, lesquels portent généralement leurs efforts sur la démonstration. On notera d’ailleurs qu’elle est d’une grande tenue et ne se relâche, volontairement, que pour dénoncer « le foutoir des sciences sociales, humaines et gestionnaires, usine aux succursales multiples, qui souvent ressemble à un Abattoir de pensée » (où l’on voit que l’auteur ne déteste pas les majuscules, jamais gratuites, naturellement)

De quoi nous entretient-il ? De la nécessité de vivre dans un Monde généalogiquement organisé. Du besoin de se laisser toutes choses résonner en nous avant de les raisonner. Des illusions qui obscurcissent le débat occidental. De la masse des experts auxquels il manque une case, du politique comme de la colle indispensable qui autorise « la coïncidence des opposés » (Nicolas de Cues)… S’il en revient toujours aux trois concepts solidaires sur lesquels repose son projet d’explication du monde (anthropos, logos, dogma), un certain nombre de tableaux et de photographies nourrissent sa réflexion, notamment  Saint Augustin en train d’écrire une lettre à Saint Jérôme (1502) de Carpaccio qui expose la vision du principe, c’est à dire le besoin de commencer en permanence qui gouverne le rapport au monde l’animal humain, la place transcendantale d’un Miroir invisible et magique qui fait dire à la Bête dans le film de Cocteau et Marais :

« Je suis votre Miroir, la Belle. Réfléchissez pour moi. Je réfléchirai pour vous »

Avec Le Visage de la main, qu’on ait lu ou pas ses ouvrages magistraux sur le parricide ou sur la fabrique de l’homme occidental, on comprend mieux au nom de quoi il travaille et quel fut l’inaugural de sa vie. Son livre ne raconte rien, proprement dit, mais il renvoie à son site qui lui propose une narration à travers un montage de concepts articulés autour d’une pensée. Internet ne l’intéresse pas comme support technique mais comme miroir, et même comme Grand Miroir, histoire de faire écho au Speculum Maius du dominicain du XIIIème siècle Guillaume Durand dit Speculator. Pierre Legendre, qui lui a déjà consacré des Leçons, lui voue une reconnaissance éternelle pour lui avoir donné le fol espoir qui a nourri une illusion de jeunesse : « tenter de se hisser à la connaissance de quelque chose d’absolu : le désir des lointains »en spéculant sur toute manière connaissable. Au fond, Speculator, c’est lui.

Citer, c’est ressusciter. Un tel livre vaut aussi par l’inattendu de ses citations- et toutes ne prennent pas leur source dans l’histoire médiévale des montages religieux et juridiques de l’Occident ! Celle du malien Amadou Hampaté Bâ est bienvenue sur « … la bizarre détermination des Blancs-blancs à vouloir coûte que coûte, nous faire vomir nos us et coutumes pour nous gaver des leurs ». Ce jugement de 1973, dans lequel le Blanc-blanc est distingué du Blanc-noir, fonctionnaire de l’administration, Legendre le renvoie aujourd’hui « aux prédicateurs-experts en démocratie, sous le règne d’une Mondialisation sans scrupules ».

In fine, il revient sur « l’inouï du parricide », entendez le meurtre de l’Ancêtre juif par l’Allemagne nazie, période qui a vu l’invention de la dictature dans la liberté (l’illibéralisme contemporain pourrait y préparer). Aux yeux de Pierre Legendre, cela a déclenché un mécanisme de désagrégation, de désorientation, de destructuration, de dislocation généalogiques. Un phénomène qui est à l’origine de notre très actuelle débâcle de la pensée :

« S’en remettre à l’armée et aux forces de police ne suffira pas, si la réflexion critique est absente. Le refus, par les pédagogues et les instances d’expertise, de changer de cap, c’est à dire d’interroger nos propres structures dogmatiques en perdition, met en relief la déroute d’une civilisation devenue incapable de penser l’immémorial universel, la Dette généalogique ».

Etrangement, on ressort de ce petit livre moins pessimiste et moins tragique qu’on ne le croit, en fredonnant un « tra la tra la la la » issu de L’Enigme éternelle de Ravel dont l’auteur nous offre la partition. Et l’on repart avec cette clause fameuse « et caetera » des notaires de l’Ancien régime, qui leur permettait d’y mettre tant de choses. Rapporté à notre temps, Legendre propose de rendre l’expression par « et le reste… », douce injonction qui nous amène une fois de plus à nous laisser gagner par l’esprit d’inachèvement, ce dont on ne saurait trop le remercier.

(« Saint Augustin en train d’écrire une lettre à Saint Jérôme, 1502 » de Carpaccio, Confrérie Dalmate des Saints Goerges et Tryphon, Venise ; « La lunette d’approche, 1964 » de Magritte, D.R. ; « Linolog II, 1972 » linogravure de Pierre Alechinsky, Centre Pompidou)

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commentaires

1 238 Réponses pour Speculator, le retour

Janssen J-J dit: à

Non ce n’est pas MC qui a écrit la notice infra dans l’encyclopedia universalis, c’est Jean-Pierre Bordier, agrégé de l’université de Nanterre, avec qui il n’a rien à voir. Vous trivialisez par ailleurs la figure d’Abbon de Fleury, qui n’avait rien d’un cuistre.
Vous donnez l’impression de dézinguer à tour de bras n’importe qui sur la rdl, comme si vous étiez la porte-flingue de Passoul, le grand spécialiste de Zadig et Voltaire, un peu comme naguère Hortefeux pour Sarkozy ou Benalla pour Macron.
Or, la RDL ne vous vous a jamais donné ce mandat. Alors, pourquoi tant de haine ?
___________
« Né dans l’Orléanais, Abbon, encore enfant, est offert par ses parents au monastère bénédictin de Fleury (aujourd’hui Saint-Benoît-sur-Loire) où il vient enseigner après avoir étudié à Paris et à Reims. Appelé à diriger l’école abbatiale de Ramsay (Yorkshire), il revient à Fleury pour en être bientôt élu abbé (988). Son œuvre se confond, dès lors, avec son effort pour la réforme de l’Église. Il lutte avec âpreté contre les ingérences des évêques dans les affaires des abbayes et leurs empiétements sur les droits des moines, ainsi que pour l’indépendance des monastères par rapport à tout autre pouvoir, laïc ou ecclésiastique, que celui du pape. Il s’intègre donc dans le grand mouvement de la réforme clunisienne dont il sera le principal promoteur dans les pays anglais et même germaniques. Jusqu’à sa mort, il s’oppose aux évêques sur les terrains économique, juridique et moral, dans des polémiques parfois violentes dont il reste de nombreux échos dans son Apologie et dans son importante correspondance. À cette occasion, il fait œuvre de canoniste et contribue largement à l’élaboration de la doctrine sur le pouvoir pontifical. Il fut l’un des premiers à raviver et à développer dans ses écrits le vieux thème indo-européen de la tripartition fonctionnelle au sein de la société. En même temps, il lutte contre le relâchement des moines, dont le seul but doit être, selon lui, la contemplation et la prière (liturgique et privée) dans la retraite et dans l’étude. Il cherchait à réformer dans cet esprit tout clunisien le prieuré de La Réole quand il fut mortellement blessé au cours d’une rixe entre des moines et leurs serfs. Il semble que, trente ans après sa mort, on l’honorait déjà d’un culte public. On le fête le 13 novembre, anniversaire de sa mort ».
___________________
Jean-Pierre BORDIER
https://www.parisnanterre.fr/m-jean-pierre-bordier–696103.kjsp

Marie Sasseur dit: à

Pourquoi toujours flinguer, plutôt que d’argumenter un brin ? 

Parce que.

Parce ce que l’abbé Abbon, désincarné en Court, est un cuistre, qui avec ses petits accommodements et genuflexions devant les mandarins de l’administration centrale, en arrive à dechirer des pages essentielles de l’histoire, réinventant la gnose. Sans rire.

Que veut l’abbé Abbon démontrer ?
Que tous les chemins mènent à Rome?

« Nunc ubi Regulus aut ubi Romulus aut ubi Remus ?
Stat Roma pristina nomine, nomina nuda tenemus »

http://coloman.viola.pagesperso-orange.fr/Aristote_au_Mont_Saint-Mic.html

Janssen J-J dit: à

Pourquoi toujours flinguer, plutôt que d’argumenter un brin ? Ca fatigue moinss ?
« Tata flingueuse », c assez laid, en outre.

Marie Sasseur dit: à

Et quand bien même, court, quelle importance.
Quand on cause pseudo-intelligence, je flingue.

MC dit: à

« Et le couple jamais osé avant Legendre, Gratien et Freud »
Et quand bien meme il ne l’aurait pas été, en faisant de très fortes réserves sur votre présentation,serait-il pour autant absurde?

Janssen J-J dit: à

Non, vous vous trompez sur vous-même comme depuis toujours, et vous n’arriverez jamais à faire croire cela. Vos injures habituelles ne seront hélas jamais un remède à votre mythomanie.

Marie Sasseur dit: à

« Toutes deux découvrent apparemment le monde ledendresque au fur et à mesure qu’il tombe sur les téléscripteurs de la rdl. »

Dis toi, que ça fait 10 ans, et l’adoration n’a pas faibli, ducon.

https://youtu.be/3GRaJvvC_5o

Janssen J-J dit: à

@ Hampâté Bâ a siégé au conseil exécutif de l’UNESCO, où il aura laissé une autre postérité que ce petit administrateur, connu sous le nom de Pierre Legendre.

Il faudrait lire plus sérieusement Le Visage de la Main, pour s’assurer du bien fondé de cette claque.
Je ne pense pas que ç’ait été le cas de MSS dans son émission d’un jugement aussi péremptoire visant à départager AHB et PL quant à leurs influences respectives.
Car ce qui compte avant tout, c’est bien la surenchère de MSS sur etalii (on vient d’atteindre des ommets !), la nécessité frénétique d’en avoir le dernier mot différé, par la balance d’arguments d’autorité définitifs ! Lesquels sont d’autant plus culottés qu’invérifiables, assénés à la suite de deux trois lectures de dernière minute épuisées aux tréfonds de l’internet mais savamment agencés par un cerveau échauffé ayant attendu son heure.
Sûr que Passoul n’ira point départager les 2 surenchéristes rivales en décalcomanies mégalomanes, et que les connaisseurs partiels de Legendre et d’Hampaté Bâ n’iront point se faire une opinion à partir des commentaires aussi superficiels d’icelles.
Toutes deux découvrent apparemment le monde ledendresque au fur et à mesure qu’il tombe sur les téléscripteurs de la rdl.
Mais voilà qu’elles éprouvent cet irrésistible besoin de (se) faire accroire qu’elles en auraient pénétré les arcanes depuis des plombes de savante digestion, et de vouloir en prendre à témoin les erdéliens, comme dans les jeux de cirque antiques.
C’est au demeurant une démarche d’amour déçu très proustienne… cette manière qui consiste à se mentir à soi-même sur l’immense culture dont on serait le dépositaire, en cherchant à se persuader, (par une logorrhée vomitive désormais permise par une maîtrise consommée d’astucieux copiés/collés travestis), de sa propre profondeur de champ.
Mais comment diab’ appelle-t-on ce syndrome dans la société virtuelle de la surenchère au bluff permanent de l’accélération, hartmut r. ?

Marie Sasseur dit: à

ADMINISTRATION

Revenons sur cette histoire d’Hampâté Bâ, dans le billet.
« Un tel livre vaut aussi par l’inattendu de ses citations- et toutes ne prennent pas leur source dans l’histoire médiévale des montages religieux et juridiques de l’Occident ! Celle du malien Amadou Hampaté Bâ est bienvenue sur « … la bizarre détermination des Blancs-blancs à vouloir coûte que coûte, nous faire vomir nos us et coutumes pour nous gaver des leurs ». Ce jugement de 1973, dans lequel le Blanc-blanc est distingué du Blanc-noir, fonctionnaire de l’administration, Legendre le renvoie aujourd’hui « aux prédicateurs-experts en démocratie, sous le règne d’une Mondialisation sans scrupules ». » Passou
Citation inattendue ?
Voyons donc.
Au préalable pour ne pas reprendre ce langage administratif des blancs-blancs chers à legendre, il convient de dire :
Hampâté Bâ n’est pas malien, il est né dans le Soudan français, dans un royaume peul, qui a été envahi par les Touscouleurs.

Cette citation empruntée à Hampaté Bâ par Legendre « … la bizarre détermination des Blancs-blancs à vouloir coûte que coûte, nous faire vomir nos us et coutumes pour nous gaver des leurs »
Est extraite de l’un de ses romans « l’étrange destin de Wangrin ». Histoire d’un interprète (des palabres auprès du Commandant) dans la brousse de l’AOF (Soudan) , sous domination coloniale française.
Sauf que cette histoire se passe bien avant l’indépendance, que certains ont situé entre 1910 et 1930.
Et Legendre s’en sert pour un anachronisme de plus, dont il a le secret.
Legendre s’en sert pour dénigrer l’Unesco, coupable de « vendre du développement » et regretter la gloire de l’administration française des blancs donc, seule à même, d’instituer la justice, et en particulier celle qui va maintenir les enfants dans le droit chemin.
C’est oublier que Hampâté Bâ a siégé au conseil exécutif de l’UNESCO, où il aura laissé une autre postérité que ce petit administrateur, connu sous le nom de Pierre Legendre.

Dernière chose puisque le mot généalogie est ici employé par legendre en lieu et place d’histoire, avec le choix du père imposé.
Ll’état civil a été institué après les registres paroissiaux, avec des scripteurs auxquels on doit tant.
Je pense que c’est uniquement pour cela, Et Al, que j’avais à cœur d’aller au bout cette imposture intellectuelle de legendre. Et pas à cause d’un rêve improbable, ou de psychogénéalogie débile.

Marie Sasseur dit: à

Le dogme de Legendre, la religion du Droit.
Reprenons deux de ses idées phares :
« Le droit, chez les Occidentaux, étant aujourd’hui une sorte de science-résidu, au terme des laïcisations, du mouvement des sciences et du triomphe (plus ou moins provisoire à mon avis) des États, il faut aller voir ailleurs pour se saisir de la production des normes, du légalisme et des légistes. »
Et
Revenons à notre circuit fermé. Les moyens ne manquent pas, pour obtenir d’en comprendre le fonctionnement. Il s’agit d’abord de jauger le capital accumulé par les savoirs proprement juridiques, en tant que tels, sous leurs divers embranchements, puis d’interroger l’idéal. Or, ni les codifications napoléoniennes, renouvelant la prescription civiliste de la propriété, des filiations, du contrat et des procédures, ni l’étrange amalgame opéré par les théoriciens de la Police fondant un droit administratif en guise de droit public et politique, ni l’appendice pénal du système à l’enseigne de la justice du peuple souverain poursuivant le crime (emblème d’un baroque consommé!), n’ont aboli le Texte, comme partie d’un univers défini fantasmatiquement. Cet univers, surréaliste et mystique, est illisible aux casuistes d’aujourd’hui autant qu’à ceux d’hier; je précise : même aux plus forts d’entre ceux-ci, aux fameux auteurs qui transcrirent (transcrivirent ?) en traités, du côté et pour l’usage des juges, la doctrine classique des restrictions mentales. »
Voilà l’étendue des prétentions de ce pamphlétaire agressif, aux accents bloyesques :
Le droit civil est devenu laïc, aux mains d’incompétents qui ont oublié la généalogie du Droit et la prévalence du Texte (celui du père Gratien), pour le transposer et l’adapter dans des structures hors contrôle de l’administration idéale du gourou Legendre, comme le droit commercial, ou tout ce qui relève de la sphère PRIVEE.
Il y a même des petits malins qui ont inventé le Droit administratif, pour mieux mettre à bas le dogme, et s’en prendre à la toute-puissance de l’administration idéale de Legendre.

Car Legendre ne cause pas du tout histoire du Droit. Il cause de son attachement à l’Etat souverain, par sa composante « littéraire » : l’AMINISTRATION. Et de son dépit du crime suprême, quand elle est arrivée à engendrer celle du nazisme, et conséquemment, le démon : le libéralisme.

Marie Sasseur dit: à

Et pourtant, Et Al, vous avez donné une clé, à tout cela.
Elle a pour nom Le Bras, apparu trop vite sur celle lettre de Books, dont vous avez donné un extrait.
Gilbert le Bras. Le personnage mérite qu’on s’y intéresse.
Il a drivé, dans les années 50, plusieurs chercheurs ( dès 1953 en fait) sur l’étude des manuscrits de Gratien, fort opportunément remis au goût du jour lors d’une commémoration à Bologne, en 1952 où Gratien (personnage à la bio très improbable, d’ailleurs) serait né.
Et donc P. Legendre
P. Legendre, La pénétration du droit romain dans le droit canonique classique de Gratien à Innocent IV (1140-1254), thèse pour le doctorat soutenue le 28 juin 1957, Paris, 1964. À l’origine, le sujet donné par Le Bras à Legendre concernait l’héritage canonique dans la construction de l’État, mais ce dernier découvrant la publication récente de S. Mochi Onory, Fonti canonistiche dell’idea moderna dello Stato (Milan, Vità e pensiero, 1951), préféra changer de sujet (conversation avec Pierre Legendre le 10 janvier 2013).

Les coulisses ( du théâtre de legendre) avec sénace sur le divan. Un must.

https://journals.openedition.org/cem/12881

Marie Sasseur dit: à

Si je reviens Et Al. sur votre lien à propos de « Les miroirs aux princes » sont-ils un genre littéraire ? » texte de Einar Már Jónsson, c’est parce que j’y ai trouvé intérêt.
« Les Miroirs (Speculum), qui apparaissent à l’époque carolingienne, sont destinés à renvoyer aux princes l’image idéale du gouvernant : un modèle de sagesse. Rédigés par des clercs, ils édictent les devoirs moraux attachés à la fonction royale et les vertus indispensables à tout prince chrétien. Ils expriment aussi la volonté du pouvoir ecclésiastique de contrôler et de limiter le champ d’action de la monarchie : le roi n’est que l’élu désigné par Dieu et doit mettre sa puissance au service de l’Église. Déjà au Ve siècle, saint Augustin, dans la Cité de Dieu, assignait pour fondements à la monarchie la paix, l’ordre et la justice.
Entièrement dévolus à l’édification des rois durant toute l’époque carolingienne, les Miroirs, à partir du XIIIe siècle, entendent, en s’appuyant sur des faits historiques, montrer une réalité exemplaire. Ainsi sont proposés en modèles des rois de l’ancien Testament (David, Salomon…) ou des empereurs chrétiens (Constantin, Théodose, Justinien…). » Voir site BnF
Les « miroirs » sont sur la forme une compilation.
Même si les sources documentaires sont rares et fragmentaires, sur la période du moyen-âge , quelques inventaires renseignent sur les bibliothèques des princes. Sur la littérature et son public, au moyen-âge, elle est à la fois orale et écrite.
Au XIIIème siècle le livre est sorti des scriptoria , et des ouvriers participaient à leur fabrication.

Legendre soutient que le droit canonique a pénétré le droit romain, afin de lui permettre cet artifice : déterminer une généalogie du droit occidental, et partant le fondement d’un « monde ». Il a le Décret de Gratien en tête comme modèle de compilation. Le Texte. La référence, la centralisation, l’uniformité aux confins du royaume, l’organisation mondiale, bref, le totalitarisme absolu.
Et en conçoit une très grande insatisfaction de constater que la réalité, l’histoire, ne correspond en rien à son montage intellectuel. Le « modèle » ayant été passé par pertes et profits. Comme on liquide l’héritage. Dans ce délire, tout est retourné à une féodalité, selon le principe Cujus regio, ejus religio, pour en arriver au « parricide », celui des Juifs par les nazis.
Rarement lu des invectives aussi grossières dans ses textes donnés ici à lire. Pour quelqu’un qui se dit observateur, il est plus enclin à vomir tout ce qu’il analyse selon ses petites expériences personnelles. ( Unesco, Etat français, educ’ nat’, juristes, etc, etc)
Autant dire un homme ordinaire. Par opposition à tout ce qui caractérise une pensée philosophique.
Rarement lu des artifices rhétoriques aussi grossiers, qui fondent ce qui se veut une pensée, une considération à prétention générales, souvent sur un exemple, tout ce qui a de plus trivial, à la marge, anachronique, et hors de propos. Qui doivent laisser ses interlocuteurs un peu bluffés par l’audace. (Sauf ceux émerveillés de l’érudition ) Pour finir en apothéose dans des considérations freudo-lacaniennes, et analyses étymologiques qui laissent pantois.
Et le duo jamais osé avant legendre : Gratien-Freud.

et alii dit: à

: 6 juillet 2019 à 22 h 42 min
vos distinctions valent peut-être pour votre expérience ;on n’a pas vu votre gibier ! votre histoire de dieu ressemble à une pathologie dont vous souffririez :bonne chance pour en venir à bout; moi, j’ai été à la chasse il y a longtemps pour en ramener ces analyses aujourd’hui connues, mais dont ce n’est pas un luxe de reconnaître le père Y.Thomas!

et alii dit: à

QUANT à ceux des erdéliens qui protestent contre les liens, ils voudront bien remarquer qu’ils traitent exclusivement des thèmes du billet et chers à P.Assouline comme fils/Père;c’est peut-être de l’érudition mais quelle force cela donne dans une discussion (à laquelle je n’envisage pas de participer avec les erdéliens; j’ai plus qu’assez fait l’expérience de « la mauvaise foi » des uns et du désir de sortie par « la vérité « des autres);
voilà une belle argumentation:
Après la naissance, l’enfant sera confié à un tiers choisi par le père ou le magistrat et la mère n’aura qu’un droit de garde puisque la mort du père l’a déchu de son statut d’épouse et de mère. Le fils est au père, qui, même mort, conserve sa pleine souveraineté sur lui. L’accouchement est donc un « rituel juridique […] Celui qui devait naître abandonne sa nature physique de “partie de la mère” et réalise sa nature juridique d’enfant né du père » (p. 109-110).
donc tout le plaisir étant pour vous , ciao ciao!
https://laviedesidees.fr/Les-fils-de-Rome.html

et alii dit: à

non, ce n’est pas au hasard ,pado,j car y.thomas n’était pas étranger au colloque sur le parricide autour de P.Legendre à PARIS.,celui là même où il y avait R.DraÏ pour israel(et une femme belge je crois pour la Chine)
voici un lien parce que je ne veux pas tout vous copier
Dans ce livre posthume composé d’articles remaniés, Yan Thomas étudie la puissance du père sur le fils, véritable pilier de la cité romaine nécessaire à la construction du sujet de droit. À Rome, les lois érigent un
L’ouvrage s’ouvre sur l’étude du parricide dont l’ombre plane sur l’ensemble de l’ouvrage. Contrairement à l’homicide, délit de droit privé, le parricide (qui est bien le meurtre du père et non d’un citoyen comme le montre Yan Thomas) était considéré comme un crime de droit public parce qu’il attentait au pouvoir du père et donc à l’ordre civique. Dès lors, le parricide était désigné comme un « crime incroyable » par les juristes et les rhéteurs : la folie en était la cause ou la conséquence.
https://laviedesidees.fr/Les-fils-de-Rome.html BONNE LECTURE

et alii dit: à

disons que je considère que P.Assouline écrit un billet dans lequel il offre aux lecteurs des chances et que les contributeurs ont une sorte de pacte avec P.ASSOULINE ET entre eux :il y a comme au théâtre une unité à respecter ;c’est mon point de vue, et j’essaie de me tenir dans « ce rôle » annoncé par le billet ;ce n’est jamais pareil-on ne se baigne pas deux fois dans la même eau- et je crois que P.Assouline nous donne pour tous, compte tenu de nos gouts,l’occasion de faire une expérience importante;-il ne faut surtout pas en abuser- pour ma part, je l’en remercie .
BONSOIR

et alii dit: à

oui, monsieur court, j’en suis convaincue ;je ne pense pas que Lacan ait été un escroc non plus ;il étudiait vraiment et a cherché des horizons pour la
psychanalyse à partir de ses gouts et talents en ayant conscience des conditions réelles du mondedont il avait souci, d’après ce que rapportent des gens qui ont essayé de comprendre l’homme

MC dit: à

Il y a une phrase de Gide sur Mallarmé pour ce genre de critique « Quand donc cessera-t-on de méconnaitre ce très grand poète en ne le comprenant pas »

et alii dit: à

tenez, voyez la coincidence ilse trouve que j’ai évoqué deux KANTOROWICZ, l’un artiste, et l’autre proche de Legendre;eh bien il y a également deux
yann thomas l’un proche de LEGENDRE Il étudie les catégories et les méthodes du droit, de l’Antiquité romaine au monde contemporain (il a notamment pris position dans le débat sur l’arrêt Perruche autour du « droit à ne pas naître »). Il a été le disciple d’André Magdelain et a été proche de Pierre Legendre. Ses travaux ont notamment inspiré l’œuvre du philosophe italien Giorgio Agamben.
L’autre plasticien Yann Toma est un artiste contemporain français et un artiste-chercheur. Il positionne son travail et sa réflexion à la frontière de l’expression artistique et citoyenne et les inscrit dans l’actualité politique et médiatique. Yann Toma investit l’artiste d’une responsabilité d’ordre civique, l’artiste doit, en tant que média libre, investir l’espace public et interpeller le citoyen. Yann Toma privilégie les collaborations avec les industriels, les acteurs en sciences politiques ainsi que les philosophes. Yann Toma a obtenu la notoriété à partir des années 1990 en réactivant le lieu, les archives et le nom de l’ancienne compagnie d’électricité Ouest Lumière créée en 1901. Ouest-Lumière, devenue l’inspiration de nombreuses œuvres ultérieures, a pris pour thème notamment la lumière, l’énergie et les réseaux, les moyens de production industrielle, la bureaucratie et l’univers des entreprises.
je le sais depuis longtemps , et ça a un arrière plan pour moi;et je vous laisse discourir sur ces
créateurs si ça vous intéresse ;sinon, je m’en fiche;ç’était en rapport avec le billet :stop!

MCourt dit: à

Merci Et Alii. J’ajoute que Lacan, qui à parfois des aspects de prédicateur baroque par son Verbe, vaut tout de meme mieux que ce qu’on en voit ici.
Bien à vous.
MC

et alii dit: à

CROYEZ BIEN que le KANTOROWICZ que j’ai évoqué pour son nom et qui est sur la toile, j’ai un rapport plus compliqué à sa personne(non pas amoureux) et son histoire qu’un copié collé! vous êtes bornés,

et alii dit: à

Le copieur/colleur lui ne se nourrit pas, n’évolue pas, fixé sur son écran il opte, totalement au hasard, pour une phrase, un paragraphe, et se l’approprie, le considère comme sien et le renvoie dans l’espace persuadé d’en être le deus in machina de la connaissance.
ça, c’est ce que vous croyez et peut-être vrai dans votre cas;mais c’est beAUCOUP MOINS SIMPLEparfois on va chercher quelquechose qu’on sait déjà, d’une étude antérieure et qu’on sait trouver donc sans se donner la peine de le retaper! je vous assure que c’est moins simple! et au fond qu’en ai-je à faire ,moi que vous connaissiez telle fête juive, quel poète en parla, ou tel peintre,ou telle bibliothèque, ou telle affaire politique ? c’est vous qui êtes demandeur d’info dites vous, ou harceleur par calomnie grossière, etc mais que m’importe <que vous soyez ignorants ?ou homophobes?

pado dit: à

le copieur/colleur est un être hybride qu’il ne faut jamais confondre avec le chasseur/cueilleur qui lui se nourrissait de ses recherches.

Le copieur/colleur lui ne se nourrit pas, n’évolue pas, fixé sur son écran il opte, totalement au hasard, pour une phrase, un paragraphe, et se l’approprie, le considère comme sien et le renvoie dans l’espace persuadé d’en être le deus in machina de la connaissance.
Renfield (suivant les orthographes bougueresques) est son premier de cordée, MSS (dite la teigne ou la tique( souvenirs)) se bat pour le coiffer au sommet.
Aucun(e) n’a d’oxygène.
Retour au refuge.

et alii dit: à

pussière 6 juillet 2019 à 22 h 28 min patientez,ça viendra surement !je ne vous oublierai pas c’est au petit bonheur la chance!

et alii dit: à

vous savez,renato, que moi aussi j’aime ce petit chien ;il faudrait fouiller dans les images voir si on trouve (O.K.j’ai aimé les souriceaux et on aurait pu se les partager; )bon je patienterai !bonsoir

poussière dit: à

Ah c’était ambigu, pardon…

À l’occasion entre une belette et un stewart donnez quelques liens, références ou copiés-collés au sujet de la mauvaise foi, sérieux ça m’intéresse vraiment !

renato dit: à

Donner de l’argent n’a rien à voir avec le fait de l’aimer ou pas.

et alii dit: à

6 juillet 2019 à 22 h 02 min
cherchez si ça vous inquiète;je ne le ferai pas,je n’ai pas le temps

et alii dit: à

poussière, je ne prétends rien du tout;
je soutiens que c’est le blog de P.Assouline qui a écrit dans le billet ci dessus que P.LEGENDRE était l’auteur de livres magistraux ;et voilà qu’on m’impute à moi ce jugement ; je ne sais comment lisent ceux qui voudraient talonner P.Assouline et s’imposer comme des maîtres d’écriture et de lecture, mais c’est un exemple de forçage éhonté;je tiens que P.Legendre est un maître , et lirai évidemment ces livres ,même si d’autres me tentent ;

Jazzi dit: à

« c’est moi qui ai introduit le mot erdélien »

Quand et sous quel pseudo ?

et alii dit: à

poussière dit: 6 juillet 2019 à 21 h 48 min
les erdéliens

vous prétender occuper la place sans en être ?
vous prétendez !
sans en être ou lala, c’est ambigu!
ce dont je me souviens c’est que c’est moi qui ai introduit le mot erdélien et qu’il fut adopté sans discussion
bonne soirée

poussière dit: à

prétendez, pardon

poussière dit: à

les erdéliens

vous prétender occuper la place sans en être ?

et alii dit: à

lire toutes les lettres attentivement:
Une simple erreur de lecture sur une étiquette ?
Comme le relate le site d’information américain Stat News, les soupçons se seraient portés sur Gaëtan Dugas notamment à cause… d’une erreur typographique sur l’étiquette d’un échantillon sanguin ! En fait, les prélèvements du steward ont été réalisés en Californie. Si le patient n’était pas originaire de l’État, l’échantillon était étiqueté par la lettre « O » (pour « Outside of California »). « À cause d’une erreur d’étiquetage, le Patient O (comme la lettre) est devenu le Patient 0 (comme le chiffre) – et sa présentation comme la source de l’épidémie est restée dans la presse populaire », précise le site. Errare humanum est.
il s’agit du sida

et alii dit: à

tiens c’est d’actualité
En France, il semblerait que l’expression “violence éducative ordinaire” (VEO) ait été utilisée par Olivier Maurel, fondateur en 2005 de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO) après qu’il a découvert les travaux d’Alice Miller, docteure en philosophie, psychologie et psychanalyste. Cette autrice a publié dans les années 80 et 90 plusieurs ouvrages sur la violence insidieuse dans les relations parents et enfants.
et les erdéliens qui se prennent pour l’élite des parents et éducateurs mais incapables de lire que c’est P.Assouline himself qui écrit ouvrages « magistraux »

Jazzi dit: à

« On peut aimer le cinéma, le théâtre, le ballet sans en parler. »

Oui Renato, et on peut aussi aimer l’argent sans en donner en partage…

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