Littérature de langue française

Sans Goethe, qui connaîtrait Eckermann ? Le cas n’est pas isolé dans l’histoire, et pas seulement dans celle de la littérature. Sauf que celui-ci est particulièrement saillant dans la mesure où il éclate dès la couverture des fameuses Conversations avec Goethe (Gespräche mit Goethe in den letzen Jahren seines Lebens) que Johann Peter Eckermann (1792-1854) publia une première fois en 1836, et dont il publia une nouvelle version enrichie en 1848. Ce portrait du Maître en mouvement perpétuel, offert au public avec ses esquisses dans leur saisissante vérité, devint rapidement un classique ; comme les Propos de table de Luther, l’un et […]
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Bellegueule est son vrai nom. Un nom de dur insupportable à porter pour celui qui ne l’a jamais été. Le dur comme archétype de la virilité, le vrai garçon, qui se bat, qui aime les filles et joue au football. Ce qu’il n’est pas. Le nom de son père, coléreux, alcoolique, obèse, violent, ordurier, raciste. Et homophobe, cela va de soi. Un ouvrier de l’usine de laiton qui fait vivre toute l’usine, à une quinzaine de kms de la ville, de nos jours quelque part en Picardie. La mère ne rattrape pas le père : «« C’est une femme en colère, cependant elle […]
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Tentez l’expérience en société : demandez à chacun de définir l’érotomanie et vous verrez que la plupart l’associent à la recherche effrénée du sexe, de l’érotisme, voire de la pornographie. Le lieu commun a fait florès dans les médias quand a éclaté l’affaire DSK. Bien peu la définiront, comme le font à juste titre les psychanalystes et psychiatres, comme l’illusion délirante d’être aimé. Une passion morbide relevant d’un délire passionnel. Cette forme de paranoïa est au cœur du nouveau roman de Nathalie Rheims Maladie d’amour (298 pages, 19 euros, Léo Scheer). Mais qu’est-ce qui fait qu’une passion amoureuse dégénère en pathologie ? Comédienne passionnée […]
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Qui ça ? Maurice Barrès. Les jeunes générations de lecteurs, et même de plus âgées, n’imaginent pas l’empire considérable que Charles Maurras et Maurice Barrès ont exercé sur les esprits dans la France de la première moitié du XXème siècle. Aujourd’hui en librairie, il n’en reste rien, ou presque. Il faut bien chercher. Le fait est que Maurras est illisible et que Barrès n’est pas lu. Ni défense, ni illustration, Antoine Billot a conçu son Barrès ou la volupté des larmes (210 pages, 19,50 euros, Gallimard) comme une visite. De celles qu’un jeune écrivain rendait autrefois à un glorieux aîné admiré […]
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Soit la maladie. Qu’est-ce qu’un écrivain peut bien en faire ? Première solution : rien. Qu’il l’ait vécue ou observée, nul n’est obligé d’en faire de la littérature. Ou disons un objet d’écriture. Passer outre n’est pas l’ignorer mais la mettre en distance dans sa dimension littéraire. Deux écrivains ont éprouvé la nécessité de s’en emparer. Non dans un souci d’auto-thérapie, comme s’il suffisait de publier pour se débarrasser. Dans L’ablation (128 pages, 14,90 euros, Gallimard), Tahar Ben Jelloun se fait écrivain public, dans la pure tradition africaine, pour se mettre à la place d’un ami opéré d’un cancer de la prostate […]
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Que faire de Guy Debord en temps de crise ? On nous a tellement seriné que sa Société du spectacle, promue depuis sa parution en 1967 au rang de classique, était l’indispensable boussole pour affronter les défis du monde qui vient, qu’on ne peut relire aujourd’hui sans perplexité sa critique sociale radicale. La relire, c’est d’abord s’interroger sur ce qui reste de sa charge subversive. L’exercice est d’ailleurs assez édifiant tant il nous renseigne sur nos propres limites et nos cécités. Prémonitoire, Debord ? En tout cas, il n’avait pas prévu la seule révolution que nous vivions depuis qu’il a mis fin […]
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Je ne me souviens plus de la première fois où j’ai entendu parler de Zone, c’était sans doute en octobre ou novembre 2009, je résidais au CITL, le Collège International des Traducteurs Littéraires, une affiche annonçait la lecture publique d’un écrivain dont je ne savais rien, Mathias Énard, ce soir-là je ne me suis pas rendu à la librairie d’Actes Sud au Méjan, où j’avais en effet assisté – et j’allais – à tant d’autres rencontres du genre lors de mes divers séjours arlésiens, pourtant à un certain moment ultérieur je me suis mis à lire ce bouquin, qui traînait sur la table […]
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Au revoir là-haut de Pierre Lemaître l’a donc emporté in extremis au 12ème tour de scrutin par six voix contre quatre à Arden de Frédéric Verger. La discussion fut vive, âpre, argumentée jusqu’au bout car les quatre finalistes (les deux autres étant Karine Tuil pour L’Invention de nos vies et Jean-Philippe Toussaint pour Nue) sont de bons romanciers auteurs de bons romans représentant chacun des tendances différentes de la production littéraire de cette année. Finalement, juste avant que la présidente de l’Académie Goncourt ne fasse jouer son privilège de la double voix, un juré acquis de longue date à Arden de Frédéric Verger, […]
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Avez-vous vu L’Escalier de fer il y a un instant sur France 3 ? Guettez la rediffusion car vous avez raté quelque chose de fort. Georges Simenon, auteur du roman dont le téléfilm est adapté, reconnaissait que le titre lui avait donné l’histoire. L’histoire se passe à Montmartre « de nos jours » disait le romancier, donc au début des années cinquante puisqu’il l’a écrite en 1953, même si le film la situe dix ans plus tard (le juke-box crie Twist à Saint-Tropez). Celle d’Etienne Lomel, 40 ans, marié sans enfants, voyageur de commerce rongé par la suspicion qu’il nourrit vis à vis […]
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En cette rentrée littéraire, Yann Moix a pris la critique à son propre piège. En posant son roman sur le fragile estomac du lecteur professionnel, en le poussant dans ses retranchements, il l’amena à s’engouffrer dans la brèche, à dévoiler avec candeur ses usages et ses limites. Et plus encore ses inavouables préjugés. Par exemple, telle de ces critiques (Nelly Kapriélian, dans Les Inrokuptibles du 21 août) qualifia avec autorité l’écrivain d’« emmerdeur », tel autre (Jean Birnbaum, « Le Monde des livres » du 20 septembre) commença à parler des relations personnelles qu’il entretenait avec l’écrivain, allant même jusqu’à citer des mots reçus […]
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