de Pierre Assouline

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La République des livres
Enchanter le réel, louer les brumes

Enchanter le réel, louer les brumes

Oui, bien sûr, la rentrée littéraire avec son cortège de premiers romans, de deuxièmes romans en espérant que ce ne seront pas des seconds romans, de valeurs sûres mais pas certaines, de meilleures ventes imprudemment annoncées (« Rien n’est triste comme un best-seller qui ne se vend pas », soupirait ironiquement le regretté Robert Laffont), ses prix littéraires et ses livres qui n’ont pas de prix, si peu d’élus et tant de déçus inconsolables (mais nul n’est obligé de paraître en septembre), ses intoxications savamment orchestrées mais si facilement repérées, oui, on y reviendra bien vite à la rentrée littéraire. En attendant, on s’autorise un petit écart pour se glisser sur cette chose qui s’y est glissée à bras bruit, sans le faire exprès, sur la pointe des pieds, en s’excusant de déranger, un petit livre qui risque de passer inaperçu alors que c’est une brise des plus douces, un léger vent de fraicheur, une scintillante pépite renfermée dans un livre de poche à deux euros. Un inédit en format de poche ? C’est possible et plus souvent qu’on ne le croit. Alors raison de plus quand il s’en publie un de si discrètement remarquable, enrichissant et reposant.

Tout est petit en Petit éloge des brumes (114 pages, 2 euros, Folio) sauf le talent de plume de Corinne Atlan. D’elle, je savais juste qu’elle était une spécialiste éprouvée du japonais, l’une des meilleures en France maintes fois laurée, traductrice de plusieurs romans de Haruki Murakami ainsi que de recueils de théâtre et de poésie de nombreux d’autres écrivains japonais. Son site en dit davantage. Alors va pour les brumes, on y verra peut-être plus clair ! Un enchantement renouvelé à chaque page. Une imagination lexicale, une richesse de palette, une variété de sensations, une diversité d’émotions qui ne laissent pas de surprendre de bout en bout. On s’en doute, tout cela est irrigué d’innombrables lectures mais surtout d’une connaissance intime de l’esprit et de l’âme de ce peuple. Elle parvient avec une infinie délicatesse à modifier notre regard et même, en une phrase ou deux, notre perception des choses et des autres. Moins notre vision du monde que notre sensation du monde. Le pas de côté vers lequel tout dans son texte tend sans insister nous y invite. Il est vrai que son postulat est incontestable pour toute personne qui s’est jamais essayé à l’écriture :

« Les livres naissent d’un chaos brumeux dans lequel on avance d’abord à l’aveuglette ».

On peut même préciser que ce tâtonnement peut durer jusqu’à l’achèvement du manuscrit… Entretemps, René Char aura pris le relais en assurant que nous avançons tous dans l’obscurité de l’inconcevable mais guidés par des repères éblouissants. L’exploration de Corinne Atlan dans des brumes beaucoup moins électriques que celles de James Lee Burke et de Bertrand Tavernier, est d’abord une tentative de comprendre le secret de sa vocation. Autrement dit : comment et pourquoi elle s’est tournée vers le japonais plutôt que vers l’allemand, par exemple,

« En choisissant d’étudier le japonais, j’étais seulement portée par un rêve d’évasion et par une vague intuition. Mais d’emblée, la proximité, voire l’adéquation, de cette langue avec le monde sensible et ses phénomènes les plus ténus a emporté mon adhésion. Sur ces terres de brume, de pluies et de fumerolles qui ont développé un attrait particulier pour l’impalpable, le qualificatif « aimai », – vague, fou, ambigu- dont l’étymologie désigne un soleil obscurci par les nuages, caractérisait tant la langue japonaise, polysémique et volontiers allusive, que la mentalité de l’archipel ».

Son récit est fait d’évanescences, de creux d’ombre, d’effets de brume, de vapeurs des bains, de traines vaporeuses, de paysages sublimes, de mondes flottants, de lumière émoussée, de vues nébuleuses lesquels, conjugués entre eux, reflètent un mode de vie et une façon d’être au monde. Quitte à marquer les bornes avec précision lorsque c’est nécessaire : en français comme en japonais, en-deca d’un kilomètre c’est du brouillard, au-delà de la brume. Disons que sa mémoire brumeuse a quelque chose d’un brouillard percé de trouées qui laisse passer les réminiscences du passé proche ou lointain, du moins ainsi l’imagine-t-elle.

Sans être cuistrement et lourdement référencé, comme souvent chez les essayistes, c’est nourri d’écrivains, de poètes et de leurs livres (Futabatei, Bachelard, Natsume, Celan, Maupassant, Baudelaire, Ryökan, Mallarmé, Bachô et bien sûr le Tanizaki de l’Eloge de l’ombre), de peintres (Monet, Turner, Ruozhen, Uragami, Mi Fu, Hasegawa en terminant plus près de nous avec le « sculpteuse de brouillard » Fujiko Nakaya qui se sert de l’atmosphère comme d’une matière première,) de films (Le Château de l’araignée, Quai des brumes, Nuit et brouillard, mais on aurait pu lui suggérer La Nuit du carrefour que Jean Renoir avait adapté de Simenon, une enquête de Maigret à laquelle on ne comprend rien tant ledit carrefour à Avrainville avait été embrumé par les techniciens)

Mais là où d’autres se seraient laissées griser par une évocation propice aux débordements lyriques, elle fait preuve d’une tenue, d’une retenue, d’une sobriété, d’une précision exemplaires sans que jamais une certaine douceur ne l’abandonne. On y sent l’humidité des paysages et on a hâte de découvrir sur place son Japon qui est d’abord celui de Kyoto, sa ville d’élection et celle où elle vit.

Corinne Atlan nous emmène dans des hauteurs vertigineuses sans jamais l’on ne s’y sente écrasé. Preuve que, avec l’air de ne pas y toucher, elle a réussi à nous décrisper du quotidien pour nous pousser à nous abandonner aux puissances invisibles. Faut-il que son évocation soit forte pour nous faire ainsi lâcher prise du réel. Alors, pourquoi ce tropisme pour le flou ? Juste pour alléger la pression, qu’alliez-vous imaginer. On voudrait être un écrivain japonais pour connaître le bonheur d’être traduit en français par une plume de cette qualité, aussi nette dans le choix des mots les plus justes que dans sa détermination à s’attarder dans le flou de nos vies.

(« Bois de pins »,  encre sur papier, XVIème siècle de Töhaku Hasegawa, Musée national de Tokyo ; « Cours d’eau sous la lune », panneaux en six volets, encre et couleurs sur papier, fin du XVIème siècle, période Momoyama, Nelson-Atkins Muséum of Art, Kansas)

Cette entrée a été publiée dans Essais, Littérature étrangères.

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1 047 Réponses pour Enchanter le réel, louer les brumes

hamlet dit: à

un soir, je devais avoir 16 ans, je prenais le car qui partait de la Rotonde à Aix pour rentrer à Marseille, c’était le dernier du soir, une dame assez âgée, vieille, courait avec des sacs pour attraper le car avant qu’il parte, c’était le dernier jusqu’au lendemain, le chauffeur a fermé la porte sous son nez, elle a tapé sur la vitre pour qu’il lui rouvre la porte, il a jeté un regard vers elle, et il a démarré, c’était le dernier car pour rentrer chez elle, j’ai regardé cette vieille jusqu’à ce qu’elle disparaisse de ma vue, elle a fini par disparaitre de ma vue, mais jamais de ma mémoire.

et alii dit: à

hamlet, vous voilà promu ministre clopiniatre,de quoi vous plaignez-vous encore?

et alii dit: à

PETIT DIT LE BILLET?
Barely Fair, which is dedicated to contemporary miniature art and mimics the layout of a traditional art fair, except reduced to a 1:12 scale. Organized by Julius Caesar, a veteran Chicago artist-run space, it opens Sept. 20 with two dozen international exhibitors.

hamlet dit: à

et alii je ne plains de rien, Clopine croit que nous partageons les mêmes idées politiques c’est drôle parce qu’elle croit ce qu’écrit ce pseudo « hamlet », mais moi je suis tout le contraire de ce pseudo, je suis un ultra libéral réactionnaire et conservateur tellement à droite qu’à côté de moi des types comme Charoulet, Langoncet, closer, renato ou Bloom font figures d’ultra gauchistes.

comme pour Rolin : j’adore Rolin, j’ai lu tous ses bouquins et je suis un hyper fan de cet auteur.

pourquoi ? parce que je suis complètement fou, je suis encore plus fou que Clopine !

Clopine dit: à

Je n’ai aucun motif de me plaindre, Hamlet, et je suis profondément persuadée d’être dans la vie qui me convient le mieux. Mais cependant, c’est vrai, il suffit que j’écoute ce que les informations me disent sur l’état du monde en général et en particulier pour que cette impression de sérénité possible s’efface tout aussitôt.

Longtemps, j’ai mangé devant la télévision ouverte sur le journal télévisé. Autant dire que j’ai dîné avec, dans le fond de l’oeil, et pendant des années, des images de guerre, de tourmentes, de malheur humain et animal, de tragédies. Mention spéciale à Israël et à la Palestine, pour leur persistance à hanter encore et toujours les écrans de ma vie.

IL serait idiot, pourtant, de croire que cela m’a coupé l’appétit (sauf cas extrêmes). Non, on apprend aussi cela, enfant : à finir sa soupe, pendant qu’à l’écran, une enfant vietnamienne napalmée court, nue et terrifiée, sur une route bombardée.

Le bonheur, voyez-vous, Hamlet, est parfois une forme -presque-de résistance… En quelque sorte, bien entendu.

renato dit: à

« que les adultes ils apprennent à vivre avec le monde tel qu’il est sans imaginer la moitié d’une seconde qu’on puisse le changer pour le rendre meilleur que ce qu’il n’est. »

Ce n’est pas exactement ce que j’ai dit, hamlet, mais je comprends : vous soufrez probablement de psittacisme.

Incidemment, les gens du mouvement estudiantin étaient des adolescents attardés et restent des adultes arriérés et leur manière d’affronter les problèmes était aliénée et le reste — comme la votre —. D’ailleurs, tous ceux qui parlent beaucoup n’agissent pratiquement jamais utilement — et là on revient à la question d’office : « Vous combien d’assiettes de soupe ? »

hamlet dit: à

je n’aime pas les pauvres, ils me font peur parce que j’ai connu la pauvreté enfant et elle me fait peur, je n’ai qu’une seule obsession dans ma vie : être riche, et je le suis devenu plus que je l’aurais espéré, le mépris que j’ai pour la misère et les pauvres est la hauteur de la peur que j’en ai !

Clopine dit: à

Soupir ! Les pirouettes, Hamlet, n’expliquent pas pourquoi vous êtes dans cette obligation vitale d’éloigner de vous toute sincérité. Mais je ne suis pas psychiatre, donc qu’en dire d’autre que de soupirer ?

hamlet dit: à

exact Clopine ! le bonheur est la seule résistance ! le bonheur de vivre à l’écart du bordel du monde, pouvoir les regarder de l’extérieur, de haut, en train de mettre sur la tronche en vivant dans un endroit protégé, avec un portail et des gardiens payés pour assurer la sécurité du lieu, savoir que ses enfants et leurs enfants durant des générations échapperont grâce à leur fortune au bordel du monde, ça c’est le vrai bonheur !

après ça les juifs, les arabes, les russes, les chinois, ils peuvent tous s’entretuer… le luxe de vivre à l’écart et d’en avoir rien à taper représente le véritable bonheur !

et alii dit: à

la photo:
Pour la deuxième année consécutive, « l’Obs » revient cet été sur les photos qui ont marqué l’histoire. À la une des journaux, dans les pages de nos livres d’école ou arborées fièrement sur nos t-shirts, elles ont fait le tour du monde. Mais connaissez-vous l’histoire secrète de ces clichés mythiques ?

Que montre la photo ?
Le cliché pris par Nick Ut nous plonge dans l’enfer de la guerre du Vietnam. Ce 8 juin 1972, dans le village de Trang Bang, une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui lutte avec les États-Unis contre les forces communistes du Nord. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible. Ils larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des combattants vietcongs, mais leurs propres soldats et des civils.
« Phuc » (c’est son prénom principal, qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires, sans avoir le temps de fuir. Le déluge de napalm, qui peut atteindre les 1.200 degrés Celsius, inflige à la fillette des brûlures inhumaines. En direction de sa mère, elle s’écrie :

« Oh, Maman, c’est trop chaud, trop chaud ! »
À sa droite, son grand-frère Tam implore les adultes :

« Aidez ma sœur ! »
un homme interrompt la course désespérée de Kim Phuc : c’est Christopher Wain, un journaliste de la chaîne britannique ITN, qui diffusera une vidéo de l’événement. Il lui donne à boire et verse de l’eau sur ses blessures – geste généreux mais dérisoire, compte tenu de l’extrême gravité des dégâts causés par le napalm.
Pour la deuxième année consécutive, « l’Obs » revient cet été sur les photos qui ont marqué l’histoire. À la une des journaux, dans les pages de nos livres d’école ou arborées fièrement sur nos t-shirts, elles ont fait le tour du monde. Mais connaissez-vous l’histoire secrète de ces clichés mythiques ?

Que montre la photo ?
Le cliché pris par Nick Ut nous plonge dans l’enfer de la guerre du Vietnam. Ce 8 juin 1972, dans le village de Trang Bang, une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui lutte avec les États-Unis contre les forces communistes du Nord. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible. Ils larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des combattants vietcongs, mais leurs propres soldats et des civils.

Le bombardement de Trang Bang, le 8 juin 1972 (Nick Ut / AP / Sipa)

Kim Phuc, neuf ans, figure parmi les victimes de cette erreur dramatique. Alertés par le passage préalable d’un avion de reconnaissance, « Phuc » (c’est son prénom principal, qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires, sans avoir le temps de fuir. Le déluge de napalm, qui peut atteindre les 1.200 degrés Celsius, inflige à la fillette des brûlures inhumaines. En direction de sa mère, elle s’écrie :

« Oh, Maman, c’est trop chaud, trop chaud ! »
Ses vêtements désintégrés, Phuc s’extirpe des flammes, laisse derrière elle ses parents indemnes et se retrouve à déambuler sur la route 1 de Trang Bang comme une damnée.

À quelques centaines de mètres de là, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de journalistes internationaux, il a découvert, horrifié, que des civils surgissaient du nuage de fumée. Il a photographié, parmi eux, la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon : Danh, trois ans. Et dans les bras d’un homme vêtu de blanc, Cuong, un bébé de neuf mois. Tous deux sont les cousins de Kim Phuc, les fils de sa tante Anh. Tous deux ont été touchés mortellement.

Les corps de Danh et de Cuong portés sur la Route 1, après l’attaque (Nick Ut / AP / Sipa)

Lorsque la fillette parvient à son tour jusqu’à lui, Nick Ut tire de son sac son quatrième et dernier appareil photo encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de fille neuf ans, qui répète sans cesse les mêmes mots : « Trop chaud ! Trop chaud ! » À sa droite, son grand-frère Tam implore les adultes :

« Aidez ma sœur ! »
Le cliché original pris par Nick Ut. En arrière-plan, des soldat sud-vietnamiens. À droite, le photographe de « Life » David Burnett, qui recharge son appareil (Nick Ut / AP / Sipa)

La photo recadrée telle qu’elle est le plus souvent diffusée : Kim Phuc apparaît au centre, et David Burnett n’est plus dans le cadre (Nick Ut / AP / Sipa)

Dans l’instant qui suit le cliché iconique, un homme interrompt la course désespérée de Kim Phuc : c’est Christopher Wain, un journaliste de la chaîne britannique ITN, qui diffusera une vidéo de l’événement. Il lui donne à boire et verse de l’eau sur ses blessures – geste généreux mais dérisoire, compte tenu de l’extrême gravité des dégâts causés par le napalm.

(Nick Ut / AP)

Car Kim Phuc est en danger de mort. Le napalm a ravagé un tiers de la surface de son corps : son dos, son cou, son bras gauche, son cuir chevelu sont brûlés au moins au troisième degré. Sans prise en charge immédiate, elle succombera à ses blessures.

Un homme vietnamien demande alors aux journalistes, qui sont motorisés, de conduire la fillette à l’hôpital. Nick Ut s’en charge. Il embarque la petite victime ainsi qu’une jeune femme grièvement blessée dans sa voiture et, après trois quarts d’heure de route cahoteuse et douloureuse, parvient avec son chauffeur à un hôpital proche de Saïgon. « S’il vous plaît, aidez-les », dit le preneur d’images à une infirmière. Nick Ut ne peut rester, il doit rentrer au plus vite au bureau de son agence Associated Press pour transmettre son travail. Les chemins du photographe et de la petite fille se séparent. Provisoirement.

Un long combat pour la survie
Dans les jours qui suivent, tandis que la photographie prise par Nick Ut se propage dans la presse mondiale, la vie de Kim Phuc ne tient qu’à un fil. À un fil… et à une intervention providentielle : celle de Christopher Wain, le journaliste d’ITN, celui-là même qui avait donné à boire à la petite Vietnamienne après l’attaque de Trang Bang.

Souhaitant raconter l’histoire de « la fille de la photo », comme on l’appelle déjà, Wain retrouve la trace de Kim Phuc le 10 juin. Il découvre que le pronostic des médecins est dramatique : les brûlures sont trop graves, l’hôpital n’est pas équipé pour les traiter, on s’attend à ce que l’enfant meure d’un jour à l’autre.

Kim Phuc hospitalisée, le 10 juin 1972 (Robinson / AP / Sipa)

Alors le journaliste britannique remue ciel et terre. En multipliant les coups de fil, il apprend l’existence d’un établissement américain à Saïgon, la clinique Barsky, où l’on soigne les grands brûlés.

L’espoir renaît. Ne reste plus, alors, qu’à obtenir l’aval des autorités sud-vietnamienne pour effectuer le transfert. Une formalité ? Pas tout à fait ! Contre toute attente, l’interlocuteur de Christopher Wain au ministère sud-vietnamien des Affaires étrangères traîne des pieds. Il laisse entendre au journaliste médusé que Kim Phuc, si elle devait vivre, attirerait encore davantage les projecteurs médiatiques sur cet épisode honteux pour son gouvernement. La réponse de Christopher Wain, retranscrite dans la riche biographie de Kim Phuc par Denise Chong, est cinglante :

« Le monde entier a déjà vu que l’aviation sud-vietnamienne a bombardé son propre peuple, et [la survie de Kim Phuc] serait encore pire pour vous ?! »
Et, saisissant un couteau :

« Tenez ! Pourquoi ne lui faites-vous pas une faveur ? Allez à son hôpital et tranchez lui la gorge immédiatement ! »
Après un long silence, le fonctionnaire finit par donner son accord. Grâce à Christopher Wain, la fillette a gagné le droit de survivre.

Transférée à la clinique Barsky, où elle bénéficie enfin de soins adaptés, Kim Phuc reste dans un état critique pendant une quarantaine de jours, subit 17 opérations et vit le supplice quotidien du nettoyage des plaies. Ce n’est qu’au bout de 14 mois qu’elle rentre chez elle. Sauvée, mais marquée à vie. Plus tard, elle rencontrera un autre bienfaiteur, le journaliste allemand Perry Kretz, qui obtiendra des autorités qu’elle se fasse opérer dans un hôpital d’Allemagne de l’Ouest pour tenter d’apaiser ces douleurs qui n’en finissent pas.
https://www.nouvelobs.com/photo/20160728.OBS5483/la-fille-de-la-photo-l-incroyable-destin-de-kim-phuc-la-survivante-du-napalm.html

Clopine dit: à

Ce n’est certes pas ma définition, Hamlet. Ni richesses, ni gardien, ni clôtures ne me sont nécessaires. De l’estime, de l’amitié, de l’amour, et une certaine beauté autour de moi, du genre qui a besoin d’arbre,de verdure et d’eau pour exister, par contre, me paraissent indispensables. Mais comme les gens estimables, aimables, tendres et sachant faire naître la beauté autour d’eux sont aussi, souvent, des gens ouverts au monde et aspirant à changer l’ordre catastrophique des choses, eh bien, votre bonheur dépendra donc de votre capacité à, à la fois, pouvoir goûter pleinement vos richesses (les réelles !) et vous battre pour que votre présence au monde ne lui nuise pas trop, à ce monde. D’où la lâcheté à laquelle je faisais allusion ce matin. Cette envie, même en sachant ce que nous savons tous, à savoir les menaces qui sont toujours plus palpables, cette envie d’ignorance, pour échapper un peu, de temps en temps, au terrible poids de la lucidité.

(et restaurer l’émission de Laurentin sur France Cul, ahaha).

renato dit: à

Enfin ! pour Nixon nous étions des communistes ; pour les révolutionnaires d’opérette du 68 européen nous étions des réactionnaires ; aujourd’hui on à affaire avec les hamlet et leur leçons : le monde est fou.

DHH dit: à

@jazzine vous excusez pas .
je suis flattée que ce que j’ai écrit puisse être attribué à Lavande
Néanmoins je pense que, provinciale, elle n’aurait peut-être pas eu ma sensibilité de vieille parisienne aux mutations du quartier

MC dit: à

merci, Renato, j’ai cherché de mon coté, mais sans trouver.
« Il est possible » « il se pourrait », ce sont des formules honnêtes qui se gardent bien de trancher le problème quand on n’ pas tous les éléments en mains.
Le contraire, en somme, du cuistre d’académie, chère Masseur Sarie…

Ed dit: à

On me dit dans l’oreillette que les commentaires de et allii sont trop courts. Un peu plus de développement ne serait pas du luxe.

Marie Sasseur dit: à

Court!
Relisez tout ce pataquès que vous avez fait pour aboutir a pire que nothing, par des moulinets avec les doigts. Et ouvrez le lien que j’ai donné hier!

Clopine dit: à

Oui, Ed, et un peu moins d’idées personnelles, un peu plus de copié-collé ou recopié d’articles, seraient les bienvenus également. Pas assez de comptes-rendus de vieux débats, et bien bien trop d’humour !

DHH dit: à

@Ed @Clopine
attention au second degré! a manier avec précaution au risque de n’être pas comprise

Marie Sasseur dit: à

Et les Goncourt auront bien peu pour que les parisiens découvrent le Japon, comparé aux expos universelles. Sauf pour une petite équipe de culs coincés et bien tardivement et à la remorque , malgré ce qu’ils ont essayé de faire croire, comme vous.

D. dit: à

hamlet, on peut observer réellement des ovnis tous les soirs. Il n’y a pas à être frapadingue. Les ovnis sont bien réels, innombrables et facilement observables. Nous vivons avec depuis fort longtemps. Depuis toujours en fait.
Les frapadingues, ce sont ceux qui sont prêts à déformer caricaturalement des fait observés pour les faire correspondre à tout prix à un phénomène identifié. Ceux-là sont les vrais fous. Exemple : vous avez observé la planète Vénus. Vous avez observé un avion. Vous avez observé la rentrée atmosphérique de je ne sais quoi.

et alii dit: à

Ed dit: 12 septembre 2019 à 16 h 21 min
mais non, ed, on vous dit qu’ils sont de trop!
moi, je regrette que les contributeurs qui demandent des noms ne donnent pas ceux des gens qu’ils évoquent(auteur de « mémoire » ,photographe )ou des images de films disponibles, et eux me reprochent de les présenter en contexte!bref, d’être en trop ; croyez que je l’ai bien compris; lorsqu’évoquez Louise Bourgeois et son oeuvre est une indécence si c’est moi, pensez bien que j’ai compris qu’ici je porte atteinte aux exclusivités de certaines contributrices, et une atteinte plus grave que si je leur volais leurs amours , leurs amitiés :c’est aussi ça internet « moi seul-e » sais, peux (etc.)
bonsoir

et alii dit: à

lorsque évoquer L.B.

D. dit: à

hamlet, que saviez-vous du dossier de la veille dame du bus ? Il existe des vieilles dames qui font exprès d’emmerder le monde, et tous les jours. En arrivant en retard systèmatiquement, par habitude. Peut-être que la vôtre en faisait partie.
Des emmerdeurs du troisième ou quatrième âge, on en trouve par exemple dans le métro. Il faut, qu’ils soit là pimpante au milieu des travailleurs extenués à 08h 45 tapantes en pleine heure de pointe, avec un caddie qui prend une place à lui tout seul. Ou avec une sacoche comme s’ils allaient au bureau, alors qu’ils vont aux archives faire chier le monde là-bas, au lieu de faire tranquillos la grâce matinée avec les chats et des croissants au beurre et d’attendre 10h pour sortir.

et alii dit: à

renato, je n’arrive pas à trouver une photo en écho à votre giving food parce que je ne sais plus qui est le photographe, ni où elle a été prise:c’est un enfant agenouillé qui donne à manger du riz à un vieillard ou un mendiant ;c’est une photo qui me touche particulièrement , tendresse du regard de ces hommes dans la rue(peut- être une rue juive, mais pas sur)si ça vous dit quelque chose?

D. dit: à

Non ce n’est pas du racisme antu vieux, je serai vieux moi-même dans assez peu de temps et je fais le serment que jamais je ne me pointerai dans le métro à 08h 45 avec mon caddie pour ne pas rater l’ouverture du Monoprix pile à 09h 15. Et aux archives, j’irai à 11 heures. Ou jamais. D’ailleurs je n’ai pas à savoir. Savoir est une mauvaise habitude au fond lorsqu’il suffit d’être.

et alii dit: à

? Il existe des vieilles dames
ET pas seulement des vieilles dames qui font exprès d’emmerder les autres! mais il y a des femmes qui encore aujourd’hui se sont fait une spécialité d’emmerder! on m’ a raconté des scènes au guichet de la gare, déjà il y a plus de vingt ans mais j’ai vu de mes yeux que c’est grave

D. dit: à

Eh oui. J’ai conscience que ça ne plaira pas à tout le monde.

et alii dit: à

sur ce blog, il y a ceux-celles- qui ont l’exclusivité du parler amour, famille, femmes, sexe, érotisme, shoah, politique ,cuisine ,et se davoir toutoutout , même sur les toutous, (or je ne suis pas un toutou )

DHH dit: à

@D
certains ignorants vont vous faire un proces en meconnaissance de l’orthographe parce que vous avez ecrit »Grâce matinée »
je tiens a preciser que lorsque je suis dans le metro aux heures de pointe je refuse toujours les offres d’une place assise que me valent mes cheveux blancs et que me proposent des gens jeunes car leur journée est plus difficile à vivre que la mienne

et alii dit: à

et de savoir

D. dit: à

Demain la RATP est en grève, très massivement. Il ne sera quasimment pas possible d’emprunter un quelconque transport en commun.
Je fais être gêné mais il n’empêche que je soutiens sans conditions ce mouvement dont l’une des revendication est la prise en compte dans la future réforme des retraites de la pénibilité, bien forte et réelle, du travail des agents en milieu confiné et mal sécurisé, avec des horaires souvent très contraignants et du travail les week-ends et jours fériés.
Je dis RATP en grève parce que ce sont ses agents qui font ce qu’elle est.

D. dit: à

Ah ben ça y est. DHH nous confie qu’elle va au monop pour l’ouverture.
J’aurais dû m’en douter. J’avais aussi comme un étrange pressentiment.

Pablo75 dit: à

Hier je suis allé à la librairie de mon quartier (dont j’ai entendu d’une oreille distraite il y a 2 ou 3 jours le propriétaire à France-Info recommander des livres) chercher « Petit éloge des brumes ». J’ai parlé un peu avec la vendeuse (entre 25 et 30 ans), elle me dit qu’elle n’avait pas remarqué le livre et qu’elle ne connaît pas l’auteur et je lui dis que Assouline dans son blog a écrit un article sur ce livre qui donne envie de le lire. Comme elle fait une tête étrange je lui demande: -Vous connaissait Pierre Assouline? Et elle: – Non.

Je suis sorti en me disant que la renommée littéraire en France se réduit au Quartier Latin.

Ed dit: à

« Des emmerdeurs du troisième ou quatrième âge »

Cf. le sketch culte de Groland sur les vieux.

Ed dit: à

« Vous connaissait Pierre Assouline? Et elle: – Non »

Ca ne m’étonne pas. Les libraires s’intéressent avant tout aux auteurs qui vendent. Ceci n’enlève rien au talent d’Assouline.

et alii dit: à

en me disant
vous êtes sur que vous ne vous parlez pas trop souvent?je connais des libraires qui se sont mis à éplucher la RDL et offrent des petits déjeuners de discussion!
vous seriez donc frappadingue ?

Pablo75 dit: à

J’ai acheté aussi « Le meilleur de la bêtise » une collection de citations drôles de Sébastien Bailly.

« On m’a accusé d’essayer de sortir d’Allemagne un plan de fortifications. En fait, c’était mon portrait par Picasso »,
(I.Stravinski)

« Les affaires vont très mal. Même les gens qui ne payaient pas n’achètent plus. »
(J.-L. Chiflet)

« Seuls les bons professeurs forment les bons autodidactes. »
(J.F.Revel)

« Elle chante tellement faux que même les sourds refusent de regarder ses lèvres bouger. »
(Woody Allen)

Pablo75 dit: à

Demain la RATP est en grève, très massivement. Il ne sera quasimment pas possible d’emprunter un quelconque transport en commun.
D. dit: 12 septembre 2019 à 17 h 09 min

Faux: les 2 lignes automatiques, sans conducteur, fonctionneront normalement.

Pablo75 dit: à

Ca ne m’étonne pas. Les libraires s’intéressent avant tout aux auteurs qui vendent. Ceci n’enlève rien au talent d’Assouline.
Ed dit: 12 septembre 2019 à 17 h 32 min

Tu es en train de nous dire que les livres de Passou ne se vendent pas?

Pablo75 dit: à

… les 2 lignes automatiques, sans conducteur, du métro parisien

hamlet dit: à

le monde est tellement fou que même les asiles les fous refusent de lire le journal.

Bihoreau, duc de Bellerente et autres terres avoisinantes... dit: à

Julien Green ne fait pas recette …

hamlet dit: à

Le FBI l’avait mis en prison pour activisme communiste. En fait il faisait une lecture publique dans la rue de l’Évangile selon St Mathieu.

hamlet dit: à

Seuls les meilleurs professeurs forment les crétins. (exemple : Jerphagnon et Onfray).

Pablo75 dit: à

Vous connaissEZ P.A…. (purée!).

de nota dit: à

Ca ne m’étonne pas. Les libraires s’intéressent avant tout aux auteurs qui vendent. Ceci n’enlève rien au talent d’Assouline

ed! y vendent quoi les auteurs? Leur âme?

Delaporte dit: à

« Cf. le sketch culte de Groland sur les vieux. »

Toujours ce racisme anti-vieux. Vous pouvez nous le mettre en lien ? Pour vous, ma chère Ed, il faudrait un sketch contre les vieux arabes : anti-vieux et anti-arabes, bien saignant. Vous prendriez votre pied.

Delaporte dit: à

« Julien Green ne fait pas recette … »

Pourquoi dites-vous cela ? Il a eu fait (dans les années 70). La version érotique de son fameux Journal, qui paraît en Bouquins, va faire un tabac, vous allez voir ça. Vous avez aimé le Journal ascétique de Green dans les années stupre ? Vous allez adorer la version intégrale, même si vous n’êtes pas homo. Ils voulaient appeler cela « Sodoma », mais le titre était déjà pris… Une version pour notre cher Jacuzzi, qui va prendre son pied enfin. De la nourriture sans doute pour ses inaltérables « goûts de ». On en redemande !

Bérénice dit: à

ED aurait dû écrire – aux auteurs qui se vendent bien.

Renato, pourquoi une araignée de Redon ce matin ou plus tôt, je n’accroche pas trop à cet univers. Je m’etais deplacee pour une expo qui lui était consacrée donc contrainte d’en faire le tour mais bof.

Delaporte dit: à

« Les libraires s’intéressent avant tout aux auteurs qui vendent. »

C’est un libraire, notre cher de nota, qui le dit ! C’est un mot très dur, mais juste, contre cette ligue qui se ligue sans cesse contre la vraie littérature. Les libraires sont la perte de la littérature.

Bérénice dit: à

La RATP annonce des grèves jusqu’à l’été prochain puisque le ministre premier annonce de son cote une concertation autour de la réforme jusqu’à l’été prochain.

Delaporte dit: à

Je crois qu’on trouve toujours en poche les romans de Green. C’est normal, c’était un grand romancier. Son Journal aussi était en poche. J’en ai ici quelques volumes, caviardés par Green lui-même. C’est le seul académicien qui ait démissionné de l’honorable institution. Il était américain, en fait. Il raconte cela dans ses souvenirs. Un grand chrétien, aussi. J’aimais bien sa manière d’être catholique, qu’il relate dans son Journal. Avec sa version non expurgé du Journal, on va voir si ça tient le coup. Quel exemple pour le catholicisme ! pour la France, fille aînée de l’Eglise ! Green qui a choisi la langue française, qui appartenait donc à l’Académie ! Un événement que cette parution.

Bloom dit: à

J’ai l’intime conviction que si Edna O’Brien et Margaret Atwood recevaient le prix Nobel cette année, les amateurs de littérature seraient à la fête.

renato dit: à

Bérénice, l’araignée de Redon ce n’est pas moi mais x.

Bérénice dit: à

Oui, vous c’est Dora Maar mais c’est vous qui avez commencé avec un araignée. Peu importe.

et alii dit: à

12 septembre 2019 à 18 h 39 minquel beau livre renato!
bonsoir

et alii dit: à

une araignée, voyons,pour L.Bourgeois

de nota dit: à

Camarade Delaporte, rendez à cesarine ce qui est à cesarine…

renato dit: à

Bérénice, pour araignée ce n’est pas mois qui a commencé, voyez plutôt :

Janssen J-J dit : 12 septembre 2019 à 11 h 51 min
et alii dit : 12 septembre 2019 à 13 h 11 min
et alii dit : 12 septembre 2019 à 13 h 16 min
et alii dit : 12 septembre 2019 à 13 h 22 min
hamlet dit : 12 septembre 2019 à 13 h 26 min
renato dit : 12 septembre 2019 à 13 h 32 min
renato dit : 12 septembre 2019 à 13 h 37 min
renato dit: 12 septembre 2019 à 13 h 41 min
x dit : 12 septembre 2019 à 13 h 43 min
lmd dit : 12 septembre 2019 à 14 h 28 min — dans le lien —
Etc., etc.

Bérénice dit: à

Alii, ne critiquez pas cet authentique livre du Japon. La page 23 par exemple donne un aperçu de l’art de la vague.

et alii dit: à

, je serai vieux moi-même dans assez peu de temps
c’est à quel age selon vous vieux?

et alii dit: à

c’est le comble!,je dis que ce livre ouvert par Renato est très beau et on prétend que je le critique ;
c’est la RDL qui déménage;
bonsoir donc ;compétitionnez hard, si ça vous amuse, pas moi;

Bérénice dit: à

Renato, je n’ai pas épluché tout le commentarium. Je pensais que c’était vous , merci pour vos info. C’est donc 3J.

Bérénice dit: à

Alii, je pensais que vous plaisantiez en calquant mon approche sur la vôtre. J’ai dû voir au cours de ma breve jeunesse des estampes dans un des grands musées d’Amsterdam. Je n’en n’ai eu que faire et pourtant c’était d’anciennes representations . Il y a beaucoup de choses qui m’échappent, surement par manque de connaissances, je ne suis pas sensible et reste fermée à la beauté que vous savez voir.

Lavande dit: à

Très beau film ce soir sur la 3 : Sage-femme avec Catherine (Frot) et Catherine (Deneuve) et un de mes comédiens préférés : Olivier Gourmet.

Janssen J-J dit: à

– @ Plus l’attente est longue plus c’est bon ? je l’espère pour vous, jzmn. Mère va bien, merci de votre prévenance. Je n’ai pu la visiter qu’une fois, hélas, mais elle m’a reconnu et m’a dit par deux fois que j’étais beau (!). Nous avons mêlé nos larmes, je lui ai répondu que c’était bien la première fois qu’une femme me faisait cet aveu avec tant de conviction. Mais elle pensait à quelqu’un d’autre, je sais qui, et n’en ai point été jaloux, bien au contraire. Et le 19, en dépit des marches gourmandes et des feux d’artifice liés aux cousinades, ma belle-mère Y. est morte. Elle avait 89 ans. Ce fut une semaine un peu triste, bien sûr, mais comme une délivrance. Quatre jours auparavant, le 15 août, nous l’avions promenée dans son fauteuil roulant parmi le vide-grenier du village de son ehapd. Elle affirma que le tissu qu’on lui avait promis n’était pas du lin. Ses dernières paroles, il faut dire qu’il ne lui restait que le sens du toucher. Elle avait été une grande couturière jadis, promue meilleure ouvrière de France. Et puis, il y eut beaucoup de bombances et de bébés à honorer au sein d’une grande famille élargie, rassemblée pour les funérailles l’août. Un réconfort. Elle apporta beaucoup de sérénité collective. Pour la première fois d’un été depuis longtemps, il n’y eut aucune tentation de lectures…, c’est que l’aménagement du parc et les travaux de la future maison d’héritage pour la retraite suffirent bien à nous saturer l’esprit d’ondes beaucoup plus positives, et à nous éloigner de la dépression livresque. Coupé de tout… j’entrevis d’autres nouvelles perspectives de vie. Et puis, au supermarché du coin, je suis tombé sur les mémoires d’E. Morin, et n’ai pas pu m’empêcher de succomber au vice. J’espère que ce n’est pas reparti comme en 40. Du coup, aujourd’hui, je suis allé voir le film de Tarantino, et j’ai projeté d’aller visiter les égouts à pied pour contyourner la paralysie des transports, comme je me le suis promets depuis 35 ans, il parait qu’ils sont hausmaniens. Voili voilà qq possibles news pour me refixer depuis l’errance estivalière déconnectée, merci aux erdéliens de bonne volonté d’avoir veillé aux grains, (etalii a beaucoup d’humour aussi dans ses réparties). St-Germain existe encore, la rdl veux-je dire, c’est rassurant quelque part, cette bouée du sauvetage qui prend si souvent des allures naufragées…

christiane dit: à

Renato – 18h39
Merci. Je n’ai jamais vu une telle étude de vagues et d’enroulements. Quel trésor…

D. dit: à

Cher Delaporte,
Je suppose que vous soutenez la grève de demain à la RATP ?
Je ne vous entends pas beaucoup.

hamlet dit: à

la sublime voix de Philippe Jaroussky…

sûr qu’il faudrait ne rien dire, se taire, laisser passer.

mais ce n’est pas possible ! Jaroussky est une énigme, le signe d’une espèce de folie collective qui s’abat sur le monde, où l’on se dit « que se passe-t-il ? faut-il équiper tout ce beau monde qui se rend à l’opéra de sonotones ? »

alors je sais pas. phénomène de mode ? système qui s’emballe parce que tout le monde se monte le bourrichon ? et qu’on accumule les prix des victoires de la musique… et qu’on en rajoute… du coup plus personne n’ose dire la vérité ? n’ose dire l’évidence ?

et pourtant il suffit juste d’écouter et comparer en ça :

https://www.youtube.com/watch?v=1WdX5uBFadM

et ça :

https://www.youtube.com/watch?v=GFoT6UUNLZc

et après on parlera de « voix sublime de Jaroussky ! »

hamlet dit: à

la sublime voix de Philippe Jaroussky…

sûr qu’il faudrait ne rien dire, se taire, laisser passer.

mais ce n’est pas possible ! Jaroussky est une énigme, le signe d’une espèce de folie collective qui s’abat sur le monde, où l’on se dit « que se passe-t-il ? faut-il équiper tout ce beau monde qui se rend à l’opéra de sonotones ? »

alors je sais pas. phénomène de mode ? système qui s’emballe parce que tout le monde se monte le bourrichon ? et qu’on accumule les prix des victoires de la musique… et qu’on en rajoute… du coup plus personne n’ose dire la vérité ? n’ose dire l’évidence ?

et pourtant il suffit juste d’écouter et comparer entre ça :

https://www.youtube.com/watch?v=1WdX5uBFadM

hamlet dit: à

pareil AS Mutter, pour Cécilia Bartoli et tant d’autres…

comme pour les bouquins avec Darrieussecq, Carrère et tant d’autres…

et comme pour tout le reste…

hamlet dit: à

pourquoi ? parce que les critiques ne font plus leur boulot !

ces artistes utilisent des rouleaux compresseur marketing liés à leurs maisons de disque, et du coup les critiques s’écrasent.

si un seul ose dire un mot il se fait lyncher !

et pour les bouquins c’est pareil.

du coup il suffit de dire à Paul Edel qu’il a passé son temps à ramer dans le sens du courant pour qu’il nous pique une petite colère sur ce pauvre Toussaint, histoire de montrer qu’il est capable de piquer des colères et oser dire que les livres sont nuls.

mais ça arrive bien trop tard, ça arrive après des années de manque de courage pour garder son petit boulot de critique, du coup sa petite colère elle tombe à l’eau ! parce que c’est tout du flan ! c’est trop tard !

et Jaroussky c’est pareil ! il est le pur produit d’une critique qui sait qu’il chante bien mais sans plus, mais qui n’a jamais osé le dire !

la critique est devenue un boulot de pleutres et de charlatans !

et alii dit: à

hamlet dit: 12 septembre 2019 à 20 h 17 min
du calme!changez de répertoire!

hamlet dit: à

et alii mais ce n’est pas moi qui ai pris le répertoire baroque !

christiane dit: à

Dans ce roman magnifique de Hubert Haddad Un monstre et un chaos, je lis dans la postface, quelques méditations de H.H. sur le titre de son roman. J’en ai retenu deux dont une citation.
De Pascal : « Quelle chimère est-ce donc que l’homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur : gloire et rebut de l’univers. »

La sienne : « L’homme, privé de simple humanité, n’est qu’un monstre et un chaos.

Beaucoup de scènes dans ce roman décrivant la survie dans ce ghetto.
A propos, qui pourrait m’éclairer dans ce passage sur « les huit degrés de la charité » ?
(Cela se situe après le 19 janvier 1945, après que les troupes soviétiques aient libéré la ville de Lodz et concerne les rescapés.
« Faut-il s’étonner qu’une partie des rescapés du programme génocidaire, tournés depuis deux millénaires vers Yeroushalaïm, ait pris le chemin de l’exil, prête à rejouer sa survie à quitte ou double sans prendre garde aux pièges de l’Histoire, et qu’une autre partie aussi conséquente ait tenté la réconciliation en Pologne et ailleurs, dans ce continent des cendres vives qui fut sien et le demeure ? Et qu’une autre encore, invisible, cherche toujours dans les calmes nuages des songes les huit degrés de la charité ? « On peut rendre le rêve plus grand que la nuit », dit un proverbe yidish. »

Delaporte dit: à

Cher Delaporte,
Je suppose que vous soutenez la grève de demain à la RATP ?
_________

Comme vous le savez, mon très cher D, je suis pour l’abolition légale du travail, et pour la grève ininterrompue. Il y a une grève demain ? Je la soutiens. J’espère que les gens qui travaillent comprendront qu’ils ne doivent plus aller au travail. Le travail, c’est terminé !

et alii dit: à

christiane

Les huit niveaux de la charité

Pierre tombale représentant une boîte à tsedaka (pushke). cimetière juif d’Otwock (Karczew-Anielin), Pologne.
Dans son Mishné Torah, Maïmonide distingue huit niveaux de Tsedaka, selon la proximité entre le donateur et celui qui reçoit le don, que le don soit connu publiquement ou anonyme, qu’il soit fait de façon spontanée ou sollicitée, qu’il réponde partiellement aux besoins du pauvre ou qu’il lui permette l’autosubsistance (offrir du travail ou un partenariat) :

La charité préventive : donner du travail à une personne pauvre (ou lui avancer les fonds pour démarrer une affaire) de façon qu’il ne dépende pas de la charité, étant donné qu’on est soi-même indépendant d’elle. Maïmonide s’appuie sur le principe énoncé par Lao Tseu : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie ».
Ce niveau est divisé en quatre sous-degrés :
Donner du travail à une personne pauvre.
Établir un partenariat avec lui (ceci est considéré comme inférieur, car le bénéficiaire de cette charité pourrait avoir l’impression qu’il n’y participe pas assez).
Faire un prêt.
Faire un don.
Donner anonymement à un récipiendaire inconnu.
Donner anonymement à un récipiendaire connu.
Donner publiquement à un récipiendaire inconnu.
Donner avant qu’on ne la demande.
Donner de façon adéquate après qu’on l’a demandée.
Donner de son plein gré, mais inadéquatement (trop peu).
Donner contre son gré.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tsedaka

hamlet dit: à

et alii changez donc un peu répertoire !

et alii dit: à

hamlet:
dites donc, je tranquillise christiane !

pado dit: à

Delaporte dit: 12 septembre 2019 à 20 h 41 min
Comme vous le savez, mon très cher D, je suis pour l’abolition légale du travail

9 milliards de personnes qui se croisent les bras.
L’avenir de l’humanité est en marche.
Tous avec une longère, du miel, des pommes et Musil (euh non, Chesterton ? enfin je ne sais pas , mais un qui le fera)

Bloom dit: à

Jaroussky

Potable, mais mille coudées sous Geradr Lesne,qui fit ses gammes à Notre Dame de Bury et fut le chanteur de Ma Banlieue Flasque, groupe de rock mythique du 9-5, avec les frères Maugard, Ledevec, etc. Brillantissime prestation à Tréguier au millénaire dernier.
Au début de ce millénaire, le Stabat Mater de Vivaldi interprété par Gérard Lesne en l’abbaye de Royaumont fut pour nous tous un pur moment de clarté.

Bihoreau, duc de Bellerente et autres terres avoisinantes... dit: à

Delaporte à 18 h 56

Green était presque lecture obligatoire chez les Bons Pères, mais ils allaient jusqu’à nous faire comprendre que l’auteur luttait contre ses mauvais penchants, sans aller jusqu’à nous menacer de l’Enfer si nous nous branlions trop souvent, «… seul ou avec d’autres …» Le péché est un manque d’amour, de Dieu, des autres, de nous-mêmes.

Si on savait lire entre les lignes, on devinait que le pieux Julien ne se contentait pas de rêver ou de se toucher. Les érections nocturnes, ne savait-il pas qu’elles sont normales, comme les éjaculations ? Bien sûr que non, la science n’était pas encore rendue-là lorsque l’adolescence se mit à l’asticoter.

Le Journal intégral fera sensation, s’il faut en croire Frédéric Martel; déjà, les extraits qu’il en donne l’indiquent sans en douter: https://www.franceculture.fr/litterature/le-siecle-denfer-de-lecrivain-catholique-et-homosexuel-julien-green

christiane dit: à

Merci, Et Alii. Je vais méditer tout cela.
Ce livre vous toucherait beaucoup…

hamlet dit: à

Bloom dit: 12 septembre 2019 à 20 h 58 min

un million de fois d’accord avec vous Bloom !

et qui connait Lesne ? comparé à Jaroussky ? malgré ses quelques prix ? inconnu du grand public !

pour lui on peut dire que sa voix est sublime !

plus que sublime, magique, comment apporter autant de matière de densité dans cette tessiture, comme Scholl, ça c’est sublime !

à des années lumières de Jaroussky.

https://www.youtube.com/watch?v=v_gMKnajLpc

hamlet dit: à

certains mots ne peuvent pas être utilisés à la légère, comme dit l’autre « mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde ».

si nous nommons mal les choses c’est bien que nos sens sont mal orientés.

pourquoi les vidéos de Jaroussky ont des milliers, voire des mliions de vues sur YT, et celle-là de Lesne ? 749 vues ! avec 17 « j’aime » et zéro commentaires.

on marche sur la tête…

https://www.youtube.com/watch?v=uySwyrcSOsg

hamlet dit: à

sûr que Jaroussky est bon, « potable » comme dit Bloom, mais à aucun moment sa voix ne mérite autant de barouf.

et alii : vous me demandiez d’arrêter, mais c’est justement l’occasion de parler de ces choses-là parce qu’elles sont importantes pour tout le monde !

alors il faut laisser les gens en parler et ne pas leur demander de toujours se taire et alii !!!

Jazzi dit: à

« Je suppose que vous soutenez la grève de demain à la RATP ? »

Moi, oui, D. Je suis de tout coeur avec eux.

hamlet dit: à

et alii à moins que vous aussi vous postuliez au poste de gendarme de ce blog pour décréter qui et de quoi on peut parler et ne pas parler ?

il faut bien vous mettre une chose dans la tête : le seul qui peut virer les gens de ce blog c’est passou !!! et nul autre !

ce n’est pas votre blog et alii, vous n’êtes pas ici chez vous !

à partir de là vous n’avez aucun droit de dire aux gens de se taire !

vous le comprenez ça ?

pour Bloom Jaroussky c’est potable, pour moi Jaroussky c’est une grosse daube !

x dit: à

Bérénice dit: 12 septembre 2019 à 18 h 59 min

Rappelez-vous : « J’aime l’araignée et j’aime l’ortie,
Parce qu’on les hait ;
[…]
Parce qu’elles sont les tristes captives
De leur guet-apens ;
[…]
Parce qu’elles ont l’ombre des abîmes,
Parce qu’on les fuit »

https://browse.startpage.com/do/show_picture.pl?l=francais&rais=1&oiu=https%3A%2F%2Fi.pinimg.com%2Foriginals%2F6e%2Fd7%2Fdd%2F6ed7dd9cde66f61e5cfb0d0f1228da24.jpg&sp=a227818a21c485d855dca59ddba0abf5&t=default

Dans un autre genre, des extraits d’un autre poème de « perdant » d’Alvaro de Campos (comme le « Bureau de tabac » cher à Jazzi), l’un des hétéronymes de Fernando Pessoa :

« Poème en ligne droite »

[…]
Tous ceux que je connais ont été champions en tout chose.

Et moi, si souvent bas, si souvent porc, si souvent vil,
moi, tant de fois si inexorablement parasite,
[…]
moi, qui tant de fois ai été ridicule, absurde,
qui me suis tant de fois entortillé les pieds dans les tapis de l’étiquette ;
qui ai été grotesque, mesquin, soumis et arrogant,
qui ai subi des affronts et me suis tu,
qui, lorsque je ne me suis pas tu, ai été encore plus ridicule ;
[…]
moi qui, venue l’heure du coup de poing, ai esquivé
toute possibilité de coup de poing :
moi, qui ai souffert l’angoisse des petites choses ridicules,
je constate qu’en tout cela je n’ai pas de pair en ce monde.
Tous les gens que je connais et qui m’adressent la parole
[…]
n’ont jamais subi d’affront,
n’ont été que des princes — princes tous et chacun — dans la vie…

Que ne puis-je entendre de quelqu’un la voix humaine
[…]
conter, non une violence, mais une lâcheté !
Non, ils sont tous l’Idéal, à les entendre me parler.
[…]

hamlet dit: à

et si quelqu’un me dit que Jaroussky c’est sublime je me sens dans l’obligation de lui expliquer que non, Jaroussky ce n’est pas sublime !

ce sont des choses très importantes !

parce que si on commet ce genre d’erreur alors c’est la fin des haricots !

et alii dit: à

à partir de là vous n’avez aucun droit de dire aux gens de se taire !
ça ne va vraiment pas hamlet!
je ne suis pas flic, comme vous, et dites ce que vous voulez dans toutes les langues que vous voulez, latin, grec ,syriaque , je m’en fiche ! etc et dormez bien! vous manquez de sommeil!c’est clair!

Chaloux dit: à

« Les érections nocturnes, ne savait-il pas qu’elles sont normales, comme les éjaculations ? Bien sûr que non, la science n’était pas encore rendue-là lorsque l’adolescence se mit à l’asticoter. »

Question déjà abordée par Lucrèce.

pado dit: à

Bloom dit: 12 septembre 2019 à 20 h 58 min
qui fit ses gammes à Notre Dame de Bury

P’Tain, nous (je) me les suis les tapées toute ma scolarité, le pire de la banlieue nord, GAG était limite accro alors ne me dites pas ! se taper Montmorency !!! Le bonheur du 9.3.

hamlet dit: à

et alii dit: 12 septembre 2019 à 20 h 24 min

hamlet dit: 12 septembre 2019 à 20 h 17 min
du calme!changez de répertoire!

????
vous aussi avez la mémoire courte ?

et alii dit: à

: 12 septembre 2019 à 21 h 30 min
allez vous reposer ou trouvez vous quelqu’ un autre à persécuter;jaloux! moi, je ferme mon ordi

Chaloux dit: à

Autre chose que j’ignorais et que Green nous apprend : les mœurs de Jacques Rivière, alors qu’il écrivit une lettre d’une rare maladresse à Proust (dans le registre « vous me vengez »). De quoi reconsidérer la nature de ses relations avec Alain-Fournier, lui aussi assez tordu? Décidément, comme dirait l’autre, on en apprend tous les jours et la dissimulation humaine est sans limites. Relire Méduse et Cie.

pado dit: à

hamlet dit: 12 septembre 2019 à 21 h 24 min
Jaroussky c’est sublime

Euh ! Non !
Mais c’est si c’est pas mal !
Même mon chaloux doit trouver, à la rigueur cela potable.
Une forme d’oeucuménisque.
Un truc pour vivre sous le plafond de Chagall.
Euh, ben non ! Lui il vient jamais (mon Chaloux) à l’Opéra.
Une question d’éthique ! Et ce de prix.

MC dit: à

Marie Sasseur
qu’il soit Docteur en Histoire de l’Art ne dispense pas de lire par soi-même La Maison d’un Artiste, que j’ai ici, et n’interdit pas de faire un usage personnel de ce texte, que je sache. Ou alors c’est le silence dictatorial devant les Grandeurs d’Etat? Mais on sait ce qu’elles valent,
Et comme elles ont l’éclat du verre,
Elles en ont la fragilité!
Je serai charitable pour Chéri, qui est probablement ce que Goncourt a écrit de pire.Et vous et moi savons que la japonaiserie n’est pas au centre de la déplorable Manette Salomon. Il serait plus intéressant de mobiliser certaines descriptions de la Fille Elisa, par exemple. En revanche, Coriolis est cité dans la Maison d’un Artiste, ce que votre Poulain semble ne pas avoir vu. Enfin, nul n’est parfait, et je vous crois bien mal placée pour un quelconque conseil.
MCourt

renato dit: à

Ici il y a un seul gendarme, c’est un type qui semble ne pas connaître l’expression « les goûts et les couleurs » ni que « les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures ». Il y a de bon qu’il cause, il cause, c’est tout ce qu’il sait faire.

Chaloux dit: à

Manette Salomon est un des grands romans du XIXe siècle en dépit de ses thématiques d’époque, sans lequel aux dires de certains spécialistes (voir la préface de l’édition Folio) il n’y aurait peut-être pas de seconde Education Sentimentale.

Jazzi dit: à

JJJ, un livre et un jardin, quoi de mieux ?

MC dit: à

Philippe Jaroussky ou le chapon confondu avec l’Ange. Du Japon au chapon, en quelque sorte…
MC

Bérénice dit: à

MC, il n’y a qu’une dinde?

Chaloux dit: à

Pédalo-Blabla : « P’Tain, nous (je) me les suis les tapées toute ma scolarité, le pire de la banlieue nord, GAG était limite accro alors ne me dites pas ! se taper Montmorency !!! Le bonheur du 9.3. »

Cette fiente raconte absolument n’importe quoi. Ne connaître rien à rien est décidément une vocation.

x dit: à

Ténor ou haute-contre, de toute façon j’aime énormément sa voix, son timbre, sa diction, sa « présence »

https://www.youtube.com/watch?v=eitXIAiZAcg

(on peut ensuite, d’un clic, comparer avec René Jacobs et trouver facilement Paul Agnew)

MC dit: à

Rapprochez Manette de l’Education, c’est de la Sainte Farce.
MS c’est le roman de la castration d’un peintre génial par une femme abusive. Vous voyez ça chez Flaubert?
Et l’antisémitisme qui affleure dans le portrait de l’héroïne, ce n’est pas tout à fait le genre de Madame Arnoux.
Je passe sur la perspective historique, inexistante.
ça fait tout de même pas mal de choses qui ne sont pas chez Flaubert, et celles qui sont censées s’y trouver sont si loin du prétendu modèle qu’on e demande si on ne parle pas, et c’est le cas, de deux œuvres différentes.
Résumons:
Si Frédéric Moreau avait subi ce crampon de Manette, il aurait pris ses cliques et ses claques pour filer loin, très loin, de cet épouvantail pour misogynes.
Maintenant, on peut tout soutenir, même l’insoutenable, que Flaubert a copié Goncourt, (l’a-t-il assez répété, Edmond!) que l’Education sort de Manette Salomon, que Manette est même un grand roman.
Question perfide: Pourquoi alors en entend-t-on si peu parler? Et pourquoi ce titre vient-il en termes de notoriété bien après Germinie Lacerteux, La Fille Elisa , ou la Faustin?
Bien à vous.
MC

Marie Sasseur dit: à

Court, vous etes la honte de l’akademie.
Faut-il être à ce point la tête près du trottoir pour aussi peu d’intelligence. Vous devriez faire vos conférences sur YouTube, qu’on rigole. Ah, c’est déjà fait?
Le fait de mettre un texte en lien, d’en présenter le titre pro de l’auteur, texte qui prouve que vous êtes un malcomprenant, de mauvaise foi, ferait de celui-là le poulain d’une écurie alors qu’il a lu les Goncourt, avec références à l’appui. Vous êtes un menteur et un escroc, c’est tout.

MC dit: à

Sans doute plusieurs, Bérénice! Ce serait assez croustillant à étudier…

Marie Sasseur dit: à

Et l’escroc de dérouler un bottin, d’un air entendu.

Petit Rappel dit: à

Et n’oubliez pas les Pintades! voyez Chantecler, Acte V , le Jour de la Pintade, savoureuse satire des salons littéraires!

Jazzi dit: à

« Vous êtes un menteur et un escroc, c’est tout. »

L’insulte est le propre de ceux qui sont à court d’argument !

Marie Sasseur dit: à

Face à un peigne-cul, qui ment comme un arracheur de dents, inutile de tergiverser.

Chaloux dit: à

MC, vous êtes peut-être, puisque vous le dites, un fin chercheur; vous êtes un déplorable lecteur. Vos arguments sont d’un académisme dépassé, mais je n’ai pas envie de batailler. Tenez Manette pour déplorable, je continuerai à considérer que c’est un chef d’oeuvre et les Goncourt de grands écrivains, dans leur registre bien entendu. Il a toujours existé des chefs-d’oeuvre de l’ombre, comme par exemple les Controverses et Suasoires de Sénèque le Rhéteur qui traversent les siècles tout enveloppées d’un silence que presque rien ne semble pouvoir briser, et comme Manette Salomon. Et des chefs-d’oeuvre de la lumière comme L’Education Sentimentale, mais les seconds n’éclipsent les premiers que pour les imbéciles. La littérature est bien plus subtile que cela.

Jean Langoncet dit: à

@ les Goncourt de grands écrivains

Ils figurent en bonne place de « mes impossibilités » de Nietzsche. Et après ?

MC dit: à

Chère Marie
Je note avec intérêt la manière polie et urbaine avec laquelle vous m’apportez la contradiction. Je n’ignore pas, (le croiriez-vous?) qu’il est toujours possible de dégainer un lien pour paraitre cultivée, dut-on se servir du travail des autres pour passer pour l’unique dépositaire de la vérité, étant bien entendu que, de votre point de vue , si large, il ne saurait-il n’y en avoir qu’une, la votre.
J’accepte donc sans barguigner de passer pour la honte de l’académie, de me situer près du trottoir, et autres aménités. Mais en retour, souffrez que je vous demande, et ce blog entier avec moi, d’où vous parlez, qui vous donne le droit de juger, de trancher entre Edmond, Jules, votre serviteur, et ce Monsieur Houssais? Je ne doute pas que la transcendance de vos lumières ne frappe les humbles vermisseaux que nous sommes, du moins lorsque nous en connaitrons l’origine, pour l’heure des plus obscures.
Que dire d’autre? que le monde parait se partager pour vous entre ceux qui lisent en donnant les références et les autres? Mais vous avez pu constater, et pour Goncourt précisément, que quand on me les demande, je les donne. Devons-nous nous prendre pour des chercheurs à temps plein et surcharger d’un apparat critique un blog qui n’est pas fait pour cela? Je ne le crois pas, sauf à vouloir jouer les Femmes Savantes en une comédie qui serait ici, faute de Molière, dérisoire et pitoyable.
Et de fait, traiter quelqu’un d’escroc parce qu’il ne souscrit pas à une synthèse toute faite, est la preuve d’un esprit peu délié préférant à une logique fondée sur les textes un prêt-à-penser si confortable qu’il ne supporte pas qu’il soit remis en question. Ce n’est ni objectif, ni probant. Mais c’est à votre image, Divine Marie dont la bonté éclate à chaque ligne.
Il y aurait de l’acharnement à continuer.
Souffrez que je vous laisse méditer ces lignes que méritent votre acharnement et votre méchanceté aigrie, pas seulement contre moi, d’ailleurs.
MC

Chaloux dit: à

La seule et unique « référence » d’une lecture, c’est sa subtilité. Thomas Diafoirus est savant mais il n’est point subtil.

Marie Sasseur dit: à

Court, please do it shorter. La messe est dite.
Bonne nuit.

« Beginning in 1640, Japan was largely closed off to the world and only limited interaction with China and Holland was allowed. This changed in the 1850s, when trade was forced open by American naval commodore, Matthew C. Perry. After this, there was a flood of Japanese visual culture into the West. At the 1867 International Exposition in Paris, Hokusai’s work was on view at the Japanese pavilion. This was the first introduction of Japanese culture to mass audiences in the West, and a craze for collecting art called Japonisme ensued. Additionally, Impressionist artists in Paris, such as Claude Monet, were great fans of Japanese prints. The flattening of space, an interest in atmospheric conditions, and the impermanence of modern city life—all visible in Hokusai’s prints—both reaffirmed their own artistic interests and inspired many future works of art. »

https://www.khanacademy.org/humanities/art-asia/art-japan/edo-period/a/hokusai-under-the-wave-off-kanagawa-the-great-wave

x dit: à

Perdants, suite
(ça commence à ressembler à une anthologie)

« Le bout du rouleau »

Le poète muet, défait,
s’appuie au comptoir du café.

Ses poèmes sont loin de lui,
c’était hier qu’ils ont fleuri

quand la lumière environnait
d’un duvet d’or le moindre objet

maintenant nu dans la poussière
près des crachats, fils de misère.

L’œil bleu, l’œil bleu de la pensée,
l’œil bleu languit sous une taie.

Conjurer le malheur avec
des refrains, des airs de rebec,

(Jamais rebec ne fut à lui),
c’est tout ce qu’il peut aujourd’hui.

Henri Thomas

x dit: à

MS: « please, keep it short »

– – – – –

(Deux façons d’être perdant, ou À tous les coups on perd)

« L’enfant resté au bord de la route »

Voilà plus de trente ans que j’attends de vivre. AI-je vécu?
Sans doute quelqu’un a vécu. Mais ailleurs, quelqu’un d’autre est resté, un petit d’autrefois que je connais bien. Celui-là depuis toujours est demeuré, celui-là toujours à la même place demeure. Il attend, il m’attend et à travers la distance énorme il me fait des signes désespérés.
Oui c’est bien celui-là qui s’étonne là-bas, qui appelle, crie, gémit, car on ne l’a pas emmené, on l’a trahi: il croyait que tout allait venir à lui — et tout s’est éloigné de lui. Tandis que moi, moi qui suis parti sur la route, moi le quelqu’un qui va toujours là où je vais, c’est moi qui ai tout emporté. Tout emporté, même l’image du solitaire enfant resté assis désespéré sur une borne de la route.
En effet, j’ai beaucoup beaucoup marché et parce qu’en marchant j’ai tout arraché des bords du chemin, parce que j’avançais sans cesse, ah! comme je me suis cru riche! Pourtant je ne possède rien qui vaille : les fils dansants du télégraphe, l’écho de mes pas, l’odeur des cuisines d’auberge, l’aboiement des chiens la nuit derrière les grandes portes fermées.
Comme je voudrais retourner vers l’enfant! Il savait tout d’avance, — et c’est bien pour cela qu’il pleurait.

(Jean Tardieu)

Pablo75 dit: à

La question que je me pose est celle-ci : Proust recevait-il les visites du fantôme de Baudelaire dont il aurait reçu les confidences?
Chaloux dit: 12 septembre 2019 à 21 h 23 min

Moi aussi j’ai été très étonné de lire la phrase: « Enfin, les historiens de la littérature seront peut-être intéressés d’apprendre que Green rapporte des propos de Gide qui rapporte des propos de Marcel Proust selon lequel Baudelaire « aimait les garçons » et qu’il en avait la preuve. Baudelaire aurait raconté à Proust l’une de ses nuits passées avec un danseur (p. 136, il y revient p. 331). »

C’est peut-être le danseur, dans sa vieillesse, qui a raconté cela à Proust.

Pablo75 dit: à

MC, vous êtes peut-être, puisque vous le dites, un fin chercheur; vous êtes un déplorable lecteur. Vos arguments sont d’un académisme dépassé, mais je n’ai pas envie de batailler. Tenez Manette pour déplorable, je continuerai à considérer que c’est un chef d’oeuvre et les Goncourt de grands écrivains, dans leur registre bien entendu.
Chaloux dit: 12 septembre 2019 à 22 h 40 min

Tout à fait d’accord avec toi. MC n’a pas lu le Journal des Goncourt, qui est un chef-d’oeuvre du genre. Et il a un goût littéraire plus que douteux.

et alii dit: à

j’ai décidé de ne plus lire les commentaires que je trouve contre productifs pour la plupart;non que je pense qu’il faille interdire à qui que ce soit de « s’exprimer » comme l’écrit une femme;ma chance est de ne pas en ressentir le « besoin »,le « désir », sur ce blog;et que les billets me suffisent amplement;cela peut être bénéfique pour certain-e-s de commenter, et répondre à des questions personnelles, ce n’est pas mon cas;je dirais plus:j’éviterai quiconque me dit,dans la vie,(chez un libraire,dans une rencontre) qu’il est partie prenante de ce blog;ce qui ne veut pas dire que moi-même, je ne le « recommanderais pas »(à un libraire, un prof, )
il faut savoir s’arrêter,se séparer;
bien à vous;
mes remerciements à P.ASSOULINE pour sa patience qui semble inaltérable;

de nota dit: à

Je me permets de signaler la parution d’un ouvrage tout a fait remarquable de François Rastier
« Extermination et littérature, les témoignages inconcevables » (Puf.), qui fait écho aux débats qui ont animé et animeront encore ce blog kant à l’exigence éthique de la littérature.

« Élaboré depuis la Seconde Guerre mondiale par des survivants de l’extermination, le témoignage littéraire des violences politiques de masse va, par son ambition éthique, au rebours des conceptions cyniques ou décoratives de l’art. Il bouleverse les catégories de la philosophie du langage : les faits deviennent inséparables des valeurs, le style de la recherche de la vérité. Au-delà du « devoir de mémoire », le témoignage refonde la notion de littérature mondiale autour des valeurs des droits de l’homme.
Après la mort des témoins, toutefois, nombreux sont les auteurs à considérer que la fiction est supérieure à l’histoire. Faux témoignages ou romans historiques occupent désormais le devant de la scène littéraire. L’esthétisation de la violence l’emportera-t-elle sur l’exigence éthique du témoignage ?
Prenant notamment appui sur les textes de Primo Levi, de Jean Améry et de Varlam Chalamov, François Rastier étend son analyse aux œuvres d’auteurs tels que Jorge Semprún, Jonathan Littell ou Yannick Haenel, et interroge la « déconstruction » de l’histoire et de la littérature. »

Marie Sasseur dit: à

« En tant qu’interprète et traducteur, Hayashi Tadamasa accompagne Wakai Kenzaburo qui organise une exposition rétrospective d’art japonais, suivie de la vente d’un certain nombre d’objets. À cette occasion, Hayashi est introduit dans le cercle des japonisants où il va jouer un rôle déterminant, aux dires même des collectionneurs[1].

Raymond Kœchlin dira de lui : « Hayashi fut, avec Bing, le plus intelligent intermédiaire entre le Japon et Paris. Ce sont eux qui nous révélèrent l’art véritable du Japon. Ils formèrent notre goût, et on les retrouve à l’origine de toutes nos belles collections »[1].

Hayashi est ensuite consulté et associé à la rédaction des premiers ouvrages en français traitant de l’art japonais[1].

Hayashi Tadamasa est un passeur de culture incontournable dans le Paris de la fin du xixe siècle. Il arrive à Paris pour l’exposition universelle de 1878 en tant qu’interprète employé par la société Kiriu Kōsho ; il y rencontre Émile Guimet, Goncourt et Félix Régamey. Enchanté par la vie parisienne il s’installe à Paris et crée en 1883 avec Wakai Oyaji (Kenzaburô) une entreprise d’importation d’objets d’art extrême oriental et d’estampes japonaises[2], suivi par Iijima Hanjuro (Kyoshin), le biographe d’Hokusai. En 1890, il ouvre une boutique au 65 rue de la Victoire à Paris qui devient un lieu de rencontre incontournable pour les amateurs d’art japonais. »
Wiki

Marie Sasseur dit: à

« Célébré au Japon, le peintre académique Raphaël Collin (1850-1916) s’est installé à Fontenay-aux-Roses dans les années 1880. Il est alors un peintre confirmé : il a notamment travaillé pour la Manufacture de Sèvres, il a exposé à de nombreuses reprises au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts, il a reçu une médaille à l’Exposition universelle de Sidney (1879-1880). À partir des années 1890, son jardin fontenaisien de la ruelle des Marinières va lui servir d’atelier de plein air.

Professeur à l’École des Beaux Arts, il forme de nombreux élèves, dont les japonais Kuroda (1866-1924), Kume (1866-1934) et Okada (1869-1939), considérés comme les pères de la peinture moderne japonaise. Collin, qui trouve dans la mythologie et dans l’Antiquité ses principales sources d’inspiration, est aussi un grand collectionneur d’objets d’art japonais.

Les témoignages de ses élèves japonais nous montrent un Collin très paternel et particulièrement proche de la nature : il cultive de nombreux végétaux japonais dans son jardin (dont des orchidées, lys, pivoines…). Il s’adonne régulièrement à la promenade dans une campagne fontenaisienne qui inspire son travail. Ses peintures, figurant souvent des personnages féminins, ont d’ailleurs toujours pour cadre des paysages bucoliques représentés par des couleurs sobres et pâles. »

https://openagenda.com/jep-2016-ile-de-france/events/raphael-collin-1850-1916-peintre-fontenaisien?lang=en

D. dit: à

Tous avec une longère, du miel, des pommes et Musil (euh non, Chesterton ? enfin je ne sais pas , mais un qui le fera)

Pourquoi pas. Je la ferai, la Longère, avec des tours et un chemin de ronde. Une vieille manie.

D. dit: à

Je préfère Deller et le Deller consort interprétant Purcell. Music for a while par exemple.

MC dit: à

J’ignore si j’ai un gout déplorable, mais ce que je sais, c’est que je ne suis pas du genre à donner dans l’autoproclamation satisfaite, Chablo. Maintenant, si vous aimez Manette Salomon au point d’y voir un premier crayon de l’Education, je n’y peux rien, si ce n’est ne pas être dupe!
Ilo faut se résigner à ne pas savoir d’où parle notre géniale Madaame Sasseur…Quelle perte pour les amateurs d’humanités!
MC

Marie Sasseur dit: à

« Ilo faut se résigner à ne pas savoir d’où parle notre géniale Madaame Sasseur…Quelle perte pour les amateurs d’humanités! »

Je suis très mobile Court, tout le temps.
Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige.
Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai lu ce petit catalogue de C. Atlan .
Et qu’on se souviendra très longtemps de vôtre enfumage à propos des Goncourt et de leurs japoniaiseries parisiennes.

Pablo75 dit: à

J’ignore si j’ai un gout déplorable, mais ce que je sais, c’est que je ne suis pas du genre à donner dans l’autoproclamation satisfaite
MC dit: 13 septembre 2019 à 9 h 49 min

Tu n’es que ça : un Pédant de Blog.

Un Petit Pédant Précieux et Prétentieux au style maniéré et aux goûts de chiotte qui s’est trompé d’époque. Tu aurais dû vivre il y a un siècle au moins.

et alii dit: à

Kamikazé (神風?, de かみ (kami) « dieu » et かぜ (kazé) « vent ») est un mot composé signifiant « vent divin » en japonais.
Au cérémonial de départ d’une attaque, les militaires vouaient allégeance à Hirohito, l’Empereur du Japon, récitaient un tanka comme poème d’adieu en référence au devoir de sacrifice puis buvaient l’ultime saké en se tournant dans la direction de leur région de naissance. Ils nouaient autour de leur front, par-dessus le casque de vol, un bandeau Hachimaki aux couleurs du drapeau du Japon (Hinomaru) (drapeau au disque solaire), blanc orné d’un disque rouge. La variante Kyokujitsuki, drapeau de la marine impériale japonaise avec seize rayons entourant le disque rouge, existait aussi.

Cet acte de sacrifice s’accompagnait souvent d’un cri de guerre (comme au temps des samouraïs) pour se donner du courage — le fameux « Tennō heika banzai » (天皇陛下万歳!?, signifiant littéralement « Longue vie à Sa Majesté impériale ! ») ou plus communément banzai, terme emprunté à la culture chinoise, tant utilisé ensuite au cinéma.
explique wiki

hamlet dit: à

pablo t’as rien à proposer avec ta sublime voix de Jaroussky ?

ou un concerto sublime d’Albinoni ?

Janssen J-J dit: à

https://www.franceculture.fr/litterature/le-siecle-denfer-de-lecrivain-catholique-et-homosexuel-julien-green
On va bientôt voir si le papier de ‘Martel en tête’ dédié au nouveau journal de Green (un auteru poussiéreux qu’on aurait tort de découvrir au 21e siècle) va constituer l’événement littéraire de l’automne 2019, notamment sur la rdl, alro que personne ne l’aurait jamais lu (quant à moi, deux romans insipides, jadis)… J’ignore si le papier de Martel est d’une rare bêtise en son caractère peu nuancé mais informatif (?), au moins a-t-il ce le mérite de figurer un très honorable compte rendu assoulien, avec quelques obscurités sur benoit 16 néanmois. Au delà du contenu, c’est l’entreprise même de Fred Martel qui interroge. D’une part, ce journaliste « sociologue » expert en sodomismes vaticanesques prend soin d’être irréprochable à l’égard de J-L Barré dont il prétend avoir eu de son côté la bénédiction comme lecteur idoine chez Laffont. Mais de l’autre, son entreprise reste bien loudingue. S’il cherche à situer et justifier l’intérêt de la publication intégrale du journal de Green dans l’archéologie du mouvement des « queer studies » pour le banaliser (quelle guignolade !)…, il ne peut s’empêcher de colporter des jugements de valeur normatifs sur l’injustifiable goût commun de la pédophilie chez Gide et Green. Or, quelle horreur !
Faudrait tout de même pas laisser à penser que si les cathos intégristes vont une fois de plus tomber sur le cul avec cette nouvelle bombe (jubilation), les homos normalisés d’aujourd’hui auraient quant à eux, encore quelque chose de commun avec nos ex criminels pédophiles chrétiens ou agnostiques d’antan, hein !…
N’oublions jamais de nous demander de quoi sont faites les intentions réelles de Martel dans ce compte rendu, et des éditeurs de ce journal censés faire baver les historiens du futur. Une hcose est sûre. J’irions point perdre notre temps à aller lire ce ramassis de Bouquins… Déjà que la Recherche du temps perdu, ça commence à peser un Proust (on cale du côté des Guermantes)… On se demande un brin comment tout ça va finir dans la cruche à vinaigre.

Pablo75 dit: à

Aujourd’hui c’est un jour férié en Chine: c’est la Fête de la Lune.

x dit: à

Sans l’autre sens.

Cet intérêt pour le Japon, cette influence via l’achat et l’exposition d’œuvres, cette « acclimatation » a son pendant côté japonais, où l’exotisme c’était nous.
Une exposition que tous les passionnés d’art japonais d’ici n’ont certainement pas manquée (et dont j’avais déjà parlé il y a un certain temps) en donnait une petite idée, celle du musée de l’Orangerie il y a deux ans : Tokyo-Paris Chefs-d’œuvre du Bridgestone Museum of Art, Collection Ishibashi Foundation.

Allez voir du côté de la peinture Yôga, et de passeurs comme KUROKI Sanji (et Takeko) et, côté littéraire, de NARUSE Seiichi.
Quant aux lecteurs de NATSUME (Sōseki), ils connaissent et apprécient certainement les textes dans lesquels ce spécialiste de littérature anglaise évoque son séjour dans le pays réel et non plus livresque.

hamlet dit: à

pablo à l’attention de MC : « Tu n’es que ça : un Pédant de Blog. Un Petit Pédant Précieux et Prétentieux au style maniéré et aux goûts de chiotte qui s’est trompé d’époque. Tu aurais dû vivre il y a un siècle au moins. »

pablo tu me fais penser à clopine dans le genre mai 68 – révolte des élèves contre les enseignants.

M Court a peut-être des défauts, mais c’est une pointure capable de te faire un court sur la poésie à l’époque de Louis XI, des trucs que personne ici ne connait.

et ça mon gars il faut savoir le respecter.

quand on participe à un blog consacré à la littérature il faut au moins respecter le Savoir et l’Erudition, entiendes ?

traiter de « Pédant Prétentieux » un type sous prétexte qu’il en sait beaucoup plus que toi ça n’a aucun sens !

au contraire, si tu aimes les livres et la littérature tu devrais remercier MC pour le travail qu’il fait, et aussi pour prendre le temps de venir partager ce savoir avec les personnes qui fréquentent ce blog.

il n’est pas obligé de le faire, et si toi et clopine vous le gonflez il va finir par partir, et s’il part vous l’aurez tous dans le baigneur !

hamlet dit: à

pablo c’est comme pour Jaroussky ou Albinoni et d’autres… :

quand on n’y connait rien à la musique et qu’on ne sait même pas lire une partition d’orchestre il faut éviter d’utiliser le mot « sublime » à tort et à travers.

x dit: à

C’était bien sûr « Dans l’autre sens », mais le hasard (ou la maladresse) n’a pas si mal fait les choses pour insister sur le manque de prise en compte de l’autre côté de la relation et de la fertilisation croisée.

D. dit: à

D’ailleurs Louis XI était un grand poète.

hamlet dit: à

« une pointure capable de te faire un court »

oupss désolé : une pointure capable de te faire un Court…

rose dit: à

christiane dit: 12 septembre 2019 à 11 h 11 min

Au Centre Pompidou, en ce moment : «Bacon en toutes lettres» (11 septembre 2019 – 20 janvier 2020). Elle suit celle de 1996. Deux cheminements […]

Christiane

C’est pour cela que j’ai parlé de Bacon. Sur ce blog, loin d’être ringards, nous sommes en avance de pas mal de temps.
Mais pas forcément ayant raison, juste un regard sur le monde.

Je vous en dirai plus. Ne suis pas à Paris.

Pablo75 dit: à

hamlet dit: 13 septembre 2019 à 11 h 11 min

Pétomane Wittgensteinien Sourd, tu n’as rien de mieux à faire dans la vie que venir exhiber ici devant tout le monde l’étendue de ta Connerie Monumentale en cherchant les baffes et les humiliations qui puissent combler ton masochisme inguérissable?

Pourquoi tu ne nous écris pas un nouveau roman débile dont tu posterais ici un chapitre par jour et dans lequel tu mettrais toute ton ignorance littéraire, toutes tes réflexions d’Idiot de Blog sur le monde, toutes tes Perles de Pétomane, tous tes jugements d’handicapé mental sur les hommes et les choses, ceux qui arrivent sur ton cerveau diarrhéique quand tu es assis sur tes WC?

Vas-y, sois courageux et fais-nous profiter de ton génie littéraire et philosophique. Sinon on va finir par croire que tu n’est qu’un Raté Jaloux, un Impuissant Vaniteux, un Complexé Envieux, bref un Connard Total.

Pablo75 dit: à

Je plains vraiment tous les durs d’oreille du blog qui ne trouvent pas ces 5 interprétations SUBLIMES.

hamlet dit: à

pablo, c’est sérieux ? tu n’arrives pas à faire la différence entre la voix de Jaroussky et celle d’un Andreas Scholl ou de Gérard Lesne cité par Bloom.

c’est ça ? tu ne fais pas la différence ?

du coup comme tout le monde dit Jaroussky c’est sublime tu emboites le pas et tu trouves la voix de Jaroussky sublime ?

sans même foncer pour nous chercher un article de diapason où le critique parle de la voix sublime de Jaroussky.

tu connais Diabologum ? c’est à cause de types dans ton genre qu’ils sont passés inaperçus, et qu’à la place on s’est tapé ces gros nuls de Téléphone :

https://www.youtube.com/watch?v=CpRhnqp_8rc&t=287s

Pablo75 dit: à

Rappelons que Philippe Jaroussky a été dirigé par un grand nombre de grands chefs baroques actuels et certains non baroques: William Christie, Jean-Claude Malgoire, Christina Pluhar, Gabriel Garrido, Diego Fasolis, Andrea Marcon, Jean Tubéry, Emmanuelle Haïm, Jean-Christophe Spinosi, Jérémie Rhorer, Paavo Jarvi, etc, etc.

Tous des nuls, bien sûr, à côté de notre Pétomane Sourd.

Delaporte dit: à

Editorial du Monde sur le complot américain réactionnaire contre François :

« François est décidé à poursuivre son chemin, fût-il hétérodoxe. L’ombre d’un schisme plane ? Il ne s’en effraie pas. » Le Monde

Nous avons un pape qui sait ce qu’il veut, et des fidèles, venant de l’extrême gauche comme moi, qui le soutiennent. Le noeud du problème est cette réaction de droite qui sévit dans la communauté catholique aux USA, et même en Europe. Cette communauté ultralibérale n’a pas compris que le message du Christ est un message de partage social, d’abolition du travail, de rejet du capitalisme. Un message qu’avait repris Ulrike Meinhof, par exemple. C’est donc un message très beau et très radical, qui est en train de faire vaincre ses propres conditions. Voilà le tableau, si l’on veut comprendre le péril actuel d’un schisme, qui aura au moins la vertu de la clarté.

Pablo75 dit: à

Pétomane, j’ai mieux à faire que discuter de musique avec un Raté Sourd au sonotone sans piles qui s’ennuie dans la vie seul dans sa chambre de bonne.

Un conseil: utilise mieux le peu de temps qui te reste à vivre. Utilise-le pour apprendre à lire et écrire, par exemple. Pense au moment où tu seras en train d’agoniser en regrettant d’avoir été toute ta vie analphabète.

Jazzi dit: à

« Jeanne » de Bruno Dumont.
Depuis l’époque du cinéma muet avec Carl Dreyer et Falconetti (1928) jusqu’à plus récemment Rivette (Sandrine Bonnaire) ou Luc Besson (Milla Jovovich), chacun veut faire sa Jeanne d’Arc.
Est-ce un passage obligé de tout bon cinéaste qui se respecte ?
Pour Bruno Dumont, qui s’était déjà attaqué au motif avec « Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc » (2017), c’est même un joli doublet !
Faut dire que depuis «La vie de Jésus » (1997), Dumont nous avait préalablement familiarisé avec son goût pour les sujets à caractère mystique et religieux.
Plusieurs partis pris forts caractérisent (entachent ?) sa dernière proposition artistique.
Tout d’abord l’âge de l’apprentie comédienne à laquelle le cinéaste a confié le rôle titre.
Remarquable Lise Leplat Prudhomme, à la diction limpide et au caractère entier qui, du haut de ses douze ans (une manière de souligner la virginité de la Pucelle ?), peut renvoyer Greta Thunberg à ses chères études.
Autre singularité tout aussi décoiffante, c’est le fait d’avoir mixé ici le texte de Charles Péguy avec la musique de Christophe (le choc des lyrisme !).
Un mélange classique/variété aussi intriguant que l’effet du doux/amer culinaire sous la langue !
On peut s’interroger également sur la pertinence de ces choix singuliers, sur leur sens, mais il faut reconnaître qu’au vu du résultat final, ça fonctionne plutôt bien.
Cela rajoute même une couche à la bizarrerie de ce film où, comme à son habitude, Dumont mélange les comédiens professionnels et non professionnels.
Ainsi Fabrice Luchini, dans le rôle du roi Charles VII, participe tout autant du casting que le Gilles de Rais joué par un jeune inconnu édenté semblant sorti d’un tableau du Caravage.
Evoquant assez rapidement la période des batailles de Jeanne d’Arc, le film s’attache surtout sur celle de son procès.
Ce qui nous donne toute une série de plans vertigineux à l’intérieur de la cathédrale (Amiens a été préféré à Rouen), en plongé et contre plongé, comme si la caméra était située au niveau du regard du Christ en croix : comme si l’oeil de Dumont voulait se hisser à celui de Dieu !
Bel effet esthétique garanti, tandis que s’agite plus bas la cohorte richement bariolée des divers juges ecclésiastiques exaspérés par l’insolente gamine et pressés, sur l’injonction des occupants Anglais, de l’envoyer au bûcher.
Autant de libertés factuelles et géographiques (le bûcher de Jeanne est dressé sur fond d’un superbe paysage naturel) qui se justifient sur un plan esthétique, moins sur celui de la vérité historique.
Mais avec Jeanne d’Arc n’est-on pas plus ou moins condamnés à la légende ?
Selon qu’il viendra voir un film sur la vie de la future sainte ou une oeuvre de Dumont, le spectateur sera déçu ou enthousiaste…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19583859&cfilm=261704.html

renato dit: à

Quelqu’un a vu The Painted Bird ?

Jazzi dit: à

Le film n’est pas encore sorti en salle à Paris, renato, mais j’irai certainement le voir…

Paul Edel dit: à

L’article donné par Pierre Assouline au journal « l orient littéraire » , excellent, devrait être mis en ligne par le taulier. Peu de lectures et peu de curiosité sur des romans de la rentrée par les éternels laurel et Hardy du blog…Dommage.

D. dit: à

Moi Bacon, j’le mets dans mes oeufs au plat et ça me va.

D. dit: à

Louis XI aurait aimé connaître John Cage.
Hein, renato ?

hamlet dit: à

« Pablo75 dit: 13 septembre 2019 à 12 h 26 min
Rappelons que….
 »

pablo, tu me rassures enfin, je l’attendais, tu as trouvé la liste sur internet ?

preuve que tu ne sais pas comment ces histoires fonctionnent, la musique, la littérature… l’Art et la Culture.

soit tu n’y as jamais réfléchi, soit c’est trop compliqué pour toi.

je vais essayer de te l’expliquer en 2 mots.

tu vois pablo, les choses sont organisées de telle sorte, les choses marchent de telle manière que la liste que tu me donnes ne signifie absolument rien !

tu vois le système de l’extérieur, comme un petit consommateur de produit culturel, du coup tu bouffes n’importe quoi, tout ce qu’on te vend dans la mesure ça a été labellisé, voire parfois sacralisé.

tu te fies aux apparences, au paraitre, et jamais aux choses elles-mêmes, à leur être, leur essence.

la voix de Jaroussky en met plein la vue, mais elle n’est même pas belle, le timbre, le grain, la consistance etc… rien n’y est, aucune grâce, aucune profondeur, aucune c’est de l’extra light, du léger, de la pacotille, de la poudre aux yeux.

et ça tous ceux qui ont un peu d’oreille le savent parce que c’est une évidence.

par contre, comme elle en met plein les yeux elle plait au plus grand nombre, je dirais même que son manque de profondeur et d’émotion plaide en sa faveur pour le grand public.

du coup il vend et il fait vendre peut-^tre mille fois plus que Scholl, du coup on se l’arrache pour vendre !

après le système médiatico culturel fait le boulot, il s’emballe, il s’enclenche et il tourne en boucle*.

la seule chose mportante à retenir est que cela démontre une incohérence, un dysfonctionnement, un bug, une couille dans le potage.

ce même mécanisme on le retrouve bien sûr en littérature, et pour les autres arts…

cette incohérence du monde on la doit à des imbéciles dans ton genre qui font fonctionner ce système débile, c’est logique à consommateurs débiles système débile, à ce niveau par contre c’est cohérent.

Ed dit: à

Ayé. Je suis à nouveau célibataire. Autant dire que vous allez recommencer à en ch.ier, et à en bouffer du Tomtomlatomate 😀

Jazzi dit: à

En effet, Paul, voilà ce par quoi Passou, qui n’est plus chez Passou, aurait dû commencer !

Pierre Assouline
2019 – 09
Cette année, le milieu littéraire a semble-t-il décidé de faire mentir (un peu) le regretté Jérôme Lindon, le grand éditeur de Minuit, qui s’interrogeait sur cette exception française : le livre est la seule industrie où, à une baisse de la demande correspond une augmentation de l’offre. Cette année donc, on ne publiera « que » 524 nouveaux romans, dont 336 français (parmi lesquels 82 premiers romans) et 188 étrangers. Une baisse de 7,6 % par rapport à l’an dernier avec Amélie Nothomb toujours fidèle au rendez-vous de septembre depuis près de trente ans (Soif, Albin Michel) ! Alléluia ! Espérons que cela permette de faire l’économie d’un faux-débat récurrent depuis des lustres sur la surproduction. On publie trop de livres ! Ah bon ? Par rapport à quoi, à qui et quel est le critère de l’équilibre, du juste milieu ? Vaine controverse d’une société riche et gâtée. Il suffit de voyager pour en avoir honte. Oublions ! Mais s’il y a un petit travers auquel on ne coupera pas, c’est celui de la tendance. De l’air du temps. De la thématique dominante. Critiques et reporters adorent. Ça les rassure. Un peu comme ces éditeurs qui s’échinent à présenter les (forcément) inconnus auteurs de premier roman comme « le nouveau Faulkner » ou « la nouvelle Ferrante ».

Au cœur de l’été, on a donc déjà vu s’insinuer l’idée que ce serait cette fois-ci le moment des femmes. Le règne des écrivaines et des autrices. Outre que l’idée est totalement fabriquée et artificielle, elle est réductrice car elle essentialise des personnes telles que Nathacha Appanah (Le Ciel par-dessus la tête, Gallimard), Isabelle Desesquelles (UnPur, Belfond), Léonora Miano (Rouge impératrice, Grasset), Karine Tuil (Les Choses humaines, Gallimard), Mazarine Pingeot (Se taire, Julliard) à leur sexe en « genrant » (quel horrible expression !) leur roman au lieu de le juger pour ce qu’il est et non pour ce que la femme derrière le livre est censée incarner ou représenter. On croit ainsi honorer une œuvre alors que c’est la mépriser. C’est d’autant plus regrettable que s’il y a bien une tendance qui se manifeste depuis quelques années et de manière plus aiguë encore en cette rentrée, c’est bien la quête d’identité, laquelle a le mérite de concerner autant les hommes que les femmes. Elle n’en est mais moins une auberge espagnole. À se demander parfois si toute interrogation existentielle par le biais de la fiction n’en relève pas. Soit, mais certaines plus que d’autres. Le cas de Santiago Amigorena (Le Ghetto intérieur, POL), de Violaine Husman (Rose désert, Gallimard), de Hui Phang Loo (L’Imprudence, Actes Sud), de Blandine Rinkel (Le Nom secret des choses, Fayard), de Yaël Pachet (Le Peuple de mon père, Fayard) et d’autres encore, parfois autour d’une ascendance juive plus ou moins dissimulée. Il arrive que cette recherche emprunte le canevas assez classique de la mort du père ou de la mère pour que le narrateur opère un retour sur soi qui lui révèle bien des zones d’ombres, le cas d’Anne Pauly (Avant que j’oublie, Verdier) qui témoigne d’une belle maîtrise pour son premier roman. Ou s’agissant de secrets de famille, inusable mais fécond canevas, avec Luc Lang (La Tentation, Stock) et Jean-Luc Coatalem (La Part du fils, Stock) ou Laure Limongi (On ne peut pas tenir la mer entre ses mains, Grasset).

On s’en doute, comme chaque année, certains romanciers se font rattraper par l’actualité qu’il s’agisse de la corruption en Algérie avec Kaouther Adimi (Les Petits de décembre, Seuil), du harcèlement en ligne avec Myriam Leroy (Les Yeux rouges, Seuil), des victimes d’attentats avec Stéphanie Kalfon (Attendre un fantôme, Joëlle Losfeld) ou du sauvetage des migrants avec Marie Darriausecq (La Mer à l’envers, POL).

On en parlera mais cela ne débouchera pas sur des conflits et affrontements, lesquels sont réservés à d’autres types de querelles littéraires. Pas l’exofiction car la saisie de la vraie vie d’un vrai personnage de l’Histoire par la fiction est désormais bien admise, fort heureusement, l’important étant de savoir si c’est réussi ou pas, si cela modifie ou enrichit notre intelligence desdits personnages, ce qui est le cas de Philippe Forest (Je reste roi de mes chagrins, Gallimard) qui s’est emparé avec brio du face à face entre Winston Churchill et son portraitiste, le peintre Graham Sutherland. Si ce n’est l’exofiction, quid de l’autofiction ? Encore moins car le procédé, trop frelaté, laisse désormais indifférent.
Il s’agit d’un autre type de querelle. Également récurrente depuis quelques années, elle avait prospéré l’an dernier autour du Lambeau (Gallimard), le livre saisissant de force et de beauté de Philippe Lançon, rescapé du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo par des islamistes. La question était de savoir si ce document qui ne devait rien à la fiction, hélas, pouvait être couronné au titre d’un roman par les jurys littéraires. Pour leur part, les Goncourt avaient répondu par la négative, contrairement aux jurés du Femina et du Renaudot. Le problème risque de se poser à nouveau cette année avec le passionnant livre de souvenirs, de voyages, de lectures, de rencontres d’Olivier Rolin (Extérieur monde, Gallimard). Yann Moix risque de ne pas y échapper bien que son livre (Orléans, Grasset) soit bien labellisé « roman » ; mais comme pour ceux d’Édouard Louis il y a quelques années, la violence de ses souvenirs d’enfant battu, écrasé, humilié, insulté, nié a d’ores et déjà provoqué des démentis scandalisés de son père, ce qui a pour effet d’interroger sur le statut narratif de son texte. La porosité entre les genres littéraires, si pratiques pour les rayonnages des libraires, les chefs de rubrique et les historiens de la littérature, est devenue telle, et la frontière si floue, qu’on en est à désigner certains livres comme des « romans romans » ou de « vrais romans » afin de les distinguer de la masse informe. Le cas d’une des plus belles réussites de cette rentrée, celle de Jean-Paul Dubois (Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même manière, éditions de L’Olivier).

Qui sait un jour on n’en viendra pas à demander à son libraire un « livre livre » ou encore « un vrai livre ». Tant qu’il y aura une rentrée littéraire, avec son lot de querelles, de surprises, d’injustices, d’oublis, d’excès, de révélations, d’engueulades, tout ne sera pas perdu.

Marie Sasseur dit: à

« Il arrive que cette recherche emprunte le canevas assez classique de la mort du père ou de la mère pour que le narrateur opère un retour sur soi(…) »

Et faudrait payer pour leurs thérapies du deuil ?

Non, terminé.

Janssen J-J dit: à

oui, toujours aider les autrices à faire leurs deuils. Les deux livres ne sont pas très longs ni très chers. Bien moins qu’un cercueil en pichpin pour un père destiné à cramer, tous comptes faits. Moins qu’un tombeau pour 500 000 soldats.

christiane dit: à

Merci Rose pour vos explications quant à l’expo Francis Bacon. J’ai connu ses œuvres que j’apprécie bien avant de connaître sa vie tourmentée.
Merci pour la référence du livre.
Je viens plus rarement ici n’aimant pas la haine, les moqueries qui encombrent ces fils de commentaires parfois si enrichissants sous la plume de certains. Il y a beaucoup de gens toxiques ici dont le seul but, sous pseudo, est de nuire, de mépriser, d’induire des suppositions dégradantes. Comme je comprends le long commentaire que M.Court a rédigé à l’attention de Sasseur.
Pour les querelles (musique ou littérature – citations – liens), je reste plus réservée. Les avis peuvent différer, c’est même une preuve de bonne santé du blog. Par contre être injurié parce qu’on n’est pas du même avis qu’un contributeur est choquant.
Le commentaire de Hamlet sur les qualités intellectuelles et humaines de M.Court est réconfortant mais ceux où il met plus bas que terre Paul Edel qui est un écrivain et un critique littéraire de qualité m’ont vraiment attristée.
Je comprends que Et Alii, lasse, pense à déserter l’espace commentaire de ce blog qui restera l’empire des voraces.
Mon salut amical à DHH et Lavande, Rose, X, Chantal, Clopine qui n’a pas lu je pense ce beau texte sur l’amitié d’un homme et d’une chienne / Roman de J-P. Dubois), Jazzi, Gisel, P. Edel, JJJ, Et Alii, Renato… et d’autres que j’oublie et qui posent ici de si intéressants commentaires.

Marie Sasseur dit: à

C’est sûr qu’il y en a ras le bol de ces fatigués de la vie.

Marie Sasseur dit: à

Mais ce pas de côté japonais, c’est un peu la même farine. Y’a la mort un peu partout dans son gout du Japon. C’est incroyable. Avec des trucs qui relèvent du pathos pur et simple.

christiane dit: à

Merci, Jazzi.
Dommage que le roman de Hubert Haddad soit oublié. Un monstre et un chaos. Une fiction , une réalité, celle du ghetto de Lodz vibrant des refrains yiddish « comme un chant de résistance éperdu ». (éd. Zulma). Si Ariel et Alter les deux jumeaux, Glezele, le schnorrer, et d’autres… sont des personnages de fiction, ce qui s’est passé dans ce ghetto, en Pologne et ailleurs, ne l’est pas… les cendres de l’Histoire… Ces rafles, ces tueries, ces déportations, ce génocide ne le sont pas. Et le livre est magnifiquement écrit.

Marie Sasseur dit: à

Au moins il ne fera pas du blé, comme littell et son « ours », pour amateur.e.s de cruauté.

Marie Sasseur dit: à

@ 14 h 52 min

Tu aurais du emballer ton parernel dans un truc plus écolo.

Marie Sasseur dit: à

ton paternel, s’cuse.

renato dit: à

Je me demande d’où vient le besoin de condenser l’essence d’un livre en quelques mots gravés dans le marbre ; et si la littérature est un sujet particulièrement stimulant pour les créateurs de phrases à effet.

christiane dit: à

@renato dit: 13 septembre 2019 à 15 h 58 min
Peut-être pour donner envie à d’autres lecteurs d’ouvrir le livre… Sinon, quels sont vos critères pour choisir un livre dont l’auteur vous est inconnu, Renato ?

et alii dit: à

christiane, il n’y a pas de compliment « généraliste » plus douteux pour un livre que « c’est bien écrit »
sauf « c’est intéressant »;

et alii dit: à

le réel ?

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