de Pierre Assouline

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La République des livres
Paul Morand, un homme méprisable mais quel écrivain !

Paul Morand, un homme méprisable mais quel écrivain !

Enfin, « la » grande biographie de Paul Morand (1888-1976) ! Encore que on aurait pu survivre sans elle un certain nombre d’années de plus. Car s’il y a bien un auteur dont l’œuvre nous intéresse davantage que la vie, c’est bien lui. Un cas d’école, un de plus. Rassurez-vous, on ne vous fera pas le coup des deux Morand, le bon et le mauvais- l’affaire Céline a de longue date épuisé le procédé. D’ailleurs, dans son Paul Morand (478 pages, 24 euros Gallimard) qui parait dans quelques jours, Pauline Dreyfus (1969) est bien trop fine mouche pour verser dans ce travers. Sa dette, prévient-elle d’emblée, ne s’adresse qu’à l’écrivain car elle est purement« esthétique » ; pour autant, elle ne cèle rien de ses faits, actes et écrits et de son ascension dans un milieu social qu’elle connait bien.

Je l’avoue, je ne suis pas entré vierge dans ce gros livre dense, bourré de références mais écrit au galop, effet renforcé par le choix du présent de l’indicatif, jusqu’à rendre léger et invisible l’effort documentaire. De Morand, j’avais quasiment tout lu, dans des éditions originales dénichées chez les bouquinistes des quais de Seine ou aux Puces de Saint-Ouen, dès l’âge de 20 ans. Depuis, mon admiration pour l’incomparable styliste, modèle étincelant pour tant de ceux qui se piquent d’écrire, ne fut jamais entamée par ce que j’avais pu découvrir du personnage au cours de mes propres recherches pour les biographies de Jean Jardin et de Gaston Gallimard ou pour des articles de fond sur les écrivains pendant la guerre. Il faudrait lire tout écrivain en se gardant de ne jamais porter de jugement moral sur l’attitude de l’homme derrière la plume. On pourrait croire que l‘énumération qui suit a été choisie à dessein ; elle est pourtant continue et récurrente dans la biographie de Pauline Dreyfus et tant pis si cela aboutit, probablement contre son vœu, à un portrait à charge.

Alors, Paul Morand ? Un homme dépourvu de qualités humaines, lâche et méprisant, mufle avec les femmes, cynique avec les éditeurs, opportuniste avec tout le monde, ingrat jusqu’à la déloyauté avec ses amis, incapable de la moindre empathie avec ce qui n’est pas lui, d’une cupidité sans limite et d’une vénalité qui n’a jamais désemparé, bourgeois qui thésaurise jusqu’à son dernier souffle, le cœur sec, dépourvu de tout sens moral, prêt à tout pour jouir d’un honneur convoité, le dégoût des autres très sûr, de la morgue et un mépris de classe à revendre, une aversion profonde pour les enfants inexistants dans toute son œuvre à l’exception de la nouvelle Feu Monsieur le duc (il n’eut de cesse de rejeter Jean-Albert de Broglie, petit-fils de sa femme, laquelle l’avait recueilli jeune orphelin). Pour le dire avec la délicate métaphore qui lui est chère (« Une de ces merdes juives qui ont besoin d’autrui pour exister » écrit-il dans une lettre à propos de Bernard Frank), le fameux jugement jeté par Napoléon à la figure de son ministre lui va comme un gant : « De la merde dans un bas de soie ». Encore que Talleyrand, lui, c’était quelqu’un. Mais Paul Morand ?

On a l’habitude de l’enrôler dans la fameuse brochette des écrivains du Quai d’Orsay : Paul Claudel, Jean Giraudoux, Alexis Leger/Saint-John Perse… Ce qui est un mythe dénoncé par Pauline Dreyfus car il n’a pas fait carrière dans la Carrière : il y a laissé la trace et le souvenir éphémères d’un médiocre diplomate, ambassadeur en tout et pour tout durant quarante-deux jours dans des conditions qui ne sont pas à son honneur que ce soit à Bucarest ou à Berne, dilettante revendiqué dont l’activité ne fut gouvernée que par un goût effréné de la mondanité. Rien ne l’aimantait comme la fréquentation des altesses, des titres et des grandeurs d’établissement. Un petit monde superficiel et vain. Paul Morand y fit merveille très tôt par son entregent, la clé pour y pénétrer. Sauf que, contrairement à d’autres ambitieux à leurs débuts dans le monde, ce qui leur était un moyen chez lui est devenu une fin. Jamais il n’est sorti de ce microcosme où il s’est épanoui en ne cessant de courir le cachet pour n’avoir jamais eu les moyens de ses goûts (vint un temps où la fortune familiale de sa femme s’était évanouie). Même sa maitresse en titre (May de Brissac) a un pedigree très gratin. D’ailleurs, entre autres révélations, Pauline Dreyfus avance que c’est elle, plus encore que sa femme, qui est à l’origine de la radicalisation politique de Morand à partir de 1935 et de son basculement vers l’admiration pour les régimes autoritaires, les nationalismes, les promesses de la nouvelle Allemagne et la dénonciation de la décadence à l’œuvre en Europe. Hitler n’était pas vraiment son genre de beauté car tout de même, il exagérait un peu, mais Mussolini… Ses convictions ? Il n’en a même pas. S’il choisit de se ranger aux côtés de Laval au début de l’Occupation, c’est par pur opportunisme. Il en sera récompensé en 1942 avec le poste de président de la commission de censure cinématographique.

Intelligent, vif, cultivé, polyglotte, il avait tous les dons mais qu’en a-t-il fait ? Giraudoux était son précepteur ; Proust, qui s’était toqué de lui, l’avait adoubé en préfaçant Tendres stocks mais jamais ne l’influença, et pour cause : l’auteur de la Recherche travaillait, creusait, remettait cent fois sur le métier, ne cessait d’approfondir quand Morand, homme du premier jet, ne songeait qu’à produire « un bruit de castagnettes ». Ce qui a souvent poussé le milieu littéraire à le rapprocher de son grand ami Cocteau ; une erreur d’appréciation car, pour superficiel et léger que cet artiste complet ait pu paraitre, il travaillait énormément comme en témoigne sa production multiforme (romans, films, tableaux, dessins, poèmes…) alors que Morand, qui avait tant de facilités, dédaignait le travail et l’effort à l’égal de travers méritocratiques. De toute façon, il avait un poil dans la main et rien ne lui aurait fait renoncer à la satisfaction de ses plaisirs immédiats : le luxe, le confort, la rareté, un certain hédonisme et un vrai dandysme, l’achat compulsif de puissantes automobiles, la conquête de toutes les femmes. Sur ce chapitre-là, Pauline Dreyfus brosse le portrait convainquant d’un enfant unique choyé par les femmes, à la recherche perpétuellement insatisfaite de consolations, qui avait épousé une femme de sept ans plus âgée que lui avec laquelle il n’eut bientôt plus guère de relations sexuelles et qui tenait le registre de ses innombrables liaisons successives, en mère maquerelle et rabatteuse. Princesse Soutzo par son premier mariage, née Hélène Chrisoveloni, elle était si obsédée par la pureté de son sang grec, et si durablement et pathologiquement antisémite, que cela en devenait suspect. La biographe révèle en passant quelques ellipses narratives dans le CV de « l’aristocrate roumaine » née en fait dans le ghetto de Galati (Moldavie) d’un père banquier levantin et d’un grand-père usurier…

Dès Ouvert la nuit, il trouve la note juste : vitesse, densité, brièveté. Pas de gras, une écriture à l’os, un rythme syncopé. Ses formules, jamais gratuites, font mouche. Lorsqu’il fait connaissance de Jean d’Ormesson, il le résume d’un trait qui lui restera : « Un écrivain mis en bouteille au château ». Du genre à remercier Edmonde Charles-Roux pour l’envoi de son nouveau livre par ces mots : « J’aime votre virilité ; vous n’avez pas le style clitoridien, si vous me permettez ». Le succès confirme son coup d’essai. Son genre, ce sera la nouvelle. Pas étonnant qu’il ait consacré un portrait au maître Maupassant et qu’il ait dirigé avec succès une collection de nouvelles chez Gallimard. S’il s’en éloigne, c’est le plus souvent pour le meilleur (la chronique où il excelle) parfois pour le pire (le roman – L’Homme pressé n’est pas ce qu’il a fait de mieux). Souvent sa paresse l’emporte sur ses facilités. Pour la série de ses portraits de villes (New York, Bucarest, Londres…), il rétribue des nègres (Jean Jardin, Georges Cattaui) chargés d’enquêter, de constituer une documentation et de rapporter des anecdotes à sa place. Lui-même se dit trop flemmard pour se lancer dans une saga à la Buddenbrock. C’est une grande sagesse de connaître ses limites. Lui se sait sprinteur et non marathonien. Mais un bon contrat peut facilement avoir raison de son souffle court.

L’allure de Chanel, œuvre de commande qui demeure son plus grand succès commercial, vaut moins pour ses qualités littéraires que par la vista du portraitiste. Après tout, le cas échéant, il n’hésite pas à être le fournisseur des fournisseurs (La Grande Maison de blanc, entre autres) en publiant des textes de commande publicitaires sous leur enseigne. Peu d’écrivains y auront cédé comme lui quand il ne les aura pas sollicités. Pas du genre à résister à une telle tentation lorsqu’elle est bien dotée. A l’Institut, il n’avait pas seulement légué une grande partie de sa bibliothèque mais aussi une forte somme d’argent destinée à doter un prix Paul Morand. Romain Gary, premier lauréat, jugea préférable, en tant que juif et que gaulliste, de décliner l’honneur en 1978, manière de mettre en accord ses actes et ses idées ; le prix échut donc pour sa première édition à JMG Le Clézio.

On peut avoir des hauts-le-cœur en examinant des archives et Pauline Dreyfus, qui en a vu d’autres, reconnait que ce fut son cas à un moment de son enquête biographique. Il s’agit entre autres des dizaines de pages consacrées dans le Journal intime de Morand au projet de la fille sa maitresse d’épouser Simon Nora, un Juif. Manifestement, ce que cela inspire au couple d’anciens amants est si abject que la biographe décide de ne pas en faire état et d’évacuer définitivement de la biographie le personnage de May de Brissac. Car on s’en doute, c’est sur l’antisémitisme de son héros que le biographe d’un tel personnage est attendu au tournant. En principe, pour lui comme pour d’autres (Kipling, Heidegger etc), ces choses-là ne s’écrivent pas, du moins pas publiquement. Il faut laisser passer le temps, le délai de prescription imposée aux archives, pour y voir enfin clair. Dans le cas de Morand, il n’y avait guère que France-la-doulce (1934), satire des milieux du cinéma cosmopolite à Paris, qui avait fait tiquer tant la charge était féroce, mais enfin, cela se voulait justement une satire- même si les Allemands, qui s’empressèrent de la faire traduire, la publièrent sous le titre Le camp de concentration du bon Dieu… Pour le reste, des remarques par ci par-là. Jusqu’à la parution il y a quelques années du Journal inutile et de la correspondance avec Jacques Chardonne et Roger Nimier. Là au moins, c’était clair. Il n’est guère de pages où ne coule son fiel à l’endroit « des Juifs et des P.D. ». D’autant plus cruel qu’il le fait avec l’ironie dévastatrice et l’art de la pointe qui sont sa signature. Pauline Dreyfus alourdit le dossier car elle a eu l’autorisation de fouiller dans son Journal de guerre Londres-Paris-Vichy 1939-1943 (qui parait également ces jours-ci chez Gallimard, 1025 pages, 27 euros) ainsi que dans l’ensemble du fonds Morand à la Bibliothèque nationale et aux archives de l’Académie française. La biographe tord le cou à un lieu commun selon lequel sa femme avait rendu Morand antisémite. En fait, bien qu’il fut servi de ce côté-là entre sa femme et sa maitresse en titre, il n’avait besoin de personne.

L’étude de sa correspondance sur la durée montre bien que la haine des Juifs lui a été un oxygène de sa jeunesse à ses tous derniers jours. Bien sûr, et comment ne pas donner raison à sa biographe, au début il est surtout le produit de son temps et son milieu- mais à force de le répéter on en vient à oublier ou ignorer qu’au même moment, il en est d’autres, du même milieu et de la même génération, qui ont su se soustraire à cette mentalité et à ces préjugés ; puis s’y superpose tôt le ressentiment de l’écrivain qui ne parvient pas à se faire élire sous la coupole alors que Maurois né Herzog, lui… ; le pacifisme d’un munichois enthousiaste qui voit un fauteur de guerre en tout Juif ; l’angoisse d’un bourgeois qui craint que le Front populaire favorise l’arrivée au pouvoir de judéo-bolcheviques ; mêlez le tout à la crainte du lendemain d’un parvenu qui se sent menacé dans son ascension sociale et sa réussite mondaine… Voilà comment on en vient à considérer en permanence « les youpins » non plus comme des êtres humains mais comme « des asticots » ou « des microbes ». Sous l’Occupation, l’antisémitisme devient chez lui « une grille de lecture », le tamis par lequel il interprète toute déclaration. Pourtant, l’aigri en lui s’est apaisé depuis qu’il fraye avec le pouvoir, qu’il est reçu par les nouveaux maitres. On le voit souvent avec Louis Darquier de Pellepoix, un fanatique nommé à la tête du commissariat aux questions juives pour remplacer un fonctionnaire jugé trop mou. Il est aux premières loges parmi ceux qui savent ce qui se passe, d’autant que Darquier, qui tient scrupuleusement registre des rafles, convois et déportations, se confie volontiers à lui. « L’opinion est choquée des mesures contre les Juifs mais une fois ceux-ci partis, personne n’y pensera plus » note-t-il. Et la confidence de Benoist-Méchin (« les Juifs n’ont pas idée de ce qui va leur arriver… ») ne l’ébranle pas davantage. C’est peu dire qu’il est indifférent au sort des populations traquées. Bien plus tard à la télévision, sans se départir d’un accent très gratin assez obscène en l’espèce, il dira avoir crû qu’on les envoyait au STO comme les ouvriers. Dans des wagons à bestiaux ? Avec leurs vieillards et leurs enfants ? Décidément, le cynisme jusqu’au bout.

Nommé ambassadeur de France en Roumanie afin de prendre le large quand ça se gâte, il met son poste à profit non seulement pour y freiner l’activisme de la France libre, mais pour tenter de récupérer les biens de sa femme, de se livrer au trafic de devises et à des spéculations financières incompatibles avec son statut. Lorsqu’il finira par abandonner son poste, il n’en prendra pas moins soin d’affrêter un train rempli de sa garde-robe et des fourrures de sa femme, de meubles, de tapis et des trois cents bouteilles de champagne conservées dans la cave de l’ambassade pour les diners officiels. Un collabo ? Certes mais trop habile à se faufiler entre les gouttes et trop désinvolte pour qu’on puisse vraiment lui faire porter le poids d’une quelconque responsabilité politique. De la race des collabos mondains, ceux qui arrivent toujours à s’en tirer par l’étendue de leur entregent et par la solidarité de classe. Les collaborationnistes les vitupéraient ; Céline les avait en horreur, quand bien même ces « canailles » eussent-elles fait « jazzer » la langue. D’ailleurs, l’écrivain en Morand fut à peine réprouvé à la Libération. Mais placé hors-course par la distance (il s’est exilé en Suisse) et par l’air du temps (l’existentialisme), il retrouve les Juifs comme boucs-émissaires idéaux : à qui d’autre attribuer son absence de reconnaissance littéraire dans la France des années 50-60 ? Mais le temps n’y fera rien et, malgré la récupération par les Hussards, il mourra en auteur pour happy few. On dira que l’homme a fait du tort à l’écrivain et puis voilà.

Pauline Dreyfus date de la parution de Milady un tournant décisif dans son œuvre. Le fait est que ce récit à l’écriture classique et au statut improbable, à mi-chemin entre la nouvelle et le roman, est l’un de ses grands livres. De même que Fouquet ou le soleil offusqué, Venises ou encore le Flagellant de Séville qu’elle juge étrangement « laborieux ». Qu’importe, tout cela est affaire de goût. Cette passionnante biographie est à citer en modèle pour sa pénétration, sa clarté, sa nouveauté, sa richesse et surtout son honnêteté. Tout en admirant son héros, Pauline Dreyfus ne renonce jamais à son esprit critique ; elle est tout sauf inconditionnelle, jamais dupe du personnage ; elle va jusqu’à livrer aux lecteurs qui ne partagent pas ses vues de quoi augmenter et argumenter leur mépris de l’homme derrière l’auteur. Mais s’il est un point sur lequel on ne la rejoindra pas, c’est sur le bouleversement qu’elle prête à Morand dans l’histoire de la littérature. « Il a révolutionné le style littéraire » écrit-elle au motif que Céline, qui lui a véritablement révolutionné la langue, avait loué chez Morand celui avait su la faire « jazzer » ; elle y revient plus loin : « Ce que Morand a tenté avec ce récit d’une facture inédite, c’est une révolution littéraire » écrit-elle à propos de Rien que la terre, quintescence de son art poétique puisqu’y sont exaltés les voyages, la vitesse et la modernité. Désolé mais non, il n’a rien révolutionné du tout, pas plus que Proust et d’autres de ce calibre : des Rabelais, des Céline et des Joyce ne courent pas les rues et encore moins les cocktails. Ce sont des exceptions. Il ne suffit pas d’être brillant, à l’occasion brillantissime. Les nouvelles et les chroniques de Paul Morand ne sont rien d’autre, quand elles le sont, et c’est déjà beaucoup car il demeure un maître dans son domaine- malgré les artifices (lire ici la critique de Fin de siècle par Pascal Pia).

Au fond, outre sa passion pour son épouse Hélène (le nazisme fait femme jusqu’à son dernier souffle) son existence aura été gouvernée par le goût de l’argent et l’idée fixe de son admission à l’Académie française. Mêlé très tôt à l’avant-garde artistique, il s’en était coupé pour s’enivrer dans la mondanité. Etant ce qu’il fut, il ne pouvait donner autre chose que ce qu’il donna. On peut toujours spéculer sur l’œuvre qu’aurait pu être celle d’un homme aussi comblé de dons et qui fut assez lucide pour savoir qu’il les avait gâchés. Un homme méprisable, mais quel écrivain !

(Photos D.R., Man Ray et Henri Cartier-Bresson)

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commentaires

1 646 Réponses pour Paul Morand, un homme méprisable mais quel écrivain !

Janssen J-J dit: à

@ Cicéron…
A mon avis, vous devriez laisser tomber, et passer votre chemin, cet écrivain ne vaut pas un clou…
(mis le 11 nov. 2020)

Cicéron dit: à

Aidez-moi, que faut-il lire en priorité de Morand ? Merci.

Marie Sasseur dit: à

Dit le 5 novembre 2020, 13h

Marie Sasseur dit: à

 » plus on avance dans le XXeme siècle, plus la confusion augmente, et plus la lou morale perd du terrain, jusqu’à n’être finalement plus du tout comprise, quand elle n’est pas systématiquement dépréciée. L’adage  » on ne fait pas de de bonne littérature avec de bons sentiments » aura finalement eu un impact négatif considérable. Il me semble même que l’invraisemblable surestimation dont les auteurs collabos sont depuis l’objet y trouve son origine. Entendons nous bien, Céline n’est pas sans mérite, il juste ridiculement surévalué. Et les poèmes de Fresnes de brazillac sont très beaux, d’une beauté surprenante meme chez un auteur aussi faible. Mais tous les autres, les Drieu, Morand, Felicien Marceau, Chardonne…quand même une lamentable brochette de médiocres. Eh bien il me semble que leur etrange surestimation tire son origine de l’accentuation perverse de l’adage précité qui pourrait se formuler ainsi:  » si c’est un salaud, c’est probablement un bon auteur ».

C’est dire l’étrange chaos auquel nous étions parvenus. Ce qui ne fait que souligner les immenses mérites d’Emmanuel Carrère. Dès qu’on rentre dans l’un des livres ( et il est a peu près le seul de sa génération dont on puisse le dire), les miasmes du doute moral s’évaporent, l’atmosphère devient plus claire, la respiration se fait plus ample »

Je ne peux qu’insister sur les valeurs inestimables -car partagées, que Houellebecq laisse dans ses dernières Interventions ( Flammarion, octobre 2020), comme celle consacrée à E. Carrère, en pages 377 et suivantes,
sur cette litterature d’ordures qui bénéficie de la complicité indécente d’une intelligentsia éditoriale, au mépris de toute considération sur ce qui est bien.

Phil dit: à

Après 68, même les plus élégants se sont lâchés

B, le dernier écrivain intime de Morand avait eu le goût de mourir le 30 avril 1968. « Venises » devait contenter ses contempteurs restés élégants, encore nombreux à l’époque, célébration de vies masquées dans des palais réhaussés par l’eau pouacre des channels.

bouguereau dit: à

Merci M. Court, ces Huard « j’ai vu Berlin.. »

je nsais pas ce que va dvenir la colec du gros karlos de chanel..il achtait tout..que du bon..surtout du chleu excellent peu connu en france..pas cher..enfin pour lui..sapré karlos!

bouguereau dit: à

car bouguereau, au fond, est une violette

..mais tout le plaisir ne nait il pas d’en avoir encore une rénateau..et tout le manque de charme ne vient il pas qu’on en ait même plus un pétale

bouguereau dit: à

jack le ventre à l’air

..atmosphère atmosphère..ce sont les ‘éléments’ des villes qui ont changé..les éléments du progrés eux même dirphiloo..la polution a un vache de charme

renato dit: à

Encore 43 jours, bouguereau, c’est une occasion pour toi d’exercer la patience.

Pour les scènes de cul, attention, car bouguereau, au fond, est une violette.

bouguereau dit: à

Ce soir pas envie

c’est con ça frait des vacances quil dirait baroz

bouguereau dit: à

Le coup d’état viendra pour briser le centre.

mon larbin pompe tout sur dracul..je n’sais pas si ça fait monter son prix au poinds cacaouéte ou de roupie de sansonnet..

renato dit: à

Assez de la connerie et du peu de kulture politique des journalistes !

Cause confinnement j’ai acheté un téléviseur. Ce soir pas envie, mais demain matin il retrouve son imballage d’origine et regagne ses pénates.

bouguereau dit: à

Le boug demande des scènes de cul !

but i cant get no quil dirai langoncet

bouguereau dit: à

tu vas arréter de te moquer de rénateau baroz..sinon..sinon..il va mettre du bétove pendant 2 ans

Jazzi dit: à

« Deutsche Bank prévoit de couper les liens avec Trump après les élections et pourrait saisir ses actifs s’il ne peut pas rembourser ses dettes. Reuters. »

De plus en plus inquiétant, renato !
J’ai la vague impression que l’on va vers le chaos final…

Jazzi dit: à

« je n’ai jamais été mariée, à 14ans je pensais déjà à ne pas l’être. J’ai, en revanche, rencontré des personnalités plutôt perverses. »

C’est Bérénice ou les Infortunes de la vertu, B ?
Le boug demande des scènes de cul !

Chantal dit: à

me souviens des 5 de clefs en chant grégorien, cela me sert si peu que j’ai oublié si je sais encore les déchiffrer.

J’ai appris le solfège ensuite … overdose.

Jazzi dit: à

« le monde et ses habitants deviennent si peu séduisants »

Attention, effet miroir, B !

B dit: à

Chaloux. Pas de concubin non plus. Je ne me comprends pas, il faudrait savoir pour quelles raisons aucun ne m’a retenue, dans les deux sens . Je ne plais pas, ils ne me plaisent pas. J’ai perdu le désir comme certain perdent un sens. C’est bizarre, la vie est un songe entrecoupée de printemps furtifs et rêvés. Beaucoup s’accordent à penser rêve et réalité pour toujours séparés. Je ne perds pas grand chose, le monde et ses habitants deviennent si peu séduisants.

Chantal dit: à

trigon ou gros carré ? J’rigole …

renato dit: à

Deutsche Bank prévoit de couper les liens avec Trump après les élections et pourrait saisir ses actifs s’il ne peut pas rembourser ses dettes. Reuters.

Chaloux dit: à

Chantal, tu sais la clef de sol?

Chaloux dit: à

@B. Mari ou pas, c’est la même chose à vos âges. L’essentiel est que votre cerveau redevienne assez solide pour que vous ne confondiez plus votre concubin pédophile avec le premier Chaloux venu. Pour ce, n’hésitez à demander des ordonnances! Bonnes recherches et foutez-moi la paix!

Hurkhurkhurk!

B dit: à

Chaloux, je n’ai jamais été mariée, à 14ans je pensais déjà à ne pas l’être. J’ai, en revanche, rencontré des personnalités plutôt perverses. C’est comme un vaccin, les reconnaître et les classer là où bon nous semble.

B dit: à

sur la ville, modernité de ce livre écrit en 1971.

Après 68, même les plus élégants se sont lâchés. Est ce une transposition de sentiments que l’auteur a éprouvé voyant Paris ruiné par la jeunesse « gôchiste » suivie par les ouvriers communistes. Un pavé pour se venger?

Chaloux dit: à

Pour Chantal, le second degré, c’est ce qui se passe deux heures après le premier. D’abord elle écrit au premier, ensuite ça passe au second. Ce n’est pas une femme, c’est un monte-charge.

Chantal dit: à

Chaloux ne voit le second degré que dans son eau chaude …

Chaloux dit: à

La Chantal sera plus vite devenue une antiquité qu’elle ne deviendra antiquaire. Pour le reste, il suffit de la lire pour voir de quelle prosatrice il s’agit… Faire le compte de ce qui la dépasse serait trop long. Tout l’Univers…

(« La souffrance du groupe « Village people » » ne me dépasse pas!)

Hurkhurkhurk!

Chaloux dit: à

Eparse B, vous datez comme un vieux calendrier. On n’en est plus là. Avez-vous retrouvé votre vieux mari pédophile, lequel s’est barré avec la petite copine de votre fils (qui ne doit pas être bien malin, le pauvre gars) et avec lequel vos cellules grises défraichies me confondent?

Janssen J-J dit: à

Merci r., pour vos recherches et trouvaille. Anéfé. Nous avez-vous dit votre sentiment sur l’oeuvre de Goliarda Sapienza que j’admire, pour ma part. Ne me souviens plus trop. Ne vous obligez pas, svp. Bàv,

Chantal dit: à

Chaloux c’est le gars qui te fait des prédictions avec une boule de cristal plate, c’est le parangon de l’attente vaine, le général du biscuit de sèvres au chevet de la moutarde à l’ancienne. S’il pouvait se contenter de sa playlist et jouer sur son clavier mal tempéré, plutôt que tenter de se mirer dans l’onirologie Maeterlinkienne, qui le dépasse, on n’a jamais vu un cornichon voler dans les nuages …

B dit: à

Chaloux dit: à
Mon idée, c’est que Macron, s’il est réélu, n’aura pas de majorité parlementaire. Au bout de

La gauche est affaiblie, à moins d’un sursaut vert s’il n’a pas la majorité il devra négocier avec la droite. C’est aussi ce qui se passe assez souvent actuellement avec le sénat qui je crois défend des lignes plus droitière que le centre droit. S’il y a du grabuge à craindre, il viendra de la rue. Du moins, c’est ma projection. La carte et le territoire?

Chaloux dit: à

Le coup d’état viendra pour briser le centre.

Patrice Charoulet dit: à

CASTEX : UN FAUX DUR ENTOURE DE FAUX PROFESSIONNELS

Chaloux dit: à

Le coup d’état de 1851 a aussi fait avancer la France à pas de géant pendant vingt ans, même s’il est resté une épine dans la chair de Napoléon III (Lui-même, disant qu’il y pensait tous les jours, le concédait à Eugénie qui lui en reprochait la violence), et même si la Commune est en partie une revanche contre ce coup d’état. Napoléon III a été maladroit et trop violent mais on voit bien que ce coup d’état a eu beaucoup d’effets bénéfiques.

Chaloux dit: à

Forcément, à un moment, il faudra qu’il y ait un coup d’état, même tout petit. On voit bien que celui de 1958 était nécessaire et même indispensable. Il y a des moments où la république doit être mise à mal …pour sauver la république. Celui de 2023 sera nécessaire, indispensable, inéluctable. La république n’en sortira que renforcée. Curieux cette peur du coup d’état salvateur, quand nous sommes en train glisser à bas-bruit dans la dictature, ou plutôt dans les dictatures car elles sont variées.

Jibé dit: à

L’élection (ou le coup d’Etat?) d’un général…Les Français ont la mémoire courte (je ne me souviens pas que mes parents aient trouvé si drôle la prise en main du général) et l’imagination encore plus rase campagne…
Un général ou le chaos.
C’était déjà comac avec Bonaparte, depuis quod novi?
Ben rien. A part la totalité du contexte national et international, …

Chaloux dit: à

La souffrance du groupe « Village people » c’est certainement un des grand problèmes de l’Humanité. La Chantal c’est certainement une grande prosatrice. Quand on voit ses sujets de méditations, on n’en doute pas.
-Qu’est-ce que tu manges?
-Des frites!
Elle doit prosater comme on coupe les patates!

Jazzi dit: à

« Village people »

On a à peu près tout entendu de la part de Trump, mais pas tant de propos homophobes me semble-il ?

Phil dit: à

yes Bougreau, indeed plus de coal, l’horizon s’éclaircit, jack le ventre à l’air

bouguereau dit: à

y’a pu dcharbon dirfiloo et havec la city c’est cristal cl!r..

bouguereau dit: à

chaloux président..c’est alouine qu’elle dirait chantal..les prix montent mais c’est l’mien attation!

Phil dit: à

Merci M. Court, ces Huard « j’ai vu Berlin.. », moins exaltés que les Béraud des années 1930 qui titrait plutôt « Ce que j’ai vu à Berlin.
si l’agnosie chinoise vous afflige, quelques tournures du de Morand suffisent à restituer le fumet des quartiers de Londres, aussi fort que le Pont de Londres du Céline des bas-fonds. Green, qui ne voulait pas se déclarer en politique, disait que Londres ne peut se comprendre que noyé dans ses brouillards.

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