de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

L’Allemagne intérieure de Michel Tournier

652

commentaires

Il y a comme ça des écrivains très français qu’un réflexe nous fait associer automatiquement à un pays étranger tant ils l’ont loué, critiqué, décortiqué et habité jusqu’à en être à leur tour habité. Un pays, c’est à dire une langue, une culture, un passé, une littérature. Michel Tournier, c’est l’Allemagne. Ou plutôt les Allemagnes. Non à la façon d’un Mauriac qui se réjouissait qu’il y en eut deux tellement il l’aimait, mais à la Tournier. Il en voit quatre : l’Allemagne de l’Ouest, l’Allemagne de l’Est, l’Autriche et la Suisse alémanique (ça va grogner du côté de Zurich, ville qu’il […]

lire la suite .../ ...
Quand le lecteur sans qualité écrit à l’écrivain

494

commentaires

Qui n’a jamais cédé à la tentation d’écrire à un écrivain ? Il faut oser, il faut s’autoriser. Ruminer la lettre, l’écrire, l’envoyer. Se croire d’égal à égal, d’autant qu’on n’en est plus au « mon cher Maître », encore que du côté de l’Académie, cela produit encore son petit effet. L’exercice est intimidant. L’ère du courriel a peut-être désinhibé les survivants de l’ère du courrier. Et puis écrire pour dire quoi ? Qu’on le remercie d’exister ou qu’on l’encourage à disparaître au plus tôt. Qu’on aime ses livres, qu’on les dédaigne, qu’on les interroge. Qu’ils contiennent des erreurs, des incorrections, des facilités, des […]

lire la suite .../ ...
Morand, Chardonne et le dégoût des autres

631

commentaires

On écrit toujours trop. Surtout des lettres. Désormais des courriels. Déconseillé aux écrivains. Même pour le courrier, n’écrivez que ce qui vous brûle les doigts. Ne gaspillez pas vos cartouches, économisez vos traces ! Sinon ne vous étonnez pas que d’autres cherchent ensuite à mettre leurs pas dans les vôtres. Cocteau avait prévenu : « Un auteur se fait grand tort en écrivant ». Ce qui n’a pas découragé Jacques Chardonne et Paul Morand de se livrer à leur irrépressible épistolat presque chaque jour à partir de 1953. S’ensuit une manière de conversation, l’un dans le Val d’Oise, l’autre dans le canton de Vaud. Conservées […]

lire la suite .../ ...
Le français serait-il plutôt la « langue de Montaigne » ?

737

commentaires

Dans un récent dossier, la revue Medium s’était interrogée sur la notion d' »écrivain national » et la pertinence de l’expression « la langue de Molière » pour désigner le français. « La République des livres » s’en était fait l’écho. Retour sur ce débat d’histoire littéraire qui vire au débat d’idées avec Antoine Compagnon, professeur de littérature française au Collège de France et à l’université Columbia de New York, auteur d’essais sur Brunetière, Proust, Montaigne, les Antimodernes et tout récemment d’un Baudelaire, l’irréductible (333 pages, 24 euros, Flammarion) La République des livres : Pas très ancienne, cette notion d’ « écrivain national », non ? Antoine Compagnon : Elle date […]

lire la suite .../ ...
Pour saluer François Maspéro et…

412

commentaires

Pour ceux qui ne le connaissaient pas, François Maspéro, qui vient de disparaître à 83 ans , était quelqu’un de pudique, discret, réservé. Du genre qui pèse chacun de ses mots avant de les employer. Des qualités manifestées tant dans son activité d’éditeur (« éditeur engagé » clament ce matin les médias, mais s’agissant de lui, c’était d’une telle évidence que cela en devenait pléonastique) que dans celle de traducteur et d’écrivain. Tout le contraire d’un bateleur de médias. Il fut autrefois le fondateur et l’âme des éditions Maspéro, résolument engagées à gauche, et l’animateur de la légendaire librairie « La joie de […]

lire la suite .../ ...
Du silence de Pascal Quignard « Deo Soli Gloria »

991

commentaires

Qui d’autre que Pascal Quignard imagine-t-on prononcer une conférence sur « Les ruines de Port-Royal » en la cathédrale de Coutances, un soir de l’été dernier, en compagnie de Jean-François Détrée à l’orgue puis au clavecin ? Pour ceux qui n’en étaient pas, un éditeur attentif a pensé à la publier, non sans la réunir à d’autres prises de parole du même, mais improvisées celles-là, sous le titre Sur l’idée d’une communauté de solitaires (75 pages, 8 euros, Arléa). Est-ce dû à leur oralité première, fût-elle corrigée après coup ? Toujours est-il que ces paroles souvent lumineuses sont plus accessibles, en tout cas moins […]

lire la suite .../ ...
Gaston Gallimard versus Bernard Grasset et réciproquement

694

commentaires

Si la rivalité entre deux monstres sacrés de l’édition moderne n’avait été qu’une querelle de personnes éminentes, ou un affrontement d’egos, elle serait secondaire. Si elle vaut que l’on s’y attarde, c’est bien que deux visions de leur monde, deux conceptions de leur métier, et, tout de même, de la littérature, se sont opposées à travers l’antagonisme qui lia Gaston Gallimard (1881-1975) à Bernard Grasset (1881-1955) durant toute la première moitié du XXème siècle. De quoi justifier le passionnant documentaire que Jérôme Dupuis, journaliste littéraire à L’Express, leur consacre ce jeudi à 21h35 sur France 5 dans la série « Duels ». Le […]

lire la suite .../ ...
Quel « écrivain national » pour incarner la France ?

508

commentaires

C’est tout de même un sacré paradoxe : la France, qui passe pour la plus littéraire des nations européennes, n’a pas de Grand Ecrivain National – dans cet ordre et avec forces majuscules. Enfin, pas vraiment. Entendez par là un écrivain qui, par-delà les clivages de toute nature, l’incarne et la représente tant par la puissance de son style, l’empire exercé par son œuvre, l’influence de ses idées, le magistère de sa personne. Cela dit, soyons sans illusion sur le caractère relatif d’une telle entreprise, car on chercherait en vain un écrivain parmi les personnalités les plus appréciées des Français dans […]

lire la suite .../ ...
Louable nostalgie de la République des Lettres

231

commentaires

Parfois, plusieurs jours s’écoulent entre deux billets de la « République des livres. Il arrive que l’on me le reproche. Pourvu que ça dure…  N’y voyez aucune négligence de ma part. C’est juste que le livre en question est si riche, il est une telle fête pour l’esprit et la curiosité, que je m’accorde ce luxe d’un autre temps : prendre le temps de le savourer page après page, en y revenant au besoin avant même d’en avoir achevé la lecture. Ce qui est précisément le cas de La République des Lettres (480 pages, 25 euros, Gallimard) de Marc Fumaroli. Si le […]

lire la suite .../ ...
L’autre « Royaume », celui de Julien Gracq

405

commentaires

Celui-là, je m’en gardais la lecture pour la fin de l’année, afin de l’inscrire dans l’un de ces rares moments où le temps suspend son vol, lorsque la fourmilière semble marquer le pas et la société se retirer du moins dans les grandes villes, et que quelques uns des maux de l’époque – vitesse, précipitation, superficialité…- semble s’être absentés, entre Noël et Jour de l’an. On se prépare ainsi quand on s’attend à vivre des instants savoureux pour l’esprit et goûteux pour les sens.  Rien moins qu’un événement pour la librairie que les fidèles d’un écrivain s’approprient comme un événement […]

lire la suite .../ ...