de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

L’amitié selon Padura, à Cuba et dans le reste du monde

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Peu de films s’ouvrent sur une citation d’un écrivain en épigraphe, comme c’est souvent le cas en liminaire des livres. Si le cinéaste Laurent Cantet avait été en panne d’inspiration de ce côté-là à l’instant de boucler son Retour à Ithaque, on lui aurait volontiers soufflé le vers fameux du poète portugais Miguel Torga : « L’universel, c’est le local moins les murs ». Car son film part d’une histoire microcosmique pour nous amener à repenser rien moins que l’amitié, l’exil et l’âge, le travail du temps et la fidélité à ses idéaux de jeunesse ; et en route, il nous livre une puissante […]

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P.D. James a filé à l’anglaise

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Il y a une vingtaine d’années de cela, j’ai eu l’occasion d’enquêter en Angleterre sur « les reines du crime ». Car une certaine tradition du roman policier s’incarne à travers des romancières anglaises depuis l’avènement de la reine mère, Agatha Christie, même si, au sein du genre, toutes diffèrent par l’art et la manière. J’ai conservé de ce séjour le souvenir d’une catastrophe et celui d’un enchantement. Ruth Rendell incarne la première. Dès qu’elle m’ouvrit la porte de son appartement, je compris que cela n’irait pas entre nous. Sèche, glaciale, pète-sec. Elle me fit aussitôt asseoir dans un fauteuil de velours […]

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Comme un sentiment d’immense communion avec Kenzaburô Ôé

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Avez-vous remarqué comme ses lunettes rondes lui vont bien ? Pourtant, cela n’alla pas de soi. Seul l’entretien littéraire permettrait de percer le mystère. Un genre en soi. Au mieux, tout un art ; au pire, futilités. La magie tient à l’accord de deux sensibilités, processus qui n’est possible que lorsque l’écrivain, prêt à tout donner, se tient face à une lectrice professionnelle qui sait tout de son œuvre, et éventuellement de sa vie, mais qui a l’humilité qu’il lui manque le superflu où se niche parfois une part d’essentiel, les ombres d’un jardin secret. Le cas de Mariko Ozaki (on nous […]

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Pour redécouvrir Epictète

Pour redécouvrir Epictète

OLIVIER D’JERANIAN

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Nous pensions avoir tout lu d’Épictète, tout connu de ses maximes si profitables à la conduite de nos vies, tout entendu de ses Entretiens, ravis par leur style percutant, n’ayant d’égal que les dialogues du grand Platon. Mais s’il est bien un sort partagé par bon nombre de philosophes antiques, et singulièrement les moralistes, c’est d’être, sinon tout bonnement passés dans l’oubli, du moins résumés au titre d’un seul de leurs livres, quand la loi du marché ne les a pas déjà condamnés pas au rayon des sciences occultes ou du développement personnel. Pour celui d’entre eux, Épictète, que l’on peut considérer […]

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En fuyant la montée du fascisme

En fuyant la montée du fascisme

Philippe Godoy

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Dans Tanta Vita ! (traduit de l’italien par Renaud Temperini, 228 pages, 17 euros, Belfond), Paolo di Paolo évoque la brève existence de Piero Gobetti (1901-1926). Turinois, fils d’épiciers, très jeune, il parvient à créer, avec peu de moyens, une revue et une maison d’éditions. Parmi les poètes publiés, un jeune inconnu, Eugenio Montale qui sera une grande figure de la littérature italienne. Sur  les problèmes liés à des débuts difficiles, va se greffer la montée du fascisme et la prise du pouvoir par Mussolini. Alors,  la revue surtout consacrée à la littérature, devient une tribune virulente contre les atteintes à […]

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La mort, la mort, la mort…

La mort, la mort, la mort…

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On en connaît qui célèbrent le culte des morts tous les jours de l’année sauf le 2 novembre, jour des Défunts. N’allez pas creuser leur psychologie. Ni fouiller dans le capharnaüm gothique. Disons qu’ils ont le goût des cimetières, ces îlots privilégiés dans une capitale où l’on enregistre le plus bas taux de décibels, ces lieux si calmes que les mamans y promènent leurs bébés entre les tombes. Rien des morbide là-dedans. On en connaît même, tel M. Landru, qui y consacre un blog. Nathalie Rheims est connu pour appartenir à l’internationale informelle des arpenteurs de cimetières. D’ailleurs on l’appelle […]

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Comment traduire le japonais de Murakami

Comment traduire le japonais de Murakami

Irmela Hijiya-Kirschnereit

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Murakami Haruki, l’écrivain japonais le plus lu dans le monde, fêtera son soixante-cinquième anniversaire le 12 janvier 2014 (ndlr— l’original de cet article a été écrit le 4 janvier), deux jours après la parution de Die Pilgerjahre des farblosen Herrn Tazaki, la traduction en allemand judicieusement programmée de son dernier roman — Shikisai o motanai Tazaki Tsukuru to, kare no junrei no toshi (littéralement « Le sans couleur Tazaki Tsukuru et ses années de pèlerinage »), sorti au Japon en avril 2013. En Allemagne, le public et la presse attendent impatiemment cette œuvre depuis octobre 2013, où la date de sa sortie […]

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Faudra-t-il protéger Kafka des kafkaïens ?

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Après tout, qui sait si la perspective de l’imaginer un jour ensevelie sous une montagne de commentaires et d’analyses n’a pas fait renoncer Franz Kafka à publier son œuvre… Son ami Max Brod, à qui l’on doit de la connaître, ne l’a pas vraiment formulé ainsi, et même pas du tout ; mais au vu des rayonnages de bibliothèques consacrés dans de nombreuses langues à la dissection de ses écrits, rien n’interdit de le penser. Ces temps-ci encore, la kafkalogie déborde en librairie. S’il est un champ bien labouré, c’est celui-ci ; aussi se permet-on d’être exigeant avec les nouveautés. Non que […]

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La religion de la poésie selon Yu Jian

La religion de la poésie selon Yu Jian

Françoise Siri

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Yu Jian est impassible, comme une statue de bronze, sur la scène de la Maison de la Poésie de Paris. On devine, derrière le masque du visage, une fébrilité, une inquiétude et une grande attention. Il commence par lire en chinois, avant d’être traduit. Sa langue est très musicale : il répète souvent le même son, comme une litanie, comme un martèlement, par exemple celui du mot qui signifie “mur” et qui donne son titre à un poème de son tout dernier recueil. Le mur, le mur qui enferme les hommes en Chine, le mur dans la culotte des garçons […]

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Discours de Guadalajara

Discours de Guadalajara

Yves Bonnefoy

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Je remercierai d’abord le jury de la Foire Internationale du Livre de Guadalajara qui m’a décerné son prix cette année. Je sais la qualité des attributions qui ont été faites dans le passé de cette distinction, et je ne puis donc que ressentir le choix qui a été fait de mon œuvre comme un très grand honneur, dont j’espère que je suis digne. Mais je veux aussi remercier tous ceux qui par leurs initiatives, leur soutien actif, leur travail, assurent l’existence du prix, lui permettant d’occuper la grande place qui est la sienne sur la scène internationale. C’est du fond […]

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