de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Un grand roman européen

Un grand roman européen

Milan Kundera

4

commentaires

L’histoire de l’art du roman approche discrètement de sa fin. Même la critique littéraire, qui occupait jadis une grande place dans tous les journaux, n’y apparaît aujourd’hui que de plus en plus rarement. Et, bien sûr, plus un pays est petit, moins ses livres sont connus à l’étranger et plus ils ont de mal à trouver un public. La Macédoine. Parmi tous les piétons qui passent autour de moi  dans la rue, combien savent ce que ce mot veut dire ? On éprouve une sorte de tristesse quand on pense à la solitude dans laquelle se trouve forcément un grand romancier […]

lire la suite .../ ...
Richard Flanagan, le diable de Tasmanie

Richard Flanagan, le diable de Tasmanie

MARIE TOURRES

2

commentaires

EN 2014, le vénérable Booker Prize fut teinté d’un relent de polémique sur les spécificités de la culture du Commonwealth, de l’Irlande et du Zimbabwe. Pour la première fois, le prix était ouvert à tout auteur écrivant en anglais et publié au Royaume-Uni, dégageant donc une large voie aux oeuvres américaines. Cette modification, rompant avec une tradition vieille de 45 ans, ne remporta pas l’approbation générale. Certains criant à la globalisation de la littérature, d’autres au manque d’équité puisque jamais le Pulitzer ne laisserait place libre à des auteurs étrangers. Mais l’honneur est sauf. C’est bien un écrivain du Commonwealth qui […]

lire la suite .../ ...
Leopardi deux fois plutôt qu’une

470

commentaires

L’expérience est fascinante, surtout quand on ne l’a pas fait exprès : lire un poète tout en lisant sa biographie, laquelle renvoie sans cesse à son œuvre, après avoir vu un film à lui consacré. Cela peut avoir des effets néfastes pour les livres comme pour les films, l’un ne supportant pas la comparaison avec l’autre, trop en-decà dans le registre de la connaissance, ou celui de l’émotion, quand ce n’est tout simplement celui du pur plaisir de lecteur ou de spectateur. Bref, le hasard a fait que quelques jours durant, j’ai pu me leopardiser comme jamais avant de me lover […]

lire la suite .../ ...
Traduire la poésie d’idées de Javed Akhtar

Traduire la poésie d’idées de Javed Akhtar

Vidya Vencatesan

6

commentaires

Javed Akhtar est l’une des voix les plus justes de la poésie ourdoue contemporaine. Elle exprime une sensibilité postmoderne, radicalement différente des autres voix de sa génération. Il habite les deux mondes de la métaphysique et du concret avec la même facilité ; entre eux ni opposition ni hiérarchie. Exemple de l’hétérotopie qu’évoque Michel Foucault, sa poésie est une invitation à découvrir d’autres mondes encore, des lieux qui permettent de contester, des lieux de doute, de clair-obscur, d’autres mondes que ceux qui nous sont familiers. Héritier d’une riche tradition poétique familiale, Javed Akhtar réussit pourtant à trouver un mode d’expression dont le timbre frais […]

lire la suite .../ ...
L’amitié selon Padura, à Cuba et dans le reste du monde

648

commentaires

Peu de films s’ouvrent sur une citation d’un écrivain en épigraphe, comme c’est souvent le cas en liminaire des livres. Si le cinéaste Laurent Cantet avait été en panne d’inspiration de ce côté-là à l’instant de boucler son Retour à Ithaque, on lui aurait volontiers soufflé le vers fameux du poète portugais Miguel Torga : « L’universel, c’est le local moins les murs ». Car son film part d’une histoire microcosmique pour nous amener à repenser rien moins que l’amitié, l’exil et l’âge, le travail du temps et la fidélité à ses idéaux de jeunesse ; et en route, il nous livre une puissante […]

lire la suite .../ ...
P.D. James a filé à l’anglaise

515

commentaires

Il y a une vingtaine d’années de cela, j’ai eu l’occasion d’enquêter en Angleterre sur « les reines du crime ». Car une certaine tradition du roman policier s’incarne à travers des romancières anglaises depuis l’avènement de la reine mère, Agatha Christie, même si, au sein du genre, toutes diffèrent par l’art et la manière. J’ai conservé de ce séjour le souvenir d’une catastrophe et celui d’un enchantement. Ruth Rendell incarne la première. Dès qu’elle m’ouvrit la porte de son appartement, je compris que cela n’irait pas entre nous. Sèche, glaciale, pète-sec. Elle me fit aussitôt asseoir dans un fauteuil de velours […]

lire la suite .../ ...
Comme un sentiment d’immense communion avec Kenzaburô Ôé

875

commentaires

Avez-vous remarqué comme ses lunettes rondes lui vont bien ? Pourtant, cela n’alla pas de soi. Seul l’entretien littéraire permettrait de percer le mystère. Un genre en soi. Au mieux, tout un art ; au pire, futilités. La magie tient à l’accord de deux sensibilités, processus qui n’est possible que lorsque l’écrivain, prêt à tout donner, se tient face à une lectrice professionnelle qui sait tout de son œuvre, et éventuellement de sa vie, mais qui a l’humilité qu’il lui manque le superflu où se niche parfois une part d’essentiel, les ombres d’un jardin secret. Le cas de Mariko Ozaki (on nous […]

lire la suite .../ ...
Pour redécouvrir Epictète

Pour redécouvrir Epictète

OLIVIER D’JERANIAN

3

commentaires

Nous pensions avoir tout lu d’Épictète, tout connu de ses maximes si profitables à la conduite de nos vies, tout entendu de ses Entretiens, ravis par leur style percutant, n’ayant d’égal que les dialogues du grand Platon. Mais s’il est bien un sort partagé par bon nombre de philosophes antiques, et singulièrement les moralistes, c’est d’être, sinon tout bonnement passés dans l’oubli, du moins résumés au titre d’un seul de leurs livres, quand la loi du marché ne les a pas déjà condamnés pas au rayon des sciences occultes ou du développement personnel. Pour celui d’entre eux, Épictète, que l’on peut considérer […]

lire la suite .../ ...
En fuyant la montée du fascisme

En fuyant la montée du fascisme

Philippe Godoy

7

commentaires

Dans Tanta Vita ! (traduit de l’italien par Renaud Temperini, 228 pages, 17 euros, Belfond), Paolo di Paolo évoque la brève existence de Piero Gobetti (1901-1926). Turinois, fils d’épiciers, très jeune, il parvient à créer, avec peu de moyens, une revue et une maison d’éditions. Parmi les poètes publiés, un jeune inconnu, Eugenio Montale qui sera une grande figure de la littérature italienne. Sur  les problèmes liés à des débuts difficiles, va se greffer la montée du fascisme et la prise du pouvoir par Mussolini. Alors,  la revue surtout consacrée à la littérature, devient une tribune virulente contre les atteintes à […]

lire la suite .../ ...
La mort, la mort, la mort…

La mort, la mort, la mort…

1526

commentaires

On en connaît qui célèbrent le culte des morts tous les jours de l’année sauf le 2 novembre, jour des Défunts. N’allez pas creuser leur psychologie. Ni fouiller dans le capharnaüm gothique. Disons qu’ils ont le goût des cimetières, ces îlots privilégiés dans une capitale où l’on enregistre le plus bas taux de décibels, ces lieux si calmes que les mamans y promènent leurs bébés entre les tombes. Rien des morbide là-dedans. On en connaît même, tel M. Landru, qui y consacre un blog. Nathalie Rheims est connu pour appartenir à l’internationale informelle des arpenteurs de cimetières. D’ailleurs on l’appelle […]

lire la suite .../ ...