de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline
Malaparte du mauvais côté

Malaparte du mauvais côté

Que faire de Curzio Malaparte ((1898-1957) passé l’état de sidération dans lequel laisse la lecture de ses chefs d’œuvre Kaputt (1944) et La Peau (1949) ? Ces deux romans ont été durablement porté aux nues mais étrangement, cela n’a pas suscité une curiosité pour leur auteur. On les dirait sans écho ni descendance. A l’occasion du 120èmeanniversaire de sa naissance, une soirée lui est consacrée le13 septembre à 19h, à l’Institut culturel italien à Paris, avec débat et projection de son unique film Le Christ interdit (1951)) ; parallèlement,  Maria Pia de Paulis, maîtresse d’œuvre d’un Cahier de l’Herne « Malaparte » (365 pages, 33 euros) fait de contributions de spécialistes italiens et français et de textes de l’écrivain dont bon nombre sont inédits dans les deux langues, a formé le projet de l’y révéler. Rien moins que le débarrasser de ce qui empêchait de le connaître : sa réputation.

Or le problème avec les clichés qui lui collent aux basques, c’est qu’ils ne sont pas tous dénués de fondement , qu’il s’agisse du cabotinage, de l’égocentrisme, de l’exhibitionnisme, des bons mots assassins, du cynisme, de sa puissance de travail, du culte du moi, du goût de la manipulation et de la polémique, de l’opportunisme tour à tour fasciste, antifasciste, maoïste, du correspondant de guerre qui romançait, du rhéteur aux emballements boursouflés. Simplement, ces lieux communs ont fait écran devant l’essentiel.Car cet auteur-là sut comme nul autre restituer le tremblement et l’effroi des hommes face à la guerre, ce paysage qui vous tire dessus.

C’est peu dire qu’il fut l’artisan et la victime d’une réception ambivalente et polémique de son œuvre et qu’il le paya longtemps. A trop l’essentialiser comme italien, on est passé à côté de l’universalité de ses grands romans, et même de son essai si européen Technique du coup d’Etat(1931). Il émerge de ce Cahier de l’Herne le portrait d’un homme saisi à contre-jour, plus isolé et solitaire qu’il n’y parut. Le jeune engagé volontaire de 1914, soldat d’infanterie de la Légion garibaldienne intégrée au 4èmeRégiment de marche de la Légion étrangère, promu officier dans une brigade de chasseurs alpins lorsque l’Italie renonça à la neutralité et qu’il put continuer à se battre sous son propre drapeau, ce jeune homme est demeuré intact en lui toute sa vie.ITALIE - CURZIO MALAPARTE

Malaparte, commandant d’une section d’assaut lance-flammes, aura vu l’horreur et vécu la barbarie durant ces quatre années et ne s’en sera jamais remis. On pourrait le dire né en 1914 et mort en 1918, comme tant d’autres (Céline, Hemingway). La guerre, impossible d’en sortir. D’ailleurs,La Révolte des saints maudits (1921), son premier livre et le moins connu, est selon lui le plus important car il est la matrice de l’œuvre. Il y est tout entier en sa blessure originelle.

Ce Cahier de l’Herne reproduit entre autres un article terrible dans lequel Malaparte évoque une manifestation d’anciens combattants contre la vie chère à laquelle il a participé le 1ermai 1919 place de la Concorde à Paris. Pour les disperser, les agents de police matraquèrent les vétérans encore dans leurs oripeaux bleu horizon : « C’est ce jour-là que je sentis obscurément que ma génération avait perdu la guerre ». Mais Malaparte, c’est aussi un compagnon de route du fascisme jusqu’à la rupture en 1933, emprisonné, assigné à résidence, exilé de l’intérieur malgré sa fidélité au Duce, un enthousiaste de la colonisation de l’Ethiopie.

Il a toujours été au cœur de l’Histoire en marche, acteur de l’histoire immédiate à commencer par celle des deux guerres qui ont secoué le siècle européen. Sauf que lui la raconte dans un genre à part, à mi-chemin du reportage en première ligne et de la fiction du réel : la narration de témoignage.

Il était né Suckert à Prato (Toscane). Mais pourquoi passe-t-on de Kurt Suckert à Curzio Malaparte ? Non parce que Bonaparte était déjà pris, ça c’est pour les journalistes, mais parce que Suckert, quoique autrichien, fleure bon le pangermanisme, alors que Malaparte, nom de l’oncle, sonne si bien italien, et en plus, ça signifie «  »du mauvais côté » », ce qui est délicieusement prémonitoire. La démocratie parlementaire lui répugnait à proportion de son attachement aux valeurs de l’esprit républicain. Peut-être parce que la première offrait le spectacle mou de sa faiblesse et de sa médiocrité, comme si tous les idéaux de fer dont elle était porteuse s’étaient réfugiés dans le second.

Il y a plusieurs années, Maurizio Serra lui a consacré une biographie remarquée Malaparte, vies et légendes (608 pages, 22,50 euros, Grasset) pour l’élégance de l’écriture, la richesse de l’enquête et la finesse des analyses. Ce qui n’allait pas de soi avec un animal tel que Malaparte. On ne fait pas plus piégeux tant le mensonge épouse si naturellement le mouvement de son âme et la plupart de ses attitudes ; il persuadait d’autant plus aisément son entourage de la véracité de ses inventions qu’il en paraissait lui-même si convaincu ; mais un mensonge qui, dès ses plus jeunes années, s’ennoblit par la littérature, sa mythomanie romanesque s’enracinant dans une mythologie poétique. Ce qui est bien le moins pour qui ne sera jamais fidèle qu’à Chateaubriand, et préfèrera les chiens aux humains.

Fabulateur mais pas mystificateur, il n’a cessé de malaxer l’Histoire pour en faire la matière première de son œuvre, manière de signifier son mépris à ce paquet d’événements qui s’avance pompeusement précédé d’un grand « H », quand la littérature doit s’affirmer avec une grande hache. De ce portrait critique, modèle de ce que devrait être l’exercice d’admiration, il émerge comme un amoureux de la force dans toutes ses expressions, fussent-elles les plus totalitaires en politique, du fascisme au communisme de guerre. Là se trouve le nœud de sa cohérence et de sa constance.

La force, l’ordre, le protocole, l’épure, les masques : il y a du Mishima en lui. Il a pareillement le culte du corps et de la forme, et à l’intérieur, une puissante névrose d’échec. L’empathie de Maurizio Serra pour son personnage est sans indulgence car elle se déploie en permanence sur la crête de ses contradictions :

« Il aura réussi à donner l’impression de la spontanéité, du trop-plein d’émotion et d’indignation, là où il fut le plus froid et le plus sinueux des auteurs » écrit-il.

Au fond, le paradoxe de Malaparte s’inscrit dans sa fascinante maison de Capri. Tout sauf une villa : cet « autoportrait en pierre » était un bunker à la beauté sévère, à l’allure austère, au confort ascétique, mais dont la cave regorgeait de grands crus.

(« Curzio Malaparte en 1948 » ; « Casa come me » Photos D.R.)

Cette entrée a été publiée dans Histoire Littéraire.

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599 Réponses pour Malaparte du mauvais côté

Passou dit: 9 novembre 2018 à 19 h 48 min

Où êtes-vous allé pêcher que le patronyme Malaparte (pratiquement inexistant en Italie si on compte, par contre, dans les Pouilles et en Calabre un certain nombre de « Bonaparte/Buonaparte ») était celui d’un oncle? Autrichien, Erwin Suckert, le père de Curzio, alors qu’il était Saxon… Que d’à peu près et je passe sur le reste… Relisez la lettre de Vailland, que nous publions dans le Cahier. Il y a là beaucoup plus de vrai que dans vos commentaires ! Au fait c’est bien « l’Histoire » que s’appelle la publication dans laquelle vous écrivez ces lignes sur Malaparte ? L’histoire, amis quelle histoire !

Jean-Claude Thiriet, contributeur du cahier de l’Herne « Malaparte »

christiane dit: 17 septembre 2018 à 9 h 25 min

Merci, Rose, pour ces recherches. Cette vidéo montre bien l’aventure que fut « Parade » dans cette année 1917.
https://www.youtube.com/watch?v=zlZf7kDwFKU
La remarque d’Apollinaire, à la fin du document est importante. Suit une grille de propositions vidéo pour approfondir l’aventure de « Parade ».
Le cheval a des ailes nouées autour de son ventre. C’est le côté illusion de l’immense rideau de scène mais l’essentiel est dans le groupe assis à droite, ces saltimbanques qui envahiront la scène quand le rideau de scène se lèvera… et formeront cette parade qui annonce autre chose qu’un spectacle… Ils rappellent aussi la période rose et bleue de Picasso où il aimait peindre les gens du cirque avec cette palette douce et un peu triste. C’est l’époque où Apollinaire revint du front avec une blessure à la tête…

christiane dit: 16 septembre 2018 à 19 h 16 min

 » avec Parade il s’en donna à cœur joie… ». C’est vraiment ce que l’on ressent, Renato.
Je ne vois pas la toile de Seurat évoquée par Bérénice. L’auriez-vous dans vos collections ?

Janssen J-J dit: 16 septembre 2018 à 18 h 59 min

merci MC, me posiez vous une question de page et d’édition pour Beugnot ? Quel honneur ce serait ! Mais je ne peux vous répondre pour le moment, j’ai pas les 2 tomes sous la main, l’autre grand spécialiste du vice et du crime v sans doute y pourvoir avant moi. Bien à vous. Jean-Jacques.

renato dit: 16 septembre 2018 à 18 h 15 min

Bételgeuse, Picasso pensait Néoclassique — catégorie — même lorsqu’il faisait dans le cubisme, avec Parade il s’en donna à cœur joie…

Bételgeuse dit: 16 septembre 2018 à 17 h 58 min

Renato,Le tableau n’est pas sans rappeler cet autre de Seurat par la posture de l’ecuyere sur le cheval, Cirque, huile sur toile de ,Legg John Quinn.1924.

christiane dit: 15 septembre 2018 à 22 h 24 min

Lavande,
j’ai terminé le roman de Sigrid Baffert « Tous les bruits du monde ». Il est plus important que je ne le pensais. Ce n’est pas une nouvelle mais un roman complexe qui prend le temps de se dérouler d’abord en Italie, puis en France et enfin en Amérique. La femme et l’enfant font le lien. Destins pas toujours à l’amble mais qui le deviendront. De solides portraits d’hommes aussi. Je pensais le roman dominé par la vengeance, c’est plutôt un éveil : une femme se libère, une enfant sort d’un terrible isolement. Les bateaux portent bonheur. Une belle traversée que je vous dois. Encore merci.
Oui, elle a l’étoffe d’écrire le texte de la troupe et vous celle d’en faire des costumes.

L’émission notée par Gisèle sur les Ballets Russes était formidable. Ils ont engendré sous la direction de leur prodigieux imprésario, Serge Diaghilev, (« grand charmeur, charlatan plein de brio »), une nouvelle perception de la danse. Nijinski dans sa première chorégraphie : « Le Prélude à l’après-midi d’un faune » fut jugé trop statique et érotique. Il apparaissait sur scène vêtu d’un fin maillot qui enserrait son corps, il ne bondissait pas mais se dépliait voluptueusement… Le clou sera le Sacre du Printemps ( costumes inspirés de « l’Asie colorée et rêveuse… des Mille et Une Nuits… réalisés à partir d’authentiques tissus que Diaghilev se procurait dans les boutiques orientales de St. Petersbourg. Bakst pour oser ces audaces chromatiques.) . Quant à la chorégraphie, les piétinements lourds, primitifs et syncopés des danseurs font scandale.
Le rideau de scène de Picasso pour « Parade » (1917) est une merveille joint au livret de Cocteau et à la musique de Satie, que demander de mieux ! Les grands ballets créés par Diaghilev établissent un lien nouveau entre les plus grands peintres de l’art contemporain, des compositeurs audacieux (Ravel – Poulenc – Prokofiev – Stravinski – Debussy…) et ses danseurs.
Je vous mets un peu de ces merveilleux costumes en lien (qui date) pour le plaisir :
http://www.cncs.fr/operas-russes-a-l-aube-des-ballets-russes-1901-1913
Vingt années de créations exceptionnelles…
Bonsoir.

christiane dit: 13 septembre 2018 à 13 h 09 min

Lavande,
le roman de Sigrid Baffert « Tous les bruits du monde » (Milan) me tient tellement en éveil qu’arrivée à la quarantième page offerte, j’ai commandé le roman sur ma tablette pour connaître la suite sans délai.
Si je n’avais pas vu page 10 le mot Calabre, j’aurais bien situé le roman en Corse avec l’idée de Vendetta et tous les noms et prénoms : Graziella, Antelmo, Mancini, Baldassare et le nom du village San Bosco (un quartier porte ce nom à Bonifacio). Les paysages aussi.
J’aime que Graziella s’habille avec un certain apparat avant d’aller tuer son ex.
L’écriture est alerte, précise.
Les invocations, des denrées rangées sur les étagères de l’épicerie, récitées pour se calmer sont irrésistibles ! (p.34)
J’aime infiniment ce roman. Merci !

x dit: 13 septembre 2018 à 12 h 41 min

Pour le traducteur de Qohélet (c’est probablement à cela que Renato faisait allusion) « Fumo, tutto è fumo. Polvere ».

Mais qui sait, peut-être que le cousin de la belle-sœur du prof de karaté de la fille de Pablo a sur la question des vues qui devraient ici faire autorité ?

Phil dit: 13 septembre 2018 à 12 h 09 min

Dear Claudio Bahia, il vous faudrait des conférences de Morand au Brésil pour déboucher les écoutilles de la langue de Lipovetsky et le taux de natalité français prolifique, même racine que prolétaire disait la souveraine Yourcenar.
l’est venu dans les années 30 pour expliquer pourquoi la population du Brésil le bottait moins que le pays, succès mondain garanti vu le profil sociétal de l’époque.

Pablo75 dit: 13 septembre 2018 à 12 h 09 min

@ renato

« Guido Ceronetti è rentré dans le chaos originel. »

Non, Ceronetti est sorti du mirage de la vie pour rentrer dans une réalité bien plus réelle que celle-ci.

Janssen J-J dit: 13 septembre 2018 à 12 h 01 min

@ rénato, Lavande est une femme, JJJ ; sa confession ce sont ses affaires…

Mais ce que vous m’apprenez là ne m’intéresse pas du tout, voyons donc. Je veux dire que ce n’est vraiment pas mon souci, si c’est possiblement celui d’autres erdéliens. Lavande reste conforme à ce qu’est son personnage : une personne mesurée, modeste, très agréable à lire, jamais décevante.

Janssen J-J dit: 13 septembre 2018 à 11 h 50 min

@CB, 21.32 Je n’arrive pas à comprendre comment la France puisse encore rester la championne européenne du taux de natalité et en même temps être confrontée à une telle « disharmonie » sociétal (si le terme existe).

Pour l’instant, Claude B., un consensus est de mise parmi les meilleurs de nos socio-démographes (Héran par ex.) pour l’expliquer par la force de la croyance des français dans les présupposés des bienfaits encore actifs de l’Etat social (Etat providence ou Etat protecteur, allocations familiales notamment) et de leur impact sur le taux de fécondité exceptionnel de ce pays… Les Cassandre déclinistes envoient pourtant bien des signaux apocalyptiques sur le démantèlement progressif de cet « Etat »-là et sur la vague migratoire qui irait tout emporter, alors qu’elle est un bienfait pour la régénération de nos populations vieillissantes.
Or, tout se passe comme si les couches moyennes de notre société, admettant une crise de confiance passagère, gardaient confiance en l’avenir, à plus long terme, et ne se résolvaient pas au slogan : « leurs enfants après eux » (cf. titre du superbe roman de Nicolas Mthieu). L’essayisme masochiste parisien en déclinisme et pessimisme apocalyptique n’atteint pas les strates profondes des classes moyennes, au point de conduire les jeunes générations à vouloir massivement réguler leur taux de fécondité. L’idéal reste toujours de pondre deux enfants par couples. On y réfléchit certes à deux fois, mais quand la décision est prise, personne ne le regrette.

Mais il vaudrait mieux raisonner aujourd’hui sur le mystère et les solutions (????) de « l’explosion démographique mondiale » par rapport au « climato-scepticisme » de l’ère anthropocène. Si vous m’interrogez sur mes rélles inquiétudes, alors il vaudrait mieux plutôt parler de cela. Car n’ayant jamais fait d’enfants pour ne pas alourdir la planète et le poids de l’Etat providence français, je me sentirais plus à l’aise sur ce sujet déporté.
Je n’ai pas non plus tout compris de vos remarques sur l’allocution de Lipovetsky, mais vous remercie néanmoins d’avoir répondu.

christiane dit: 13 septembre 2018 à 11 h 24 min

J.Bouveresse cite Carlo Ginzburg, cet historien qu’il admire et dont les écrits sont en faveur de la réalité historique dans la visée du témoignage. Il dit que sa pensée nourrit des réflexions bien au-delà des limites de l’histoire. Le récit historique ressemble-t-il à un récit inventé ? Pourquoi le percevons-nous comme réel ? Je ne connais pas du tout. Qui peut en parler ?

christiane dit: 13 septembre 2018 à 11 h 13 min

@de nota dit: 13 septembre 2018 à 9 h 14 min
C’est intéressant, mais j’ai dû me tromper de lien car il ne parle guère de Musil, plutôt des écrivains et des philosophes, d’une façon d’écrire qui ferait confondre le beau et la vérité (BHL), de la fiction et de la vérité, de cette question : un écrivain (littérature) peut-il être philosophe ? Un philosophe peut-il être écrivain ? C’est intéressant mais pas grand chose sur Musil…

christiane dit: 13 septembre 2018 à 10 h 36 min

@de nota dit: 13 septembre 2018 à 9 h 14 min
Je l’écoute. J.Bouveresse est simple, modeste et lumineux (éclairant par les romans de Flaubert, Proust, Hugo, Maupassant, H.James, Zola l’approche de l’intelligence de l’œuvre, la vérité, l’illusion, le « moi » de l’écrivain…).
Il lie littérature et philosophie et on y gagne !
https://www.youtube.com/watch?v=XKC2AtfnK8s

christiane dit: 13 septembre 2018 à 9 h 55 min

@de nota dit: 13 septembre 2018 à 9 h 14 min
Ah, merci. Je vais tenter de comprendre. Ce serait une grande joie que la clarté se fasse grâce à ce grand penseur.

christiane dit: 13 septembre 2018 à 9 h 52 min

Bon, rien de nouveau sur Malaparte…
Je reviens donc à vous, hamlet.
Oui, P.Jaccottet voit juste quand, traduisant la 2e partie de l’Hsq, il écrit : « On arrive enfin au cœur des choses ».
Puis, abordant l’extase, vous citez (Hsq, II, 99) distinguant celle-ci de la mystique religieuse.
Comment la définit-il ? Comme l’effacement d’une frontière entre le moi et le monde, une sorte de porosité, un « accroissement de la réceptivité et de la sensibilité, un état d’où l’on retire le sentiment d’être lié à toutes les choses. » (Hsq, II, 102). Musil la place sous le signe de l’illimité, de l’immédiat. (Expérience bien différente de celle de Saint-Augustin sur le balcon d’Ostie.). C’est une extase contemplative, faite d’abandon et de détachement, « Quelque chose d’infiniment tranquille et d’infiniment vaste. » (Hsq, II, 101), un instant sans passé , sans futur, où plénitude et vide se côtoient.
Ce n’est pas le Dieu de Spinoza (qui se révèle dans l’harmonie du monde) ni celui des chrétiens (qui se préoccupe des destinées et des actions humaines). Il ne cherche pas des raisons pour croire (ce qui fait partie du discours de la croyance) mais cherche à voir dans le monde des croyants la force de leur croyance dans leurs actes. Un Dieu qui ne se révèlerait pas dans le monde… Un monde indépendant de notre volonté, hors de toute superstition, sans marque d’un quelconque destin… Un monde privé de sens. Dans cette deuxième partie de l’Hsq, un combat : le mystère de l’âme contre le pouvoir de l’intellect.
L’extase est abordée avec les ressources de la raison et dans ces pages tout balance entre témoignages d’une mystique sans Dieu et connaissance scientifique.

Ah, vous êtes un bon guide. (J.Bouveresse aussi mais il faut pouvoir le suivre… que ce soit sur Musil ou sur Wittgenstein, sur ce point de jonction entre le langage et le monde.)

Lacenaire dit: 13 septembre 2018 à 9 h 38 min

Ici la RdM ou La République des Moutons en Carmarthenshire (Wales)
De là, lire les commentaires est un plaisir peu partagé car on retrouve toujours le mêmes hâbleurs prétentieux qui semblent avoir pris le pouvoir…
(heureusement Christiane, Rose, Jazzi et Renato sont encore là)
les moutons se marrent, ma chère belle assistante et moi aussi
bien à vous
CM

Pablo75 dit: 13 septembre 2018 à 9 h 26 min

À propos d’empires qui disparaissent, un haïku de Borges:

¿Es un imperio
esa luz que se apaga
o una luciérnaga?

(C’est un empire
cette lumière qui s’éteint
ou une luciole?)

de nota dit: 13 septembre 2018 à 9 h 14 min

On trouve sur YouTube un long entretien avec Bouveresse sur Musil:  » Jacques Bouveresse (2012) Musil- l’homme sans qualités. »

Phil dit: 13 septembre 2018 à 9 h 10 min

merci Pablo, vais écouter. très complexe, malgré cinq cents pages, le journaliste Fejtö s’est pris ses pinceaux hongrois dans l’enterrement de cet empire.

Phil dit: 13 septembre 2018 à 9 h 02 min

merci Chaloux, il faut essayer, après la lecture de Musil peut-être, car c’est un tombeau pour une mort qui n’est pas naturelle.

de nota dit: 13 septembre 2018 à 9 h 01 min

Un entretien précieux avec Jacques Bouveresse.

file:///culture/livre/https://www.lexpress.frjacques-bouveresse-j-ai-toujours-ete-profondement-revulse-par-le-moralisme_814050.html

rose dit: 13 septembre 2018 à 8 h 47 min

Ah, lu christiane. Hier matin.
Nulle griserie.
Énorme lucidité.
Grande liberté à Jazzi.
Qui n’ est pas blessé et s’ en balance.
Ne change ríen à ce que j’ ai écrit. Persiste et signe.
Ne suis pas facho ni réactionnaire mais très attentive au monde qui m’entoure.
Ce qui effrayant c’est l grand capital et macron à son entier service.

Pablo75 dit: 13 septembre 2018 à 8 h 44 min

@ Chaloux

À propos d’osinatos, j’ai découvert il n’y a pas longtemps, ceux, très beaux et qui rappellent étonnamment certains de son ami Bach, de la Brockes Passion (1716) de Telemann, dans la version de René Jacobs (de 14min45 à 19min40, de 26min à 27min45, de 29min à 31min).

https://www.youtube.com/watch?v=RY1a4p4Dtjg

Chaloux dit: 13 septembre 2018 à 8 h 40 min

J’entends qu’il travaille et qu’il a un point de vue très sombre, ce qui n’est pas forcément une qualité musicale. Je crois qu’il faut prendre garde à ne pas trop assombrir la musique. C’est une des leçons de Rubinstein.

https://www.youtube.com/watch?v=3Ad3rKvLJQU

Mais, au regard de ce que tu dis, il avait sans doute ses raisons ce jour-là.

rose dit: 13 septembre 2018 à 8 h 38 min

j’ai raté deux trucs entrapercus d’ un oeil.

de Christian, pas eu le tempos de libre et Jazzi, lu.
je n’ ostracice pas Ed, qui est un homme, moi et surtout, je ne lance pas la vindicte populaulaire contre elle/ lui, moi.
Si c’ est son truco de jouer à ça libre à elle/ lui.
Moi, je vous éclaire juste votre lanterne pour ne las que vous restiez trop couillons, mais visiblemente nombre d’ entre vous préférez dans la grotte que dehors.

Même si Lavande perçoit très finement que « bouter hors de France »est le problème plutôt que l’ attirance sexuelle – Shéhérazade en sait un brin.
Mille et un.

Phil dit: 13 septembre 2018 à 8 h 35 min

Chaloux Pablo, musiciens, pensez-vous que le canon de Pachelbel puisse convienne au défunt empire austro-hongrois ?

Pablo75 dit: 13 septembre 2018 à 8 h 34 min

@ Chaloux

Belle version celle de Nikita Mndoyants, dont tu as donné le lien.

Sait-tu pourquoi on attribue ce morceau à Purcell?

Pablo75 dit: 13 septembre 2018 à 8 h 28 min

@ Chaloux

Merci pour les explications sur le
« ground », d’autant plus intéressantes que j’adore les ostinatos en musique, ceux de Bach surtout dans certaines de ses cantates.

Et tu penses quoi de ce pianiste, Vadym Kholodenko, dont la vie paraît faite d’étonnants hauts et bas?

« En novembre 2013, à l’âge de 27 ans, il remporte la Médaille d’or au 14e Concours international de piano Van-Cliburn à Fort Worth, au Texas, ville où il a résidé avec sa femme et ses deux filles. En mars 2016, ses enfants ont été retrouvés assassinés, et son ex-épouse Sofia Tsygankova, pianiste, arrêtée pour homicide. » (Wikipédia)

Prelude in E Minor, BWV 855a (arr. A. Siloti for piano)
https://www.youtube.com/watch?v=EVQovDxq5dQ

Phil dit: 13 septembre 2018 à 8 h 14 min

Bel échange musilien qui mériterait de prendre un café aussi bien mélangé sur la terrasse de l’hôtel Kvarner à Abbazia, où valsent en silence les généraux de la guerre de quatorze. Ouverte sur la plus belle baie austro-hongroise, à gauche Fiume unique port adriatique hongrois que regrette aujourd’hui un pays sanctionné par les fonctionnaires apatrides de Bruxelles, à droite l’Istrie qui cache Trieste et ses banquiers mâtés par la bora.

Lavande dit: 13 septembre 2018 à 8 h 14 min

La RDL est quasiment comme l’empire de Charles Quint : le soleil ne s’y couche jamais et les commentateurs non plus.

Chaloux dit: 13 septembre 2018 à 8 h 06 min

Larousse.
Cet article est extrait de l’ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Procédé de composition consistant à répéter inlassablement une cellule de base, généralement de quatre ou huit mesures, souvent une descente chromatique, qui demeure inchangée tandis que les autres parties se modifient.

Le procédé de la basse obstinée est donc différent de celui du « thème varié » (→ VARIATION), encore que la confusion ait parfois été faite (par exemple, les Variations Goldberg de J. S. Bach ne sont pas des variations à proprement parler, mais une suite de compositions distinctes sur une même basse obstinée). Le plus ancien exemple connu est sans doute le pes ou « pédale » de trois notes qui soutient sans arrêt le canon Sumer is icumen in dans le « chant du coucou », noté vers 1300 au monastère de Reading en Angleterre. Au xvie siècle, la basse obstinée devint le signe distinctif de certaines danses, dont chacune possédait son schéma mélodique propre : passamezzo, romanesca, follia. Au xviie et au xviiie siècle, la basse obstinée fut le terrain d’élection de la chaconne et de la passacaille. La chaconne servit souvent de cadre, en France, au « grand ballet » des finales d’opéra ; mais elle y abandonna plus d’une fois son ostinato au cours des différents couplets, pour ne le retrouver qu’au refrain. Dérivé de la chaconne, le ground anglais fit de la basse obstinée, notamment dans l’opéra, un emploi pathétique dont l’exemple le plus célèbre est celui des adieux de Didon dans Didon et Énée de Purcell. Avec ses Variations Goldberg pour clavecin, sa chaconne pour violon seul et sa Passacaille et fugue pour orgue, J. S. Bach donna à la basse obstinée une ampleur inconnue jusqu’à lui. À l’époque classique, la basse contrainte tomba quelque peu en désuétude, mais les romantiques y firent de temps à autre des emprunts de caractère quelque peu archaïsant (Brahms, finale de la 4e symphonie). Elle semble avoir repris vigueur au xxe siècle (Webern, Dutilleux, etc.) ; mais la scène de Wozzeck intitulée par Alban Berg Passacaille ne se rattache que d’assez loin aux normes du genre.

Chaloux dit: 13 septembre 2018 à 7 h 54 min

Pablo, le ground, c’est la basse obstinée, l’ostinato, une suite de notes ou d’accords sur laquelle improvise l’instrumentiste.
Le Canon de Pachelbel est bâti sur un ground, une basse obstinée.

https://www.youtube.com/watch?v=-eAGt2RVAXI

(On en peut pas dire que la suite de Croft soit l’original, étant donnée la différence d’âge entre lui et Purcell).

vedo dit: 13 septembre 2018 à 3 h 45 min

23h45-55.
Jamais lu une ligne de Musil mais ces échanges me feraient ouvrir enfin le livre qui attend depuis longtemps sur un rayon, si j’en avais le temps. (Plus tard, à la retraite). On peut aussi mentionner le film de Schlöndorff, avec Mathieu Carrière qui y fut parfait. Le collège des Jésuites de Vannes semble avoir joué un rôle pour les deux, VS et MC. La mystique sans Dieu, c’est quand même un peu plus compliqué il me semble, mais cela me fait un peu penser à l’histoire de la dame (pardon) et du chef d’orchestre, à peu près:
– Oh maestro, j’aime tellement vous entendre, mais puis-je vous demander, je n’aime pas du tout Mozart. Que puis-je faire?
– Rassurez-vous Madame, cela n’a aucune importance.

P. comme Paris dit: 13 septembre 2018 à 2 h 25 min

Même les chevaux comprennent Malaparte.
Ils se dressent, encore figés,
et vous fixent de leurs yeux morts.

hamlet dit: 13 septembre 2018 à 1 h 12 min

Malaparte n’est pas du tout évincé par Musil.

Malaparte est même un des personnages de l’Homme sans Qualités.

hamlet dit: 13 septembre 2018 à 1 h 08 min

l’inverse pour moi, la première partie de l’hsq j’y nageais comme un poisson dans l’eau, aidé par Bouveresse, Cometti, le Ridder et les autres j’ai essayé d’apprendre à comprendre, l’empirisme logique de Mach, le scepticisme humien etc… je pense avoir compris où Musil voulait en venir, j’ai aussi compris qu’il appartenait au cercle de Vienne, ceux qui, en fuyant le nazisme ont inventé la philsophie moderne, Musil y figurait au titre très spécial de « seul écrivain » ayant appartenu à ce mouvement de pensée, j’ai compris que dans cette transformation rapide qui avait fait de Vienne, cette vieille ville d’un empire de l’ancien monde, la capitale de la pensée moderne, Musil appartenait à l’avenir, que Musil avait représenté cette opportunité offerte à l’occident de vivre une modernité apaisée, capable de faire le lien entre la tradition ancienne et la vie moderne, tout ça je l’ai compris, ce que j’ai pas compris c’est ce basculement dans cet autre monde, parce que Musil n’est que ça, s’il fallait le résumer en un seul mot ce serait « basculement », je crois que ce chemin qu’il a essayé de suivre, qui l’a mené sur cette île ensoleillé, n’était rien d’autre qu’un chemin intérieur, un chemin de l’âme, cette île ensoleillée n’existait sur aucune carte, pas question d’y réserver un hotel pour y passer ses vacances, non cet endroit n’existait qu’au fond de lui, un endroit qui s’était construit lors de la première guerre, dans le fracas, dans les tranchées au milieu des cadavres, j’imagine que ce lieu est celui auquel nous aspirons tous, je n’ai jamais cru une seconde que cette oeuvre était restée inachevée, je crois que c’est juste à chacun des lecteurs de la mener jsuqu’à son terme. Je pense avec Benjamin qu’il ne peut y avoir de livre qui puisse sauver les êtres, le lecteur est toujours voué à être sacrifié à sa lecture, en vérité je n’en sais rien, sans doute un mail génie a-t-il inventé le livre pour nous enfumer.

Ort dit: 13 septembre 2018 à 1 h 00 min

Ai relu du coup le texte de Bruce Chatwin, dans Anatomie de l’Errance, sur ces quelques écrivains excentriques qui ont laissé à Capri leur trace en y construisant leurs « villas de rêve »: Adelsward-Fersen, Axel Munthe, Malaparte.
Chatwin est aussi de l’avis que la villa est une bonne clef pour comprendre l’énigmatique écrivain qu’est Malaparte, et y voit le parfait reflet de sa personnalité comme de sa vie.

« Casa Con Me, avec son extraordinaire vue sur la mer, le ciel et les rochers, avait pour but de satisfaire son « envie mélancolique d’espace » et, en même temps, de reproduire, en plus grandiose et selon ses propres critères, les conditions de son exil sur l’île de Lipari. Ce devait être le bunker-monastère d’un homme qui avait affronté seul les dictateurs – une casamatta, un « blockhaus » ou une « maison de fou », selon la façon dont on interprète le mot en italien, une demeure du siècle des machines qui préserverait néanmoins les plus anciennes valeurs du monde méditerranéen. Contrairement aux temples « apolliniens » de la Grèce classique, avec leurs forêts de colonnes et leurs « toits posés du dessus », ce bâtiment devait s’élever de la mer même, comme un sanctuaire minoen.
Les murs étaient couleur de sang de taureau, les fenêtres semblables aux hublots d’un paquebot. Une volée de marches inclinées, en forme de coin, menait comme une voie sacrée, sur le toit en terrasse. Là, chaque matin, Malaparte se livrait à une séance rituelle de gymnastique, tandis que les femmes qui étaient amoureuses de lui le regardaient du haut des falaises.
[…]
Au-delà se trouvaient les appartements de l’écrivain et la « chambre de la favorite », chacun avec sa salle de bain de marbre gris veiné qui aurait convenu pour l’assassinat d’Agamemnon. Malaparte semble avoir traité le sexe comme quelque chose de solennel et de sacramentel. Dans la chambre de la favorite, le double lit est placé contre un simple mur lambrissé et ressemble à un autel de monastère cistercien. Le bureau aussi, malgré son poêle de faïence, son tableau représentant des femmes éthiopiennes et son sol fait de carreaux décorés de la lyre d’Orphée, est empreint d’une atmosphère liturgique. C’est dans cette pièce, en septembre 1943, que Malaparte acheva Kaputt qu’il présenta comme un « livre horriblement gai et épouvantable » et qui le rendit célèbre hors d’Italie. »

P. comme Paris dit: 13 septembre 2018 à 0 h 25 min

Méa Coulpa,
méa coulpa,
bon enfin quoi :
Adjouvat sévérissime
quoué maloductionnum
Lavande Iskandar cornu
Déus a été
D’ici de là
DHH moïsaum cornitéus
Davidum passant par là !.
Ad et subséquemment,
dixit :
Méa coulpa.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 23 h 58 min

@gisèle dit: 12 septembre 2018 à 23 h 40 min

« *je cherche désespérément Malaparte..apparemment il s’est fait la malle,évincé par Musil »
Ah oui, c’est vrai ! Malaparte ? Je l’ai complètement oublié…
Bon, il est temps de laisser la place.
Bonne soirée.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 23 h 55 min

Ah, nous sommes d’accord ! complètement, hamlet.

« avec surtout le projet de se passer de Dieu !
d’où la phrase importante vol 2 chap 99 :
« Agathe et Ulrich étaient tombés sur un chemin qui évoquait souvent les préoccupations des possédés de Dieu, mais ils le suivaient sans être pieux (…) ils étaient tombés sur ce chemin en hommes de ce monde, et ils le suivaient en tant que tels : tout l’intérêt de l’aventure était là »
Musil voulait réussir à trouver à un équilibre parfait dans les vicissitudes de l’homme « moderne » entre la rationalité et le besoin naturel de transcendance.
J’ai évoqué une fois avec amie « croyante » qui m’est chère de cette possibilité d’un « mysticisme sans Dieu », inutile de vous dire qu’elle a très mal réagi, pour elle cela relève d’une confusion des genres et de l’esprit chez les athées : là où il y a « mysticisme se cache toujours Dieu, sauf que les non croyants ne le voient pas. »

Elle avait tort, c’est vous qui avez raison. Je l’ai compris ainsi.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 23 h 51 min

J’ajoute , hamlet, que le premier livre n’est pas marqué par l’émotion mais par un goût de l’analyse, un tome qui m’a paru d’une grande sécheresse. C’est parfois lourd, trop plein, une série de compilations. Une galerie de personnages : Arnheim, Walter, Clarisse, Diotime, Stumm, Moosbrugger et à travers eux le commerce, la politique, la diplomatie, la psychiatrie, la justice dans cette Europe finissante au début du vingtième siècle avant la première guerre mondiale, à Vienne en Cacanie (Autriche)…. Ulrich les rencontre, se pose des questions, est indécis, ne peut choisir, il doute, il est nonchalant, ne passe jamais à l’action, sent venir la barbarie et l’impuissance des intellectuels devant elle. et là il devient cynique. Tout pour lui est désillusion.
Aussi ai-je aimé ce qui est nouveau, ardent, dans l’aventure d’Ulrich au deuxième tome, dans une approche qui reste inachevée, avec Agathe. « La constellation du frère et de la sœur (…) Dans plus d’une existence, la sœur irréelle, imaginaire, n’est rien d’autre que la forme juvénile, insaisissable, d’un besoin d’amour… » et Diotime, sa cousine, qui plaît aux deux hommes, Ulrich et Arnheim.
Dans ce roman (d’ailleurs est-ce un roman ?) on ne cherche pas une fin, on vagabonde… On suit le chemin que Musil a tracé.
J’avais beaucoup aimé le découvrir dans « les Désarrois de l’élève Törless », son premier roman et dans ses « Nouvelles pré-posthumes ».

hamlet dit: 12 septembre 2018 à 23 h 45 min

christiane dit: 12 septembre 2018 à 23 h 00 min

je crois que Jaccottet a dit au sujet du basculement dans la seconde partie (relation Ulrich / Agathe) qu’on arrivait enfin là au coeur des choses.

je crois que Jaccorttet a vu juste : cette secon de partie est l’aboutissement (logique?) de tout ce qui précède.

Il me semble que c’est là une préoccupation de Musil que l’on perçoit déjà dans Törless : comment faire tenir d’un côté quelque chose qui relèverait de la modernité « technique » ou « scientifique », et de l’autre une aspiration de l’être à… comment dire ? un mysticisme ? une transcendance ?

et ce serait absolument faux de dire que dans le vol 1 ces préoccupations ne sont pas là : déjà avec Bonadéa on le problème de la vision « concave » et la vision « convexe », incarnant ces deux aspirations humaines : l’une tournée vers le « dehors », et l’autre tournée vers le « dedans ».

De même pour Chesterton ! il est là dès le début, et l’on voit d’emblée le merveilleux cohabiter joyeusement avec le rationnel !

ce n’est qu’à la fin que Musil se livre à une véritable « phénoménologie d de l’extase ou de la béatitude ».

avec surtout le projet de se passer de Dieu !

d’où la phrase importante vol 2 chap 99 :

« Agathe et Ulrich étaient tombés sur un chemin qui évoquait souvent les préoccupations des possédés de Dieu, mais ils le suivaient sans être pieux (…) ils étaient tombés sur ce chemin en hommes de ce monde, et ils le suivaient en tant que tels : tout l’intérêt de l’aventure était là »

Musil voulait réussir à trouver à un équilibre parfait dans les vicissitudes de l’homme « moderne » entre la rationalité et le besoin naturel de transcendance.

J’ai évoqué une fois avec amie « croyante » qui m’est chère de cette possibilité d’un « mysticisme sans Dieu », inutile de vous dire qu’elle a très mal réagi, pour elle cela relève d’une confusion des genres et de l’esprit chez les athées : là où il y a « mysticisme se cache toujours Dieu, sauf que les non croyants ne le voient pas.

Musil ne l’a-t-il pas vu ?
Pourtant ses premières citations faisant référence à ce mysticisme sont tirées des « confessions extatiques » de Martin Buber !

à quel jeu joue-t-on ?

et qui se trompe vraiment dans cette affaire ?

J’avoue qu’il y a vingt ans, je n’aurais jamais pensé avoir à me poser des questions pareilles…

gisèle dit: 12 septembre 2018 à 23 h 40 min

@Lavande 18h04. Je n’en ai jamais douté! Merci vous avez de l’humour.

*je cherche désespérément Malaparte..apparemment il s’est fait la malle,évincé par Musil.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 23 h 07 min

@Chaloux dit: 12 septembre 2018 à 21 h 03 min

« Qu’est-ce que lire un texte d’une façon convaincante? Il y a de ces choses qui m’échapperont toujours… »
Oui, bonne remarque. Mais comment exprimer cette certitude que la voix de Daroussin doit apporter un souffle au texte lu ? d’une façon…. Quel terme utiliseriez-vous ?

christiane dit: 12 septembre 2018 à 23 h 03 min

« Halb l’autre moitié », il y a un livre et un CD audio. La lectrice était Elsa Zylberstein. »
Merci, Lavande .

christiane dit: 12 septembre 2018 à 23 h 00 min

Ah, bonsoir, hamlet. Bien d’accord avec vous. L’unité est dans le personnage d’Ulrich qui traverse la totalité de ces deux volumes. Mais il est très différent dans le deuxième livre. Il cherche un absolu sans Dieu. J’ai beaucoup pensé au Mythe de Platon. Cet homme scindé en deux qui chercherait sa moitié pour se retrouver « un » comme à l’origine. Je n’ai jamais pensé à un couple incestueux entre frère et sœur. Agathe est une métaphore. Lui est réel, elle non, née de son imagination, sa sœur imaginaire, celle qu’il n’a jamais connue et qui le hante. (Je sais le vide vertigineux que laisse un frère ou une sœur, mort avant que l’on soit né…). Enfin, c’est comme cela que je vois sa présence coïncidant avec la mort du père.
Le premier livre est très complexe, il m’a moins captivée sauf les premières pages où on comprend qu’il est perdu, qu’il ne trouve pas sa place ni son identité dans cette ville, dans ce temps, au milieu d’hommes qu’il ne comprend pas.
Pour moi, il trace sa route au-delà du deuxième livre…
Mais vous avez raison, on revient à ce roman, encore et encore et on tente une nouvelle lecture comme l’ascension d’un pic imprenable. On cherche une nouvelle voie pour grimper…

christiane dit: 12 septembre 2018 à 22 h 47 min

@Lavande dit: 12 septembre 2018 à 21 h 57 min
Oui, les 40 premières pages. C’est bien que le texte ne soit pas entier pour acheter le livre. Merci. Je les ai imprimées, c’est plus facile de lire sur papier que sur un écran d’ordi !

hamlet dit: 12 septembre 2018 à 22 h 47 min

@christiane, pour l’hsq, deux livres différents ? beaucoup penchent pour ce problème d’édition : pourquoi ne pas l’avoir édité en deux livres ? (Duras n’aurait alors aimé que le second)

Frisé était proche (plus que Martha ?) des intentions de Musil, et il est évident que pour ce dernier, sa seule obsession était d’arriver à intégrer ses derniers textes (fragments, ébauches) au texte (où s’arrête-t-il ?)

Cometti (pour moi il reste un des meilleurs musiliens français) dit qu’au lieu de parler d’oeuvre inachevée, il faudrait parler d’oeuvre « sur saturée ».

Musil fonctionnait de cette façon, plusieurs textes dans des cahiers différents, des notes, des fragments etc…

en ce sens l’auteur le plus proche de Musil est sans aucun doute Wittgenstein !

qu’importe ! pour moi, la plus belle réussite de Musil aura été de faire un « roman » à l’image de son « héros » : un « roman sans qualités » !

comme il le voulait d’Ulrich, ce livre est un livre improbable ouvert à tous les possibles…

et s’il existe une seule chose qui reste inachevée, ce n’est certainement pas le roman lui-même, mais bien sa lecture !

il lui a fallu que quinze ans pour l’écrire ? il faudrait plusieurs vies pour le lire.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 22 h 24 min

Crotte et zut, qu’il ne lui est rien arrivé. Malgré tout les efforts cela reste pitoyable sincère néanmoins.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 22 h 21 min

D, pour rire et en désespoir d’amant je pensais l’autre jour qu’autant certaines femmes passent leur temps à s’habiller jusqu’en dessous pour se déshabiller finalement autant je connais le chemin inverse, je ne porte pas de culotte en revanche les couches supplémentaires acquises en rien ne peuvent le laisser deviner et aucun agent en vue pour vérifier mon attirail. Là encore, c’est pitoyable.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 22 h 15 min

Claudio, le phénomène est planétaire, bien sûr que oui on a peur, tout le monde ne sera et n’est pas bénéficiaire. Cela constitue une raison supplémentaire de s’immerger dans d’autres mondes que celui tangible qu’on nous concocte et nous sert avec notices explicatives.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 22 h 11 min

J’espère qu’Anne Lise est tout simplement trop occupée par un projet d’écriture et qu’il ne lui a rien arrivé de mal.

Jean Langoncet dit: 12 septembre 2018 à 22 h 11 min

Viens de traverser la pièce où la télé diffuse La grande librairie. Nouvelle grille. Tout le monde ronque. C’est pourtant excitant la culture

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 22 h 02 min

Et peut être cela vous étonne t il mais c’est pourtant la dénomination qui était notre sur l’étiquette, je n’ai pas pour habitude de raconter des billevesées , la marque a peut être menti mais pas moi. Le tissu n’était pas aussi rigide que les bavaroises, il existe sûrement de nouvelles interprétations de la formule laine bouillie. Années 96 98. Chère lavande dans les champs.

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 21 h 46 min

Bételgeuse, une robe en laine bouillie ça m’étonne parce que c’est un tissu épais et pas très souple. C’est plutôt utilisé pour des manteaux ou des vestes.

Christiane, pour le précédent spectacle, « Halb l’autre moitié », il y a un livre et un CD audio. La lectrice était Elsa Zylberstein.

Je vous préviendrai quand il le feront pour  » loin de Garbo ». Je crois que c’est en cours.

Claudio Bahia dit: 12 septembre 2018 à 21 h 32 min

@ Janssen J-J à14 h 11
merci pour cette réponse très circonstanciée (même terme en portugais) sur Gilles Lipovetsky, même si j’ai dû me concentrer pour vous lire. Je vous avoue ne pas avoir compris la phrase: « Tel un second couteau mafessolien, il ne sortait plus guère de sa dépression germanopratine, un peu comme celle de son collègue Ehrenberg dans un autre registre, ou celle du regretté Paul Yonnet, un autre de ses collègues estimés… » Il y a là des termes et des personnes que je ne connais pas.
Votre remarque: « …avec quelques mots d’accroche supposés signer le caractère branchément décontracté… » correspond exactement avec ce que j’ai lu ici; il a dit en introduction: « Estamos vivendo uma crise de civilização » et aussi « Estamos perdidos » (nous sommes perdus).
Cependant, cet hypermodernisme, culte du bonheur à tout prix, hyper-individualisme, domination de la finance sur la politique, disparition de l’Etat , tout cela ne vous fait-il pas peur? à vous Janssen, et à vous autres français.
Je n’arrive pas à comprendre comment la France puisse encore rester la championne européenne du taux de natalité et en même temps être confrontée à une telle « disharmonie » sociétal (si le terme existe)
Je répète ici que je ne suis pas un littéraire, je n’ai fait ni Lettres ni Philosophie, et que je ne peux rien apporter ici dans ces domaines

christiane dit: 12 septembre 2018 à 21 h 24 min

Jean Langoncet dit: 12 septembre 2018 à 21 h 08 min

« ON A VU « MADEMOISELLE DE JONCQUIÈRES »… ET ON A ADORÉ
CINÉMA – PAR SOPHIE AVON »
super !!!

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 21 h 22 min

Closer, les curés impuissants représentent un risque, se méfier des virgules qui cherchent dans la déviance un moyen de puissance. C’est quelquefois tout ce qui leur reste et la foi ne les sauve pas de la tentation du mal.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 21 h 19 min

16h04 j’ai dû avoir un truc dans ma garde robe confectionné dans ce textile. Pas beaucoup porté, je l’ai jeté. Il était d’une couleur chamois, une espèce de longue robe boutonnée .

closer dit: 12 septembre 2018 à 21 h 15 min

Annibal, avec Delaporte vous pourriez créer une association des amis du Pape François et puis vous faire moines une fois les tentations de la chair éteintes par l’âge…

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 21 h 11 min

Christiane, ma mémoire n’oublie pas tout. Et puis quand un besoin apparaît et qu’elle me fait défaut il y ces machines dont tous sommes équipés et qui supplée. Mais de ces films , je me souviens , mémoire visuelle qui elle non plus n’est pas sans me trahir, voire ce qu’il me reste des Bergmann que j’ai vus il y a trente cinq ans. C’est pitoyable !

Jean Langoncet dit: 12 septembre 2018 à 21 h 08 min

ON A VU « MADEMOISELLE DE JONCQUIÈRES »… ET ON A ADORÉ
CINÉMA – PAR SOPHIE AVON

(l’accès à la RdC fonctionne normalement pour qui veut, sauf semble-t-il avec Safary et les appareils à la pomme croquée qu’il équipe)

Claudio Bahia dit: 12 septembre 2018 à 21 h 04 min

@ Christiane:
merci à vous pour le lien sur Gilles Lipovetsky. Ce que dit ce texte sur ce philosophe correspond exactement avec les thèmes abordés dans l’article de ce jour du Correio da Bahia.
J’en ai appris ainsi un peu sur ce philosophe.
encore merci

christiane dit: 12 septembre 2018 à 21 h 01 min

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 19 h 54 min

« Y a-t-il un texte qui traverse l’œuvre ? Qui est le lecteur ? »
Oui et c’est Jean-Pierre Darroussin » !
Alors là, c’est une joie. Sa voix est extraordinaire. Il doit lire le texte d’une façon convaincante. A défaut de voir le spectacle, y a-t-il un CD ou un DVD ?

Chaloux dit: 12 septembre 2018 à 21 h 00 min

Est-ce que Musil n’est pas mort dans sa salle de bain?

Ed, ton petit miaulement me fait grand plaisir.

Quant à Lavande, elle pourrait être bête comme chou, ce qui n’est évidemment pas le cas, ça ne changerait pas grand-chose. Elle respire la bonté, c’est le plus important.

En descendant en Italie avec Musset, pour y vivre la tragi-comédie que l’on sait, George Sand rencontre Beyle :« Le fond de son esprit trahissait le goût, l’habitude ou le rêve de l’obscénité ».

christiane dit: 12 septembre 2018 à 20 h 58 min

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 30 min
Belle mémoire ! de grands films que j’ai vus et appréciés mais ce film « Mademoiselle de Joncquières » a un charme fou ! Allez le voir et oubliez Diderot, entrez dans le film sans résistance et laissez-vous mener par ces quatre acteurs formidables et le beau travail d’Emmanuel Mouret.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 20 h 53 min

@Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 48 min
Ce n’est pas grave. « Légende » pouvait faire croire que ce n’était pas vrai que le roman était inachevé. J’aurais dû le dire autrement. Cela nous aura permis d’échanger sur Musil et « L’homme sans qualités » et ça c’est une joie. Bonne soirée, Bérénice.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 48 min

Christiane, je n’ai pas su étendre votre  » cela fait partie de la légende ». Je l’ai compris au pied de la lettre vraisemblablement parce que moins infusée que vous de littérature.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 45 min

Quant au Diderot, j’ai préféré Le neveu de Rameau, peut être fera t il à l’avenir d’un tournage dans le genre de celui qui fut extrait du Misanthrope. Deux personnages .

christiane dit: 12 septembre 2018 à 20 h 41 min

@Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 33 min
Mais Bérénice, bien sûr que le roman est inachevé, tous les lecteurs de l’œuvre le savent. Quand je dis que cette fin impossible participe à la « légende » du livre c’est qu’il est difficile d’imaginer une fin à ce roman… inachevable.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 40 min

Merci Christiane, vous m’avez donné envie d’achever cette lecture. Je m’y sens prête. Cela m’évitera de peiner sur Le jeune Joseph et qui je crois ne s’accorde pas à mes dispositions actuelles.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 20 h 33 min

Pour Bérénice :
recopié sur un numéro du « Matricule des anges » :
« Martha Musil, quelques mois après la mort de son mari, avait confié dans une lettre :  » Les derniers temps, il se demandait s’il devait terminer le roman, comme il en avait l’intention depuis toujours ou bien l’interrompre à un moment donné et écrire la postface, la conclusion d’Ulrich (de l’Ulrich vieilli qui a vécu la Deuxième Guerre mondiale), puis passer aux aphorismes, pour lesquels il avait fait nombre de travaux préparatoires et grâce auxquels il voulait renouer avec la vie actuelle.  » Sentait-il son roman glisser insensiblement vers l’essai ? Jusqu’alors, il avait toujours tenté de faire contrepoids grâce à des  » scènes vivantes et un certain fantastique passionnel « , mais les  » scènes  » le laissaient de plus en plus insatisfait. Pendant plus de vingt ans (les premières ébauches du  » Voyage d’Anders et d’Agathe  » dataient des années vingt), il avait oscillé entre les représentations d’un improbable paradis, revenant sans cesse sur le motif, cheminant de l’île au jardin, de la lumière méditerranéenne à l’ombre douce des arbres, de l’éblouissement de la mer à la  » ronde profondeur d’un jour d’été « , du soleil implacable au  » souffle  » tiède faisant tomber une neige de fleurs fanées sur la pelouse de la maison, autant de lieux métaphoriques propres à nourrir l’enthousiasme.  » L’enthousiasme  » était cette quête sur laquelle s’achevait la première partie de ce deuxième volume, l’enthousiasme, c’est-à-dire  » l’état où tous les sentiments et toutes les pensées coïncident dans un même esprit.  »
N°059 – janvier 2005 – Béatrice Commengé

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 33 min

Ce n’est pas moi qui le dit mais les notes en fin de livre qui attestent d’une volonté, d’un projet pour lequel l’auteur n’a pas eu assez de temps afin de l’aboutir.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 30 min

18h46 il est vrai qu’outre la langue ces films  » d’époque  » nous sont livrés comme de véritables tableaux, avec un chatoiement des costumes et un travail sur la lumière prodigieux . Parmi ceux que j’ai beaucoup aimé, la jeune fille à la perle, Les Liaisons dangereuses, Ronde de nuit , Meurtre dans un jardins anglais et plus récemment Les adieux à la Reine ainsi que La belle personne. Mes préférence pour le tableau vont à La Ronde de nuit et à La jeune fille à la perle. Stanley Kubrick quant à lui éclaira son filmage de Barry Lindon aux chandelles par perfectionnisme. http://www.diptyqueparis-memento.com/fr/histoires-bougies-barry-lyndon/

christiane dit: 12 septembre 2018 à 20 h 17 min

@Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 19 h 59 min
Merci, Bérénice. Les deux ne sont pas contradictoires. Comme vous le dites, il était en travail de continuation et de relecture du tome 2.
Un merveilleux livre qu’on n’épuise jamais…

christiane dit: 12 septembre 2018 à 20 h 14 min

Lavande – 13h54
Connaissez-vous cet album :
https://sigridbaffert.net/krol-le-fou-qui-ne-savait-plus-voler/
Je l’ai beaucoup apprécié et offert à un enfant qui aime les oiseaux de mer.
Elle est douée.
D’elle aussi,
une chanson/poème, interprétée par Reggiani, que j’ai offert à un ami de l’atelier gravure (gardien de musée au Louvre) : « Ballade pour une gardienne de musée » (le lien suit car si on en met deux, ça ne passe pas !)

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 20 h 13 min

Jazzi, à propos du travail des costumieres, elles sont récompensés chaque année à la cérémonie des Cesars, l’an passé c’est Mimi Lempicka pour Au revoir là haut qui remporta la statuepour le cinéma. Au théâtre, leur travail est récompensé par un Moliere regroupant tout ce qui concerne l’angle visuel de la création. Scénographie, costumes, lumières.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 19 h 59 min

Christiane, dans cette édition qui est la mienne, dans un traduction de Philippe Jaccottet, il est annoncé en guise de présentation … Il quitte Berlin pour Vienne d’abord, puis en 1938 il s’exile en Suisse, à Zurich et à Genève enfin où il meurt subitement en1942, pauvre, oublié, en laissant inachevé L Homme sans qualité.Il a laissé également un important journal, des aphorismes, discours et essais . Page 1289, vingt chapitres donnés à l’impression en 37-38, ces chapitres sont ceux que Musil avaient retirés après les avoir donnés à l’impression en 37-38 et qu’il avait conservé depuis ce temps là, dans l’intention de les retravailler en fonction des exigences qu’entraîner ait l’élaboration de la dernière partie du roman. Martha Musil, la veuve de l’écrivain, les publia à Lausanne en 1943, sous le titre Der mannohne elgenschaffen auscdem nachlass, herausgeben bon Mot M. Dans cette édition, les vingt chapitres faisaient partie d’un premier bloc de vingt quatre, complété par un choix d’autres chapitres présentés comme appartenant à la partie finale. Collection point.

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 19 h 54 min

Christiane je n’ai pas répondu à votre question: « Y a-t-il un texte qui traverse l’oeuvre ? Qui est le lecteur ? »
Oui et c’est Jean-Pierre Darroussin  » !

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 19 h 36 min

« tu es un spectateur exigeant ! »

Mes goûts sont éclectiques et je peux être aussi un spectateur bon-enfant, Christiane.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 19 h 21 min

@Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 19 h 05 min
Ce n’était pas gagné d’avance. Pour moi, cela a été réussi quand j’ai oublié que je vivais dans notre temps. Tout devenait naturel et j’étais avec eux derrière l’écran. J’ai hâte d’avoir ton avis car tu es un spectateur exigeant !

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 19 h 05 min

Bien sûr que les films en costumes sont recommandés aux costumières telle Lavande. Mais le plus intéressant c’est de voir le travail actuel, moins visible, dans les films et les pièces d’aujourd’hui. J’ai été fasciné par les costume de l’héroïne du film « Invasion », du japonais Kurosawa, sorti la semaine dernière !

D. dit: 12 septembre 2018 à 18 h 50 min

Et pour terminer, le Panthéon je n’en veux pas, pour personne, mais si j’ai à choisir entre Veil et Hugo, je choisis Hugo.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 18 h 46 min

@Lavande dit: 12 septembre 2018 à 15 h 55 min
Merci, Lavande pour ces éclaircissements. Cela donne encore plus de prix à votre vidéo et au manteau jaune moutarde en laine bouillie !
J’ai vu cet après-midi, un très beau film qui est sorti aujourd’hui « Mademoiselle de Joncquières » d’E.Mouret. Allez le voir à Grenoble, vous l’aimerez pour plusieurs raisons. L’histoire est tirée d’un des épisodes de « Jacques le fataliste et son maître » de D.Diderot. Mouret a choisi de garder la langue du XVIIIe et c’est un bonheur, comme un autre bonheur : les décors, les objets. Bonheur aussi du chatoiement des soies, des velours changeants, des dentelles des costumes. Bonheur encore de ce texte, de la langue qui semble couler de source, de ces silences, de ces regards, de la musique dans laquelle baigne le film. Élégance, délicatesse sur fond de turpitides bien portées par Cécile de France dans le rôle de Madame de Pommeray : rancunes, jalousie, orgueil blessé et ses scrupules sont vite absorbés par son plan diabolique. E.Baer est parfait en marquis des Arcis, libertin, mais pas trop, à la recherche de l’amour absolu et Alice Isaaz, tellement vulnérable et droite dans cette « mademoiselle de Joncquières ».
Un très grand bonheur de cinéma.

D. dit: 12 septembre 2018 à 18 h 44 min

Mais mon vieux Pablo, la construction européenne je n’en ai jamais voulu. C’est sa déconstruction que je veux. Et la Shoah fut une chose évidemment abominable, dont le régime allemand nazi est responsable, régime mis en place par le PEUPLE ALLEMAND dans les années 30, voulu par plusieurs suffrages démocratiques.
Je ne me trompe pas ? C’est bien comme ça que ça s’est déroulé ? Des fois que je pratiquerais le négationnisme sans m’en rendre compte ?

D. dit: 12 septembre 2018 à 18 h 35 min

Moi je ne suis pas Németh mais je considère qu’on a encore le droit de ne pas apprécier Simone Veil. Ceci est en ce qui me concerne totalement indépendant de sa judeité.
Je ne suis tout simplement pas d’accord avec la cause qu’elle a defendue : l’avortement. On a heureusement encore le droit de l’exprimer. Pour combien de temps encore dans ce pays qui glisse lentement dansle totalitarisme de la pensée et la dictature des minorités, c’est une autre affaire. Alors je n’aurais plus qu’à me rallier à une minorité bien pensante et je serai sauvé, la conscience intranquille. Pourquoi pas si c’est la mode ?

christiane dit: 12 septembre 2018 à 18 h 31 min

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 14 h 27 min

« le deuxième tome n’est pas achevé ».
Oui, ça fait partie de la légende de ce roman. Le 15 avril 1942, il travaillait sur le « Souffle d’un jour d’été », l’un des chapitres inachevés… le 55e, loin du chapitre 127 (le dernier du tome 2). C’est celui où il évoque une neige en fleurs qui flotte dans le soleil, sur les arbres d’un jeune été, dans un jardin. Agathe et Ulrich sont étendus sur l’herbe, en silence. Musil écrit :  » les cœurs comme arrêtés, comme retirés de la poitrine. Agathe dit : « Est-ce toi, ou n’est-ce pas toi ? je ne sais où je suis… » et un peu plus loin, Ulrich est évoqué, regardant « la neige des fleurs poursuivant son chemin sans but ; comme ses pensées et ses souvenirs… »
C’est dans ce travail de réécriture, cette neige de fleurs que la mort est venu à sa rencontre… chemin des Clochettes, à Genève.
Avait-il trouvé comment vivre ?

D. dit: 12 septembre 2018 à 18 h 27 min

Jazzi, Edwige n’est pas du genre à revenir sur une décision. Ce n’est sûrement pas elle.
D’ailleurs je ne l’ai absolument pas reconnute.

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 18 h 25 min

Jazzi vous donnez vraiment envie d’aller voir ce film.
J’envisage aussi de voir Mademoiselle de Joncquières : l’avez-vous déjà vu? J’aime bien Cécile de France.

Pablo75 dit: 12 septembre 2018 à 18 h 23 min

Je ne comprends pas pourquoi mon post ne passe pas. Je vais essayer en morceaux:

Edito
Simone Veil au Panthéon : un hommage tronqué ?
par Valérie Toranian

3 juillet 2018

Simone Veil incarnera à jamais la mémoire de la Shoah, l’engagement le plus fort des nombreux combats de sa vie. À travers elle, ce sont les 76 000 Juifs de France déportés, et pour la plupart exterminés, qui sont entrés au Panthéon lors de l’émouvant hommage rendu par la nation et le président de la République, dimanche 1er juillet. La patrie reconnaissante a salué celle qui, après la Shoah, à cause de la Shoah, deviendra notamment la plus ardente militante de la construction européenne.

http://www.revuedesdeuxmondes.fr/simone-veil-pantheon-hommage-tronque/

DHH dit: 12 septembre 2018 à 18 h 22 min

La veste en laine bouillie gansée d’une couleur contrastanyte c’était aussi , en teintes diverses ,une sorte d’uniforme des enfants des beaux quartiers,les enfants Bonpoint
*Cà l’est moins aujourd’hui ou le dress code pour franklin ou les oiseaux est plutôt le duffle -coat

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 18 h 18 min

« Je vais découvrir le film d’E.Mouret adapté, je crois, de Jacques le fataliste : « Mademoiselle de Joncquières ».

ça m’a l’air d’une sombre resucée des Liaisons dangereuse, Christiane. Rien à voir avec Jacques le Fataliste, hélas !

D. dit: 12 septembre 2018 à 18 h 17 min

Ah oui vous avez raison, Lavande. Je suis d’accord avec vous sur tout.

Cependant j’ai décidé de quitter ce blog et tenais à vous en faire part comme à toutes mes autres admiratrices et admirateurs.
C’est le fruit d’une décision mûrement réfléchie, à l’instar de celles de mon idole Alexandre.

Patrice Charoulet dit: 12 septembre 2018 à 18 h 16 min

Dictionnaires français unilingues

Chacun possède au moins un petit Larousse et un petit Robert, et connaît bien les avantages et les différences des deux plus célèbres dictionnaires généralistes de langue française.
Quelques-une possèdent peut aussi le grand Robert, en plusieurs volumes, où les citations sont évidemment plus nombreuses .
Tous les grands écrivains français du XXe siècle possédaient et ouvraient aussi le Littré. Son avantage principal est une masse énorme de citations des grands écrivains du XVII e et du XVIIIe.
Chaque article est généralement terminé par des citations de la Renaissance et du Moyen Age.
Un gigantesque dictionnaire plus récent (fin XXe) est le TLF (Trésor de la langue française). Il est d’une richesse inouïe. Quantité énorme de citations référencées, date, page. Il coûte une fortune en version papier. Mais, par bonheur, une version numérisée est accessible. Quand je lis un livre sur
Gallica ,c’est le TLF que je consulte dès que je veux éclairer un mot ou chercher les alliances possi-blesse de ce mot avec d’autres.
Le Littré avait un concurrent, peu connu, et pourtant très recommandable. C’est le dictionnaire général, de Darmesteter et Hatzfeld, en 2 volumes, chez Delagrave. Les citations sont très bien choisies chez les meilleurs auteurs français du XVIIe, du XVIIIe et du XIX e s.Elles sont moins nombreuses que celles du Littré., mais les définitions sont plus sûres .
On me dira peut-être que seul le dictionnaire de l’Académie devrait faire autorité. La difficulté, c’est que les académiciens français travaillent très lentement et que le dictionnaire paraît par morceaux, chaque tome étant séparé de l’autre par plusieurs années. L’nconvénient principal, à mes yeux, est qu’il ne contient pas d’exemples puisés chez les meilleurs écrivains des trois quatre siècles précédents, mais des exemples forgés par les seuls académiciens.
Il me semble important de posséder et de consulter un dcitionnaire de synonymes. J’en ai acquis plusieurs. Le meilleur, d’après moi, est celui de Henri Bénac, chez Hachette.Ne surtout pas acheter un dictionnaire de synonymes sans l’avoir ouvert. Certains se contentent d’aligner les synonymes !
Un vrai dictionnaire de synonymes distingue les nuances qui séparent des mots que l’on pourrait d’abord croire équivalents.
Dans certains cas, aucun dictionnaire courant ne répond à la question suivante : Puis-je dire ceci ou non ? Dans cette situation, la solution est de recourir à un dictionnaire de difficultés de la langue française. J’en ai trois ou quatre. Le meilleur me paraît être celui de Jean-Paul Colin, éd. Le Robert.
L’argot étant un continent à part, il est bon d’ouvrir un dictionnaire d’argot. J’en ai cinq. Et, in-croyablement, le meilleur, à mon humble avis, est celui du même Jean-Paul Colin, chez Larousse. Il contient l’étymologie de chaque mot, des citations d’auteurs usant de l’argot, et, à la fin, une liste de mots français avec tous les mots d’argot correspondants.
Ce qui suit est plus pointu.
Le dictionnaire de Furetière a été réédité en fac-similé par les éditions Robert.
Le dictionnaire de Richelet a été édité en fac-similé, en 2 t, par Slatkine Reprints.
Pour lire Montaigne, Rabelais, etc. il est bon d’avoir à portée de main le Dictionnaire du moyen français, de Greimas, Larousse . Très sérieux et riche en citations .
Enfin, le Vocabulaire juridique de Gérard Cornu, PUF, 862 p. volume relié, répondra à toutes les questions de langue que l’on peut se poser dans ce domaine. Il a été rédigé par une cinquante de profs de fac. Attention, il existe une version brochée, abrégée , qui est est à fuir.

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 18 h 10 min

« La Croix » sauve l’honneur de la corporation des critiques cinématographiques ! Tout est dit et bien dit ici…
https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Le-Pape-Francois-homme-parole-face-face-monde-2018-09-11-1200967850?from_univers=lacroix

Nous n’étions guère nombreux à le première projection de l’après-midi, dans la salle du multiplex de Bercy ! Trois pelés et un tondu, moi compris, et pratiquement que des séniors des deux sexes. C’est un très bon film, que j’ai apprécié de bout en bout. Win Wenders y donne exclusivement la parole au pape François. Que nous dit ce brave homme ? Que la terre (qu’il désigne toujours sous le terme de Terre Mère) va à sa perte. Le message est avant tout écologique. Juste avant qu’il ne prenne la parole, Win Wender nous avait gratifié d’un flash-back, en noir et blanc, d’un épisode de la vie de saint François d’Assise, en forme de clin d’oeil à Pasolini. Histoire de nous rappeler que c’est de ce saint François-là, que le pape porte à dessein le nom. Ensuite, il réapparaitra régulièrement, seulement en voie off (émouvante voie en langue française, douce et grave, du cinéaste) pour nous donner des précisions chiffrées du genre : 8 milliards d’habitants dont plus d’un milliard ne mange pas à sa faim. Tout le film est basé sur le face à face du pape et du spectateur du film. Il nous parle droit dans les yeux. Entre les interviews, on suit le pape sur le terrain : toujours dans les banlieues des villes improbables, en Amérique latine et en Afrique. On assiste à la mise en acte de ses paroles. Fini les falbalas des anciens protocoles : la limousine papale a été remisé au musée, dans le proche voisinage du pape démissionnaire. Le pape François va partout dans le monde, au plus proche des pauvres et des démunis, et leur dit des choses simples, claires, encourageantes. Sans oublier de laver les pieds d’un pauvre et de l’embrasser. Le pape fait bien son métier et tout ce qu’il dit est frappé au coin du bons sens. On le voit auprès des migrants ou bien à Washington où devant le Congrès il plaide pour l’interdiction des ventes d’armes. Le pape parle surtout d’amour. Croyant ou pas, nous sommes tous selon lui des frères humains. J’aimerais bien savoir ce qu’il a écrit dans la lettre qu’il a glissée dans une faille du Mur des Lamentations ? En gros, je suis à peu près d’accord sur tout ce qu’il a dit. Et en plus, il finit par nous livrer deux conseils : offrir en toutes circonstances son sourire aux autres et avoir le sens de l’humour. Il va même jusqu’à nous confesser que chaque jour, après ses neuvaines, il se récite une prière humoristique qui commence ainsi : « Seigneur donne-moi une bonne digestion et un petit quelque chose à digérer ! »
Comment ne peut-on pas aimer un tel pape ?
Allez voir le film !

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 18 h 04 min

Gisèle : excellent. Mais lui c’est bien un monsieur et moi je suis bien une femme.
DHH vous êtes trop gentille mais vous avez une grande tendance à l’exagération : il faut appliquer un très gros coefficient modérateur à ce que vous dites.
D. je suis désolée de vous décevoir: j’étais brune et au fur et à mesure que mes cheveux blanchissaient, je les ai fait teindre en châtain puis châtain clair, et là, depuis quelques mois j’ai pris une difficile décision: je les garde blancs. Mais j’en suis encore à me demander quand je me vois par hasard dans une glace: « c’est qui celle-là? ».
Pour ce qui est de la laine bouillie, D., je la vois plutôt comme un vêtement caractéristique des cathos intégristes genre sortie de la messe en latin à St Nicolas du Chardonneret: un style un peu bavarois… mais pas en jaune moutarde !

D. dit: 12 septembre 2018 à 17 h 02 min

Étonnamment je commence à apprécier certains aspects de Benalla. Son opinion concernant un certain nombre de sénateurs témoigne d’un jugement sûr.

Janssen J-J dit: 12 septembre 2018 à 17 h 01 min

Vous avez raison, Judith DHH (16.50), je partage votre analyse. Ce faisant, un seul point reste obscur : Lavande est-elle un homme ou une femme, de confession juive ou plus simplement de culture chrétienne, homo ou plutôt hétérosexuelle ? Comme vous le savez, seul importe apparemment ce type de questions sur le blog erdélien.

D. dit: 12 septembre 2018 à 16 h 51 min

La laine foulonnée est particulièrement inesthétique d’aspect, bonne pour les baba-cooles attardées portant des vieilles clarcks en daim beige et pourpre – et encore.

DHH dit: 12 septembre 2018 à 16 h 50 min

Jusqu’à ces derrniers mois Lavande apparaissait ici seulement de temps en temps mais toujours de manière intelligente élégante et pertinente, et ce que nous avions découvert d’elle au hasard de ses post, un peu trop rares, nous laissait beats d’admiration.
Qu’on puisse être à la fois une scientifique de haut niveau, professeur d’université, l’animatrice d’une troupe de théâtre amateur, qu’on soit en plus dotée d’une grande culture et d’une grande intelligence littéraires, et ,ce qui ne gâte rien, manifestant toujours à l’égard des autres une bienveillance sans condescendance ,cela avait quelque chose d’époustouflant . Maintenant, qu’elle est plus présente sur ce blog nous découvrons qu’EN PLUS elle conçoit des costumes de théâtre et est capable de les réaliser elle-même
Léon Blum exprime dans ses « souvenirs de l’affaire » cette idée d’une grande vérité ,que les gens exceptionnels sont ceux qui cumulent à un haut niveau des qualités qui habituellement s’excluent ;c’est dans cette catégorie que je range Lavande.
Elle est sans doute de ces gens à qui « pour être parfait il manque un défaut »(la citation n’est pas de moi mais j’en ignore l’auteur)

Janssen J-J dit: 12 septembre 2018 à 16 h 06 min

Je signale à tout hasard l’existence d’une discipline prometteuse apparemment paradoxale, issu d’un concept inventé par Robert N. Proctor, dit de l’agnotologie (ou production délibérée de l’ignorance). Son succès idéologique est tel qu’ailleurs, la grande ex- lvdlb se risque désormais à évoquer, dans le darkweb, une « Proctorologie » non réductible à un problème fécal.
Infra, cf. un link simpliste pour passoul & edel (bloguistes férus d’innovations) sur la présente vocation heuristique de ce concept. Gageons qu’ils sauront bien en faire quelque chose 1 de ces 4, surtout à l’heure de la naissance d’une littérature de soutien au triomphalisme trumpiste.
https://theconversation.com/de-lagnotologie-production-de-lignorance-88500

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 16 h 04 min

Pour ceux que le terme « laine bouillie » intriguerait:
« Ce tissu en laine vous permettra de réaliser des vêtements chauds : vestes, manteaux, capes, etc.
Ce lainage a subi un traitement spécial, appelé le foulonnage. Cette technique consiste à chauffer le textile afin de le compacter : ainsi il gagne en chaleur et en qualité. »
L’aspect est à mi-chemin entre du lainage et de la feutrine.

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 15 h 55 min

Christiane 13h56
Garbo est le nom du village, quelque part en Europe de l’est. Un petit clin d’oeil humoristique avec le nom du personnage principal, Greta. L’histoire débute avec le mariage de Greta et de Julius. Le pays étant soumis à un régime totalitaire qui interdit de plus en plus de choses, le jeune couple de tailleurs décide de partir en exil avec leur oncle, le fameux oncle Raskine (et son manteau !). C’est l’histoire de cet exil (aux Etats-Unis ?) et de la transmission de valeurs et de traditions qui fait la trame du spectacle où les comédiens sont musiciens et les musiciens, comédiens. Le manteau qui s’use petit à petit mais dont on se transmet les restes pour en faire « quelque chose » est le fil conducteur en quelque sorte de l’aventure. On pourrait dire le fil rouge mais en l’occurence c’est plutôt un fil jaune moutarde : il fallait quelque chose de pétant et d’inhabituel pour la couleur de ce manteau et tous ont été d’accord quand j’ai proposé de la laine bouillie jaune moutarde et le modèle « à la Malaparte ». N’étant pas sur place j’ai travaillé simplement avec les mensurations du comédien et avec un patron, sans essayages, et finalement ça va très bien.

Janssen J-J dit: 12 septembre 2018 à 15 h 50 min

Je pense que la plupart des gens ne savent pas exactement s’ils sont croyants ou incroyants (en un dieu). Ils sont agnostiques pour eux-mêmes, un ressenti non théorisé, -rien à voir avec le nihilisme-. Il y aura toujours une petite portion d’extrémistes fanatiques, religieux ou athées, pour s’essuyer leur prosélytisme sur la masse de ces indécis heureux. Pour leur apprendre à mieux penser ou à bien croire, -de gré ou de force-, à quelque chose, plutôt que de rester sur leur malheureux quant’à soi. A bas les mous du g’nou apathiques, on va vous secouer… voilà leur raison de vivre, à tous ces fanatiques.

Et ce que je pense d’U.-M., du présent pape ou d’Hamon n’a strictement aucune importance eu égard à l’actuelle tragédie du climato scepticisme dominant, sévissant sur cette chaîne littéraire.

luc nemeth dit: 12 septembre 2018 à 15 h 17 min

Delaporte dit, le 12 septembre 2018 à 14 h 07 min
Pablo, petite nature, (…)

Delaporte est encore trop gentil : Pablo est une grande ordure -et qui n’a pas même le courage de ses opinions. Aussi lance-t-il contre Ulrike Meinhof des accusations d’antisémitisme là où il n’aurait évidemment pas plus de… sympathie pour celle-ci, en tout état de cause. Ah ça non : il ne sent pas « bon » Pablo75.

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 14 h 27 min

Christiane, le deuxième tome n’est pas achevé. C’est l’épouse de Musil qui l’a confié en l’état d’inachevement. Dans l’édition que je possède , les notes occupent ainsi que les chapitres posthumes, ébauches, études, variantes 864 pages sur les 1287 . On sent que l’écriture est moins achevée, du moins pour ce que j’ai lu. Vous avez raison, la sœur n’apparaît que dans le second, le premier tournant autour d’une figure féminine centrale, la Diotime du salon. La sœur oubliée, ainsi débute ce second livre.

Delaporte dit: 12 septembre 2018 à 14 h 16 min

Claudio Bahia, si ça se trouve, après cette conférence, vous allez être frappé par la grâce et vous faire moine. Je vous le souhaite.

Delaporte dit: 12 septembre 2018 à 14 h 12 min

« quelqu’un a-t-il quelque chose à dire sur le philosophe Gilles Lipovetsky? »

C’est un sociologue qui explique, au ras des pâquerettes, la futilité du monde présent. Il explique aussi pourquoi les gens sont nihilistes. Il a repris le flambeau, dans une prose confuse, des abbés des siècles précédents, mais en restant incroyant : ce qui est dommage, car tout son propos tend à convertir le lecteur.

Janssen J-J dit: 12 septembre 2018 à 14 h 11 min

@12.09, en réponse… un petit commentaire très subjectif, au risque de vous décevoir. Lipovetsky représente à mes yeux la quintessence de cette sociologie parisienne bobo qui n’a rien à dire de novateur sur le monde d’aujourd’hui, passé le petit succès d’estime de « l’ère du vide » de cet auteur à la fin des années 1980 qu’on veut bien lui reconnaître. Hormis ses petites études de jeunesse, sans avoir jamais pratiqué d’enquête scientifique de portée sérieuse sur un objet qui aurait véritablement fait sa marque de fabrique, GL s’est toujours cantonné à des essais avec quelques mots d’accroche supposés signer la caractère branchément décontracté de l’hypermodernité, hyperindividualisme, etc. une saisie de l’air du temps vouée au dénigrement des figures d’autorité antérieures. Sa « pensée » de petit maître est devenue d’autant plus creuse au fil du temps que ses essais vite oubliés passaient de plus en plus pour dépourvus de la moindre valeur explicative (au sens de cumulative). Leur vacuité plaidait somme toute assez pour le personnage. Tel un second couteau mafessolien, il ne sortait plus guère de sa dépression germanopratine, un peu comme celle de son collègue Ehrenberg dans un autre registre, ou celle du regretté Paul Yonnet, un autre de ses collègues estimés… Sauf que…, pour ce dernier qui avait bien plus de talent, ses enquêtes marquèrent plus durablement les consciences, comme l’a bien montré la généreuse préface de JP Le Goff dans « Zone de mort », l’écrit testamentaire de Yonnet publié l’an passé.
Je crains que la « pensée » de Lipovetski ne laise pas grande trace à la postérité, hormis « l’ère du vide ». Mais laissons-lui la chance d’évoquer au Brésil des aspects novateurs de compréhension de l’état disloqué du monde actuel, je souhaite à tous de savoir rester critique. Ne craignez pas de nous dire, cher CB, en quoi sa conf. aura été intéressante. La RDL qui tient mal à jour sa rubrique « sciences humaines » vous en sera bien reconnaissante.

Delaporte dit: 12 septembre 2018 à 14 h 07 min

Pablo75 dit: 12 septembre 2018 à 9 h 37 min

Pablo, petite nature, vous nous faites une indigestion nerveuse. Je me suis déjà expliqué sur les attaques que vous portez contre moi. Ne vous déplaise, vous avez tout faux, et je continuerai à parler d’Ulrike Meinhof, et d’autres héros des temps modernes, comme cela me plaît. Certes ce n’est pas votre fort, et je conçois que vous soyez jaloux de moi. Quand par exemple on parle, comme vous l’avez fait, si misérablement, si pathétiquement, de Juan Rulfo, on est certes un pauvre homme soi-même, qui doit tout attendre de la miséricorde divine. Je vais prier pour vous, un de ces jours, et je vous accolerai dans ma prière à Ulrike Meinhof, demandant à Dieu la grâce que vous la compreniez dans toute sa magnifique beauté et grandiose intelligence.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 13 h 56 min

@Lavande dit: 12 septembre 2018 à 12 h 16 min
Merci pour cette vidéo (bravo pour le manteau) bien énigmatique… Quel est le thème de cette création théâtrale ? Y a-t-il un rapport avec Greta Garbo ?
C’est une troupe qui a beaucoup d’allant. la musique y est pour beaucoup. Une sorte de spectacle complet. Il m’a semblé voir des ombres chinoises.
Je ne sais pour quelles raisons , j’ai pensé au théâtre de Brecht. La musique, les chansons y sont souvent associées à la déclamation. (« L’Opéra de Quat’sous »), parodie musicale avec un esprit de carnaval.
Y a-t-il un texte qui traverse l’oeuvre ? Qui est le lecteur ?
Merci et belle journée.
Je vais découvrir le film d’E.Mouret adapté, je crois, de Jacques le fataliste : « Mademoiselle de Joncquières. J’aime la langue et les habits du XVIIIe S.. On dit grand bien des deux acteurs principaux E.Baer et Cécile de France. La bande annonce m’a surprise, imprévus tous les deux dans ces rôles et bien crédibles.

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 13 h 54 min

Jazzi, la première aura lieu à Villeurbanne le 16 octobre dans le théâtre de l’école de musique, danse et théâtre. Après… il faut leur souhaiter bon vent! Je ne sais pas s’ils ont déjà des « dates » comme on dit dans ce milieu.
Halb, leur premier spectacle avait été joué deux fois à Grenoble, salle comble à chaque fois (150 à 200 spectateurs).
Equipe très sympathique effectivement avec laquelle j’ai été en contact par Sigrid Baffert, l’auteur du conte, qui est une amie.
Son dernier livre vient de sortir: « Tous les bruits du monde »:
« Calabre, 1905.
– Tu le tues ou je te tue, avait dit le vieux Fernando Mancini à sa fille… »
C’est ainsi que débutent les aventures de Graziella, une jeune fille de 16 ans « déshonorée » par le garçon qu’elle aimait.
Il en épouse une autre ; Graziella fait irruption au milieu de la cérémonie avec son gros ventre … et un pistolet. »

Clopine dit: 12 septembre 2018 à 13 h 20 min

Ah, la clarinette klezmer, Lavande ! On a toujours l’impression, quand on l’entend, de lire le vers d’Apollinaire : « mon verre s’est brisé comme un éclat de rire ».

Bien sympatoche, la troupe, non ?

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 12 h 51 min

Et la costumière n’apparait même pas au générique, c’est un scandale, Lavande ! Belle couleur moutarde du manteau-veste-gilet-cravate…
Le spectacle sera-t-il présenté en off à Avignon et montera-t-il jusqu’à la capitale ?

Lavande dit: 12 septembre 2018 à 12 h 16 min

Dans un registre plus léger, voilà une première petite video du spectacle musical « Loin de Garbo » auquel j’ai collaboré en réalisant le manteau de Xavier, le contrebassiste, alias l’oncle Raskine.

Au fil de l’exil et des générations, le manteau devient veste puis gilet, puis cravate, puis doudou. Dommage on ne voit pas dans la video le « doudou-grizzli aux yeux rubis » final, que j’ai pris beaucoup de plaisir à faire!

https://youtu.be/qFYEH6NxpGE

(D. abstenez-vous de regarder, vous n’aimerez pas!)

Claudio Bahia dit: 12 septembre 2018 à 12 h 09 min

Bonjour à tous
quelqu’un a-t-il quelque chose à dire sur le philosophe Gilles Lipovetsky? Qui est-il? je pose cette question car il viendra à Salvador pour une conférence-débat le 17 septembre, mais malheureusement les places ont déjà toutes été vendues. Le thème sera:  » O Mundo em Desacordo – Democracia e Guerras Culturais » . Il a donné un long entretien au Journal Correio da Bahia, très intéressant (sur la crise des institutions, l’individualisme, la domination du politique par l’économie, etc)

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 11 h 30 min

Christophe Otzenberger a finalement trouvé son premier plan, Lavande. Faisant ainsi de son dernier film documentaire un film d’auteur posthume. Un film d’outre-tombe où l’auto fiction se confronte à la réalité de la maladie à l’oeuvre, avec empathie et curiosité pour les personnes filmées, jusqu’au dernier plan : « Je n’ai jamais lu « Le Rouge et le Noir », j’aimerais bien avoir le temps de le lire, mais j’ai autre chose à faire pour le moment. » Et il meurt avant le clap final…

christiane dit: 12 septembre 2018 à 10 h 50 min

Pour Raymond et hamlet,
A propos de « L’Homme sans qualités » de Musil, Marguerite Duras écrivait : « Je peux dire que ce livre est une des plus grandes lectures que j’aie jamais faites et que c’est un livre éminemment obscur, illisible et irrésistible, que la lecture en est une mystérieuse corvée, presque insurmontable pour la plus grande part des lecteurs, mais que, une fois cette corvée dépassée, tandis que la lecture se dépose, il s’élève d’elle un incomparable enchantement. »

Quant à Agathe et Ulrich, pour moi, c’est un deuxième livre qui n’a rien à voir avec le premier (où d’ailleurs Agathe n’est pas évoquée). Elle n’apparait qu’à la mort du père d’une façon plutôt insolite et va tout faire pour se retrouver seule avec Ulrich. Ils ne sont pas jumeaux, elle est plus jeune de cinq ans. On sait qu’Ulrich a perdu une sœur ainée, morte cinq ans avant sa naissance et qu’il la cherche désespérément. Agathe est peut-être la métaphore de cette sœur qui apparait étrangement le jour de l’enterrement du père…
C’est un espace romantique où ce couple, dont on sait s’il est incestueux ou pas, cherche l’absolu comme guidé par l’idée de Platon, (cette séparation de l’un qui conduirait les moitiés à se chercher puis à se fondre l’une dans l’autre pour retrouver l’unité originelle).

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 10 h 04 min

DHH, Christiane, je vous ai lues. Mais je ne désire plus intervenir sur le cas de Ed. Juste cette mise au point à destination de rose, qui, à la recherche d’un bouc émissaire, semble avoir un peu perdu la boule…

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 9 h 52 min

Eh bien, les critiques du film de Wim Wenders sur le pape François sont particulièrement mauvaises ! Il est descendu même par Télérama, journal catho de gauche. On attend la réaction de La Croix. Paradoxalement, ça me donne encore plus envie d’aller le voir. Je vais commencer la semaine cinématographique par ce film.
Oui, Bételgeuse, « Une pluie sans fin » est terriblement désespérant, mais superbe, beau comme un linceul de soi(e) !

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 9 h 48 min

Jazzi, mon opinion bien que certains la trouve rafraîchissante est qu’ED n’est pas si innocente et peut être est ce inconscient chez elle mais se livre à des manœuvres de manipulations, elle n’est pas la seule. Très sincèrement et bien que je sois ouverte au dialogue elle ne fait pas partie des femmes que j’aurai plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Sa jeunesse peut l’excuser mais je crois qu’elle devrait accepter de se remettre en question , pas pour ce derñier volet mais pour de nombreuses opinions dont elle a fait état , un peu obtuses et entetees .Pour conclure elle est plus attachante sur son propre blog, ici elle fonce bille en tête sans pouvoir apercevoir qu’elle se trompe et que sa perception des choses est trop souvent binaire comme le faisait remarquer l’un, nous avons peut être tous des systèmes de réflexion personnels cependant l’échange existe pour nous permettre quel que soit le vecteur d’élargir nos champs de vision et il me semble qu’à la trentaine , c’est un peu tôt pour décider d’arrêter d’avancer , considérant que nous avons à apprendre des autres sans limitation d’âge.

Pablo75 dit: 12 septembre 2018 à 9 h 40 min

@ D.

Il est temps que tu fasses prendre la retraite du blog à ton double Delaporte. Et que tu l’accompagnes. Tu as trop laissé voir en lui ta vraie personnalité, qui donne envie de vomir.

Pablo75 dit: 12 septembre 2018 à 9 h 37 min

Delaporte est vraiment l’Ordure du Blog, la Saloperie qui a trouvé la parade pour montrer publiquement ce qu’il pense des juifs en se cachant derrière son admiration éperdue pour une terroriste antisémite, une anomalie idéologique, politique, philosophique, sociologique et surtout religieuse (qui peut croire qu’un vieux catho français, pratiquant, puisse admirer une terroriste allemande athée d’extrême gauche?) dont la seule explication est ce jeu pervers de redoutable tordu mental.

Depuis le 31 août, ce soi-disant chrétien admirateur de terroristes, a chanté 22 fois !! les louanges d’une antisémite impliquée avec sa Fraction Armée Rouge a moins dans un attentat contre des locaux de la communauté juive de Berlin, le 9 novembre 1969, et qui après le massacre des athlètes israéliens de Munich en septembre 1972 a écrit un article dans lequel elle appelait Moshe Dayan «le Himmler» d’Israël.

Et ce sont des amis à elle, des terroristes de son groupe (soutenu par des pays tels que l’Algérie, la Libye, la Syrie, le Yémen du sud et surtout l’Irak, rappelons-le), un groupe dont elle était le cerveau, qui ont séparé les juifs des autres otages lors d’un détournement d’avion en 1976, un fait dont la cause doit être, pour ce Grand Lâche, le désir de protection des juifs dans un moment particulièrement dangereux et doit donc prouver que ces gens-là étaient des grands philo-sémites.

l’incomparable Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 12 septembre 2018 à 0 h 49 min

le soleil fulgurant d’une Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 9 septembre 2018 à 14 h 25 min

Avec Ulrike Meinhof, je parlais
Delaporte dit: 8 septembre 2018 à 15 h 16 min

d’Ulrike Meinhof sur ce blog
Delaporte dit: 8 septembre 2018 à 14 h 10 min

Ulrike Meinhof, mes efforts n’auront pas été vains
http://larepubliquedeslivres.com/chacun-sa-montagne-magique/

Car Ulrike Meinhof pose bien
Delaporte dit: 7 septembre 2018 à 15 h 38 min

entre une Sahra Wagenknecht et une Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 16 h 02 min

entre Rosa Luxembourg (et/ou Ulrike Meinhof)
Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 14 h 21 min/

Ulrike Meinhof, relève-toi, ils sont devenus fous
Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 0 h 25 min

un combat politique digne d’Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 5 septembre 2018 à 0 h 01 min

Ulrike Meinhof n’étant pas la seule…
Delaporte dit: 4 septembre 2018 à 21 h 32 min

toute l’importance dans l’histoire de la pensée politique d’une Ulrike Meinhof…
Delaporte dit: 2 septembre 2018 à 23 h 25 min

Etre la fille d’Ulrike Meinhof, ce n’est pas rien !
Delaporte dit: 2 septembre 2018 à 11 h 50 min

insensible au charme intellectuel d’Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 1 septembre 2018 à 9 h 09 min

Il me semble qu’on pourrait ainsi rapprocher Ulrike Meinof de Mère Teresa.
Delaporte dit: 1 septembre 2018 à 4 h 27 min

Le problème est surtout de pouvoir lire ce qu’Ulrike Meinhof a écrit
Delaporte dit: 31 août 2018 à 22 h 38 min

Je pense que pour Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 31 août 2018 à 17 h 23 min

un sombre individu qui prétend qu’Ulrike Meinhof était antisémite !
Delaporte dit: 31 août 2018 à 15 h 41 min

pour se faire une idée juste et honnête d’Ulrike Meinhof
Delaporte dit: 31 août 2018 à 14 h 59 min

a favorisé chez Ulrike Meinhof tout un travail
Delaporte dit: 31 août 2018 à 13 h 58 min

Ulrike est un très joli prénom, et qui s’accole parfaitement au nom de famille
Delaporte dit: 31 août 2018 à 13 h 45 min

Après, Ulrike Meinhof s’est mariée
Delaporte dit: 31 août 2018 à 13 h 43 min

Bételgeuse dit: 12 septembre 2018 à 9 h 33 min

Phil, effectué de vagues recherches quant aux patronymes espagnols qui comme vous le savez portent les noms des deux aïeux , du père des mères et du père des pères. Une foule de converso s’ignore et si ces listes méritaient confiance il nous faudrait conclure et bien que seules les mères concourent à la judaïté de leur progéniture , que quantité d’Espagnols seraient pourvus d’ascendants juifs et l’ignorent ou ne peuvent sauf s’ils remontaient dans leur arbre affirmer qu’ils sont des sangs mêlés à un degré qu’il serait interessant de pouvoir confirmer. Les émigrés ne peuvent le faire à moins de louer les services spécialisés dans ce domaine. Sinon vu une pluie sans fin, quelle triste société et le film de m’a pas laissé une impression diffetente du précédent touche of Sin. L’individu au service et totalement soumis à une société de production et qui pour finir voit sa vie dediee à un capitalisme hybride réduite en poussière.

christiane dit: 12 septembre 2018 à 9 h 25 min

Jazzi,
je comprends que tu aies souffert de ce que tu as lu dans ces commentaires malheureux et choquants. Continue à aimer cet ami qui illumine ta vie depuis des années. Le reste, c’est l’étrangeté d’un monde sans pitié d’où survient la blessure que l’on n’attendait pas. C’est ainsi, il faut faire avec et rester le plus juste possible. Va, continue ta route courageuse qui passe au beau milieu des arbres griffus…

christiane dit: 12 septembre 2018 à 9 h 18 min

Pour Ed et Rose,
cette petite pensée matinale.
Il y a dans les interventions sur ces fils de commentaires, parfois, une griserie entraînant à écrire tout et n’importe quoi si on se laisse entraîner par l’émotionnel. Les mots viennent alors et dépassent celui ou celle qui les écrit. Ils engendrent quelque chose d’imprévu qui dévale la pente du fil des commentaires et grossit telle une boule de neige s’enrobant malgré elle de neige et devenant énorme. La neige accumulée c’est les commentaires des autres, les réactions.
Pour en revenir à la rencontre amoureuse et aux mots que vous avez employés, je fais une distinction entre une aventure sans lendemain, guidée par le désir d’un instant que certains hommes et femmes connaissent et la rencontre amoureuse décisive. Ce domaine de l’amour où l’imprévu survient, cette rencontre de regards qui dissout les pensées volontaires, qui nous lance dans un monde incertain sans savoir où la rencontre va nous mener. Nous entrons alors dans le tâtonnement, une modification progressive de notre moi. Place au silence ou aux longs dialogues avec l’autre, tendus entre rêve et réalité.
L’autre alors n’a plus d’identité autre que celle de devenir pour nous l’être le plus important du monde. C’est l’aventure de l’inachèvement par excellence, celle qui fait exploser ces raisonnements hâtifs que vous avez inscrits ici, plus pour provoquer, plus pour vous défendre que pour écrire lentement et gravement les mystères de la rencontre amoureuse.
Vous ayant lues souvent et l’une et l’autre, je ne pense pas que « l’exclusion » évoquée par vos commentaires choquants soient votre vérité mais ils ont blessé, étonné, révolté.
Que faire maintenant ? Vous perdre si vous décidez de partir sur un malentendu serait triste. A vous de reprendre la main.

Jazzi dit: 12 septembre 2018 à 9 h 04 min

« Mais que Jazzi fasse subir un ostracisme
pareil à Ed, c’est trop. Déjà qu’elle n’a aucune confiance en elle. »

Je rêve !
N’est-ce pas rose qui prétend, jusqu’au harcèlement, qu’Ed est un homme ?
Si ostracisme il y a, ed ne s’est-elle pas ostracisée elle-même…

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