Ad Majorem Silentii Gloriam
Vous est-il déjà arrivé de tomber sur un hapax d’autant plus énigmatique que vous le rencontrez pour la première fois et que, malgré le contexte, son sens vous échappe encore ? Alors vous baissez les bras et vous consentez à vous reporter vers ceux qui savent : les dictionnaires, les moteurs de recherche, l’IA… Mon cas ces jours-ci en lisant le nouveau roman de Sylvie Germain Murmuration (200 pages, 19,90 euros, Albin Michel), une expérience d’autant plus étonnante que, s’il existe un écrivain qui ne jargonne pas, s’évertue à trouver le mot juste et manifeste un extrême souci de la langue, c’est bien elle. Ce mot qui m’a laissé perplexe dans ce livre plein d’odeurs, de parfums, de couleurs, de voix et de touchers, c’est « souquenille », terme désuet désignant une longue blouse de grosse toile que revêtent ou revêtaient sur leurs habits les paysans, les valets, les palefreniers et les cochers pour panser les chevaux.
Samuel, 20 ans, son personnage principal, est un écrivain en devenir animé par un absolu de la littérature, prêt à tout abandonner pour se vouer corps et âme à l’écriture. On en a connu et on en connait encore, plutôt rares car la route est rapide de la promiscuité à la précarité et il faut pouvoir tenir par et pour les mots. Sauf que celui-là connaitra le succès et son lot d’infortunes bien après son tout premier Opus incertum signé sous le nom de Tarn, anagramme fluvial de son nom Nart. Comme s’il devait payer la foule de ses lecteurs d’intimes renoncements. Car aussi mystérieusement qu’ils l’ont fêté à ses débuts il arrive qu’ils se retirent. Soudain le grand écrivain ne les intéresse plus ; ils le jugent de plus en plus abscons tandis qu’il s’enfonce dans la spirale de l’échec, grisé puis saoulé de mots. Le voilà périmé. Inutile de les incriminer ; c’est ainsi, voilà tout. La clé de cette lassitude est peut-être à chercher du côté de saint Augustin :
« Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion ».
Elle l’a déserté. Quelques compagnes successives, autant de muses putatives, rien n’y fait. Cette intranquillité fondamentale est au coeur de ce roman hypnotique sur le silence. Elevé dans une famille de taiseux, il aura tâté sa vie des deux mains pour voir si elle était toujours là comme l’écrivait Emily Dickinson, poétesse dont une poignée de vers est reproduite en épigraphe de chaque chapitre. Sa vie sur terre s’achèvera en hallucinations.
Tout ce qu’écrit Sylvie Germain, et Murmuration n’y déroge pas, semble relever du dérisoire projet d’édifier « une digue de papier contre un océan de silence ». Elle donne chair aux mots afin de les faire vivre, de leur conférer volume, couleur, saveur, texture, tessiture dans le but de leur accorder l’essentiel : une capacité de réverbération tant lumineuse que sonore. Avec elle, la transcendance n’est jamais loin. Mais à juste titre, Sylvie Germain refuse de se laisser enfermer dans la désignation “écrivain catholique” d’autant qu’elle se dit avant tout évangélique. Ce n’est pas une fatalité mais il y a de cela : dès lors que la spiritualité s’immisce, discrètement ou en prenant ses aises, voire carrément en majesté, dans l’œuvre d’un écrivain, il passe pour un cul-béni, une grenouille de bénitier. Rien n’exaspérait Graham Greene comme d’être taxé « grand écrivain catholique » – et ce n’était pas à cause de « grand »… On peut être écrivain et catholique sans être pour autant « écrivain catholique », non plus qu’ « écrivain juif » s’agissant de Saul Bellow ou de Philip Roth. L’influence de Georges Bernanos et François Mauriac en a pâti, encore que dans son cas, cela s’aggravait d’une double étiquette la seconde (« grand écrivain régionaliste ») n’ayant rien à envier à la première. Rien n’est plus réducteur quelle que soit la foi. D’autant qu’avec « les cathos », l’ironie glisse vite vers le label qui tue : « ravi de la crèche ». Alors non, surtout pas de ça. Elle bondit au seul énoncé d’« identité » jugé trop fermé et enfermant ainsi qu’elle me l’a dit un jour :
“ C’est figé, c’est mort ! Il faut arrêter avec cette obsession du passé ! La quête d’identité, on l’a tous eue en nous à un moment de notre vie, mais une fois qu’elle est assouvie, il faut à tout prix la dépasser. L’obsession de soi que cela reflète, un insupportable narcissisme”.
La phrase qui la mène depuis longtemps, elle l’a trouvée, jeune, du côté de Thérèse de Lisieux, non dans l’un de ses recueils mais à la fin du Journal d’un curé de campagne de Bernanos, citée sans être nommée, appelons cela un hommage subliminal :
” La grâce, c’est de s’oublier ”.
Murmuration renvoie implicitement ses fidèles lecteurs à d’autres de ses livres. Dans Petites scènes capitales (Albin Michel, 2023), tressé de quarante-neuf tableaux reconstituant l’histoire d’une famille, elle invitait à considérer le temps comme un labyrinthe. On s’y perd pour mieux se retrouver à l’instant précis de franchir une ligne invisible et de mettre un pied de l’autre côté. Voici le monde de Barbara dite Lily, petite fille ordinaire, intranquille permanente ni belle ni laide, à l’identité chahutée par les accidents de la vie et les aléas d’une famille recomposée, en aval et en amont de 1968. Des personnages s’ébrouent autour d’elle, le temps s’écoule reflétant histoires de famille et secret des origines, tandis que la mort accidentelle par sa faute d’une de ses demi-sœurs, une jumelle de surcroît, précipite l’effondrement de la cellule familiale. La langue est magnifique, l’écriture, ciselée. L’auteur a choisi le procédé des vignettes pour raconter son histoire, un destin poignant sinon tragique. Un parti pris original qui séduit de prime abord, même si le fragment est un genre éprouvé. Des images, des détails, des impressions. Toutes choses qui peuvent laisser une impression générale d’abstraction lyrique, de désincarnation, d’allégorie permanente. Pourtant, Sylvie Germain défend l’art du roman ; les personnages demeurent sa vraie passion. Elle leur a d’ailleurs consacré tout un livre, à eux seuls.
Enchantée de merveilleux médiéval, sa langue est belle même si elle se grise parfois un peu trop d’elle-même. Le sujet est secondaire. Seul le détail compte où l’intérêt peut se condenser. Progressant parfois en bande organisée, sinon en meute, les détails font les petits importants. L’auteur avance par petites touches et digressions. Un œil sur son chaudron de mots, elle y espère le surgissement de l’inattendu, de l’imprévu, des bouffées de ce je-ne-sais-quoi qu’on nomme à tort et par défaut l’inspiration. Une note de violoncelle, la « voix des oiseaux », un froissement de tissu, suffisent à donner une touche cristalline à une situation banale. Elle se dit fascinée par le « pourtant », le « cependant », le « nonobstant » qui sont autant de variations du « malgré tout » de l’Ancien Testament où des hommes se font prophètes malgré tout, malgré l’indifférence, la cécité, la surdité des pêcheurs. On y retrouve aussi la sublimation du petit pauvre, de l’humilié, de l’avili. Jamais la conteuse en elle n’a paru aussi éthérée et intemporelle. Qu’importe au fond tant que l’ivresse poétique ne nuit pas à la fluidité du récit d’une rédemption l’autre. Petites scènes capitales laisse une signature de lumière. Son idéal de légèreté et son rêve de sagesse.
A la lire, on est souvent amené à méditer les paradoxes de notre époque et les étranges grands écarts auxquels ils mènent. D’un côté, un excès de mémoire caractérisé par une injonction à commémorer, jusqu’à se faire un devoir de se souvenir. De l’autre, une molle tendance à l’oubli. La société tient nos contemporains dans cet entre-deux. Là justement que Sylvie Germain a choisi de faire acte de présence. Non à la manière de ses romans les plus populaires à distance de l’introspection (Le Livre des nuits, Nuit-d’Ambre, Jours de colère, Magnus) mais à celle plus intime quasiment chuchotée dans de courts textes qui ne relèvent d’aucun genre si ce n’est le sien propre, distinguent son timbre de voix dans la houle des librairies et composent un chant profond sur la crête définie par l’invisible limite entre la littérature de fiction et la recherche spirituelle. Si l’on se souvient que, philosophe de formation, elle consacra ses premiers travaux universitaires à la notion d’ascèse dans la mystique chrétienne sous la direction d’Emmanuel Lévinas, on devine l’ombre portée qui enveloppera son œuvre à venir. Une trentaine d’années et autant de livres plus tard, Quatre actes de présence est traversé de part en part par une explication du monde que l’on voit de livre en livre se faire sentiment du monde. Plus encore que chez Simone Weil, c’est dans les Elégies de Duino qu’elle puise l’oubli de soi et sa respiration du silence, sans oublier Maurice Blanchot dont elle a consigné :
« Garder le silence, c’est ce que nous voulons tous, écrivant »
Ad Majorem Silencii Gloriam ! Nul excès de mots chez elle, chacun demeure à sa place. Pour exprimer l’angoisse, « ce nœud rêche, serré dru autour d’un vide vertigineux et suffocant », elle n’hésite pas à se tourner plutôt vers L’enterrement à Ornans où l’on guetterait en vain une trouée de lumière quand Courbet impose à ses personnages de fixer non le ciel mais la terre, rien que la terre, origine et destin. On comprendra que pour Sylvie Germain rien ne serait humiliant comme de fuir ce qui nous lie à notre humaine condition, ce nœud d’angoisse hérissé de questions sans réponse. En peu de pages, elle en dit beaucoup, en des accents d’autant plus bouleversants qu’ils sont irréductibles à la confession autobiographique tenue à distance. Réelle ou pas, la présence qu’elle explore dans ces pages incarne avant tout poétiquement tant de présences effacées de notre vue sans soulever la moindre protestation. Un véritable défi à l’ère de la vulgarité, de la dérision et du cynisme. Autant de livres de Sylvie Germain à lire en les éclairant du dense et riche « Cahier de L’Herne » consacré à l’écrivaine, récemment paru sous la direction de Milène Moris et Evelyne Thoizet (208 pages, 39 euros).
A propos, je ne l’avais même pas remarqué mais le sens du titre même de nouveau roman m’était inconnu. Jamais croisé nulle part ailleurs cette « murmuration ». Ils’agit de la chorégraphie que des milliers d’étourneaux dessinent dans le ciel au crépuscule. L’ondulation de cette nuée ressemble à la danse des mots sous sa plume. Dans sa relative brièveté, Murmuration offre une réflexion des plus denses à travers le destin d’un homme qui, vivant dans sa chair la lutte avec l’ange de la littérature et son pouvoir supposé, finira par revenir au silence de son enfance.
( « Tres Cantos (communauté autonome de Madrid), photo Europa Press/ABACA ; Photos D.R. et Saul Leiter)
17 Réponses pour Ad Majorem Silentii Gloriam
Jamais lu Sylvie Germain…
Raté !
Je passe…
Les photographies de Saul Leiter sont Le choc visuel qui prépare à la découverte de ce mot inouï qui s’entend plus qu’il ne se voit « murmuration ». Ce vol d’étourneaux comme un voile mouvant et fluide, eau d’une rivière douce qui enveloppe et sinue entre les pierres, encre de ce billet, levant les a priori qui cherchent à mettre à distance l’écriture lumineuse de Sylvie Germain.
S’effacer, se taire en écrivant, ou en capturant avec un Leica, les passants à New-York, être sur le bord frangé d’un nuage cachant le soleil, distillant cette lumière absente-présente, pour aller à la rencontre de cette femme écrivain et de cet homme photographe. i
Il fallait être intuitif, attentif, libre.
Merci, Pierre Assouline.
« Il voit des poudroiements de voyelles dans ka poussière des rais de soleil, des jets de verbes dans les oiseaux en vol (…) »
Et juste avant :
« Le langage le lâche, il se dislogue, part en lambeaux (…) »
Et encore en amont :
« Ces signes mouvants ne ponctuent aucun texte, ils forment une phrase vide de mots, ce ne sont que les ombres des gens (…) »
Ce flottement sur lequel les mots n’ont aucune prise, c’est encore une parole abstraite comme pour Rothko. Il ne faut pas bouger, rester immobile jusqu’à ce que le langage revienne. L’air déboule avec tous ces oiseaux qui ne sont que signes. Étrange calligraphie… Je demeure au bord du texte. Un chemin sans chemin.
« On peut être écrivain et catholique sans être pour autant « écrivain catholique », non plus qu’ « écrivain juif » »
Et encore moins qu’ « écrivain homosexuel » ou gay !
« souquenille »
L’habit de travail à l’origine du tablier blanc du boucher, du quincailler, de l’artiste peintre dans son atelier ou gris, des élèves à l’école primaire ?
Et puis ça revient. Le réel revient. D’abord par une odeur.
« Quand elle se tenait à la fenêtre, Samuel la voyait à contre-jour, fine silhouette couleur sépia qui s’estompait parfois dans les vapeurs des casseroles. (…) ne laissant derrière elle que la trace de son parfum aux senteurs de jasmin et de rose infusées d’agrumes ; une odeur insaisissable et entêtante qui ne se mélangeait pas à celle des légumes ou des compotes mijotant sur la cuisinière ou de la viande rotissant au four. »
Voilà, c’est là. J’entre en lecture.
Excellent. Je commande dès aujourd’hui.
Le fait que Sylvie Germain (Albin Michel) soit une auteure du groupe Bolloré ne pose t-il pas problème ?
Liste (très discutable) établie par l’ADHEOS, l’association LGBTI & Friendly
LES ÉCRIVAINS HOMOSEXUELS
• François Villlon (1431-1463)
• Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) écrivain français compagnon de La Boetie
• Miguel de Cervantes (1547-1616) écrivain espagnol Il est l’amant du cardinal Julio Acquaviva
• Francis Bacon (1561-1626) philosophe et homme d’Etat anglais
• William Shakespeare (1564-1616) poète anglais
• Christopher Marlowe (1564-1593) écrivain anglais
• Théophile de Viau, poète du XVII e siècle
• Savinien Cyrano de Bergerac le vrai (1619-1655), Dramaturge et poète français
• Voltaire (1694-1778) (François Marie Arouet) avec entre autres Frédéric II de Prusse Oeuvres
• Goethe (1749-1832) poète et écrivain allemand
• Heinrich Hössli (1784-1864) écrivain suisse (L’amour entre hommes chez les Grecs)
• Honoré de Balzac (1799-1850) écrivain français Comédie humaine
• Hans Christian Andersen (1805-1875) conteur danois Les contes crypto-gays
• Kierkegaard (1813-1855) philosophe et théologien danois
• Henry David Thoreau (1817-1862) poète américain
• Hermann Melville (1819-1891) écrivain américain (Moby Dick)
• Walt Whitman (1819-1892) poète américain
• Gustave Flaubert (1821-1880) écrivain français
• Karl Heinrich Ulrichs (1825-1895) juriste, écrivain et activiste allemand
• Jules Verne (1828-1905) écrivain français.
• Paul Verlaine (1844-1896) poète français. La revue Verlaine De nombreux textes de Verlaine ont été soit censurés, soit réécrits pour faire disparaitre l’importance de l’homosexualité.
• Le Comte de Lautréamont (1846-1870) écrivain français Maldoror biographie
• Pierre Loti (1850-1923) écrivain français Site biographie
• Oscar Wilde (1854-1900), écrivain anglais Site à la lettre
• Arthur Rimbaud (1854-1891) poète français amant de Verlaine
• Sir James Barrie (1860-1937), écrivain anglais auteur de « Peter Pan »
• Gabriele D’Annunzio (1863-1938), Ecrivain et poète italien
• Constantin Cavafy (1863-1933) poète grec
• John Henry Mac Kay (1864-1933) écrivain allemand
• Rudyard Kipling (1865-1936) écrivain anglais
• Marcel Proust (1871-1922) écrivain français
• Alfred Jarry (1873-1907) écrivain français
• Somerset Maugham (1874-1965) romancier anglais
• Thomas Mann (1875-1955) Site et Klaus Mann (1906-1949) son fils écrivains américains
• Max Jacob (1876-1944) écrivain français
• Lucien Daudet (1878-1946), écrivain français, avec Proust. Lucien Daudet devient alors l’amant de Cocteau.
• E.M. Forster (1879-1970) écrivain anglais (Maurice)
• Jean Cocteau (1881-1963) écrivain français ami de Jean Marais
• Roger Martin du Gard (1881-1958) romancier français
• François Mauriac (1885-1970) écrivain français
• Ludwig Wittgenstein (1889-1955) philosophe autrichien
• Henri de Montherlant (1896-1972) écrivain français
• Bertolt Brecht (1898-1956) écrivain allemand
• Louis Aragon (1897-1982) poète et romancier français
• Federico Garcia Lorca (1898-1936) poète espagnol
• Roger Peyrefitte né en 1907 Site écrivain français
• W.H. Auden (1907-1973) poète anglais
• Jean Genet (1910-1986) écrivain français
• Tenessee Williams (1911-1983) dramaturge américain
• William Burroughs (1914-1997) écrivain américain
• Roland Barthes (1915- 1980) écrivain français
• Baldwin James (1924-1987) écrivain américain noir militant aux côtés de Martin Luther King
• Truman Capote (1925-1984) écrivain américain
• Jean-Paul Aron (1925-1988), Philosophe et historien français, il est le premier écrivain à annoncer « Mon Sida » dans le Nouvel Observateur.
• Yukio Mishima (1925-1970) écrivain japonais
• Michel Foucault, (1926-1984) intellectuel français
• Allan Ginsberg (1926-1997) poète américain
• Jean-Edern Hallier (1936-1997) journaliste écrivain français
• Hervé Guibert (1955-1991) écrivain français
• Julien Green écrivain américain
• Lord Byron
• Yukio Mishura
• Guillaume Dustan : écrivain post-moderne décédé en 2005
• Michel Tournier écrivain français
• Armistead Maupin, écrivain US
• Yves Navarre, écrivain français
• Hervé Guibert, écrivain français
• Christophe Donner, écrivain français
rider on the storm
https://youtu.be/1hrgT_ZDUvs?si=x-mJFyU1TijBynbk
» de rose infusées d’agrumes ; une odeur insaisissable et entêtante qui ne se mélangeait pas à celle des légumes ou des compotes mijotant sur la cuisinière ou de la viande rotissant au four. » Voilà qui nous change des odeurs de mort et de merde chères à R Millet.
Parce que tu penses qu’il est éthique pour un critique, Jazzi, d’exclure des oeuvres sous le prétexte de leur maison d’édition ?
Anagramme fluvial et départemental.
Umberto Boccioni, Contre-jour, 1910, crayon et encre, Collezione Ramo, Milan
https://share.google/buG30TNteNyJ2PtCs
Pour une bonne partie de cette liste, il n’y a pas la moindre preuve…sinon le désir irrépressible des homos que tout le monde « en soit ».
Une autre supercherie est de dire que quiconque a eu une ou deux expériences homosexuelles devient homosexuel. Balzac, Flaubert, par exemple sont évidemment hétéros; Flaubert a peut-être sodomisé des jeunes gens pendant son voyage en orient, ça ne fait pas de lui un homo. Quant à Balzac, je ne vois rien dans sa bio (j’en ai lu plusieurs) qui puisse indiquer une homosexualité quelconque. Pierre Loti n’a pas travesti un homme en Aziyadé; Aziyadé était vraiment une femme…
Cervantes, Montaigne, c’est du fantasme aussi…mais ça fait plaisir à tellement de gens!
Bizarrement il n’est pas question de femmes; je vais vous fournir une piste: je viens de terminer le merveilleux livre de Jean-Noël Liaut « Une amitié si française » entre Madame de Sévigné et Madame de Lafayette. Les jeunes ou moins jeunes abrutis qui peuplent la presse et autres medias conclueraient aussitôt qu’elles étaient lesbiennes tout simplement parce qu’ils ne savent rien de la façon dont on s’adressait à ses ami(e)s ou parlaient d’eux au 17ième siècle.
La Fayette et Sévigné formaient avec La Rochefoucauld un extraordinaire trio d’intellectuels, des lecteurs compulsifs qui parlait aussi bien de Platon que de Melle de Scudéry. Si sexe il y a eu, ce serait plutôt entre La Fayette et La Rochefoucauld à un moment de leur vie; à la fin ils étaient horriblement malades tous les deux.
Le meilleur pour vous Christiane, qui entrez en lecture, avec mes remerciements pour votre gentillesse courtoise, reçue hier avec bonheur !



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