Histoire Littéraire
Puisque la saison se prête, parait-il, à la déconnexion, si vous aimez la littérature, ce dont nul ne doute dès lors que vous vous trouvez sur le fil de la République des livres, lâchez tout, (re)lisez et (re)précipitez-vous sur Le Roi vient quand il veut (407 pages, 7,50 euros, Le Livre de Poche). Il faut se jeter dessus non parce qu’il est sous-titré « Propos sur la littérature » (ce qui lui donne un côté salonnard à côté de la plaque) mais parce qu’il est de Pierre Michon. Peu d’écrivains français prennent comme lui la peine de réfléchir à ce que lire et […]
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Extraite des notes accompagnant les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, la citation suivante résume le problème qui se pose à tout adaptateur : « Quoi qu’on fasse, on reconstruit toujours le monument à sa manière. Mais c’est déjà beaucoup de n’employer que des pierres authentiques. » Deux films adaptations récentes de l’Odyssée illustrent ce paradoxe. En 2024, Uberto Pasolini dans The Return. Le retour d’Ulysse n’avait pas cherché la fidélité à l’œuvre source puisqu’il s’était contenté d’illustrer les derniers chants de l’Odyssée (XIII à XXIV), avec des parti-pris discutables. Les dieux et déesses (Athéna en particulier) étaient totalement absents de son […]
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L’intérêt de La Symphonie Napoléon (380 pages, Robert Laffont, 1977 puis Le Livre de poche) ne réside pas d’abord dans son intrigue, mais dans son principe de composition. Anthony Burgess ne raconte pas la vie de Napoléon : il la compose. Son point de départ est la Troisième Symphonie, l’« Héroïque », de Ludwig van Beethoven, œuvre initialement conçue et dédiée à Napoléon Bonaparte. Beethoven voyait alors en Bonaparte le héros de la liberté et le fondateur d’un monde nouveau. Ce n’est qu’après la proclamation de l’Empire qu’il retira cette dédicace célèbre. Burgess reprend le fil de cette admiration première […]
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Une règle d’or : ne jamais se laisser influencer par l’épaisseur d’une biographie, qu’elle vous décourage ou qu’elle vous impressionne par son poids. Une telle mise en garde est indispensable en s’emparant (des deux mains sinon c’est une foulure du poignet assurée) de Pessoa. L’œuvre-vie (Pessoa. A Biography, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 1280 pages, 39,90 euros, éditions du Seuil) de l’américain Richard Zenith qui semble avoir voué sa vie à cette œuvre. Monumental, sans aucun doute. Un évènement, soit. Et alors ? Cela ne suffit pas. A l’examen, c’est époustouflant de finesse critique dans l’analyse des textes, de prudence […]
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De quelle couleur est votre univers intérieur ? C’est le genre de question que l’on n’ose jamais poser à un écrivain tant et si bien qu’on ne la pose pas. Pour autant, cela ne devrait pas dispenser les exégètes, les essayistes, les commentateurs de la creuser. Et quand bien même ne possèderaient-ils pas les clés analytiques pour en décrypter les signes, l’historien Michel Pastoureau a suffisamment labouré ce champ pour qu’on puisse y recourir avec profit. L’exercice est d’autant plus incertain qu’en littérature, une œuvre dans son ensemble n’est pas nécessairement uniforme. Son rythme, sa cadence, sa musique intérieure peuvent aussi […]
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Quelle merveille, ce livre. Il est vrai que c’est devenu si rare, dans la production du tout-venant tel qu’il se présente à nous d’une rentrée l’autre, d’être émerveillé par la lecture d’un essai qui n’en est pas vraiment un, consacré à une œuvre dont on croit avoir fait le tour de longue date tant elle a été ensevelie sous les commentaires, et à un auteur dont on croit tout savoir alors qu’en réalité on en sait à peu près rien de tangible. Le titre même du livre de Philippe Forest annonce les réjouissances : Shakespeare. Quelqu’un, tout le monde et puis […]
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Généralement, lorsque surgissent des inédits de jeunesse signés à d’auteur de renom, ce n’est pas très bon signe. L’exhumation est toujours douteuse et le fond de tiroir, suspecté. Raison de plus pour saluer une exception lorsqu’elle se présente. Bien sûr, l’édition bilingue des Poèmes de Czernowitz 1938-1945 de Paul Celan (24 euros, 325 pages, Seuil) qui parait ces jours-ci attirera en priorité les fidèles lecteurs du grand poète- et ils sont de plus en plus nombreux en France. Mais ce sera peut-être l’occasion d’élargir le cercle davantage encore car ces poèmes de jeunesse sont plus accessibles que ceux de la […]
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Excellent, non, et si fort à propos ? Jean Paulhan a écrit cela un jour quelque part. Une fois isolée du texte qui l’encadrait, cette phrase s’est naturellement métamorphosée en citation. Enfin, presque. Tout est une question d’italiques et surtout de guillemets. En avoir ou pas. Ce détail sépare la citation de l’emprunt sinon du plagiat. Il suffit de plaider l’hommage discret à un auteur adulé pour rejeter l’idée d’un emprunt éhonté car inavoué à condition toutefois de ne pas en abuser. On appelle cela l’intertextualité. En citant un grand auteur, on se l’approprie., comme en témoigne le riche hors-série […]
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Contrairement aux propos rassurants répandus dans la presse, l’appartement de Jacques Prévert n’est pas sauvé. L’avenir de ce lieu ainsi que de l’appartement de Boris Vian et de la terrasse « des trois Satrapes », qui les relie, demeure extrêmement incertain en raison des projets d’extension du Moulin Rouge. Tant qu’il en est encore temps, visitez ces lieux et signez la pétition lancée par l’association « Chez Jacques Prévert » : https://www.change.org/p/il-faut-sauver-l-appartement-de-jacques-pr%C3%A9vert Chaque signature, chaque témoignage de visiteur peut faire avancer le dossier de classement – procédure qui, seule, garantira la pérennité d’un patrimoine extraordinaire sur le plan architectural, historique […]
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La cause est d’ores et déjà entendue : 2026 sera encore pire que 2025. On nous l’annonce partout : ce sera l’année de tous les dangers. Mais ce n’est pas parce qu’on nous le répète à tous propos qu’il faut y consentir et s’y résigner. Comme d’habitude, on s’aidera de livres. Pour moi, ce sera Méditations sur Don Quichotte (Meditaciones del Quijote, traduit de l’espagnol par Mikaël Gomez Guthart, 150 pages, 17,50 euros, fario) paru ces temps-ci. Parce que son auteur José Ortega y Gasset (Madrid, 1883-1955), un grand esprit au prestige, à l’autorité, à l’empreinte sur le débat d’idées […]
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