de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

A l’ombre des forêts

A l’ombre des forêts

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Il n’y a pas comme des étrangers pour nous rappeler au souci de la langue française qui devrait être le nôtre. Encore que l’anglais Michael Edwards et l’irlandais Samuel Beckett n’ont jamais eu besoin d’une carte d’identité nationale en bonne et due forme pour ressentir une profonde intimité avec leur pays d’adoption. Ils ne la ramènent pas ; n’empêche qu’à les lire, on se sent un peu morveux, contrit de n’avoir rien compris de ce qui se joue aujourd’hui d’essentiel dans cette affaire là. La langue, c’est ce qui nous sort de l’âme car c’est celle que nos parents nous ont […]

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Ce que « cervantiser » veut dire

Ce que « cervantiser » veut dire

Juan Goytisolo

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D’une manière générale, il existe deux sortes d’écrivains, ceux qui conçoivent leur tâche comme une carrière et ceux qui la vivent comme une addiction. L’écrivain qui appartient à la première catégorie prend soin de sa promotion, se dépense pour assurer sa visibilité médiatique et aspire au succès. Ce n’est pas le cas pour celui qui appartient à la seconde. Pour ce dernier, réaliser son propre épanouissement lui suffit amplement, mais si toutefois il arrive que son addiction lui procure quelques gains matériels, alors il passe de la catégorie des toxicomanes à celle des dealers ou des revendeurs. J’appellerai ceux de […]

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Sarraute, Guyotat et l’entretien que nous sommes

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Chez la plupart des écrivains, il y a l’œuvre proprement dite, et que nul ne s’avise de prendre ce « proprement » en mauvaise part, et les à-côtés, essentiellement le Journal et la correspondance, qui souvent la complètent et parfois la surpassent. Quand ils cessent d’écrire, ils n’en continuent pas moins à parler. Le livre-entretien est même devenu un genre en soi. Dans le pire des cas, une interview étirée destinée à pallier la paresse ou la sécheresse d’un auteur. A son meilleur, une confession qui ne dit pas son nom. Entre les deux, ce qu’on peut attendre de mieux de ce […]

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Shakespeare, lecteur de Foucault

Shakespeare, lecteur de Foucault

Lamberto Tassinari

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History is a nightmare from which we have yet to awake. James Joyce Ce sont les paroles les plus silencieuses qui apportent la tempête. Ce sont les pensées qui viennent comme portées sur des pattes de colombes qui dirigent le monde. Friedrich Nietzsche Parmi les milliers de livres que Shakespeare a lus, il y a Qu’est-ce qu’un auteur ?, la fameuse conférence que Michel Foucault a prononcée devant les membres de la Société française de philosophie le 22 février 1969 à Paris. Que l’homme de Stratford ait pu avoir accès à ce texte constitue un mystère que même un biographe du Barde aussi érudit […]

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Quoi de neuf? « La Montagne magique »

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Médiocre, la rentrée littéraire ne peut pas l’être en France. Risquons même : jamais ! Passons sur le rituel d’autoflagellation bien français qui consiste à mépriser systématiquement la production nationale au motif qu’elle manquerait d’air, de hauteur, d’ambition. Passons sur le fait que l’on trouve toujours des pépites à la surface du tamis, du côté des romans attendus d’auteurs consacrés comme parmi les manuscrits inattendus d’auteurs inconnus. La rentrée étrangère est par définition un gage de qualité. D’autant que la France est le pays au monde qui traduit le plus : environ 20% de ce qui paraît chez nous en […]

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De la littérature exigeante et de celle qui ne l’est pas

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Quelques temps après l’attribution du prix Goncourt 2016 à Mathias Enard, un écrivain de mes amis mais que je me garderais bien de nommer, déçu de n’avoir pas été lui-même couronné cette année-là, me prit à part au hasard d’une rencontre en province et me tint ce discours : « J’ai crû comprendre que Boussole avait été choisi en raison de son exigence littéraire. Le mot revient dans tous les articles et la plupart des commentaires. Mais ça ne veut strictement rien dire, une littérature exigeante ; ce n’est ni un critère, ni un paradigme, encore moins une catégorie ou même une qualité ; […]

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« On n’entend que le montagnard du Kremlin/ L’assassin et le mangeur d’hommes »

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Mandelstam, on connaît. Il suffit d’avoir un jour effleuré son oeuvre, fût-ce en traduction, pour en être marqué à jamais. Si en plus on a lu sa biographie par Ralph Dutli, on connaît mieux. Et mieux encore si l’on a conservé en mémoire Le Bruit du temps, recueil d’esquisses autobiographiques qui dit la puissance et la fragilité de sa parole poétique au plus profond de ses cinq années de mutisme poétique. Ou la formule de Marina Tsvetaeva (ici sa traduction du Crépuscule de la liberté), laquelle s’interrogeait : comment un grand poète peut-il être un homme petit ? Elle accablait le prosateur […]

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Un certain malaise avec Stefan Zweig

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Voilà un écrivain que l’on peut associer à tout sauf au malaise. Non que l’on sorte immanquablement heureux de la lecture de ses livres ; mais la mélancolie qu’ils engendrent souvent est faite d’une nostalgie sans tristesse, même lorsqu’on connaît la fin de sa propre histoire, la mort volontaire. En fait, le malaise à son endroit m’est venu après avoir vu le film de Maria Schrader Stefan Zweig- Adieu à l’Europe (Vor der Morgenröte- Stefan Zweig in Amerika). Non qu’elle ait rendu son héros méconnaissable, ou qu’elle l’ait travesti ou encore détourné. Pire encore : le film est si bon qu’il en […]

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La merveilleuse défaite d’Albert Cohen

La merveilleuse défaite d’Albert Cohen

Albert Bensoussan

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Chez Albert Cohen et dans toute son œuvre, l’idée de la disparition, de la fin du monde, de la mort – pour lui et ses « frères humains » – est très ancienne. Ce natif de Corfou, qui a connu l’exil, à Marseille où ses parents avaient trouvé refuge en 1900, et à un âge si tendre – cinq ans –, cet enfant nomade qui deviendra un adulte sédentaire, a toujours eu sous les yeux et sa vie durant l’image d’un monde instable, périssable, en voie de décomposition. Alors que l’Europe, et principalement la France, connaissent aujourd’hui la terrifiante angoisse du terrorisme […]

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Virginia Woolf à la folie

Virginia Woolf à la folie

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A la folie, c’est aussi une manière pour un lecteur d’aimer un écrivain. Mon cas depuis longtemps avec celle que notre intimité m’autorise à appeler simplement Virginia. Elle pour moi, c’est dans l’ordre de l’écriture, au XXème siècle littéraire de langue anglaise, une sensibilité absolue alliée à une intelligence remarquable. Son œuvre en témoigne. On pourrait revenir à loisir sur Mrs Dalloway, la Promenade au phare, une Chambre à soi, les Années, les Vagues bien que dans ce dernier cas l’abstraction des sentiments m’ait laissé désemparé sur les rivages. L’admiration critique me pousse également à juger sévèrement la biographie du […]

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