de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Histoire Littéraire

Nul besoin d’yeux d’époque pour lire les classiques

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Quand le public se nourrissait de romantiques, les romantiques se nourrissaient de classiques. Encore faut-il s’entendre sur le sens du mot sans se taper dessus. Dans son Dictionnaire des idées reçues, Flaubert prévenait : « Classiques (Les) : On est censé les connaître ». Pas mal mais il aurait pu faire mieux. Quelque chose du genre : « Ne jamais dire qu’on les lit. Toujours dire qu’on les relit ». De toutes façons, nul n’a mieux fait qu’Italo Calvino dans un article de L’Espresso en date du 28 juin 1981 :  “Est classique ce qui tend à reléguer l’actualité au rang de rumeur de fond, sans pour autant prétendre éteindre cette rumeur. […]

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Gabo et Mario vont en bateau

Gabo et Mario vont en bateau

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Pas facile d’organiser la rencontre publique de deux « titans des lettres latinoaméricaines », comme il est d’usage de présenter les deux Nobels Gabriel Garcia Marquez (1927) et Mario Vargas Llosa (1936), en l’absence de l’un des deux. Disons que c’est une rencontre à moitié posthume qui s’est donc tenue hier à l’Escorial dans le cadre du programme estival de l’université de la Complutense de Madrid, l’un des deux étant décédé il y a trois ans. Gabo et Mario vont en bateau… On pourrait raconter un demi-siècle de littérature et de politique latino-américaine à travers leur amitié intense, houleuse, contrastée, interrompue. Des […]

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H.D. Thoreau :  qu’est-ce qui est vraiment nécessaire à la vie ?

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Bientôt les vacances ? Alors attendez-vous à ce que je vous bassine avec la visitation, la relecture, la redécouverte des classiques. Une vie de lecteur ne suffirait pas à épuiser le sujet. Voilà un rituel auquel je n’ai jamais manqué de sacrifier plus particulièrement en été, ce qui est devenu moins facile quand on a aussi et par ailleurs un roman à terminer et ceux de la rentrée à lire. Aujourd’hui, Henry David Thoreau (1817-1862). Pourquoi lui ? Parce qu’il revient en force. Incroyable le nombre d’articles dans plusieurs langues qui le citent ou s’y réfèrent depuis quelques mois. Mort il y […]

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Barbarie des « Misérables »

Barbarie des « Misérables »

Roméo Fratti

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Dans l’Antiquité, le terme ‘barbare’ est utilisé par les Grecs, puis par les Romains. Le barbaros ou barbarus désigne alors l’étranger, celui qui se situe à l’extérieur de la civilisation, entendue comme société ou communauté aux mœurs civilisées. Cet attribut de la barbarie implique, par définition, une exclusion, une non-participation à la vie politique. Or, dans Les Misérables, certains personnages se situent d’emblée ou se retrouvent dans un état de marginalisation. C’est le cas notamment de Thénardier, figure du ‘mauvais pauvre’, dont les actes sont en net contraste avec les mœurs a priori policées de la société ; de Fantine, que […]

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Pour saluer Juan Goytisolo

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L’écrivain espagnol Juan Goytisolo, prix Cervantès 2014, s’est éteint à 86 ans à Marrakech où il vivait depuis longtemps après avoir longtemps vécu exilé de Barcelone, sa ville natale, à Paris et aux Etats-Unis où il enseigna la littérature. Il sera enterré au cimetière de Larache, non loin de la tombe de Jean Genet, écrivain auquel il vouait une grande admiration. On trouvera dans ce lien du quotidien El Pais (http://bit.ly/2rpJLRP) et dans celui-ci du quotidien ABC  (http://bit.ly/2rTaS9d) nombre d’articles et d’interviews de et sur Goytisolo, ainsi que des commentaires informés sur son oeuvre. Le 9 juillet 2009, j’avais mis en […]

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La verrue sur le nez de M. Poirier

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Au fond, qu’est-ce qui distingue un écrivain des autres personnalités publiques ? L’écrivain, c’est celui qui refuse par principe de se faire tirer le portrait et qui manifeste cette humeur sur chacun de ses portraits. Il faut le comprendre : il entretient un jeu de fascination/répulsion avec ce medium au-delà même de ses rapports complexes avec sa propre image (incroyable le nombre d’auteurs qui ne peuvent pas s’encadrer !). Cette tension est au cœur d’une réflexion collective qui eut pour cadre champêtre le centre culturel de Cerisy-la-salle en 2007 et qui se déploie seulement maintenant dans un album richement illustré, comme il se […]

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Traduire le silence de Rimbaud

Traduire le silence de Rimbaud

Roméo Fratti

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Comment entendre le langage baudelairien « des fleurs et des choses muettes » si ce n’est par le silence, premier pas vers l’écoute et la possibilité de comprendre ? « J’écrivais des silences, (…) je notais l’inexprimable (…) » affirme Arthur Rimbaud au moment de son bilan poétique dans Une saison en enfer. L’auteur suggère un refus de l’acte d’énonciation de la voix poétique et semble confier sa création à une perception sensorielle silencieuse, capable d’exprimer des aspects inexprimables du monde. Le sujet se tait pour céder sa place au silence. L’écriture en vient donc à désigner un processus de transcription du silence, qu’il s’agisse du […]

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Pour une histoire catastrophique de la Suisse

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La Suisse, doux et paisible voisin que le monde entier devrait nous envier, relève-t-il d’un Sonderfall, un cas particulier s’agissant de son rapport à la catastrophe ? Peter Utz, qui a exploré de fond en comble les littératures de son pays face au cataclysme, y répond dans un essai brillant, argumenté, convaincant comme les éditions Zoé peuvent s’enorgueillir avec ceux Peter von Matt (notamment La Poste du Gothard ou les états d’âme d’une nation publié il y a deux ans à Genève. Professeur de littérature allemande à l’université de Lausanne, Peter Utz est l’un des meilleurs connaisseurs de l’œuvre de Robert Walser, de […]

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Bagatelles pour un pensum

Bagatelles pour un pensum

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Encore Céline ? Encore… A croire qu’on n’en finira jamais avec lui. Sauf que cette fois, c’est autant de l’homme et de l’œuvre qu’il s’agit, que de l’immense cohorte de ses fidèles lecteurs, confondus pour les besoins de la cause en autant de céliniens, célinologues, célinomanes, célinolâtres (heureusement qu’il ne signait pas Destouches !). La cause, c’est celle de Pierre-André Taguieff et d’Annick Duraffour, deux universitaires qui ont consacré énormément de temps, d’effort, d’énergie à effectuer des recherches sur un homme qu’ils vomissent et sur une œuvre qui les indiffère ; une telle attitude, qui n’est pas si courante en histoire littéraire, relève […]

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Albert Memmi, dedans et dehors

Albert Memmi, dedans et dehors

Albert Bensoussan

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S’il est un homme à avoir pensé la Tunisie au temps de l’Indépendance, c’est bien l’écrivain Albert Memmi, romancier à succès – prix Carthage 1953 –, intellectuel engagé et sociologue accompli. La littérature de langue française en Tunisie commence réellement avec lui et la publication de La statue de sel, roman parrainé par ce grand découvreur que fut Maurice Nadeau et préfacé par Albert Camus. Memmi est alors un Tunisien convaincu. Né en 1920, à l’approche de son centenaire, il nous livre dans Tunisie, An I (édité et annoté par Guy Dugas, Biblis, CNRS éditions, 226 p., 10 €) ses carnets […]

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