de Pierre Assouline

en savoir plus

La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature de langue française

Familles, je vous haime !

Familles, je vous haime !

1036

commentaires

Certains titres de romans donnent immédiatement le vertige avant même d’ouvrir le livre, ou de se renseigner sur « ce que ça raconte » en le retournant, comme on se précipiterait intrigué vers le cartouche sous le tableau d’une exposition pour savoir « de quoi il s’agit ». Le cas de Je voudrais que la nuit me prenne (18 euros, 208 pages, Belfond) d’Isabelle Desesquelles. La mort d’une enfant vue du point de vue de l’enfant. Elle dit « je » de son vivant et continue d’outre-tombe d’un point de vue omniscient. Le parti pris narratif  est original, audacieux, risqué car il n’est pas sans créer un […]

lire la suite .../ ...
A chacun sa montagne magique

A chacun sa montagne magique

697

commentaires

Il arrive qu’un grand roman occupe une telle place dans l’imaginaire collectif que son titre devienne un totem. Surtout pour les écrivains qu’il a durablement hantés. Quel romancier américain n’a pas dès ses débuts eut l’ambition de réussir son Moby Dick ? Ce statut particulier, seules les grandes œuvres intemporelles et universelles peuvent y prétendre. Il y a autant de listes que de lecteurs ; mais il est rare que La Montagne magique (1924) de Thomas Mann ne se retrouve pas dans la plupart, d’autant qu’il s’agit d’un roman de formation et le titre même se prête bien à l’appropriation.  Rome ou Jérusalem ? […]

lire la suite .../ ...
Ces romans, quel cinéma !

Ces romans, quel cinéma !

1171

commentaires

Nul besoin d’être gardnerologue pour savourer Les nuits d’Ava (304 pages, 20 euros, Actes sud) de Thierry Froger puisque ce n’est ni un biopic ni une biographie. Ava Gardner n’est qu’un prétexte pour exprimer bien d’autres choses. C’était un peu la démarche de Laurent Binet avec HhHhh dans lequel le narrateur parlait autant de son passion pour Prague, pour sa petite amie etc que de l’assassinat du gauleiter Heydrich par deux résistants tchèques venus de Londres, le « sujet ». Bref rappel du détail de l’existence de Gardner qui sert de fil d’Ava : un jour à Rome en août 1958, en marge du […]

lire la suite .../ ...
Des violences faites aux femmes et aux hommes

786

commentaires

Encore deux premiers romans ! Il est vrai qu’ils donnent le la de cette rentrée. D’abord celui d’Inès Bayard Le Malheur du bas (266 pages, 18,50 euros, Albin Michel). Au départ, l’image trop lisse d’une certaine conception du bonheur conjugal. Un couple de trentenaires lié par un amour réciproque dans son intensité. Issus d’une bourgeoisie aux valeurs traditionnelles, choyés par des leurs belles-familles, protégés par un milieu d’amis qui leur ressemblent, ce sont des vivants heureux. Lui travaille dans un grand cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces et les successions. Elle est conseillère en patrimoine financier dans une banque. Ils partent tôt […]

lire la suite .../ ...
La rentrée en fanfare des premiers romans

592

commentaires

Les gazettes s’échinent, comme chaque année à la même époque, à chercher « le » thème de la rentrée littéraire en regroupant quelques livres artificiellement ; certaines trouvent un air de famille à des romans où les parents sont remis en question ; d’autres regroupent les romans à clefs entre eux, ce qui a au moins le mérite de pointer la vanité du genre ; on attend ceux qui déploreront à juste titre le grand absent, à savoir la question sociale ; alors que le retour en force, en vivacité, en énergie, en audace, en liberté du premier roman sur le devant de la scène […]

lire la suite .../ ...
Maison Blondin & fils

Maison Blondin & fils

924

commentaires

Il ne suffit pas de traverser la France en levant le coude et en lâchant des calembours dans chaque bar de rencontre pour se croire l’héritier d’Antoine Blondin. Il y faut également de la plume, de la mélancolie, un sens de l’amitié jamais pris en défaut et un certain supplément d’âme. Une bonne descente peut aider, aussi. Toutes qualités dont Christian Authier est pourvu. En témoigne son septième roman Des heures heureuses (267 pages, 19 euros, Flammarion) dont le titre est déjà un concentré de nostalgie. Robert Berthet, la cinquantaine, est un agent en vins naturels (entendez : bio ou biodynamiques), un […]

lire la suite .../ ...
Le roman de Patrick Grainville fait bonne impression

1176

commentaires

Au fond, qu’est-ce qu’un chef d’œuvre sinon ce livre, ce film, cette pièce de théâtre, cette sculpture ou ce tableau qui vient à point nommé dans notre vie nous expliquer ce qui nous arrive mieux que nous ne saurions le faire ? Question de kairos. Rien de plus personnel, arbitraire, subjectif, loin des canons de l’histoire de l’art. De toutes les toiles qui me hantent depuis des années, la Terrasse à Sainte-Adresse de Claude Monet est l’une des plus têtues. Elle est pourtant d’une infinie délicatesse, cette scène de genre dans l’été normand où l’on voit au premier plan un couple […]

lire la suite .../ ...
Le Cahier bien tempéré de Pierre Michon

1578

commentaires

On se réjouit autant qu’on se méfie lorsque pointe à l’horizon un Quarto, une Pléiade ou un Cahier de l’Herne. Non lorsqu’il concerne un classique mais un classique moderne, un contemporain. Rien de tel pour enterrer un écrivain de son vivant avant de l’embaumer en sa présence même. C’est signe que l’œuvre est achevée ce qui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Ainsi Pierre Michon vient-il de subir ce traitement par la parution d’un Cahier de l’Herne (343 pages, 33 euros) à lui élevé comme on le dirait d’un mausolée. Cela dit, quel bonheur de lecture… Rarement on aura lu un […]

lire la suite .../ ...
Les écrivains sont-ils de meilleurs historiens ?

1321

commentaires

Depuis une dizaine d’années, les historiens assistent, stupéfaits ou ravis, à une dépossession de leur savoir ; le phénomène se produit au profit d’écrivains qui ont entrepris de mettre l’Histoire en situation d’étrangeté. A la lumière de récentes affaires et sans jeter d’huile sur le feu, convenons que la fiction est souhaitable aux yeux des historiens dès lors qu’elle permet d’aller là où il ne vont pas, de dire ce qu’ils n’ont pas réussi à dire avec les moyens qui étaient les leurs (archives, témoignages…), d’imaginer ce qu’ils n’avaient pas droit d’imaginer eu égard à leurs contraintes, de prolonger leur réflexion […]

lire la suite .../ ...
Sinon l’enfance…

Sinon l’enfance…

Albert Bensoussan

3

commentaires

Après avoir tant écrit sur et pour la jeunesse – plus de vingt titres éparpillés entre Actes Sud Junior, Belin jeunesse, Flammarion ou Gulf-Stream −, Françoise Grard, nostalgique du fameux distique de Saint-John Perse « Sinon l’enfance / qu’y avait-il qu’il n’y a plus ? », se souvient de Montaigne et de son fameux avertissement au lecteur : « Je suis moi-même la matière de mon livre ». Elle décide, alors qu’elle entre pudiquement dans sa sixième décennie – âge légal pour se pencher sur soi −, de dresser dans Printemps amers !Éditions Maurice  Nadeau, 2018, 364 p., 19€) un bilan de sa vie, qui est, forcément, un […]

lire la suite .../ ...
PAGE12345...1020...Last »