de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature de langue française

Le temps retrouvé de Philippe Lançon

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Rares sont les chocs avec les nouveautés, ainsi que sont désignés les livres qui viennent de paraître à l’égal d’articles de mode. De ces livres qui ébranlent jusqu’à ce que le lecteur se promette d’y revenir bientôt, ne fût-ce que pour vérifier ses impressions premières cette fois émondées de la découverte et de l’effet de surprise. Ce pourrait bien être le cas du Lambeau (508 pages, 21 euros, Gallimard) de Philippe Lançon. Même prévenu par le bruit qu’il fait, le plébiscite de la critique et le succès public, on reçoit sa lecture comme une gifle qui laisse sonné. On dira que […]

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Ta disparition signera l’impossibilité d’être sans toi

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Au début, sous l’influence du titre énigmatique Si (315 pages, 21 euros, Gallimard), on se dit que l’on va rapidement se retrouver du côté de Kipling : Si, If…,tu seras un homme mon fils etc A la lecture de l’épître dédicatoire, après la rituelle évocation de la famille, quasi inévitable dans un premier livre, le « A ceux qui ont été là » laisse à penser qu’il y a dû avoir quelque chose de l’ordre de l’épreuve, impression première confirmée dès les toutes premières pages. Des parents, un enfant de 10 ans, une plainte, comme un problème au fond de la gorge, une tache noire, l’amorce […]

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Une autre colline des hommes perdus

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Dans une vie d’écrivain chaque histoire vient à son heure. Question de kairos. Surtout ne rien forcer. Il suffit d’attendre qu’elle s’impose, et plus encore lorsqu’elle est autobiographique. Tahar Ben Jelloun aura mis près de cinquante ans non à écrire mais à oser écrire La Punition (153 pages, 16 euros, Gallimard). « Sans cette épreuve et ces injustices je n’aurais jamais écrit » Il s’était joint à d’autres étudiants, adhérents de leur syndicat de gauche Unem (Union nationale des étudiants marocains), pour manifester le 23 mars 1965 à Casablanca et dans les grandes villes du royaume afin de dénoncer une circulaire jugée inique du ministère de […]

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Des romans de Jean Lartéguy comme outil militaire

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On savait déjà que La Guerre moderne (1961), dans lequel le colonel Trinquier théorisait la guerre subversive ( « ne pas tuer mais conquérir la population »), était un classique des écoles de guerre américaines ; ce combat contre l’ennemi avec ses propres armes avait été découvert par les officiers français en Indochine lors de l’affrontement avec le Viet Minh. On se souvenait également que les aventures de Malko Linge racontées dans ses romans d’espionnage par Gérard « SAS » de Villiers avaient suscité les éloges du ministre des affaires étrangères Hubert Védrine pour « un œil et un flair incroyables », pour sa capacité d’anticipation et […]

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Pierre Lemaitre rallume l’incendie

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Un passage du long et instructif entretien avec Elena Ferrante publié ces jours-ci dans L’Obs devrait décourager toute analogie entre un écrivain contemporain et l’un de ses maîtres à écrire. Pourtant éditeurs et critiques y cèdent souvent tant la tentation est grande, pratique et paresseuse. Qu’a donc confié la romancière italienne à Didier Jacob qui fasse désormais hésiter avant toute recherche en paternité ? « J’ai parfois recours à certains des puissants outils de la littérature : toutefois, que je le veuille ou non, je sais bien que nous vivons dans une période totalement différente de celle pendant laquelle cette littérature a exercé […]

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Eric Vuillard, un zeste d’exactitude poétique dans l’intelligence de l’Histoire

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De prime abord, il n’en a pas l’air. Paisible, fin, lisse, souriant : on lui donnerait le bon Dieu sans confession mais l’on sent déjà que cela n’irait pas sans contestation de sa part. Car malgré tout ce qui se manifeste en lui d’immédiatement bienveillant, dès que la conversation s’engage, Eric Vuillard, prix Goncourt 2017 pour L’Ordre du jour, se révèle comme un homme de paradoxes. Un natif de 1968 dont la biographie pose problèmes. A peine découvre-t-on qu’il n’a cessé de déserter le lycée qu’il confie avoir accumulé les diplômes par la suite ; serait-on tenté de déduire un tropisme de […]

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De quoi Georges Perros est-il le non ?

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Inclassable, cette œuvre est impossible à ranger tant son auteur se refusait à être dérangé. Pas une de ses lignes qui n’illustre une esthétique du refus. Il y a incontestablement du Bartleby en lui, mais en plus radical. D’autant que ses « non » s’exerçaient dans la sphère de l’édition, de la librairie et de la moindre participation à la mondanité littéraire. Lui aussi préférait ne pas. Ses écrits sont des dépôts ; il faut laisser fermenter, quitte à ce que ça prenne toute une vie, rien ne presse. Il est vrai que lorsque tant d’autres s’ingénient à se faire une place au […]

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L’éternel écrivant

L’éternel écrivant

Daniel Lefort

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Même si tous font usage de la main pour coucher sur le papier ou, de plus en plus souvent, afficher sur l’écran le produit de leurs rêves et de leurs pensées, il y a au moins deux sortes d’écrivains : ceux qui parlent et ceux qui observent, les adeptes de la parole et les familiers du regard, les uns enclins au récit et les autres rompus à la description – peut-être y a-t-il entre eux la même différence qu’entre les historiens et les géographes, les conteurs et les peintres. Albert Bensoussan est sans conteste dans le clan des conteurs. Il […]

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L’odieuse confession de Victor Renard

L’odieuse confession de Victor Renard

Jean-Jacques Beineix

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En cette abondante rentrée littéraire, l’Embaumeur (528 pages, 20,90 euros, La Martinière), obsidienne noire, aux brillantes facettes, est un livre aussi fascinant qu’envoûtant. Sous la plume exigeante et acerbe d’Isabelle Duquesnoy qui nous avait déjà offert une très belle constance Mozart, nous découvrons Victor Renard, singulier personnage, qui nous emporte dans sa lugubre industrie pour notre plus grand plaisir. Victor Renard, pour échapper à une mère abusive autant qu’intrusive, La Pascaline, après le décès de son père, se réfugie dans le monde des morts pour apprendre à vivre et à aimer. Curieuse manière d’être, étrange parcours que celui de cet homme mal aimé […]

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Amaury Nauroy, lanterne inspirée des rondes de nuit

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D’un côté, un jeune auteur parfaitement inconnu dont c’est le tout premier livre. De l’autre, des auteurs très connus surtout là-bas, sur l’autre versant de la frontière, en Suisse, une contrée exotique pour tant de Français. Entre les deux, la littérature vécue comme une passion. De ce croisement est né l’ouvrage le plus original, le plus inattendu, le plus fin de cette rentrée, laquelle compte comme chaque année à la même époque une douzaine de bons livres mais aucun qui s’impose. On n’en voit guère qui ait la qualité de Rondes de nuit ( (288 pages, 24 euros, Le Bruit […]

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