de Pierre Assouline

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La République des livres

Littérature de langue française

Les fantômes de l’hôtel Aletti et ceux de la Maison indigène

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Mais où, dans quel roman et sous la plume de quel écrivain, n’y a-t-il pas au moins un chapitre sur l’épidémie ? Chaque jour, il en pleut comme à Gravelotte. A croire que l’on voudrait se rassurer en examinant comment cela se passait dans la fiction en d’autres siècles et d’autres époques. La Fontaine, Daniel Defoe, Thomas Mann, José Saramago, Boccace, Mary Shelley, Stephen King, Richard Ford (la liste s’allonge de jour en jour) etc sans oublier Albert Camus, bien sûr, dont l’Obs nous assure qu’il avait « vraiment tout prédit, étape par étape » ! Basta ! Un article du New Yorker résume tout […]

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Des écrivains de SF au secours de l’armée

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Les écrivains ont tort de se faire du mouron pour leur avenir dans une société désormais régentée par l’ordre moral, les ligues de vertu, la censure, la chasse à l’homme, l’emballement médiatique… L’armée est là et elle les veut ! Il ne s’agit pas de les former à la guerre civile des mœurs et des idées, ni de les préparer à une insurrection qui vient. Les militaires reconnaissent enfin que la littérature peut leur rendre un grand service en ces temps aux contours flous où ils manquent de visibilité à moyen et long terme. Un certain type de littérature en tout cas : […]

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Verve et générosité de Pierre Lemaitre

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Quel souffle ! Si puissant, si continu, si coloré, si imaginatif que l’on se prend à rêver qu’à lui seul il puisse oxygéner une fiction française quelque peu anémiée. Il est vrai que Miroir de nos peines (528 pages, 22,90 euros, Albin Michel), troisième tome de la trilogie de Pierre Lemaitre commencée avec Au revoir là-haut (prix Goncourt 2013) et poursuivie avec Couleurs de l’incendie, non seulement ne déçoit pas les ravis du début mais a ceci d’exceptionnel, en tout cas de rare dans le genre, que la force d’évocation est constante sur l’ensemble du triptyque désormais clos – car il […]

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Camus, le poète derrière le philosophe

Camus, le poète derrière le philosophe

Roméo Fratti

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Albert Camus, un poète épris de lyrisme ? Rien ne semble moins sûr à la lecture de ce passage tiré d’une lettre adressée à Francis Ponge, le 27 janvier 1943 : (…) les romantiques ne me persuadent pas – et surtout ils ne m’émeuvent pas – lorsqu’ils me parlent de sentiments ou de situations ineffables, indicibles, infinis. Ces préfixes privatifs sont seulement les signes de leur pauvreté personnelle. Ils m’affirment que tel sentiment est indicible, ils ne me le font pas sentir. Nourri d’auteurs classiques, Camus a toujours cultivé une brièveté et une retenue apparemment peu en accord avec les épanchements du […]

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Mon père, cet anti-héros

Mon père, cet anti-héros

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Certain(e)s disent « mon père » ; d’autres, « papa ».  Il en va de même pour la mère, rassurez-vous, mamans. En quoi les un(e)s et les autres se distinguent. Il semble que ce soit une question d’éducation, du moins à l’oral. De circonstances aussi. Deux romans y reviennent en cette seconde rentrée littéraire. Enfin, « romans », on se comprend. Un label de convenance. Une manière de s’autoriser le cas échéant au détour d’un paragraphe erreurs, approximations, oublis, pas de côté, tremblements, émotions, fantasmes. Toutes choses constitutives de ces traces qui disent l’intime vérité d’un être. Dans le cas de Régis Jauffret comme dans celui de […]

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Les noeuds d’un mikado

Les noeuds d’un mikado

Albert Bensoussan

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Gilles Rozier n’est pas seulement l’un de nos grands traducteurs du yiddish — cette langue de la Mitteleuropa juive qu’on croyait partie en fumée —, avec sur sa table de travail Esther Kreitman (Blitz et autres histoires), Chil Rajchman (Je suis le dernier Juif : Treblinka) ou Avrom Sutzkever (Le ghetto de Wilno), où chaque oeuvre fait renaître ce monde du shtetl et des ghettos d’Europe centrale qui fut celui de ses grands-parents polonais. C’est aussi un poète et le romancier reconnu d’Un amour sans résistance ou D’un pays sans amour. Il publie aujourd’hui le Mikado d’enfance (l’Antilope, 2019, 192 […]

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Une seule phrase pour sortir de la rentrée en beauté

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Il en va de la rentrée littéraire comme de l’incipit d’un livre : on ne sait pas plus quand l’une s’achève et où l’autre se termine. Pour ce qui est de la première, il y bien la date butoir des prix littéraires de l’automne et l’annonce des beaux-livres des fêtes. La librairie semble alors en suspens, observant une sorte de trêve permettant aux prescripteurs (libraires, critiques, médias, bibliothécaires) de lire en prenant leur temps, de rattraper des oublis, de ne pas se laisser étouffer par la nouveauté en revisitant des classiques. C’est dans ce moment particulier que la chose s’est glissée […]

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Le roman de Jean-Paul Dubois prix Goncourt 2019

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Le prix Goncourt a été attribué aujourd’hui au roman de Jean-Paul Dubois Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon publié aux éditions de l’Olivier, au deuxième tour de scrutin par six voix contre quatre à Soif d’Amélie Nothomb publié chez Albin Michel. Des voix s’étaient également portées sur Extérieur monde d’Olivier Rolin (Gallimard) et La part du fils de Jean-Luc Coatalem (Stock). D’autre part le prix Renaudot a couronné  Sylvain Tesson pour La panthère des neiges chez Gallimard. Quant au Grand prix du roman de l’Académie française, il a distingué la semaine dernière Civilizations de Laurent […]

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Les sentinelles de nuit de Javier Marias

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Tout écrivain est d’abord un lecteur. Une évidence toujours bonne à marteler quitte à lasser. L’envie nous en prend chaque fois que, dans une interview ou une confession sur ce qui lui tient lieu d’art poétique, l’un d’eux, plus nombreux qu’on le croit, donne l’impression d’être venu au monde écrivain, né d’une génération spontanée qui ne doit rien à personne et à si peu de livres qui ont précédé les siens. Foutaises ! Parfois un petit, souvent un grand lecteur. De ceux qui ont le goût des autres et s’en nourrissent. Ils ont différentes manières de payer leurs dettes, à supposer […]

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Un enfant du silence

Un enfant du silence

ALBERT BENSOUSSAN

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Santiago H. Amigorena est le petit-fils de Vicente Rosenberg, un juif polonais qui a fui l’Europe malade de peste brune pour trouver refuge à Buenos Aires et fonder un foyer avec Rosita Szapire, la fille d’un autre exilé du shtetl. Nous sommes dans ce milieu des Rusos comme on appelle en Argentine la populeuse immigration juive venue du Mitteleuropa — face aux Levantins qu’on appelle  lesTurcos issus de l’empire ottoman dont beaucoup sont également juifs. Mais qu’est-ce qu’un juif ? Françoise Truffaut, qui avait quelque raison de se poser la question, la met dans la bouche du seul personnage juif de ses films, le metteur […]

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