de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature de langue française

Le Goncourt et le Renaudot font le choix des femmes

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( Dépêche AFP)  La jeune romancière franco-marocaine Leïla Slimani a décroché jeudi le plus convoité des prix littéraires en obtenant dès le premier tour de scrutin et en moins de dix minutes de délibérations le prix Goncourt pour son roman Chanson douce (Gallimard). Elle a obtenu six voix au premier tour contre deux voix pour Gaël Faye (Petit pays, Grasset) et une voix chacun pour Catherine Cusset (L’autre qu’on adorait, Gallimard) et Régis Jauffret (Cannibales, Seuil). Le jury du Renaudot a choisi également d’honorer des femmes en attribuant son prix à la dramaturge Yasmina Reza pour son roman Babylone (Flammarion) et, côté essai, […]

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Les intermittences du coeur

Les intermittences du coeur

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Quel écrivain mesure vraiment le risque qu’il court en abandonnant son œuvre entre les mains d’un cinéaste qui en fera la sienne ? Le plus souvent, il est conscient du malaise à naître de la dépossession, mais moins des affres de l’appropriation par un autre créateur. Un détournement de but, de sens, d’esprit le menace ; si le livre en question a eu peu de lecteurs, le dommage demeure personnel, intime ; dans le cas contraire, le risque est grand qu’il porte préjudice au livre, se superpose au puissant souvenir que le lecteur en avait gardé, le dénature peut-être jusqu’à l’éclipser sinon s’y […]

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Une chanson douce aux accents de requiem

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“Le bébé est mort.” Voilà un incipit de roman promis à une certaine fortune. Il résonne comme celui de L’Etranger, la violence en plus, ou comme le murmure d’Agnès dans L’Ecole des femmes (scène 5, acte II). Car Chanson douce (232 pages, 18 euros, Gallimard) s’ouvre sur une scène de crime. Manière de liquider le problème et de signifier au lecteur : ne cherchez pas le suspens de ce côté-là, il est ailleurs, dans le lent démontage de cette logique infernale qui fait basculer un esprit apparemment sain dans la folie meurtrière. Vous voyez à peu près à quoi ressemble la […]

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Vices et vertus de la confusion des genres

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Brouiller les genres littéraires et s’affranchir de leurs frontières, c’est courir le risque d’en subir les conséquences et d’en récolter les fruits. On est à peu près sûr d’être méprisé par les historiens, les sociologues, les journalistes, les romanciers, chacun jugeant à l’aune de sa science ou de son art que c’est trop ceci et pas assez cela ; mais dans le même temps, le public y trouvera son compte si l’auteur a su parasiter et détourner avec talent tous les codes narratifs au profit de son récit. A condition de ne pas se demander si c’est du lard ou du […]

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Dubois, qualité française

Dubois, qualité française

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La qualité française, on voit bien que cela a pu être au cinéma depuis l’après-guerre. Il y eut les films de François Truffaut, puis ceux de Claude Sautet, les uns et les autres frappés de ce label, noble ou indigne selon les points de vue et surtout le ton avec lequel il est prononcé. L’expression est née d’ailleurs à la suite d’un article retentissant de Truffaut en 1954 dans les Cahiers du cinéma « Une certaine tendance du cinéma français » dans lequel il dézinguait Autant-Lara, Delannoy, Clément, Carné, Clouzot, Clair, Duvivier et surtout les scénaristes-dialoguistes au service de leur prétendu « académisme » […]

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Les fantômes de la guerre civile espagnole

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Pas de rentrée littéraire sans une forte présence de la guerre dans la fiction : les deux guerres mondiales bien sûr, avec un tropisme marqué pour l’Occupation (et cette fois à noter le roman d’Alexandre Seurat L’administrateur provisoire et celui de Laurent Sagalovitch Vera Kaplan sur lesquels je reviendrais), la guerre d’Algérie régulièrement et depuis peu la guerre que le terrorisme islamiste livre au reste du monde. Mais de toutes ces parutions, la plus originale concerne cette fois un type de guerre qu’un peuple s’est livré à lui-même : la guerre civile espagnole, celle-ci serait-elle à son insu le véritable premier acte de […]

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Le voyage de Simon Liberati au bout de l’horreur

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Le massacre de Sharon Tate, la femme de Roman Polanski, et de ses amis, dans sa villa de Los Angeles le 8 août 1969. L’affaire a fait les choux gras de la presse pendant des semaines. C’est la matière de California girls (342 pages, 20 euros, Stock) de Simon Liberati. L’auteur de Eva, qui nous avait soufflé l’an dernier, revient avec cette histoire atroce. Il la raconte par le menu, de la préparation du crime à la veille du procès en se focalisant sur les trente-six heures qui ont entouré le passage à l’acte. Ses sources : le dossier de presse […]

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La merveilleuse défaite d’Albert Cohen

La merveilleuse défaite d’Albert Cohen

Albert Bensoussan

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Chez Albert Cohen et dans toute son œuvre, l’idée de la disparition, de la fin du monde, de la mort – pour lui et ses « frères humains » – est très ancienne. Ce natif de Corfou, qui a connu l’exil, à Marseille où ses parents avaient trouvé refuge en 1900, et à un âge si tendre – cinq ans –, cet enfant nomade qui deviendra un adulte sédentaire, a toujours eu sous les yeux et sa vie durant l’image d’un monde instable, périssable, en voie de décomposition. Alors que l’Europe, et principalement la France, connaissent aujourd’hui la terrifiante angoisse du terrorisme […]

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Julien Blanc-Gras en terre inconnue

Julien Blanc-Gras en terre inconnue

Roméo Fratti

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On le savait journaliste et surtout globe-trotteur. En se penchant sur les ravissements de la paternité, Julien Blanc-Gras dévoile ses qualités de « reporter de grossesse ». Même si le caractère introspectif de l’écriture n’est pas sans rappeler le genre du journal intime, ce roman intitulé In utero (190 pages, 15 euros, Au Diable Vauvert) a bien un côté Livre des merveilles à la Marco Polo : après tout, la grossesse n’est-elle pas le plus « banal » et « universel » des périples ? Le plus beau aussi ? « Beau » certes, mais prenons-la avec des pincettes cette beauté de la grossesse : avec un humour décapant, fleurant bon l’autodérision […]

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Le silence d’un père suffit à inquiéter l’enfance d’un fils

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Un écrivain écrit ce qu’il a à écrire à son heure. Kairos, dieu de l’occasion opportune par opposition à Chronos, dieu du Temps et père des Heures, en a décidé ainsi. Ce n’est pas Yves Bonnefoy qui nous démentira. Son dernier livre, dans les deux sens du terme probablement (il s’est éteint le 1 er juillet à l’aube, en est la bouleversante illustration. En 1964, il s’était lancé dans ce qu’il voyait comme « une idée de récit ». Depuis, il n’avait cessé de la reprendre et d’y renoncer, d’interruptions en reprises et de reprises en renoncements. La chose, informe et confuse […]

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