de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

traducteur

Rimer avec l’auteur, reproduire le rythme

Rimer avec l’auteur, reproduire le rythme

Claude Neuman

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J’ai à ce jour traduit les vingt huit Poèmes tardifs (« Späte Gedichte ») d’Hölderlin consacrés aux thèmes des saisons et de la Nature, ensemble pour lequel j’ai commencé, sans trop d’illusion, à chercher un éditeur ; une cinquantaine de Sonnets de Shakespeare -il m’en reste une centaine, ce qui m’occupera sans doute jusqu’à la fin de l’année au moins ; une quinzaine de poèmes de Robert Frost ; et ponctuellement quelque autres poètes de langue anglaise ou allemande. L’été Au doux murmure des vents vont les journées en voyage, Quand la splendeur des champs elles échangent pour les nuages, La fin de […]

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La mauvaise herbe de la mafia

La mauvaise herbe de la mafia

Philippe Godoy

1

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L’herbe, même la mauvaise herbe, a besoin d’air, d’oxygène ; or, c’est ce qui manque à Giueseppe Grassinelli depuis plus de vingt  ans. Enfant, il était surnommé par sa famille malerba ce qui signifie en italien « mauvaise herbe ». C’est le titre de son récit qui vient de sortir en France sous le titre Malerba (traduit de l’italien par Nathalie Bauer, JC Lattès), co-écrit avec Carmelo Sardo. Effectivement,  l’auteur de ce texte  est emprisonné à perpétuité après avoir été condamné pour de nombreux assassinats avec préméditation. Un mafieux de plus, pensera le lecteur français. Mais pourquoi à vie ? Tant de repentis ont […]

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Résurrection d’un roman macédonien

Résurrection d’un roman macédonien

Maria Béjanovska

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Quand j’évoque le titre de ce roman unique de Živko Čingo, La Grande eau, j’ai le cœur qui chavire. C’est à cause de ce texte, ou plutôt grâce à lui, que je suis devenue traductrice littéraire. Je devrais parler de vocation, car à l’époque j’avais déjà un métier passionnant, le journalisme. Je revenais de reportage en Macédoine et, comme toujours, ma valise était pleine de livres. Connaissant mon intérêt pour la littérature, les écrivains et les éditeurs de mon pays natal n’hésitaient pas à me charger d’une quantité invraisemblable d’ouvrages qui ne manquaient pas de me poser quelques problèmes à […]

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Mark Twain écrivait en langue américaine

Mark Twain écrivait en langue américaine

Philippe Jaworski

6

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La peu commune puissance de séduction de Huckleberry Finn (…) si elle doit beaucoup à la figure de son héros éponyme, tient autant, et peut-être plus, à la qualité de la langue orale que Mark Twain fait entendre: la langue américaine de tous les jours, le parler des autochtones, qu’on ne trouvait ni chez Washington Irving, ni chez James Fenimore Cooper, ni chez Nathaniel Hawthorne. Cette fois, la rupture avec la prose bien policée héritée du Vieux Monde est consommée: l’Amérique parle sa langue en littérature; un roman est, pour la première fois, écrit d’un bout à l’autre en américain. «You […]

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Du trafic épistolaire entre Kafka et Milena

Du trafic épistolaire entre Kafka et Milena

Robert Kahn

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(…) Kafka a rencontré Milena à Prague, au café Arco, sans doute en septembre 1919. Après cette rencontre, la jeune femme lui a rapidement proposé de traduire en tchèque le premier chapitre, « Der Heizer » — « Le Chauffeur » — de ce qui allait devenir L’Amérique. Un rapport flatteur s’installe donc d’emblée entre cet auteur juif pragois certes connu des milieux littéraires de sa ville natale mais qui n’occupe encore qu’une position marginale, et cette jeune femme de 24 ans si séduisante : « elle est un feu vivant comme je n’en ai encore jamais vu », écrit-il plus tard […]

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Le Kâmasûtra est ce qu’il semble ne pas être

Le Kâmasûtra est ce qu’il semble ne pas être

Frédéric Boyer

4

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J’entreprenais cette lecture et cette traduction dans le noir. Il y a plus de quatre ans déjà. Ne connaissant à peu près rien à l’Inde ancienne et moins encore au sanscrit. Sans savoir où cette curiosité et ces efforts laborieux me conduiraient. Et toutes ces années je voyais que ma vie changeait rapidement et que j’allais être amené à vivre différemment. La ligne imaginaire du plaisir scinde souvent nos vies. Le sexe est le point le plus intense et le plus secret des vies, rappelait le regretté Michel Foucault, celui où se concentre leur énergie, leur vitesse, qui nous emporte […]

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Traduire la poésie d’idées de Javed Akhtar

Traduire la poésie d’idées de Javed Akhtar

Vidya Vencatesan

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Javed Akhtar est l’une des voix les plus justes de la poésie ourdoue contemporaine. Elle exprime une sensibilité postmoderne, radicalement différente des autres voix de sa génération. Il habite les deux mondes de la métaphysique et du concret avec la même facilité ; entre eux ni opposition ni hiérarchie. Exemple de l’hétérotopie qu’évoque Michel Foucault, sa poésie est une invitation à découvrir d’autres mondes encore, des lieux qui permettent de contester, des lieux de doute, de clair-obscur, d’autres mondes que ceux qui nous sont familiers. Héritier d’une riche tradition poétique familiale, Javed Akhtar réussit pourtant à trouver un mode d’expression dont le timbre frais […]

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Pour redécouvrir Epictète

Pour redécouvrir Epictète

OLIVIER D’JERANIAN

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Nous pensions avoir tout lu d’Épictète, tout connu de ses maximes si profitables à la conduite de nos vies, tout entendu de ses Entretiens, ravis par leur style percutant, n’ayant d’égal que les dialogues du grand Platon. Mais s’il est bien un sort partagé par bon nombre de philosophes antiques, et singulièrement les moralistes, c’est d’être, sinon tout bonnement passés dans l’oubli, du moins résumés au titre d’un seul de leurs livres, quand la loi du marché ne les a pas déjà condamnés pas au rayon des sciences occultes ou du développement personnel. Pour celui d’entre eux, Épictète, que l’on peut considérer […]

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Comment traduire le japonais de Murakami

Comment traduire le japonais de Murakami

Irmela Hijiya-Kirschnereit

4

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Murakami Haruki, l’écrivain japonais le plus lu dans le monde, fêtera son soixante-cinquième anniversaire le 12 janvier 2014 (ndlr— l’original de cet article a été écrit le 4 janvier), deux jours après la parution de Die Pilgerjahre des farblosen Herrn Tazaki, la traduction en allemand judicieusement programmée de son dernier roman — Shikisai o motanai Tazaki Tsukuru to, kare no junrei no toshi (littéralement « Le sans couleur Tazaki Tsukuru et ses années de pèlerinage »), sorti au Japon en avril 2013. En Allemagne, le public et la presse attendent impatiemment cette œuvre depuis octobre 2013, où la date de sa sortie […]

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Dangereuses dérives de la traduction sur manuscrits

Dangereuses dérives de la traduction sur manuscrits

Edith Soonckindt

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Le phénomène n’est plus tout à fait neuf, mais il n’en est pas moins inquiétant et me semble aller croissant, celui qui consiste à faire traduire en français des manuscrits encore inédits en anglais, et donc parfois très incomplets, ou encore imparfaits, au moment de leur traduction. Certains l’attribuent au phénomène Harry Potter, où les éditeurs français auraient été “doublés” par nombre de lecteurs français impatients de connaître la suite, qu’ils ont alors achetée en anglais puisqu’elle n’était pas encore disponible en français… Il se peut que ce soit cela, oui, ou bien, de plus en plus fréquemment, le désir […]

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