Ad Majorem Silentii Gloriam
Vous est-il déjà arrivé de tomber sur un hapax d’autant plus énigmatique que vous le rencontrez pour la première fois et que, malgré le contexte, son sens vous échappe encore ? Alors vous baissez les bras et vous consentez à vous reporter vers ceux qui savent : les dictionnaires, les moteurs de recherche, l’IA… Mon cas ces jours-ci en lisant le nouveau roman de Sylvie Germain Murmuration (200 pages, 19,90 euros, Albin Michel), une expérience d’autant plus étonnante que, s’il existe un écrivain qui ne jargonne pas, s’évertue à trouver le mot juste et manifeste un extrême souci de la langue, c’est bien elle. Ce mot qui m’a laissé perplexe dans ce livre plein d’odeurs, de parfums, de couleurs, de voix et de touchers, c’est « souquenille », terme désuet désignant une longue blouse de grosse toile que revêtent ou revêtaient sur leurs habits les paysans, les valets, les palefreniers et les cochers pour panser les chevaux.
Samuel, 20 ans, son personnage principal, est un écrivain en devenir animé par un absolu de la littérature, prêt à tout abandonner pour se vouer corps et âme à l’écriture. On en a connu et on en connait encore, plutôt rares car la route est rapide de la promiscuité à la précarité et il faut pouvoir tenir par et pour les mots. Sauf que celui-là connaitra le succès et son lot d’infortunes bien après son tout premier Opus incertum signé sous le nom de Tarn, anagramme fluvial de son nom Nart. Comme s’il devait payer la foule de ses lecteurs d’intimes renoncements. Car aussi mystérieusement qu’ils l’ont fêté à ses débuts il arrive qu’ils se retirent. Soudain le grand écrivain ne les intéresse plus ; ils le jugent de plus en plus abscons tandis qu’il s’enfonce dans la spirale de l’échec, grisé puis saoulé de mots. Le voilà périmé. Inutile de les incriminer ; c’est ainsi, voilà tout. La clé de cette lassitude est peut-être à chercher du côté de saint Augustin :
« Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion ».
Elle l’a déserté. Quelques compagnes successives, autant de muses putatives, rien n’y fait. Cette intranquillité fondamentale est au coeur de ce roman hypnotique sur le silence. Elevé dans une famille de taiseux, il aura tâté sa vie des deux mains pour voir si elle était toujours là comme l’écrivait Emily Dickinson, poétesse dont une poignée de vers est reproduite en épigraphe de chaque chapitre. Sa vie sur terre s’achèvera en hallucinations.
Tout ce qu’écrit Sylvie Germain, et Murmuration n’y déroge pas, semble relever du dérisoire projet d’édifier « une digue de papier contre un océan de silence ». Elle donne chair aux mots afin de les faire vivre, de leur conférer volume, couleur, saveur, texture, tessiture dans le but de leur accorder l’essentiel : une capacité de réverbération tant lumineuse que sonore. Avec elle, la transcendance n’est jamais loin. Mais à juste titre, Sylvie Germain refuse de se laisser enfermer dans la désignation “écrivain catholique” d’autant qu’elle se dit avant tout évangélique. Ce n’est pas une fatalité mais il y a de cela : dès lors que la spiritualité s’immisce, discrètement ou en prenant ses aises, voire carrément en majesté, dans l’œuvre d’un écrivain, il passe pour un cul-béni, une grenouille de bénitier. Rien n’exaspérait Graham Greene comme d’être taxé « grand écrivain catholique » – et ce n’était pas à cause de « grand »… On peut être écrivain et catholique sans être pour autant « écrivain catholique », non plus qu’ « écrivain juif » s’agissant de Saul Bellow ou de Philip Roth. L’influence de Georges Bernanos et François Mauriac en a pâti, encore que dans son cas, cela s’aggravait d’une double étiquette la seconde (« grand écrivain régionaliste ») n’ayant rien à envier à la première. Rien n’est plus réducteur quelle que soit la foi. D’autant qu’avec « les cathos », l’ironie glisse vite vers le label qui tue : « ravi de la crèche ». Alors non, surtout pas de ça. Elle bondit au seul énoncé d’« identité » jugé trop fermé et enfermant ainsi qu’elle me l’a dit un jour :
“ C’est figé, c’est mort ! Il faut arrêter avec cette obsession du passé ! La quête d’identité, on l’a tous eue en nous à un moment de notre vie, mais une fois qu’elle est assouvie, il faut à tout prix la dépasser. L’obsession de soi que cela reflète, un insupportable narcissisme”.
La phrase qui la mène depuis longtemps, elle l’a trouvée, jeune, du côté de Thérèse de Lisieux, non dans l’un de ses recueils mais à la fin du Journal d’un curé de campagne de Bernanos, citée sans être nommée, appelons cela un hommage subliminal :
” La grâce, c’est de s’oublier ”.
Murmuration renvoie implicitement ses fidèles lecteurs à d’autres de ses livres. Dans Petites scènes capitales (Albin Michel, 2023), tressé de quarante-neuf tableaux reconstituant l’histoire d’une famille, elle invitait à considérer le temps comme un labyrinthe. On s’y perd pour mieux se retrouver à l’instant précis de franchir une ligne invisible et de mettre un pied de l’autre côté. Voici le monde de Barbara dite Lily, petite fille ordinaire, intranquille permanente ni belle ni laide, à l’identité chahutée par les accidents de la vie et les aléas d’une famille recomposée, en aval et en amont de 1968. Des personnages s’ébrouent autour d’elle, le temps s’écoule reflétant histoires de famille et secret des origines, tandis que la mort accidentelle par sa faute d’une de ses demi-sœurs, une jumelle de surcroît, précipite l’effondrement de la cellule familiale. La langue est magnifique, l’écriture, ciselée. L’auteur a choisi le procédé des vignettes pour raconter son histoire, un destin poignant sinon tragique. Un parti pris original qui séduit de prime abord, même si le fragment est un genre éprouvé. Des images, des détails, des impressions. Toutes choses qui peuvent laisser une impression générale d’abstraction lyrique, de désincarnation, d’allégorie permanente. Pourtant, Sylvie Germain défend l’art du roman ; les personnages demeurent sa vraie passion. Elle leur a d’ailleurs consacré tout un livre, à eux seuls.
Enchantée de merveilleux médiéval, sa langue est belle même si elle se grise parfois un peu trop d’elle-même. Le sujet est secondaire. Seul le détail compte où l’intérêt peut se condenser. Progressant parfois en bande organisée, sinon en meute, les détails font les petits importants. L’auteur avance par petites touches et digressions. Un œil sur son chaudron de mots, elle y espère le surgissement de l’inattendu, de l’imprévu, des bouffées de ce je-ne-sais-quoi qu’on nomme à tort et par défaut l’inspiration. Une note de violoncelle, la « voix des oiseaux », un froissement de tissu, suffisent à donner une touche cristalline à une situation banale. Elle se dit fascinée par le « pourtant », le « cependant », le « nonobstant » qui sont autant de variations du « malgré tout » de l’Ancien Testament où des hommes se font prophètes malgré tout, malgré l’indifférence, la cécité, la surdité des pêcheurs. On y retrouve aussi la sublimation du petit pauvre, de l’humilié, de l’avili. Jamais la conteuse en elle n’a paru aussi éthérée et intemporelle. Qu’importe au fond tant que l’ivresse poétique ne nuit pas à la fluidité du récit d’une rédemption l’autre. Petites scènes capitales laisse une signature de lumière. Son idéal de légèreté et son rêve de sagesse.
A la lire, on est souvent amené à méditer les paradoxes de notre époque et les étranges grands écarts auxquels ils mènent. D’un côté, un excès de mémoire caractérisé par une injonction à commémorer, jusqu’à se faire un devoir de se souvenir. De l’autre, une molle tendance à l’oubli. La société tient nos contemporains dans cet entre-deux. Là justement que Sylvie Germain a choisi de faire acte de présence. Non à la manière de ses romans les plus populaires à distance de l’introspection (Le Livre des nuits, Nuit-d’Ambre, Jours de colère, Magnus) mais à celle plus intime quasiment chuchotée dans de courts textes qui ne relèvent d’aucun genre si ce n’est le sien propre, distinguent son timbre de voix dans la houle des librairies et composent un chant profond sur la crête définie par l’invisible limite entre la littérature de fiction et la recherche spirituelle. Si l’on se souvient que, philosophe de formation, elle consacra ses premiers travaux universitaires à la notion d’ascèse dans la mystique chrétienne sous la direction d’Emmanuel Lévinas, on devine l’ombre portée qui enveloppera son œuvre à venir. Une trentaine d’années et autant de livres plus tard, Quatre actes de présence est traversé de part en part par une explication du monde que l’on voit de livre en livre se faire sentiment du monde. Plus encore que chez Simone Weil, c’est dans les Elégies de Duino qu’elle puise l’oubli de soi et sa respiration du silence, sans oublier Maurice Blanchot dont elle a consigné :
« Garder le silence, c’est ce que nous voulons tous, écrivant »
Ad Majorem Silencii Gloriam ! Nul excès de mots chez elle, chacun demeure à sa place. Pour exprimer l’angoisse, « ce nœud rêche, serré dru autour d’un vide vertigineux et suffocant », elle n’hésite pas à se tourner plutôt vers L’enterrement à Ornans où l’on guetterait en vain une trouée de lumière quand Courbet impose à ses personnages de fixer non le ciel mais la terre, rien que la terre, origine et destin. On comprendra que pour Sylvie Germain rien ne serait humiliant comme de fuir ce qui nous lie à notre humaine condition, ce nœud d’angoisse hérissé de questions sans réponse. En peu de pages, elle en dit beaucoup, en des accents d’autant plus bouleversants qu’ils sont irréductibles à la confession autobiographique tenue à distance. Réelle ou pas, la présence qu’elle explore dans ces pages incarne avant tout poétiquement tant de présences effacées de notre vue sans soulever la moindre protestation. Un véritable défi à l’ère de la vulgarité, de la dérision et du cynisme. Autant de livres de Sylvie Germain à lire en les éclairant du dense et riche « Cahier de L’Herne » consacré à l’écrivaine, récemment paru sous la direction de Milène Moris et Evelyne Thoizet (208 pages, 39 euros).
A propos, je ne l’avais même pas remarqué mais le sens du titre même de nouveau roman m’était inconnu. Jamais croisé nulle part ailleurs cette « murmuration ». Ils’agit de la chorégraphie que des milliers d’étourneaux dessinent dans le ciel au crépuscule. L’ondulation de cette nuée ressemble à la danse des mots sous sa plume. Dans sa relative brièveté, Murmuration (mais ne serait-ce pas là un anglicisme abusif ?) offre une réflexion des plus denses à travers le destin d’un homme qui, vivant dans sa chair la lutte avec l’ange de la littérature et son pouvoir supposé, finira par revenir au silence de son enfance.
( « Tres Cantos (communauté autonome de Madrid), photo Europa Press/ABACA ; Photos D.R. et Saul Leiter)
1 157 Réponses pour Ad Majorem Silentii Gloriam
Jamais lu Sylvie Germain…
Raté !
Je passe…
Les photographies de Saul Leiter sont Le choc visuel qui prépare à la découverte de ce mot inouï qui s’entend plus qu’il ne se voit « murmuration ». Ce vol d’étourneaux comme un voile mouvant et fluide, eau d’une rivière douce qui enveloppe et sinue entre les pierres, encre de ce billet, levant les a priori qui cherchent à mettre à distance l’écriture lumineuse de Sylvie Germain.
S’effacer, se taire en écrivant, ou en capturant avec un Leica, les passants à New-York, être sur le bord frangé d’un nuage cachant le soleil, distillant cette lumière absente-présente, pour aller à la rencontre de cette femme écrivain et de cet homme photographe. i
Il fallait être intuitif, attentif, libre.
Merci, Pierre Assouline.
« Il voit des poudroiements de voyelles dans ka poussière des rais de soleil, des jets de verbes dans les oiseaux en vol (…) »
Et juste avant :
« Le langage le lâche, il se dislogue, part en lambeaux (…) »
Et encore en amont :
« Ces signes mouvants ne ponctuent aucun texte, ils forment une phrase vide de mots, ce ne sont que les ombres des gens (…) »
Ce flottement sur lequel les mots n’ont aucune prise, c’est encore une parole abstraite comme pour Rothko. Il ne faut pas bouger, rester immobile jusqu’à ce que le langage revienne. L’air déboule avec tous ces oiseaux qui ne sont que signes. Étrange calligraphie… Je demeure au bord du texte. Un chemin sans chemin.
« On peut être écrivain et catholique sans être pour autant « écrivain catholique », non plus qu’ « écrivain juif » »
Et encore moins qu’ « écrivain homosexuel » ou gay !
« souquenille »
L’habit de travail à l’origine du tablier blanc du boucher, du quincailler, de l’artiste peintre dans son atelier ou gris, des élèves à l’école primaire ?
Et puis ça revient. Le réel revient. D’abord par une odeur.
« Quand elle se tenait à la fenêtre, Samuel la voyait à contre-jour, fine silhouette couleur sépia qui s’estompait parfois dans les vapeurs des casseroles. (…) ne laissant derrière elle que la trace de son parfum aux senteurs de jasmin et de rose infusées d’agrumes ; une odeur insaisissable et entêtante qui ne se mélangeait pas à celle des légumes ou des compotes mijotant sur la cuisinière ou de la viande rotissant au four. »
Voilà, c’est là. J’entre en lecture.
Excellent. Je commande dès aujourd’hui.
Le fait que Sylvie Germain (Albin Michel) soit une auteure du groupe Bolloré ne pose t-il pas problème ?
Liste (très discutable) établie par l’ADHEOS, l’association LGBTI & Friendly
LES ÉCRIVAINS HOMOSEXUELS
• François Villlon (1431-1463)
• Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) écrivain français compagnon de La Boetie
• Miguel de Cervantes (1547-1616) écrivain espagnol Il est l’amant du cardinal Julio Acquaviva
• Francis Bacon (1561-1626) philosophe et homme d’Etat anglais
• William Shakespeare (1564-1616) poète anglais
• Christopher Marlowe (1564-1593) écrivain anglais
• Théophile de Viau, poète du XVII e siècle
• Savinien Cyrano de Bergerac le vrai (1619-1655), Dramaturge et poète français
• Voltaire (1694-1778) (François Marie Arouet) avec entre autres Frédéric II de Prusse Oeuvres
• Goethe (1749-1832) poète et écrivain allemand
• Heinrich Hössli (1784-1864) écrivain suisse (L’amour entre hommes chez les Grecs)
• Honoré de Balzac (1799-1850) écrivain français Comédie humaine
• Hans Christian Andersen (1805-1875) conteur danois Les contes crypto-gays
• Kierkegaard (1813-1855) philosophe et théologien danois
• Henry David Thoreau (1817-1862) poète américain
• Hermann Melville (1819-1891) écrivain américain (Moby Dick)
• Walt Whitman (1819-1892) poète américain
• Gustave Flaubert (1821-1880) écrivain français
• Karl Heinrich Ulrichs (1825-1895) juriste, écrivain et activiste allemand
• Jules Verne (1828-1905) écrivain français.
• Paul Verlaine (1844-1896) poète français. La revue Verlaine De nombreux textes de Verlaine ont été soit censurés, soit réécrits pour faire disparaitre l’importance de l’homosexualité.
• Le Comte de Lautréamont (1846-1870) écrivain français Maldoror biographie
• Pierre Loti (1850-1923) écrivain français Site biographie
• Oscar Wilde (1854-1900), écrivain anglais Site à la lettre
• Arthur Rimbaud (1854-1891) poète français amant de Verlaine
• Sir James Barrie (1860-1937), écrivain anglais auteur de « Peter Pan »
• Gabriele D’Annunzio (1863-1938), Ecrivain et poète italien
• Constantin Cavafy (1863-1933) poète grec
• John Henry Mac Kay (1864-1933) écrivain allemand
• Rudyard Kipling (1865-1936) écrivain anglais
• Marcel Proust (1871-1922) écrivain français
• Alfred Jarry (1873-1907) écrivain français
• Somerset Maugham (1874-1965) romancier anglais
• Thomas Mann (1875-1955) Site et Klaus Mann (1906-1949) son fils écrivains américains
• Max Jacob (1876-1944) écrivain français
• Lucien Daudet (1878-1946), écrivain français, avec Proust. Lucien Daudet devient alors l’amant de Cocteau.
• E.M. Forster (1879-1970) écrivain anglais (Maurice)
• Jean Cocteau (1881-1963) écrivain français ami de Jean Marais
• Roger Martin du Gard (1881-1958) romancier français
• François Mauriac (1885-1970) écrivain français
• Ludwig Wittgenstein (1889-1955) philosophe autrichien
• Henri de Montherlant (1896-1972) écrivain français
• Bertolt Brecht (1898-1956) écrivain allemand
• Louis Aragon (1897-1982) poète et romancier français
• Federico Garcia Lorca (1898-1936) poète espagnol
• Roger Peyrefitte né en 1907 Site écrivain français
• W.H. Auden (1907-1973) poète anglais
• Jean Genet (1910-1986) écrivain français
• Tenessee Williams (1911-1983) dramaturge américain
• William Burroughs (1914-1997) écrivain américain
• Roland Barthes (1915- 1980) écrivain français
• Baldwin James (1924-1987) écrivain américain noir militant aux côtés de Martin Luther King
• Truman Capote (1925-1984) écrivain américain
• Jean-Paul Aron (1925-1988), Philosophe et historien français, il est le premier écrivain à annoncer « Mon Sida » dans le Nouvel Observateur.
• Yukio Mishima (1925-1970) écrivain japonais
• Michel Foucault, (1926-1984) intellectuel français
• Allan Ginsberg (1926-1997) poète américain
• Jean-Edern Hallier (1936-1997) journaliste écrivain français
• Hervé Guibert (1955-1991) écrivain français
• Julien Green écrivain américain
• Lord Byron
• Yukio Mishura
• Guillaume Dustan : écrivain post-moderne décédé en 2005
• Michel Tournier écrivain français
• Armistead Maupin, écrivain US
• Yves Navarre, écrivain français
• Hervé Guibert, écrivain français
• Christophe Donner, écrivain français
rider on the storm
https://youtu.be/1hrgT_ZDUvs?si=x-mJFyU1TijBynbk
» de rose infusées d’agrumes ; une odeur insaisissable et entêtante qui ne se mélangeait pas à celle des légumes ou des compotes mijotant sur la cuisinière ou de la viande rotissant au four. » Voilà qui nous change des odeurs de mort et de merde chères à R Millet.
Parce que tu penses qu’il est éthique pour un critique, Jazzi, d’exclure des oeuvres sous le prétexte de leur maison d’édition ?
Anagramme fluvial et départemental.
Umberto Boccioni, Contre-jour, 1910, crayon et encre, Collezione Ramo, Milan
https://share.google/buG30TNteNyJ2PtCs
Pour une bonne partie de cette liste, il n’y a pas la moindre preuve…sinon le désir irrépressible des homos que tout le monde « en soit ».
Une autre supercherie est de dire que quiconque a eu une ou deux expériences homosexuelles devient homosexuel. Balzac, Flaubert, par exemple sont évidemment hétéros; Flaubert a peut-être sodomisé des jeunes gens pendant son voyage en orient, ça ne fait pas de lui un homo. Quant à Balzac, je ne vois rien dans sa bio (j’en ai lu plusieurs) qui puisse indiquer une homosexualité quelconque. Pierre Loti n’a pas travesti un homme en Aziyadé; Aziyadé était vraiment une femme…
Cervantes, Montaigne, c’est du fantasme aussi…mais ça fait plaisir à tellement de gens!
Bizarrement il n’est pas question de femmes; je vais vous fournir une piste: je viens de terminer le merveilleux livre de Jean-Noël Liaut « Une amitié si française » entre Madame de Sévigné et Madame de Lafayette. Les jeunes ou moins jeunes abrutis qui peuplent la presse et autres medias conclueraient aussitôt qu’elles étaient lesbiennes tout simplement parce qu’ils ne savent rien de la façon dont on s’adressait à ses ami(e)s ou parlaient d’eux au 17ième siècle.
La Fayette et Sévigné formaient avec La Rochefoucauld un extraordinaire trio d’intellectuels, des lecteurs compulsifs qui parlait aussi bien de Platon que de Melle de Scudéry. Si sexe il y a eu, ce serait plutôt entre La Fayette et La Rochefoucauld à un moment de leur vie; à la fin ils étaient horriblement malades tous les deux.
Le meilleur pour vous Christiane, qui entrez en lecture, avec mes remerciements pour votre gentillesse courtoise, reçue hier avec bonheur !
Jazzi , Outre que votre question pose problème du simple fait de la poser, elle suppose qu’Albin Michel ait été racheté par le groupe Hachette durant la nuit et que nul n’en ait rien su…
« Outre que votre question pose problème du simple fait de la poser »
La question se pose. La société n’a commencé à évoluer sur les questions éducatives qu’à partir du moment où ça gênait le marché religieux.
Avant c’était le silence des chaussons. Rien n’est plus silencieux que les braves gens.
» tu penses qu’il est éthique pour un critique, Jazzi, d’exclure des oeuvres sous le prétexte de leur maison d’édition ? »
Non, mais que l’on s’en n’étonne uniquement pour Boualem Sansal, D.
On ne prête qu’aux riches, Passou.
Mille excuses, je pensais que Albin Michel faisait partie du lot !
https://desarmerbollore.net/news/carte-des-maisons-d-editions-et-medias-de-l-empire-bollore/
Oui, closer, raison pour laquelle je disais que cette liste est très discutable.
Mais aussi qu’il est vain de réduire un écrivain à sa religion, son éthnie ou ses préférences sexuelles.
« Bizarrement il n’est pas question de femmes »
Oui, et selon la définition de la littérature homosexuelle selon Wikipedia, la littérature lesbienne n’est pas prise en compte !
Pourquoi ?
« La littérature gay correspond à l’ensemble de la production littéraire écrite par des hommes gay et parlant d’homosexualité. Le canon n’inclut traditionnellement pas les hommes gays écrivant sur des sujets hétérosexuels, ni les femmes hétérosexuelles écrivant des fictions gay. Il n’inclut pas non plus la littérature lesbienne. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Littérature_gay
SG, je passe mon tour itou, même si l’on a sans doute eu tort, face à pareil dithyrambe.
Murmuration, quand même… il faut n’avoir jamais regardé ni aimé le mystère des oiseaux en arabesques groupales dans les cieux plutôt que dans les pages, pour ignorer ce qui se joue dans le vrai monde.
Pour la plus grande gloire du silence tonitruant, il y aura toujours l’inégalé « Bavard » de Louis-René des Forêts.
@ 9.25 : EURE ?
Il n’y a pas de littérature sénégalaise gay, de toute façon. Couick.
« Mais aussi qu’il est vain de réduire un écrivain à sa religion, son éthnie ou ses préférences sexuelles. »
C’est vrai que c’est un problème. César n’est pas un écrivain gay. Et pourtant il couchait avec Vercingétorix.
Luttons contre l’essentialisation.
https://www.la-pleiade.fr/catalogue/le-deuxieme-sexe/9782073138019
Albin Michel et tous les autres ne perdent rien pour attendre!
Michel Le Du dans Le Monde:
« Il y a peu, le Rassemblement national (RN), par la bouche de son vice-président, Sébastien Chenu, a cru bon de décrire les enseignantes de sociologie de Nanterre comme de vieilles filles revêches et impropres au mariage : à l’en croire, elles seraient « moches, aigries et mal coiffées ». Quant aux collègues masculins de celles-ci, on se sent du coup enclin à suspecter qu’ils n’ont pas le physique de gendre idéal de Jordan Bardella, le président du parti d’extrême droite. Pourquoi n’ont-ils pas fait de la musculation ou du ski nautique plutôt que de se momifier dans la poussière des bibliothèques ? Et comment ne seraient-ils pas eux-mêmes aigris, entourés comme ils le sont de femmes flétries et revêches ?… »
Que ceux qui connaissent une enseignante en sociologie à Nanterre « belle, épanouie et bien coiffée » lèvent le doigt!
ma bru est sociologue double master de l’ulb, elle est très jolie, à moitié tunisienne et pour le reste anglo-française. Comment la décrire, le profil de Cléopâtre, un tatouage celtique de feuilles de chênes sur le bras droit, et un sourire craquant. De magnifiques boucles chocolat naturelles.
Inutile d’ajouter que Sylvie Germain fait partie depuis un bail de notre académie, certains vont en faire un caca nerveux, mieux vaut la lire. Je n’ai pas beaucoup de temps, on prépare la cousinage de demain, rire chanter et se remémorer des bons souvenirs autour d’un pic nique …
Tu crois que Bolloré pourrait racheter les quotidiens Libération et l’Humanité, qui ne vivent que de subvention, faute de lecteurs, closer ?
« Comment la décrire, le profil de Cléopâtre, un tatouage celtique de feuilles de chênes sur le bras droit, et un sourire craquant. De magnifiques boucles chocolat naturelles. »
Avec des rondeurs et c’est Monica Belluci, Chantal !
Ce n’est pas un squelette ambulant en effet, elle est très bien faite 😉
Closer, auriez vous prêté oreille au discours de JB, mis en lien ce matin? Plus populiste, tu meurs, démago, simpliste, truffée de solutions débiles. Il ne manquerait plus qu’un salut homologué RN du public qui n’en peut plus d’applaudir pour ce retrouver dans les années 30 ailleurs où les juifs commençaient à prendre peur.
se retrouver.
Harpocrate est le dieu gréco-égyptien du silence et des secrets.
Impropres au mariage, comme si le destin d’une femme quelles que soient sa beauté et son intelligence devait aboutir au mariage, on s’en fout du mariage Mr Chenu, nous ce qu’on veut c’est baiser comme dirait le frère de Simone dans la fameuse série. Ces gens m’agacent en raison de leurs arguments d’un autre âge, de leur simplification des schémas, de leur populisme de droite, de l’agitation haineuse qu’ils pourraient produire, de l’exploitation des problèmes auprès de la masse crédule ( raciste?) pour accéder au pouvoir, des promesses qu’ils ne tiendront pas tout comme les autres une fois confrontés aux réalités économiques d’un pays endetté.
« Bouffe la neige, négro ! »
Dans le journal ce matin, je lis ceci déclaré par le chanteur Laurent Voulzy : « Un jour d’hiver, dans la cour de récréation, des garçons que je ne connaissais pas m’ont attrapé et attaché à un arbre en me disant : « Bouffe la neige, négro ! » J’avais six ans. «
sur la suggestion de’ S.G. dans la video:
https://www.youtube.com/watch?v=FfRHM_3NWac
Mai, nous avons pour un mois.
Selon l’historien de l’art Kenneth Clark, Tres de mayo est « la première grande toile qui peut être qualifiée de révolutionnaire dans tous les sens du terme : par son style, son sujet et son intention[4] ».
« Le peuple de Madrid, abusé, s’est laissé entraîner à la révolte et au meurtre » note le 2 mai 1808 Joachim Murat, chef des armées de Napoléon en Espagne. Il poursuit : « Du sang français a coulé. Il demande à être vengé[5] ». Tous les Espagnols en armes faits prisonniers lors de la révolte sont fusillés. Environ 400 personnes sont exécutées.
Comme je n’ai aucune confiance dans les contributeurs du Monde, B, j’aimerais lire les mots exacts de Sébastien Chenu qui est toujours quelqu’un de tout à fait courtois.
Je note que la bru de Chantal n’est pas à Nanterre…
Quelle aventure le final de ce livre. D’abord enchantée de retrouver l’écriture de Sophie Germain, j’ai vite été desarçonnée. Elle culbute sur des obstacles qu’elle sème dans la vie de Samuel.
Et dans ce final, Samuel Tarn né Nart soupèse ses trahisons. Bien sûr il a vieilli, ses lecteurs se sont réduits. Ils vieillissent aussi. Mais pas seulement. Ne s’est-il pas conformé à leur attente ? N’a-t-il pas gâché ce don d’écrire, ce goût des mots pour oublier de dire ? Mais pour dire quoi et comment ?
Sylvie Germain ne lui épargne rien, les gestes maladroits, la perte d’équilibre, la tasse tombée avec fracas et le café qui dégouline sur les draps… et comme si cela ne suffisait pas, le tribunal des fantômes, ses personnages qui s’arrachent à cette possession pour lui demander des comptes.
En fin de compte qu’est-ce qu’un écrivain ? Pas très glorieux ce Samuel qui s’est même mis sa famille à dos quand, dans un roman de jeunesse, il a à peine fictionné leur portrait, parfois cinglants. Et puis les femmes… celles qu’il a quittées, celles qui l’ont quitté. Parfois il s’ennuyait, parfois elles s’ennuyaient. Faut croire qu’il était devenu taiseux comme ses parents, sauf que eux se taisaient en s’aimant et que lui c’était pur égoïsme : écrire, écrire, écrire. Se faire débouter de plus en plus par les éditeurs. Ça, il s’en moquait un peu, mais débouté par lui-même c’est une autre affaire.
Je l’aime bien, vieux, tout moche, déplumé, coincé dans sa chambre, survivant grâce aux visites de son aide-soignante. Seul. Enfin quand je dis seul, c’est vite dit. Ça se bouscule au portillon : les personnages, la famille, les femmes, leurs gosses et un chagrin, son secret…
Et puis il y a ce trou après les fâcherie avec sa famille. Des années sans pouvoir écrire. Enfin, sans écrire sur le papier car dans sa tête ça a continué à grincer, encre et plume. Et ça grattait et ça griffait et ça raclait.
Il y a même une de ses dulcinée qui lui jette par la fenêtre une pluie de morceaux de papier, une nouvelle qu’il avait écrit pour elle et qu’elle a déchiré en menus confettis.
Ça secoue grave ce roman d’un tricheur. Mais qu’aurait il écrit s’il avait osé ?
Bien aimé.
(Plus que l’entretien où elle veut normaliser ce qui ne peut l’être : l’écriture et cette tentation infernale : être un écrivain.
Beau choix, maître Passou.
Je crois que c’est Sylvie.
Janssen J-J
Eure, oui.
Tarn.
Ardèche.
Creuse.
Var.
Je vais chercher.
Loire
( le Yukon, non, je rêve )
Page 49
« Peu à peu, il était devenu lui-même un manuscrit brouillonné par de multiples mains, des bribes de textes, des échos de phrases, des détails d’images, des vestiges d’émotions semaient des traces dans sa mémoire (…) Un obscur magma de prose se formait au fond de lui, parfois remuait, murmurait, Mais si sourdement qu’il n’entrait jamais en éruption. A ce processus d’écriture clandestine s’en mêlait un autre, tout aussi confus, celui de l’observation de tous ces gens (…) des drôles et des cafardeux, des exaltés et des pisse-froid, des loufoques et des aigrefins (…) Ce fatras de voix déposé en lui. «
Page 68
« Quand il était sorti de l’immeuble avec ses bagages, il avait senti une étrange pluie sèche lui tomber sur la tête, les épaules ; des petites gouttes de papier virevoltaient autour de lui. Il avait levé les yeux, là-haut, au troisième étage, Mathilde venait de refermer brutalement la fenêtre de la cuisine. Elle lui restituait, haché menu, Le texte de « La Fée des limbes. »
Page 119
« Son éditrice, lassée de publier à perte un auteur auquel elle ne croyait plus, refusa ce livre et l’invita à aller chercher une autre crèche éditoriale.
– (…) Je vais être directe. Vos histoires sont confuses, affublées d’un fantastique pas du tout accrocheur, dépourvues de vraies péripéties, et tout autant d’humour ou alors si discret !- que de sexe- ou alors si allusif ! En prime, vous écrivez dans un style trop éloigné de l’usage actuel de la langue. Vous avez des tournures de phrases souvent alambiqué et un vocabulaire qui… comment dire…? est daté. (…) Et vous voulez intituler ce roman mal cuit « Le Goût du présent » ? Quelle blague ! «
Page 162
» – (…) C’est Le chagrin qui t’a mis à l’arrêt. Un chagrin nu, sterile, devant le grand gâchis du monde. Le chagrin t’a rendu impuissant. Tu n’as pas trouvé d’histoire qui fasse le poids, de fiction qui « dise » cela.
– Le chagrin… « , murmura Samuel en écho. »
Page 168
« Il revoit sa mère assise à la table de la cuisine en train de décortiquer des noix, l’imperceptible remuement de ses lèvres qui répètent des bribes de phrases d’une chanson passant à la radio, elle semble écosser les mots
un à un, délicatement. Doigts et lèvres se confondent dans leurs mouvements soigneux. »
Un dernier
Page 189
« Regarde-moi, regarde-nous passer. Vus de loin, dans la poussière des routes de l’exode, nous ressemblons à des signes de ponctuation qui ondulent dans le vent, dans la pluie ou la chaleur de l’air. Des signes de ponctuation qui s’enfuient en désordre d’un texte disloqué.
Mais nous ne sommes pas des personnages évadés de romans, nous sommes des personnes de chair et de sang qui tentent de fuir le feu des armes, les bombes, les roquettes, les drones, comme d’autres fuient la famine, la misère, la dictature. Nous sommes des sauve-qui-peut la vie, chacun la sienne et si possible celle de ses proches. Nos pas sèment des points d’exclamation sur la terre d’où on nous chasse, des points de suspension indéfinis sur les routes d’exil. Des points de rupture dans les lieux où on nous déporte. »
Si j’étais médecin et qu’on me demandait mon avis sur les hommes je répondrais : du silence, prescrivez-leur du silence !
Cette phrase de Soren Kierkegaard prend aujourd’hui plus que jamais tout son sens.
Le pseudonyme de Kierkegaard, Johannes de Silentio, bien que se concentrant sur l’Akedah, fait brièvement référence à cette dimension d’Abraham dans son « Éloge d’Abraham » : « Par la foi, Abraham a émigré de la terre de ses pères et est devenu un étranger dans la terre promise. … Par la foi, il était un étranger dans la terre promise… » (Crainte et tremblement, p. 17 ; 1843). Sur ce point, il n’y a pas de désaccord clair entre Kierkegaard et son pseudonyme. (Pour de Silentio, ce thème est également très présent dans le Problema III.)
Cependant, lorsque nous nous tournons vers l’Akedah—l’objet principal de Crainte et tremblement de de Silentio—nous constatons un désaccord marqué. De Silentio, bien sûr, fait grand cas de l’« horror religiosus » de l’Akedah (p. 61), et suggère que c’est par l’obéissance volontaire d’Abraham qu’il a témoigné « de sa foi » et « de la grâce de Dieu » (p. 22). S’adressant au « Vénérable Père Abraham », il fait référence à « la merveille de votre acte » (p. 23). Il relie « le paradoxe prodigieux qui est le sens de sa vie » à « la grandeur de ce qu’Abraham a fait [dans l’Akedah] » (pp. 52-53). Mais Kierkegaard minimise cette dimension de la signification d’Abraham. Ici, au lieu d’une analogie entre Abraham et la sphère religieuse, Kierkegaard perçoit une désanalogie considérable.
Selon Kierkegaard, « Abraham tire le couteau—puis il récupère Isaac ; cela ne s’est pas fait sérieusement ; le plus grand sérieux était « l’épreuve », mais ensuite, une fois de plus, c’est devenu la jouissance de cette vie. » Ce test est une simple « catégorie d’enfant ; Dieu teste le croyant pour voir s’il le fera et quand il voit qu’il le fera, le test est terminé. Mourir réellement au monde n’est pas fait sérieusement—mais l’éternité ne se manifeste pas non plus. C’est différent avec le christianisme. » Le christianisme, dans lequel on est « modelé et transformé de sorte qu’on est consolé uniquement par l’éternité » est « la plus angoissante de toutes les souffrances, encore plus angoissante que « l’épreuve » dans l’A.T.… » (JP 2: 2222 ; 1852).
De plus : « Dans le judaïsme, Dieu intervient dans cette vie, s’immisce, etc. Nous sommes libérés de cela dans le christianisme ; Dieu s’est retiré, pour ainsi dire, et nous laisse, nous les hommes, jouer autant que nous le voulons. Quelle atténuation ! Eh bien, réfléchissez, car c’est de la rigueur de sa part de vous refuser la supervision enfantine et de n’assigner que l’éternité pour le jugement. Lorsque, s’accommodant à l’enfant, il est intervenu dans le monde du temps, vous avez peut-être pu revenir rapidement de la mauvaise voie si vous y étiez. Maintenant, cependant, toute votre vie dépend de vous—et ensuite le jugement vient dans l’éternité » (ibid.). « Dans la vision chrétienne, Isaac est réellement sacrifié—mais ensuite l’éternité. Dans le judaïsme, ce n’est qu’un test et Abraham garde Isaac, mais alors tout l’épisode reste essentiellement dans cette vie » (JP 2: 2223 ; 1853).
Remarquez qu’il ne s’agit pas simplement d’une question de focalisation textuelle, de sorte que l’Abraham (Abram) de la Genèse 12 est plus « prototypique » de la foi que l’Abraham de la Genèse 22. La différence, plutôt, est d’ordre eschatologique. Pour de Silentio, « Abraham avait la foi, et avait la foi pour cette vie. En fait, si sa foi n’avait été que pour une vie à venir, il aurait certainement plus facilement tout abandonné pour sortir d’un monde auquel il n’appartenait pas. Mais la foi d’Abraham n’était pas de ce genre, s’il existe une telle foi, car en fait ce n’est pas la foi mais la possibilité la plus lointaine de la foi qui entrevoit faiblement un objet à l’horizon le plus lointain mais en est séparée par un abîme abyssal dans lequel le doute joue ses tours » (Crainte et tremblement, p. 20, c’est moi qui souligne). Ici, nous avons l’une des plus grandes confirmations de l’affirmation de Kierkegaard : « Dans Crainte et tremblement, je suis tout aussi peu, précisément tout aussi peu, Johannes de Silentio que le chevalier de la foi qu’il dépeint » (« Une première et dernière explication » ; voir Post-scriptum philosophique non scientifique, p. 626). Car Kierkegaard lui-même s’oppose avec véhémence à la notion de de Silentio selon laquelle la foi est « pour cette vie » et non pour la « vie à venir ». Certes, il souligne que la foi a une signification pour cette vie, mais l’accomplissement et la consolation ultimes de la foi—du moins pour la foi chrétienne—sont eschatologiques : « le salut du ciel est un poids éternel de béatitude au-delà de toute mesure, et [l’apôtre Paul] était le plus misérable des hommes seulement quand il « espérait seulement pour cette vie » (I Corinthiens 15:19) » (« L’attente d’un salut éternel » dans Dix-huit discours édifiants, p. 263).
Mais Kierkegaard est-il juste dans sa description du judaïsme en général et d’Abraham en particulier ? Bien que les références de l’A.T. à une résurrection générale soient peu nombreuses, l’eschatologie de Jésus lui-même semble y être enracinée (voir Dan. 12:2 ; cf. Jn. 5:28-29). Plus encore, le Nouveau Testament dépeint la foi d’Abraham et des autres saints de l’A.T. comme regardant vers le ciel (Héb. 11:13-16) et non vers la terre. Il semble donc que Kierkegaard ait tort de dire : « Dans le judaïsme, tout est promesse pour cette vie », et de supposer que « le judaïsme est lié au christianisme afin de rendre le christianisme négativement reconnaissable » (JP 2: 2225, 2227 ; 1854).
En bref, Kierkegaard souligne à juste titre la place essentielle de l’éternité dans la vie chrétienne. Mais en désaccord avec la représentation totalement non eschatologique de la foi par de Silentio, il aurait pu faire mieux en rejetant également l’utilisation d’Abraham par de Silentio dans cette représentation. Au lieu de cela, il jette Abraham (et le judaïsme) sous le bus, soulignant principalement la discontinuité par rapport à l’analogie dans la dialectique judaïsme–christianisme. Si, pour cette raison, nous rejetons la conception du judaïsme de Kierkegaard comme étant myope, alors Abraham post-Akedah peut conserver son statut de prototype religieux pour nous. Certes, nous pouvons observer plus clairement la foi d’Abraham si nous lisons à la fois sa relocalisation volontaire et sa fidélité dans l’Akedah comme des synecdoques qui sont des représentations de plus grande portée. Mais il est tout simplement inutile, ce faisant, de soutenir que lui et tous les autres saints de l’A.T. n’ont pas eu le moindre aperçu de l’eschaton, ou de dénigrer le judaïsme en affirmant que « le christianisme est une question d’être un homme, le judaïsme d’être un enfant » (JP 2: 2222). J’entends presque Sarah et Abraham rire à celle-ci.
Lire la suite
excuses, j’ai oublié le lien S.K.
Ce roman d’un tricheur !
Eh bé, christiane…
L’éditrice n’y va pas par quatre chemins, l’ex petite amie encore moins, hâché menu on s’en remet difficilement,
Moi, ce que j’aime chez Sylvie Germain, c’est son goût de la terre, le retour à ses racines, et la précision de la langue qu’elle utilise.
« Si j’étais médecin et qu’on me demandait mon avis sur les hommes je répondrais : du silence, prescrivez-leur du silence !
Cette phrase de Soren Kierkegaard prend aujourd’hui plus que jamais tout son sens. »
je pense l’exact contraire : nous sommes dans le moment historique de grand silence dans lequel nous sommes nous avons besoin d’entendre une parole, ou des paroles.
un peu comme Nietzsche et Marx (qui sont très semblables dans le fond de ce qu’ils disent) ont rompu le silence de cette Allemagne / Europe de la fin du 19è où l’homme a été considéré par le système industriel capitaliste non plus comme une fin, mais comme un moyen.
exemple : nos dirigeants gouvernent le pays dans l’intérêt d’une minorité (10% grand max) et contre l’intérêt de la majorité.
dans un système qui pousse aussi loin l’idée de « bien commun » on ne peut demander le silence, c’est juste pas possible.
comme on ne peut pas demander le silence face au génocide à Gaza, aux massacres de femmes et d’enfants aux Liban et en Iran.
parce que là le silence nous l’avons déjà !
si on prend par exemple les 180 écolières assassinées au 1er jour de la guerre : aucun gouvernement en Europe n’a rompu le silence pour dire son idgnation face à ce crime.
ou quand on entend l’émission de Finky de ce matin d’une indignité et d’une obscénité incroyable parce que justement elle fait silence sur tous les crimes commis poar Israël pour ne parler des problème de l’Islam chiite : ça c’est du silence extrême dans sa plus pure obscénité !
donc le silence nous l’avons déjà.
ce qu’il nous manque c’est au contraire une parole qui comme celle de Marx et de Nietzsche nous donne à entendre la réalité du monde.
et pas les états d’âmes de quemlques personnages de roman dont on a rien à cirer au regard tous les massacres perpétrés aujourd’hui dans un silence abominable !
you follow me ?
Ici, closer
https://x.com/RV_Joly/status/2045109675683651689
Closer, Le Monde est un journal de centre gauche, peut-être s’amuse-t-il à déformer l’illustre propos de S Chenu et peut-être est il trop modéré à votre goût. Je n’envisage avec aucun amusement l’accession à la présidence d’un homme qui n’est doté d’aucune compétence particulière sauf celle de plaire et d’agiter sans scrupule auprès d’un public populaire des motifs qui ne témoignent pas d’un projet politique digne mais récupére les rancoeurs. Les propos de S Chenu:
Oui, Rose, « tricheur » c’est Samuel qui se donne comme tel par la voix de ses personnages. C’est cette docilité de certains écrivains aux désirs du public ou au refus d’aller plus profond, de prendre un risque.
Je crois qu’une erdélienne pasionnée a bien lu Sylvie Germain. Quelle lectrice formidable et réactive, nos avons !
Dans tous ces fleuves et rivières, je ne vois pas d’anagrammes féminines. J’ai trop vite passé le gué de la rivière à sec, encore une fois. Mais il pleut d’orage, et le parc et le jardin resplendissent. Ils sont magnifiques.
J’ai relu ceci, qui marqua la transition d’un esprit scientifique athée à celui d’un croyant en devenir; quand il perçut une voix de l’au delà, non point issue de son inconscient, mais qui se mêlait bel et bien à ses songes les plus sérieux, lui demandant de les sonder le plus sérieusement ud monde. C’était à la page 162 (pardon de nous faire « Christiane », mais c’est là, somme toute, une méthode imparable dont serait incapable une IA) –
—- « Je sais pourtant que l’Univers est autre chose encore qu’une mécanique imbriquée, qui sur la planète terre se serait malencontreusement emballée ; autre chose qu’un jeu de dés idiot du hasard avec la nécessité, autre chose même que la pulsion aveugle d’Eros en rut qui cherche assouvissements sans se soucier si elle crée ou si elle écrase et détruit. Au-delà du hasard, des mécanismes, des pulsions, l’Univers est ESPRIT. En lui se manifeste en tous lieux et en tous temps, secrètement et inlassablement, une liberté créatrice et clairvoyante, un mystérieux propos, une discrète et patiente intention. Il est SENS -un sens si indiciblement riche sûrement, si libre dans sa mouvance sans fin et si intemporel dans son immuable essence, si délicat et secret- comme une voix qui murmure dans l’ombre, comme un souffle imperceptible qui passe, comme une timide lueur qui sourd de l’épaisseur de la nuit- et pourtant manifeste et fulgurant comme la clarté insoutenable de mille soleils… – que nul d’entre nous ne le peut saisir dans sa plénitude, mais tout au plus le pressentir ou l’entrevoir, sous le biais et dans l’éclairage uniques que fournit à chacun sa propre existence » (AG dans LCDS).
En foi de quoi, persiste et signe, ce 2 mai 2026, l’une des plus belles journées du monde.
de ROSE A Eros,il ne suffit pas d’un radiateur
@ Pourrions-nous disposer d’une liste des écrivains hétérosexuels belges, hollandais et luxembourgeois les plus célèbres et les plus indiscutables, SVP ?
* Merci pour le confort de lecture des homophobiques pas tantés par ce « genre », au sein du Bénélux 🙂
le VAR dans une RAV partie ?
de l’ARDECHE qui vend du CHEDARD ?
J’ai trouvé comme un NART dans le TARN
de la CERUSE, en CREUSANT dans le carbonate de plomb
et pour la LOIRE, hormis Lorie et Oriel, toutes les deux en barcasse, je trouve pô…
@ PA
Ce phénomène se produit également très régulièrement en Algérie, Espagne et Tunisie…
Il faut juste lever la tête de temps à autre, et ad-mirer…
J’en ai même vu de la fenêtre d’un ehpad charentais, et l’ai montré à une pensionnaire qui en est restée subjuguée et mutique, oubliant son mal durant quelques minutes d’éternité.
https://www.nationalgeographic.fr/animaux/phenomenes-naturels-que-font-les-oiseaux-quand-ils-volent-en-nuee-mystere
« Que font les oiseaux quand ils volent en nuée ? »
Rrose Sélavy
http://centenaireduchamp.blogspot.com/2016/08/4-rrose-selavy-remise-lendroit.html
Christiane
cette docilité de certains écrivains aux désirs du public
Ce peut ètre une erreur, mais ceci
cette docilité de certains écrivains aux désirs du public
je ne le conçois pas.
Pas même chez Marc Levy et Virginie Grimaldi.
Et alii
Si pas de radiateur, une couette ?
Un chemin…
https://erenatornasabbia.blogspot.com/2026/05/bientot-tout-redeviendra-peaussible.html
Et alik
Plus sérieusement, ai cherché dans l’ancien testament.
Isaac n’est pas sacrifié chez les chrétiens. Le couteau d’Abraham s’arrête avant de tuer.
Toujours selon la Genèse, arrivé à l’endroit que Dieu avait nommé, Abraham construit l’autel, pose le bois, lie Isaac, l’étend sur l’autel, et lève la main pour abattre son fils[8]. Un ange de Dieu l’arrête, lui disant de ne pas lever la main contre son fils (« Ne porte pas la main sur ce jeune homme, ne lui fais aucun mal !… ton fils, ton fils unique ! »[9]) , car à présent, Dieu sait qu’Abraham le craint, car il ne lui a pas dérobé son fils[10]. Un bélier qui s’était pris les cornes dans un buisson est sacrifié sur le lieu, nommé Adonaï-Yirè (« Dieu-pourvoira »)[11]. Abraham est béni d’une descendance nombreuse et victorieuse, et toutes les nations de la Terre seront bénies par ses descendants[12].
Abraham retourne à ses serviteurs, et ils partent pour Beer-Sheva, où Abraham réside, jusqu’à la mort de Sarah[13].
Et alii
Et alii
Et par expérience professionnelle, chez les musulmans existe aussi, dans la même histoire, le sacrifice du bélier.
J J-J
Après hier, une journée cauchemardesque, beaucoup plus de douceur aujourd’hui, mais avec une maman qui a un gros blues, (
hier aussi ) épouvantable à vivre, pour elle, et pour qui l’accompagne.
Heureuse pour vous pour ce 2 mai magnifique.
Rose, c’est un roman. L’histoire de Samuel, de son enfance à ..
Je crois qu’il y a ce doute quand un premier roman édité a du succès. Qu’écrire après ? Quel est le rôle de l’éditeur ? Quel est le poids d’un manuscrit refusé dans les sentiments d’un écrivain ? Un écrivain peut-il se passer d’être édité ?
En cette période houleuse pour les maisons d’édition que de questions à se poser ? Et les libraires? La façon dont ils mettent un livre en valeur ? Les invitations d’auteurs dans les librairies, les Maisons culturelles, à la radio ou à la télévision… toute une tentation pour un auteur d’être connu, reconnu.
Les blogs littéraires sont des lieux de reconnaissance des écrivains soit par la présentation d’un livre, d’un auteur soit en révélant un auteur celui qui tient le blog.
J’ai trouvé ce livre passionnant car on est au plus près de la vie de Samuel. L’enfance et l’adolescence sont vraiment bien ressenties. La révélation de l’écriture aussi. Les questions de conscience aussi.
JJJ j’aime ce que vous écrivez.
Janssen J-J à 18h13
Ai noté dans votre lien, ni d’un chef.
18h37précision
dans le judaisme, il n’y a pas de « sacrifice’: il s’agit de la « ligature » d’ISAAC
La ligature d’Isaac (hébreu עֲקֵדַת יִצְחַק, Akedát Yitzhák ou עֲקֵידָה Akedah ; arabe ذبح Dhabih), aussi connu sous le nom de sacrifice d’Isaac ou sacrifice d’Abraham, est un épisode biblique de la Genèse, dans lequel Dieu demande à Abraham de lui offrir son fils Isaac en holocauste sur le mont Moriah.
L’événement, rappelé quotidiennement dans la liturgie juive, est commémoré lors du nouvel an juif, et il est fixé symboliquement le 25 mars (correspondant à la fête de l’Annonciation) dans la tradition chrétienne occidentale[1]. Enfin, dans le calendrier musulman, du 10 au 13e jour de dhou al-hijja, il est à l’origine de la principale fête islamique (dans l’imaginaire collectif islamique, il s’agit du sacrifice d’Ismaël, frère aîné d’Isaac. Aucune mention d’Ismaël ou Isaac n’est faite dans le Coran) : l’Aïd al-Adha.
Après trois ans de travaux, la restauration de la Trinité de Masaccio est enfin prête à être redécouverte. Le voyage en vaudra certainement la peine, ne serait-ce que pour contempler les couleurs.
J’avais raison de me méfier: Chenu ne parle absolument pas d' »impropriété au mariage ».
La question se pose. La société n’a commencé à évoluer sur les questions éducatives qu’à partir du moment où ça a gêné le marché religieux.
* La question se pose. La société n’a commencé à évoluer sur les questions éducatives qu’à partir du moment où ça a gêné le marché religieux.
En passant, the king of may…
https://www.instagram.com/reel/CrsV1aqoP4b/?utm_source=ig_web_button_share_sheet
Et alii
Vous avez tout à fait raison
In BND les essentiels
Le terme aqeda, ligature, désigne en hébreu l’épisode biblique improprement appelé sacrifice d’Isaac, en référence au corps d’Isaac attaché sur l’autel. L’exégèse juive s’interroge sur la raison qui a poussé Dieu à éprouver Abraham en lui demandant d’offrir son fils en holocauste. Le terme hébreu pour holocauste ola dérive de la racine ‘alah signifiant « élever », « faire monter ». Abraham aurait interprété au sens littéral de sacrifice la demande d’élévation spirituelle de son fils.
In BNF, les essentiels
merci, Rose;
je m’en tiens aux textes sources,avec la langue de référence
Oui, je me doute, et alii.
Pour qui lit, et parle hébreu.
Rose, je reviens vers vous en posant la question autrement. Docilité au lecteur. Quel est le premier lecteur d’un écrivain ? Lui-même. Ce lecteur, une sorte de surmoi qui l’incite à raturer, à remplacer, à chercher le mot juste. Le lecteur qui achètera le livre viendra longtemps après. Un lecteur que parfois l’écrivain imagine dans un monde futur. S’il n’y a pas de lecteur pourquoi écrire ? C’est un dialogue, un consentement à être lu. Une recherche de l’autre parfois comme un double.
« S’il n’y a pas de lecteur pourquoi écrire ? C’est un dialogue, un consentement à être lu. Une recherche de l’autre parfois comme un double. »
réponse : l’écriture agit autant sur le psychique que sur le corps.
Certaines études montrent qu’elle contribue à faire baisser le rythme cardiaque et la tension artérielle, elle améliore la circulation sanguine, la digestion, la respiration.
Elle peut même atténuer certaines douleurs liées à des pathologies lourdes.
Sur le plan mental, ses effets sont tout aussi significatifs : réduction de l’angoisse, du stress, de l’anxiété.
l’écriture agit aussi comme une catharsis — mettre des mots, c’est déjà transformer sa perception.
Écrire sur un événement, même traumatique, ne consiste pas à le revivre, mais à le reconstruire, à le reformuler.
Dans cette démarche, quelque chose change : l’événement perd de sa violence brute. Il s’inscrit dans une forme et un formalisme, acquiert une cohérence, devient supportable.
l’écriture permet de sortir de soi : on devient alors objet de son écriture au lieu d’être sujet, cela permet donc d’une certaine manière de prendre le contrôle du monde !
en effet l’écriture confère un pouvoir…
cela est bien montré dans la dernière pièce de Shakespeare « le Tempête » oeuvre testamentaire où l’écrivain prend la forme d’un magicien qui, avec l’aide des ses elfes et autres créatures, recrée le monde à la façon d’un magicien, à la fin de cette pièce le magicien Prospero jettera sa baguette magique (objet représentant sa plume) dans la mer.
il le fait en prononçant les mots suivants :
Maintenant je n’ai plus
Ni génies pour me seconder, ni magie pour enchanter,
Et je finirai dans le désespoir,
Si je ne suis pas secouru par la prière,
Qui pénètre si loin qu’elle va assiéger
La miséricorde elle-même, et délie toutes les fautes.
Si vous voulez que vos offenses vous soient pardonnées,
Que votre indulgence me renvoie absous.
JJJ,
Je relis ce texte que vous mettez en lien. Origine inconnue. Mystère…
Y a-t-il un esprit plutôt que le hasard ? Le pari de Pascal.
C’est une question vertigineuse comme toutes celles qui sondent le mystère de la vie et des origines.
Ce qui est bien, c’est de laisser la question à l’état de question. Elle est plus forte que la réponse, que toutes les réponses tentées par les hommes.
C’est la force des enfants qui se soûlent de « Pourquoi » et qui écoutent rarement les réponses parce qu’ils sont encore dans leur question comme une chrysalide.
Renato, merci pour vos liens. Je relirai celui de Rrose Sélavy.
« Docilité au lecteur. »
Cela peut être un outil pour analyser les goûts du lecteur.
« Y a-t-il un esprit plutôt que le hasard ? Le pari de Pascal. »
Pascal est en effet un des seuls philosophes avec Nietzsche et Hume à ne pas pas avoir écarté la contingences, pendant que tous les autres, de Socrate à Hegel en passant pas Spinoza, ont refusé de s’y frotter.
pourquoi ? parce que la contingence, et donc le tragique, représente le pire ennemi de la raison, dans la mesure où si on fait passer la raison avant tout le reste alors il faut rester dans un monde où est maitrisable, et donc le hasard n’y a pas sa place.
Pascal a eu l’intuition de prendre la contingence sous l’angle de l’arithmétique par le biais des probabilité.
il a ainsi défini ce qu’on appelle dans le langage des probabilités ‘l’espérance mathématique’.
l’espérance est le produit de la possibilité qu’un certain évènement survienne (écart type défini par rapport à la moyenne) avec le gain que l’on peut tirer de cet évènement.
ainsi si la chance de gagner au gros lot à la loterie est très faible, le gain qu’on en tire est si grand que l’espérance attachée à cet évènement devient elle-même infinie.
dans plusieurs de ses films Rohmer met en scène cette notion d’espérance :
un marxiste qui dit même si le marxisme a peu de chance de se réaliser, le fait de changer la vie des gens est si important que l’éspérance en devient infinie.
meilleur exemple de Rohmer : la fille qui croise un type par hasard, en tombe amoureux : elle va contineur de l’aimer et d’espérer le revoir même si la probabilité que cela arrive est proche de zéro.
quand on lui demande pourquoi ? elle dit que même si elle ne le revoit jamais, elle préfère vivre avec cette espérance (infinie puisque le gain est très grand) plutôt que vivre sans cette espérance.
Pascal a eu l’intuition incroyablement géniale de faire de l’éspérance une chose plus importante que la probabilité que l’0évènement attaché à cette espérance se réalise.
Happy MAY Day 2026 (+ 1)
les iraniens viennent de dire : si les israéliens avec leurs sbires américains assassinent encore un responsable politique du gouvernement iranien alors, en retour, les iraniens assassineront tous les chefs d’état des pays du golfe, tous sans exception, et ils détruiront leurs palais, tous sans exception.
au moins ça a le mérite d’être clair.
« Les poèmes perdurent non comme des objets, mais comme des présences. Quand on lit quelque chose qui mérite d’être retenu, on libère une voix humaine : on rend au monde un esprit familier. Je lis de la poésie pour écouter cette voix. J’écris pour parler à ceux que j’ai écoutés. »
Louise Glück
rose, il n’y a aucune raison de se la « jouer » avec l’hébreu: toutes les langues doivent être apprises, et la musique aussi!
Puck,
« la délivrance » que le magicien italien, Prospero, redevenu vulnérable demande au public à la fin de « La Tempête » reste très mystérieuse. Un assentiment ?
Ça y est, Puck, la guerre est finie !
Nous entrons dans une longue période de paix et de propérité pour toutes les nations.
Pardon ,,,,,à 20.09 – Je parlais à qqu’un (Rose) qui s’est mis à lire « la clé des songes » d’Alexandre Grothendieck,… Et puis, on se rend compte que d’autres rebondissent, comme vous, sur le fond du fragment du message. C’est assez formidable, presque réconfortant… 9a repart sur Pascal, un autre dialogue, même s’il n’avait rien à voir avec l’issue vers laquelle AG, l’auteur cité, voulait arriver et convaincre un lectorat confidentiel, qu’il savait sceptique devant la difficulté…
Il a touché r^z, comme son tutoiement n’avait touché : « Peut-être en sera-t-il de même pour toi. Peut-être tes rêves aux mille visages te feront-ils trouver, toi aussi, Celui qui te parlera par eux. L’UN, l’UNIQUE, Si ce livre peut t’y aider tant soit peu il n’aura pas été écrit en vain » (p. 12, du même).
Il se passe toujours des osmoses quasi miraculeuses avec certaines erdéliennes, comme vous Ch., rôz ou Chantal, à qui je souhaite d’avoir passé une belle « cousinade », (comme on dit chez nous autres), à laquelle je me joins pour lui fêter son succès aussi. Joie du jour, douleur d’hier, chaque minute s’alterne au gré du poids de la chape délestée au hasard, sur chacune de nos têtes. Rien d’irréversible pour le réseau (sic) pensant : le pari pascalien n’a toujours été qu’une vaste imposture, on le sait bien, malgré l’immense estime que nous avons pour Blaise. Et pourtant, ce fameus « pari » a permis tant d’espoirs depuis la naissance du monde cartésien… il a toujours su se recycler, toujours et partout. Increvable mais vrai… Hein ?
Je préfère Annie Saumont à cette Sylvie Germain.
Ses nouvelles sont des perles de finesse psychologique où se révèlent les tragédies minuscules de la vie quotidienne que vivent ses personnages.
À lire ou à relire.
Closer, pour que vous puissiez vous rendre compte, l’équipe des enseignants (mal coiffés) en sociologie de Nanterre ( encore un repaire de gauchistes):
https://dep-socio.parisnanterre.fr/organisation-et-contacts/equipe-enseignante
Un en compagnie du lion reconnaissait
https://catalogo.museivaticani.va/index.php/Detail/objects/MV.40337.0.0
keupu et calimero sont nos john & yoko à nous (des réservistes à bibi, en vroi) … Vu à la tévè :
Et alii
Se la jouer.
Bien différent de jouer.
De manière générale, pour moi, et bien confirmé par le conflit Iran/USA, se la péter sur quelque sujet que ce soit est la parfaite démonstration d’une grande faiblesse.
Or, vous, et alii, ce n’est pas votre posture.
Et c’est une admiration que je manifestais envers vous, parce que oui, se reférer aux textes sources dans leur langue d’origine, cela me paraît immense et magnifique.
Christiane,
Toute docilité me semble imbécile.
Alexandre Grothendick s’adresse à nous en nous tutoyant, toi lecteur.
Mais lorsqu’ il a écrit ces milliers de pages, il était entre lui et lui-même.
Pourquoi écrire ? Je dirai parce qu’il n’y a pas d’autre voie. Et pas de voie du milieu. Et si c’est écrire pour tricher parce que vous concluez roman d’un tricheur, mais alors quel est l’intérêt d’écrire ?
Si ce n’est survivre.
Ce que je cherche à dire est que le fait d’écrire me semble être le fruit d’une grande solitude.
Blaise Pascal, je ne le connais, mais sa sœur, très exaltée, je l’aime beaucoup. Et lui tenait beaucoup à sa sœur.
Un assentiment ?
Christiane
Pas lu le texte, mais cet extrait, je le lis comme une demande de pardon.
Puck
Dans cette démarche, quelque chose change : l’événement perd de sa violence brute. Il s’inscrit dans une forme et un formalisme, acquiert une cohérence, devient supportable.
Oui. Autant, j’ai trouvé, dès que ce fut fini, que gueuler ( sur les ehpad ) était obscène, donc oui au silence, autant cette gueulante m’a ouvert les yeux sur les fondations du blues terrible de ma mère. Et donc, non au silence, et surtout non absolu au silence.
Parce que ma mère sait ce qui se passe. Et sait.
Et c’est terrible. Mais elle sait.
Hier, nous avons travaillé ensemble à son jardin. Son jardin lui appartient. Une de ses plantes a colonisé les autres et fleurit. Grasse, à griffes, grosses fleurs rose foncé.
Le bougainvillier est reparti mais très faiblard.
Deux acanthes ont survécu mais très faiblardes aussi. Son fraisier est porteur d’une montagne de fraises. Etc.
et la musique aussi !
Il n’y a rien de définitif.
Ma mère me parle sans arrêt de la pauvreté de son enfance.
Or, mon père jouait du piano.
Il a gardé les grandes voix, dont Caruso.
Mais, pour ma mère, il a renoncé au piano, à la moto, a donné son chien.
Or, ma mère vaut et de loin, ce grand challenge, puisqu’elle a été son atout. Cœur. Atout démoli en trois générations – grands-parents ont construit, enfants ont acquis, deux petits- enfants ont tout démoli en s’appropriant indûment –
Ce qui veut dire que la musique est accessible aux gens qui peuvent et pas aux autres. Je suis des autres.
Cet été, je tenterai une dose millimétrique, avec de gros efforts.
Je lis, de ci, de là, des gens qui écrivent « la musique, non. »
le pari pascalien n’a toujours été qu’une vaste imposture,
Pourquoi Janssen J-J ?
Puck explique que c’est une grande chance de croire en l’espérance même si cela a peu de chance d’aboutir. Selon Pascal.
SOLITUDE
Le premier lecteur, celui qui écrit, suffit à l’écrivain. Lequel écrit comme il défèque : pour se soulager. Jour après jour. Inévitablement…
Partager n’est pas son premier souci !
Bon dimanche, camarades !
Partager n’est pas son premier souci !
Ce n’est pas ce qu’écrit Grothendieck. Transmettre ce qu’il a appris difficilement, lui.
Il y a des gens qui aiment se bercer d’illusions.
amour;
une femme, oui, mais poète:Dickinson modifiait fréquemment et délibérément les pronoms de genre pour elle-même et ses êtres aimés, réinscrivant ainsi son amour dans le cadre acceptable du désir masculin et féminin. Tout au long de sa vie, elle employait souvent le masculin pour se désigner – écrivant sur son « enfance », signant ses lettres à ses cousins « Frère Emily », se qualifiant elle-même de « garçon », de « prince », de « comte » ou de « duc » dans divers poèmes, dont l’un’
https://www.themarginalian.org/2018/12/10/emily-dickinson-love-letters-susan-gilbert/
Ça devient un peu trop opaque…
Il a été établi (Wittgenstein) que ce qui apparaît dans un rêve n’est pas toujours lié au contenu du rêve lui-même, mais y est présent car il serait illogique qu’il ne soit pas.
Cela dit, le livre d’interprétation des rêves le plus divertissant, qui a également l’avantage d’être le premier, c’est l’Onirocritique d’Artémidore.
D. tu ne nous avais pas dit que Nostradamus avait prédit la chute de Trump !
https://www.youtube.com/watch?v=rDDYxVtYRJY
Puis, puisque j’aime les listes :
Le Lait des rêves, recueil de contes pour enfants de Leonora Carrington.
Le Livre des rêves, une anthologie de nouvelles éditée par Jorge Luis Borges : rêves ou l’acte de rêver.
Salvatore Niffoi, Le Lac des rêves
Wendy Doniger, Rêves, illusions et autres réalités.
Roberto Vigevani, Journal, rêves et hallucinations de Mansholt Levy (manuscrit confié à une infirmière dans un hôpital new-yorkais, dans une enveloppe adressée à « Franz Kafka, Prague »).
Muriel Spark, Réalité et rêves.
Ingeborg Bachmann, Une boutique de rêves.
William S. Burroughs, Mon éducation (un « roman » fait de rêves).
« Ecrire, c’est s’exposer à la critique irritée de ceux qui n’écrivent pas, ou qui n’écrivent pas exactement comme vous, ou qui verront peut-être en vous une menace. L’art est par nature un acte transgressif, et les artistes doivent accepter d’être « punis ». Plus leur art est original et dérangeant, plus la punition est dévastratrice. »
Joyce Carol Oates, in « La foi d’un écrivain » (@editions_philippe_rey 2004)
« Puis, puisque j’aime les listes : »
Vous avez oublié : « Le goût du rêve » de Jacques Barozzi, éd. du Mercure de France, renato !
https://www.cultura.com/p-le-gout-du-reve-9782715257801.html
@ 2.33 le pari pascalien n’a toujours été qu’une vaste imposture, Pourquoi Janssen J-J ?
—-
Voici ma propre clé, car votre question est légitime :
1/ je suis un humain qui fus toujours dépourvu de la moindre certitude sur les raison de son existence en ce bas-monde,
2/ un humain qui fus et est toujours respectueux des croyances ontologiques de tous ses contemporains humains, du passé, du présent et de l’avenir,
3/ un humain qui eus toujours en horreur les jeux métaphysiques ou scientifiques pourtant destinés à engranger un surplus de connaissances au sujet de ce monde-là,
4/ un humain qui se forgea rapidement une unique conviction : puisqu’il n’y a pas ni n’y a jamais eu à ses yeux, de Dieu (ou de dieux), créateur-s d’univers, il n’y a donc aucune raison (ou justification) d’élaborer le pari contraire pour « s’assurer », le cas échéant, ou se prémunir de quoi que ce soit, à son égard ou à l’égard de ses inventeurs.
5/ Le terme renvendiqué « d’imposture » réside précisément dans la critique de ce manque de courage de ne pas avoir su vivre avec la certitude de l’inexistence d’une transcendance quelconque, de n’avoir point su s’en accommoder,
6/ C’est une opinion qui fut très tôt certitude définitive chez moi, et de plus en plus solidifiée avec ma plongée au coeur de l’expérience du monde des humains… le constat des ravages des illusions de l’espérance consolatrice commune à notre espèce… plutôt que l’apprentissage collectif de la vie telle qu’advenant à sa conscience débarrassée de la peur de mourir.
—
J’ignore si cela répond à votre question légitime, r^z. Et je sors, car à 11 h, ce matin, passe le film tant attendu au cinéma du coin « Nous, l’orchestre », dont j’attends beaucoup de choses. Alors, bon dimanche à vous et aux seul.es erdélien.nes sympathiques.
Je me suis limité aux livres que j’ai sur mes étagères, Jazzi.
En théorie de la musique (solfège), le soupir (le silence) est une figure de silence pendant laquelle aucun son ne doit être joué.
la plus belle vidéo « lego » iranienne, elle s’adresse directement au peuple américain en leur demandant « c’est bien ça que vous voulez ? non ? alors réveillez-vous ! »
en Iran faire des marches de protestation est restée une pratique courante et fréquente, c’est pour ça que la cia et le mossad ont voulu utiliser une de ces marches pour renverser le gouvernement en armant les manifestants, ça n’a bien sûr pas marché.
90% des américains sont d’accord avec ce que dit cette vidéo, quand on lit les commentaires d’américains sous cette vidéo, elle représente un choc parce qu’elle dit de façon brutale la réalité de ce qu’est devenu ce pays.
pendant que l’Iran était en train d’évoluer vers plus de liberté et de démocratie (ce qui a fait flipper les israéliens), les US font le chemin inverse.
https://www.youtube.com/watch?v=wUBalH54QDU&list=RDwUBalH54QDU&start_radio=1
« ENQUÊTE – Enseignants et chercheurs dénoncent des procédures internes qu’ils estiment biaisées et instrumentalisées à des fins militantes, au détriment de la liberté académique et du devoir de protection des institutions. Deux collectifs ont été créés pour lutter contre la multiplication des signalements.
«J’ai commis l’erreur de penser que mon institution me soutiendrait. Je voue ma vie à la recherche depuis 25 ans, et je m’en veux de m’accrocher quand je vois comment je suis traitée. C’est bien simple : tout ce que je fais ou dis est prétexte à m’enfoncer.» Depuis quatre ans, Nathalie*, chercheuse au CNRS, fait l’objet d’une procédure disciplinaire, accusée de harcèlement moral envers deux collègues. Dans quelques semaines, elle sera reçue par une commission uniquement composée de ses pairs. Malgré un dossier solide préparé avec son avocat, Nathalie imagine déjà la sentence : «Les investigations ne sont visiblement qu’à charge. Je suis d’ores et déjà coupable, je le sens».
Ces dernières années, plusieurs enseignants et chercheurs ont vu leur carrière menacée après leur passage en commission disciplinaire de leurs universités ou centres de recherche. Des convocations qui font suite à des signalements, de la part d’élèves ou de collègues, pointant du doigt le contenu de leur cours… » Figaro
Et on accuse Trump, Orban et autres de vouloir censurer l’Université…Il leur faudrait des siècles pour desserrer le garrot que la gauche impose à la vie intellectuelle dans tout l’Occident depuis des décennies.
Au moins Bolloré a-t-il ouvert une brèche dans les medias; c’est toujours ça de gagné.
Feriez bien mieux d’aller à la messe, JJJ.
le pire c’est les mensonges.
comme dans l’émission de Finky d’hier où il a voulu nous faire croire que l’Iran est restée celle de la révolution islamique.
alors qu’aujourd’hui dans les rues de Téhéran plus de la moitié des femmes ne portent plus le voile, et que dans le Mall de Téhéran (pas le souk mais le plus grand centre commercial du moyen orient) 100% des femmes qui achètent des fringues et du parfum ne portent pas le voile !
quand est-ce qu’on va arrêter de nous mentir ?
il n’y a plus d’intellectuels, ni d’artistes en France pour dire : arrêtez vos mensonges ! parce que la France est devenue un pays de zombies.
tout à fait puck, il y a un super reportage à voir sur la vie à Téhéran aujourd’hui ( juste avant le déluge Trump & Bibi ) sur YouTube
je dois faire attention de ne pas rater mon dessert pour la cousinade à midi . ceux qui veulent voir y ont accès gratuitement. si je le trouve je le donne
Bien sur…, Franz Kafka eut des raisons de se mettre en colère, à cause des épreuves de la domination qu’il essayait d’objectiver dans ses nouvelles et ses romans…, Toujours est-il que ce n’était pas le trait dominant de son caractère, car il était avant tout un génie doux, humble et chaleureux comme il ne le savait pas, et malheureux comme le frère qu’il n’avait pas eu.
https://www.lemonde.fr/livres/article/2011/11/24/kafka-en-colere-de-pascale-casanova_1608391_3260.html
Les messes-salisant.es de 8.18…
Dites-y une prière pour moi, on sait jamais, hein ?
« « Nous, l’orchestre », dont j’attends beaucoup de choses. »
Voir aussi « Vivaldi et moi », pour la musique, la liberation de la condition féminine et la vision d’une Venise ante touristique, JJJ.
Et aussi « Le Diable s’habille en Prada – 2 » pour la géniale Meryl Streep !
A propos de silence, moi je vais aller voir aujourd’hui le film espagnol « Sorda » (Sourde), sur une sourde mariée à un entendant…
voilà le reportage, il s’agit de nuancer les visions simplistes
d’où les similitudes entre l’occident et l’union soviétique juste avant le chute du mur : plus les choses partent en couilles et plus les mensonges et la déconnexion avec le réel grandissent.
comme les soviétiques avant la chute de mur nous sommes en train de nous enfermer dans nos mensonges sur nous-mêmes et sur le monde actuel.
pourquoi ? parce que nous n’avons plus d’avenir.
l’Iran a un avenir, la Chine a un avenir, la Russie a un avenir
Israël n’a pas d’avenir : ils fantasment sur la bombe iranienne qui les ferait disparaître alors que ce pays a déjà cessé d’exister.
Chantal – 7h38
Lumineux!
Rose, à propos de ces mots qui vous choquent, je comprends votre crainte car ils ont déjà été déformés par la vue, sont devenus équivoques
C’est un très beau film Jazzi, je l’ai vu l’an dernier .
comment une sourde peut accueillir un enfant sans que le dialogue soit à sens unique, pas évident, ce film ne juge pas, il montre la difficulté
PA : « Ce mot qui m’a laissé perplexe dans ce livre plein d’odeurs, de parfums, de couleurs, de voix et de touchers, c’est « souquenille » »
Pas moi.
https://soleilgreen.blogspot.com/2022/02/petit-lexique-lusage-des-lecteurs-de.html
Chantal, j’aime pas trop ce genre de reportage qui recherche le sensationnalisme journalistique : l’Iran est un pays simple, ça sert à rien de faire des trucs pour fantasmer.
l’Iran était un pays en cours de laïcisation.
mais cela reste un pays religieux : le pourcentage de femmes voilées dans la rue à Téhéran est le même qu’à Beyrouth ou qu’à Tunis ou qu’à Ryad ou même moindre que dans certains quartiers en France.
cette laïcisation était portée par les jeunes dans les universités.
le problème est que les américano sionistes ont fait exploser toutes les universités : donc c’est bien eux qui ne veulent pas que l’Iran se laïcise et se modernise.
sauf qu l’Iran continuera d’évoluer et de se moderniser et ni les israéliens ni les américains ne pourront rien y changer !
Passou dit: 2 mai 2026 à 9h40
Jazzi , Outre que votre question pose problème du simple fait de la poser, elle suppose qu’Albin Michel ait été racheté par le groupe Hachette durant la nuit et que nul n’en ait rien su…
…qui a dégainé avant moi. Je doute que Gilles Dumay soit resté à la tête d’Albin Michel Imaginaire en cas de prise contrôle de Bolloré
on voit quand même même si ce n’est pas ton goût ni ton âge Puck, que les femmes sont loin d’être toutes voilées et soumises.
mon texte sur le sujet est à paraître sur une plateforme corsaire donc d’ici là je m’attelle à autre chose, je n’aime pas bavarder dans le vide …
minute de silence
Au moins Bolloré a-t-il ouvert une brèche dans les
Il mérite d’être canonisé. Si seulement la gauche ou quelque parti que ce soit pouvait prouver son efficacité à lutter contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent, la lutte contre le traffic de stupéfiants, la détérioration des services publiques, l’insalubrité sociale, le commerce des idées prendrait une autre importance. A quoi s’attache la chercheuse victime de ces procédures douteuses?
Magnifique photographie, bonjour et merci Pierre Assouline!
https://larepubliquedeslivres.com/wp-content/uploads/2026/05/Image.jpg
Celle-ci est vraiment très bien aussi.
Merci Passou!
https://larepubliquedeslivres.com/wp-content/uploads/2026/05/leiter-saul.webp
Merci pour cette remise en valeur de ces délicieuses photographies, pmp.
Belle journée!
Un troupeau sur une terre brûlée, la partie » habitable » réduite à la taille d’un confetti, c’est quoi le message?
Mais il n’y a pas de quoi Mimi Pinson.
La première photographie mise en lien par pierre Assouline sur ce blog me fait furieusement penser à celles du photographe et écrivain Jean-Loup Trassard disparu il y a peu. Notamment celles où apparaissent ses petits sujets (jouets d’enfant, de son enfance…) dans le paysage de sa Mayenne natale.
Une crèche païenne et totalement végétale.
Un paysage nous est né! 🙂
Le paysage se fait avec l’animal, B.
Et réciproquement.
L’un ne va pas sans l’autre.
Bonne journée à vous!
Cette photographie est magnétique, je ne me lasse pas de la regarder.
https://larepubliquedeslivres.com/wp-content/uploads/2026/05/Image.jpg
Cette photographie colle admirablement au sujet du livre de Sylvie Germain excellemment présenté par Pierre Assouline ici.
Pas de ravi de la crèche, mais un endroit où crécher inexorablement quelque part.
« Quelle est cette voix qui me parle, qui est mienne et me trouble ».
Paul Valéry
pourmapar dit: 3 mai 2026 à 10h01
Non, j’ai essayé de la mettre sur mon frigo de Chaville (où je mets mes endives dans le bac « vegetables »), eh nien ça ne tient pas du tout. J’ai failli casser mon smartphone Samsung S26 dernier cri.
Faut vous prendre en main spirituellement, Gigi. Vous n’avez plus 5 ans.
« Cette photographie est magnétique, je ne me lasse pas de la regarder. »
Oui, étonnante, une lueur dans la nuit !
Moi je ne cesse pas de me demander ce que ces pauvres vaches peuvent bien avoir à brouter ?
Et sur la chute de la fausse Trumpette par Nostradamus, tu n’as rien à dire, D. ?
12.05, et vous… de vous manualiser la queue, histoire de voir si vous parvenez à dégurgiter dans le bénitier. A six ans, vous allez bientôt faire votre 1ère communion privée, il serait temps de vous branler le diable ! Et de lâchez votre purée d’endives à la bécham chavilienne, ça lasse et ça sulfit ! Y’en a marre.
Quand je vais voir un film sur la Philharmonie…, que vous n’avez pas vu, chers amis, inutile de m’en conseiller d’autres du même tonneau, il se trouve que j’y reste total insensible : vos conseils sont inopérants. Pourquoi cette surenchère cultureuse perpétuelle ?
Pour l’amour du cinéma, principalement, et de la musique, accessoirement, JJJ !
Quelle est la raison de cette mauvaise humeur inami(domini)cale ?
«… le soupir (le silence)… »
Les interruptions dans la musique sont signalées par des pauses. Lors de la lecture, le mouvement de la main se poursuit, mais au lieu de notes, il y a un silence, ou plus précisément, une pause.
« Garder le silence, c’est ce que nous voulons tous, écrivant » Blanchot.
ou
« Ad Majorem Silentii Gloriam »
Ca c’est le vrai sujet de réflexion, car qu’est ce qui va couper vous définitivement du silence et vous harceler par des bavardages incessant ?
Puck ?
Non, c’est l’IA
J’ai trouvé un jumeau de cœur à Samuel dans le si beau livre de Max Frisch « J’adore ce qui me brûle », Reinhart.
Page 127 (Gallimard) :
« Tout était clair pour Reinhart lorsqu’il était seul. »Qui suis-je? Un homme de trente ans qui gagne tout juste de quoi vivre. C’est la moitié de ta vie, mon vieux, la moitié de ta vie ! Quand vas-tu t’éveiller et te mettre en route ? À quel âge vient-elle, mon Dieu, cette maturité que, lorsqu’on est jeune, on soupçonne avec tant d’envie chez les adultes ? Quand commence-t-elle, la vie véritable, profonde, essentielle? » La moitié de son existence déjà derrière lui, un tas de toiles brûlées, carbonisées, parties en cendres, disparues, comme si elles n’avaient jamais existé. Aujourd’hui, quand il fait le compte de ses propres affaires, ne fût-ce que pour trouver quelque chose de vendable, que possède-t-il ? En quoi sa propre vie se distingue-t-elle d’une vague qui court à la surface de l’eau et n’y laisse aucune trace, étincellement fugitif, chatoiement dun instant ? « Voilà comme j’ai vécu au-dessus du monde, sans accomplir la moindre action, sans rien produire qui me survive, sans pousser de racine dans une existence plus vaste et plus valable, sans procréer ! Un beau matin, couché dans son lit, on se frappe le front : mon Dieu, voilà tout ce que je suis ! «
Chantal je voulais dire qu’il faudrait arrêter de regarder l’Iran comme on regardait des indigènes dans les zoos humains ou les gens bizarres dans les cirques.
tous ces pays ce qu’ils veulent c’est juste qu’on leur lâche la grappe.
t’imagine 50 ans de sanction ? de quel droit ? juste parce qu’on voulait leur piquer le pétrole et leur gaz ? comme si c’était de leur faute si nous n’avons pas de pétrole et de gaz ?
on se rend compte que le gros problème de la littérature occidentale c’est qu’elle ne nous aura pas permis de nous émanciper de ce droit que nous nous accordons de regarder l’autre comme s’il était un animal et de les sanctionner comme on sanctionnait les esclaves !
c’est ce qu’on pourrait appeler le Grand Silence de la littérature…
les auteurs ont préférer regarder ailleurs et se taire.
il existe un super livre qui parle de Téhéran en 2026 : il a été écrit par 2 universitaires américains.
ce livre montre l’extrême complexité de la société iranienne.
hé ben ce livre n’est pas traduit en français et il est introuvable en France !
et voilà : tout est dit !
en fait la littérature c’est comme les émissions de Finky un truc d’autiste à destination d’autistes !
l’occident est devenu un super centre d’hébergement de l’autisme !
t’es pas d’accord avec moi Soleil Vert ?
Capté en passant
« La poésie est la voix que les régimes ne peuvent pas expulser. »
https://gamma.app/docs/Kral-Majales-yexf7a2cdwgfre2
Capté en passant
« Bethléem, ville de lumière emmurée
On se souvient de la venue du pape François en 2014, et de sa prière devant le mur de Bethléem. Il y a déposé « un papier d’espérance , un cri silencieux », selon les mots du Père Jacques Nieuviarts. Le bibliste connaît la ville où se trouve la tombe de Rachel. Il rappelle qu’étymologiquement, « bethléem » signifie « la maison du pain ». « C’est un lieu fait pour vivre. » »
puck dit: 3 mai 2026 à 17h07
en fait la littérature c’est comme les émissions de Finky un truc d’autiste à destination d’autistes !
Parfois je me demande oui
Je viens de découvrir que « forêt » et « sauvage » ont la même éthymologie. Dans ce cas pourquoi avoir retitré « L’appel de la forêt » de Conrad en « L’appel sauvage » chez Folio ?
Une éthymologie éthylique…
Jean Langoncet
De mémoire, le tombeau de Rachel est situé à l’extérieur de Bethléem, du côté de la porte nord qui est fermée à la circulation.
Les mots « homosexuel » et « hétérosexuel » n’existe pas en latin. (Ni en grec j’imagine.) Les Romains n’étaient pas essentialistes.
@le plus con d’entre nous
Plutôt lysergique, non ?
https://www.rcf.digital/sites/default/files/diffusions/13243/bethleem_v.jpg
Sade utilise le mot « bougre ». C’est déjà plus essentialisant. Et ça montre bien l’origine du machin. Puisque le mot « bougre » vient de Bulgare et dénote au départ une hérésie.
@De mémoire, le tombeau de Rachel est situé à l’extérieur de Bethléem
Les édificateurs de murs ont du s’assurer d’un bornage en bonne et due forme …
La guerre est finie, Langoncet.
@Je viens de découvrir que « forêt » et « sauvage » ont la même éthymologie
Bien vu Forest, les dieux sont tombés sur la tête
Les juifs non plus ne sont pas particulièrement essentialisant. « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. » Lévitique 18:22.
Homophobes je ne dis pas le contraire mais pas essentialisant.
Quant aux chrétiens… Sous la plume de Saint Paul – un vrai problème celui-là – ça sera pour une autre fois.
« Les Romains n’étaient pas essentialistes. »
Ils étaient bisexuels selon la norme en vigueur à l’époque, FL !
* n’existent pas
« La guerre est finie, Langoncet. »
Après Poutine Trump, tu manges à tous les râteliers, D. !
Le mot « bisexuel » n’existe pas non plus. Mon propos est de montrer que tout un vocabulaire que nous trouvons normal n’existe tout simplement pas. Et les concepts qui vont avec non plus. Alors que les faits existent eux. Bien entendu. Ça fait bien de la différence.
* essentialisants
A QUI QUESTIONNA SUR LES VACHES
JE SIGNALE LA VIDEO DE L’ENTRETIEN Assouline avec Finky
Alain Finkielkraut: « Rima Hassan me fait horreur et Ben-Gvir me fait honte »
tres bonne suite
De la vache rousse …
ersatZ (tenez bon)
L’Enfer est une réalité.
Plusieurs grands saints ont eu la grâce d’en avoir la vision pendant quelques instants et en ont été complètement bouleversés.
Ne pas reconnaître, en toute connaissance de cause, Dieu infiniment bon et miséricordieux, Père, Fils et Esprit Saint, conduit en Enfer.
Capté en passant
« Religieuse agressée à Jérusalem: des fidèles inquiets mais « pas étonnés »
A la messe de la basilique Saint-Étienne de Jérusalem dimanche, les fidèles se pressent pour témoigner de leurs « pensées » pour la religieuse française agressée mardi. Mais ils ne sont pas étonnés, les marques d’hostilités de la part de juifs extrémistes s’étant multipliées récemment.
La scène, captée par une caméra de vidéosurveillance de la ville sainte, est d’une grande violence: dans une ruelle pavée, un homme se précipite en courant derrière la religieuse en habit blanc et voile noir, la pousse dans le dos. Elle est projetée au sol, sa tête heurte un bloc de pierre. L’homme s’en va, puis revient pointer vers la femme au sol un index menaçant, avant de lui asséner un coup de pied au ventre. Des passants interviennent.
A la sortie de la messe – en français – dans l’église de la religieuse, l’affaire est sur toutes les lèvres. On partage son désarroi, on apporte un petit cadeau de réconfort, on demande des nouvelles de la soeur, qui n’est pas venue ce matin.
« Elle a encore des douleurs » mais elle est « entourée », témoigne le frère Olivier Catel, qui a célébré la messe.
Lui est arrivé à Jérusalem il y a une dizaine d’années. A l’époque, dit-il, les incidents étaient rares. Une fois par an environ, « quand je sortais en habit religieux, des juifs, ultra-orthodoxes en général, crachaient à côté de nous ».
« On n’y faisait pas attention parce que c’était tellement isolé ». Mais depuis trois-quatre ans selon lui, c’est devenu quotidien: « quand on sort, les gens crachent à côté de nous ».
Le Rossing Center, association pour le dialogue interreligieux basée à Jérusalem, a documenté le « harcèlement croissant » des chrétiens en Israël et à Jérusalem Est dans une étude parue en mars. En 2025, il a recensé 61 attaques physiques (crachats, spray au poivre, coups…), 28 cas de harcèlement, 52 dégradations sur des propriétés de l’Eglise (graffitis, jets de pierre ou de poubelles) et 14 panneaux de signalisation dégradés.
Devant la basilique, un prêtre britannique, qui ne sort jamais sans son habit religieux noir et préfère rester anonyme confirme: les crachats en sa direction, insultes, « rentre chez toi ! » sont son quotidien.
– redoute le pire –
« Tout le monde se disait que ça arriverait un jour », assure sur le parvis Pierre, un fidèle de 30 ans « pas étonné » et qui redoute le pire.
Le jour de l’agression de la soeur, raconte-t-il, un religieux parmi ses connaissances était dans un supermarché quand un homme s’est arrêté devant lui. « Il a dit à son enfant, en hébreu, +lui, il faut le tuer+. Si rien n’est fait, un jour (…) quelqu’un va franchir le pas », s’inquiète-t-il.
L’agression a eu lieu sur le Mont Sion, à deux pas de la Vieille ville de Jérusalem, épicentre des tensions du conflit israélo-palestinien, en contrebas de l’abbaye de la Dormition. En face du Cénacle, lieu du dernier repas du Christ pour les chrétiens et tombeau du roi David pour les juifs.
Un jeune israélien assure avoir assisté à la scène de loin. « C’est un fou », assure-il au sujet de l’assaillant – un militant d’extrême-droite avec des antécédents psychiatriques selon les médias israéliens.
« C’est très choquant », abonde Ouriel Levisohn, rabbin de 28 ans, qui dit peiner à croire que les incidents soient réguliers.
« Avec l’aide de Dieu, ça va être la dernière fois que quelque chose comme ça arrive ici », espère-t-il.
Les fidèles de la messe sont moins optimistes, et disent attendre des actes de la part des autorités israéliennes.
Ils évoquent des discours de plus en plus « véhéments » et « suprématistes » dans le pays, parfois de la part de hauts responsables. Rappellent les incidents récents dans le sud du Liban, où Israël affronte le Hezbollah pro-iranien: un soldat filmé en train de frapper à l’aide d’une masse une statue de Jésus et un couvent endommagé par l’armée.
Le frère Catel refuse de « vivre dans la peur ». « Je continue d’aller dans la vieille ville en habit » – tout en évitant certains quartiers – mais « globalement, je n’ai pas changé mes habitudes ». »
publié le 3 mai [2026] à 19h39, AFP
La persécution des chrétiens ? Heu ! Non, rien …
Capté en passant
« Saint Augustin – une mémoire d’Algérie »
On peut toujours confondre un territoire avec une nation. Cela dit, la récupération de Saint Augustin n’est pas sans paraître un peu loufoque.
Il faudrait peut-être dire à sa Puckienne Majesté que l’objet magique de la Tempetr n’est pas la plume, mais bien le livre! Propero consomme son sacrifice en disant « I drawback my book ». Ceci, évidemment, nous éloigne de la catharsis et nous rapproche plus des Mages Anglais. Mais on ne déforme pas un texte pour le plaisir, ni en substituant la plume à un grimoire.,,, MC
@« Saint Augustin – une mémoire d’Algérie »
Avec l’andouille mâtinée de crème de golem, la RDL tient son spartacus de l’ISBN ; là, il a fait chou blanc …
@pourmapar dit: 3 mai 2026 à 10h01
Cette photographie est magnétique, je ne me lasse pas de la regarder.
Soleil Vert. Parce que l’ Appel de la Forêt est de Conrad? Ce n’est pas plutôt de London?
Comme la plupart des cocos, le vieux Langoncet collectionneur de GC, est un traître à sa nation (et à l’Histoire). Mais quelle importance?
assourdissant
sinon rien



1157
commentaires