de Pierre Assouline

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La République des livres
Apprendre à regarder la peinture avec Daniel Arasse

Apprendre à regarder la peinture avec Daniel Arasse

Ce livre-là, je l’ai lu d’une traite, ou plutôt deux : je l’avais réservé pour le TGV Paris-Genève et retour, comme on se garde pour la bonne bouche ce dont on devine à l’avance qu’il nous comblera. Encore faut-il être sûr de son compagnon de voyage, car rien n’est décevant comme de se retrouver prisonnier d’un livre pendant des heures quand il nous tombe des yeux dès le premier chapitre. De Daniel Arasse, j’étais sûr pour avoir été fasciné par son grand livre sur le détail (Pour une histoire rapprochée de la peinture), son étude étourdissante d’intuitions sur l’Annonciation italienne, ses promenades très libres dans les musées (On n’y voit rien) et ses analyses des oeuvres de Raphaël et de Kiefer.

Ce spécialiste de la Renaissance italienne savait voir et regarder, analyser et évoquer les tableaux comme nul autre. Avec une empathie, une chaleur, une générosité rares dans son monde. Comme il se savait condamné, et bien que physiquement diminué, il avait tenu et réussi à assurer une série de vingt-cinq émissions durant l’été 2003 sur France-Culture. Un enchantement pour les auditeurs. « On en sortait grandis, et comme lavés de la bêtise des jours » comme le dit bien Bernard Comment, son préfacier. Il racontait six siècles de peinture, de l’invention de la perspective à la disparition de la figure, en déployant une érudition dépourvue de toute cuistrerie. On assistait ainsi tous les matins au rare spectacle d’une intelligence en action, mais une intelligence fraternelle. Histoires de peintures (222 pages, France-Culture/ Denoël), retranscription de ces émissions au ton inoubliable, ne coûte « que » 25 euros, ce qui est peu quand on songe que le texte est agrémenté d’un cahier de 45 reproductions en couleur de qualité honorable et d’un CD-MP3 ressuscitant la voix du conteur d’art et, suprême magie, son regard. Un concentré de gai savoir malgré son côté testamentaire.

 C’est une histoire très libre, assez buissonnière. On y voit la peinture se lever sans nous intimider, fut-ce par cette fameuse « silencieuse puissance » pointée par Delacroix. L’auteur nous promène à Florence vers 1440 en révélant le lien invisible entre l’invention de la perspective dans ce lieu et le fait que la ville fut un grand centre de cartographie ; on se penche avec curiosité sur l’énorme escargot aux cornes déployées de l’Annonciation de Fransceco del Cossa ; on consacre une thèse à Saint Bernardin après s’être demandé à quoi pouvait bien servir d’inscrire des mots dans la peinture pour des spectateurs analphabètes (public majeur des tableaux religieux et des fresques), on déplore avec lui le vol de sa thèse et de ses fiches dans une voiture à Florence et on l’accompagne à Sienne implorer Saint Bernardin de lui retrouver sa thèse (en vain…) ; on s’interroge sur la double singularité de Vermeer (riche et catholique) et sur son impact dans son art :

 » Pourquoi un peintre fin, qui peint avec des pinceaux très fins, peint-il flou ? »

On admire la modernité d’un Manet dont le tableau est une surface qui regarde le spectateur ; on se demande pourquoi Ingres a jugé bon de faire figurer une tache sur la robe immaculée de la belle Mme Moitessier à la nuque si troublante, pourquoi Vasari a écrit que les sourcils de la Joconde étaient peints poil par poil alors qu’elle n’a pas de sourcils, et pourquoi et pourquoi… Daniel Arasse ne cesse de s’interroger pour notre plus grand bonheur. Qu’importe la profondeur des réponses quand les questions sont si vertigineuses ? Ce qui l’intéresse, c’est ce qui se trame dans le tableau. In fine, Daniel Arasse se permet un salutaire coup de gueule contre les grand’messes des expos spectacles :

« A force de rendre ces tableaux visibles par le plus grand nombre possible, il en découle qu’on les voit de moins en moins. Par souci de rentabilité culturelle… on admet trop de gens en même temps… on fait du théâtre autour des oeuvres d’art … la scénographie montre avant tout le scénographe… L’abondance des visiteurs fait qu’on ne va pas voir l’exposition des tableaux mais qu’on va rendre un culte à l’exposition des tableaux ».

 Le regard de Daniel Arasse nous manque beaucoup. Sa série d’émissions sur France Culture ne renvoyait pas seulement à des tableaux mais à d’autres livres sur l’art. Ainsi la réflexion de Delacroix qu’il rapporte sur « la silencieuse puissance » de l’œuvre d’art à son meilleur. Elle m’a poussé à relire les Ecrits sur l’art (2æ51 pages, 22 euros, Flammarion) de Mark Rothko.

Même si le livre est un fourre-tout, un bric à brac de lettres, d’articles, de discours sur les difficultés de l’accrochage, la lutte contre les murs, le spectre honni du décoratif, la tension que tout tableau doit receler qu’elle soit conflit ou désir, la lumière intérieur qu’un tableau projette sur/en nous… Ca ne se lit pas en continu ; il vaut mieux y piocher des impressions, des mots, des fulgurances de celui qui disait appartenir à ses débuts parmi les expressionnistes abstraits (Newman, Motherwell, Gottlieb) à « une bande de faiseurs de mythes ». Il écrit des choses comme ça :

« Une peinture vit par l’amitié, en se dilatant et en se ranimant dans les yeux de l’observateur sensible. Elle meurt pareillement. Par conséquent, c’est un acte dur et risqué que de l’envoyer de par le monde. Combien souvent doit-il être affaibli pour toujours par les yeux du vulgaire et la cruauté de l’impotent qui aimeraient étendre leur affliction universellement ! »

On le lit et on comprend comment un artiste tel que lui peut s’attaquer à un tableau en se laissant entraîner par ce qu’il a en lui tout en gardant un pied dehors, avant que sa frénésie ne le happe dans une spirale de la folie. L’intimité entre l’homme et l’oeuvre se rompt, le tableau lui devient étranger à l’instant même où il prend conscience du miracle de cet achèvement : « la résolution inattendue et sans précédent d’un besoin éternellement familier ». Le voyage n’est pas sans retour, mais le retour se paie de semaines d’hébétudes. Le cycle paraît sans fin. Toute cette dépense d’énergie, toute cette exténuation, tout cet enfer, pour quoi ? Pour affronter la morgue des critiques, la suffisance des conservateurs et la résistance des collectionneurs. Ce qu’il appelle « la succion des mentalités de boutiquiers » avant que les mêmes, un jour, ne finissent par le porter aux nues. A coups de millions de dollars. Le livre refermé, le mystère Rothko reste entier, mais l’énigme de son œuvre semble un peu moins indéchiffrable, et la part invisible du monde. Même si, comme disait Bacon, « pourquoi voulez-vous qu’on mette par écrit ce que l’on s’est tué à peindre ».

( » L’Annonciation » tempera sur bois, 127×120, d’Ambrogio Lorenzetti, 1344, Pinacothèque Nationale, Sienne ; « Sans titre », 300 x 442.5 cm, huile sur toile, 1953, de Mark Rothko, Musée Gugenheim, Bilbao)

Cette entrée a été publiée dans arts, Essais.

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1 300 Réponses pour Apprendre à regarder la peinture avec Daniel Arasse

Chaloux dit: 21 juillet 2026 à 9h02

J’ai beaucoup pratiqué les livres de Daniel Arasse il y a 25 ans. Je trouve au final qu’il n’en reste pas grand-chose. J’irai feuilleter quand même.

Chaloux dit: 21 juillet 2026 à 9h12

En parlant d’oeuvres d’art, l’ex (?) petit dealer Louis Boyard se baladerait avec une Rolex à 50000 euros, qu’il retirerait prudemment avant chaque interview. Les pauvres c’est bien joli, mais il ne faudrait pas trop s’oublier dans le combat. Le genre de type que le vote de la boldoclopine contribue à faire entrer à l’Assemblée. On parlerait aussi de fréquents séjours en Extrême Orient. Mais pourquoi diable?

Hurkhurkhurk!

bolibongo dit: 21 juillet 2026 à 10h35

Mais pourquoi donc nous mette un lien sur une reproduction bon (?) marché pour ne pas dire plus…?

Phil dit: 21 juillet 2026 à 11h37

il y a 25 ans

metoo dear Chaloux, fort enthousiasmé par ces « détails dans le tableau » que personne ne voit puis un peu étourdi par les déductions acrobatiques. Excès de médias, probablement.

renato dit: 21 juillet 2026 à 14h02

Bon souvenir de Le Mur invisible (en it. La parete). Le film qui en est tiré a remporté le Prix du Jury œcuménique au Festival international du film de Berlin. Malheureusement, je l’ai raté.

puck dit: 21 juillet 2026 à 15h46

« fort enthousiasmé par ces « détails dans le tableau » que personne ne voit »

dear filou !!!!!!!!!!!!!

actuellement c’est moins les détails dans le tableau que l’éléphant dans la cuisine qu’on ne voit pas.

exemple au hasard : on eusse tant aimé que Mr Arasse nous décrypte la signification profonde des tatouages sur les soldats ukrainiens…..

parce que jusqu’à présent tout le monde est passé à côté.

puck dit: 21 juillet 2026 à 15h49

faut-il faire la liste de tous cet éléphant dans la cuisine que nous ne voyons pas ?

à moins qu’il soit dans le salon ?

ou bien coincé dans les toilettes : nos chiottes sont si étroits pour les éléphants qu’il s’y coinceraient une défense dans la porte…

renato dit: 21 juillet 2026 à 15h50

« … après s’être demandé à quoi pouvait bien servir d’inscrire des mots dans la peinture pour des spectateurs analphabètes… »
L’écriture sur les tableaux nous ramène aujourd’hui à cette phase de la tradition littéraire orale dans un contexte où l’écriture existait déjà, durant laquelle la transmission de textes importants déjà transcrits faisait appel à un lecteur pour tous afin de remplacer la lecture individuelle.

En italien on a le terme « auralità », je n’ai pas trouvé l’équivalent français, voici donc ma traduction de l’italien.
« Oral » désignant un texte produit et récité sans l’aide de l’écriture ; « aurale » désigne un texte écrit, mais confié à un lecteur pour la lecture publique.

puck dit: 21 juillet 2026 à 15h51

cela dit c’est très drôle de parler de ces détails que nous ne voyons pas… sur les tableaux…

moi aussi j’ai lu Arasse il y a fort longtemps.

je n’imaginais point à l’époque que ces livres puissent un jour devenir si drôles.

un bouquin d’Arasse aujourd’hui il faut le prendre plutôt comme un sketch de Raymond Devos..

puck dit: 21 juillet 2026 à 16h59

après il existe des équivalents d’Arasse au niveau mondial qui nous permettent de lire le grand tableau du monde.

exemple : le secrétaire au trésor américain : Scott Bessent : il vient de donner une interview dans laquelle il dit que les US pourrait cesser leur guerre contre la Russie et l’Iran, et ainsi leur permettre de vendre leur pétrole à la seule condition qu’ils vendent leur pétrole en…. dollar !

et aussi que les US pourraient débloquer leurs avoirs à condition qu’ils utilisent ces avoirs pour acheter…. des dollars pour payer de la nourriture ou des bons du trésor américain.

ben voilà !

le mec en 2 phrases il a décrypté le tableau du monde en des termes que tout le monde comprend !

Scott Bessent c’est Daniel Arasse américain !

là où tous les autres nous inventaient des trucs à dormir debout qui nous empêchaient de lire le tableau, Scott il éclaire de sa Lumière ce tableau et tout devient clair et évident !

puck dit: 21 juillet 2026 à 17h10

l’autre truc très drôle qui s’est passé le même jour où notre ami Scott a fait sont interview c’est les chinois avec leur IA !

certains ont révolutionné la peinture, d’autre ont révolutionné la musique, les chinois viennent de révolutionner l’Intelligence Artificielle !

ça vaut bien un Botticelli…

les américains ont tout misé sur l’IA pour vérrouiller et en faire une arme de chantage pour asservir le monde du genre vous voulez utiliser la puissance de Claude ou de Fab ? ok alors il faut payer en…. dollars…

et là les chinois sortent une IA qui traite plus de 2 mille milliards de données soit plus que les IA américaines les plus puissantes.

sauf qu’ils le font en….. open source !

tous les pays du monde pourront avoir une IA gratos !

les autres qui utilisent tous les dollars des compagnies d’assurance américaines et de l’épargne des américain pour faire leur IA…

les chinois font mieux et gratos en open source !

ça c’est ce qu’on peut appeler une Révolution !

puck dit: 21 juillet 2026 à 17h14

le chinois qui a conçu cet IA la appelée « moonshot » parce que c’est un fan de Pink Floyd et que son album préféré c’est the dark side of the moon.

Jazzi dit: 21 juillet 2026 à 17h51

Je ne me souviens plus très bien

Borges, au Collège de France en 1983

Question – Est-ce que vous écrivez encore ?

Jorge Luis Borges – Oui. Vous êtes menacés de bien des livres. [rires] Je continue à écrire. Qu’est-ce que je pourrais faire d’autre ? J’ai quatre-vingt-trois ans, je suis aveugle depuis 1955, j’ai de jeunes amis qui me pardonnent ma vieillesse et j’ai passé toute ma vie à écrire. Je ne peux pas, tout à coup, être quelqu’un d’autre, de tout à fait différent. Je pense peut-être avoir de nouveaux rêves, ou peut-être raconter la même histoire d’une façon un peu différente. Cette espérance me reste. Oui, je continue à écrire.

Question – Que pensez-vous du prix Nobel de littérature ?

Jorge Luis Borges – Je pense que les Suédois sont très sensés, très raisonnables, car je n’ai pas obtenu ce prix-là. Je crois qu’ils ont suivi une politique différente. Auparavant, on n’a fait que confirmer une réputation ; par exemple : André Gide, par exemple : Rudyard Kipling. Après cela, ils veulent révéler les écrivains ; c’est une façon nouvelle et ils ont raison.

Question – Vous marquez un certain éloignement par rapport au roman. On dit que vous en lisez peu.

Jorge Luis Borges – Oui. J’en ai trop lu. J’ai lu énormément de romans policiers… J’ai lu peu de romans dans ma vie. J’ai lu Flaubert, j’ai lu Conrad, j’ai lu Don Quichotte, j’ai lu Dickens, j’ai lu Tolstoï, j’ai lu Dostoïevski. Un point, c’est tout. Je ne suis pas un lecteur de romans. Je n’aime pas les romans en général. C’est trop long. Il y a toujours des pages qu’on met pour alourdir, pour allonger le livre. Je crois qu’une nouvelle, il me semble, peut-être aussi essentielle qu’un poème. Une nouvelle peut être essentielle. Un roman ne l’est jamais intégralement. Donc, je préfère les contes aux romans. La nouvelle, comme la poésie, sera toujours avec nous.

Question – Quel lien faites-vous entre la poésie et la peinture ? Et, à l’époque où vous pouviez voir, quelle était celle qui vous touchait le plus ?

Jorge Luis Borges – Il me faudrait mentionner quelques noms : par exemple, Rembrandt ; par exemple, Dürer ; par exemple, les expressionnistes allemands que j’aime beaucoup ; et Vélasquez aussi. Mais j’ignore la peinture. Ma sœur [Norah Borges] est peintre, mais moi non. Je crois, comme Lessing [Laocoon ou Des frontières respectives de la peinture et de la poésie], que la peinture est dans l’espace et la poésie dans le temps. La poésie est successive, la peinture non. Il y a entre elles moins de liens que de différences. J’ai écrit une fois une nouvelle qui voulait être visuelle, tout le temps ; c’est peut-être la pire nouvelle que j’ai écrite. Je voulais raconter une histoire d’une façon qui fut continuellement vue, mais c’est une horreur. Une nouvelle, il faut que lecteur y croie, sans voir justement, il faut qu’il y croie.

Question – Quelle différence faites-vous, au point de vue de la création, entre la poésie et la prose ?

Jorge Luis Borges – Je crois que l’écriture de la prose est plus difficile que celle de la poésie. Parce que, dans la poésie, quand vous avez un vers, vous pouvez le décliner, alors que dans la prose, il faut continuellement inventer. Dans la poésie, il y a une certaine innocence, on se laisse aller ; tandis que dans la prose on atteint d’autres choses : l’intelligence, la raison ; ce qui est plus difficile à atteindre. Mais il n’y a pas de différence essentielle. En tout cas, dans la mémoire, quand on se rappelle d’un poème, du texte d’un poème épique, par exemple, ou de la prose, c’est la même chose, je crois.

Question – Ne peut-on pas penser que la mémoire de la prose est une forme de poésie ?

Jorge Luis Borges – Oui. Si je me rappelle de Don Quichotte, je me rappelle de quelque chose d’aussi essentiel qu’un poème de Verlaine.

Question – Quels sont les poètes français que vous préférez ?

Jorge Luis Borges – Je répondrais en deux mots : l’un serait pour Verlaine et l’autre pour Victor Hugo. Mais pourquoi pas la Chanson de Roland aussi, pourquoi pas tant d’autres, innombrables. Mais je crois que ces deux noms sont importants. ; surtout Verlaine, qui, pour moi, est l’archétype de la poésie – dans ses meilleures pages, évidemment ; il faut juger un poète par ses meilleures pages. Peut-être que ma réponse est vieux-jeu, mais enfin je suis un vieux monsieur ; pourquoi ne pas être vieux-jeu ?

Question – Comment la douloureuse réalité latino-américaine vous parvient-elle dans la tour d’ivoire dans laquelle vous êtes enfermé, d’une part par la cécité et d’autre part par choix idéologique ?

Jorge Luis Borges – Non, je ne suis pas enfermé dans une tour d’ivoire. Je suis très sensible à tout ce qui arrive, et je l’ai prouvé ; j’ai parlé contre le dictateur Perón dans mon pays, j’ai parlé contre les militaires et la guerre. Mais pourquoi ne parlez-vous que de l’Amérique latine, il faut parler du monde entier. Pourquoi s’intéresser à un seul continent ?

Question – La poésie peut-elle être définie ?

Jorge Luis Borges – Non, la poésie est si essentielle qu’elle n’a pas besoin d’être définie. On la sent comme on sent l’amour d’une femme, le goût d’un fruit.
https://www.facebook.com/captic/photos/borges-invité-au-collège-de-france-par-yves-bonnefoydans-la-salle-henri-michaux-/28226839783566668/

Jazzi dit: 21 juillet 2026 à 19h13

« Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte. »

(« Chanson d’automne » – Paul Verlaine)

renato dit: 21 juillet 2026 à 19h40

Je regrette que l’enseignement de l’histoire de l’art ne soit pas obligatoire dans les collèges et lycées. On apprend à lire à l’école, mais pas à voir, ce qui me semble être une grande défaillance du système éducatif français.

Pierre Rosenberg
Historien de l’art, ancien président du Musée du Louvre

rose dit: 21 juillet 2026 à 19h47

Depuis 2008, l’histoire des arts fait l’objet d’un enseignement interdisciplinaire au collège.12 juil. 2024

rose dit: 21 juillet 2026 à 19h48

Et au lycée encore plus, c’est une épreuve pour les littéraires à l’oral du bac de français.

renato dit: 21 juillet 2026 à 20h17

Par exemple, programme pour la troisième année du lycée classique :

Introduction à l’histoire de l’art / Origines de l’art / Art minoen / Art mycénien / Art grec / L’art de la Grande Grèce / L’art étrusque / L’art romain / L’art des premiers siècles du christianisme / L’art roman / L’art gothique / Giotto / Simone Martini / Pietro et Ambrogio Lorenzetti / Gentile da Fabriano / Pisanello

D. dit: 21 juillet 2026 à 20h43

Puck, je viens d’avoir Trump au téléphobe et je n’ai rien réussi à obtenir. Il va atomiser tout l’Iran dans la nuit. On y peut rien. Il faut se faire une raison.

D. dit: 21 juillet 2026 à 20h48

Tout ça ne changera rien au cours de l’endive, m’a-t-il assuré. Je ne sais pas s’il dit vrai parce que sur la visio il avait la bouche en cul de poule qu’on lui connaît bien.

D. dit: 21 juillet 2026 à 20h56

J’ai des contacts dans des milieux très informés et de source très sûre, un commentatrice de la RdL ferait actuellement des publicités télévisées pour du maïs en boîte.

rose dit: 21 juillet 2026 à 21h24

De mémoire, j’ai pris ma retraite le 1er novembre 2016, j’ai enseigné en première littéraire en 2013, nous avons des consignes, et chaque professeur construit son programme seul.
Je cherche dans ma tête.

renato dit: 21 juillet 2026 à 21h45

Je suppose donc qu’il s’agit de cours fondés sur l’interprétation plutôt que sur la vision.

rose dit: 21 juillet 2026 à 21h52

j’en ai bien peu en mémoire, il y en avait douze je crois.
il me semble avec mis de l’architecture, sur le thème de l’utopie, une rotonde.
peut-être giorgio de chirico que j’aime énormément.
je ne sais plus.
Histoire de l’Art, c’etait un dossier à part des textes littéraires qui, à eux seuls, constituaient un travail immense.
Me souviens de M.qui a eu 19/20 à l’écrit, puis 20/20 à l’oral, et qui a perdu son papa de manière dramatique, qq.années plus tard.
L’enfant devait situer l’auteur dans son mouvement artistique, dans son siècle et son époque. Parler de l’artiste, puis l’épreuve portait sur l’analyse de l’image.
J’avais onze élèves, filles et garçons, je les faisais jouer souvent en intro.du travail prévu.
On avait mimé l’École d’Àthènes aux élèves scientifiques en nous mettant en scène et en jouant les personnages : toges, grands draps blancs, cothurnes, deux se battaient pour être Diogène dans son tonneau.
J’ai mon dossier, que j’ai conçu moi-même, rangé dans mon carton de bac. Cela fait partie de mes affaires précieuses.
Je vous l’écrirai de manière detaillée et organisée en vous donnant la problématique. Mais chaque dossier est unique puisque c’est chaque prof.qui le construit.

rose dit: 21 juillet 2026 à 21h57

Bon Dieu, j’ai le bonheur qui m’afflue dans toutes les pores de ma peau au souvenir de cette année unique d’enseignement avec mes premières litteraires.

D. dit: 22 juillet 2026 à 1h15

bolibongo dit: 21 juillet 2026 à 9h26
Avec Rothko on ne reste jamais sur sa fin…

…. pas au début en tout cas.

clopine dit: 22 juillet 2026 à 4h27

D’autant que la peinture à l’huile (comme les sardines), c’est bien difficile, mais c’est bien plus beau, que la peinture à l’eau.

Et pour en revenir aux motivations des commentateurs, si l’on peut admettre que le besoin de reconnaissance n’en fait pas partie, le besoin d’étalage, par contre, est clairement établi. Un billet comme celui d’aujourd’hui est un sésame pour les habituels assauts entre ces messieurs du blog…

Et Rose, plaisir de lire vos souvenirs professionnels, votre émotion est intacte ! Moi qui ai aimé tous mes profs de français au-delà du raisonnable, j’aurais très certainement fait partie de vos supporters et me serais battue pour le tonneau de Diogène.

Vous m’avez renvoyée à mon année de troisième,et à la tentative, cette année-là, de représenter, pour la fête de fin d’année du collège, la pièce Andromaque. Le prof qui nous avait embarqués là dedans s’appelait Jacques Pelletier. Ça a été pour moi, à peu près, le seul moment de grâce de mon adolescence.

rose dit: 22 juillet 2026 à 5h04

D’autant que la peinture à l’huile (comme les sardines), c’est bien difficile, mais c’est bien plus beau, que la peinture à l’eau.😄

Clopine et renato ❣️

renato dit: 22 juillet 2026 à 5h17

Incidemment, « L’aquarelle est la technique picturale la plus difficile : elle ne tolère aucun regret, aucune hésitation, elle oblige à travailler vite, elle contraint l’artiste à se confronter à la variabilité et à l’incontrôlabilité de l’eau, seul véhicule et protagoniste du processus. »

renato dit: 22 juillet 2026 à 5h54

Il y a ensuite la fresque, pigments dilués dans l’eau, appliqués sur un enduit frais. La moindre erreur et il faut tout recommencer.

On « étalerait » moins souvent si on lisait moins de conneries.

B dit: 22 juillet 2026 à 6h25

Je garde un très bon souvenir de mes profs de français au collège. Ensuite, au lycée, ce fut pour moi ennuyeux, sûrement en raison des enseignants, mauvaise pioche.

B dit: 22 juillet 2026 à 6h34

des publicités télévisées pour du maïs en boîte.

Dites-nous-en plus, auriez-vous un nom si ce que vous avancez n’est pas diffamatoire ou humoristique?

B dit: 22 juillet 2026 à 6h42

En italien on a le terme « auralità »

J’ai connu, dans ma vie peu chargée de voyages, l’occasion d’admirer sans comprendre ce style d’écriture consacré au récit religieux à la cathédrale de Séville, et je dois avouer que, sans avoir lu la Bible et les Évangiles, je n’y ai rien compris. Le public de l’époque devait être totalement imprégné de religiosité.

B dit: 22 juillet 2026 à 6h47

Rose, la troisième année, c’est la terminale. Les options proposées ont bien évolué. Je me souviens d’une amie de mon fils, très belle, qui pouvait faire du mannequinat sans retouche esthétique. À 17 ou 18 ans, elle possédait déjà une assez solide culture artistique.

renato dit: 22 juillet 2026 à 7h05

Programme d’histoire de l’art pour la quatrième année du lycée classique

Art du XVe siècle / Brunelleschi / Masaccio / Donatello / L’Alternative flamande / Leon Battista Alberti / Piero della Francesca / Francesco di Giorgio Martini / Giuliano da Sangallo / Art humaniste / Art du XVIe siècle / Michel-Ange / Léonard / Raphaël / Bramante / Giorgione / Titien / Sebastiano del Piombo / Art et maniérisme du XVIe siècle / Corrège / Parmigianino / Dosso / Art baroque du XVIIe siècle / Annibale Carracci / Caravage / Rubens / Art du XVIIIe siècle et néoclassicisme / Jacques-Louis David / Antonio Canova / Giuseppe Piermarini / Romantisme / Francisco Goya / Joseph Mallord William Turner / Friedrich / Jean-Auguste-Dominique Ingres / Théodore Géricault / Eugène Delacroix / Réalisme / Gustave Courbert / Édouard Manet / Impressionnisme / Claude Monet / Edgard Degas / Pierre-Auguste Renoir / Auguste Rodin / Medardo Rosso

B dit: 22 juillet 2026 à 7h29

Ne seriez vous pas un peu insistant, clopine n’a pas dû lire les aboiements de son chien, de plus elle était affectivement attachée à cette animal. Ce n’ est tout de même pas un crime prémédité quoi qu’épisode malheureux résultant d’un manque d’attention au signal d’alerte émis par le chien

B dit: 22 juillet 2026 à 7h34

Retenir qu’un chien n’aboie pas pour rien surtout en pleine nuit. Les petits sont sur la défensive et ne possèdent que cet outil pour dissuader l’approche. Les grands, c’est différent. Ils peuvent se montrer effrayants en accomplissant leur mission de garder un jardin, un espace privé.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 7h35

« Et pour en revenir aux motivations des commentateurs, si l’on peut admettre que le besoin de reconnaissance n’en fait pas partie, le besoin d’étalage, par contre, est clairement établi. »

Bel exemple d’autocritique !

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 7h36

« clopine n’a pas dû lire les aboiements de son chien »

C’est de l’oralité ou de l’auralité, B ?

renato dit: 22 juillet 2026 à 7h43

« C’est de l’oralité ou de l’auralité, B ? »

C’est de l’oralité, pour qu’il y ait auralité, la présence d’un texte est nécessaire.

renato dit: 22 juillet 2026 à 7h45

Comme chacun le sait, selon un sympathique musicien français, les animaux ont aussi un art, « mais ils n’écrivent pas de livres ».

B dit: 22 juillet 2026 à 7h45

Jazzi, vous qui allez souvent au cinéma, avez vous remarqué ce rapport à l’oralité des asiatiques quand ils mangent. Je suis toujours surprise d’observer les scènes de repas montrés par les films d’origine coréenne.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 7h56

« pour qu’il y ait auralité, la présence d’un texte est nécessaire. »

Oui, renato, mais pour lire les aboiements du chien ne faut-il pas que ceux-ci soient écrits ?

renato dit: 22 juillet 2026 à 7h58

En fait, Jazzi, « lire » n’est pas le terme approprié ; je dirais plutôt « écouter et comprendre ».

L’on peut comprendre les messages de son chien en écoutant le motif qu’il « chante ». N’oubliez pas qu’il vous comprend à la fois grâce à l’intonation et au vocabulaire qu’il a appris. Avec un minimum de réciprocité, nous comprenons à la fois son intonation et le langage sous-jacent.

B dit: 22 juillet 2026 à 7h59

Jazzi, comme on lit un tableau qui ne réfère à aucun texte antérieur, on décrypte, comprends, interprete le langage animal. Les vétérinaires, à cet égard, restent très utiles pour nous expliquer les comportements d’un animal quand on ne les comprend pas.
.

B dit: 22 juillet 2026 à 8h02

7h58, dans vingt ou trente ans, je serai morte, cela m’évitera de désespérer plus longtemps de l’Homme.

D. dit: 22 juillet 2026 à 8h03

Je ne doute pas que vous ayez été une professeure très investie et efficace, Rose. J’aurais eu plaisir et sans doute chance de suivre votre enseignement sanq aucun doute vivant, chaleureux et néanmoins solide. Au moins aujourd’hui vous avez la lucidité et la modestie de parler de cette époque au passé, sans faire valoir d’abord votre titre, comme certain sur le web, qui régulièrement vient lâcher un commentaire laconique et généralement glaçant ou encore une liste hiérarchisée.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h04

« avez vous remarqué ce rapport à l’oralité des asiatiques quand ils mangent. »

Oui, B, mais ce n’est pas propre à tous les films asiatiques et coréens du sud.
Ce sont surtout les films de Sang-soo Hong dont la narrativité est constituée de bavardages infinis autour d’une table de restaurant ou de café de Séoul.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h05

« Lire les aboiements »

Je m’amusais de ce verbe impropre choisi poétiquement par B, renato.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h11

« Avec un minimum de réciprocité »

Je crains, hélas, que Vita, plus intélligente que son pauvre humain que je suis, me comprends mieux que je la comprends, renato.
Parfois elle me parle en me regardant droit dans les yeux, et le plus souvent je me demande ce qu’elle veut bien me dire ?

D. dit: 22 juillet 2026 à 8h12

renato, ça correspond à quoi, chez nous, « la quatrième année du lycée classique » (italien, peut-on supposer ?) Je doute que ça débute à la sixième française avec l’Art du XVème siécle.
Et si ça correspobd à la Terminale française, il manquerait alors un pan énorme jusqu’au xxième siècle.

renato dit: 22 juillet 2026 à 8h13

« L’ange est bienveillant, Marie comme songeuse, attristée, soucieuse ? »

Les bras croisés sur sa poitrine indiquent que l’archange a déjà annoncé à Marie sa future grossesse et lui explique comment une conception aussi miraculeuse est possible.

Les gestes de Marie expriment conturbatione / cogitatione / interrogatione / humiliatione. En termes modernes, cela traduit son trouble à l’apparition de l’ange, l’écoute de ses paroles, les doutes exprimés quant à une grossesse non précédée de relations conjugales, et son acceptation de la volonté divine juste avant le départ de Gabriel, qui la laisse miraculeusement enceinte.

Les écrits :
Gabriele, « Non est impossibili apud Deum omne verbum »,
Marie, accepte avec soumission la volonté de Dieu : « Ecce Ancilla Domini ».

D. dit: 22 juillet 2026 à 8h16

La forme correcte est :
« Je crains que Vita me comprenne mieux. »
Après le verbe craindre suivi de que, on emploie le subjonctif lorsqu’on exprime une crainte, une inquiétude ou une éventualité.
À noter également qu’en français soutenu, on peut utiliser le ne explétif (qui ne marque pas la négation) :
Je crains que Vita ne me comprenne.
Cette tournure est plus littéraire ou formelle. Dans la langue courante, « Je crains qu’elle me comprenne. » est parfaitement correcte.

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 8h19

@ je me demande ce qu’elle veut bien me dire

Elle ne dit rien, et vous demande juste quelque chose, comme une supplique, càd de la rassurer en continuant à vivre pour vous occuper d’elle jusqu’à sa mort. Car les chiens ont plus de pressentiments de leur finitude que n’en ont les humains, auxquels ils se sont attachés.

renato dit: 22 juillet 2026 à 8h20

D., équivalent de la Terminale française, la cinquième année (actuel) : du postimpressionnisme au postmodernisme et au déconstructivisme. Là je ne fais pas la liste mais si vous désirez elle est disponible.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h21

Oui, D, mais j’ai opté ici pour le langage parlé.
Ici, on ne se lit pas on s’écoute…

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 8h21

nous avons des consignes, et chaque professeur construit son programme seul.

C’est bien là que réside un problème…

D. dit: 22 juillet 2026 à 8h22

Conclure, en soutenant le regard de sa petite chienne, qu’elle est plus intelligente que soi-même, n’est exact et valable que chez Jazzi. Il est important de le préciser.🐕

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 8h23

« Avec Rothko on ne reste jamais sur sa fin. »

Et sur sa faim d’interprétations ajouterai-je.

D. dit: 22 juillet 2026 à 8h24

Ah bon. Et s à la troisième personne du singulier, c’est le langage parlé, aussisse ?

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 8h25

C’est comme oral versus aural.
Nous en sommes resté à Paul Zumthor, pour la clarté du propos.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h25

Certes, JJJ.
Mais parfois c’est très pragmatique et j’ai intérêt à comprendre qu’elle veut sortir, pressée par un besoin urgent !

renato dit: 22 juillet 2026 à 8h28

Autre détail : l’archange Gabriel, agenouillé, ne tient dans sa main le lys, attribut marial, mais une branche de palmier : la plante est liée à la figure de la Vierge, en raison d’un passage du Cantique des Cantiques : « Ta stature est comme un palmier et tes seins sont comme des grappes ».

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h30

« Il est important de le préciser.🐕 »

Pas besoin, ici ma bêtise singulière est connue de tous, D. !

D. dit: 22 juillet 2026 à 8h32

Le oui de Marie est le même que le oui de Dieu ; un oui d’amour, certainement pas de soumission.

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 8h34

@ et le plus souvent je me demande ce qu’elle veut bien me dire ?

-> Laisse pisser, ouarf … peut-être ? 🙂

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h34

« Autre détail  »

Oui, mais pourquoi l’archange Gabriel, qui ressemble à Dante, fait de l’auto stop, renato ?

rose dit: 22 juillet 2026 à 8h35

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 8h21
[…]

C’est bien là que réside un problème…
Les profs tiennent la route.
Bien plus que les parents des mômes auxquels nous enseignons.
Hier soir, ai regardé et écouté qq.mn le débat à l’A.N des députés concernant la dernière loi agricole.
J’ai revu les parents délirants qui ont participé si grandement et si activement au démembrement de l’école surout depuis que leurs enfants-rois étaient là à régner face à leur incompétence.

rose dit: 22 juillet 2026 à 8h36

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 8h21
[…]

C’est bien là que réside un problème…
Les profs tiennent la route.
Bien plus que les parents des mômes auxquels nous enseignons.
Hier soir, ai regardé et écouté qq.mn le débat à l’A.N des députés concernant la dernière loi agricole.
J’ai revu les parents délirants qui ont participé si grandement et si activement au démembrement de l’école surtout depuis que leurs enfants-rois étaient là à régner face à leur incompétence.

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 8h37

@ Gaby (8.32) : c’est un impératif suggéré avec bienveillance mais fermeté, pas un constat au présent, vu la virgule.

renato dit: 22 juillet 2026 à 8h42

L’ange désigne la ligne l’écriture (« Non est impossibili apud Deum omne verbum »*) et, implicitement, Dieu, jazzi.

* « Toute parole n’est pas impossible à Dieu »

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h50

Oui, renato.
Certains critiques précisent que c’est pour bien indiquer que dans ce tableau c’est lui qui parle (transmet la parole divine) et que Marie écoute.
C’est déjà du cinéma expressionniste muet.

Chaloux dit: 22 juillet 2026 à 8h55

De la littérature au langage du chien, en passant par la politique, toutes les formes de la lecture sont défectueuses chez la boldoclopine. Sauf une, celle qui la justifie en tous domaines.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 8h59

« « Elle m’avait confié ses numéros » : il gagne 13 millions au loto de la Fête des mères grâce à sa maman disparue
« Un signe du destin. » La Française des jeux révèle l’origine des gagnants du jackpot « boosté » à 13 millions d’euros du 6 juin. Il s’agit d’un habitant de l’Oise, qui a joué les numéros fétiches de sa mère décédée. »

Preuve qu’il y a une vie après la mort !
Depuis l’au-delà, la mère a fait gagner son fils.

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 9h05

Oui, B, j’ai lu ce très consistant article, merci.
J’ai eu l’infime plaisir de rencontrer P. Zumthor à plusieurs reprises. Grand souvenir!

Paul Zumthor (1915-1995), d’origine suisse, fit ses débuts autour de « l’École de Genève » fondée par le comparatiste Albert Béguin et comprenant, entre autres, Georges Poulet et Jean Starobinski. Médiéviste d’envergure internationale, spécialiste de littératures romanes, historien et théoricien du fait littéraire, promoteur du concept de poésie orale, il fut aussi écrivain et poète. Paul Zumthor a connu un parcours universitaire multiple dont les stations principales furent Genève, Paris, Amsterdam et Montréal, où il a été à l’origine du programme de littérature comparée de l’Université de Montréal. Ses principales publications savantes depuis les années 1980 sont : Introduction à la poésie orale (1983), Jeux de mémoire. Aspects de la mnémotechnie médiévale (1985) ; La lettre et la voix. De la « littérature » médiévale (1987) ; Performance, réception, lecture (1990) ; La mesure du monde. Représentation de l’espace au Moyen Âge (1993) ou encore Babel ou l’inachèvement (1997).

B dit: 22 juillet 2026 à 9h05

Et vous, vous seriez justifiable? Bien que je sois loin d’approuver tout ce que Clopine communique, à certains moments, elle fait preuve d’excellents réflexes. Son positionnement politique n’est pas le même que le votre ou le mien, est-ce que cela prouve que les opinions des uns garantissent un droit d’exclusivité et aboutissent à l’abolition de la liberté d’expression dans cet espace?

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 9h07

Surprenante?
B, ici je me régale ( pas tout le temps) plutôt que je m’étale… 🙂

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 9h10

Les profs tiennent la route.

C’est votre avis que nous sommes loin (ex-prof) de partager.
Ils tiennent la route du grangeon, de cela en revanche, nous sommes certains! 🙂

bolibongo dit: 22 juillet 2026 à 9h11

Les profs tiennent la route.

Parlez-nous de leur formation en histoire de l’art, inexistante!

Chaloux dit: 22 juillet 2026 à 9h12

Lu quelques textes de Paul Zumthor sur la littérature médiévale, mais le grand moment de lecture reste pour moi son Guillaume le Conquérant.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 9h15

« Vita le surpasse de très loin. »

Il n’y a pas photo : elle est belle, intelligente et très affectueuse !

Chaloux dit: 22 juillet 2026 à 9h19

Petite question à la boldoclopine. Sait-elle pourquoi l’activiste proche ou membre de LFI et de la milice à l’origine de la mort de Quentin Deranque, Mehdi Adel, a pris le pseudonyme d’Allan Brunon?

« (…) le parquet de Paris considère que la sortie de notre Bouteldja déclarant que « tout israélien est consubstantiellement coupable » n’est pas pénalement critiquable. »

Source Gilles-William Goldnadel.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 9h28

« Annie Le Brun vivait à Paris dans un modeste appartement, longtemps partagé avec son amour, Radovan Ivšić. Et des livres, des livres, des livres, il y en avait partout, y compris dans la salle de bain. »

Moi aussi je suis allé chez Annie Le Brun.
Pas si modeste, l’appartement, mais en effet couvert de livres, notamment des livres d’art.

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 9h40

La belle-soeur de Chedly est pas mal non plus. On ignore si elle a donné son accord pour figurer sur les RS. Vita n’a pas eu son mot à dire non plus, saur erreur.
Bon je dis ça, je dis rin.
Bàv à tte la famille,

closer dit: 22 juillet 2026 à 9h42

puck a certainement des infos exclusives sur ton info de 8h53, JB.
Attendons ses révélations…

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 9h47

@ B (9.38) Je viens de me remémorer l’histoire du ruban dans l’Ecole des Femmes, …
—-
Arnolphe (à part) : je souffre en damné
Agnès : il m’a pris le ruban que vous m’aviez donné / A vous dire le vrai, je n’ai pu m’en défendre.
Arnolphe (reprenant haleine) – Passe pour le ruban. Mais je voulais apprendre / S’il ne vous a rien fait que vous baiser les bras ?
Agnès : Comment ? est-ce qu’on fait d’autres choses (urg).

Chantal dit: 22 juillet 2026 à 9h55

c’est pas la belle soeur de chedly c’est la petite soeur de jazzi.

nous voilà avec l’angélus à l’heure dorée en frontispice, Gabriel avec le pouce qui like et sa petite couronne feuillue assez coquette ma foi, Marie toute pénétrée de mystère qui regarde dans le vide.

le rotko en bas, sans transition, genre idéal simplifié.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 10h04

« c’est pas la belle soeur de chedly c’est la petite soeur de jazzi. »

Les deux, Chantal.

Alfred dit: 22 juillet 2026 à 10h45

Un chien, quand il vous fixe des yeux… oui, oui, il veut vous dire quelque chose.
Mais un chat qui vous reluque, c’est juste qu’il se fout de vot’gueule.

à vue de pays dit: 22 juillet 2026 à 11h04

en rapport avec ce passage de l’ère de la Loi à celle de la Grâce, un autre détail significatif (pour les contemporains d’A. Lorenzetti) : Marie porte des boucles d’oreille — dont l’usage était réservé aux femmes juives à cette époque et dans cette région.

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 11h50

ah zut j’avais pas vu le « détail » du pouce de gabriel en autostoppeur… ça alors !… Mais j’arrive pas à le voir non plus dans la toile de rothko, malgré mes lunettes et appareil auditif,… J’entends goutte. (urg)

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 12h34

BARBUT
Décidément !…
J’efface le message de 9.31. Pauvre Momo, ce qu’ils ont du lui faire avaler pour la forcer à rester, hein… Je sais, je sais… une péripétie politique insignifiante sur la ‘soumission’ ou ‘servitude ‘ in-volontaire, etc.
———-
(dépêche de l’RDL 🙂 Selon son cabinet, la ministre reste finalement au gouvernement « en confiance autour de priorités fortes : accélérer l’adaptation au changement climatique (et) améliorer la santé environnementale. »

Chantal dit: 22 juillet 2026 à 13h56

@ à vue de pays, j’avais remarqué aussi les jolies boucles d’oreilles, on ne se refait pas, merci pour ce détail sur la provenance du modèle.

D. dit: 22 juillet 2026 à 14h19

Notre-Dame de Montligeon est relativement moderne et il n’est pas recommandé de visiter ce sanctuaire de façon touristique ou animé de curiosité.
Par contre toute prière sincère y étant dite (et correctement dite, pas pensée distraitement et paresseusement « en passant ») à l’intention d’âmes connues ou inconnues à des effets immenses pour leur salut. Pensons particulièrement aux suicidés mais aussi à tous les jeunes et moins jeunes partis dans des accidents sans avoir pu se confesser des péchés même véniels d’une vie de désordre, esclaves des séductions du monde.
Les mécréants et criminels, eux, sont très difficilement récupérables. Leur place est hélas en Enfer, tellement bas, lointain et brûlant qu’une prière n’est pour eux qu’un verre d’eau qui s’évapore en quelques secondes. Il faut le savoir mais rien n’est jamais perdu. Prions aussi pour eux. Rien n’est impossible à Dieu.

Chaloux dit: 22 juillet 2026 à 14h24

Ortega, le grand pote de Doriotchon, annule les prochaines élections au Nicaragua.

Votez Doriotchon!

MC dit: 22 juillet 2026 à 14h28

Pie XI, qui en fit une basilique, était tout sauf moderne . Et la construction a dû commencer sous Léon XIII ou Pie IX . Il se peut que les vitraux changent un peu la donne, mais on a bien affaire à une Basi lique neo-gothique….

Chaloux dit: 22 juillet 2026 à 14h31

Rimon Kirsht, le jour de sa libération (53 jours de captivité par le Hamas):

« Le jour de chaque chien arrive ».

Son mari est mort en captivité.

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 14h42

Il se fout de vot’gueule si vous ne lui obéissez pas tout de suite, voilà tout, sinon, non. Il vient vous allumer et il suffit de feindre l’indifférence pour lui rendre la pareille. Après, il boude pour un bon moment.
(La bergère en colère tua le p’tit chaton, ron ron)(quelle nouvelle ? – et oui, le petit chat est mort)
suites,
« La constellation du chien », de Petre Heller, que je le recommande vivement aux plagistes qui ne l’auraient pas lu à sa sortie.
https://www.babelio.com/livres/Heller-La-constellation-du-chien/472866

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 14h50

à vrai dire, je n’entendais pas vraiment la visiter, Ch… Merci pour vos conseils d’évitement.
(nb / essayez de mijoter dans une bouilloire carrée, le TDF va bientôt prendre fin).
*** @ jzmn ; il semblerait que pour « la Constellation du chien », Ridley Scott s’apprête à en faire une adaptation pour la rentrée prochaine,

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 15h00

@ SV, les milliers de commentaires de notre ex amie Cricri laissés sur votre blog ont tous disparu instantanément depuis deux ou trois jours.
Pourriez-vous nous éclairer sur cette étonnante et mystérieuse disparition (perecquienne), ou vous en tenir au devoir d’un « pacte de silence » à ce sujet. Merci, lcé. Bàv,

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 16h50

J’ai remarqué beaucoup de sensibilités artistiques différentes parmi les contributeurs.euses de ce blog… ce qui fait sans doute son unicité, plus que des goûts très divers pour « la » littérature, « la » politique politicienne et « les » actualités internationales, lesquels provoquent souvent pas mal d’empoignades et de longs ressentiments.

J J-J dit: 22 juillet 2026 à 16h55

Voici une opinion de feu Pierre Boulez.
Ma boulangère, passionnée par une pratique modernisée de son accordéon, me faisait un peu la même réflexion, il y a quelque temps.
“Il y a parfois des efforts à faire et trop de gens ne font pas assez d’efforts en matière d’art, soit par paresse, soit parce qu’ils sont trop attachés aux formes du passé. Ils ont arrêté d’évoluer et c’est regrettable. La musique n’est pas la seule en cause, mais aussi ceux qui l’écoutent”.
On dénote souvent comme une forme de sagesse populaire et d’humilité chez nos meilleurs créateurs,
Bàv,

Claudio Bahia dit: 22 juillet 2026 à 17h19

merci,merci,merci à M. Pierre Assouline pour cette captivant présentation d’un livre que je vais tenter de me procurer par internet, qui semble passionnant.
A propos de beaux livres, et dans cette même ordre d’idée, je suggère: de Alain Billard « La Belle Histoire des Cathédrales »

D. dit: 22 juillet 2026 à 19h52

Boulez était un bon chef et c’est tout, renato. On vous l’a déjà dit. Alors maintenant cessez de nous importuner tous les quatre matins avec ce monsieur.

Donna Ricaud-Veyre dit: 22 juillet 2026 à 19h55

C’est un monde, Monsieur Dé. Se faire importuner ainsi avec Boulez.
Merci de votre intervention. Il n’essayera plus, j’en suis convaincue.

Donna Ricaud-Veyre dit: 22 juillet 2026 à 20h05

Monsieur Dé., j’ai beaucoup réfléchi à votre projet d’envahir la Suisse et j’y adhère à 100 %. Mais il faudra aussi se saisir de la Suède.

renato dit: 22 juillet 2026 à 20h06

Vos endives sont une véritable nuisance, sans égales, D., tout comme la poule parlante que vouvez as inventée en tant que doublure féminine.

rose dit: 22 juillet 2026 à 20h08

L’intérêt, à mes yeux, dans ce qu’écrivit renato est a vécu, est mort, est enterré à Baden-Baden.
Encore un grand écart.

rose dit: 22 juillet 2026 à 20h10

Et alii nous a quittés.
Son fils m’a écrit « Maman n’est plus. »
Demain matin, nous l’accompagnerons dans son dernier voyage.

renato dit: 22 juillet 2026 à 20h10

C’est peut-être un « boulet », mais, qu’on le veuille ou non, il a fait quelques choses de plus que parler au vent.

rose dit: 22 juillet 2026 à 20h36

Oui. Elle a beaucoup souffert. De son dernier séjour à la Timone, elle n’est pas revenue.
Nous sommes si peu de chose.
Je transmettrai demain matin, Chantal,

Alfred dit: 22 juillet 2026 à 20h36

Mourir en plein sommeil ou dormir en pleine mort ?
Éternel repos pour Madame « et alii ».

puck dit: 22 juillet 2026 à 20h37

très beaux commentaires sur les églises et l’art sacré.

le grand absent de ses histoires c’est Dieu.

c’est un peu comme faire un match de foot sans le ballon.

puck dit: 22 juillet 2026 à 20h39

reste la beauté des peintures sacrée et des cathédrales.

une beauté dont la seule finalité c’est la beauté.

ce qui est le définition précise du « kitsch »

renato dit: 22 juillet 2026 à 20h39

Revenons à Lorenzetti, et puisque nous sommes en RdL, penchons-nous sur le livre. On peut supposer qu’il s’agit de l’Ancien Testament, car, selon une tradition médiévale, l’ange a surpris Marie alors qu’elle méditait sur le passage biblique où le prophète Isaïe prédit la venue du Messie.

puck dit: 22 juillet 2026 à 20h42

du coup sur les détails on a des types qui expliquent les plus petits détails.

mais c’est qu’on a perdu le sens global.

quand on y pense 2 secondes c’est tout de même assez drôle.

puck dit: 22 juillet 2026 à 20h44

Dieu est mort.

mais il nous reste les tableaux et les cathédrales.

limite c’est plus sympa que le contraire.

puck dit: 22 juillet 2026 à 20h47

l’athée est celui qui contemple la beauté d’une cathédrale.

le croyant est celui qui y rentre pour prier.

pendant que l’athée prend des photos avec son smartphone.

renato dit: 22 juillet 2026 à 20h50

Quand puck écrit de longs textes, je ne les lis pas, mais quand il écrit de courts textes, on voit bien à quel point il est stupide.

puck dit: 22 juillet 2026 à 20h54

l’athée prend même en photo ceux qui prient.

souvent il cherche le meilleur angle et il se retrouve sous le Christ en croix .

celui a la meilleure vue des gens qui prient c’est le Christ en croix dans l’abside.

faut dire qu’il a payé cher son billet, normal qu’il ait la meilleure vue.

Jazzi dit: 22 juillet 2026 à 20h54

Merci pour l’information, rose.
C’était une sacrée personnalité.
Ces liens vont nous manquer.
Je ne lui étais pas très sympathique, et elle me le faisait savoir, mais moi je l’aimais bien et j’adorais la titiller…
Je crois qu’elle avait aussi une fille.
Soyez notre bonne messagère auprès des siens !

renato dit: 22 juillet 2026 à 20h57

« mais c’est qu’on a perdu le sens global. »

Oui, car lui, dans sa grande stupidité, a pleinement conscience du sens global.

puck dit: 22 juillet 2026 à 21h01

le sens global d’une cathédrale ?

Dieu et la foi jouent un rôle dans ce sens global.

cela dit quand un athée contemple une cathédrale il a l’avantage de ne pas être influencé par ce sens global : Dieu et la foi, du coup son regard est plus objectif.

puck dit: 22 juillet 2026 à 21h05

disons que ce sens global, que sont Dieu et la foi, a tout de même joué un rôle dans la cathédrale ou le tableau.

je veux dire Dieu était présent au moment où la cathédrale est sortie de terre.

il était présent et nécessaire, voire même indispensable.

je veux dire sans la foi je vois pas trop l’intérêt de faire chier à peindre des tableaux ou à construire des cathédrale.

surtout quand on sait à quel point c’est chiant de construire une cathédrale, il fallait la foi, quelque part.

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