de Pierre Assouline

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La République des livres

Littérature de langue française

Mon père, cet anti-héros

Mon père, cet anti-héros

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Certain(e)s disent « mon père » ; d’autres, « papa ».  Il en va de même pour la mère, rassurez-vous, mamans. En quoi les un(e)s et les autres se distinguent. Il semble que ce soit une question d’éducation, du moins à l’oral. De circonstances aussi. Deux romans y reviennent en cette seconde rentrée littéraire. Enfin, « romans », on se comprend. Un label de convenance. Une manière de s’autoriser le cas échéant au détour d’un paragraphe erreurs, approximations, oublis, pas de côté, tremblements, émotions, fantasmes. Toutes choses constitutives de ces traces qui disent l’intime vérité d’un être. Dans le cas de Régis Jauffret comme dans celui de […]

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Les noeuds d’un mikado

Les noeuds d’un mikado

Albert Bensoussan

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Gilles Rozier n’est pas seulement l’un de nos grands traducteurs du yiddish — cette langue de la Mitteleuropa juive qu’on croyait partie en fumée —, avec sur sa table de travail Esther Kreitman (Blitz et autres histoires), Chil Rajchman (Je suis le dernier Juif : Treblinka) ou Avrom Sutzkever (Le ghetto de Wilno), où chaque oeuvre fait renaître ce monde du shtetl et des ghettos d’Europe centrale qui fut celui de ses grands-parents polonais. C’est aussi un poète et le romancier reconnu d’Un amour sans résistance ou D’un pays sans amour. Il publie aujourd’hui le Mikado d’enfance (l’Antilope, 2019, 192 […]

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Une seule phrase pour sortir de la rentrée en beauté

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Il en va de la rentrée littéraire comme de l’incipit d’un livre : on ne sait pas plus quand l’une s’achève et où l’autre se termine. Pour ce qui est de la première, il y bien la date butoir des prix littéraires de l’automne et l’annonce des beaux-livres des fêtes. La librairie semble alors en suspens, observant une sorte de trêve permettant aux prescripteurs (libraires, critiques, médias, bibliothécaires) de lire en prenant leur temps, de rattraper des oublis, de ne pas se laisser étouffer par la nouveauté en revisitant des classiques. C’est dans ce moment particulier que la chose s’est glissée […]

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Le roman de Jean-Paul Dubois prix Goncourt 2019

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Le prix Goncourt a été attribué aujourd’hui au roman de Jean-Paul Dubois Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon publié aux éditions de l’Olivier, au deuxième tour de scrutin par six voix contre quatre à Soif d’Amélie Nothomb publié chez Albin Michel. Des voix s’étaient également portées sur Extérieur monde d’Olivier Rolin (Gallimard) et La part du fils de Jean-Luc Coatalem (Stock). D’autre part le prix Renaudot a couronné  Sylvain Tesson pour La panthère des neiges chez Gallimard. Quant au Grand prix du roman de l’Académie française, il a distingué la semaine dernière Civilizations de Laurent […]

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Les sentinelles de nuit de Javier Marias

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Tout écrivain est d’abord un lecteur. Une évidence toujours bonne à marteler quitte à lasser. L’envie nous en prend chaque fois que, dans une interview ou une confession sur ce qui lui tient lieu d’art poétique, l’un d’eux, plus nombreux qu’on le croit, donne l’impression d’être venu au monde écrivain, né d’une génération spontanée qui ne doit rien à personne et à si peu de livres qui ont précédé les siens. Foutaises ! Parfois un petit, souvent un grand lecteur. De ceux qui ont le goût des autres et s’en nourrissent. Ils ont différentes manières de payer leurs dettes, à supposer […]

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Un enfant du silence

Un enfant du silence

ALBERT BENSOUSSAN

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Santiago H. Amigorena est le petit-fils de Vicente Rosenberg, un juif polonais qui a fui l’Europe malade de peste brune pour trouver refuge à Buenos Aires et fonder un foyer avec Rosita Szapire, la fille d’un autre exilé du shtetl. Nous sommes dans ce milieu des Rusos comme on appelle en Argentine la populeuse immigration juive venue du Mitteleuropa — face aux Levantins qu’on appelle  lesTurcos issus de l’empire ottoman dont beaucoup sont également juifs. Mais qu’est-ce qu’un juif ? Françoise Truffaut, qui avait quelque raison de se poser la question, la met dans la bouche du seul personnage juif de ses films, le metteur […]

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Trois pépites de la rentrée

Trois pépites de la rentrée

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De livre en livre, Sylvain Prudhomme surprend. Son ton décalé, nonchalant, glandeur a un charme fou. Cette fois, avec Par les routes (304 pages, L’Arbalète), l’histoire d’un autostoppeur, comment il est entré dans la vie du narrateur, comment il en est sorti et comment il y est revenu. Une sorte de road-movie plein de rencontres (ici un extrait). Le travail sur la langue parlée est très réussi, ça sonne vrai sans vulgarité ni relâchement. C’est un livre plein de livres mais quels ! Les Géorgiques de Claude Simon, Pour un Malherbe de Françis Ponge, Le Grand passage de Cormac McCarthy. Classe ! En même temps, ça n’est […]

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La guerre d’une seule contre un gène tueur en série

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Mais de quoi hérite-t-on au juste quand on hérite ? Une maison, des objets, des titres, de l’argent ou presque rien, c’est selon. Sans oublier l’essentiel : une émeute de traces mnésiques. Le poète T. S. Eliot l’évoquait dans La Terre vaine :  « Nous avons existé par cela, cela seul/ Qui n’est point consigné dans nos nécrologies/ (…) Ni sous les sceaux que brise le notaire chafouin. » Difficile de ne pas garder ces vers à l’esprit en lisant le récit poignant de Nathalie Rheims Les Reins et les cœurs (205 pages, Léo Scheer). Ainsi énoncé, ces quatre derniers mots au coude à coude sur […]

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Deux filles écrivent un « Tombeau pour mon père »

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Qu’est-ce qu’une fille devenue femme peut faire de son attachement pour son père quand celui-ci n’a pas souvent été à la hauteur de son rôle mais qu’elle continue à l’aimer sans raison ? La question court en filigrane tout au long de Avant que j’oublie (144 pages, 14 euros, Verdier) d’Anne Pauly (1974), un premier roman inoubliable une fois qu’on l’a refermé, sélectionné sur les premières listes des jurys Goncourt et Femina. A l’occasion de la maladie, de l’agonie puis de la mort de son père, mais un père un peu particulier car dysfonctionnel une jeune femme (re)découvre les deux hommes qui […]

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Le « Choses vues » planétaire d’Olivier Rolin

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Au début, on se dit : Merde alors, encore un écrivain qui se regarde écrire et qui, en plus , le raconte. Dès la première page : « Je ne sais pas si je pourrai aller bien au-delà de cette page… je décide de me laisser mener par les mots… je me jette à l’eau… j’écris ce paragraphe, je m’arrête, me lève, commence à marcher, tourner en rond devant mon bureau… ». On poursuit néanmojns la lecture d’Extérieur monde (302 pages, 20 euros, Gallimard) parce qu’on a un contrat de lecteur avec cet auteur depuis une trentaine d’années. Entendez qu’on le suit de livre en livre […]

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