de Pierre Assouline

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La République des livres

Les petits papiers de Jacques Drillon

N° 45 Le dieu des traducteurs

N° 45 Le dieu des traducteurs

Jacques Drillon

Ces ouvrières qui travaillent à la chaîne dans une entreprise de désarêtage de sardines. Installées dans une atmosphère à 5° devant des tapis roulants, dos à dos : on leur interdit de se parler. * Marcel Proust jouant des coudes pour pouvoir assister au procès de Dreyfus. * (Suite) Marcel Proust stérilisant les lettres qu’il recevait, par peur des microbes des autres. * (Fin) Céleste atteste que les « paperoles » n’étaient pas les bandes de papiers collés, mais simplement des feuilles volantes (par opposition aux carnets). * * (Suite) «Vous ne me comprenez pas. Je ne me comprends pas non plus. Même […]

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N° 44 Le fonds de volatilité de Philippe Bouvard

N° 44 Le fonds de volatilité de Philippe Bouvard

Jacques Drillon

La drogue de Hitler : la préludine (amphétamine anorexigène). Chopin n’a jamais pris de préludine. * Les belles étymologies Le mot « théorie » vient du grec theôria, qui désigne un ensemble d’hommes qu’on envoie consulter un oracle, voir un spectacle religieux. Le mot dans Platon veut dire « contemplation » (le théoros regarde, contemple, réfléchit, spécule). De thea (spectacle) et de oros (qui regarde) vient le mot « théâtre ». En moyen français, « théorie » désigne la connaissance rationnelle, par opposition à la pratique. Au XVIIIe siècle, elle prend son sens moderne de système de concepts abstraits, sans doute élaboré après longue contemplation et intense réflexion. Théôria a […]

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N° 43 Les mordus de la mort due

N° 43 Les mordus de la mort due

Jacques Drillon

Les pompes funèbres américaines, qui proposent d’extraire le carbone du corps du défunt pour en faire un diamant. * Le Journal de Philippe Muray, intitulé Ultima necat. La formule reprend l’adage gravé sur les cadrans solaires : « Vulnerant omnes, ultima necat », qui signifie : Toutes [les heures] blessent, la dernière tue. V.O. et V.F :        * Charles De Gaulle, John Fitzgerald Kennedy, Adolf Hitler, Elisabeth II, que Roger Peyrefitte « dénonçait » comme juifs. * Toutes les Vénus callipyges préhistoriques montrent une femme aux gros seins et aux grosses fesses, très précisément représentés, alors que tête et bras sont à peine esquissés. […]

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N° 42 Les caramels consacrés de Ceaucescu

N° 42 Les caramels consacrés de Ceaucescu

Jacques Drillon

Les types, dans les clubs de parapente, qui refusent de faire le dernier vol du vendredi en fin d’après-midi, « parce que c’est toujours au dernier vol qu’on a un accident ». Et, dans l’autre sens, les ingénieurs du son qui disent au musicien : « On commence par la prise 2 ? » parce que la première n’est jamais bonne. * Sollers, qui va voir le directeur de Normale Sup, rue d’Ulm, et qui en profite pour faucher du papier à en-tête. * (Suite) « Pour me décider à prendre en main la réalisation d’un numéro de “L’Infini” sur la Révolution, il y a deux ans, […]

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N° 41 Le cinquième amendement de Nerval

N° 41 Le cinquième amendement de Nerval

Jacques Drillon

Dis-moi ce que tu portes, je te dirai ce que tu mets. * Les deux brosses à dents, tête en l’air, dans le verre. * Passage du bassin * (Suite) * Le Credo, dans toutes les messes de Schubert, amputé de « Et in unam sanctam catholicam apostolicam ecclesiam » (Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique). * Ces deux petites filles qui s’embrassent comme des grandes, mais en interposant une main entre leurs deux bouches, parce que ça les dégoûte tout de même un peu. * Le goût pour Léo Ferré, qui vous quitte à la fin de l’adolescence […]

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N° 40 Place au staphylocoque

N° 40 Place au staphylocoque

Jacques Drillon

Les boutiques où l’on vous retire les sourcils pour vous en dessiner de faux à la place. * Stockhausen s’apprêtant à diriger une de ses œuvres dans une salle de la Cité Internationale, porte d’Orléans. Le silence se fait ; il reste mains en l’air, troublé par un bruit de fond, que les musiciens ne perçoivent pas. Avec beaucoup d’attention, on finit par identifier un murmure, venant de la circulation sur le boulevard périphérique. « Je veux bien payer, dit Stockhausen, mais il faut m’arrêter ça. » * Faire les mots croisés du « Parisien » comme entraînement quotidien à être pris pour un con. […]

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N° 39 Le baiser dans le cou

N° 39 Le baiser dans le cou

Jacques Drillon

(Selfies, suite) Les visiteurs du Belvedere, à Vienne, vont droit au Baiser de Klimt, et se prennent en selfie devant. La salle étant sombre, ils ont besoin d’un flash, dont la lumière abîme le tableau. Émue, la direction du musée a placé un panneau près du tableau : SVP, pour les selfies, suivez la flèche, une salle en bas vous accueille avec un Baiser factice grandeur nature et en pleine lumière.  * Personne ne sait D’où vient le « de » dans « pauvres de nous ! » * La Poste lance sa « néobanque », et l’a baptisée « Ma french bank ». Une telle cohérence est really […]

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N° 38 Les livres volés de Jean-Luc Godard

N° 38 Les livres volés de Jean-Luc Godard

Jacques Drillon

Les vieillards qui pètent. * Le condamné qui soudoyait le bourreau pour être étranglé avant d’être brûlé vif. * Les obsolètes : les gracieuses voix de sopranos d’avant-guerre, légères, au vibrato serré, un peu nasales, pointues, spirituelles : Yvonne Printemps, Suzy Delair, Annick Simon… Ce n’est pas seulement leur type de voix qui a disparu, mais un genre entier de féminité, celle qui s’attachait à cette voix. * Michel Piccoli récitant en quarante minutes la liste des communes du Var. * Les trente compositeurs ayant écrit leur premier morceau de musique entre trois et huit ans : Pistocchi, Schumann, Strauss, Purcell, Wieck, Busoni, […]

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N° 37 Le S.O.S. de Pavarotti

N° 37 Le S.O.S. de Pavarotti

Jacques Drillon

Les nazis en déroute, et qui savaient leur fin inéluctable, mais qui préféraient stopper des trains de matériel militaire pour laisser passer des convois de juifs vers Auschwitz. * Les obsolètes : le rite de passage de la culotte courte au pantalon. * L’économiste qui examine les conséquences de l’extension de la garantie. Garantir les objets dix ans, une voiture, un ordinateur, un moulin à café, asphyxierait l’économie mondiale. La panne est le ressort de la richesse. * « L’interprétation composée » de Hans Zender. Voir son Winterreise. * Mariage pour tous, procréation pour toutes, manif pour tous, le « pourtoussisme » de Michéa. * […]

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N° 36 Le monologue de la tricoteuse

N° 36 Le monologue de la tricoteuse

Jacques Drillon

Les gens qui ont chez eux un tableau qui pend de travers. Insupportable. « Vous permettez ? » * Le ton compassé, en tout cas « soutenu », qu’on prend inévitablement lorsqu’on s’adresse au vendeur d’un magasin de luxe. * Se colleter / se coltiner. Se colleter avec une difficulté / se coltiner tout le boulot. * Cette très vieille dame, qui a promené un bloc de foie gras pendant trois ou quatre jours en pleine canicule. Il pue, il est vert, personne n’en veut. Elle se récrie, car elle l’a cuit elle-même. Les convives se bouchent le nez et tiennent bon ; elle le […]

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