de Pierre Assouline

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La République des livres

Les petits papiers de Jacques Drillon

N° 75 Béquille et bâton blanc

N° 75 Béquille et bâton blanc

Jacques Drillon

De Gaulle, qui a toujours refusé de réenregistrer après coup son appel du 18 juin, dont il ne restait aucune trace. Et aussi, plus tard, de le commémorer par une fête nationale chômée. * Les obsolètes : le fichu de plastique transparent qu’on portait pour se protéger de la pluie, et qui se repliait d’un seul coup en accordéon lorsqu’on tirait sur les deux cordons. L’objet s’appelait une caroline.  * Le beurre « manié » (malaxé à de la farine). * « Prends du pain pour pousser ! » * Les obsolètes : L’agent, bâton blanc, clope au bec :   (extrait de Études sur Paris, le film […]

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N° 74 La tristesse post-prandiale

N° 74 La tristesse post-prandiale

Jacques Drillon

L’éclatement, à la BNF,  des services et des magasins destinés au stockage des ouvrages. Nous sommes passés de quatre magasins principaux sur le site de Richelieu à 180 à Tolbiac (86 dans les tours et 94 dans le socle). * (Suite) Les livres au centre, et bibliothécaires et lecteurs autour, comme dans une bibliothèque normale ? Pas du tout. Au milieu, du vide. Et tout le reste centrifugé. * « L’idéal pour Godard c’est d’obtenir tout de suite ce qui doit aller. Le tout de suite, c’est le hasard ; en même temps, c’est le définitif. Ce qu’il veut, c’est le définitif par hasard » […]

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N° 73 Canicule et croissants chauds

N° 73 Canicule et croissants chauds

Jacques Drillon

Jacob Blake, sur qui le policier Rusten Sheskey a tiré sept balles dans le dos à bout portant, menotté sur son lit d’hôpital. * Le pare-brise de Bérurier, en contreplaqué. * Anna Karénine « Que manque-t-il à la meilleure adaptation [cinématographique] ? Tolstoï. Le vrai Tolstoï, c’est ce qu’on ne peut pas transposer, après qu’on a tout transposé. Anna Karénine est indissociable. Non parce qu’elle ressemble à la vie, mais parce qu’elle ne lui ressemble pas » (Malraux). * Les objectifs des iPhone, qui aplatissent tout. * Le bruit des sachets de croissants, leur doux froissement. * Nicolas Sarkozy, forcé par son […]

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N° 72 Eurodisney trempé dans l’eau froide

N° 72 Eurodisney trempé dans l’eau froide

Jacques Drillon

Les obsolètes : Le volant, remplacé par le badminton. * Frédéric Dard, qui se fait enlever sa fille contre rançon alors qu’il est en train d’écrire un roman dans lequel un romancier se fait enlever sa fille contre rançon. * Personne ne sait Pourquoi il y a tous les ans un horaire d’été à la SNCF, avec une modification d’une ou deux minutes par rapport aux heures d’hiver. * Laureléhardy. * Eurodisney pour Philippe Muray : « Ninive interactive », « colonie distractionnaire », « Eurobabylone », « Eros center infantile », « Disneygraal de l’Idiote au bois dormant »… * Les petites vieilles, obligées d’appeler un voisin pour ouvrir leur  pot […]

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N° 71 Location et louange d’Isabelle Huppert et de ses attributs

Prière d’insérer des Contes du chat perché, de Marcel Aymé : « Ces contes ont été écrits pour les enfants âgés de quatre à soixante-quinze ans. Il va sans dire que par cet avis, je ne songe pas à décourager les lecteurs qui se flatteraient d’avoir un peu de plomb dans la tête. Au contraire, tout le monde est invité. Je ne veux que prévenir et émousser, dans la mesure du possible, les reproches que pourraient m’adresser, touchant les règles de la vraisemblance, certaines personnes raisonnables et bilieuses. À ce propos, un critique distingué a déjà fait observer, avec merveilleusement d’esprit, que […]

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N° 70 L’encre des miroirs

N° 70 L’encre des miroirs

Jacques Drillon

  Celui qui fait le premier pas, presque toujours identifiable. Celui qui fait le dernier, presque toujours incertain. * Michaux refusant de se laisser photographier. Et puis photographié tout de même. « Cinquante procès ne me rendraient pas un visage d’inconnu. » Il se laisse donc approcher par Brassaï, Gisèle Freund, Paul Fachetti… * Les obsolètes : l’encre en bouteille. Catalogue des encres Antoine : « L’encre Violette Noire Communicative, de violette qu’elle est, au moment où on la trace, l’écriture passe, peu après, au noir parfait. L’encre Moderne pour les écritures de bureau et de comptabilité. L’encre Bleue Noire [sic] est, de toutes, la […]

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N° 69 Gide et l’herbe pour les lapins

N° 69 Gide et l’herbe pour les lapins

Jacques Drillon

La tranche d’emmental, huileuse au bout de deux jours. * Personne ne sait De quoi vivent les antiquaires chics du Quartier latin, qui exposent en vitrine deux ou trois objets, un coffre datant de Charlemagne, admirablement vermoulu, un vase Ming de deux mètres de haut… Les mêmes depuis six mois. Leurs boutiques sont toujours désertes, et le vendeur/gérant/propriétaire est assis dans le fond, devant son Mac, à enchaîner les parties de Candy crush. * Le premier canard fondé par Benoît Delépine, « Fac off ». * François Baroin portant un masque Lacoste. Crocodile sur la pommette gauche. * Smetana, devenu sourd, composant […]

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N° 68 Balzac, la muse et le presse-purée

N° 68 Balzac, la muse et le presse-purée

Jacques Drillon

Les choses que fait l’autre et qu’on brûle de faire à sa place, parce qu’on se croit meilleur, plus rapide : chercher dans un gros dictionnaire, faire un créneau, souder un condensateur. Surtout chercher dans un gros dictionnaire. Pour paraphraser Giono : Est-ce que je me trompe si je me crois plus grand quand j’agis à sa place ? * Personne ne sait Si un (petit) branleur branle ou se branle. * (Suite) « Les muses ne rient bien que branlées » (Céline). * La soirée qui s’éternise, les invités qui ne s’en vont pas. « Vous demeurerez bien, malgré l’heure tardive ? » (Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse […]

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N° 67 Le cerf, la vieille dame et l’imbécile

N° 67 Le cerf, la vieille dame et l’imbécile

Jacques Drillon

Personne ne sait Ce qu’il faudrait dire à Maurizio Pollini pour qu’il soit un pianiste intéressant : il est parfait. * Les incipits méconnus Louis-René des Forêts, Le bavard : « Je me regarde souvent dans la glace. Mon plus grand désir a toujours été de me découvrir quelque chose de pathétique dans le regard. » * Les pluriels pénibles Fêter ses un an. Le pétrole est passé sous la barre des zéro dollar. * Larbaud aphasique, ne pouvant plus prononcer qu’une phrase : « Bonsoir les choses d’ici-bas. » * En tête d’un roman de San-Antonio : PREMIÈRE ET DERNIÈRE PARTIE * Personne ne sait Pourquoi les […]

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N° 66 Les mots empoisonnés

N° 66 Les mots empoisonnés

Jacques Drillon

Les deux auteurs les plus traduits en Italie : Shakespeare, puis Simenon. * Le joueur qui désire tomber sur un cinq ou un six, et lance donc son dé avec force ; espérant un as ou un deux, il le lance avec précaution. * Personne ne sait S’il est possible de se créer des défenses contre les mots empoisonnés qu’on vous force d’ingérer, et qui varient selon les besoins de l’État. En tout état de cause, il reste possible de les mâcher, et de les recracher discrètement. * (Suite) Par exemple l’expression « vacances apprenantes », promue par le ministre de l’Éducation nationale, qui paie […]

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