de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

Littérature étrangères

Traduire le silence d’Aharon Appelfeld

Traduire le silence d’Aharon Appelfeld

Valérie Zenatti

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En hommage à l’écrivain israélien Aharon Appelfeld qui vient de disparaitre à 85 ans, des extraits d’un entretien accordé en juin 2013 à la revue L’Autre par la romancière et scénariste Valérie Zenatti, sa fidèle traductrice depuis Histoire d’une vie (2004) «  (…) Je préparais le concours de l’agrégation d’hébreu en 2002 et Le temps des prodiges était au programme. J’avais lu un livre d’Aharon Appelfeld au lycée mais je ne me souvenais pas du tout de quoi que ce soit, car c’était l’époque où je ne maîtrisais pas très bien l’hébreu, voire pas du tout, donc c’était très flou. […]

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Partir dans les branches

Partir dans les branches

Daniel Lefort

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Un des gestes les plus familiers du lecteur lorsqu’il saisit un livre pour la première fois est de faire glisser les pages sous son pouce pour en estimer l’épaisseur, happer au passage les titres de chapitre et mesurer la densité du volume, bref, entrer en matière. Dans le livre de Hernán Ronsino, Lueurs de la pampa (traduit de l’espagnol – Argentine – par Gersende Camenen, Gallimard, 324 p., 22,50€), ce geste attire aussitôt l’attention sur les photographies en noir et blanc de frondaisons arborées – une douzaine – qui, insérées directement et au hasard dans le texte, lui donnent un […]

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Quoi de neuf ? Max Aub

Quoi de neuf ? Max Aub

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Le cas Max Aub illustre bien l’idée selon laquelle la vraie patrie d’un écrivain, c’est sa langue. Né Paris d’un père allemand exilé et d’une mère française, mort à Mexico, il avait possédé des passeports français, allemand, espagnol, mexicain au gré de ses naturalisations successives et de ses tribulations dans un siècle agité qui le contraignit non à l’exil mais aux exils sans fin. Alors, sa vraie patrie dans ce kaleidoscope d’identités ? Rien d’autre que sa langue, celle dans laquelle il écrivait lui qui en parlait tant. Rien ne pouvait mieux définir ce romancier cosmopolite, nouvelliste, essayiste, auteur dramatique et […]

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Hüzün ou la mélancolie turque

Hüzün ou la mélancolie turque

Orhan Pamuk

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Hüzün, c’est la version turque de la mélancolie, c’est une notion qui exprime l’esprit de la ville d’Istanbul. Ce livre (Istanbul. Souvenirs d’une ville) est tout à la fois une autobiographie qui raconte ma vie entre sept et vingt-deux ans et un essai sur l’esprit de la ville, une tentative de capturer son atmosphère, son alchimie, ce qu’elle communique à travers ses paysages, ses ruines, ses monuments. Dans la mystique soufie, le hüzün trouve son origine dans un sentiment de manque dû à notre trop grand éloignement de Dieu. On retrouve quelque chose de proche du hüzün dans la culture japonaise, […]

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Telle Cassandre à l’instant de sa mort

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L’instant de ma mort, c’était le titre d’un récit bref et coupant, d’une exceptionnelle puissance d’évocation, dans lequel Maurice Blanchot restituait les minutes qui précédèrent le moment où un peloton de soldats allemands faillit l’exécuter pendant la dernière guerre. Depuis sa parution en 1994, « l’instant de ma mort » est devenu une expression. Une consécration sans risque de banalisation car cela désigne un moment des plus rares, et pour cause. Ce parti pris fut également celui de la romancière Christa Wolf (1929-2011) lorsque, réinterprétant les mythes antiques, rajoutant son palimpseste sur les couches accumulées de Homère, Eschyle, Euripide, Lycophron de Chalcis, […]

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Nobel à Ishiguro, le vertige d’un jour

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Pas si sûr que, « si l’on mêle Jane Austen et Franz Kafka, on obtient Kazuo Ishiguro » comme le croit dans une formule rapide Sara Danius, secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, pressée tout à l’heure de définir les qualités du nouveau lauréat du prix Nobel de littérature. Ce genre de rapprochement façon cocktail, toujours hasardeux, étonne de la part d’une universitaire. Il est vrai qu’elle a fait d’autres depuis un an qu’elle s’est mise en tête de défendre bec et ongles, avec parfois les moyens les plus saugrenus, l’attribution l’an dernier de la fameuse récompense à un chanteur populaire. Bref, Kazuo Ishiguro […]

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Les illusions de grandeur de Philip Roth

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Sur le fil de l’Agence France-Presse, la nouvelle est annoncée de manière intéressante. Mais j’aurais volontiers interverti le titre et l’attaque. Au lieu de « Ecrivain du désir et de la judaïté, Philip Roth entre dans la Pléiade« , il eut été préférable d’intituler l’article : « Snobé par le Nobel mais récompensé par les autres grands prix littéraires, Philip Roth est désormais dans la Pléiade ». Car même si une Pléiade se prépare des années à l’avance, le timing de sa sortie n’est jamais innocent s’agissant d’un auteur vivant. Le prix Nobel de littérature devant être révélé jeudi prochain, si Philip Roth est enfin […]

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Philip Roth en ses fantômes

Philip Roth en ses fantômes

Philippe Jaworski

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(…) La vraie vie? Justement, chez Philip Roth, il n’y en a pas : la vie est ce qui manque, ou se manque. Il y a quelque chose de l’épopée — une épopée grinçante — dans ce tableau, vaste et minutieux, de la condition de l’écrivain (juif américain): l’auteur et ses personnages, sa création, l’auteur en proie à ses créatures, l’homme présent et absent dans son œuvre, la relation entre une vie d’homme et une vie de personnage. On résiste mal à l’envie d’appliquer à l’entreprise de Roth, pour la résumer d’un mot, la formule de Henry James citée dans […]

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Le triomphe du roman sans fiction

Le triomphe du roman sans fiction

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Je n’est pas toujours un autre. Il arrive qu’il s’affirme clairement comme étant l’auteur et nul autre. Ainsi le pacte de lecture est-il clairement établi qui nous dispense de chercher à retirer les masques superposées sur le visage de celui qui signe de son propre nom en haut de la couverture. Le genre n’est pas nouveau. Les Américains l’ont brillamment illustré du Truman Capote de De Sang-froid (1966)   ) au William T. Vollman de La Famille royale , en passant par le Norman Mailer du Chant du bourreau (1979) Qu’il s’agisse de comprendre le passage à l’acte existentiel de meurtriers, […]

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Franz Kafka à la trace

Franz Kafka à la trace

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Le lecteur passionné en nous a-t-il vraiment envie de convaincre l’autre réfractaire ? Même pas sûr. Difficile de résister pourtant. Quand j’entends dans la bouche de la romancière Cécile Guilbert, un esprit fin, pointu, curieux, qu’elle n’a jamais pu lire les romans de Kafka tant ils lui « tombent des mains », cela m’accable ; mais lorsque peu après elle reconnaît que le Journal du même Kafka la comble, cela me console et je me dis que tout n’est pas perdu. L’envie me vient alors de lui en donner le goût non par la force mais par la persuasion, de biais, en la faisant […]

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