de Pierre Assouline

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La République Des Livres par Pierre Assouline

traducteur

Pour Cabrera Infante

Pour Cabrera Infante

Albert Bensoussan

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Guillermo Cabrera Infante, écrivain cubain né à Gibara en 1929 et décédé à Londres en 2005, journaliste et critique de cinéma, puis scénariste et romancier, publie en 1964, aux éditions espagnoles Seix-Barral, un roman intitulé Vista del amanecer en el Trópico, couronné du prix Biblioteca Breve. Mais l’auteur qui, entre-temps, connaît l’exil, remanie profondément son texte, en introduisant une critique aussi acerbe que subtile du régime castriste dont il fut partie prenante au départ ; et il lui donne pour titre Tres tristes tigres, un titre qui fait inévitablement penser au célèbre essai de Lévi-Strauss, Tristes tropiques. Ce roman, publié en […]

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Un terrifiant sentiment de fatalité

Un terrifiant sentiment de fatalité

Daniel Lefort

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La pampa argentine est un espace métaphysique – on le sait au moins depuis Jorge Luis Borges – et les écrivains de ce pays ont fait de la nouvelle le temps de l’étrangeté – merci Julio Cortázar. Espace infini et temps inépuisable que la génération montante n’hésite pas à explorer avec des moyens et une sensibilité inédits. C’est le cas de Samanta Schweblin qui, après avoir récolté ses premiers succès en Amérique latine – avec des recueils tels que Des oiseaux plein la bouche – et le Prix Juan Rulfo en France, se trouve sur la short list du Man […]

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L’art savant de Mario Vargas Llosa

L’art savant de Mario Vargas Llosa

Daniel Lefort

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L’un des attraits du travail de traducteur est de pénétrer les secrets du livre ouvert sur sa table en décortiquant le texte comme on le fait d’un crustacé appétissant et de haut goût – homard ou langouste – sur la blancheur de l’assiette. Il faut en examiner les parties, repérer les jointures, le décarcasser, le décortiquer, séparer les éléments les plus gros des plus petits. Ce travail d’analyse fait apparaître des cartilages enfouis, des membranes cachées, tout un réseau admirable de structures insoupçonnées qui articulent la bête et donnent à ses mouvements souplesse et fermeté. Il permet de comprendre comment […]

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Traduire le silence de Rimbaud

Traduire le silence de Rimbaud

Roméo Fratti

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Comment entendre le langage baudelairien « des fleurs et des choses muettes » si ce n’est par le silence, premier pas vers l’écoute et la possibilité de comprendre ? « J’écrivais des silences, (…) je notais l’inexprimable (…) » affirme Arthur Rimbaud au moment de son bilan poétique dans Une saison en enfer. L’auteur suggère un refus de l’acte d’énonciation de la voix poétique et semble confier sa création à une perception sensorielle silencieuse, capable d’exprimer des aspects inexprimables du monde. Le sujet se tait pour céder sa place au silence. L’écriture en vient donc à désigner un processus de transcription du silence, qu’il s’agisse du […]

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Pirandello traductologue

Pirandello traductologue

Jean-Pierre Pisetta

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Six personnages en quête d’auteur fait depuis près d’un siècle partie du répertoire mondial du théâtre. Or, cette pièce de Luigi Pirandello continue à livrer des messages insoupçonnés. Comme tout chef-d’œuvre, pourrait-on dire : Carlos Fuentes, interrogé récemment sur les ondes d’une radio belge, répondait au journaliste qui lui demandait ce qu’il trouvait encore dans la relecture de Don Quichotte, à laquelle l’écrivain mexicain octogénaire avouait se livrer une fois par an : « Ce que je n’y avais pas encore trouvé la dernière fois. » Ce n’est pourtant pas en relisant la pièce de Pirandello que j’y ai découvert « quelque chose que je […]

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Sono Pazzi Questi Romani !

Sono Pazzi Questi Romani !

Roméo Fratti

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Que traduit-on ? Une langue ou une culture ? La question mérite d’être posée à la lumière de la traduction italienne de la série Astérix : la langue italienne est en effet plus phonétique et moins apte à la déformation que le français. Les formes d’esprit et les expressions verbales humoristiques qui ponctuent les aventures du petit héros gaulois n’ont pourtant pas découragé leurs traducteurs italiens. Parmi ceux-ci, Marcello Marchesi et Luciana Marconcini ont tout particulièrement su exploiter les ressources de la culture transalpine et tirer parti de la médiation visuelle de cette série de bande dessinée, pour créer des tournures en mesure […]

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Translation de Rabelais

Translation de Rabelais

Marie-Madeleine Fragonard

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Ceci n’est pas, ne peut pas être une traduction. Tout le monde vous le dira, on ne traduit pas une langue en elle-même. Tout au plus des exercices de style comme ceux de Raymond Queneau permettent-ils de changer les niveaux de langues et styles de rédaction. Nous ferons donc des exercices de style en changeant de temps. Pourtant bien des gens vous le diront, Rabelais parle une langue étrangère. Française sûrement (quoique bien mêlée), mais archaïque, et si archaïque que l’usure du temps ne nous permet même pas de constater qu’elle n’était déjà pas immédiatement intelligible pour les lecteurs du XVIème […]

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Un métier à la portée des tout-petits

Un métier à la portée des tout-petits

Jean-Pierre Pisetta

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En 1986, peu après la publication de ma première traduction – des contes et des récits de Léon Tolstoï traduits du russe en français –, un ami me proposa d’aller présenter le livre dans l’école primaire de son fils. L’ouvrage étant illustré, j’avais fait des agrandissements de certains dessins et avais débarqué dans la région belge de Charleroi armé de mon matériel didactique. La classe était principalement composée d’enfants d’immigrés turcs et, après les présentations d’usage effectuées par la maîtresse, l’un de ces écoliers m’avait demandé ce que c’était que la « traduction ». C’est effectivement un mot savant et je me […]

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Stratégie des deux-points chez Gadda

Stratégie des deux-points chez Gadda

Jean-Paul Manganaro

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(…) Quels sont le noyau et le développement du Pasticciaccio (Quer pasticciaccio brutto de via Merulana qui paraît ces jours-ci en français sous le titre L’affreuse embrouille de via Merulana) ? La question est à la fois simple et compliquée. Elle est simple par son « histoire » : deux crimes sont au centre des événements, le vol des bijoux d’une comtesse d’origine vénitienne et, deux jours plus tard, l’assassinat de madame Liliana Balducci, romaine, perpétrés sur le troisième palier d’un immeuble, sis au 219 de via Merulana, où vivent confortablement des gens et des familles de la nouvelle bourgeoisie romaine, le « […]

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Coup d’oeil en « Enfer »

Coup d’oeil en « Enfer »

Jean-Pierre Pisetta

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Pourquoi traduit-on un texte ? La plupart du temps, bien sûr, parce qu’on nous le demande. Les traductions sont donc majoritairement des commandes. Dans le domaine littéraire toutefois, l’initiative revient souvent aux traducteurs et les éditeurs ne manquent pas de rester ouverts à leurs propositions. Mais certaines traductions se font aussi pour le plaisir, comme on peint un tableau, le dimanche, ou comme on cultiverait ses choux le temps de la retraite venu. Une fois la besogne menée à bien, elle devient quelquefois « rentable », c’est-à-dire que le tableau est vendu, que les choux sont dégustés et que la traduction atterrit dans l’étalage d’une […]

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