de Pierre Assouline

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La République des livres

traducteur

Plus d’une langue

Plus d’une langue

BARBARA CASSIN

Je voudrais dire un mot de notre intention initiale, car elle est en phase avec le souci de la langue, et de la langue française, propre à l’Académie. C’est très simple : ni globish ni nationalisme. Nous voulons contribuer à fabriquer une Europe résistante, qui refuse de s’en tenir à cette non-langue de pure communication qu’est le global English, dont les principales œuvres sont les dossiers de demandes de subvention, ces« soumissions » que classeront des « experts à haut niveau ». Nous refusons que nos langues, celles que nous parlons, le français, l’anglais lui-même (celui de Shakespeare, d’Emily Dickinson ou de Churchill), deviennent de […]

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Comment j’ai publié ma première traduction

Comment j’ai publié ma première traduction

 Jean-Pierre Pisetta 

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L’Institut supérieur de traducteurs et interprètes (ISTI) de Bruxelles était une école réputée et spécialisée en matière de traduction et je m’y suis inscrit à l’automne 1980, dans la section russe-italien. J’avais choisi l’italien parce que je le parlais déjà et voulais l’approfondir, et le russe parce que l’atmosphère des livres russes que je lisais à l’époque, en particulier ceux de Soljenitsyne, avaient le don de m’envoûter. En outre, les révélations contenues dans son Archipel du Goulag m’intriguaient tellement que l’étude de la langue et de la culture russes me semblait être le meilleur moyen d’en savoir davantage à ce […]

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Comment critiquer une traduction

Comment critiquer une traduction

Tim Parks

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Allison Braden (AB): At a translation conference, I heard a panelist argue that mistakes in translation, as long as they don’t significantly impede the author’s message, are irrelevant. He then went on to say that he tries to avoid making mistakes as much as possible. Later, an audience member argued that as her career as a translator has progressed, she’s found herself making more “mistakes,” because of the increased latitude that experience affords. For a group that would seem to value semantic precision, there appears to be an alarming blurriness around the notion of mistakes versus agency. How do you […]

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Lin Shu, auteur du « Quichotte »

Lin Shu, auteur du « Quichotte »

MIKAËL GÓMEZ GUTHART

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Le nom de Lin Shu vous est sans doute totalement étranger. Pourtant, il devrait figurer depuis fort longtemps dans tous les manuels d’histoire de la littérature. Originaire de la région de Fujian dans le sud-est de la Chine, ce grand érudit autodidacte issu de la dynastie Qing, la dernière à avoir régné sur l’Empire Chinois, était peintre, calligraphe, romancier, nouvelliste, poète, essayiste et traducteur. Il est en effet l’auteur, dès la fin du XIXème siècle, des premières traductions littéraires en Chine, dont les bibliothèques étaient pour ainsi dire dépourvues —la tradition chinoise étant constituée depuis des siècles de commentaires des textes […]

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La chancelante équivocité du monde

La chancelante équivocité du monde

Barbara Cassin

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Je veux d’abord remercier le CNRS, cette institution magique que l’on envie à la France. Il m’a donné cette chose inappréciable, la plus introuvable de toutes : le temps de travailler. Permettez-moi cependant, puisque nous sommes dans un cadre institutionnel, une remarque d’institution : dans le CNRS d’aujourd’hui, je ne serais pas là. J’ai été recrutée comme professeure du secondaire, sur un « poste d’accueil », et cela n’existe plus. Or cette perméabilité secondaire-supérieur-recherche tirait magnifiquement parti de la forte singularité française qu’est la classe de philosophie. Quel dommage de se priver d’une circulation si féconde, qu’elle soit longue comme au CNRS, […]

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Le « troisième monde » de Marina Tsvetaeva

Le « troisième monde » de Marina Tsvetaeva

Hélène Henry

Voici, enfin rassemblés, les « longs poèmes » de Marina Tsvetaeva, dans une traduction de Véronique Lossky. La traductrice achève avec ce volume une entreprise capitale : donner à lire en français toute l’oeuvre poétique de Tsvetaeva. Longtemps la porte n’avait été qu’entrouverte : la prose de Tsvetaeva nous était parvenue la première, grâce aux efforts conjugués d’éditeurs perceptifs (Clémence Hiver) et de quelques traducteurs de la première heure ; puis parurent, en 2009 et 2011, sous la direction de Tsvetan Todorov et Véronique Lossky, les deux tomes du Seuil. Moins heureuse malgré des réussites de traduction superbes, éparpillée, livrée au […]

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Intraductibilités sonores

Intraductibilités sonores

Roméo Fratti

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Dans son essai intitulé Peut-on lire Pascoli en français aujourd’hui ? Jean-Charles Vegliante, poète, traducteur et professeur émérite à la Sorbonne-Nouvelle, se demandait si l’œuvre de Giovanni Pascoli, poète italien de la seconde moitié du XIXèmesiècle, avait une « chance d’être lisible comme texte : suite écrite, parole poétique, discours original déchiffrable et recevable, en français aujourd’hui. (…) » Les recherches de Vegliante ont mené à la rédaction d’un large choix de poèmes de Pascoli, réunis sous un titre qui renvoie sans ambiguïté au noyau de sens susceptible d’échapper à la raison lors de la lecture d’un texte poétique : L’impensé la poésie  (Choix de poèmes […]

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Les traducteurs face à Maigret

Les traducteurs face à Maigret

Murielle Wenger

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Simenon’s novels have been published in so many languages that you could think his writing must be easy to translate. Yet this translating job may not be so obvious, and we thought it would be interesting for our readers to learn how translators deal with this work. Thus we posed four questions to the translators who are working on current Penguin Maigret novels. We thank them all for their answers. On Penguin site (https://www.penguin.co.uk/series/INSMAI/inspector-maigret/), you can see which Maigret novels have been translated by every of these translators.  Murielle Wenger –  What is the most difficult thing to deal with in the translation of a Maigret novel?  Ros Schwartz – The […]

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Traduire le silence d’Aharon Appelfeld

Traduire le silence d’Aharon Appelfeld

Valérie Zenatti

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En hommage à l’écrivain israélien Aharon Appelfeld qui vient de disparaitre à 85 ans, des extraits d’un entretien accordé en juin 2013 à la revue L’Autre par la romancière et scénariste Valérie Zenatti, sa fidèle traductrice depuis Histoire d’une vie (2004) «  (…) Je préparais le concours de l’agrégation d’hébreu en 2002 et Le temps des prodiges était au programme. J’avais lu un livre d’Aharon Appelfeld au lycée mais je ne me souvenais pas du tout de quoi que ce soit, car c’était l’époque où je ne maîtrisais pas très bien l’hébreu, voire pas du tout, donc c’était très flou. […]

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Le cas des « Salons » de Diderot

Le cas des « Salons » de Diderot

Romeo Fratti

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Une traduction ne constitue-t-elle pas une recréation de l’œuvre d’art traduite ; une recréation qui permet de dévoiler une dimension inédite de la beauté de ladite œuvre ? Le traducteur fait face à une production artistique élaborée à partir d’un certain langage, entendu comme système organisé de signes. Son travail consiste à donner une seconde vie à l’œuvre, grâce à un autre langage. Aux yeux de Diderot, chargé d’écrire les comptes rendus des expositions de l’Académie royale de peinture et de sculpture, la magie du peintre qui anime son tableau peut être envisagée dans un rapport analogique à la magie du critique d’art […]

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