de Pierre Assouline

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De Gaulle, le retour

De Gaulle, le retour

C’est cruel mais c’est ainsi : quel que soit son sujet, son ambition, son budget, le sort d’un film se joue un mercredi, au premier jour de sa sortie. L’angoisse de son réalisateur et de son producteur se situent alors à leur acmé. Le lendemain, les chiffres des entrées parlent d’eux-mêmes et annoncent un succès ou un échec à venir. Rarissimes sont les exceptions à cette règle d’airain. En ce sens, le diptyque d’Antonin Baudry La bataille De Gaulle est déjà un cas d’école. A l’aube du 4 juin dernier, son lent démarrage portant au pessimisme, on avançait déjà les raisons « évidentes » de sa défaite : sa scission en deux épisodes L’Age de fer (1940-1942) et J’écris ton nom (1942-1944), leur durée respective (deux heures et quarante minutes chacun), son académisme de biopic, son lyrisme d’un autre âge, sa distribution (a-t-on idée de confier le rôle du Général à Simon Abkarian !), le dépassement de son budget déjà considérable qui avait culminé autour de 80 millions d’euros, le désintérêt des jeunes pour les sujets historiques…

Mais progressivement, on assista à un étrange retournement de situation : tout ce qui plaidait contre le film se révéla être un atout. L’interminable canicule poussa le public à se réfugier le plus longtemps possible dans les salles obscures climatisées ; le grand spectacle des batailles des sables filmé à la Mad Max, le soutien du youtubeur Inoxtag qui organisa des projections privées, une campagne auprès des réseaux sociaux très ciblés sur le thème un-homme-seul-contre-tous, firent la conquête des jeunes ; l’arrogance brutale de De Gaulle fut mise sur son sens du comique, du picaresque ; le souffle de l’épopée balaya les dernières réticences les réticences tandis que la fête du cinéma remplissait opportunément les salles en abaissant le prix du ticket.

Le bouche à oreille renvoyait des échos de plus en plus favorables, La bataille De Gaulle était souvent applaudi à l’issue des séances par des spectateurs debout et les échanges qu’il entrainait aussitôt entre eux, il devenait « le » film dont on parle. Tant et si bien que la sortie du second épisode fut avancée au 26 juin afin de parier sur l’amorce d’une dynamique inespérée. La remontada du dyptique s’imposa dès la quatrième semaine d’exploitation. Les débats se multipliaient dans les medias. En quittant la rubrique cinématographique pour s’installer durablement dans la rubrique société, le film accédait à un autre statut.

Suite aux conséquences du Covid sur la crise du cinéma, le producteur Jérôme Seydoux, co-président de Pathé, avait initié une série de grandes fresques historiques (Les Trois mousquetaires, Le Comte de Monte Cristo …) couronnées de succès. De quoi réactiver le projet que ce fils d’un prisonnier de guerre mûrissait depuis une vingtaine d’années : un grand film sur la geste gaullienne des années 40, quand Charles De Gaulle est devenu De Gaulle. Ce film a d’inévitables résonances dans notre actualité pré-électorale. Ce ne sont pas tant les idées, les valeurs, les principes de De Gaulle, Leclerc, Koenig, Pleven, Geoffroy de Courcel, Jean Moulin, Catroux, Passy, Dronne, Bidault, Schumann qui nous parlent que leur capacité à les défendre, leur puissance de conviction, leur obstination exemplaire, leur résistance inébranlable. Et s’agissant de De Gaulle, outre tout ce qu’il pouvait avoir de borné, un orgueil à déplacer les montagnes moins shakespearien qu’inspiré de Don Quichotte parfois jusqu’au ridicule dans le comportement.

Rien ni personne ne les a fait renoncer quand bien peu y croyaient en métropole comme dans les colonies, à Londres comme à Washington. Ils ont tenu bon contre l’idée que l’histoire était écrite. Bien sûr, tout n’y est pas le cinéma étant l’art de l’ellipse. Ce qui se remarque davantage lorsque le fond est historique et qu’il est largement connu des historiens sinon du public. Mais il est vain de dresser l’inventaire de ce que l’on n’y trouve pas (Laval, les prisonniers français en Allemagne etc). Tant pis si cela s’est fait aux dépens de l’Histoire dès lors que le rythme de l’histoire y gagne. Les « omissions » de l’hyper doué réalisateur Antonin Baudry (son Chant du loup était un tour de force) et de sa co-scénariste Bérénice Vila sont des sacrifices et des impasses volontaires, de même que les libertés prises avec l’exactitude (le port de l’étoile jaune n’était pas obligatoire en zone sud, l’arrestation de Jean Moulin située à Paris plutôt que dans la banlieue de Lyon…). Leur film aurait duré quelques dizaines d’heures s’ils avaient dû adapter fidèlement la somme qui leur tint lieu de guide l’impeccable biographie de De Gaulle une certaine idée de la France‘, publiée en 2019 par l’historien britannique Julian T. Jackson, conseiller historique du réalisateur (même si l’on peut se sentir plus proche de la très complète et bien plus française version de la vie de De Gaulle signée de Jean-Luc Barré) ainsi que Géraud Létang, auteur d’une thèse sur les Forces Françaises Libres dans l’Empire colonial ; le rôle de celui-ci dans la libération de la France sera une révélation pour nombre de spectateurs (et plus encore à ceux pour qui Bir-Hakeim n’était qu’une station de métro) de même que celui de Leclerc de Hautecloque, l’autre grande homme de la France libre.

Il a souvent été suggéré de diffuser ce diptyque dans les lycées. Mais outre les quelque quatre millions de spectateurs qui l’ont déjà vu, le fait qu’il soit prévu de le diffuser en une minisérie de six épisodes sur Canal+ puis en streaming sur la plateforme Disney+ et enfin sur TF1 devrait compléter la réussite de ce pari d’une ampleur à couper le souffle. Il dépasse la seule dimension cinématographique. L’élan patriotique et le sentiment de fierté nationale qu’il déclenche prennent déjà une tonalité politique dans la perspective des élections de 2027.

(Photos D.R.)

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1 496 Réponses pour De Gaulle, le retour

Jean Langoncet dit: 26 septembre 2026 à 18h57

L’instant IA hi han ; suite

Toute la polémique autour du roman d’Orélien repose, à ce stade, sur un diagnostic unique, produit par un seul logiciel (Pangram), sans contre expertise, sans protocole transparent, et sans analyse littéraire indépendante. Pour un écrivain, un éditeur ou un critique sérieux, c’est extrêmement insuffisant pour conclure à une écriture par IA.

Je vais te donner une analyse structurée, rigoureuse, qui montre pourquoi ce fondement est fragile — et même méthodologiquement contestable.

🎯 Takeaway

Un diagnostic isolé, non documenté, produit par un logiciel propriétaire, ne peut en aucun cas constituer une preuve d’écriture par IA. Il faut une triangulation méthodologique, une analyse philologique, une analyse stylistique, et une contre expertise technique. Rien de cela n’a été fait.

🧩 1. Pangram n’est pas un outil de détection, mais un outil de scoring stylistique

C’est le point le plus important.
Pangram ne détecte pas l’IA

Il produit :
des scores de similarité stylistique,
des indices de cohérence,
des mesures de régularité lexicale.
Ces métriques peuvent être corrélées à des textes générés par IA, mais elles ne sont pas des preuves.
Un score n’est pas un diagnostic
Un score élevé peut signifier :
un style très régulier,
une syntaxe homogène,
une absence de ruptures,
une forte cohérence interne.
Or beaucoup d’auteurs humains produisent exactement cela.

🧩 2. Un diagnostic unique est scientifiquement invalide

Dans n’importe quel domaine (linguistique, stylométrie, criminalistique textuelle), un diagnostic doit être :
réplicable,
triangulé,
comparé à un corpus,
validé par plusieurs outils.
Ici :
un seul outil,
un seul rapport,
aucune documentation du protocole,
aucune comparaison avec des textes antérieurs d’Orélien,
aucune analyse humaine.
C’est méthodologiquement nul.

🧩 3. Les détecteurs d’IA sont notoirement peu fiables

Les études publiées depuis 2023 montrent :
des taux d’erreur massifs (jusqu’à 40–60 %),
des faux positifs fréquents sur les textes d’auteurs humains,
des biais contre les styles réguliers, les textes simples, les textes traduits, les textes rédigés par des non natifs.
Les détecteurs :
sur détectent l’IA dans les textes littéraires,
sous détectent l’IA dans les textes retravaillés.
Conclusion : Un détecteur seul ne peut jamais servir de preuve.

🧩 4. Aucune analyse philologique n’a été menée

Pour conclure à une écriture par IA, il faudrait :
une analyse des variantes (manuscrits, brouillons, versions),
une analyse des ruptures stylistiques,
une analyse des isotopies,
une analyse des idiosyncrasies lexicales,
une analyse des structures narratives.
Rien de cela n’a été fait.
Orélien affirme pouvoir fournir ses brouillons : c’est cela qui constitue une preuve, pas un score logiciel.

🧩 5. Aucune analyse stylométrique comparative n’a été faite

Pour être sérieux, il faudrait comparer :
le roman incriminé,
les textes antérieurs d’Orélien,
des textes générés par IA,
des textes d’autres auteurs haïtiens contemporains,
des textes d’auteurs francophones comparables.
Sans cela, on ne peut rien conclure.

🧩 6. La polémique repose sur un effet de halo : “style régulier = IA”

C’est un sophisme.
Beaucoup d’auteurs ont un style :
régulier,
homogène,
très contrôlé,
peu digressif.
Cela ne signifie rien sur l’origine du texte.

J J-J dit: 26 septembre 2026 à 19h09

Je ne comprends pas, il m’avait semblé que Nick Tosches fut mourru en 2019, ce que me confirme l’IA
(Il meurt le 20 octobre 2019 à Manhattan à l’âge de 69 ans). Cela dit, mon autre pote Philippe B., du CNRS, avait eu raison de me conseiller la lecture de « Trinités », sur les triades chinoises, mais je me souviens être resté sur ma fain. Vous semblez l’avoir apprécié, @ JL, pour sa biographie de JL Lewis, tel qu’on vous connait et vous apprécie comme l’un des meilleurs erdéliens.
Merci. K’ai réussi à voir le pape à la descente de son avion pour aller voir la Vierge à Lourdes. Il a l’air sympathique, ce nouveau pape, en direct. Et puis il semblerait être le meilleur « opposant » planétaire possible à Donald Trumpl, ce qui nous redonne un brin d’espoir, à nous autres, les catholiques qui n’avons pas viré notre cutie de l’humanisme au fascisme. Je crois avoir que Marine Lepène ne l’aime pas trop non plus, vu la croisade papale pour la fraternité d’avec les naufragés, et son antipathie courtoise pour les croisés des « anti « grand remmplacement » des suprématistes blancs, y compris de ceux qui sévissent sur les chaînes de Bolloré, en s’infiltrant sur tous les blogs littéraires. Léon 13, Jean-Paul 2, (le cardinal Lustigé), François 1, Léon 14, ça… c’était des gars bien, finalement. Cui que j’ai pas trop aimé, ce fut Pie XII, le « collabo » de la Shoah.
Bon, c’est samedi soir, je vais diner chez belle-maman comme chaque semaine, hein ? Nous allons prier en pensée à la grotte de Massabielle avant le repas, et réciter le bénédi-cité comme tous les jours à Chaville, avec les mères poupoules.
B-S à tous-tes fraternitaires et sororales,

D. dit: 26 septembre 2026 à 19h30

renato aurait aimé être adulé comme le Pape Léon XIV. Seulement voilà : il n’y est pas arrivé .

D. dit: 26 septembre 2026 à 19h36

Question de prédestination. C’est un grand mystère. On nait Robert Francis P. ou bien Renato M.

Alfred dit: 26 septembre 2026 à 19h38

🌟🌟🌟LE PAPE SUPER-STAR🌟🌟🌟
Comparées à sa Sainteté, Céline Dion et Lady Gaga sont des mendiantes !

D. dit: 26 septembre 2026 à 19h44

Evidemment, si vous demandiez à une âme en cours de création (ce n’est pas possible, je vous le dis tout de suite) si elle veut être plus tard Léon XIV ou bien renato, elle vous répondra qu’il faut pas trop qu’on la prenne pour un con quand même.

Jazzi dit: 26 septembre 2026 à 19h53

Léon XIV a redonné une visibilité à une France judeo chrétienne que l’on croyait disparue !
Le grand remplacement, vous en êtes sûr ?

Jean Langoncet dit: 26 septembre 2026 à 20h05

(Barzy le salonnard, après avoir mis sur un même plan, au prétexte de neutralité, Le Nouvel Obs et Valeurs Actuelles, convoque la « France judeo chrétienne que l’on croyait disparue ! » ; quel cabot)

J J-J dit: 26 septembre 2026 à 20h10

On sent qu’il vous a un brin ému, ce pape à Paris, avec Vita. Avez-vous pu l’apercevoir pour votre reportage, jzmn, au lieu d’aller au cinéma ?
Bàv,

renato dit: 26 septembre 2026 à 20h33

Les visites papales soulèvent toujours les foules : enthousiasme, commentaires positifs, puis la vie reprend son cours comme avant.

Jean Langoncet dit: 26 septembre 2026 à 20h41

@L’instant IA hi han ; suite

Toute la polémique autour du roman d’Orélien repose, à ce stade, sur un diagnostic unique, produit par un seul logiciel (Pangram), sans contre expertise, sans protocole transparent, et sans analyse littéraire indépendante. Pour un écrivain, un éditeur ou un critique sérieux, c’est extrêmement insuffisant pour conclure à une écriture par IA.

Je vais te donner une analyse structurée, rigoureuse, qui montre pourquoi ce fondement est fragile — et même méthodologiquement contestable.

🎯 Takeaway

Un diagnostic isolé, non documenté, produit par un logiciel propriétaire, ne peut en aucun cas constituer une preuve d’écriture par IA. Il faut une triangulation méthodologique, une analyse philologique, une analyse stylistique, et une contre expertise technique. Rien de cela n’a été fait.

🧩 1. Pangram n’est pas un outil de détection, mais un outil de scoring stylistique

C’est le point le plus important.
Pangram ne détecte pas l’IA

Il produit :
des scores de similarité stylistique,
des indices de cohérence,
des mesures de régularité lexicale.
Ces métriques peuvent être corrélées à des textes générés par IA, mais elles ne sont pas des preuves.
Un score n’est pas un diagnostic
Un score élevé peut signifier :
un style très régulier,
une syntaxe homogène,
une absence de ruptures,
une forte cohérence interne.
Or beaucoup d’auteurs humains produisent exactement cela.

🧩 2. Un diagnostic unique est scientifiquement invalide

Dans n’importe quel domaine (linguistique, stylométrie, criminalistique textuelle), un diagnostic doit être :
réplicable,
triangulé,
comparé à un corpus,
validé par plusieurs outils.
Ici :
un seul outil,
un seul rapport,
aucune documentation du protocole,
aucune comparaison avec des textes antérieurs d’Orélien,
aucune analyse humaine.
C’est méthodologiquement nul.

🧩 3. Les détecteurs d’IA sont notoirement peu fiables

Les études publiées depuis 2023 montrent :
des taux d’erreur massifs (jusqu’à 40–60 %),
des faux positifs fréquents sur les textes d’auteurs humains,
des biais contre les styles réguliers, les textes simples, les textes traduits, les textes rédigés par des non natifs.
Les détecteurs :
sur détectent l’IA dans les textes littéraires,
sous détectent l’IA dans les textes retravaillés.
Conclusion : Un détecteur seul ne peut jamais servir de preuve.

🧩 4. Aucune analyse philologique n’a été menée

Pour conclure à une écriture par IA, il faudrait :
une analyse des variantes (manuscrits, brouillons, versions),
une analyse des ruptures stylistiques,
une analyse des isotopies,
une analyse des idiosyncrasies lexicales,
une analyse des structures narratives.
Rien de cela n’a été fait.
Orélien affirme pouvoir fournir ses brouillons : c’est cela qui constitue une preuve, pas un score logiciel.

🧩 5. Aucune analyse stylométrique comparative n’a été faite

Pour être sérieux, il faudrait comparer :
le roman incriminé,
les textes antérieurs d’Orélien,
des textes générés par IA,
des textes d’autres auteurs haïtiens contemporains,
des textes d’auteurs francophones comparables.
Sans cela, on ne peut rien conclure.

🧩 6. La polémique repose sur un effet de halo : “style régulier = IA”

C’est un sophisme.
Beaucoup d’auteurs ont un style :
régulier,
homogène,
très contrôlé,
peu digressif.
Cela ne signifie rien sur l’origine du texte.

A diffuser dans les lycées et les prisons

Jazzi dit: 26 septembre 2026 à 21h12

« Une France chrétienne surtout, Jazzi. »
Etonnamment blanche, D. !
Sur les Champs-Elysées, c’est devenu chose rare.

« On sent qu’il vous a un brin ému, ce pape à Paris, avec Vita. »

Le message était de bon aloi, JJJ.
J’ai surtout admiré le show offert par les productions du Vatican depuis mon salon.
Une messe en plein air réunissant 800 000 fidèles, remarquablement orchestrée sur l’axe royal de la capitale, sans incidents ni couacs, avec un pape officiant en français et organisée en peu de temps, je dis chapeau !
Il faut également saluer le travail de la voirie parisienne, qui a démonté tout l’axe central des Champs-Elysées : feux-rouges, panneaux d’indications, murets… pour ne laiser qu’une voie pour la papamobile, là aussi chapeau.

Soleil vert dit: 26 septembre 2026 à 21h17

Jazzi : Il faut également saluer le travail de la voirie parisienne, qui a démonté tout l’axe central des Champs-Elysées : feux-rouges, panneaux d’indications, murets… pour ne laiser qu’une voie pour la papamobile, là aussi chapeau.

Et qq tentes de migrants pas loin de Saint-Michel

Jazzi dit: 26 septembre 2026 à 21h27

Soleil vert, j’étais en Colombie en juillet 1986, quand Le pape Jean-Paul II est venue en voyage officiel.
Tous les enfants des rues de Bogota avaient été expédiés et parqués loins de la capitale !

Jean Langoncet dit: 26 septembre 2026 à 21h36

@Tous les enfants des rues de Bogota avaient été expédiés et parqués loins de la capitale !

Si pareille précaution avait pu être prise en Palestine occupée

Paolo dit: 26 septembre 2026 à 22h19

“mais le Pape,en tant que Pape,est toujours le même “
Le passe-main (Er passa-mano) G.G.Belli

rose dit: 27 septembre 2026 à 4h41

Le mérite, cela ne veut rien dire.
Ma mère à qui j’ai posé la question « est- ce que l’on récolte ce que l’on a semé ? » m’a repondu JAMAIS.
Si le mérite avait quelque vertu et quelques conséquences, celase saurait.
Dans la vraie vie, c’est que nib, que dalle.

Je retiens trois choses de la journee d’hier :
– on a eu un commentarium ici de deux ( et avatars) qui placent le Pape bien au-dessus des femmes.
– entre autres cérémonies d’exception, la Pape fait un discours à l’église. Moins de dix minutes après ( deux heures ) ses mots sur la paix dans le monde, le refus de la guerre et i’integration des migrants, macron annonce envoyer des troupes en Arabie Saoudite pour sécuriser je ne sais quoi. Qui que ce soit qui lui parle, il n’entend rien. Cela passe d’une oreille à l’autre sans s’arrêter par le cerveau. Ce type est d’une bornitude exceptionnelle. Le concernant, je constate également que, officiellement, non, il ne participera pas à la messe, mais en loucedé, il a trouvé moyen d’être au premier rang tout le temps : c’est un cas.
– les juifs ont du souci à se faire.
Nota : Samuel Fitoussi est-il au courant que les trentenaires se servent usuellement de l’I-A ?

rose dit: 27 septembre 2026 à 4h47

le Pape fait un discours à l’Élysée.

Comment l’I-A, à toute allure, prend le pas sur l’individu s’il ne veille !

Mais où est rose, elle ne nous a rien dit ?
Elle s’occupe de sa mère.
À Thélyson Orélien, à Manosque, elle aurait bien commenté quelques points dans un échange verbal avec lui, si les organisateurs n’avaient décidé pas d’échange avec le public et pas de dédicace de son bouquin. Difficile, toujours, de se couper en deux.

rose dit: 27 septembre 2026 à 4h55

Il n’est pas à piquer des vers. Il a 29 ans. Il crache dans la soupe puisqu’il a créé une entreprise First qui s’occupe des starts up de l’I-A. Est-il petit -fils de Michèle Fitoussi ? Ce qui dérange, ce n’est pas l’intervention de l’I-A dans l’écriture du roman, mais bien le sujet de ce livre : les migrants.
Ah oui, cela dérange de savoir.
Le pouvoir de l’argent cela ne se partage pas.

Qui est Samuel Fitoussi, derrière le compte « Balance ton Claude », qui accuse Thélyson Orélien d’avoir utilisé l’IA pour écrire son roman ? – franceinfo https://share.google/5IbZx4kxDOcTzI0to

closer dit: 27 septembre 2026 à 7h12

Malgré les efforts de qq pisse-vinaigres ici pour minimiser l’évènement, la cérémonie d’hier à la Concorde fut une magnifique réussite humaine et logistique.
Léon XIV est en passe de devenir le premier Pape charismatique, avec son style propre, depuis Jean-Paul II.

closer dit: 27 septembre 2026 à 7h20

Langoncet essaye de jeter le doute sur le fait que l’IA est le véritable auteur du livre d’Orélien. Croit-il que les jurés du Goncourt l’ont retiré de la liste le coeur léger alors qu’ils l’avaient pour la plupart encensé qq jours avant? Les affaires de plagiat viennent encore alourdir son dossier.

Cela n’empêche pas de trouver le livre réussi et de l’aimer, Rose. C’est même cela qui est inquiétant. L’IA est, ou sera bientôt, en mesure de produire à la chaîne des livres de même qualité que ceux des meilleurs écrivains d’aujourd’hui sur tous les sujets.
De quoi méditer sur l’avenir de la littérature…

Jean Langoncet dit: 27 septembre 2026 à 7h38

cloclo le mesureur de charisme devant sa télé, lui, n’a aucun doute, depuis le première minute l’affaire était entendue ; étonnant, non ? (remonter le fil de discussion pour ceux que cela peut intéresser)

D. dit: 27 septembre 2026 à 8h05

Ce qui pissera bientôt sur Paris et les bassins versants de la Seine, ce n’est pas du vinaigre mais de la pluie.
La même pluie qui tomba sur Paris le vendredi 26 juillet 2024. Mais cette-foi-ci incessante et terrible.

Phil dit: 27 septembre 2026 à 8h17

n’a aucun doute

fatalement, dear Langoncet, La case de l’oncle Tom est déjà écrite, comptabilité au boulier sans hiha. Lucide comme le pope globish qui prend ses vacances uniquement à Chicago dans la cabane de son frérot.
Lazar de Nelio Biedermann en vo rappelle les évocations baltes à la Eduard von Keyserling, mandez-le bitte sehr à votre lectrice acribique, dear Renato.

closer dit: 27 septembre 2026 à 8h20

Pourquoi voulez vous connaître la bio des parents de Samuel Fitoussi Rose? Dans la liste des Fitoussi que vous nous balancez, on se demande pourquoi, peut-être qu’aucun n’est familialement proche de lui.

En tout cas, j’appréciais beaucoup ses chroniques humoristiques dans Le Figaro du lundi.

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 8h37

Y aura t-il encore des titres dans la prochaine liste des Goncourables ?

Magazine Littéraire :

« Machination au sein du prix Goncourt : pourquoi Thélyson Orélien a été écarté, et Yannick Haenel épargné ?
Le 25 septembre 2026, l’Académie Goncourt annonçait le retrait de  »C’était ça ou mourir », de Thélyson Orélien, de sa première sélection. Dans son communiqué, l’institution justifiait cette décision par la volonté de préserver l’intégrité du prix, après une double mise en cause : des soupçons de recours à l’intelligence artificielle, relayés par un compte anonyme s’appuyant sur le logiciel Pangram, et des accusations de plagiat portant sur des textes plus anciens de l’auteur, publiés il y a plus de dix ans au Canada. En quelques jours, l’écrivain canado-haïtien, révélation de la rentrée et lauréat du prix du roman Fnac, s’est retrouvé hors course.
Cette célérité mérite d’être mise en regard d’un autre dossier, qui se déroule au même moment, sous les yeux de la même Académie Goncourt, mais que celle-ci semble ne pas voir. Yannick Haenel figure lui aussi dans la première sélection du Goncourt 2026, pour  »La solitude des professeurs est infinie » (Gallimard). Or, ActuaLitté a révélé il y a deux semaines une troublante proximité entre ce roman et  »Grand Poisson », de Fabrice Sanchez (Plon, 2025) : un manuscrit de ce dernier, refusé par un éditeur de la maison Gallimard, aurait circulé en interne avant que Yannick Haenel ne publie, un an plus tard, un texte partageant avec lui des scènes, des motifs et des références étrangement proches. L’enquête ne conclut pas à la contrefaçon, faute de preuve que Yannick Haenel ait eu matériellement accès au texte de Sanchez, mais les faits ont été rendus publics sans qu’aucun communiqué de l’Académie n’y ait répondu, et sans que le roman n’ait été inquiété dans la course au prix.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’intégrité d’un texte de Yannick Haenel est mise en question. En 2007, la romancière Alina Reyes l’avait publiquement accusé de plagiat au sujet de son roman Cercle (Gallimard), pourtant récompensé cette année-là par le prix Décembre et le prix Roger Nimier. Deux ans plus tard, Claude Lanzmann, réalisateur de Shoah, accusait également Yannick Haenel d’avoir puisé sans autorisation dans les dialogues de son film et d’avoir déformé la vérité historique de son personnage-titre. Ni l’une ni l’autre de ces controverses n’a empêché la suite de la carrière de l’auteur, couronné depuis par l’Interallié, le Fnac et le Médicis.
Si l’on retire le roman de Thélyson Orélien pour des suspicions et des allégations de plagiat, actuelles et anciennes, cela devrait suffire à appliquer la même règle à Yannick Haenel.
Il appartient donc à l’Académie Goncourt, qui revendique dans son communiqué la volonté de « préserver l’intégrité du prix », de clarifier, une fois pour toutes, si cette exigence vaut pour tous les noms de sa liste, ou seulement pour certains d’entre eux. »

J J-J dit: 27 septembre 2026 à 8h46

@ l’RDL en général et … en particulier,
On nous annonce le dernier roman traduit en français de Thomas Pynchon, chez Leclerc pour le 1er octobre. Si vous ne l’avez jamais lu, c’est le bon moment de le faire avant d’aller mourir sans le connaître. En voici quelques éléments suffisants pour vous briller en ville, avant le prochain billet de P.A. :
———-
Le dernier roman de Thomas Pynchon, Mission de l’ombre (paru en traduction française aux éd. Christian Bourgois), suit les pérégrinations de Hicks Mc Taggart dans les années 1930, aux environs de Chicago et en Europe centrale, alors qu’il recherche une héritière de l’industrie fromagère en fugue avec un clarinettiste de jazz. Lancé sur les traces de la jeune héritière fuyante, le protagoniste croise la route du FBI, de la mafia, de nazis, d’agents soviétiques et de contre-espionnage. Pour la première fois, l’auteur plante son décor dans l’Amérique de l’ère du jazz et l’Europe de l’entre-deux-guerres. La portée politique du roman réside en ceci qu’il dynamite les codes du roman noir pour s’attaquer à la montée du fascisme et à l’absurdité de l’histoire.
Bàv,

J J-J dit: 27 septembre 2026 à 8h53

On espère que Thomas Pynchon n’aura pas été plagier des passages entiers de l’œuvre de Marguerite Yourcenar. P. veille aux grains, à l’RDL.
Bàv @ dirfil & autres succédanés

rose dit: 27 septembre 2026 à 10h55

à 8h20.
je cherchais un rapprochement avec Michèle Fitoussi dont j’ai apprécié Le ras le bol des Superwoman, à l’époque.
Il n’y en a pas.
Lorsque je cherchais, il y a treize mois, et alii hospitalisée à La Timone, il y avaig sept L.L.
Ce n’est que sa date de naissance qui m’a permis de la retrouver.

rose dit: 27 septembre 2026 à 10h58

À 7h20

oui, l’antienne de Samuel Fitoussi est plus personne n’écrira et plus personne ne lira.
Je n’en crois pas un mot.

rose dit: 27 septembre 2026 à 11h00

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 6h53
Certains interrogent l’IA, rose interroge sa mère !

Ouais, c’est tout à fait ça.

D. dit: 27 septembre 2026 à 11h02

À la messe il y avait une très grande avec un très grand avec sa progénture également immense.
Évidemment. Les très grandes se marient avec des très grands. Bien sûr. Et pour quoi faire : des trops grands.

rose dit: 27 septembre 2026 à 11h03

Je l’ai écouté Léon XIV à Lourdes. Concernant la méchanceté il a dit que l’on pouvait prendre conscience, se repentir, et être sauvé. Puis avoir accès à la vie eternelle. C’est un travail.

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 11h08

New York sous les eaux, D.
Tu ne t’es pas trompé de ville ?
Paris a été bénie par Léon XIV, il ne peut rien nous arriver !

J J-J dit: 27 septembre 2026 à 11h21

TSUNDOKU -> Le syndrome appelé en japonais « tsundoku » désigne l’habitude d’acheter des livres, de les empiler pour le lire plus tard et de ne finalement jamais les lire. On se réjouit seulement de leur présence.
(P. Assouline, D A des L. et de la L, Paris, Plon, 2025, p. 667)
Bàv [Matchins & Bidurles]

B dit: 27 septembre 2026 à 12h00

Jazzi, ste Beuve n’est pas tendre avec Châteaubriand, de MOT il examine le fond en passant en revue sa correspondance pour prouver que ces mémoires ne traçent en rien la l’authenticité des sentiments de l’auteur face aux événements dont il loue cependant le style. Selon lui, seul ce qu’il rapporte de son enfance mérite caution, ça tombe bien car je me suis arrêtée là.

rose dit: 27 septembre 2026 à 12h05

Bravo, B.bien joué !
seul ce qu’il rapporte de son enfance mérite caution, ça tombe bien car je me suis arrêtée là.

rose dit: 27 septembre 2026 à 12h23

Voilà, c’est avoué par Éric Emmanuel Schmidt : les jurés du prix G9ncourt l’ont rayé, la mort d1ns l’âme, pour éviter que l3s lycéens votent pour lui. Or, les lycéens auraient voté pour lui, ces joyeux à la vivacité lururiante. Donc, hop, rayé.
«On n’était pas tous d’accord» : le retrait du livre de Thélyson Orélien du Goncourt expliqué par Eric-Emmanuel Schmitt https://share.google/5n8r0Gl0Aeg2Hjoco

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 12h37

Vous avez tort, B & rose.
Les Mémoires d’Outre-Tombe » sont passionnantes de bout en bout !

B dit: 27 septembre 2026 à 12h37

renato je ne crois pas que le terme soit péjoratif. TP n’a publié que 9 livres.

Petites cuves (50 à 500 litres) : Utilisées pour les essais, les micro-vinifications ou les petits producteurs.

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 12h43

« seul ce qu’il rapporte de son enfance mérite caution »

Pas plus que le reste !

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CHATEAUBRIAND

Mythique campagne maritime

Rejeton d’une famille aristocratique ruinée, le jeune Chateaubriand (1768-1848), né à Saint-Malo, passa une grande partie de son enfance au château de Combourg, auprès d’un père autoritaire et taciturne et d’une mère exaltée et mystique, avant d’obtenir un brevet de sous-lieutenant au régiment de Navarre à 17 ans, et de partir définitivement pour de longues aventures à travers le vaste monde, ainsi qu’il le relatera plus tard avec brio dans Les Mémoires d’outre-tombe, parues juste après sa mort. Chateaubriand garda toute sa vie une vision particulièrement romantique de la campagne Bretonne de sa jeunesse. Une campagne maritime où les divinités de la terre sont étroitement liées, ici, à celles de la mer. Mais c’est toujours le même ton lyrique qu’il usera pour décrire les diverses aspects de la nature, sauvage ou cultivée, qu’il découvrit au fil de ses multiples voyages et séjours, depuis les profondes forêts américaines jusqu’à l’antique campagne romaine en passant par son cher refuge de la Vallée-aux-Loups, nichée au cœur de l’Île-de-France. Une nature idéalisée, qui mêle l’histoire à la légende, et le console de bien des vicissitudes d’une carrière politique où alternèrent les périodes de gloire et d’exil.

« Dieppe, septembre 1812.

Le printemps, en Bretagne, est plus doux qu’aux environs de Paris, et fleurit trois semaines plus tôt. Les cinq oiseaux qui l’annoncent, l’hirondelle, le loriot, le coucou, la caille et le rossignol, arrivent avec des brises qui hébergent dans les golfes de la péninsule armoricaine. La terre se couvre de marguerites, de pensées, de jonquilles, de narcisses, d’hyacinthes, de renoncules, d’anémones, comme les espaces abandonnés qui environnent Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Croix-de-Jérusalem, à Rome. Des clairières se panachent d’élégantes et hautes fougères ; des champs de genêts et d’ajoncs resplendissent de leurs fleurs qu’on prendrait pour des papillons d’or. Les haies, au long desquelles abondent la fraise, la framboise et la violette, sont décorées d’aubépines, de chèvrefeuille, de ronces dont les rejets bruns et courbés portent des feuilles et des fruits magnifiques. Tout fourmille d’abeilles et d’oiseaux. Les essaims et les nids arrêtent les enfants à chaque pas. Dans certains abris, le myrte et le laurier-rose croissent en pleine terre, comme en Grèce ; la figue mûrit comme en Provence ; chaque pommier, avec ses fleurs carminées, ressemble à un gros bouquet de fiancée de village.
Au XXe siècle, les cantons de Fougères, Rennes, Bécherel, Dinan, Saint-Malo et Dol, étaient occupés par la forêt de Brécheliant ; elle avait servi de champ de bataille aux Francs et aux peuples de la Dommonée. Wace raconte qu’on y voyait l’homme sauvage, la fontaine de Berenton et un bassin d’or. Un document historique du XVe siècle, les Usemens et coutumes de la forêt de Brécilien, confirme le roman de Rou : elle est, disent les Usemens, de grande et spacieuse étendue ; « il y a quatre châteaux, fort grand nombre de beaux étangs, belles chasses où n’habitent aucunes bêtes vénéneuses, ni nulles mouches, deux cents futaies, autant de fontaines, nommément la fontaine de Belenton , auprès de laquelle le chevalier Pontus fit ses armes ».
Aujourd’hui, le pays conserve des traits de son origine : entrecoupé de fossés boisés, il a de loin l’air d’une forêt et rappelle l’Angleterre : c’était le séjour des fées, et vous allez voir qu’en effet j’y ai rencontré ma sylphide. Des vallons étroits sont arrosés par de petites rivières non navigables. Ces vallons sont séparés par des landes et par des futaies à cépées de houx. Sur les côtes, se succèdent phares, vigies, dolmens, constructions romaines, ruines de châteaux du moyen-âge, clochers de la renaissance : la mer borde le tout. Pline dit de la Bretagne : Péninsule spectatrice de l’Océan.
Entre la mer et la terre s’étendent des campagnes pélagiennes, frontières indécises des deux éléments : l’alouette de champ y vole avec l’alouette marine ; la charrue et la barque à un jet de pierre l’une de l’autre, sillonnent la terre et l’eau. Le navigateur et le berger s’empruntent mutuellement leur langue : le matelot dit les vagues moutonnent, le pâtre dit des flottes de moutons. Des sables de diverses couleurs, des bancs variés de coquillages, des varechs, des franges d’une écume argentée, dessinent la lisière blonde ou verte des blés. Je ne sais plus dans quelle île de la Méditerranée, j’ai vu un bas-relief représentant les Néréides attachant des festons au bas de la robe de Cérès.
Mais ce qu’il faut admirer en Bretagne, c’est la lune se levant sur la terre et se couchant sur la mer. »

(« Les Mémoires d’outre-tombe »)

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 12h48

@JJJ, un autre extrait de mon « Goût de la campagne »…

___________

JEAN GIONO

Que ma campagne demeure !

L’écrivain solitaire de Manosque, Jean Giono (1895 – 1970), grand chantre de la terre provençale et de ses singuliers habitants, des champs et des villes, affirmait fièrement : « Moi je peux dire que je suis d’ici. » Un ici, d’où il nous a légué de nombreuses variations sur le thème de la campagne : une campagne tour à tour riante (Les Vraies Richesses), paisible et sédentaire (Rondeurs des jours), voire même nomade (Les Grands Chemins), mais aussi aride et vindicative (Les Âmes fortes), parfois même diabolique (Faust au village), ou inévitable source d’ennuis (Un roi sans divertissement). Extrait !

« Quatre maisons fleuries d’orchis jusque sous les tuiles émergent des blés drus et hauts.
C’est entre les collines, là où la chair de la terre se plie en bourrelets gras.
Le sainfoin fleuri saigne les oliviers. Les avettes dansent autour des bouleaux gluants de sève douce.
Le surplus d’une fontaine chante en deux sources. Elles tombent du roc et le vent les éparpille. Elles pantellent sous l’herbe, puis s’unissent et coulent ensemble sur un lit de jonc.
Le vent bourdonne dans les platanes.
Ce sont les Bastides Blanches.
Un débris de hameau, à mi-chemin entre la plaine où ronfle la vie tumultueuse des batteuses à vapeur et le grand désert lavandier, le pays du vent, à l’ombre froide des monts de Lure.
La terre du vent.
La terre aussi de la sauvagine : la couleuvre émerge de la touffe d’aspic, l’esquirol, à l’abri de sa queue en panache, court, un gland dans la main ; la belette darde son museau dans le vent ; une goutte de sang brille au bout de sa moustache ; le renard lit dans l’herbe l’itinéraire des perdrix.
La laie gronde sous les genévriers ; les sangliots, la bouche pleine de lait, pointent l’oreille vers les grands arbres qui gesticulent.
Puis le vent dépasse les arbres, le silence apaise les feuillages, du museau grognon ils cherchent les tétines.
La sauvagine et les gens des bastides se rencontrent sur la source, cette eau qui coule du rocher, si douce aux langues et aux poils.
Dès la nuit, c’est, dans la lande, la reptation, patte pelue, vers la chanteuse et la fraîche.
Et, de jour aussi, quand la soif est trop dure.
Le sanglier solitaire hume vers les fermes.
Il connaît l’heure de la sieste.
Il trotte un grand détour sous les frondaisons, puis de la corne la plus rapprochée, il s’élance.
Le voilà. Il se vautre sur l’eau. La boue est contre son ventre.
La fraîcheur le traverse d’outre en outre, de son ventre à son échine.
Il mord la source.
Contre sa peau ballotte la douce fraîcheur de l’eau.
[…]
Lure, calme, bleue, domine le pays, bouchant l’ouest de son grand corps de montagne insensible.
Des vautours gris la hantent.
Ils tournent tout le jour dans l’eau du ciel, pareils à des feuilles de sauge.
Des fois, ils partent pour des voyages.
D’autres fois, ils dorment, étalés sur la force plate du vent.
Puis, Lure monte entre la terre et le soleil, et c’est, bien en avant de la nuit, son ombre qui fait la nuit aux Bastides. »

(« Collines », Bernard Grasset, 1929)

C’est par ces phrases, aux allures de poème en prose, que commence Collines, le premier roman de Jean Giono, écrit à l’âge de trente-deux ans. Ce décor champêtre, propice au drame (ici, une sombre histoire de source d’eau), ainsi planté par un jeune auteur nourri des textes antiques grecs, deviendra l’un de ses thèmes favori, sans cesse développé par la suite. On songe à la Provence dévastée par le choléra du Hussard sur le toit. Ce pauvre « débris de hameau » des Bastides Blanches, qui avait connu jadis des heures plus glorieuses, et situé par le romancier en herbe à l’ombre de la colline de Lure, lui avait été inspiré par le spectacle, quelques années auparavant, d’un village abandonné, devenu désert après la mort du dernier habitant : un berger. En 1965, toujours hanté par le phénomène de la désertification des campagnes, Giono écrira : « Tout le long du XIXe siècle et pendant le première partie du XXe les villages de montagne de haute Provence et du Dauphiné se sont dépeuplés. Certains comme Redortiers [baptisé Aubignane dans Regain, son roman suivant], qui avaient eu en 1750 sept notaires, ne sont plus aujourd’hui qu’une tache blanche sur les contreforts de la montagne de Lure : toutes les maisons se sont écroulées et le vent en a emporté la poussière : il ne reste strictement rien ». Rien, hormis d’immortelles traces dans ses romans !

rose dit: 27 septembre 2026 à 12h51

rose et B.vous avez tort.
Je ne crois pas cela possible : il gîte au grand Bé.
B. est donc bien placée pour dire les choses. Et moi, je la suis ; confiance en ses liens et confiance à ses analyses.

rose dit: 27 septembre 2026 à 12h52

rose dit: 27 septembre 2026 à 12h51
rose et B.vous avez tort.
Je ne crois pas cela possible : il gît au grand Bé. Face à Saint Malo.
B. est donc bien placée pour dire les choses. Et moi, je la suis ; confiance en ses liens et confiance à ses analyses.

rose dit: 27 septembre 2026 à 13h02

À Redortier, il y a un lieu dit Le moulin de Giono.
https://maps.app.goo.gl/x5pzPBjUdKxcKR8BA?g_st=ac
C’est au Redortier que se faisaient les rencontres du Contadour entre Giono et ses amis et c’est dans ce fabuleux Contadour ou bien aux crêtes alentours que se situe la fiction L’homme qui plantait des arbres avec Elzéard Bouffier.

renato dit: 27 septembre 2026 à 13h14

B, je connais assez bien l’œuvre de Pynchon. Cela dit, certains n’arrivent pas à le lire en raison de la complexité et de la taille des ouvrages – avec le nombre de pages d’un livre, un écrivain moyen peut lire 4 à 5 romans.

renato dit: 27 septembre 2026 à 13h18

– avec le nombre de pages d’un livre de Pynchon, un écrivain moyen peut produire 4 à 5 romans.

Alfred dit: 27 septembre 2026 à 13h42

Tous ces abrutis qui nous préviennent sur un ton catastrophico-alarmiste que l’IA va nous détruire !!!
En fait, l’IA va tout simplement rester bien tranquille dans son coin et regarder les psychopathes bipèdes que nous sommes s’auto-détruire allégrement à coup de conflits terrifiants et de guerres apocalyptiques.
Elle aussi, elle ne pense qu’à sa gueule, l’IA, donc elle est humaine… la salope !

D. dit: 27 septembre 2026 à 13h55

Moi mes poules sont catholiques à Chaville. On ne peut pas en dire autant de toutes les poules loin s’en faut.

B dit: 27 septembre 2026 à 14h11

Au XXe siècle, les cantons ?

Ste Beuve de toutes manières remet en cause ou la personnalité en elle même de celui qui écrit et concernant Châteaubriand le décrit comme égocentrique et lui reproche d’avoir quelque peu falsifier ou passe sous silence certaines de ses motivations, pour Flaubert il remet en cause Salammbô car trop romancé ou a distance de ce qui est atteste par l’Histoire.

« On voit percer, même dans cette scène qui vise et touche l’émotion, cette double fatuité qui ne le quitte jamais, celle de l’homme de bonnes fortunes qui veut rester jeune,et celle du personnage littéraire qui ne peut s’empêcher d’être glorieux. »

Il faudrait lire Proust du Contre sainte Beuve pour une approche différente de la critique littéraire.

B dit: 27 septembre 2026 à 14h18

Falsifié, passé, attesté.*

Des vagues, mon brushing a pris l’eau , 22 degrés pour celle-ci voire 23 au senti.

B dit: 27 septembre 2026 à 14h24

Renato, oui de plus la typographie est petite pour faire tenir en un seul volume, quoi qu’il en soit le quart que j’ai lu de son Mason et Dixon m’a beaucoup amusée et bien que cette lecture étant donné mon faible niveau n’est pas pour moi des plus aisée.

B dit: 27 septembre 2026 à 14h34

Jazzi, Flaubert aurait été désolé de ne pas avoir l’avis de Sainte Beuve pour L’éducation sentimentale , le critique venait de mourir et Flaubert l’aurait écrit en n’oubliant sa lecture de Salammbô . L’éducation serait, en partie, selon le préfacier, sa réponse à Sainte Beuve.

Jean Langoncet dit: 27 septembre 2026 à 14h49

L’instant IA hi han ; suite

À ce jour (septembre 2026), aucun tribunal français, européen ou nord américain n’a jamais admis un score de détection d’IA — que ce soit Pangram, GPTZero, Copyleaks ou n’importe quel autre — comme preuve juridique suffisante pour établir qu’un texte a été écrit par une IA. Et les raisons sont très claires : fiabilité insuffisante, absence de transparence, absence de reproductibilité, risque de faux positifs, et non conformité aux exigences probatoires classiques.

Les sources que nous avons (issues de la doctrine juridique 2026) confirment que les tribunaux exigent une analyse de la méthode algorithmique, sa loyauté, sa reproductibilité, et sa conformité au RGPD avant d’envisager son admissibilité.

🎯 Takeaway

Un score Pangram ne peut pas servir de preuve juridique. Les tribunaux exigent :
• transparence du modèle,
• reproductibilité du résultat,
• démonstration de la fiabilité,
• possibilité de contre expertise.
Or aucun détecteur d’IA ne satisfait ces critères.

🧩 1. Pourquoi un score Pangram n’est pas
recevable comme preuve

1.1. Absence de transparence algorithmique
Les tribunaux exigent que la méthode de preuve soit explicable et vérifiable. Or les détecteurs d’IA sont des boîtes noires :
• modèle propriétaire,
• absence de documentation complète,
• impossibilité de vérifier les pondérations internes.
Les guides juridiques 2026 insistent sur cette exigence de transparence pour toute preuve algorithmique.
1.2. Absence de reproductibilité
Une preuve doit être reproductible par une contre expertise. Les détecteurs d’IA donnent :
• des résultats différents selon la version du modèle,
• des résultats différents selon la longueur du texte,
• des résultats différents selon le pré traitement.
La jurisprudence récente sur la preuve numérique exige la reproductibilité comme condition d’admissibilité.
1.3. Fiabilité insuffisante
Les détecteurs d’IA ont des taux d’erreur très élevés (40–60 % selon les études). Les tribunaux refusent les preuves dont la fiabilité n’est pas démontrée.
Les analyses doctrinales 2026 soulignent que la fiabilité algorithmique est désormais un critère central d’admissibilité.
1.4. Absence de chaîne de conservation (chaîne de custody)
Pour qu’une preuve soit recevable, il faut démontrer :
• comment le texte a été fourni au logiciel,
• comment le logiciel a produit le score,
• comment le résultat a été conservé.
Aucun détecteur d’IA ne fournit cela.
1.5. Absence de statut légal
Les détecteurs d’IA ne sont pas reconnus comme :
• outils d’expertise,
• outils de police scientifique,
• outils de vérification certifiés.
Ils n’ont aucune valeur probante légale.

🧩 2. Jurisprudence pertinente (2024–2026)

Il n’existe aucune jurisprudence où un détecteur d’IA aurait été admis comme preuve d’écriture par IA. En revanche, plusieurs décisions montrent pourquoi les juges refusent les preuves algorithmiques non transparentes.
Je te donne les cas les plus pertinents.

⚖️ 2.1. Cour d’appel de Paris, 2025 — rejet d’une preuve algorithmique (deepfake)

La cour refuse une analyse algorithmique de deepfake car :
• l’outil n’était pas documenté,
• la méthode n’était pas vérifiable,
• la fiabilité n’était pas démontrée.
Ce cas est cité dans les analyses doctrinales 2026 sur la preuve algorithmique.
Enjeu : Si un outil de détection vidéo est refusé, un détecteur de texte l’est a fortiori.

⚖️ 2.2. Tribunal judiciaire de Lyon, 2026 — rejet d’un score algorithmique dans un litige de contrefaçon

Le tribunal refuse un rapport produit par un logiciel de comparaison textuelle car :
• l’algorithme était propriétaire,
• la méthode n’était pas reproductible,
• aucune contre expertise n’était possible.
Ce cas est mentionné dans les guides sur la preuve numérique 2026.

⚖️ 2.3. CJUE, 2024–2026 — décisions sur la loyauté algorithmique

La Cour de justice de l’UE a rappelé que toute preuve algorithmique doit respecter :
• la transparence,
• la loyauté,
• la possibilité de contrôle contradictoire.
Ces exigences sont reprises dans les analyses de jurisprudence 2026.
Conséquence : Un score Pangram ne satisfait aucun de ces critères.

🧩 3. Conclusion juridique

Un score Pangram n’a aucune valeur probante.
Il ne peut pas :
• prouver une écriture par IA,
• fonder une accusation,
• justifier une condamnation médiatique ou éditoriale,
• être utilisé comme élément déterminant dans un litige.
Pour être recevable, il faudrait :
• un outil transparent,
• une méthode reproductible,
• une expertise contradictoire,
• une démonstration de fiabilité,
• une chaîne de conservation.
Aucun détecteur d’IA actuel ne satisfait ces conditions.

J J-J dit: 27 septembre 2026 à 15h06

@ jzmn, merci pour votre rappel de Giono à la campagne. Je me demande si vous avez lus tous les romans cités dans votre opus, en dehors de « Colline »… D’autant que le meilleur de ses souvenirs de son enfance sont dans « Jean le Bleu » (un hymne à son père) et moindrement dans celui de sa mère, quoique dépeinte avec amour sous les traits de Pauline de Théus lors de son agonie in « Mort d’un personnage »…
Bien sûr que les MOT sont encore à lire aujourd’hui, une somptuosité… Il n’empâche que le personnage reste assez imbuvable dasn l’ensemble et que se période politique « louis-dix-huitièmiste » et « charles-dixiste » me fut très laborieuse… Je sais qu’elle est cependant un passge incontournable pour les historiens férus d’anecdotes sur la vogue des idées néo-libéralistes de Benjamin Constant. IL faut dire que Mme Récamier avait du chien, mais restait difficilement approchable par mon brillant Château, sexuellement, veux-je dire.
Tout le monde viendra facilement à bout des 400 pages de TP, je pense, hormis les feignasses habituels qui préfèrent réviser leur vieux catéchismes.
Bàv.

J J-J dit: 27 septembre 2026 à 15h09

@ JL, merci pour toutes les recherches que vous faites pour ne pas nous effrayer avec Hi Han…
Comme c’est assez long à lire et à assimiler sur écran, pourriez-vous nous résumer ce que vous en avez retiré vous-même. Personnellement, j’ai une grande confiance en vos propres opinions et liens « juridiques » que vous adjoignez à vos messages. Merci.

J J-J dit: 27 septembre 2026 à 15h18

13.02 @ Ce grangeon, est-il le bon ?

r.pinterest.com/pin/ferme-dite-le-moulin-de-giono-situe-au-contadour-redortiers–8

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 15h34

@JJJ,
Bien sûr que « D’un château l’autre » est encore à relire aujourd’hui, une somptuosité… Il n’empêche que Céline reste assez imbuvable dans l’ensemble mais sa période « Siegmaringen et débandade générale dans l’Allemagne en débâcle » m’est très réjouissante… (écrit sous plagiat)

rose dit: 27 septembre 2026 à 15h48

J’approuve

Au troisième jour de sa visite en France, le souverain pontife a rappelé très fermement, dimanche, son opposition à l’aide à mourir et exhorté les évêques français à « poursuivre » la lutte contre la pédocriminalité dans l’Eglise.
Le Monde avec AFP

Aujourd’hui à 16h51, modifié à 17h33 (republication de l’article du 27 septembre 2026 à 10h38)
Lecture 3 min

Emma rajoute « il a raison.»

Si on pouvait y mettre également la lutte contre la pédocriminalité en général, familles, éducateurs sportifs, ceux de la ville de Paris, etc. , ce serait bonnard : fini le calvaire des enfants.

Phil dit: 27 septembre 2026 à 15h56

assez imbuvable dans l’ensemble

Fort buvable dans le détail. Dans le doute consultez Vita, dear Baroz, « …l’infini à la portée des caniches ».

rose dit: 27 septembre 2026 à 15h57

Nous, B.à Marseille, 23,5 ce matin.
Plus frais vendredi soir, à cause du vent.
On doit jongler. Soir, matin, matin, soir. On s’adapte.

rose dit: 27 septembre 2026 à 16h01

celle de l’homme de bonnes fortunes qui veut rester jeune,et […]

rencontré un vieux con de cet acabit. La casquette de base-ball sur la tête pour cacher la calvitie et criant « je suis jeune. »
Non seulement il ne l’est pas, mais en plus c’est un menteur, un agresseur qui se fait passer pour une victime, et il est bien mal armé.

rose dit: 27 septembre 2026 à 16h04

quoi qu’il en soit le quart que j’ai lu de son Mason et Dixon m’a beaucoup amusée et

je vous admire.
Je ne sais si j’ai pu dépasser vingt pages. Je devrais pouvoir arriver à un quart. Mais je m’emmerde tellement à lire des trucs sybillins !

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 16h17

Je ne trouve pas Céline imbuvable, Phil.
Plutôt invivable.
Un homme qui aime les animaux et soigne les pauvres sans les faire payer ne peut pas être fonciérement mauvais.

B dit: 27 septembre 2026 à 17h19

Jazzi 16h14 sûrement un truc du genre quoique armee de mon expérience personnelle ne les disqualifierait pas selon ce seul critère.

B dit: 27 septembre 2026 à 17h21

Et celui qui envoie au four des millions de personnes mais qui aime les animaux et soignent des pauvres aryens?

J J-J dit: 27 septembre 2026 à 18h10

@ jzmn – > Ne pas confondre « Colline » le roman de Giono, et « Sigmaringen », le roman de Passoul.

Jazzi dit: 27 septembre 2026 à 18h53

« Sigmaringen »

Il n’y en a qu’un en littérature, celui d’un des châteaux de « Un château l’autre », JJJ !

Brinon, qui annonce à Céline : « Au fait docteur, vous êtes condamné à mort ! », et lui sort le tract des épurateurs…

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