Pessoa, intranquille comme personne
Une règle d’or : ne jamais se laisser influencer par l’épaisseur d’une biographie, qu’elle vous décourage ou qu’elle vous impressionne par son poids. Une telle mise en garde est indispensable en s’emparant (des deux mains sinon c’est une foulure du poignet assurée) de Pessoa. L’œuvre-vie (Pessoa. A Biography, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 1280 pages, 39,90 euros, éditions du Seuil) de l’américain Richard Zenith qui semble avoir voué sa vie à cette œuvre. Monumental, sans aucun doute. Un évènement, soit. Et alors ? Cela ne suffit pas. A l’examen, c’est époustouflant de finesse critique dans l’analyse des textes, de prudence éclairée dans la critique des sources, de parfaite connaissance des contextes politique, social, littéraire, artistique. Et c’est l’exploit du traducteur d’avoir rendu fluide et enthousiasmante la lecture de ce pavé. Il est vrai que le biographe a été animé du souci de tout rendre visualisable par le lecteur ; une prouesse s’agissant d’un poète et écrivain chez qui tout passait par le ressenti, qui n’aura cessé depuis son plus jeune âge d’inventer, d’expérimenter, d’imaginer, de rêver surtout en faisant tout passer par les mots.
Œuvre-vie, comme l’indique le sous-titre en couverture, c’est le cas de leur dire non seulement parce qu’elles font vraiment qu’une mais encore parce que l’auteur les traite ainsi, ne songeant jamais tout au long de ce bon millier de pages à les dissocier. Fernando Pessoa (1888-1935) a tout écrit, touché à tous les genres littéraires, des plus attendus (poésie, traductions…) aux plus surprenants (autoanalyses, thèmes astraux…). Un archipel que cette œuvre. Il est dominé par Le Livre de l’intranquillité (traduit du portugais par Françoise Laye, 624 pages, 30 euros, Christian Bourgois éditeur, 1988) autobiographie sans évènement, quelques cinq cents passages rédigés sur des registres, des tons, des styles, des sujets variés, qui a assuré sa gloire posthume (la première édition en portugais ne remonte qu’à 1982), échappe aux catégories littéraires classiques. Son biographe s’est résolu à le présenter comme « son Journal intime semi-fictif ».
Le néologisme de l’« intranquillité » a été inventé (bien qu’une occurrence de ce terme inconnu ait été retrouvée dans un vieux poème d’Henri Michaux), en tout cas popularisé par la traductrice Françoise Laye en 1988 pour rendre en français desassossego (le mot était venu sous la plume du poète le 20 janvier 1913) exprimant à la fois le désarroi, l’angoisse et l’inquiétude. Quelque soixante-dix hétéronymes recensés dont quatre (Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Bernardo Soares) sont les principaux, les piliers du système de ce livre, de véritables alter ego, tous trois nés en 1914 à la veille de la guerre. A ceux qui découvriraient cette œuvre, il convient de préciser qu’il s’agit bien d’hétéronymes (situés hors de sa personne) totalement créés par lui et non de pseudonymes (l’auteur en propre personne).
Leur invention de même que leur réunion sous sa plume avaient pour but de lui conférer un moi unifié et cohérent dont l’absence le faisait souffrir. Ces personnages composaient son orchestre intime pas toujours très harmonieux car chacun à sa manière avait des prétentions de soliste. Contrairement à Joao Gaspar Simoes, premier biographe de Pessoa en 1950, Zenith ne croit pas que les hétéronymes relevaient d’une fabrication artificielle et insincère, un exotisme créé pour appâter le chaland, une manigance mystificatrice mais qui ont toutes périclité au bout de quelques mois. Il leur rend justice notamment à la fin du livre en les incluant dans la chronologie de leur créateur à leur date de naissance mais en se gardant bien de signaler celle de leur mort puisqu’ils vivront tant qu’il y aura des livres et des yeux pour les lire.
« J’ai mal à la tête et à l’univers entier »
De son vivant un certain nombre de poèmes de sa main parurent dans des revues et des journaux, mais l’essentiel de ses textes ne fut révélé qu’à titre posthume. Il ne ressentait aucune urgence à publier. Seule lui importait l’écriture en elle-même, acte unique qui assurait sa survie à ses yeux dès lors qu’il s’organisait autour de sa « poétique du moi fragmenté », un moi éparpillé et flou mais un moi constamment irrigué par sa relation à autrui en vertu de l’entretien que nous sommes.
Tout ce qu’il écrivait portait la marque de l’hésitation et de l’inachèvement, les deux fléaux majeurs contre lesquels il luttait avec son irrésolution. Autant dire que la notion même d’« édition définitive » de son œuvre est vouée à l’échec le concernant tant « le principe d’incertitude » gouvernait tout ce qu’il a écrit. De toute façon, « il n’existe pas de livre-matrice auquel se référer ». Tout au plus peut-on esquisser des analogies avec un autre grand livre. Richard Zenith s’y emploie en le rapprochant de L’Homme sans qualités de Robert Musil au motif que les deux sont mus par des idées tout en étant dépourvus d’intrigue (mais est-ce si original) et que leurs narrateurs observent le monde sans pouvoir agir sur lui tant la volonté leur fait défaut (et Bartleby ? et Oblomov ?). Sur le plan philosophique, il le rapproche plutôt de Kierkegaard. Mais c’est à Shakespeare qu’il a recours pour lui trouver un glorieux prédécesseur dans sa manière de transformer sa vie en allégorie. Autant de parallèles éclairant mais de biais car cette œuvre à l’écoute de la chute du temps est sans pareille.
Rassurez-vous : malgré le nombre d’années consacrées à cette enquête et la quantité d’écrits que cela a suscité sous sa signature, Richard Zenith juge lui-même que le mystère Pessoa demeure inentamé. Cela a suffi à ses admirateurs pour lui accorder le statut intouchable de poète maudit. Quelque chose d’essentiel résiste encore, mais quoi ? Sa pudeur, sa réserve, sa timidité, son sens maniaque du rangement et de l’organisation, son misérable tas de secrets sur sa vie privée, sa relation avec Ophelia Queiroz la seule amoureuse qu’on lui connut (célibataire convaincu, il est mort puceau à 47 ans de son propre aveu). En présence d’une femme qui l’attirait, son premier réflexe était de s’enfuir. Chez lui, tout passait par les mots, rien que les mots. Il ne lui suffisait pas rêver sa vie, de l’imaginer ; encore lui fallait-il la visualiser jusqu’à la cartographier.
« Pessoa, par-dessus tout, ressentait »
Quoi ? Tout. A commencer par ce sentiment étouffant, asphyxiant même, selon lequel la vie ne suffit pas. Or l’humanité ordinaire le dégoûtait, c’était épidermique, seulement voilà : il n’y en avait pas d’autres. Rien ne vaut de passer son temps aux terrasses de cafés à Lisbonne à refaire le monde en compagnie de quelques amis choisis, poètes, philosophes, écrivains. Il avait bien participé à la création de quelques petites sociétés à l’objet divers et varié ainsi que de modestes revues où il publiait ses poèmes mais leurs existences furent éphémères. Mais de quoi vivait-il alors ? question majeure s’agissant de tout artiste qu’Henri Cartier-Bresson m’enjoignait de me poser systématiquement en toutes circonstances. (« D’où vient l’argent ? »). Richard Zenith nous l’apprend : en 1907, il a bénéficié d’un héritage « considérable » à la mort de sa grand-mère et quand celui-ci menaçait de se réduire en peau de chagrin, ses riches tantes le renflouaient.
Le monde de Pessoa est si insaisissable stricto sensu qu’il devrait décourager les metteurs en scène de s’y frotter. A l’écran, cela n’a rien donné de convaincant fut-ce à travers le filtre Tabucchi. Au théâtre, où Pessoa s’était essayé, le pire et le meilleur. Le pire, c’est en ce moment. Pessoa Since I’ve been me, le spectacle de Bob Wilson repris au Théâtre de la Ville à Paris jusqu’au 21 juin, échoue à refléter ce grand manège de la sensation pure que son œuvre exprime. C’est juste une succession de tableaux certes saisissants de beauté formelle. Tout pour l’esthétique contrairement au Regard du sourd ou à Einstein on the Beach. On est émerveillé mais l’émotion s’arrête là. Les fragments de textes lus en plusieurs langues ne suscitent pas la moindre émotion ni le moindre intérêt. Ca veut mimer mais ça ne fait que grimacer ; au lieu de danser, ça gesticule. Où sont le théâtre et l’opéra ? Dommage que l’esprit et l’âme de l’écrivain soient absents de ce simulacre de pièce qui hésite entre le cabaret et le music-hall malgré l’énergie déployée par Maria de Medeiros dans le rôle-titre. On n’entend pas sa musique intérieure dont la lecture en solitaire d’une seule page du Livre de l’intranquillitéou de certains de ses poèmes nous suffirait à en percevoir les échos. Ce n’est pas dans ce spectacle que l’on découvrira tout simplement un autre monde, une prose poétique qui a trouvé une manière unique de dire l’écoulement du temps, le secret que nous sommes pour nous-mêmes, la quête d’identité comme une obsession, l’art de la fuite. Ses derniers mots :
« Je ne sais pas de quoi demain sera fait »
Reste le meilleur. C’était pour la création d’Ode maritime adapté par Claude Régy de l’œuvre de Pessoa en 2009 au Théâtre de Vidy sur les rives du Léman à Lausanne avant d’être donné à Avignon puis de partir en tournée. Quel paradoxe de quitter un tel lieu le coeur léger après avoir assisté à un spectacle d’une grande violence ! Non que l’on se réjouisse d’en avoir terminé, au contraire. Alors ? Le bonheur de se sentir reconnaissant. Il n’y a pas d’autre explication que cette gratitude en remerciement de ces deux heures d’intelligence et de sensibilité. Leur alchimie dépendait du comédien, Jean-Quentin Châtelain. Le résultat fut un vrai choc. Pessoa avait publié Ode maritime (traduit du portugais par Dominique Touati, Éditions de la Différence, 1990) en 1915 dans la revue Orpheu sous la signature d’Alvaro de Campos, l’un de ses chers hétéronymes. Claude Régy s’en était emparé et avait revu et adapté les exigences de la traduction littéraire à celles de la scène avec l’aide d’un expert de la langue d’origine, lui qui ne connaissait que le français ; cette fois donc avec Parcidio Gonçalves. Outre la violente beauté du texte, et sa radicalité absolue qui correspond si bien à sa conception du théâtre, il voulait faire passer ce qui l’avait particulièrement touché : la nostalgie de l’enfance qui s’en dégage dans la dernière partie, lorsque Pessoa introduit Jim Barns, personnage que l’on croirait surgi de L’Ile au trésor, et sa chanson de pirates si typique de la manière de Stevenson, avec ses histoires de coffres à merveilles analogues à la malle en bois dans laquelle Pessoa avait lui-même entassé quelques 25 000 feuillets que l’on retrouvera après sa mort. Relique laïque du culte de Pessoa, elle fut rachetée (vide, bien sûr) par un collectionneur portugais qui conserve farouchement l’hétéro… pardon, l’anonymat.
« Et m’enveloppe comme le souvenir d’une autre personne
Qui mystérieusement serait moi »
Inoubliable Jean-Quentin Châtelain, seul sur scène, debout face à nous, au bord d’un quai qui n’est plus que mélancolie de pierre, narrateur et unique personnage de ce spectacle. Le proférateur devrait-on dire car lorsqu’il ne mâchait pas son texte avec une diction qui lui est propre, le saccadant, le ruminant, le découpant, le crachant, il criait.
« Aho-ô-ô-ô-ô-ô-ô-yyyyyyy Goëlette aho-ô-ô-ô-ô…. »
Cette litanie qui joue sur tous les registres d’une voix, du murmure effondré à l’appel au grand large, s’inscrit dans une longue coulée de poème en vers rythmée par des jeux de lumière et un tapis sonore. Jamais une silhouette immobile ne nous aura fait autant voyager dans le grand dehors. Toutes les mers, tous les océans, tous les ports, tous les matelots, mousses, navigateurs, hommes d’équipage et gabiers s’exprimaient par la voix d’un seul. Une orgie océanique parmi des vapeurs aux allures de prolétaires des mers.
« Et vous ô choses navales, vieux jouets de mes songes !
Composez hors de moi ma vie intérieure ! ».
(…) Tout navire au loin est un bateau à voile proche,
Tout navire distant vu maintenant est un navire dans le passé vu de près.
Tous les marins invisibles à bord des navires à l’horizon
Sont les marins visibles du temps des vieux navires,
De l’époque lente et voilière des navigations périlleuses,
De l’époque de vois et de toile des voyages qui duraient des mois ».
Des femmes y sont violées, des blessés balancés aux requins, des enfants enterrés vivants dans des îles désertes dans l’évocation du mystère joyeux et triste des arrivées et des départs. A la fin seulement, après cet appel à notre imagination, interpellation personnelle qui nous cloue durant une centaine de minutes, on se rend compte que ce n’étaient pas des paroles mais une musique que lançait cette voix sans bouche surgie du néant.
« Faites des gréements de mes veines ! »
Il faut être habité, hanté, halluciné pour incarner un tel texte comme Jean-Quentin Châtelain y parvient. Il implore qu’on le piétine, qu’on l’attache au mât, qu’on le flagelle, qu’on le torture, qu’on lui casse les os, qu’on lui arrache les yeux. Il implore à mort. Ainsi se laisse-t-on envoûter par l’émotion qui sourd du moindre de ses sons. On sent une telle fragilité en lui qu’on voudrait l’aider avant que ses hurlements au loin nous en retiennent. On assiste alors à ce phénomène rare sur une scène : un homme déchiré par ce qu’il s’extorque, le corps et l’âme ne faisant plus qu’un dans un moment d’une intensité qui ne se laisse pas oublier. « Les vents de Patagonie ont tatoué mon imagination » scande-t-il.
Fernando Pessoa craignait la folie car il savait que cette crainte relevait déjà de la folie. Son porte-parole nous insuffle cette angoisse, délire des choses maritimes, jusqu’au vertige. On en ressort intranquille mais heureux, comme si le clapotis du Tage venait de submerger nos sens. L’art, probablement. C’était il y a une quinzaine d’années. Le temps a passé mais Pessoa transcendé par le génie de Régy et celui de Chatelain me hante encore alors que ce que j’ai vu et entendu sur la scène il y a quelques soirs à Paris est déjà oublié. Restera aussi l’étourdissante biographie de Richard Zenith, longtemps sans aucun doute. Il n’est pas né celui qui la rendra obsolète.
(« Fernando Pessoa fotografado na Baixa de Lisboa nos anos 20 do século XX – esta é uma das imagens mais marcantes do seu quotidiano. Pessoa a caminhar no Chiado. »Au musée Fernando Pessoa et dans son quartier à Lisbonne ; Une scène du Pessoa de Bob Wilson » photos Passou)
1 631 Réponses pour Pessoa, intranquille comme personne
Astucieuse mise en abyme de Pessoa à l’occasion de la sortie de cette monstrueuse biographie. Mais votre propos serait plutôt : donc, moi PA, je vous raconte mes émotions face aux mises en scène de textes du lisboète (Régy, Wilson, Chatelain…). Et le rappel de ces spectacles par le rendu de vos émotions m’a touché… J’avais vu le spectacle de JQ Chetelain, et en était resté en totale extase impressionnée, comme vous le dites : « une impression qui ne vous quitte jamais quinze ans plus tard ». A la suite de quoi, je m’étais jeté sur l’intranquillité… (bien autre chose que la tétralogie de Mishima, 🙂 Le livre de… son journal intime semi-fictif, dit Zenith).. Et moi j’y avais picoré et ramassé les dizaines de perles précieuses qui m’avaient tellement troublé… je viens de les retrouver dans mes papiers et les relire avec le plus grand plaisir grâce au vôtre
(à venir plus tard…, je ne voudrais pas monopoliser tout de suite).
Merci infiniment de ce billet pour les heureux souvenirs que vous venez à l’instant de rappeler.
@ desassossego (le mot était venu sous la plume du poète le 20 janvier 1913) exprimant à la fois le désarroi, l’angoisse et l’inquiétude.
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On aurait pu inventer un « pessoa-day » chaque 20 janvier à Lisbonne. Peut-être cela existe-t-il dans cette bio ou dans le « goût » du Portugal d’un erdélien. Qui sait ?
ou… Tranquille comme Baptiste, l’hétéronyme oublié au palmarès. Bon, je sors, pas tranquille. Bàv,
Ouf, un nouveau billet.
C’est que le rouge me courait sur le haricot, pour tout vous avouer.
Je n’ai pas encore ouvert les liens. Désir de rester enclose dans ce billet qui est un renfermement délicieux dans l’incroyable presence-absence de Fernando Pessoa.
Comme si Pierre Assouline « coulait dans l’eau fermée » comme dans un poème de Supervielle.
Des livres, des présences au théâtre. Des préférences : Claude Regy et Jean-Quentin Châtelain. Et encore soudain deux livres rapprochés : Le livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa et L’homme sans qualités de Robert Musil. Surprise et délice. D’abord incongru, soudain le rapprochement explose en tête et pétille. Mais oui, deux livres « mus par des idées mais totalement dépourvus d’intrigue. »
C’est épatant d’avoir démêlé la pelote d’embrouilles des pseudonymes et des hétéronymes. Oui, il s’habitait différent. N’a-t-il pas écrit, justement, « J’écris comme un qui dort, et ma vie tout entière est un reçu sans signature. ». C’est un homme qui glisse entre les doigts comme du sable ou de l’eau. Travail immense de Françoise Laye. Le beau livre bleu édité par Christian Bourgois est un trésor.
Et Pierre Assouline s’est fait plaisir en plongeant corps et âme dans le tumulte de cette vie en apparence si calme, si feutrée, tellement invisible. Ce billet se nourrit de son écriture. Il aurait pu durer et durer encore. On est bien quand on le lit et on ne sait même pas pourquoi. Peut-être parce que chaque mot sonne juste. Mouliner les pensées et goutte à goutte y verser l’eau du regard, celui du lecteur insatiable, celui de l’auditeur vigilant. Et attendre… Ce presque monologue a une grâce, un tact émouvants. Le biographe est là, à sa place.
Et Pessoa s’invite, revenu dont ne sait où, d’un sommeil… d’une tranquillité trompeuse, éternel passager de lui-même. Esquive…
Un rêve de Pessoa…
Je ne vois pas le rapport entre Le livre de l’intranquillité et La mer de la fertilité de Mishima (mer qui se trouve sur la lune comme chacun sait). À part, bien sûr, pour une variété de cornichon logorrhéique principalement cultivée dans les Charentes. Lequel cornichon médite de nous faire part de ses notes. Craignons le pire.
La mer de la fertilité est un grand livre manifestement pas écrit à l’usage des imbéciles.
Pour tout dire, j’en veux un peu à ces grands poètes unanimement aimés, dont l’éloge mérité, quelques fois par an, sert à faire passer celui de tant de navets.
Bonne soirée.
Bonne soirée aux banquiers anarchistes et à leurs doubles pompeux de salon de thé
Mort puceau, comme D. !
Cellule de crise Canicule activée demain à 11h. C’est donc grave.
Bermudas EXCEPTIONNELLEMENT autorisés pour la tenue de ville.
« Ouf, un nouveau billet.
C’est que le rouge me courait sur le haricot »
Pas de pot, le rouge Pessoa contre attaque, D. !
A Lisbonne, c’est tous les jours Pessoa-day, JJJ.
Contrairement à Joyce, Pessoa était un exilé de l’intérieur…
Rarement une ville aura fait corps avec un poète comme Lisbonne avec Pessoa. Pessoa de Lisboa, que l’on peut traduire en français, tout en respectant la rime, par Personne de Lisbonne, est désormais omniprésent aux quatre coins de la ville. Sans même en avoir entendu parler auparavant et encore moins l’avoir lu, le « touriste » d’aujourd’hui, pressenti avant terme par ce poète visionnaire, ne peut pas le rater ! Sa statue en bronze le représente assis devant le café A Brasileira, divers portraits de lui sont reproduits sur les azulejos de la station Alto dos Moinhos du métro de Lisbonne, son image est reproduite à l’infini sur les moindres objets des boutiques de souvenirs ou les T-shirts et sa dépouille, enfin, a été transférée en 1985 au monastère des Hiéronymites, le Panthéon portugais, rejoignant celles de Vasco de Gama et de Camoens ! Inimaginable destin que celui de ce modeste employé de commerce, introverti et rêveur, saturé de cigarettes et d’alcool, mort à quarante-sept ans. Ayant peu publié de son vivant, signant ses œuvres de noms d’emprunt attribués à des personnages de style et de caractères différents, les célèbres hétéronymes inventés par lui, Pessoa laissa une malle remplie de manuscrits, source inépuisable de publications posthumes.
Cette semaine, « L’Allée Antonio Tabucchi » a été inaugurée en grande pompe dans le parc Montsouris (14e arr.) par la mairie de Paris, au voisinage de la Cité universitaire internationale de Paris, où l’écrivain italien avait résidé.
Dans son roman « Les trois derniers jours de Fernando Pessoa. Un délire », l’écrivain Antonio Tabucchi met en scène les dernières rencontres entre le poète portugais et ses principaux personnages : autant d’ultimes adieux terrestre et de rendez-vous pour l’éternité ! A l’issue de ce subtil récit, il dresse un court portrait de Pessoa, sans oublier les diverses facettes de sa personnalité éclatée et, finalement, réunifiée. Nous permettant ainsi de répondre, partiellement, à la question : « Mais qui était donc Fernando Pessoa ? »
« Fernando Pessoa
Fernando António Nogueira Pessoa est né le 13 juin 1888 à Lisbonne. Il était le fils de Magdalena Pinheiro Nogueira et de Joachim de Seabra Pessoa, critique musical dans un journal de la ville. Son père, malade de tuberculose, mourut quand Fernando Pessoa avait cinq ans. Sa grand-mère paternelle, Dionisia, était atteinte d’une grave forme de folie et mourut dans un asile d’aliénés. En 1895, il alla vivre en Afrique du Sud, à Durban, parce que sa mère s’était remariée avec le consul du Portugal en Afrique du Sud. Il fit toute sa scolarité en anglais. Il revint au Portugal pour s’inscrire à l’université, mais ne poursuivit pas ses études. Il a toujours vécu à Lisbonne. Le 8 mars 1914 apparut son premier hétéronyme, Alberto Caero, auquel succédèrent Ricardo Reis et Alvaro de Campos. Les hétéronymes étaient d’ « autres que lui », des voix qui parlaient en lui et qui eurent une vie autonome et une biographie. Il inventa toutes les avant-gardes portugaises. Il vécut toujours dans de modestes pensions ou dans des chambres en location. Il connut un seul amour dans sa vie, Ophélia Queiroz, employée comme dactylo dans la maison d’import-export dans laquelle il travaillait. Ce fut un amour intense et court. Il ne publia au cours de sa vie que dans des revues. Le seul volume publié avant sa mort est une plaquette intitulée Message, une histoire ésotérique du Portugal. Il mourut le 30 novembre 1935 à l’hôpital Saint-Louis-des-Français à Lisbonne, à la suite d’une crise hépatique, probablement causée par l’abus d’alcool.
Alvaro de Campos
Alvaro de Campos naquit à Tavira, dans l’Algarve, le 15 octobre 1890. Il reçut à Glasgow le diplôme d’ingénieur naval. Il vécut à Lisbonne sans exercer sa profession. Il entreprit un voyage en Orient, sur un transatlantique, auquel il dédia son petit poème Opiarium. Il fut décadent, futuriste, avant-gardiste, nihiliste. En 1928, il écrivit la plus belle poésie du siècle, Bureau de tabac. Il connut un amour homosexuel et entra dans la vie de Pessoa au point de gâcher ses fiançailles avec Ophélia. Grand, les cheveux noirs et lisses partagés par une raie de côté, impeccable et un peu snob, portant monocle, Campos était la figure typique d’un certain avant-gardisme de l’époque, bourgeois et anti-bourgeois, raffiné et provocateur, impulsif, névrotique et angoissé. Il mourut à Lisbonne le 30 novembre 1935, le même jour et la même année que Pessoa.
Alberto Caeiro
Alberto Caeiro da Silva, maître de Fernando Pessoa et de tous les hétéronymes, est né à Lisbonne en 1889 et mourut en province en 1915, tuberculeux comme le père de Pessoa. Il passa sa brève existence dans un village du Ribatejo, dans la maison d’une vieille grand-tante chez laquelle il s’était retiré à cause de sa santé fragile. Il n’y a pas beaucoup de choses à dire sur la biographie de cet homme solitaire et contemplatif qui mena une existence éloignée de tout tapage. Pessoa le décrit comme un homme blond, pâle, aux yeux bleus, de taille moyenne. Il écrivit des poésies apparemment élégiaques et ingénues. En réalité, Caeiro est un œil qui regarde, un prédécesseur de la phénoménologie qui allait surgir en Europe quelques décennies plus tard.
Ricardo Reis
Ricardo Reis est né à Oporto le 19 septembre 1887 et fut élevé dans un collège de jésuites. Il était médecin, mais nous ne savons pas s’il se servit de sa profession pour vivre. Après l’instauration de la République portugaise, il se retira en exil au Brésil à cause de ses idées monarchistes. Il fut un poète sensiste, matérialiste et néoclassique. Il subit l’influence de Walter Pater et du classicisme abstrait et distant qui fascina certains naturalistes et homme de sciences anglo-saxons de la fin du siècle.
Bernardo Soares
Nous ne connaissons pas sa date de naissance ni celle de sa mort. Il mena une vie très modeste. Il était « aide-comptable » dans la ville de Lisbonne, dans une maison d’import-export de tissus. Il a toujours rêvé de Samarcande. C’est l’auteur d’un journal lyrique et métaphysique qu’il intitula Le livre de l’Intranquillité. Pessoa le connut dans un petit restaurant qui s’appelait « Pessoa » et c’est en dînant que Bernardo Soares lui racontait son projet littéraire et ses rêves.
António Mora
Le philosophe António Mora, auteur de ce Retour des dieux qui allait constituer le grand livre du néopaganisme portugais, finit ses jours dans la clinique psychiatrique de Cascais. C’est justement dans cette clinique psychiatrique que Pessoa connut António Mora. Grand, imposant, le regard vif et la barbe blanche, António Mora récita à Pessoa le début de la lamentation de Prométhée tirée de la tragédie d’Eschyle. Et ce fut en cette circonstance que le vieux philosophe confia ses manuscrits à Pessoa. »
(« Les trois derniers jours de Fernando Pessoa. Un délire », traduit de l’italien par Jean-Paul Manganaro, éditions du Seuil, 1994.)
Dans la préface du guide « Lisbonne » de Pessoa, rédigée par Rogelio Ordóñez Bianco en 1994, nous glanons de précieuses informations sur le parcours du poète à Lisbonne. À part l’intermède de Durban, celui-ci n’a pratiquement jamais quitté la ville dont il fut le reclus consentant. Pour lui, dont ses contemporains pouvaient apercevoir la frêle silhouette titubante la nuit dans les rues du centre ville, tous les villages portugais étaient des quartiers de Lisbonne ; toutes les forêts incultes ses parcs et ses jardins. Fréquentant les bars et les modestes restaurants de quartier, il vécut dans des chambres meublées dont on a pu retracer l’itinéraire : Rua da Bela Vista, Largo do Carmo, Rua Passos Manuel, Rua Pascoal de Melo, Rua Dona Estefânia, Rua Antero de Quental, Rua Almirante Barroso, Rua Cidade, Rua Bernardim Ribeiro, Rua Santo António dos Capuchos, Rua Coelho da Rocha, Avenida Gomes Pereira et, pour finir, à l’hôpital Saint-Louis-des-Français, Rua Luz Soriano. Précisons encore que Teresa Rita Lopes, Professeur à l’Université nouvelle de Lisbonne, a recensé plus de 70 hétéronymes possibles d’après les manuscrits trouvés dans la malle aux trésors de Pessoa !
@ »Et encore soudain deux livres rapprochés : Le livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa et L’homme sans qualités de Robert Musil. Surprise et délice. »
en fait la littérature c’est comme la géopolitique non seulement faut pas croire ce qu’on nous raconte, mais en plus il faut se dire que la réalité est probablement plus proche du contraire de ce qu’on nous raconte.
exemple au hasards : s’il fallait trouver un livre le plus diamétralement opposé au bouquin de Pessoa ce serait des livres comme l’HSQ !
et ça pour environ un million de raisons parmi lesquelles :
dans un cas on un livre introspectif sur un seul personnage.
dans l’autre cas on une multitude de personnade.
dans un cas le monde est lu à travers le ressenti de ce seul personnage.
dans l’autre cas il existe une pluralité de mondes qui correspondent chacun à un personnage.
dans un cas on a une approche parabolique, lyrique, poétique etc…
dans l’autre cas on a un livre dont l’approche est principalement scientifique.
dans un cas le livre se passe dans un contexte pauvre qui celui de Lisbonne de cette époque : pauvreté intellectuelle et philosophique
dans l’autre cas le livre se passe dans le lieu le plus riche de l’époque : intellectuellement, scientifiquement, philosophiquement etc…
comme il y a 1 million de raisons et que j’en ai citées que 4 je pourrais citer les 999996 autres.
« Cette semaine, « L’Allée Antonio Tabucchi » a été inaugurée en grande pompe dans le parc Montsouris (14e arr.) par la mairie de Paris »
notre Stephane Bern il en loupe pas une.
le grand monde parisien était présent à cette inauguration, en déambulant parmi les invités nous pouvions y croiser Adèle VanReeth portant une magnifique robe Dior, son compagnon 3 consones et 2 voyelles avait quant à lui préféré rester dans un style plus sobre avec un splendide ensemble sport Gucci….
sérieux jazzman ? pustule chez Gala !
Avant Pessoa et encore plus mystérieusement insaisissable, Camões !
Au début vînt Camões, poète national de renommée mondiale, qui est au Portugal ce que Shakespeare est à l’Angleterre ou Dante Alighieri à l’Italie. Chantant les périples de Vasco de Gama et s’adressant, indirectement, au roi, « Les Luciades » (Os Lusiadas), long poème, tout à la fois épique et lyrique, où sont convoqués les dieux de la mythologie classique et le Dieu des chrétiens, chantent, avant tout, la geste des grands navigateurs portugais et l’histoire glorieuse du Portugal depuis ses origines.
On connaît peu de choses de la vie de Luís de Camões, dit « le Camoëns ». Ni précisément sa date de naissance (probablement à Lisbonne en 1525) ni la date de sa mort (1579 ou 1580). On suppose, sans plus de certitude, qu’il aurait poursuivi des études à Coimbra. Les seuls éléments biographiques le concernant se déduisent de ses écrits, qu’il assure être nourris de choses vraies et non de « vains exploits fantastiques, feints, trompeurs ». Il servit la Couronne dans le nord de l’Afrique, à Ceuta, vers 1547-1548, où il perdit son œil droit. S’ensuivit pour lui une longue période de voyages qui occupèrent dix-sept ans de son existence et le conduisirent aux Indes, à Goa, au Mozambique et jusqu’en Extrême-Orient. Ayant accompagné la phase finale de l’expansion portugaise, à un moment charnière de la réorganisation de l’ordre culturel et économique mondial, il revint à Lisbonne en 1570, où il fit paraître Les Lusiades, deux ans plus tard. Son grand-œuvre, composé en huitains, et totalisant huit mille huit cent seize décasyllabes, répartis en dix chants. Bénéficiant d’une modeste pension royale, Camões mena par la suite une vie misérable, jusqu’à sa mort, laissant une œuvre constituée de centaines de poèmes, de lettres et de pièces de théâtre. Mais l’on ne dispose néanmoins d’aucun manuscrit rédigé de sa propre main et les portraits le représentant sont peu fiables.
« Ô vous, hommes vaillants des plages lusitaines
Qui, partis d’Occident, avez par vos exploits,
Soumis bien au-delà des côtes africaines
Des mers qu’on sillonnait pour la première fois ;
Ô vous, que méprisant les vents et les tempêtes
A travers les danger, les combats de géants,
Parvîntes à poser, pour prix de vos conquêtes,
D’un Empire nouveau les premiers fondements
(…)
Les Portugais voguaient sur la mouvante plaine,
Fendant de l’Océan les turbulentes eaux ;
Les vents ne respiraient que d’une douce haleine,
De leur souffle gonflant les voiles des vaisseaux.
Il naissait à leur suite une écume d’albâtre,
Et leur proue imprimait un sillage orgueilleux
Sur les flots que Protée et son troupeau folâtre,
Avaient seuls jusqu’ici soulevés dans leurs jeux.
(…)
Entouré de la pompe et des splendeurs divines,
Le Dieu qui fait vibrer les foudres de Vulcain,
Sur un trône brillant d’étoiles cristallines,
Les accueille d’un geste auguste et souverain ;
Sa face respirait une majesté fière
Qui d’un mortel eût fait un Dieu du Firmament,
(…)
A la place d’honneur est l’âge vénérable,
Alors, et d’une voix sonore et redoutable,
Jupiter dit ces mots au conseil glorieux :
« Immortels habitants du lumineux Empire,
« Du Firmament serein, du Pôle de splendeur,
« Vous vous rappelez tous sans l’entendre redire,
« Que des forts Lusitains la brillante valeur
« A de hauts faits sans nombre illustré leur histoire,
« Et que ce peuple aura par la Loi des Destins
« Un grandiose avenir effaçant la mémoire
« Des Assyriens, des Grecs, des Persans et Romains. »
(« Les Lusiades », traduit du portugais par Hyacinthe Garin, éditions Gallimard, 2015.)
L’instant IA hi han
Fernando Pessoa — Le Banquier anarchiste
Un paradoxe philosophique entre argent, liberté et idéologie
Contexte et publication
Publié en 1922, Le Banquier anarchiste est la seule œuvre de fiction publiée du vivant de Fernando Pessoa. Ce texte bref, incisif et volontairement provocateur mêle conte philosophique, satire sociale et manifeste intellectuel. Pessoa y interroge les contradictions humaines, la cohérence des idéaux politiques et la place de l’individu dans la société moderne.
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Résumé
L’action se déroule lors d’un dîner. Un banquier, personnage brillant et paradoxal, entreprend de démontrer à ses interlocuteurs que son anarchisme est authentique, malgré sa position privilégiée au cœur du système capitaliste.
À travers un dialogue quasi socratique, il expose une logique implacable :
• l’argent est, selon lui, le seul instrument réel de liberté,
• la possession de richesses permet d’échapper aux contraintes sociales,
• et ceux qui détiennent l’argent disposent d’un pouvoir effectif sur la société.
Il critique également les théories anarchistes fondées sur l’entraide (notamment celles de Kropotkine), qu’il considère comme des limitations imposées à la liberté individuelle.
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Thèmes principaux
1. Le paradoxe richesse / anarchisme
Le banquier incarne la tension entre idéologie et pratique. Pour lui, l’indépendance financière est la condition première de toute liberté réelle.
2. Critique du capitalisme et du pouvoir de l’argent
Pessoa montre comment l’argent façonne les rapports sociaux et permet à certains individus d’imposer leur volonté. Le banquier devient ainsi un symbole de l’autonomie absolue… ou de l’illusion de celle ci.
3. Liberté individuelle et autonomie économique
Le texte défend l’idée que la liberté ne se réduit pas aux droits politiques : elle dépend aussi de la capacité matérielle d’agir sans contrainte.
4. Humour, ironie et mauvaise foi
Le récit oscille entre sérieux et absurde. Le banquier use d’une rhétorique brillante, parfois cynique, souvent de mauvaise foi, pour justifier l’injustifiable et mettre en lumière les contradictions humaines.
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Style et portée
Écrit sous forme de monologue-dialogue, le texte combine :
• humour noir,
• rigueur logique,
• provocation intellectuelle,
• et satire sociale.
Pessoa y démontre sa capacité à démonter les systèmes de pensée tout en révélant les incohérences entre les idéaux proclamés et les comportements réels.
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Conclusion
Le Banquier anarchiste est un brûlot philosophique aussi jubilatoire que dérangeant. En jouant avec les paradoxes, Pessoa invite le lecteur à réfléchir sur :
• la liberté,
• le pouvoir,
• l’argent,
• et les contradictions de la société moderne.
Un texte bref, brillant, et toujours d’une étonnante actualité.
Jubilez donc …
Moi ce qui me dérange en Portugais, c’est qu’il y a des terminaisons en oa et d’autres en ao.
lE LIVRE que j’ai le plus corné !
Le livre de l’intranquillité.
A chaque page quelque chose qui faisait mouche, chez moi !
Décidément, entre Ophélie et ce livre-là… nous sommes en phase, Monsieur Assouline !
Merci pour ce billet.
@ Ch et Chantal, et aux traversé.es du mur de l’intranquillité, ceci, come promis plus haut…, ne plaise ou déplaise.
Mes propres pages cornées, pour un « temps retrouvé »… Bàv,
————
-Parce que j’ai la dimension de ce que je vois et non pas celle de ma taille (p. 46)
-Je n’apprends jamais à apprendre ( ?)
-Il est noble d’être timide, glorieux et de ne point savoir agir, grand de n’être pas doué pour vivre. Seul l’Ennui, qui est distanciation, et l’Art qui est dédain, dorent d’un semblant de satisfaction votre [vie]
-Bienheureux ceux qui ne confient leur vie à personne (61)
-Occuper mon inattention (66)
-Une sorte de pré névrose de ce que je serais quand je ne serai plus, me glace le corps et l’âme, comme un souvenir de ma mort future qui me hérisse au-dedans de moi (69)
-Innocence de vivre sans analyser (70) ils n’ont pas conscience d’avoir conscience (70) la plupart des gens pensent avec leur sensibilité alors que moi, je sens avec ma pensée (71) pour moi c’est penser qui est vire, et sentir n’est rien d’autre que l’aliment de la pensée (71)
-Personne n’éprouvera jamais pour moi de l’amitié chaleureuse. C’est pourquoi tant de gens peuvent me respecter (77)
-Si loin que je m’enfonce en moi-même, tous les sentiers du rêve me ramènent aux clairières de l’angoisse (87)
-Être un homme, c’est savoir ce que l’on ne comprend pas (87)
-Mieux vaut être pour toujours la limace humaine qui aime et qui ignore, cette sangsue répugnante sans le savoir. Qu’ignorer soit notre vie ! (90)
Cette manie de me créer un monde factice ne m’a jamais quitté, et ne me quittera que le jour de ma mort (92)
-L’intensité des sensations a toujours été un faible chez moi de même que l’intensité de la conscience que j’en avais. J’ai toujours souffert davantage de ma conscience de la douleur que de la souffrance même dont j’avais conscience (93)
-Vivre, c’est être un autre (94)
-Tous les problèmes sont insolubles. Par essence, l’existence d’un problème suppose l’inexistence d’une solution. Chercher un fait signifie qu’il n’existe pas de fait. Pense c’est ne pas savoir exister (107)
-Vivre, c’est ne pas penser (112)
-Ma timidité en mon incompétence à vivre (113)
-J’ai sculpté ma propre vie comme une statue faite d’une manière étrangère à mon être (114)
-La littérature est encore la manière la plus agréable d’ignorer la vie. La musique nous berce, les arts visuels nous stimulent, les arts vivants nous divertissent… (la première cependant s’éloigne de la vie, car elle en fait un sommeil) (116)
-La plupart des gens souffrent de cette infirmité de ne pas savoir dire ce qu’ils voient ou ce qu’ils pensent (…). Toutes nos impressions sont incommunicables, sauf si nous en faisons de la littérature (117)
-Le journal d’Amiel m’a toujours fait souffrir – à cause de moi-même (119)
-Je vois la femme que je suis quand je me connais vraiment (123)
-Je ne m’indigne pas car l’indignation est le fait des âmes fortes, je ne me résigne pas car la résignation est le fait des âmes nobles, je ne me tais pas non plus, car le silence est le fait des grandes âmes. Or je ne suis ni fort ni noble ni grand. Je souffre et je rêve (…) je ne suis pas pessimiste, je suis triste (127)
-J’ai toujours évité avec horreur d’être compris. Être compris c’est se prostituer. J’aime mieux être pris sérieusement pour ce que je ne suis pas, et être ignoré humainement, avec décence, avec naturel (128)
-Je comprends que l’on voyage si l’on est incapable de sentir (138)
-Dans le poulailler qu’il ne quittera que pour mourir, le coq chante des hymnes à la liberté parce qu’on lui a donné deux perchoirs (140)
-Je dors quand je rêve ce qui n’existe pas, je suis sur le point de m’éveiller quand je rêve ce qui peut exister (143)
-Une chose est sûre : ce que je suis me serait insupportable, si je ne pouvais pas me souvenir de celui que j’ai été (144)
-La nécessité d’être peu de chose dans la vie, pour l’homme qui veut se survivre (145)
-La nature, c’est la différence entre l’âme et Dieu (148)
-La vie humaine s’écoule dans la même inconscience intime que la vie des animaux (149)
-L’ironie passe par deux stades, Socrate (je sais seulement que je ne sais rien), Sanches (je ne sais même pas si je ne sais rien – (…) ne pas se connaître soi-même consciemment, voilà le chemin.
Que suis-je pour moi-même ? Rien d’autre que l’une de mes sensations (154)
-Les grands hommes d’inaction (155)
-La violence, quelle qu’elle soit, a toujours représenté pour moi une forme hagarde de la bêtise humaine (…) Combattre, c’est être incapable de se combattre. Réformer c’est être incapable de s’améliorer (…). Cette réforme véritable par laquelle nous faisons revivre notre sensibilité morte, voilà la vérité, notre vérité, la seule vérité. (160)
-Le gouvernement des hommes repose sur deux principes : réprimer et tromper (161)
-Raconter, c’est créer, car vivre n’est qu’être vécu (163)
-L’inaction console de tout (164)
-Quand on souffre, on souffre seul (165)
-Ni l’un ni l’autre (homme ou animal) n’échappe à la fatalité d’être ce qu’il est (166)
-La raison, c’est la foi dans les choses qu’on peut comprendre sans la foi ; mais c’st encore une forme de foi, parce comprendre part du présupposé qu’il existe quelque chose de compréhensible (176)
-J’ai accompli, comme nul autre, mon devoir –de naissance, dirai-je- d’interprète d’une bonne part de notre siècle (…) nous ne savons enseigner qu’aux morts ls vraies règles de la vie (…) le bonheur de l’inconscience (191)
-Je ressens le temps avec une immense douleur (197)
J’existe sans le savoir, et je mourrai sans le vouloir (204)
-Ne faire à personne ni bien ni mal – Ne faire de mal à personne. Ne pas faire de bien (…) si je ne fais pas e bien, par souci moral, je n’exige pas non plus qu’on m’en fasse (…) Je suis hautement sociable, de façon hautement négative (…) je n’ai foi en rien, espoir en rien, charité pour rien (…) je m’estime heureux de n’avoir plus de famille (…) je n’ai jamais aimé personne (208)
-Pour moi, seule mon auto-conscience est réelle (209)
-Je voudrais que la lecture de ce livre vous laisse l’impression d’avoir traversé un cauchemar voluptueux (215)
-J’ai toujours été un rêveur ironique (221)
-Qui donc me sauvera d’exister ? (225)
-L’art est une esquive de l’action, ou de la vie (230)
-Je suis la passerelle jetée entre ce que je ne peux ni avoir, ni vouloir (232)
-La faiblesse de ma volonté a toujours été, au départ, une faiblesse de la volonté de vouloir (…) quelle fatigue que d’être aimé, d’être véritablement aimé ! Quelle fatigue de devenir le fardeau des émotions d’autrui ! (235)
-Je n’ai pas un tempérament sexuel (237)
-La vie, selon Tarde, se réduit à la recherche de l’impossible par le biais de l’inutile (238)
-On se lasse de tout, sauf de comprendre (…) on veut comprendre sans être réellement intéressé, sans se soucier de savoir si ce que l’on a compris est vrai ou non (…) on se lasse de penser, d’avoir des opinions personnelles, de vouloir penser pour agir. On ne se lasse point, cependant d’adopter même transitoirement, les opinions d’autrui, dans le seul but d’éprouver leur influence, sans pour autant céder à leur impulsion (239)
-Chez les uns, la sentimentalité désigne l’impossibilité d’utiliser activement son intelligence, chez les autres, elle désigne l’absence de l’intelligence elle-même (249).
-Je gis ma vie, spectre conscient d’un paradis où je n’ai jamais vécu, cadavre-né d’espérances à naître (250)
-La sombre conscience de mon apathie de renonceur congénital (251)
-Je n’admets ni l’argument de l’horloger imparfait, ni celui de l’horloger malveillant. L’existence du mal est une chose, la raison de son existence en est une autre (…) on peut se refuser à admettre que l’existence même du mal soit mauvaise (254)
-Posséder c’est perdre – sentir sans posséder, c’est conserver parce que c’est extraire de chaque être une essence. (…) Posséder c’est être possédé, et par conséquent se perdre (270-71)
-Les décadences sont fertiles en virilité mentale ; les époques de force en faiblesse intellectuelle (273)
-La distinction réelle se fait entre les adaptés et les inadaptés (…) Nous autres, dans l’ombre, perdus parmi les grouillots et les garçons coiffeurs, nous constituons l’humanité (…) ceux que le mort oublie ou consacre, et que la vie a oubliés sans les consacrer (274)
-Le gouvernement du monde commence par nous-mêmes (…) voir clair, c’est ne point agir (275)
-Mais la grande majorité est heureuse de vivre, et jouit de la vie sans s’embarrasser de tout cela (…) oui, indifférent à tout le reste, les hommes continuent à aimer et à digérer. Notre vitalité nous récupère et nous ranime. Nous enterrons nos morts une fois pour toutes. Nous subissons nos pertes en pure perte (278)
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J’ai furieusement envie de profiter des vacances pour m’engloutir dans cette biographie monstrueuse par son volume mais je dois confesser que je ne suis pas un spécialiste de l’œuvre de Pessoa.Est ce un obstacle ? Sa personnalité me séduit et je devrais donc trouver mon compte dans cette biographie de Zenith.
Je frémis de peur devant cet ouvrage énorme comme devant le destin étrange du prisonnier de lui-même qui en est l’auteur.
Prudemment, je resterai sur la découverte ancienne de son Intranquilitté, lecture inoubliable.
À propos du Livre de l’intranquillité, c’est tout de même un problème de vonstater que tant d’imbéciles l’aiment à ce point. (Voir plus haut). Pessoa possédait-il le don de se faire entendre de cette innombrable population, comme François d’Assise des oiseaux?
Jusqu’ici, j’imaginais surtout Pessoa comme un bohème sans le sou. J’apprends aujourd’hui qu’il sortait d’une riche famille qui le renflouait en cas de besoin. L’absolue liberté de l’esprit le plus souvent n’a qu’un nom, et ce nom est « argent ».
JC n’est évidemment pas compris dans mon recensement.
Constater
« Pessoa », correction de l’abruti d’Iphone.
Je n’ai jamais corné ni souligné un livre, ça doit être une mienne perversion. J’ai lu quelques choses de Pessoa : des poèmes, et autre chose, mais pas Le Livre de l’intranquillité — l’on en parle beaucoup trop, e ce parler produit une chiée et un petit tas de banalités que le poète ne mérite point —. Avoir autant de noms est amusant : c’est une façon de changer sans se contredire, ou peut-être simplement d’exprimer les crises qui mènent aux nécessaire changements (mutations), car comme le disait Einstein : « Sans crises, point de défis ; sans défis, la vie est une routine, une lente agonie. Sans crises, point de mérite. C’est dans les crises que le meilleur de chacun se révèle, car sans crises, tous les vents ne sont que de douces brises. »
nécessaireS
Corrigé
À propos du Livre de l’intranquillité, c’est tout de même un problème de constater que tant d’imbéciles l’aiment à ce point.(Voir plus haut). Pessoa possédait-il le don de se faire entendre de cette innombrable populace, comme François d’Assise des oiseaux?
Jusqu’ici, j’imaginais surtout Pessoa comme un bohème sans le sou. J’apprends aujourd’hui qu’il sortait d’une riche famille qui le renflouait en cas de besoin. L’absolue liberté de l’esprit le plus souvent n’a qu’un nom, et ce nom est « argent ».
De ce que j’ai lu de Pessoa, rien ne m’a frappé comme son poème sur le Tage. Fleuves impassibles, Rhin, Tage, ce serait d’ailleurs une question de savoir pourquoi le thème du fleuve (celui dans lequel on ne se baigne pas deux fois) a produit autant de chefs-d’oeuvre. Notre pauvre Seine piteusement à la traine sur ce point.
« Pessoa l’œuvre-vie » … Richard Zenith.
Ne pas oublier la parution de cette biographie qui est à l’origine du billet.
Il semble que c’est un ouvrage considérable (1200 pages!) écrit par un passionné qui a découvert Pessoa à vingt ans en lisant ses poèmes dont le fameux « bureau de tabac » et qui n’a connu « Le livre de l’Intranquillité » que quatre ans plus tard, en version anglaise.
Après, passion Pessoa fidèle.
Donc une biographie qui essaie de comprendre cet écrivain mystérieux depuis l’enfance en le situant dans sa famille, dans sa ville, dans le fracas du monde, dans sa personnalité multiple.
Marie Richeux le recevait récemment dans son émission « Le book club » avec son traducteur. L’émission est un pur délice.
Tout le monde ou presque connaît ou connaissait le nom du lieu où la Loire prend sa source, mais presque personne s’agissant de la Seine. La vraie vedette c’est la Loire, sans doute une question d’histoire, et le sentiment ambigu que suscite Paris. Un indice: je ne sais plus qui avait remarqué que la plupart des grands écrivains français sont en fait des provinciaux.
Je me demande si la biographie de Cavafy publiée l’an dernier en anglais sera traduite elle aussi. Mais Cavafy intéresse certainement beaucoup moins le public français. Il n’a sans doute pas le don de se faire apprécier des imbéciles.
’Henri Cartier-Bresson m’enjoignait de me poser systématiquement en toutes circonstances. (« D’où vient l’argent ? »)
Tiens?
Et comment fait Chantal?
Et renato le très peu dispendieux.
Et D, n’en parlons pas! 🙂
Ce qu’un bon père devrait enseigner à ses enfants :
D’où vient l’argent ?
Refusez l’argent dont on ignore la provenance.
Avoir la majorité ne veut pas dire avoir raison, mais seulement avoir le droit de gouverner.
perso j’ai pas lu ce livre de la première page à la dernière, mais en l’ouvrant au hasard, en fait pas au hasard il faut l’ouvrir en prononçant une petite phrase magique qui permet de trouver la bonne page.
si on répète ce procédé 842 fois on l’a lu en entier.
d’où l’intérêt de toujours garder ce livre sous la main, à proximité pas loin…
Puisque nous sommes au Portugal, Noémia Prada :
Musil il a dit un truc marrant du genre que dans son élève Törless des gamins de 16 ans parlent comme des livres.
en fait il l’a dit pour se moquer de lui.
dans l’HSQ ce procédé de faire parler les personnages comme des livres savants est amplifié par mille !
du genre ils parlent comme des livres de philo qui seront écrits 50 ans plus tard.
ça c’est une autre différence entre ces 2 livres et ces 2 auteurs.
Merci P. Assouline pour cette évocation de F. Pessoa.
Lu pour la première fois en 1968.
« l’on en parle beaucoup trop »
Comment pouvez-vous l’affirmer puisque, selon votre propre aveu, vous n’avez pratiquement rien lu de Pessoa, renato ?
« parler produit une chiée et un petit tas de banalités que le poète ne mérite point »
Très juste !
Vous auriez dû ainsi vous abstenir de porter un jugement définitif sur l’oeuvre de Pessoa ?
une autre différence qui les oppose diamétralement c’est leur vision des femmes.
le premier texte de l’HSQ que Musil a fait publier dans une revue c’est le passage au début sur Léona.
après il a regretté de l’avoir fait parce qu’il s’est dit que ce passage ne donne pas une vision de l’ensemble du livre.
sauf que dans cet extrait on voit tout Musil dans son rapport aux femmes : ce type aime les femmes sous l’angle le plus sexuel de la chose.
d’ailleurs on le voit dans le vocabulaire utilisé dans ce passage sur Léona : il utilse les verbes « farcir », « fourrer » etc… en parlant de la bouffe, c’est carrément du Rabelais !
parce que Musil appartient à cette famille d’écrivains : Rabelais, Swift, Sterne, Cervantes, Bellow, Shakespeare, Chesterton etc…
déjà tous des auteurs qui font parler leurs personnages comme des livres parce qu’ils leur servent à développer leur pensée et leurs idées, mais en plus qui partagent un même amour de la vie et des femmes et la même envie de vivre.
ce qui n’est pas du tout le cas de Pessoa, mais alors pas du tout du tout !
le fait de tomber sur un type qui les trouve semblablzs montre à quel point nous sommes tombés très bas au niveau pensée.
cet effondrement de la pensée on le retrouve à tous les niveaux : politique, intellectuel, moral etc…
qui dé
Je me permets toutefois de vous rappeler un fait important : 1) Dieu est infiniment bon et mérite des louanges infinies.
2) l’Enfer existe. La canicule actuelle est une douce caresse en comparaison des tourments de l’Enfer.
3) qui pèche mortellement va en Enfer : crime, meurtre, vol, faux témoignages, Adultère, reniement conscient du Père, du Fils et du Saint-Esprit, de la Sainte Eglise, profanation consciente des Saintes Espèces et des autels…
« Je suis une anthologie. »
« Qui aime la vérité nue
Doit visiter le Portugal ;
Car ici tout est naturel…
On pisse même dans la rue. »
« Aucun bouquet ne vaut pour moi, resplendissant sous le soleil,
la gerbe de couleurs de Lisbonne. »
FERNANDO PESSOA
« Logique sans peine » ? Jazzi !
Je porte assurément un regard critique sur ceux qui le citent au hasard.
Je n’ai pas lu Le Livre de l’intranquillité, mais d’autres choses dont sa poésie.
Où ai-je jugé l’œuvre de Pessoa ? je voudrais attirer votre attention sur la citation qui clôt mon post, qui constitue une observation critique très positive pour un Occidental.
L’adultère pendant le mariage religieux chrétien est un péché mortel. Il doit être impérativement confessé. Seule l’Eglise a le pouvoir d’invalider un mariage, et dans des situations très limitées. Le divorce, la séparation, ne sont que des actes civils sans aucune valeur pour Dieu.
L’époux ayant subi un adultère, n’ayant pas fauté, pèche néanmoins mortellement s’il vient à son tour à fréquenter une autre personne et à forniquer avec cette dernière.
Le délaissement conscient de personnes étant ou devenues en situation de vulnérabilité flagrante parmi les parents, enfants, frère ou soeur, oncle ou tante sans enfants, est un péché mortel, sauf situations atténuant en tout ou partie la responsabilité du confessant.
Ni le temps, ni la douleur subie en ce monde, n’efface un péché.
« ta douleur efface ta faute » comme le chantait superbement une célèbre artiste, est une erreur. En l’occurence, celle-ci n’avait pas péché mortellement parce que pas encore mariée à l’époque.
Bien évidemment, toute personne non mariée ou veuf/veuve, déjà informée du caractère peccamineux de son acte, forniquant avec une personne mariée chrétiennement, se met elle-même en état de péché mortel.
Voilà. Je ne vous souhaite pas un trop chaud futur, amateurs d’intranquilité.
«Valeu a pena? Tudo vale a pena
Se a alma não é pequena.
Quem quer passar além do Bojador
Tem que passar além da dor.
Deus ao mar o perigo e o abismo deu,
Mas foi nele que espelhou o céu».
Fernando Pessoa
X. Mar Português (Mensagem; 1934)
pour ceux qui croit que le conflit entre l’occident et la Russie a commencé le en 2022…
exemple au hasard : la littérature française et anglaise véhicule depuis le 18è siècle des caricatures qui nourrissent la russophobie
le cinéma bien sûr
etc etc….
ce type en a fait un objet d’étude qui remonte à 250 ans :
Aujourd’hui dans le Chiado à Lisbonne, il faut pessoa son chemin, plus une morue d’origine. Törless cause effectivement comme un livre, moins dans le film de Schlöndorff qui n’est pas textuellement fidèle, ni sexuellement d’ailleurs.
Cavafy était aussi fils de nantis, dear Chaloux, mais il a connu leur ruine et tout s’est inversé dans sa vie. quel traducteur de sa poésie conseillez-vous ? Beaucoup de disputes chez les francophones grécisants, Yourcenar accusée parfois d’écarts, Lesveque plus fidèle mais paraît-il mauvais hélénophone et de toute manière aux oubliettes. Cavavy parlait grec avec un léger accent anglais et usait d’un lexique suranné.
ENT !!!!!!!!!!!!!!!
j’oublie les ENT
« Törless cause effectivement comme un livre »
Tolstoï reproche à Shakespeare de faire parler ses personnages comme des livres, il a dit qu’on n’aura aucune chance de tomber sur une personne qui parle pareil dans la vraie vie.
C’est vraiment là une question hyper importante sur l »idée qu’on se fait de la littérature.
les personnages des romans sont-ils obligés de parler que comme des vraies personnes qu’on croise dans la rue ?
lit-on un livre pour se coltiner des personnages qui ont les mêmes genres de discussions qu’on aurait avec son voisin ?
perso je préfère entendre un gamin de 16 ans comme Torless parler de Kant et de sa morale plutôt que Ferry ou Comte Sponville !
de coup perso je considère que Torless est vachement plus pertinent qu’Onfray !
alors que c’est juste un putain de gamin de 16 ans qui nous pond une dissertation sur la violence et le mal et le bien et l’amour qui vaut un million de fois l’émission débile de ce menteur hypocrite de Finky de ce matin !
et c’est grâce à ce putain de gamin de 16 ans que cela me permet de comprendre que cette émission de menteur de Finky ne vaut pas un clou !
et c’est juste un putain de gamin de 16 ans !
Je n’ai pas beaucoup d’estime, en tant que lecteur, pour cette obscure confrérie des écrivains étrangers à eux-mêmes, ces exilés du dedans en quête, vaine, d’absolu.
Depuis que j’ai lu, dans mon amer âge ingrat, les Romantiques allemands et l’Obermann de Senancour, tout cela m’a vacciné contre les sombres songe-creux.
Petite remarque :
Physiquement, Pessoa, le portugais, ressemble comme deux gouttes de fiel à Sadeq Hedayat, l’iranien, autre désespéré plus noir et plus tragique.
Pesoa avait fait les thèmes astraux de ses hétéronymes afin de leur donner une cohérence de caractère, pendant tout un temps cela m’a fascinée car les pièces romaines de Shakespeare étaient aussi écrites avec ce calcul de caractères déterminés.
Si je ne me trompe pas, Törless a été créé juste avant 1906, Musil était encore étudiant et s’intéressait à la psychologie de la forme (Gestalt), donc le jeune Törless avait environ 25 ans.
Je feuillette lentement ses œuvres poétiques, enfin, celles d’Alvaro de Campos. (Christian Bourgois éditeur). « L’ode maritime » que vous évoquez y est présentée en version bilingue traduite par Michel Chandeigne et Pierre Léglise-Costa), avec sa ribambelle :
« (Tu me faisais toujours croire que c’était une goélette que tu appelais,
Et tu criais ainsi, mettant une main de chaque côté de ta bouche,
Faisant un porte-voix de tes grandes mains brunes et calleuses :
Aho-o_o-o-o-o-o-o-o-o-o-yyyyy-
Schooner aho-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-yyyyy »’).
Et tant de poèmes émouvants. Ainsi :
« Je me suis multiplié pour me sentir,
Pour me sentir, j’ai eu besoin de tout sentir,
J’ai débordé, je n’ai rien fait que m’extravaser,
Je le suis déshabillé, je me suis donné,
Et il se trouve en chaque coin de mon âme un autel pour un dieu différent. »
« Celui qui est interné dans un asile de fous, au moins, c’est quelqu’un.
Moi, je suis interné dans un asile de fous sans asile.
Je suis fou, à froid,
Je suis lucide et fou,
Je suis étranger à tout et je ressemble à tout le monde :
Je dors éveillé avec mes rêves qui ne sont que folie
Parce que ce ne sont point des rêves.
Et le voilà : ainsi… »
« Je n’ai pas pris de billet pour la vie,
J’ai manqué la porte du sentiment ;
J’ai laissé filer chaque occasion, s’éteindre chaque désir.
Aujourd’hui il ne me reste rien… »
« Rien ne m’attache à rien.
Je veux cinquante choses en même temps.
J’ai une faim avide et charnelle
D’un je ne sais quoi
Défini par l’indéfini… »
« N’être rien, être un personnage de roman,
Sans vie, sans mort matérielle, une idée,
Une chose que rien ne rende utile ou laide,
Une ombre sur un sol irréel, un songe pris de transe. »
Et le fameux poème « Bureau de tabac », p. 199.
Une préface d’Arnaud Guibert pour presenter Alvaro de Campos.
« (…) Alvaro de Campos se désintègre dés sa première manifestation. (…) Il y éclate un accent nouveau, celui de la clameur, de l’apostrophe véhémente (…). Il abordera que le problème de l’identité, de l’angoissante question du masque, de l’insomnie, du rien. (…) Pessoa avait un faible pour lui, c’est que le démiurge se découvrait investi et parachevé par sa créature toit comme Jarry le fut par Ubu. (…) «
Alvaro de Campos, sans pause ni rature, futuriste.
Comme je traversais la banlieue rouge de Paris, je suis passé à côté d’un magasin Relay, propriété de Bolloré, et j’en ai profité pour demander au vendeur s’il avait le dernier Sansal. Tout de suite il m’a répondu non. Le vendeur m’a eu l’air bien versé dans les belles-lettres. En tout cas il avait tous les navets traduits de l’américain avec des titres en italique et des couleurs.
Il voulait l’Ouvrage. Il avait peur que son magasin soit vandalisé.
Tout ça est d’une grande tristesse.
Pour être tout à fait scientifique, il faudrait que je passe dans un magasin Relay à Neuilly.
Brève histoire d’une double passion
* Il voulait pas l’Ouvrage.
Il faudrait inventer un genre qui s’appellerait la « brève de librairie » comme il y a des « brèves de comptoir ».
Noémia Prada
chaque jour un nouvel élément apparaît démontrant l’effondrement moral de l’occident et le nihilisme.
et à chaque fois cet élément est dissimulé par les médias.
cette fois c’est la Grande Bretagne qui fait face à la plus chose affaire criminelle de son histoire : viols, tortures et meurtres de centaines de milliers de filles dont une majorité d’enfants et de mineures perpétrés par des gangs le plus souvent d’origine pakistanaise.
comme pour l’affaire Epstein, cette affaire a été cachée à la population britannique.
pour aplliquer cette omerta sur ces crimes on trouve les politiques (Starmer en tête), la police, les affaires sociales, le parlement, la famille royale etc…
toutes les élites britanniques sont impliquées dans cette affaire que l’on nomme les « grooming gangs » (parce que les hommes offraient des cadeaux pour attirer les gamines).
c’est probablement le plus gros scandale de l’histoire de ce pays. les anglais ont essayé d’utiliser la « menace russe » pour détourner l’attention : ça n’a pas marché !
cette affaire est ressortit sous la forme d’un rapport d’un député qui appartient à un parti d’extrême droite opposé à l’immigration de masse.
là on voit le dilemme moral de nos journalistes : en parler c’est faire de la pub pour l’extrême droite, ne pas en parler c’est pratiquer l’omerta, du coup ils choisissent l’omerta.
pour l’affaire Epstein c’était pareil : en parler c’était alimenter l'(antisémitisme et le complotisme, du coup ils ont fait le chois de l’omerta.
l’omerta est-ce faire le bon choix monsieur bon choix madame…. ??????????????
Ou en province.
Dans une librairie parisienne bien connue, BS est planqué dans un coin, quasi invisible.
Dans une FNAC de banlieue « bleue », il était au contraire bien visible.
« Centaines de milliers », non puck! Et pourtant, je ne suis pas indulgent sur le sujet, on s’en doute.
FERNANDO PESSOA
1888-1935
« Si, après ma mort, vous voulez écrire ma biographie,
Rien de plus simple.
Elle n’a que deux dates – celle de ma venue au monde et
celle de ma mort.
Entre une chose et l’autre tous les jours sont à moi.
Je suis facile à définir.
J’ai vu comme un damné.
J’ai aimé les choses sans la moindre sentimentalité.
Je n’ai jamais eu de désir que je ne puisse réaliser, parce
que je n’ai jamais perdu la vue.
Même entendre n’a jamais été pour moi qu’un accompa-
gnement de voir.
J’ai compris que les choses sont réelles et toutes différentes
les unes des autres ;
J’ai compris ça avec les yeux, jamais avec la pensée.
Comprendre ça avec la pensée serait les trouver toutes
semblables.
Un jour le sommeil m’a pris comme n’importe quel enfant.
J’ai fermé les yeux et je me suis endormi.
À part ça, j’ai été l’unique poète de la Nature. »
(Alberto Caeiro, « Poèmes non assemblés », in Œuvres poétiques, bibliothèque de la pléiade, traduction de Maria Antónia Câmara, Michel Chandeigne et Patrick Quillier, Christian Bourgois Éditeur, 1989)
EDUARDO LOURENÇO
L’invention de la saudade
S’interrogeant sur ce qui, en dehors de la langue, pouvait bien être commun aux poètes portugais, Fernando Pessoa répondit : « Avant tout, la tendresse ». Une tendresse tour à tour rêveuse, héroïque, railleuse, mélancolique, métaphysique, voire mystique, précisa t-il. Mais de quoi cette tendresse est-elle le nom, sinon de la saudade, dont Pessoa, « devenu le Portugais universel », selon Eduardo Lourenço, est le plus flamboyant représentant ? Spécialiste de l’œuvre du poète de Lisbonne et auteur d’essais consacrés à la saudade, Eduardo Lourenço, né en 1923 au Portugal et mort le 1ᵉʳ décembre 2020 à Lisbonne, nous éclaire sur cette spécificité nationale, nous entrainant à sa suite à travers le labyrinthe de la mémoire portugaise et de sa mythologie.
« La saudade, la nostalgie ou la mélancolie sont des modalités, des modulations de notre rapport d’être de mémoire et de sensibilité au Temps. Ou plutôt, à la temporalité, à ce que, à l’exemple de Georges Poulet, nous nommerons « temps humain ». Cela signifie que cette temporalité est d’une autre nature que celle, abstraitement universelle, que nous attribuons au temps comme succession irréversible. Seul ce « temps humain », jeu de la mémoire, permet le retournement et la suspension fictionnelle du temps irréversible, source d’une émotion à nulle autre comparable. En elle et à travers elle, nous éprouvons à la fois notre fugacité et notre éternité. À ce titre, la nostalgie, la mélancolie, la saudade même, revendiquée par les Portugais comme un état intraduisible et unique, sont des sentiments universels. De l’universalité du « temps humain ». C’est le contenu, la couleur de ce « temps », la diversité du jeu que la mémoire dessine en se retournant vers le passé, qui distingue la nostalgie, la mélancolie, et ces deux dernières de la saudade.
Se retourner vers le passé, se souvenir, n’est jamais un acte neutre, mais ce retournement constitutif de notre mémoire peut être vécu comme un simple rappel, une sorte de mise au point et mise à jour des événements ou des sentiments qui jalonnent, qui sont, « notre vie ». Ce retournement propre à la mélancolie, à la nostalgie et à la saudade donne un sens au passé vers lequel nous nous tournons. Il l’invente comme une fiction. La mélancolie se réfère au passé comme définitivement passé, et à ce titre, elle est la première et la plus pure expression de la temporalité, celle que la lyrique universelle ne finira jamais d’évoquer. La nostalgie est le rappel d’un passé déterminé, d’un lieu, d’un moment, d’un objet de désir hors de notre portée, mais encore réel ou imaginairement récupérable. La saudade participe de l’une et de l’autre, mais d’une façon si paradoxale, si étrange – tout comme est étrange et paradoxale la relation des Portugais avec « leur » temps – que, à juste titre, elle est devenue un labyrinthe et une énigme pour ceux qui l’éprouvent comme le plus mystérieux et le plus précieux des sentiments.
Avant d’être pensée, la saudade a été chantée. Avant de devenir le mythe dont il faudra décrypter le contenu et le sens pour ne pas rester prisonnier de son rôle hagiographique, la saudade ne fut autre chose que l’expression d’un trop plein d’amour envers tout ce qui mérite d’être aimé : l’ami absent, l’écrin des amours, la Nature avec sa voix immémoriale, murmure des feuilles ou des vagues de la mer. Aucune résonance tragique ne perce dans ces chansons où la saudade se présente avec toute sa naïveté. Dans son berceau celtique, celui de la Galice et du nord du Portugal, la saudade semble modulée par le rythme universel de la mer. On y apprend, sans vraiment le savoir encore, que l’éternité est faite de temps, et le temps d’éternité. Tout y est à la fois, passé et présent. Cette musique de fond d’abord extérieure, deviendra musique de l’âme. Contrairement à la légende, le peuple portugais, éprouvé comme tant d’autres par des tragédies réelles dans sa vie quotidienne, n’est pas un peuple tragique. Il est en-deçà et au-delà de la tragédie. Sa manière spontanée de se retourner vers le passé en général, vers le sien en particulier, n’est ni nostalgique, ni moins encore mélancolique. Elle est simplement saudosa, enracinée avec une telle intensité dans ce qu’il aime, c’est-à-dire dans ce qu’il est, que son retour vers le passé, qui supposerait un vrai éloignement de soi, une adhésion effective au présent, est davantage de l’ordre du rêve que de celui du réel. C’est ce lieu de rêve, ce lieu à l’abri du monde, ce passé-présent, que l’âme portugaise ne veut pas quitter. (…)
Avec la saudade, nous ne récupérons pas seulement le passé comme paradis perdu ou menacé de perte ; nous l’inventons. Ce peuple immémorialement rural, absorbé au-dehors dans des tâches dépourvues de transcendance, mais accomplies comme une épopée, avec son talent du détail, de la miniature, est un peuple-rêveur. Non pas tellement parce qu’il accomplit des rêves toujours plus grands que lui, mais parce que, au tréfonds de lui-même, il refuse ce qu’on appelle la réalité. Autrement dit l’ordre du temps, rivière sans retour. Plus quichottesques que don Quichotte, les Portugais ne tiennent pas vraiment compte de la réalité empirique. Ils la subissent, mais ne plient devant aucun démenti de cette réalité ; pas même devant le plus irréfutable de tous : la Mort. Dans leur île-saudade, à la fois île des Morts et île des Amours, comme les enfants, ils ignorent la mort. Ou, dans une autre version, elle leur est tellement consubstantielle (« Mort, sœur co-éternelle de mon âme ») qu’elle a fini par leur être invisible. Personne ne meurt au pays de la saudade. Rien n’est plus populaire au Portugal que le culte des âmes du Purgatoire. De toutes les forces de notre imaginaire, nous refusons le néant. Sans doute, cela est-il vrai de toute l’humanité. Mais pour nous, Portugais, ce refus est devenu le pli de notre âme. »
(« Mythologie de la saudade », traduit par Annie de Faria, Editions Chandeigne, 1997)
NUNO JUDICE
Les influences invisibles
Né en Algarve en 1949, le poète Nuno Júdice, a étudié la philologie romane à Lisbonne. Devenu professeur, il enseigne toujours la littérature portugaise à l’Université nouvelle de Lisbonne. Auteur de plusieurs recueils, traduits en français, italien et espagnol, il dirige également la revue Tabacaria, qu’il a fondée en 1996, avec le soutien de la Casa Fernando Pessoa. En introduction de son ouvrage Un chant dans l’épaisseur du temps, il rapporte les mots du poète António Ramos Rosa (1924-2013), qui affirme que tous les poètes contemporains ont lu Pessoa, mais qu’aucun d’eux n’a reçu la moindre influence de cet univers poétique. Moins catégorique que son confrère, Nuno Júdice pense, pour sa part, que : « l’influence de Pessoa se voit dans le fait que l’on ne la voit pas. » Sous influence ou sans influence, ce poème en forme d’hommage ?
« PESSOA
Là où tu es, sans être jamais revenu de nulle part, sans volonté de partir là où tu n’arriveras jamais, parce que là c’est déjà hier, je te rencontre. Tu me demandes de m’asseoir : et tous deux, à la table d’un des cafés de l’Éternité, nous écrivons des lettres que jamais personne ne recevra. Mais tu ris, sachant que Lui, l’inConnu, est en train de les lire, et probablement aussi de les écrire, à travers toi, pour un autre qui a ton visage et tes mains, et cependant ce n’est pas toi, et qui me regarde maintenant. Et tu me dis : c’est un fantôme ! Et tu ris davantage, dans ces limbes où commence à tomber un crépuscule qu’ailleurs on appellerait la Mort : mais que tu sais être plus que la mort et, en même temps, une vie à laquelle nul n’oserait aspirer.
Et tu fais silence, songeant à celle à qui tu as écrit des lettres que personne d’autre que toi n’a jamais lues, même pas elle que tu regardais, dans un bureau plein de soleil et de vent, rêvant à des bateaux et à des voiles, tandis qu’elle pensait à ce que tu sentirais pour elle, sans savoir que ce que tu sentais, elle seule pouvait le sentir, dans ce reflet d’un temps où elle serait l’ombre, à peine, de quelqu’un qui pourrait avoir été. (Et cette ombre soudaine trouble ton ombre que je regarde, et qui me hante.)
11 juin 1985 »
(« Un chant dans l’épaisseur du temps », traduit du portugais par Michel Chandeigne, Poésie/Gallimard, 1996)
Comment pouvez-vous l’affirmer puisque, selon votre propre aveu, vous n’avez pratiquement rien lu de Pessoa ?
Vous devriez faire un peu plus bref pour notre confort de lecture, Jazzi.
( On vous le demande car vous, on vous lit)…
On bien, mettez vos textes en lien, c’est plus court et on n’est pas obligé de les lire! 🙂
Il y a deux ans déjà, Françoise Hardi
En visitant la cathédrale de Lisbonne, on découvre un sarcophage d’une facture médiocre, néanmoins intéressant. Dans la manière bourguignonne, aux pieds du défunt est représenté un chien, or, ici, il y en a trois. Ces chiens dévorent un coq ; l’un des trois il s’est écarté sur la gauche pour en savourer la tête en toute tranquillité. On comprend immédiatement (enfin, moi, j’ai compris immédiatement) que le sculpteur a voulu faire de l’humour noir : les chiens se repaissent de quelque chose qui, sans être nommé explicitement, est le symbole du Portugal.
Ma soirée occupée par l’opéra, je ne sais plus pourquoi, mais je me souviens que cette soirée était la raison de mon voyage. Toutefois c’était encore l’après-midi et l’amie qui m’accompagnait, une cinéaste portugaise agréable de compagnie et plaisante à la vue, m’a proposé une visite au jardin botanique, l’un des plus intéressants et évocateurs que je n’ai jamais vu. Finalement, après ce bel ensemble d’arbres bien disposés le long d’une pente, et une pause goûter, nous arrivons au théâtre. À un moment mon amie a désigné avec l’index un bel immeuble bourgeois et a dit : « Pessoa est né dans cette maison », seulement, j’ai été frappé par la grande ressemblance du théâtre avec La Scala, et je n’ai prêté que peu d’attention à la maison natale de Pessoa.
degun (marseillais) je suis deguntranquille
dégun \de.ɡœ̃(ŋ)\ ou \de.ɡɛ̃(ŋ)\ masculin, singulier, invariable
(Provence) Personne ; nul individu.
Oh ! Mais y a dégun dans ce bled !
https://fr.wiktionary.org/wiki/d%C3%A9gun
Pessoa donne d’autres indices permettant de définir cette « saudade » comme nostalgie d’évènements non vécus.
du coup c’est à la fois de la nostalgie et du regret, pas dans le sens de regret u temps passé, mais regret de ne pas avoir vécu un évènement ou même une vie que l’on aurait pu vivre.
du coup c’est l’exact contraire des concepts d’amor fati ou d’éternel retour chez Nietzsche. d’ailleurs ces concpets sont foireux chez Nietzsche dans la mesure où c’est plus le boss du saudade que de l’amor fati.
exemple : le poème de Pessoa où il se souvient de voir tomber la neige à travers une fenêtre dans une maison dans laquelle il n’est jamais allé.
donc la mémoire s’invente toute seule une autre vie différente de celle que l’on a vécue, et la nostalgie d’évènements liées à cette vie inventée c’est ça le saudade.
c’est pour ça qu’on dit que ce mot vient du mot acédie ! parce que chez les moines l’acédie c’était ça : avoir la nostalgie d’une vie différente que celle qu’ils avaient à se faire chier dans un couvent de merde où ils gachaient leur vie !
Tu vois que tu peux être intéressant quand tu veux, puck !
Belle anecdote que celle du chien dévorant la tête d’un coq, renato !
c’est hyper spécial parce que la plupart du temps quand les gens s’imaginent une autre vie, par exemple une vie s’ils avaient gagné à la loto, c’est un truc qui fait du bien au cerveau.
comme quand jeannot lapin s’imagine une vie où la Russie perdrait sa guerre contre un occident impéraliste et tout puissant comme il l’a été durant 5 siècles c’est un truc qui lui fait du bien au cerveau en produisant des hormones genre sérotonine, mais c’est juste pas le vrai monde.
sauf que le saudade c’est pareil s’imaginer et avoir la nostalgie d’une autre vie que celle qu’on a vécue, plus heureuse, mais sans sérotonine !
du coup c’est la nostaligie d’un souvenir heureux qui fout les boules !
et le fait d’avoir les boules de pas l’avoir vécu, genre Pessoa quand il a les boules de n’être jamais allé dans cette maison d’où il voit tomber la neige, hé ben c’est ça la saudade !
et ça, je veux dire le fait d’avoir les boules de s’imaginer une vie plus heureuse alors que c’est un truc qui réconforte because la serotonine que ça produit hé bien ça y’a que les portugais qui l’ont !
je veux dire les portugais ils ont probablement un problème de sécrétion de sérotonine parce qu’ils sont toujours tristes.
je veux dire le Portugal c’est le seul pays où les mecs ils pluerent dans la rue quand leur équipe nationale vient de gagner la coupe d’Europe !
ert les mecs ils pleurent pas de joie ils pluerent de tristesse !
parce qu’un portugais ignore totalement ce que c’est la joie et le fait d’être joyeux !
à cause de ce putain de problème de sérotonine le portugais fait toujours la tronche même quand on fête son anniversaire !
autant les suisses et les belges sont tous et toujours des ravis de la crèche autant un portugais n’est jamais ravi de rien du tout !
pour inventer un truc comme le fado faut déjà être à un niveau de déprime hyper bas.
je veux dire t’écoutes un concert de fado, tu sors de là le seul truc que tu veux c’est te flinguer.
« Tu vois que tu peux être intéressant quand tu veux, puck ! »
oui je sais : mais comme tu l’auras remarqué je ne suis pas comme toi un moine copiste qui recopie des tonnes d’extraits que probablement tu n’as pas compris si tu les as lus.
du coup s’il fallait rapprocher un auteur de Pessoa c’est Cioran ! et certainement pas Musil !
Pessoa c’est du Cioran sans l’humour.
parce que la manque d’humour c’est la 2è caractéristique du portugais.
l’humour permet de distinguer le belge et le suisse : le suisse n’a pas d’humour, je pense même pas qu’un suisse connaisse la signification mot « humour ».
parce que comme les belges et les suisses c’est des ravis de la crèche le suel moyen de faire la différence c’est quand un des deux dit un truc drôle et que l’autre n’a pas compris : là on peut dire celui-là c’est le belge et l’autre c’est le suisse.
Comment fait-on pour recopier des extraits sans les lire, puck ?
Entre les extraits, les commentaires sont pensés, réfléchis, médités, digérés et retranscrits par… bibi !
il y a un autre truc qui permet de différencier le belge et le suisse c’est l’hypocrisie.
le suisse est de toutes les nationalités de la planète celui qui est le plus faux cul.
alors que le belge est naïf et brut de décoffrage, c’est souvent ce qui le rend drôle.
Beaucoup de tendresse et d’humour chez Pessoa, puck.
Mais c’est si fin que tu ne le vois pas.
Rien à voir avec Cioran !
L’humour est si profondément ancré chez Pessoa qu’il en devient posthume, puck.
Passou écrit, non sans humour : « Une règle d’or : ne jamais se laisser influencer par l’épaisseur d’une biographie, qu’elle vous décourage ou qu’elle vous impressionne par son poids. Une telle mise en garde est indispensable en s’emparant (des deux mains sinon c’est une foulure du poignet assurée) de Pessoa. L’œuvre-vie (Pessoa. A Biography, traduit de l’anglais par Nicolas Richard, 1280 pages, 39,90 euros, éditions du Seuil) de l’américain Richard Zenith qui semble avoir voué sa vie à cette œuvre. »
Et Pessoa lui répond de l’au-delà : « Si, après ma mort, vous voulez écrire ma biographie, Rien de plus simple. Elle n’a que deux dates – celle de ma venue au monde et celle de ma mort. Entre une chose et l’autre tous les jours sont à moi »
Mort de rire, hi hi hi !!!.
pour les prochaines élections présidentielles les anglais, les allemands et les français (la coalition des neuneus) vont nous faire un coup à la roumaine.
limite l’annulation des élections en Roumanie en disant célérusses c’était juste un coup d’essai.
et là ils vont nous refaire exactement pareil !
et ça va être trop drôle comme situation !
ça va probablement provoquer des révoltes populaires.
du coup là ils sont en train de se demander s’ils nous la jouent à la roumaine ou alors si c’est pas mieux de déclencher une guerre contre la Russie avant ?
comme tous les jeannot lapin anglais, allemands et français sont gonflés à bloc comme en 14 le coup de la guerre contre la Russie ça peut permettre de remettre les pendules à zéro et ensuite de reconstruire les pays européens comme en 45.
parce qu’ils sont tellement tarés qu’ils s’imaginent qu’une guerre contre la Russie permettra de retrouver la situation de 1945 et les 30 glorieuses, et qui sait permettra à l’Europe de retrouver son ancienne suprématie mondiale ?
« Si, après ma mort, vous voulez écrire ma biographie, Rien de plus simple. Elle n’a que deux dates – celle de ma venue au monde et celle de ma mort. Entre une chose et l’autre tous les jours sont à moi »
tu trouves ça drôle ? sérieux ? c’est ça l’humour portugais ?
tu peux nous trouver un autre truc drôle de Pessoa, ou d’un autre portugais genre l’humour portugais ?
Plus à ton niveau, peut-être, puck ?
https://www.tiktok.com/@ro.et.cut3/video/7359238216886537505
Il existe un projet de l’écrivain John Koenig visant à décrire des émotions que le langage courant ne peut nommer ; le sentiment de nostalgie pour une époque que l’on n’a pas pu vivre directement s’appelle dans ce projet « anémoïa ».
Le terme fait partie des propositions de mots du Collins dès le 25 février 2021, et est actuellement surveillé afin de déceler toute trace d’utilisation.
Définition du Collins :
“Nostalgia for a time you’ve never known
Additional Information
Not quite sure where the word originates from, « Having a feeling of anemoia » would be an example sentence.”
jazzman !!!!!!!!
cette semaine l’UE a pris la décision de renvoyer en Ukraine tous les ukrainiens réfugiés en Europe âgés de 23 à 60 ans pour les envoyer au front.
quand on sait que l’enrôlement forcé provoque une manifestation par semaine à Kiev.
quand on sait que tous les gardes frontières ukrainiens ont acheté une baraque en Espagne (ils aiment bien Marbella) avec l’argent des types qui fuient l’Ukraine.
et SURTOUT quand on sait que l’objection de conscience au service militaire, fondée sur le droit à liberté de pensée et de conscience et de religion, est maintenant inscrite et reconnue dans la déclaration des droits de l’homme et aussi dans le pacte international relatif au droit civil et politique…
hé ben ça te donne une idée de ce qu’est devenue aujourd’hui l’Europe !
Anemoia, son autobio fut intéressante, prémonitoire peut-être.
https://www.appl-lachaise.net/signoret-simone-kaminker-dite-1921-1985/#:~:text=%C2%AB%20Simone%20Signoret%20est%20morte%20des,a%20toujours%20le%20dernier%20r%C3%B4le.
Il me semble vain de vouloir écrire la biographie de Pessoa.
Et encore moins de la comparer à un autre écrivain.
Pourquoi pas un Kafka, sans la dimension tragique, tant que nous y sommes !
Pessoa est unique et ne ressemble à personne, sinon à tout le monde.
Spectateur privilégié d’un lieu et d’une époque, devenu universel par le jeu de nos projections individuelles.
What else ?
Pessoa serait-il le précurseur de l’intelligence artificielle ?
je connais l’expression « parler comme un livre »il est peutetre temps de la reconsidérer aujourd’hui, avec divers manuels et dicos à portée pour la saisir dans ses nuances
comment vont faire Starmer, Merz et Macron pour repousser les élections ?
facile : ils vont faire comme en Ukraine.
en Ukraine 80% des des ukrainiens réclament de nouvelles élections.
mais comme il y a la menace russe les élections ne sont pas possibles (et si elles devaient avoir lieu Starmer, Merz et Macron ont déjà trouvé le prochain qui sera élu dans des élections à la roumaine).
du coup Macron, Starmer et Marz qui, comme le président ukrainien, ne veulent pas partir, vont faire pareil à savoir :
la menace russe rend impossible l’organisation d’élection….
et hop ! comme ça nos oligarques et la baronne de Rothschild garderont son pion.
elle est pas belle la vie démocratique ?
(deepl)
*desassossego = agitation
humeur de la météo marine portugaise :> « mer belle à peu agitée »,
« Pessoa serait-il le précurseur de l’intelligence artificielle ? »
le choix d’envoyer les 2 missiles Tomawak sur l’école primaire iranienne tuant 170 enfants a été prise non pas par un militaire, mais par Claude !
Claude l’IA d’Anthropic…
ils ont posé la question au patron d’Anthropic pour savoir si ça le dérangeait pas de savoir que son IA venait d’assassiner 170 enfants ?
il a répondu que cette erreur allait générer des modifications sur ce qu’il appelle les « lignes rouges ».
mais le mec il est resté froid comme un robot.
le mac il vient d’assassiner 170 enfants et pas la moindre petite émotion ou le moindre petit mot d’excuse.
cette absence d’émotion est ce qui caractérise les tueurs d’enfants en série.
dommage que la journaliste ne lui a pas demandé s’il ne regrettait de ne pas avoir la possibilité de les violer avant de les assassiner…
encore une preuve de nihilisme…
vous trouvez ce genre d’info dans les journaux français que vous lisez ?
sur cette interview du patron d’Anthropic avec son IA qui a tué ces enfants ?
en principe nos médias ils en parlent quand un enfant est assassiné ?
parce que là il y en a plus qu’1 ! et c’est une IA qui les a tués.
je veux dire c’est le genre de truc qu’il faut savoir !
du coup je me dis si vous êtes même pas au courant putain c’est grave.
Francis Bacon, 1929 vers
https://www.mbartfoundation.com/wp-content/uploads/2022/09/collection-paintings-2022.jpg
Comme D. et comme Pessoa, l’IA n’a pas de vie sexuelle, puck !
Jazzi dit: 20 juin 2026 à 10h32
EDUARDO LOURENÇO
L’invention de la saudade
«Deitámo nos ao mar por não saber o que fazer em terra».
(Eduardo Lourenço; « Do colonialismo como nosso impensado »; Lisboa, Ed. Gradiva, 348 pages (2014). Pour une analyse de cet ouvrage, consulter: Catarina Laranjeiro (Centro de Estudos Sociais da Universidade de Coimbra, Portugal) Revista Crítica de Ciências Sociais 106|2015 http://rccs.revues.org/5953
La vie sexuelle, ça n’existe pas, Jazzi. Comme les passions, c’est une suggestion du Démon pour faire commettre à l’homme les péchés les plus graves et entraîner son âme vers l’Enfer. La « vie sexuelle », ça n’existe que chez les bêtes.
Notre sexe ne nous a été donné que pour procréer, optionnellement, saintement.
J’aime beaucoup le dernier paragraphe de votre billet, Pierre Assouline. Vous avez bien compris Pessoa et vous en parlez bien.
J’aime lire Pessoa et songer à sa vie multiple autant qu’imaginaire. Il habite une brume intérieure… Un mirage…
Les deux photos en haut du billet donnent du réel à l’irréel.
Pas forcément l’ode maritime mais il y a des passerelles entre le livre de l’intranquilité et la poésie de Pessoa.Je préfère néanmoins le premier. »l’ode à la Lusitanie » de Camoens.Je me souviens des réflexions de De Gaulle à la libération comparant la situation de la France à celle du Portugal : passé glorieux, avenir certain.On sait que grâce aux efforts du General, la France a évité le statut de protectorat.
« Comme D. et comme Pessoa, l’IA n’a pas de vie sexuelle, puck ! »
ouai et comme toi et Macron elle n’a pas d’enfant !
je te dis qu’une IA vient de tuer 170 enfants dans leur école primaire, que le patron de cette IA ne s’en excuse pas et qu’il dit juste qu’ils vont revoir les lignes rouges et toi ça te fait marrer ?
je te parle d’une IA qui vient d’assassiner 170 gamins et ça te fait marrer jazzman !
en fait c’est ça le nihilisme !
Les extraterrestres beaucoup plus avancés que nous, ceux qui ont d’énormes têtes, n’ont plus de sexe depuis des dizaines de millers d’années, seulement un reliquat, exactement comme nos poils de pubis qui sont un reliquat de notre fourrure simiesque d’il y a très longtemps.
la littérature auto centrée qu’on subit depuis 30 ans a un lien avec le manque d’empathie qui génère ce nihilisme.
les écrivains portent une part importante de responsabilité dans ce qui est en train de nous arriver.
ce sera extrêmement facile pour Macron d’annuler les élections et de rester au pouvoir.
il dira qu’il le fait pour protéger la France des menaces extérieures et vu l’état de délabrement intellectuel en France les gens accepteront sans broncher cette excuse.
@De Gaulle à la libération comparant la situation de la France à celle du Portugal : passé glorieux, avenir certain
Mon colon ! Dans un cas comme dans l’autre, on a eu les généraux de brigade qu’on pouvait
Ces extraterrestres-là sur la photo.
Ceux-ci existent bel et bien comme d’autres mais ne sont pas hostiles.
www http://s.france24.com/media/display/559ffcaa-157c-11e9-9e80-005056bff430/w:1280/p:1×1/ovni-m.jpg
Eh bien ils n’ont pratiquement plus de sexe et se reproduisent par génie génétique.
pour le moment Macron n’a pas fixé la date des prochaines élections, ce qui est déjà une nouveauté.
au mois d’avril de l’année prochaine il ne l’aura toujours pas.
et nous assisterons à la scène suivante :
Macron viendra parler au français.
toutes les chaines de télé diffuseront son message.
il mettre son costume noir et sa cravate noir.
et là il dira qu’une menace existentielle pèse sur notre pays et que vu l’importance de cette menace il se voit dans l’obligation d’annuler les élections présidentielles.
pour l’Allemagne la justice va s’occuper de régler le problème : si l’afd l’emporte la justice annulera le résultat et ils referont des élections en excluant l’afd.
pour l’Angleterre ce sera la même chose.
voilà l’avenir de l’Europe.
heureusement tous nos grands penseurs du 20è siècles sont morts et ils n’assisterons pas à ce carnage démocratique européen.
Heureusement qu’on a eu celui là
Puisqu’il est question d’élections je viens d’apprendre qu’en année électorale, les ventes de livres diminuent
déjà pour le 14 juillet on va avoir un premier aperçu de l’avenir de la France.
l’hymne national sera remplacé par l’hymne européen.
et Ursula présidera la cérémonie aux côté de notre président.
faire disparaître la France au profit de l’UE c’était déjà l’objectif en 2017 : le 14 juillet 2026 sera l’aboutissement de ce projet.
là encore tout le monde acceptera sans broncher la capitulation et l’effacement de notre pays !
et ceux qui oseront dire que la menace pour la France ce n’est certainement pas la Russie mais c’est l’UE seront traités pro russes et seront rangés du côtyé des ennemis de la Nation
dans ce monde orwellien où le langage est inversé on comprendra que l’accusation d’ennemi de la Nation signifiera qu’ils ont commis le crime d’avoir voulu la protéger.
« je te parle d’une IA qui vient d’assassiner 170 gamins et ça te fait marrer jazzman ! »
Non.
Mais je répondais à ton souhait de la part des coupables de pouvoir violer les enfants avant de les assassiner, puck.
Tu perds la mémoire ou tu ne sais plus ce que tu racontes ?
@Heureusement qu’on a eu celui là
Et quelques résitants « de l’intérieur » avant la libération
Traduction d’une biographie de 1280 pages vendue 40 euros, sachant qu’au dessus de 30 euros le public renacle à l’achat, il faut être fou pour être éditeur 🙂
@Et quelques résitants « de l’intérieur » avant la libération
A propos : « Le 23 juin 2026, 82 ans après son exécution sommaire par les Allemands, aura lieu la cérémonie d’entrée au Panthéon de Marc Bloch, historien de réputation internationale, cofondateur de la revue des Annales et résistant engagé pour les valeurs républicaines et patriotiques. Le Président de la République a annoncé la panthéonisation de Marc Bloch « pour son œuvre, son enseignement et son courage » lors du 80e anniversaire de la libération de Strasbourg le 24 novembre 2024.
juin 2026 »
https://eduscol.education.gouv.fr/6971/marc-bloch-entre-au-pantheon
Il me semble vain (sc) de vouloir lire cette biographie de Pessoa quand on n’a jamais lu ses écrits, et surtout, quand on les a lus. C’est un point de vue. La question est de savoir pkoi PA a-t-il fait de la pub à celle-ci ? Qu’est-ce qui a déclenché et déterminé chez lui ce projet, hormis un réflexe professionnel de journaliste artisanal jusqu’à présent intranquillisé par une AI concurrentielle ? On ne le sait pas. Mais surtout, pourquoi ce papier affecte-t-il (en + ou en -) certains internautes, et en indiffèrent d’autres ?
—
*NPC, chez Pessoa, vie sexuelle et instinct sexuel, même si les deux, en tant qu’être humain, lui ont « appartenu » sans qu’il s’y particulièrement étendu, comme chez Kafka ou Cioran. Voilà, semble-t-il, d’où provient une certaine déception générale chez nos contemporains : l’absence de détails autobiographiques un brin salés et croustillants sur ce SUJET-là. Au bout de 1200 pages, on ne sait un peu plus, d’où venait ton argent notamment qui, entre nous, t’a permis de vivre ton mal-être existentiel très confortablement. Une écorchure rouge dans la statue lusophone sépia…, il était temps !?
Je crois le président M. toujours respectueux des calendriers électoraux de la 5e R » est assez fin pour estimer que l’an prochain, les Français sauront faire le bon choix d’écarter les fascistes du pays, au profit des européiste centristes qui n’auront plus d’autre choix que de tenir ensemble avec une bombe atomique à partager, la dragée haute à la russie, l’usa-israël, la chine et les arabistes.
Pendant ce temps, d’après ce que m’a dit la concierge portugaise, les iraniens auraient refermé le détroit d’Ormuz à cause que trump n’aurait pas réussi à empêcher israel de guerroyer au sud liban…
Je me demande si elle a bien compris quelque chose au film et à Pessoa. Bref.
Complément : 40 euros ça ne couvre pas les frais de traduction, relecture, fabrication…
16.55 – Il faut savoir que les Rois thaumaturges (1924) constitue l’œuvre princeps de Marc Bloch et son empreinte indélébile dans le champ du renouvellement de nos connaissances historiques. Je rappelle à JL et aux autres haltères que l’objet de cette enquête (sous titrée Etude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en France et en Angleterre), traitait des pouvoirs miraculeux prêtés aux rois de France et d’Angleterre, dont le plus célèbre pouvoir était le fameux ‘toucher des écrouelles’. Cet ouvrage fut un précurseur car son approche audacieuse relevait à la fois de l’anthropologie historique, de l’histoire des mentalités et de l’histoire comparée. Ce faisant il annonçait ainsi la future révolution historiographique qu’allait accomplir l’Ecole des Annales. Carlo Ginsburg, lui-même, père à son tour de la filière dite de la « micro-histoire » tenait Marc Bloch en très haute estime. De la même façon, notre actuel historien le plus glorieux du moment, Patrick Boucheron.
La Panthéonisation de cet homme remarquable est un acte qui devrait en principe faire l’objet d’un consensus d’adhésion en France en général et à la RDL reconnoissante en particulier.
Oui c’est la statue floutée de Roswell, découverte en 1947 et retracée récemment par Steven Spielberg dans son nouveau remake d’ET. La bestiole tératogène est enfin montrée au monde et leur dit : « suivez-moi ». Boualem Sansal lui avait déjà montré la marche à suivre. Tous ces télescopages ne sont certainement pas le fruit du hasard.
(Françoise HardY).
Soleil vert, 16h16
Il y a un autre recueil de poèmes de Fernando Pessoa. « Le gardeur de Troupeau de… Alberto Cairo. Poèmes traduits par Armand Guibert pour Poesie/Gallimard.
« Jamais je n’ai gardé de troupeaux,
mais c’est tout comme si j’en gardais.
Mon âme est semblable à un pasteur,
elle connaît le vent et le soleil
Et elle va la main dans la main avec les Saisons,
suivant sa route et l’œil ouvert.
Toute la paix d’une Nature dépeuplée
auprès de moi vient s’asseoir.(…)
D’un simple bruit de sonnailles
par-delà Le tournant du chemin
mes pensées tirent contentement.(…) »
« Holà, gardeur de Troupeau,
sur le bas-côté de la route
que te dit le vent qui passe ? »
« Qu’il est le vent, et qu’il passe,
et qu’il est déjà passé
et qu’il passera encore.
Et à toi, que te dit-il ? »
« Il me dit bien davantage.
De mainte autre chose il me parle,
de souvenirs et de regrets.
et de choses qui jamais ne furent. »
« Mon regard aussi bleu que le ciel
est aussi calme que l’eau au soleil.
Il est ainsi, et bleu et calme,
parce qu’il n’interroge ni ne s’effraie. (…) »
Törless, 25 ans? Allons donc…
@@Heureusement qu’on a eu celui là
Et quelques résitants « de l’intérieur » avant la libération
Et une quatrième République pour reconstruire la France, de la libération à 1958
Léon XIV : « On a tendance à croire que lorsque l’Église parle de morale, la seule question morale abordée est celle de la moralité sexuelle. Or, je crois qu’en réalité, il existe des enjeux bien plus vastes et importants, tels que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes et la liberté religieuse, qui devraient primer sur cette question particulière. »
En d’autres termes, Léon XIV affirme que l’enseignement de l’Église catholique sur l’éthique sexuelle doit être relégué au second plan par rapport à des « questions plus importantes et plus vastes ».
renato, il est curieux que, conjugué au futur et au conditionnel, le verbe courir prenne deux r. Sauriez-vous pourquoi ?
Capté en passant ; la théorie des cordes revisitée
Demain c’est (encore !) la « fête de la musique ». Quelle plaie.
Je ne sais pas ce que devient Lang.
Tu sais, poi, tuck ?
Statue floutée de Roswell mon cil, oui.
@ D – Découvrez en prime time, comme tous les mélomanes avertis, un inédit de Mozart récemment découvert, authentifié et décrypté à la BH de Paris (2024). Il sera joué en 1ère mondiale sur la chaine du service public de France Musique, demain à 15 heures pile (orchestre de radio France).
A défaut d’aller se faire tuer dans les rues, ça peut valoir le coup de rester chez soi pour l’écouter à l’abri, confortablement installé en bermuda et charentaises ou sous sa douche.
Je dis ça je dis rin, il faudrait au moins que cette info soit confirmée par les érudits de l’RDL. Bàv,
Le manuscrit de Mozart serait lié au séjour à Paris en 1778. Il comprendrait sept pièces pour flûte et harpe, ainsi que quelques exercices de composition.
https://moto-perpetuo.com/mozart-manuscript-discovery-bnf-paris/
Lu une assez grande partie du début du livre de M. Zenith sur un site marchand bien connu. D’abord, le prologue qui propose une synthèse du personnage de Pessoa est tellement réussi qu’il ressemble à une nouvelle de Borgès. Le style est d’un écrivain de premier ordre, semble-t-il scrupuleusement respecté par les traducteurs à tel point qu’on croit entendre sous le français, comme un fleuve souterrain, la magnifique musique de la langue portugaise. J’en termine avec ma pile, je lis Boualem et je me plonge dans cette lecture. Le hauteur de vue de M. Zenith, la personne de Pessoa, font que l’intérêt de ce livre semble dépasser infiniment le périmètre de la biographie d’un individu. Je n’ai peut-être pas connu un tel intérêt pour une lecture contemporaine depuis mes découvertes de Gao Xangjian et de Vassily Golovanov, ce qui n’est pas peu dire. Adopté!
« Je me laisse aller », comme le dirait un écrivain que je vous laisserai retrouver, à relire La liaison Musset-Sand (troisième ou quatrième lecture) d’Henri Guillemin. Quelle lecture, tout à la fois érudite, exigeante et pas très éloignée de provoquer la possibilité d’un examen de conscience! La mère Sand en prend pour son grade.
> Christiane : j’ai possédé un temps les deux volumes de sa poésie en pléiade
Pourquoi 2, je confonds avec borges
Soleil vert, vous ne cessez de m’étonner. C’était une sacrée aventure L’Odyssée mais je n’avais pas envie de continuer après Polyphème. Une acmée était atteinte. J’ai lu un peu l’histoire bizarre qui suivait. Ça ne m’a pas emballée. Alors j’ai commencé la bio de George Sand. Et soudain ça a bougé ici. Un écrivain-être, plus être qu’écrivain. Je ne sais pas comment Pessoa a fait pour vivre. C’était vraiment tout embrouillé dans sa tête sauf pour les mots. Le reste n’est pas terrible mais les mots… Ce qu’il a écrit, personne ne l’avait écrit comme ça. Je le lis depuis longtemps.
Cavafy je ne connais que la traduction de Yourcenar, fortement remise en cause aujourd’hui. Pour Pessoa, bien aimé écouter Richard Zenith parler avec Marie Richeux (j’ai mis le lien plus haut). Sa voix m’a étonnée, une toute petite voix, modeste, avec bien sûr un accent américain. Passer toutes ces années à essayer de comprendre un homme depuis sa naissance jusqu’à sa mort et peut-être passer à côté, peut-être pas. Mais pourquoi vouloir dire plus que lui-même a dit de sa vie. Il la trouvait vide, incernable, volatile. Seule l’écriture lui était possible et il acceptait de mourir sans qu’elle soit connue. Je trouve cela insensé et très juste. Pourquoi accepter d’être élucidé si on n’en a pas envie ?
J’aime bien quand vous venez ici. On vous dirait perdu dans une grande forêt. Comme Sergio… Bon, voilà, c’est tout.
Le ventilo donne de l’air à la nuit qui est chaude. Je l’ai tourné vers la fenêtre. Ça me plaît. Bonne nuit.
Soleil vert, vous le confondez avec Borges? Autre aventure littéraire et humaine. Les deux ont dû vous faire rêver. Ça arrive parfois…
@ CH (en provenance de Dieppe et de l’AF). SVP, une acmé…
ACMÉ nom féminin – Étymologie : xviiie siècle, au sens 2 ; xxe siècle, au sens 1. Emprunté du grec akmê, proprement « partie aiguë, pointe », d’où « point culminant, vigueur ».
1. Litt. Point de plus haut développement atteint par un art, un style, une doctrine, une pensée, etc. C’est sous les Tang que la poésie chinoise connut son acmé, son apogée.
2. Marque de domaine :médecine. Point culminant d’un phénomène et, en particulier (vieilli), d’un état pathologique.
—BNàv et @ SV.
christiane
j’ai fait pareil avec guillaume apollinaire en lisant les onze mille verges. La partie sordide concernant les enfants, les bébés, je n’ai pas pu.
Des années plus tard, j’ai questionné ma toubib, parce que formellement, je ne comprenais pas comment on violait les bébés.
Maintenant, je le sais, mais j’ai refusé de le lire.
Moi, à Buenos Aires, j’ai vu l’immense kakamono concernant Borges. En huit jours, je n’ai pas vu l’entrée de la bibliothèque. Mais nous sommes deux, un homme et moi, à qui à l’ambassade de France on a rendu nos passeports qui nous avaient été volés la veille. Dedans, j’avais mon ticket de bus pour aller à Villa Clara.
J’ai pensé que c’était pour cela que les voyous m’avaient rendu mon passeport.
dans Belle du Seigneur de Albert Cohen, y a eu aussi une acmé.
moi j’ai lu la montée et j’ai refermé le livre.
un kakémono
je vais l’écrire, mais plutôt non. Tu lis un billet génialissime, puis le livre est horrible. C’est un viol.
Violer quelqu’un, c’est l’emmener quelqu’un dans un domaine sans ton consentement. Comme le lien obscène mis en ligne il y a qq.temps par renato.
Je suis quand même passablement surprise que certaine partie de la population ne sache pas la violence extrême liée au sexe.
Notre société en est imprégnée et les premiers touchés sont les femmes et les enfants.
voilà.
en lisant paul, hier soir, je n’ai pas pleuré. Mais l’enfance c’est fini.
Ce matin, je me suis réveillée aussi sans pleurer.
Aujourd’hui, 21 juin, c’est l’anniversaire d’Emma. Elle est née en 1934.
J’ai réservé deux places dans un très bon restaurant près du Vieux Port.
Sa fille aînée, hier, l’a sortie de son ehpad pour l’emmener au restaurant.
Ma mère, c’est sa nature même, est imprégnée par la bonté et par la gentillesse.
Elle est adorable et c’est pour cela que tout le monde l’aime.
Je ne lui amène pas son cadeau d’anniversaire aujourd’hui, mais je lui emmène sa collection.
Elle a dit « les coquillages sont à moi.»
Les cadeaux d’anniversaire, elle les aura dans huit jours.
Solstice d’été.
Bon dimanche à vous, aux mécréants très particulièrement.
Pour en revebir à Pessoa, les photos d’illustration choisies par le maitre des lieux témoignent d’une démarche de marionnette dont on devine les robustes ficelles, épuisées par l’ecrivain ….
Bon dimanche, chers mécréants !
Une acmé. Oui, JJJ. C’en était une. Poignante, grandiose. Cette réécriture DE L’Odyssée par Laurent Mantese offre des visions extraordinaires. Ainsi ce pauvre cyclope à la recherche d’un ami, qui tue comme on écrase un moustique…
Oui, Rose, c’est exactement cela. Ne pas pouvoir car l’imagination combat avec le cœur.
Ils viennent ici laver leur linge sale, mais ils ont l’audace de prétendre que l’obscénité vient des autres.
Bien qu’en français, « acme » (ἀκμ ή) soit à la fois féminin et masculin, je ne pense pas que l’on puisse employer le déterminant « un », car il s’agit du point culminant de quelque chose, donc en employant le déterminant « un » il est sous-entendu que le chose comporte plusieurs points culminants. L’entrée que lui est dédiée par le TLFi ne contient aucun exemple avec le déterminant « un ».
En lisant l’article en entier, je suis tombé sur une charmante monstruosité : « l’acme absolue »… comme si un point culminant relatif était possible.
« à la fois féminin et masculin », contrairement au grec et à l’italien — n’oublions pas qu’en grec, acme signifie pointe.
« voilà.
en lisant paul, hier soir, je n’ai pas pleuré. Mais l’enfance c’est fini.
Ce matin, je me suis réveillée aussi sans pleurer. »
ça fatiguerait Rose de nous en dire plus. Mais j’ai le blog de Paul Edel en favori et je me suis précipité pour lire son dernier bijou. Une merveille de récit auto ou pseudo auto biographique. Ce frère, raté magnifique est une personnage d’anthologie.
Merci, Renato.
« pointe »… Sidérant ce qui se cache dans l’épaisseur du temps. Vous entraînez les autres sur la piste des découvertes là où JJJ, sans surprise, joue les censeurs. Il etricit. Vous fleurisse.
Il étrécit
6.19 je n’ai pas bien compris vos explications matinales, RM. Ce n’est pas grave… il se trouve (@ pmp et RPTV) que j’ai eu de l’acné à l’acmé de mon adolescence… Tu m’aurais vu les boutons, hein !.
*** Je ne pense pas que RM ait mis les pires horreurs qui soient sur la RDL, genre sur Mme Pélicot. D’autres ont assumé leurs propos, sans avoir besoin de s’excuser par le biais d’un lien. PE n’est jamais revenu à la RDL, depuis février. Et j’admire son courage.
*** Les « viols de nourrissons » ont dû m’échapper chez Apollinaire, mais je n’irais pas re-vérifier. C’étati il y a bien longtemps, et on n’en parlait pas… Donc, m’étais-je dit, sans doute un fantasme de poète provocateur… Que j’avais oublié.
En revanche, pas de souvenirs de ces horreurs chez Sade. Etonnant qu’Onfray se soit uniquement focalisé sur le 2e, dans son vertueux et outragé réquisitoire.
*** Presqu’achevé La Légende… Des choses encore à prendre sur le senti de la prison par un écrivain qui n’aurait jamais pensé devoir y atterrir un an durant, en tant qu’otage du pouvoir algérien… Il fait état du risque d’une habitude d’imprégnation à la « culture carcérale » qu’il dénomme « mythridatisation », vis à vis de laquelle il a réussi à résister grâce au soutien de ses codétenus à sa Légende. En crimino et sc. pénitentiaire, on évoque plutôt un processus de « prisonniérisation » ‘ou prisonnisation » (par une adaptation de l’anglais « prizonisation »), autrement dit, -depuis une définition stablisée-… « le processus par lequel les personnes incarcérées adoptent la culture, les normes et les valeurs du milieu carcéral. Ce processus débute souvent dès l’arrivée des nouveaux détenus dans le système pénitentiaire et conduit progressivement à l’adoption des modes de vie et des comportements en vigueur parmi les détenus. Confrontés aux difficultés de la vie carcérale, ces individus peuvent développer un code informel qui reflète la dynamique sociale propre à la société carcérale. Au fil du temps, de nombreux détenus, initialement attachés à quelques valeurs criminelles, peuvent subir une socialisation importante qui les amène à accepter plus largement ces valeurs. La prisonisation englobe tous les changements qui surviennent durant l’incarcération, qu’il s’agisse de l’adoption de valeurs subculturelles, de la résistance à ces valeurs ou de changements sans lien avec la sous-culture carcérale » ‘in
« https://legal-resources.uslegalforms.com/p/prisonization#:~:text=Definition%20%26%20meaning,values%20of%20the%20prison%20environment.
Bàv,
Pour le plaisir, Christiane
https://lebouquinfrancais.fr/product_images/litterature-antiquite/586479.webp
Nous en avons déjà parlé ici, mais il n’est pas inutile de s’en souvenir.
Merci, Renato. Je note.
@ 6.52, toujours aussi aimable, chère amie.
Dont acte : je m’étrécie***, il élargit et fleurit le vocabulaire.
Il s’est élargi de sa prison de Rebbibia, apparemment, parcourant librement les mêmes infos sur la toile. Il en dit juste autre chose, ce qui pâme « notre » virevoltante Ch… C’est la vie qu’il « pointe » en son acmé.
… Boualem, lui, a été « élargi » grâce au soutien invisible de son épouse et à la résistance extérieure internationale à Tebboune, d’après ce que j’ai cru comprendre.
Dommage qu’on ne puisse pas lire cet émouvant témoignage en Seine Saint-Denis. Mais est-ce vraiment le cas ?
Bàv,
*** ma grand mère maternelle, en son magnifique patois charentais, demandait à la mercière, en lui achetant du tissu pour faire un drap : « ça s’étroicit-i au lavage ?). Etroicir… Un tissu qui devient plus étroit, elle demandait s’il (se) raccourcissait. Elle n’en eut point acheté si ç’eut été le cas. Faut dire qu’elle n’avait pas relu les aventures de Françoise, chez Marcel Proust.
Comme tous ceux qui en sont revenus, Paul Edel ne parle jamais de sa guerre d’Algérie.
C’est pourtant sur ce genre de sujets que l’on attent l’écrivain.
Un sujet trop grave et complexe pour le laisser aux seuls historiens !
De l’art et de la manière de laver son linge sale en RDL.
Christiane n’étroicit ni ne raccourcit au lavage, tandis que renato, lui, s’élargit et se rallonge au nettoyage, JJJ !
La commune de Neuilly sur Seine interdit l’accès à sa piscine municipale aux non résidents sur la commube. Piscine donc construite et fonctionnelle grâce aux impôts locaux payés par ses habitants.
Personnellement je ne vois pas où est le problème. Et ce sont ceux qui ne payent pas ou quasimment pas d’impôts, plus tous les assistés, qui se plaignent, comme d’habitude.
Jazzi, n’oublie pas en promenade de faire très fréquemment boire Vita, de faire des promenades courtes, au rythme ralenti, à l’ombre et avec beaucoup de pauses. Le chat est un animal génétiquement plutôt bien adapté à la chaleur mais pour le chien c’est le contraire.
Joli, Jazzi !
« Une chanteuse iranienne condamnée à 74 coups de fouet pour avoir chanté sans voile sur YouTube »
https://www.leparisien.fr/international/iran/une-chanteuse-iranienne-condamnee-a-74-coups-de-fouet-pour-avoir-chante-sans-voile-sur-youtube-20-06-2026-DKMQI3NJJVF7TMZI2BSVKKSGYY.php
Mais pourquoi 74 ?
Oui, JJJ, je renvoie les balles. Ping pong avec Vous, Entre deux…
Aujourd’hui à la messe, sont permis les bermudas et shorts décents ainsi que les bras nus (veste déposée). Ne sont pas souhaitables les têtes de manches absentes, une retombée minimale sur le haur du bras est décente. Le dos ne doit en aucun cas être visible, ni le ventre.
Il est désolant, il est vrai, d’avoir à rappeler cela.
Je ne sais pas lequel des deux est le plus à plaindre à vos yeux, mais vos aimables rebonds décalés et pleins d’humour subtil sont très souvent un plaisir de lecture, jzmn (7.49).
Bàv.
Pour les femmes, le genou visible est en toutes circonstances admis dans les églises, et depuis fort longtemps (fin des annees 60). Sauf chez les traditionnalistes.
Il est probable que la saturation des services d’urgences débute aujourd’hui, particulièrement dans les grandes agglomérations, dont Paris, pour ensuite monter linéairement, voire anec une légère exponentialité.
Seront touchés en premier les gens mal logés àgés de plus de 50 ans, ayant une mobilité altérée et/ou présentant déjà des pathologies. A partir de demain s’y ajouteront des travailleurs, qui seront touchés par des coups de chaleur mortels voire des morts subites immédiates.
Nous sommes passés en alerte rouge, D.
Chedly, Vita et moi tentons de survivre tant bien que mal à ce nouvel et long épisode caniculaire.
S’il n’y avait pas déjà eu la vague de chaleur précédente, Edgar Morin serait probablement encore en vie et aurait soufflé sa 105e bougie.
On a encore de la marge et je suis passé du bermuda au… short !
Attention à l’insolation sur le court de Roland Garros.
Qu’est-ce qu’un « assisté » au juste : un corniaud qui ayant soif, va batifoler et s’ébrouer à poil gratos dans n’importe quelle eau en se mélangeant parfois avec les autres chiwawas en maillots de bain de leur mémère ?
@ les gens mal logés àgés de plus de 50 ans, ayant une mobilité altérée et/ou présentant déjà des pathologies
Encore des assistés qui n’auront droit à aucune piscine. Les « tradis » endimanchés de Chawille n’en seront pas plus scandalisés, ce sont de très bons chrétiens exemplaires. Chacun a sa place et sa chaise réservée à l’Eglise.
(je sors… à l’ombre, sous la porche, en leur tendant la main).
Je te préviens, D., si la chaleur persiste, je passe au… string !
Comme Jésus sur la croix.
https://www.zazzle.fr/string_lamour_jesus_jurent-256165055338509162?srsltid=AfmBOoq6dCYEpK0qI4plDlTaS8ERSEK_BbirlH8AHZyqAwSe0_vsb5nX&trchd=true
JJJ,
Dans vos dialogues avec Chaloux j’ai décelé chez vous un plaisir masochiste de provoquer pour être humilié. C’est très complexe mais je crois que si vous l’aviez voulu cette guéguerre aurait cessé il y a longtemps.
Avec moi vous essayez les vexations jubilant d’une possible reaction de vexation que vous attendez avec gourmandise.
Votre nature est tout en ambivalence entre plaisir et douleur.
Enfin. Je peux me tromper. C’est mon intuition de vous que j’ai longtemps cru sincère. Plus maintenant.
Je te préviens, D., si la chaleur persiste, je passe au… string !
Le petit jésus dans la crèche en quelque sorte…
L’ ob-scène, ce mot qui dit bien son sens, la frayeur devant une image non acceptée souvent à la source de préjugés.
Des mots peuvent être obscènes,l’acmé qui fait piquer un fard.
Oui, Closer, remarquable et sans élucidation. Quel écrivain!
L’obscène : Sade, Klossovki, Georges Bataille, P. Guyotat.
« Quand la canicule commence, je deviens morose. Il semble que la luminosité, même acre, des heures estivales, devrait être douce à un être qui ne sait pas qui il est. Mais elle ne l’est pas pour moi. Le contraste est trop violent entre la vie extérieure, exubérante, et ce que je sens, ce que je pense, sans savoir sentir ni penser – cadavre de mes sens laissé à tout jamais sans sépulture . »
L’auteur de Tombeau pour cinq cent mille soldats est mort le 7 février dernier (2020). Quarante ans après l’avoir lu, le rédacteur en chef des pages culture de Causeur envisage de se replonger dans une lecture intense, voire étouffante.
De Pierre Guyotat, qui vient de mourir à l’âge de 80 ans, nous ne connaissions pas grand chose. On n’avait toujours remis à plus tard l’idée de le lire, même quand il avait obtenu en 2018 la prix Médicis pour Coma et un prix Femina spécial pour toute son œuvre, la même année. Sa mort nous a pourtant rappelé que nous avions découvert ce que beaucoup tiennent comme son magnum opus, Tombeau pour cinq cent mille soldats, en classe de Terminale. Autant dire une éternité. Qui nous l’avait conseillé? Allez savoir. C’était une époque primitive, sans réseaux sociaux mais assez étrangement, on se parlait beaucoup et les informations circulaient pour les lecteurs avides.
Les écrivains radicaux, les explorateurs des limites, les rôdeurs des confins nous fascinaient. On s’en méfait aussi. Le jour, on disait aimer Nimier, Vailland, Aragon, Larbaud. On affectait un certain classicisme, à vrai dire. On n’appréciait pas trop les expériences de laboratoire. Le Nouveau Roman nous ennuyait, et on ne comprenait pas ce que l’époque pouvait bien trouver à Duras. On avait tendance à ne croire qu’au roman qui racontait des histoires et à la poésie qui faisait battre le cœur plutôt qu’à celle qui maniait du concept oraculaire en prenant la pose. On nous encourageait, malgré tout, notamment chez les profs de philo, à aller voir du côté d’Artaud et de Bataille, ces grands travailleurs du négatif. Nous avions un peu de mal, malgré tout. La folie d’Artaud nous laissait froid. L’érotisme de Bataille nous semblait bien surfait. On comprit plus tard que nous avions tort et même si nous ne les avons jamais aimés (mais est-ce ce qu’ils demandaient à leurs lecteurs ?), nous avons tout de même fini par reconnaître leur importance. A tort ou à raison, Guyotat nous paraissait appartenir à la même famille. On se trompait. Guyotat n’appartenait qu’à Guyotat.
Cette lecture de Tombeau pour cinq cent mille soldats fut un choc. Pas une révélation, qui suppose quelque chose d’heureux mais un choc parce que cette lecture provoqua en nous un mélange d’effroi et de d’admiration. Je dus faire un effort pour aller jusqu’au bout, non pas à cause de la lisibilité ou si peu, mais à cause de la violence de l’expérience.
Il faut dire que ce livre monumental qui se déploie en sept chants, n’était pas aimable. Il était somptueux, mais pas aimable. C’était immense mais on étouffait à chaque ligne ou presque. Cette expérience, à 17 ans, était réellement « physique ». Pierre Guyotat avait métaphorisé la France pétainiste et la France gaulliste et surtout la guerre d’Algérie, qu’il avait faite entre cachot et unité disciplinaire.
Beaucoup de sperme, de sang, de désir, de mort, un théâtre obscène de la cruauté, une sorte de réalisme homérique et onirique. Première phrase presque flaubertienne pour un livre que ne l’était pas du tout: « En ce temps-là, la guerre couvrait Ecbatane. » L’impensé, de notre histoire récente, – collaboration, guerre coloniales -, surtout pour un livre écrit en 1967 et lu en 1981, y était exposé de manière à ce qu’on connaisse et reconnaisse tout, à ce qu’on se reconnaisse nous-mêmes. Et cela pour la première et la seule fois avec une telle intensité, cette intensité qui fait de Guyotat sans doute un génie.
Je crois qu’on venait à peine de lever l’interdiction sur Eden, Eden, Eden qui avait été censuré à sa sortie par le ministère de l’intérieur en 1970.
Guyotat était maudit et scandaleux en un temps où le mot scandale avait un sens et ne se produisait pas tous les trois tweets.
Je n’ai jamais relu Tombeau pour cinq cent mille soldats. J’ai eu d’autres passions, sans doute plus légères. Sachant qu’on ne lit jamais le même livre, surtout à près de quarante ans d’écart, et étant donné les batailles ces temps-ci autour de ce soi-disant « récit national » que chacun utilise selon les convenances du présent, il n’est pas impossible que je m’y remette. »
Article de Jérôme Leroy paru dans le journal Causeur le 22 février 2020.
Non, closer.
Thème pas très nouveau, que celui du retour du frère prodige qui vient régler ses comptes en famille.
On en trouve une magistrale illustration avec « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan, adaptaté de la pièce de théâtre éponyme écrite par Jean-Luc Lagarce (2016).
e signale une traduction en français du Livro do Desassossego antérieure (1987) à celle de Françoise Laye pour Christian Bougeois 1988) : celle de Inês Oseki-Dépré pour les éditions Unes.
C’est une belle édition, mais uniquement de fragments. I. O.-D. dans la préface indique qu’elle choisit de traduire desassossego par inquiétude, le Livre de l’inquiétude, donc. Et je crois que des traductions ultérieures reprennent ce titre, Le Livre de l’inquiétude.
C’est par ce livre que, coup de chance chez le libraire, j’ai découvert Pessoa.
Il est sûr que la vision de la guerre d’Algérie par Paul Edel serait fort différente de celle de Pierre Guyotat, que je croisais parfois à la médiathèque de mon quartier, bolibongo !
Dernière évocation cinématographico-littéraire sur la guerre d’Algérie, à laquelle j’ai assisté : « Des Hommes » (2021) de Lucas Belvaux, avec Gérard Depardieu, Catherine Frot et Jean-Pierre Darroussin, adapté du roman de Laurent Mauvignier.
Pas mal mais pas terrible…
AUX SOLSTICES
@ 8.36, il a donc fini par vous intoxiquer !
J’ai toujours pensé que vous étiez une gentille tête de linotte. Mes dialogues furent sincères avec vous sur plein de sujets (bouquins et cinéma)… Mais pas les vôtres, dans la mesure où vous changez constamment d’opinions avec le dernier qui a parlé et dont quelques mots vous ont séduite. Je suis sans doute psychologiquement « masochiste », (puisque vous avez besoin de ce genre de qualificatif… mais qui ne l’est pas ?) et vous êtes, sans doute, sociologiquement une ex institutrice inflexible et âgée (devenue un brin ? psycho rigide) qui cherche pitoyablement à se faire aimer d’internautes qu’elle pense être érudits, dans de pathétiques rebonds permanent attestant d’un besoin éperdu d’échanger des lectures dévorées en temps réel avec n’importe qui et sur n’importe quoi.
… Le Chachal, puisqu’e vous invoquez ses mânes n’a, quant à lui, de ma part, que les réactions qu’ils provoque avec ses amabilités habituelles, avec TOUS les erdéliens et erdéliennes surtout. (vous faites évidemment partie du lot). Il n’a jamais su très bien faire la part des choses, comme vous-même, à mon égard… D’où son harcèlement avec insultes permanentes à la clé. Ce qui n’est pas étonnant, il lui manque pas mal de biscuits pour me situer exactement dans son propre système. Car je ne lui fournis que des éléments factuels (vrais ou faux) pour alimenter l’image qu’il a bien voulu se construire à mon sujet et pouvoir se faire son film pour en combler les trous, celui d’un « sadique » pour user de votre vocabulaire.
Quoiqu’il vous en coûte, je reste un vieiil erdélien virtuel, assidu, et toujours plutôt curieux de l’univers mental des autres. A quoi bon essayer de me confondre avec un réel qui ne vous appartient pas et ne vous appartiendra jamais ?
Relisez Pessoa, si vous ne l’avez jamais fait, comme je le soupçonne. Et suivez mon bon conseil : restez à l’abri, buvez et méditez 2003 et finissez les aventures d’Ulysse, il est trop dommage d’arrêter en si bon chemin. Courage, cri-crie P.
Oublions-nous jusqu’à la prochaine, hein ? C’est le jour le plus long de l’année. Alors, chantons et dansons ensemble, éloignés l’un de l’autre.
Pourquoi « non closer »? Mon commentaire n’appelait ni oui, ni non…
A côté de chez toi il y avait hier un leu climatisé dans lequel tu aurais entendu des choses passionnantes et instructives: le meeting de Retailleau ! Même vita aurait été intéressée!
Bien reçu, JJJ.
Je vous laisse avec vos fausses vérités. Vous êtes tant dans les a priori pour juger les autres.
Bien, c’est mieux ainsi.
Chacun dans sa bulle.
Guyotat est revenu sur Tombeau et Eden vers la fin de sa vie, à un moment où il a éprouvé le besoin de raconter sa propre implication de jeune adulte dans la guerre d’Algérie. cf. Idiotie (Fémina, 2018).
Ce qui nous a rendu le personnage plus respirable et, finalement beaucoup plus empathique…
J’espère que votre Jérome Leroy aura au mois découvert depuis 2020,… l’intégrale de Samora Machel, enfin publié cette année.
https://www.en-attendant-nadeau.fr/2026/03/17/loeuvre-extreme/
Bàv,…
ou sinon…
Bulle / phylactère
La guerre d’Algérie !!!
C’était plutôt le terrorisme du FLN mené contre les civils français, algériens et autres pieds-noirs pour s’emparer du pouvoir une fois que la France aurait quitté le pays.
Regardez l’Algérie d’aujourd’hui, une sinistre prison militaire à ciel ouvert pour son propre peuple, ce dernier ne cherchant qu’à fuir par tous les moyens cette terre maudite depuis toujours.
La gigi dit à Christiane : « …méditez 2003… ».
Les saloperies de la gigi, cette sale vieille pute maso n’ont aucune limite !
« l’Algérie d’aujourd’hui, une sinistre prison militaire à ciel ouvert pour son propre peuple »
Et désormais gangrénée par les islamistes, selon Boualem Sansal…
« Pourquoi « non closer »? Mon commentaire n’appelait ni oui, ni non… »
Mais Christiane te disant oui, j’ai cru bon de répondre non, closer.
@ 0.97 et 9.17 ET Paul Edel…, sait-on jamais ?
https://diacritik.com/2018/10/02/pierre-guyotat-une-idiotie-de-bruit-et-de-fureur/
« des choses passionnantes et instructives : le meeting de Retailleau »
Ces termes me paraissent incompatibles, bien que celui-ci trouve grâce auprès de Boualem Salan dans « La Légende » !
9.56 -> les saloperies sur Gisèle Pélicot, d’AlfredHitchacale, quant à elles, ont leurs limites, probablement. Il les guête et les épingle… pour plus tard, sans doute. Meuh non !…



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